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Full text of "Bulletin de l'Institut archéologique liégeois"

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THE  J.  PAUL  GETIT  MUSEUM  LIBRARY 


BULLETIN 


DE 


L'INSTITUT  ARCHÉOLOGIQUE 


LIÉGEOIiS 


BULLETIN 


DE 


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LIÉGEOIS. 


TOME   XI. 


LIEGE 

H.     VAILLANT-CARMANNE    ET    C' 

Bue  St-Adalbert,  8. 


«em  CENTEX  UBSARY 


STATUTS    COJVSTITUTIFS. 


Art.  I.  —  Une  Société  est  fondée  h  Liège  pour  rechercher, 
rassembler  et  conserver  les  œuvres  d'art  et  les  monuments 
archéologiques ,  particulièrement  ceux  de  la  province  et  des 
anciennes  dépendances  du  pays  de  Liège. 

Elle  prend  le  titre  d'Institut  orchéologique  Liégeois  et  corres- 
pond avec  les  Sociétés  savantes,  belges  ou  étrangères,  instituées 
dans  des  vues  analogues. 

Art.  II.  —  L'Institut  se  compose  : 

1"  De  seize  Membres  effectifs  au  moins  et  de  vingt  au  plus(')  ; 
ils  doivent  être  domiciliés  dans  la  province  ; 

2"  D'un  Président  et  d'un  Vice-Président  honoraires,  à  savoir 
le  Gouverneur  de  la  province  et  le  Bourgmestre  de  la  ville  de 
Liège  ; 

3"  De  vingt  Membres  honoraires  ; 

4"  De  cinquante  Membres  correspondants  ; 

5"  De  Membres  associés. 

Art.  IIL  —  Les  places  vacantes  pour  le  titre  de  Membre 
effectif,  honoraire  ou  correspondant,  seront  mentionnées  sur  les 
convocations  alui  que  Ton  puisse  procéder  aux  présentations 
de  candidats.  Ces  présentations  devront  être  faites  par  écrit  et 
signées  par  trois  membres  eflèctifs.  L'admission,  décidée  par 
bulletins  secrets  et  à  la  majorité  absolue  des  suffrages ,  aura 
lieu  dans  la  séance  qui  suivra  celle  où  auront  été  faites  les 

(  '  )  Par  décision  de  la  Société  (janvier  1869) ,  le  nombre  des  membres  effectifs 
est  porté  à  liiif/t -quatre. 


présentations ,  et  dont  elle  devra  être  distante  d'au  moins  huit 
jours. 

La  moitié  au  moins  des  membres  effectifs  existants  devra 
être  présente  pour  pouvoir  procéder  à  l'élection  d'un  membre 
effectif,  et  le  tiers  après  une  seconde  convocation. 

Lorsqu'il  y  aura  lieu  d'augmenter  le  nombre  des  membres 
effectifs,  conformément  au  J^  1  de  l'article  II,  il  faudra  une 
délibération  expresse  de  l'Institut  avant  de  pouvoir  procéder  à 
la  présentation  de  candidats. 

Art.  IV.  —  Les  réunions  ordinaires  ont  lieu  mensuellement, 
sauf  pendant  les  mois  d'août,  septembre  et  octobre.  Le  bureau 
fixe  le  jour  et  l'heure  des  séances. 

Les  membres  effectifs  qui,  dans  le  courant  de  l'année,  n'auront 
pas  payé  leur  cotisation,  seront,  après  avertissement,  considérés 
comme  démissionnaires. 

Aucune  résolution  ne  peut  être  prise  si  le  tiers  des  Membres 
effectifs  existants  n'est  présent  h  la  séance. 

Les  Membres  honoraires,  correspondants  ou  associés,  peuvent 
assister  aux  séances.  Ils  ont  voix  consultative. 

Toute  discussion  étrangère  au  but  de  l'Institut  est  interdite. 

Les  décisions  sont  prises  ti  la  majorité  des  voix.  En  cas  de 
parité,  la  proposition  est  rejetée. 

Sur  la  demande  de  trois  Membres  ,  on  procède  au  scrutin 
secret. 

Art.  V.  —  Le  Bureau  se  compose  du  Président,  du  Vice- 
Président,  du  Secrétaire,  du  Conservateur,  du  Bibliotbécaire  et 
du  Trésorier. 

Les  fonctions  des  Membres  du  Bureau  sont  annuelles.  Les 
Membres  sortants  sont  rééligibles.  L'élection  a  lieu  dans  le 
courant  du  mois  de  février. 

Art.  VI.  —  Le  Président  veille  i\  l'exécution  du  Règlement  ; 
il  dirige  les  travaux  et  les  discussions  des  réunions. 

En  cas  d'absence  du  Président  et  du  Vice-Président ,  le 
Membre  le  plus  âgé  en  remplit  les  fondions. 

Art.  VII.  —  Le  Secrétaire  tient  les  procès-verbaux  des 
séances,  la  correspondance,  etc. 


—  m  — 

Tout  procès-verbal  ou  décision  de  la  Société  est  signé  par  le 
Président  et  par  le  Secrétaire.  Ce  dernier  signe  seul  les  pièces 
qui  n'impliquent  aucune  décision  de  la  Société. 

En  cas  d'empêchement  du  Secrétaire ,  ses  fonctions  sont 
remplies  par  un  membre  que  désigne  le  Président. 

Le  Secrétaire  a. 'la  garde  du  sceau  et  des  archives  de  la 
Société. 

Il  présente  chaque  année,  au  mois  de  janvier,  un  rapport  dé- 
taillé sur  les  travaux  de  l'Institut,  sur  les  acquisitions  faites  et 
sur  les  objets  et  livres  offerts. 

Art.  VIII.  —  Le  Conservateur  a  la  direction  du  Musée 
provincial. 

Il  dresse ,  tous  les  ans  ,  un  inventaire  qui  est  vérifié  et 
approuvé  par  le  Président.  Cet  inventaire  indique  la  provenance 
de  chaque  objet  et  l'époque  de  son  acquisition. 

Pendant  les  trois  mois  de  vacances ,  le  conservateur  peut, 
avec  l'assentiment  du  Bureau,  faire  les  acquisitions  qu'il  croira 
utiles. 

Art.  IX.  —  Le  Bibliothécaire  tient  un  catalogue  des  livres 
offerts  à  l'Institut  ou  acquis  par  lui. 

Il  rend  compte  chaque  année  des  accroissements  de  la 
bibliothèque. 

Art.  X.  —  Le  Trésorier  est  chargé  des  recettes  et  des 
dépenses. 

Il  n'effectue  de  paiement  que  sur  ordonnance  signée  par  le 
Président  et  par  le  Secrétaire. 

Il  rend  compte  de  sa  gestion  dans  la  séance  du  mois  de  janvier 
de  chaque  année. 

Art.  XI.  —  Les  recettes  de  la  Société  se  composent  de  la 
cotisation  annuelle  des  Membres  effectifs  et  associés,  et  des 
subventions  h  obtenir  de  l'Etat,  de  laProvince  et  de  la  Commune. 

La  cotisation  annuelle  des  membres  effectifs  et  des  membres 
associés  est  fixée  provisoirement  l\  la  somme  de  dix  francs , 
payable  chaque  année  dans  le  courant  du  mois  de  janvier. 


—   IV  — 

Art.  XII.  —  Les  objets  réunis  par  la  Société  forment  un 
Musée  qui  est  la  propriété  de  la  Province. 

Les  moindres  dons  sont  reçus  avec  reconnaissance.  Le  nom 
du  donateur  est  inscrit  sur  l'objet  offert  et  dans  un  registre 
ouvert  à  cet  elTet. 

Les  objets  qui  se  trouvent  en  double  au  Musée  ne  pourront 
être  écliangés  qu'après  une  délibération  expresse  de  l'Institut  et 
du  consentement  des  donateurs.  (Cet  article  ne  s'applique  pas 
aux  monnaies  et  aux  livres). 

Tout  objet,  même  en  double,  auquel  se  rattache  un  souvenir 
personnel,  ne  pourra  être  échangé. 

La  proposition  d'échange  devra  être  portée  à  l'ordre  du  jour 
nn  mois  avant  la  délibération  ,  atin  que  les  Membres  puissent 
prendre  connaissance  des  objets. 

Tous  les  Membres  sont  invités  à  faire  hommage  de  leurs  pu- 
blications à  la  Société. 

AuT.  XIII.  —  L'Institut  publie  un  recueil  intitulé  Bulletin  de 
rinstitut  arcltéulogiqiie  Liégeois. 

Une  commission  spéciale ,  composée  de  trois  membres  ,  élus 
à  l'époque  du  renouvellement  du  bureau  ,  est  chargée  de  tout 
ce  qui  a  rapport  à  la  publication  du  Bulletin. 

Le  Bulletin  est  distribué  à  toutes  les  catégories  de  membres 
de  l'Institut,  aux  institutions  publiques  qui  l'encouragent  et  aux 
compagnies  savantes  avec  lesquelles  l'Institut  entretient  des 
relations.  ikit.'i-.-^' 

Les  auteurs  des  articles  publiés  ont  droit  à  vingt-cin(|  tirés  à 
part,  qui  devront  porter  sur  le  titre  cette  mention  :  Extrait  du 
Bulletin  de  l'Institut  arcliéologique  Liégeois.  Ils  sont  du  reste 
autorisés  h  faire  tirer  ;i  leurs  frais  un  nombre  indéterminé 
d'exemplaires. 

Les  tirés  à  part  ne  peuvent  être  distribués  qu'à  dater  du  jour 
de  la  mise  en  vente  de  la  livraison  du  Bulletin  d'où  ils  sont  ex- 
traits. 

Art.  XIV.  —  Le  présent  règlement  ne  pourra  être  changé 
que  sur  la  proposition  écrite  de  cinq  membres  elïectifs  ;  toute 


V   — 


modification  devra  obtenir  l'assentiment  des  deux  tiers  au  moins 
des  membres  etïectifs  existants. 

Après  révision  des  disjwsitions  organiques  des  12  avril  1850,  18 
janvier  1832^^  il  janvier  1857,  les  présents  Statuts  ont  été  adoptés 
par  rinslitnt  archéologique,  réuni  en  assemblée  générale,  à  Liège, 
le  20  décembre  1867. 

Pour  copie  conforme  : 

Le  Secrétaire,  Ix  Président, 

S.  BORMANS.  Ch.    GRANDGAGNAGE. 


TABLEAU 


DES 


MEMBRES    DE    L'INSTITUT. 


Président  honoraire,  le  gouverneur  de  la  province  de  Liège, 

DE  LUESEMANS  (Cn.),  C.   ^^. 

Vice-président  honoraire,  le  bourgmestre  de  Liège,  Piercot. 
Président  d'honneur  à  vie,  d'Otrippe  de  Bouvette  (Alb.),  0.  ^. 

BUREAU    DE    LA    SOCIÉTÉ    POUR   1872. 

Président,  Cii.  Grandgagnage,  )^. 
Vice-président,  baron  E.  de  Sélys-Longchamps,  ^. 
Secrétaire,  S.  Bormans. 
Conservateur-Trésorier,  J.  Alexandre. 
Bibliothécaire,  L.  Fabry-Rossius. 
Secrétaire -adjoint,  A.  Dejardin. 

Membres    effectifs. 

Alexandre  (Jos.),  docteur  en  médecine. 

Angenot  (F.),  chef  de  division  au  gouvernement  provincial. 

Bormans  (J. -H.),  0.  ^$,  professeur  émérite  à  l'Université. 

Bormans  (S.),  conservateur-adjoint  des  archives  de  l'Etat. 

Dejardin  (A.),  capitaine  du  génie. 

Dejardin  (Jos.),  notaire. 

Devroye  (T.-J.),  ^,  chanoine  de  la  Cathédrale. 

Dewalque  (G.),  ^^,  professeur  ordinaire  à  l'Université. 


--    VIII    — 

DoGNÉE  (E.),  avocat. 

Fabry-Rossils  (L.),  professeur  agrégé  à  rUniversilé, 

GiuNDGAGNAGE  (Jos.),  G.  0.  ®,  premier  président  honoraire 

de  la  Cour  d'appel. 
Grandgagnage  (Ch.),  gc,  sénateur. 

Helrig  (J.),  correspondant  de  la  Commission  des  monuments. 
Helbig  (H.i,  secrétaire  des  Bibliophiles  liégeois. 
Henrotte  (N.),  chanoine,  aumônier  de  l'Hôpital  civil. 
Le  Roy  (Alph.),  g(,  professeur  ordinaire  à  rUniversilo. 
Mainz  (C),  ®,  professeur  ordinaire  à  l'Université. 
Noppius  (L.),  architecte  provincial. 
d'Otreppe  de  Bouvette  (A.),  0.  ^,  conseiller  honoraire  à  la 

Cour  de  Liège,  président  d'honneur  à  vie. 
PoswicK  (EuG.),  homme  de  lettres. 
ScHOONBRooDT  (J.-G.),  ïgt,  consorvatcur  des  archives. 
DE  Sélys-Longchamps  (baron  Edm.),  îit^  sénateur. 
Umé  (God.),  architecte  du  palais  de  Liège. 

Capitaine  (F.),  0.  jgc,  ancien  président  de  la  Chambre  de 

Commerce  de  Liège. 
deCaumoxt  (A.),  ^,  directeur  de  la  Société  française  pour  la 

conservation  des  monuments  historiques,  Caen. 
DK  Decker  (P.),  C.  @, ancien  minisire  deTintérieur,  Bruxelles. 
Gachard   (L.-P.),   c.    >$,    archiviste    général   du  royaumu, 

Bruxelles, 
DE  Lafontaine  (G.-F.-J.),  ancien  gouverneur  du  grand-duché 

de  Luxembourg. 
Le  Clerc  (V.),  membre  de  l'Institut  de  France,  /V//7.v. 
Leclercq  (M.-N.-J.),  g.  c.  ffi,  procureur  général   honoraire 

près  de  la  Cour  de  cassation,  Bruxelles. 
DE  LiMBOLRG  (Ph.),  propriétaire,  Thcux. 
Meyers  (M.-B.),  0.  ^,  général-major,  Anvers. 


—   IX   — 

Paris  (P.),  professeur  au  Collège  de  France,  Paris. 

Van  den  Peereboom  (Alp.),  G.  0.  M.  membre  de  la  Chambre 
des  représentants,  Ypres. 

PiTRA  (Son  émin.  le  cardinal  J.-B.),  à  l'abbaye  de  Solesmes. 

QuETELET  (L.-A.-J.),  G.  0.  ®,  secrétaire  perpétuel  de  l'Aca- 
démie royale  de  Belgique,  Bruxelles. 

Raikem  (J.),  g.  C.  ®,  procureur  général  honoraire  près  la 
Cour  d'appel,  Liège. 

RoGiER  (Ch.),  G.  C.  !gc,  membre  de  la  Chambre  des  représen- 
tants, Bruxelles. 

Roulez  (J.-E.-G.),  0.  ^,  professeur  à  l'Université,  Gand. 

DE  WiTTE  (J.),  ®,  membre  de  l'Académie  de  Belgique,  Paris. 

MemllPcs  eoi>i>o»«puiitluutiB 

Blonden,  ingénieur  directeur  des  travaux  de  la  ville. 
BoDY  (A.),  homme  de  lettres,  Spa. 
Borgnet(A.),  0.,  >S,  professeur  à  l'Université,  Liège. 
Borgnet  (J.),  ®,  conservateur  des  archives  de lEtat,  Namur. 
DE  Borman  (cbev.  C),  conseiller  provincial,  Schalkhoven. 
DE  Busscher(E.),  ^,  membre  de  l'Académie  de  Belgique,  Garni. 
Chalon  (R.),   (>.    g<,  membre    de  l'Académie  de  Belgique, 

Bruxelles. 
Corbesier  (N.),  vérificateur  de  l'Enregistrement,  Liège. 
DE  Coster(L.),  directeur  de  la  Revue  de  la  numismatique,  Ciney. 
DE  Crassier  (L.-D.-J.  baron),  0.  @,   président  de  chambre  à 

la  Cour  de  cassation,  Bruxelles. 
Delahaye,(A.-J.),   0.  >3(,  ancien  ingénieur  en  chef  des  ponts 

et  chaussées,  Namur. 
Delhasse  (F.),  homme  de  lettres,  Bruxelles. 
Desnoyers  (J.),  bibliothécaire  du  Muséum,  Paris. 
Devillers  (L.),  conservateur  des  archives  de  l'Etat,  Mons. 
DiEGERicK  (J.),  ^,  archiviste,  Ypres. 
FiEss  (J.),  ^,  bibliothécaire  de  l'Université,  Liège. 


—   X   — 

Grotefend  (C.-L.),  archiviste  de  l'Etat,  Hanovre. 

Hagemans  (G.),  membre  de  la  Chambre  des  représentants, 
Bruxelles. 

Hahn  (Al,),  greffier  à  la  justice  de  paix,  à  Luzarches. 

Kausler  (E.-H.),  archiviste  général  du  royaume  de  Wurtem- 
berg, Stuttgart. 

Kempeneers  (A,),  docteur  en  droit  canon,  Montenaken. 

LoBET  (J.),  homme  de  lettres,  Auxerre. 

DE  Looz  (comte  G.),  Liège. 

LouMYER  (N.),  ^,  chef  de  division  au  ministère  des  affaires 
étrangères,  Bruxelles. 

Martial  (Ep.),  avocat,  Liège. 

Mathieu  (J.),  instituteur,  à  Olne. 

MuLLER  (G.),  ®,  membre  de  la  Chambre  des  représentants , 
Liège. 

Nautet  (G.),  directeur  de  la  Feuille  du  dimanche,  Verviers. 

Neyen  (AuG.),  archéologue,  Wiltz. 

DE  Noue  (A.),  docteur  en  droit,  Malmèdy. 

Pety  de  Rosen(J.),  membre  de  la  Chambre  des  représentants, 
Grime. 

Rémont  (J.-E.),  ®,  professeur  à  l'Académie,  Liège. 

Renier  (J. -S.),  professeur  à  l'Ecole  industrielle,  Verviers. 

ScHOOFS  (L.-H.),  curé  de  Tilleur. 

de  Theux  de  Montjardix  (chevalier  X,),  Bruxelles. 

DE  Thier  (C),  président  du  tribunal  de  1''^  instance,  Liège. 

Van  de\  Steen  de  Jehay  (comte  X.),  Bassines. 

Van  der  Straeten-Ponthoz  (comte  F.),  Metz. 

Van  Hulst  (F.),  )^,  avocat,  Liège. 

de  Ville-Thiry  (E.),  Liège. 

VisscHERs(A.),  O.-^s,  membre  du  Conseil  des  mines,  Bruxelles. 

Warzée(A.),  chef  de  division  au  ministère  des  travaux  publics, 
Bruxelles. 

Wurth-Paquet  (F.-X.),  ancien  ministre,  Luxembourg. 

ZoPFL  (H.  s  professeur  de  droit,   Heidelberg. 


—  XI   — 


Membre»  «ssoeiéti 


DE  BouNAM  DE  Ryckolt  (bapoiî),  O.  ^,  colonel  pensionné,  Visé. 

BuRY  (AuG.),  avocat,  Liège. 

Collette  (H.-J.),  propriétaire,   Theux. 

Collette  (P.-J.),  propriétaire,  Juslenville. 

CoucLET  (Fr.),  négociant,  Liège. 

Dejardin  (L.),  docteur  en  médecine,  Liège. 

Delexhy  (M.-B.-J.),  ancien  conseiller  provincial,  Grâce. 

Digneffe  (Léonce),  rentier,  Liège. 

Dubois  (N.),  vicaire  à  Sl-i eau,  Liège. 

Doreye  (L.-A.-J.),  0.  gc,  premier  président  honoraire  de  la 

cour  d'appel,  Liège. 
Falisse  (L.),  industriel,  consul  de  Russie,  Liège. 
Frankinet  (T.),  avocat,  Liège. 
DE  GoER  DE  Hervé  (baron),  propriétaire,  Liège. 
Grégoire  (M.),  secrétaire  communal,  Wandre. 
DE  Hemricourt  de  Grunne  (comte  A.),  conseiller  provincial. 
HocK  (Aug.),  fabricant  bijoutier,  Liège. 
de  La  Rousselière  (baron  G.),  rentier,  Liège. 
Leqlarré  (N.),  professeur  à  l'Athénée,  Liège. 
DE  Looz-Corswarem  (comte  H.),  sénateur,  Liège. 
Lyon  (C),  sous-lieutenant  au  l'"'"  de  ligne,  Liège. 
Magnée  (L.),  véritîcateur  de  l'enregistrement,  Theux. 
Malherbe  (E.),  @,  fabricant  d'armes,  Liège. 
Pirotte  (A.),  entrepreneur,  Liège. 
Richard-Lamarche  (H.),  ®,  rentier,  Liège. 
Steinbach  (J.),  fabricant,  Malmedy. 

ÏHiMiiTER  (0.),  chanoine  honoraire  de  la  Cathédrale,  Liège. 
Vorst-Gudenau  (baron  Ernest  de),  à  Zialowitz  (Moravie). 
Wauters-Cloes  (H.),  rentier,  Liège. 


— -  XII   — 
MEIIDRES   DRCÉDÉS  DEPUIS  l.A  FO.^D.%TIO!V 

(issto-isr») 

Membre»    «n'eotifs 

Capitaine  (C. -F. -Ulysse),  membre  du  Conseil  provincial  et  de 
la  Cliambre  de  commerce  de  Liège,  du  comptoir  d'es- 
compte de  la  Banque  nationale,  de  la  Commission  pro- 
vinciale de  statistique,  de  la  Commission  administrative 
du  Conservatoire,  de  la  Société  royale  delà  numismatique 
belge,  correspondant  de  la  Commission  des  monuments, 
membre  honoraire  de  la  Commission  administrative  de 
l'Institut  royal  des  sourds-muets  et  des  aveugles,  secré- 
taire-général honoraire  de  la  Société  d'Emulation  , 
bibliothécaire  de  la  Société  liégeoise  de  littérature  wal- 
lonne, secrétaire  honoraire  de  nnstitut  archéologique 
liégeois,  né  à  Liège  le  24  décembre  1828,  mort  à  Rome 
le  31  mars  1871. 

Davreux  (Ch.).  ^,  agrégé  à  l'Université,  ancien  professeur  à 
l'Ecole  industrielle  de  Liège,  membre  de  la  Commission 
administrative  des  Hospices,  né  à  Liège  en  1800,  décédé 
en  cette  ville  le  11  avril  1863. 

DuviviER  (chev.  Ch.),  §c,  curé  de  St-Jean,  aumônier-général 
des  décorés  de  la  Croix  de  fer,  né  h  Liège  en  1799, 
décédé  en  cette  ville  le  l'"''  février  1863. 

HocK  (Félix),  capitaine  pensionné,  trésorier  de  l'Institut 
archéologique  et  conservateur-adjoint  du  Musée  ,  né  h 
Liège  en  1807,  décédé  en  cette  ville,  le  3  mai  1867. 

HoLBOTTE  (Jacques),  )g(,  ingénieur  en  chef,  directeur  des 
ponts  et  chaussées  delà  province  de  Liège,  né  à  Liège 
en  1813,  décédé  à  Sclessin,  le  5  avril  1867. 

^leinlti'es  iionoraîros 

deBeaufort  (comte  A.-L.-L.i,   C.  i^,  inspecteur  général  des 


XI!1 


beaux-arts,  né  à  Tournai  eu  1806,  décédé  à  Bruxelles  le 
29  juillet  1858. 

Boucher  de  Pkrtues  (J.),  président  de  la  Société  d'Emulation 
d'Abbevilie,  né  vers  1786,  décédé  en  juillet  1868. 

Gerlache  (baron  E.-C.  ue),  G.  C.  >|<  0.  îï§,  premier  président 
honoraire  de  la  Cour  de  cassation,  ancien  président  du 
Congrès  national  et  de  la  Chambre  des  représentants, 
président  de  la  Commission  royale  d'histoire,  chevalier 
des  ordres  de  S.  Grégoire-le-Grand  et  de  Pie  IX,  né  à 
Bruxelles  en  1785,  mort  dans  cette  ville  le  10  fév.  1871. 

Hoffmann  (F.-L.),  bibliothécaire  de  la  ville  de  Hambourg,  né 
dans  celte  ville  le  24  août  1794,  y  décédé  le  21  juin  1871. 

Mercy-Argenteau  (comte  F.-J.-C),  ancien  chambellan  du  roi 
des  Pays-Bas,  né  à  Liège  en  1780,  décédé  au  château 
d'Argenleau  le  25  janvier  1869. 

DE  Ram  (P.-F.-X  ),  0.  ©,  recteur  de  l'Université  de  Louvain, 
né  en  1804  à  Louvain,  décédé  en  cette  ville  le  14  mai  1865. 

ScHAYEs  (A.-G.-B.),  g;,  conservateur  du  Musée  royal  d'ar- 
mures et  d'artillerie,  né  h  Louvain  en  1808,  décédé  à 
Ixelles  le  8  janvier  1859. 

DE  Stassart  (baron  G.-J.-A.),  G.  0.  ©,  ministre  plénipoten- 
tiaire, né  à  Malines  en  1780,  décédé  à  Bruxelles  le  10 
octobre  1854. 

Warnkoenig(L.-A.),  @,  ancien  professeur  aux  Universités  de 
Liège,  de  Louvain,  de  Gand,  de  Fribourg  et  de  Tubingue, 
né  en  1794,  décédé  à  Stuttgart  le  19  août  1866. 

McniS>i>es  eoi-i*e!»pondants 

Bailleux  (F.),   avocat,  né  à  Liège  en  1817,  décédé  en  cette 

ville  le  24  janvier  1866. 
Baron  (A. -A.),  0.   ®,  professeur  émérite  à  l'Université  de 


—   XIV    — 

Liège,   né  ii  Paris  en  1794,  déc«Ulé  h  Ans-et-Glaiii  le  24 
mars  1862. 

Carton  (G.-L.),  igc,  chanoine  de  la  Cathédrale  et  directeur  de 
l'Institut  des  Sourds-Muets  de  Bruges  ,  né  en  1802, 
décédé  à  Bruges  le  8  mars  1863. 

ïtE  Closset  (Léon),  ^,  profes-eur  ordinaire  h  l'Université  de 
Liège,  né  à  Liège  en  1827,  décédé  en  cette  ville  le  31 
août  1863. 

CoMHAiRE  DE  SpiuMONT  (barou  C.-V.),  membre  du  Conseil  pro- 
vincial de  Liège,  ne  à  Liège  en  1817,  décodé  à  Bruges  le 
6  mars  1861. 

Delvaux  (H.-J.-B.),  géomètre-arpenteur,  auteur  du  Diction- 
naire iféographique  de  la  province  de  liège,  né  en  1796  à 
Fouron-le-Comte,  décédé  le  22  avril  1838. 

DE  Saint-Genois  (baron  Jules),  }g(,  conservateur  de  la  Biblio- 
thèque de  Gaad,  né  à  Lenuick  en  1813,  décédé  à  Roy- 
ghem  (Gand),  le  10  septembre  1867. 

Dewanoue  (H.),  0.  }^(<,  avocat,  ancien  metnbre  du  Congrès 
national,  né  à  Liège  en  1790,  décédé  en  celte  ville  le  30 
septembre  1862. 

Dinaux  (Akïiilh),  directeur  des  Archives  historiques  du  Nord 
de  la  France,  né  h  Valenciennes  en  1793,  décédé  à 
Montataire  (Oise)  le  13  mai  1864. 

Kersten  (Pierre),  >3c,  directeur-propriétaire  du  Journal  histo- 
rique et  littéraire,  né  à  3Iacstricht  en  1789,  décédé  h 
Liège  le  3  janvier  1863. 

Lavalleye  (E.),  ancien  prolesseur  d'archéologie  à  l'Académie 
des  Beaux-Arts,  né  à  Liège  en  1811,  décédé  en  celte 
ville  le  18  septembre  1869. 

LiBERT  (Marie-Anne),  botaniste  et  archéologue,  née  à  Malmedy 
en  1782,  décédée  en  cette  ville  le  13  janvier  1863. 

Materne  (J.-F.-G.)  C.  ®,  secrétaire-général  du  ministère  des 
affaires  étrangères,  né  à  lluy  en  1807,  décédé  ù  Schaer- 
beck  le  13  avril  1860. 


—   XV    — 

MoTTiN  (P.-B.)  échevin  el  secrétaire  de  Hannut,  né  à  Hannut 

en  1794,  décédé  le  30  juillet  1859. 
Namur  (A.),  secrétaire  de   la  Société  pour  la  conservation 

des  monuments  historiques  du  Grand-Duché,  décédé  à 

Luxembourg-  le  31  mars  1869. 
Perreau  (A.),  agent  de  la  Banque   nationale,  ne  à  Maestricht 

en  1807,  décédé  à  Tongres  le  7  décembre  1868. 
OE  Renesse-Breidbach  (comte  L.-J.),  0.  :^,  vice-président  du 

Sénat,  né  en  1797,  décédé  à  Bruxelles  le  i28  mars  1863. 
OE  Reume  (Auguste),  §;,  major  d'artillerie,  né  h  Maestricht  en 

1807,  décédé  à  Bruxelles  le  2  juillet  1865. 
i>E  RoBiANo  (comte  M.),  ®,  sénateur,  décédé  à  Bruxelles  le  17 

décembre  1869. 


SUR    ^VLBERON   II, 

ÉVÉQUE  DE  LIÈGE  ; 

EUSXACHE ,  avoué   de    Hesbaye  ;    IDi%.«    duchesse     «le 
Brabant,  et  ODA  ,  comtesse  de  Duras. 


Albéron  II  dut  son  élévation  sur  le  siège  de  Saint-Lambert 
au  lustre  et  à  la  puissance  de  sa  famille.  Eustache,  simple  avoué 
de  Hesbaye ,  osa  ,  appuyé  sur  les  siens,  opposer  une  longue 
résistance  aux  plus  hautes  autorités  de  l'univers.  Ida  et  Oda 
contractèrent  de  glorieuses  alliances,  l'une  avec  le  célèbre 
comte  de  Louvain ,  Godefroid-le-Barbu,  qui  devint  duc  de  Bra- 
bant  et  de  Lorraine;  l'autre  avec  le  remuant  Gislebert,  comte 
de  Duras. 

11  sera  donc  intéressant  de  bien  établir  les  rapports  de  parenté 
et  de  filiation  de  ces  quatre  personnages. 

Notre  petite  étude  aura  deux  parties  :  La  première  prouvera 
qu'Albéron  II ,  Eustache,  Ida  et  Oda  sont  frères  et  sœurs,  et 
que  Godefroid  ,  comte  de  Namur  et  fils  d'Albert  III,  est  leur 
oncle;  la  seconde,  qu'ils  ont  pour  père  Othon  II,  comte  de 
Chiny,  et  pour  mère  Alix,  fille  d'Albert  III,  comte  de  Namur. 


PItKMIERE     RAltTIE. 


On  verra  successivement  dans  celle  première  partie  : 
1"  qu'Albéron  II  est,  par  sa  mère,  neveu  de  Godefroid,  comte 
de  Namur  ;  2°  qu'il  est  frère  d'Eustaclie,  avoué  de  Liège  et  de 
Hesbaye,  et  gendre  de  Wiger  de  Warenime;  3°  qu'il  est  frère 
d'Ida,  premièrefemmedeGodefroid-le-Barbu,comtedeLouvain, 
duc  de  Brabant,  etc;  4°  qu'il  est  égalemoiit  frère  de  la  seconde 
femme  de  Gislebert,  comte  de  Duras. 


§  1. 


Albéron  II  est,  par  sa  mère,  neveu  de  Godefroid,  comte  de 
Namur. 

Il  le  déclare  lui-même  deux  fois  dans  un  diplôme  daté  de  Liège 
1139,  seconde  année  de  son  ordination  :  avmicidum.  nostrum 
namiicensem  comitem;  et  un  peu  plus  bas  :  a  prœdicto  avunculo 
noslro  namucense  comité  (i).  Il  s'agit  dans  ce  diplôme  d'un 
domaine  appartenant  à  l'abbaye  de  Stavelot,  mais  tombé  succes- 
sivement aux  mains  du  comte  de  Namur,  de  Wiger  de  Waremme 
et  d'Eustache.  Albéron  II  rapporte  ces  faits  et  déclare,  comme 
on  le  verra  tantôt,  qu'il  n'a  eu  égard  ni  ;\  la  chair,  ni  au  sang,  et 

CJ  Diplom.  Alberonis  episc.  leod.  ///  Appendice  ad  episiol.  Wibaldi.  Migiie 
i'atrol.  lai.,  tome  489,  col.  1477. 

On  peut  se  demander  si  le  mot  avunculux,  oncle  maternel,  n'a  pas  été  mis  pour 
pairnus,  oncle  paternel.  Les  chancelleries  épiscopalcs  sont  moins  exposées  que 
d'autres  à  faire  de  ces  sortes  d'erreurs,  à  cause  des  graves  questions  théologiques 
concnrnanl  In  parenti^.  Nous  y  reviendrons  plus  loin. 


qu'il  a  forcé  son  frère  à  restituer.  Il  lui  fallut  toutefois  recon- 
naître qu'il  avait  énoncé  un  fait  dont  l'accomplissement  n'avait 
pas  eu  lieu  suivant  ses  désirs;  car  Eustache  retint  ce  domaine 
bien  des  années  encore. 

Notons  en  passant  que  quatre  papes,  trois  empereurs,  deux 
archevêques  et  trois  ëvêques  sont  intervenus  dans  cette 
affaire  (i). 

-  En  présence  de  ce  diplôme,  on  n'est  plus  libre  de  croire, 
avec  Fisen  et  Foulon,  qu'Albéron  II  est  frère  d'un  comte  de 
Namur  (2),  Etant  neveu  de  Godefroid,  il  ne  peut  être  frère  du 
père,  ni  du  fils  de  ce  comte.  Or  Albert  III,  Godefroid  et  Henri 
l'Aveugle  se  sont  succédé  sans  la  moindre  interruption  et  ont 
gouverné  l'espace  de  cent  soixante  ans  environ  ;  ce  qui  nous 
dispense  de  chercher,  parmi  leurs  devanciers  ou  leurs  succes- 
seurs, quel  pourrait  être  le  frère  dol'évêque  Albéron  II. 


.§  H. 


Albéron  II  est  frère  d'Eustache,  avoué  de  Liège,  gendre  de 
Wiger  deWaremme. 

C'est  encore  lui  qui  nous  l'apprend  dans  son  diplôme  précité  : 
germanus  noster  Eustacliius,  Leodii  advocatus.,  jwœlendens  quod 
Wigerus  de  Woronna,  cujus  filiarn  duxerat,  etc.  ;  et  quelques 
lignes  plus  loin  :  noji  peperœnus  carni  et  sanguini,  sed  eousque 
fratrem  nostrum  ecdesiastica  auctoritate  coegimus  ut  villam  resti- 
tuer et. 

(*)  Les  papes  sont  :  Honorius  II,  Innocent  II,  Ctilestin  II  el  Eugène  III  ;  les 
empereurs  :  Henri  V,  Lolhaire  II  et  Conrad  III  ;  les  archevêques  :  Arnokl,  de  Co- 
logne, et  Albéron,  de  Trêves  ;  les  évoques  :  Alexandre,  Albéron  II  et  Henri  de 
Leyen.  Patrol.  lut.,  ibidem,  col.  1156,  1164,  1461,  1467,  1473,  1477;  ettom.179, 
col.  784. 

(  t  )  Namurcensis  comitis  Irater.  Histor.  leod.  eccles.,  pag.  369.  Frairo  namur- 
cense  comité.  Histor.  leod.,  toni.  I,  pag.  264. 


Eustache  était  en  outre  avoué  de  Hesbaye;  c'est  l'auteur  du 
Triomphe  de  ssi'nu  Lambert  au  siège  de  Bouillou  qui  lui  donne 
cette  qualification  :  Eustachius  advocatus  de  Hasbania  (i). 

M.  Daris,  dans  ses  savantes  recherches  sur  le  comté  deLooz, 
dit  que  l'avouerie  de  Hesbaye  fut  transmise  à  Eustache  par  son 
beau-père  Wi^er  de  Waremme  :  «  Le  plus  ancien  avoué  de 
»  Hesbaye  que  je  connaisse,  est  Wiger  de  Waremme.  Il  mourut 
»  peu  après  l'an  1121.  Sa  fille  épousa  Eustache,  frère  d'Aï- 
»  héron  II,  évêque  de  Liège  et  lui  a])porla  en  dot  l'avouerie  de 
»  la  Hesbaye  (2).  » 


III. 


Albéron  II  est  frère  de  la  première  femme  de  Godefroid-le- 
Barbu,  comte  de  Louvain,  duc  de  Brnbanl  et  de  Basse  Lotha- 
ringie. 


{*)  Dans  Chapeauville,  Gcstaponlificum,  etc.,  tome  II,  page  597. 

(  -)  Ilist.  de  la  bonne  ville,  de  l'église  et  des  comtes  de  Looz,  tome  f,  parjc  391, 
et  Bulletin  de  l'Inst.  archéol.  de  Liège,  tome  V,  page  267. 

On  trouve  un  Wiger,  avoué  des  Liégeois,  en  '10S4  (charte  de  l'empereur  Henri 
m,  Ernst,  cod.  dipl.  limb.  pag.  104);  un  Wiger,  avoué  de  S.  Lambeit,  en  1122; 
4 ■12o  le  31  mars  et  en  1136  (chartes  de  Henri  V  et  de  hoWi^xrè  W,  Bulletin  de 
la  comm.  royale  d'Hist.,  1867,  pag.  17;  Ernst,  ibidem,  pages  12o,  127  et  131)  ;  un 
Wiger,  avoué,  en  1134  (charte  d'Alexandre,  évoque  de  Liège,  lievue  cathol.de 
Louvain,  année  1858,  page  408);  un  Wiger  de  Wege,  frère  de  Bauduin  de  Soiron  et 
de  Wagger,  et  neveu  de  Renier,  achetant,  en  1190,  une  partie  de  l'avouerie 
d'Olne  et  de  Soiron  fcharte  du  prévôt  de  S.  Adalbert  d'Aix,  Ernst,  ibidem,  page 
161). 

Le  31  mars  1125,  il  y  avait  deux  avoués  de  S.  Lambert,  l'un  nommé  Wiger, 
comme  on  vient  de  voir,  l'autre  Renier  :  Renerus  advocatus  S.  Lamberti  (Ernst, 
ibidem,  page  126).  Celui-ci  est  nommé  immédiatement  après  Guillaume,  avoué  de 
Liège.  Eustache,  avoué  de  Liège  en  1139,  aurait -il  succédé  à  ce  Guillaume,  ou  bien 
l'avouerie  de  Liège  était-elle  partagée  comme  celle  de  S.  Lambert,  ou  n'en  différait- 
elle  pas'.'  Dans  la  charte  de  1136,  Wiger,  avoué  de  S.  Lambert,  est  nommé  après 
Godefroid  d'Asche,  sous-avoué  de  Stavelot  ;  dans  celle  do  1122,  il  suit  immédiate- 
ment Gislebert,  comte  de  Duras. 


En  effet,  d'après  la  chronique  de  Saint-Trond,  ce  prélat  était 
l'oncle  maternel  des  enfants  du  sire  de  Louvain  :  filionim 
lovaniensis  domini  avunculus  (i).  Il  s'agit  dans  ce  passage  de 
l'année  1134,  époque  à  laquelle  Godefroid-le-liarbu,  privé  par 
l'empereur  de  ses  duchés,  était  souvent  désigné  sous  le  nom 
de  sire  de  Louvain. 

Dans  un  antre  endroit,  cette  même  chronique  qualilie  Albé- 
ron  II  d'oncle  maternel  de  Godefroid,  comte  de  Louvain  : 
avunculum  Godefridi  comitis  lovaniensis  {-2}.  C'est  qu'elle  parle  de 
Godet'roid-ie-Jeune,  fils  et  successeur  de  Godefroid-le-Barbu. 
La  confrontation  de  ce  texte  avec  le  précédent  ne  laisse  aucun 
doute  à  ce  sujet.  La  chronique  revient  du  reste  immédiatement 
après  au  vieux  duc  Godefridus  priinus  cum  barba,  et  elle  dit 
que  son  fils  lui  a  succédé,  cui  successit  filius  ejus  Godefridus 
secundus;  puis  elle  ajoute  que  ce  nouveau  duc  est  neveu 
de  l'évéque  Albéron  II,  Godefrido  Lovaniensi  duce,  nepote  epis- 
copi  (a). 

L'auteur  du  Triomphe  de  saint  Lambert  à  Bouillon  n'est  pas 
moins  explicite;  voici  en  quels  termes  il  s'exprime  au  sujet  de 
l'élection  d'Albéron  II  :  elegeruut  eum  sane  columnœ  ecclesiœ  hac 
spe  maxime  quod  esset  de prosapia  a  mari  usque  ad  mare  palmites 
suos  protendenti,  et  sororis  suœ  filius  dux  Lovanii  (4). 

Il  faut  convenir  qu'il  y  a  dans  cette  phrase  un  petit  anachro- 
nisme. Quelque  long  qu'on  suppose  l'interrègne  après  l'évéque 
Alexandre,  ce  n'était  certainement  pas  Godefroid-le-Jeune,  mais 
son  père,  qui  retenait  le  titre  de  duc  de  Louvain,  lorsqu'Albé- 
ron  II  fut  élu,  c'est-à-dire  pendant   le  caiême  1135,  au   plus 


(*)  Gesta   abbal.  Irud.,  lib.  XII,  cont.  t.  14.  Migne,  Pau:  lai  ,  tom.   173,  col. 
18;^. 
('  )  Ibidem,  coiUin    II,  1.  Pair,  (ai.,  col.  226  du  tom.  Ilo. 
(■')  Ibidem,  contin.  II,  3  et  4   Pair.  lai.,  col.  227,  22R. 
I  *}  Dans  Chapcauville.  lome  II,  page  582. 


tard  (I  ).  Le  chapitre  de  Liège  songeait  donc  bien  plus  au  vieux 
sire  ou  duc  de  Louvaiu  qu'à  son  fils,  en  cette  solennelle  circons- 
tance. Qu'il  ait  dès  lors  tenu  compte  des  bonnes  dispositions 
du  jeune  prince,  on  peut  l'admettre  à  la  rigueur;  mais  rien 
de  plus. 

Pour  s'expliquer  la  phrase  qui  précède,  il  sera  bon  de 
prendre  la  place  de  l'auteur  du  Triomphe  et  de  se  figurer  son 
unique  préoccupation.  Raconter  l'expédition  bouillonnaise  de 
manière  à  l'aire  ressortir  le  triomphe  de  Saint  Lambert,  tel 
était  son  but  ;  mais  il  ne  négligeait  pas  de  rendre  intéressants 
les  personnages  qu'il  mettait  en  scène.  N'ayant  encore  rien  à 
dire  du  jeune  duc,  il  aura  cru  ingénieux  de  mettre  à  son  compte 
une  petite  portion  de  l'influence  qu'avait  son  père  et  de  lui 
faire  commencer  son  rôle  derrière  les  coulisses.  Ajoutez  que 
ce  prince  était  peut-être  chanoine  tréfoncier  de  Saint-Lam- 
bert (ij). 

Gilles  d'Orval  fait  sur  ce  passage  du  Triomphe  la  petite  glose 
qui  suit  :  elegerimt  eum  sane  columnœ  ecdesiœ  hac  spe  maxime 
quod  esset  de  prosapia  namurcensi,  prosapia  a  mari  iisque  ad 
mare  paknites  suos  protendenti,  et  sororis  suœ  filius  esset  dux 
Lovanii  Godefridus,  filius  Godefridi  pr^edicti  ducis  (3).  Il  venait 
de  parler  de  Godefroid-le-Barbu.  Cette  glose  ne  laisse  sub- 
sister aucun  doute  sur  la  vraie  signification  de  cette  phrase  du 
Triomphe  :  et  sororis  suœ  fitius  dux  Lovanii. 

Des  auteurs,  convaincus  que  la  femme  de  Godefroid-le-Barbu 
était,  non  la  nièce,  mais  la  sœur  du  comte  de  Naniur,  n'ont 
trouvé  rien  de  mieux  pour  expliquer  cette  petite  piirase  du 
Triomphe,  que  d'y  intercaler  le  mot  malris.  Ils  en  ont  lait  :  et 

(*)  Alexandre, déposé  parle  concile  de  Pise  au  commencement  de  l'année  1134, 
mourut  au  monastère  de  Saint-Gilles,  le  6  juillet  suivant.  Cette  même  année,  vieux 
style,  eut  lieu  l'élection  d'Albéron  II,  comme  le  prouve  um;  charte  de  Goilcfroid-le- 
Barbu,  qu'on  peut  lire  dans  la  Revue  catholique,  année  4858,  page  409. 

(*;  Dissertation  de  Lavullcye;  Hisl.  du  Limhourg,  \)nr  llrnsl.  Appendices  du 
tome  III,  page  43. 

(')  Dans  Chapeauville,  tome  II,  page  78. 


/  — 


sororis  malris  siiœ  lilïus  dux  Lovanii  (i).  C'est  ingénieux,  mais 
fort  embarrassant  à  côté  du  diplôme  cité  plus  haut  d'Albé- 
ron  II. 

Quant  à  la  phrase  qui  précède  :  quod  esset  deprosapia  a  mari 
usque  ad  mare  palmites  suos  protendenti,  bien  qu'elle  paraisse 
un  peu  boursouflée,  elle  est  de  la  plus  exacte  vérité.  La  proso- 
pia  d'Albéron  II  se  compose  nécessairement  des  familles  de  son 
père  et  de  sa  mère.  Or,  on  verra  bientôt  que  cet  évêque  est,  par 
son  père,  de  la  maison  de  Ghiny,  c'est-à-dire  descendant  des 
empereurs  Othoniens,  comme  nous  espérons  le  prouver  un 
jour,  proche  parent  des  plus  grands  princes  de  France,  d'Es- 
pagne, de  Bourgogne  et  de  Lorraine.  Il  n'y  aurait  pas  même 
eu  d'exagération  si  l'auteur  avait  dit  :  m  mari  ou  ultra  mare 
palmites  suos  potendenti,  puisque  Adélaïde  de  Louvain,  la  poé- 
tique nièce  d'Albéron,  avait  épousé  le  roi  Henri  Beau-Clerc, 
premier  auteur  des  libertés  anglaises. 

Pourquoi  donc  Gilles  d'Orval  n'indique-t-il,  dans  son  petit 
commentaire,  que  la  famille  maternelle  d'Âlbéon  II,  prosapia 
namurcensi,  et  n'ajoute-t-il  pas  et  cliiniacensi  ?  A  cette  question, 
il  n'y  a,  ce  semble,  qu'une  réponse  :  c'est  qu'une  pareille  omis- 
sion faite  par  un  moine  d'Orval,  un  siècle  seulement  après  le 
siège  de  Bouillon,  en  dit  plus  que  bien  des  phrases  sur  la  rai)ide 
décadence  de  la  maison  comtale  de  Chiny. 

Quoiqu'il  en  soit,  il  ressort  évidemment  des  textes  qui  pré- 
cèdent que  la  duchesse  Ida,  première  femme  de  Godefroid-le- 
Barbu,  n'était  pas  fille,  mais  petite-fille  d'Albert  III,  comte  de 
Namur  ;  car  alors  elle  eût  été  la  tante  et  non  la  sœur  d'Albé- 
ron II.  Il  faut  donc  corriger  en  ce  sens  l'Art  de  vérifier  les 
dates  (2),  les  Trophées  du  Brabant  (3),  etc.  (4). 

(  * ,;  V.  Gallia  Chrisi..,  tome  III,  page  870.  Note  de  Lavalleyc  dans  Krnst,  Hist.  du 
Limbouiuj,  tome  II,  page  276. 

("-  )  Edit.  in-8,  tome  XIV,  pages  90  et  lio. 

(  '  ;  Butkens,  tome  I,  page  106. 

(*)  Fisen,  Hist.  eccl.  leod.,  page  369,  Franc.  Harœi  annal.,  tome  1,  pp.  199, 
208,  2 14,  ex  Divœo,  etc. 


i^  IV. 

Albëroii  II  est  frère  de  la  seconde  femme  de  Gislebert,  comte 
de  Duras. 

La  première  femme  de  ce  comte  mourut  enH14;  elle  se 
nommait  Gertrude(i).  Oda,  sa  seconde  femme,  est  menlionnée 
dans  une  charte  de  1134,  par  laquelle  Alexandre,  évêque  de 
Liège,  approuve  une  donation  pieuse,  faite  a  durachiensi  comité 
Gisleberto,  ejusque  filiis  Ottone,  Brunone,  Theoderico  et  Oda 
comitissa,  cœterisque  cohœredibii.s {'■2)  ;  c'est-à-dire  par  Gislebert, 
comte  de  Duras;  par  trois  de  ses  tils,  Othon,  Brunon,  Theodo- 
ric  ;  par  la  comtesse  Oda,  et  par  d'autres,  leurs  cohéritiers. 

On  peut  déjà  conclure  de  ce  texte  que  la  comtesse  Oda  n'était 
pas  la  mère  de  ces  trois  tils  de  Gislebert,  puisqu'ils  n'auraient 
pas  été  en  âge  de  passer  des  contrats  de  ce  genre.  En  voici  une 
autre  preuve  : 

i^a  môme  année  1134,  la  guerre  éclata  tout-à-coup  entre  le 
sire  de  Louvain  et  le  comte  de  Duras.  Une  vraie  futilité  en  était 
cause,  à  savoir  l'arrivée  sous  les  murs  de  Léau  d'un  bateau 
terrestre,  ou  monté  sur  des  roulettes. 

A  la  nouvelle  de  celle  folle  équipée,  le  futur  évêque,  qui  se 
trouvait  à  Liège,  accourut  pour  offrir  sa  médiation. 

Disons,  à  l'honneur  des  deux  beaux-frères  de  Duras  et  de 
Louvain,  que  ce  prélat  paraît  avoir  eu  moins  de  diflicultés  avec 
eux  qu'avec  leurs  enfants.  C'est  à  cette  circonstance  qu'on  doit 
les  détails  suivants  sur  ses  relations  de  famille  avec  les  jeunes 
princes. 

Albéron,  dit  la  Chronique,  est  l'oncle  maternel  des  enfants  de 
Godefroid,  mais  non  de  ceux  de  Gilbert,  bien  que  la  comtesse 
de  Duras  soit  sa  sœur  :  supervenit  Adalbcro,  metensiain  jyrimi- 
cerius ,  liliurum  lovaiiienaLs  domini  avioicidus;  cujus  inlerventu. 


I  1  Costa  abbat.  Trud  ,  Patr.  lai.,  col.   l.")4. 
')  Revue  calholii|ue,  18.^)8,  page  408. 


—  9 


quia  comitissa  durachiensis  erat  soror  ejus,  et  Durachium  erat 
castellum  sancti  Lamberti,  lovariiensis  dominus  ah  impugnatione 
cessavit  (i  ). 


(';  Gest.  abb.  ïi'ud.,  ibidem,  col.  18;i  On  voit  ici,  comme  dans  le  Triomphe  de 
St  Lambert  et  ailleurs,  qu'Albéron  II  était  primicier  de  l'église  de  Metz.  Il  avait 
succédé,  en  1113,  à  Albéron  do  Montreuil,  nommé  à  l'archevêché  de  Trêves.  Avant 
eux,  Albéric  de  Luxembourg,  beau-frère  de  Godefroid,  comte  de  Namur,  et  Albéron  I, 
frère  consanguin  de  Godefroid-le-Barbu  et  évêque  de  Liège,  avaient  été  revêtus  de 
cette  même  dignité. 

On  se  demande  naturellement  ici  quelle  est  la  date  de  cette  grosse  mésintelligence 
entre  les  deux  comtes  et,  par  suite,  quelle  est  celle  de  la  quatrième  dévastation 
dont  il  est  parlé  à  la  colonne  suivante.  Livre  XII,   14. 

La  réponse  se  trouve  dans  les  mots  itiim  26  aniios  (ibidem)  ;  c''St  la  26®  année 
du  gouvernement  de  Rodulphe.  Reste  donc  à  fixer  l'époque  de  son  élection,  ce  qui 
répondra  en  même  temps  à  une  autre  question  inléressante,  savoir  :  en  quelle  année 
Albéion  II  n-t-il  bénit  le  successeur  de  l'abbé  Rodulphe? 

Deux  systèmes  sont  ici  en  présence  :  le  premier  suppose  qu'au  temps  de  Rodulphe 
l'année  commençait  à  Saint-Trond  comme  assez  généralement  en  Allemagne,  c'est- 
à-dire  à  Noël  ;  le  second  la  prolonge  jusqu'au  samedi  ou  au  dimanche  de  Pâques, 
ou  bien  jusqu'au  25  mars,  ou  du  moins  jusqu'au  4*'^  de  ce  mois. 

Le  premier  système  a  été  suivi  par  le  savant  éditeur  de  cette  chronique  de  Saint- 
Trond  dans  les  Momunenta  Germ.  hist.  de  Pertz.  Rodulphe  aurait  donc  été  élu  le 
80  janvier  1108;  bénit,  le  24  février  suivant,  premier  dimanche  du  carême,  Liv. 
VU,  16;  VIll,  1,  18;  il  serait  mort  le  6  mars  1138,  Acta  trand.  miius  milit.,  col. 
219,  223.  Ces  dates  s'harmonisent  avec  quelques  autres  ;  en  particulier  avec  les 
années  de  Folcard.  au  commencement  de  la  seconde  continuation,  col.  227  ;  mais 
elles  exigent  de  bien  nombreuses  corrections  dans  les  treize  premiers  livres  surtout, 
comme  on  peut  le  voir  par  les  notes  de  l'éditeur. 

Lo  second  système  suscite  des  objections,  par  exemple  :  le  24  février  1109  n'est 
aucunement  le  premier  dimanche  du  carême  ;  mais  il  s'accorde  parfaitement  avec 
la  plupart  des  imlicalions  fournies  dans  les  treize  premiers  livres. 

bans  ce  système,  Rodulphe  est  élu  le  30  janvier  1109  ;  bénit  le  24  février  ;  son 
monastère  est  incendié  le  lundi  19  juillet  lllo,  Liv.  A',  13.  Il  est  vrai  que  le  texte 
porte  1 1 14  ;  mais  en  cette  année,  le  19  juillet  ne  tombait  pas  un  lundi. 

Les  nouvelles  constructions  sont  bénites  le  29  septembre  1117,  ce  qui  est  bien 
la  Q«  année  depuis  la  cérémonie  du  24  février  4109,  et  la  32«  depuis  l'incendie  du 
9  mars  1086,  lequel  arriva  la  3"  année  de  l'abbé  Lanzon,  Liv.  IX,  29;  II,  13;  ///,  1. 
Rodulphe  part  pour  Gand  et  Cologne  le  mercredi  de  Pâques,  13  avril  1 121,  Liv.  XI, 
1 1 — 16;  ce  qui  est  la  treizième  année  de  son  ordination,  ihidem,  ou  12  ans,  2  mois 
et  environ  1  î- jours,  comme  le  précisent  les  .icla  transi.  S.Gereon.,  col.  433.  Il  est 
atteint  de  paralysie  le  vendredi,  18  mars  1132,  Liv.  XII,  9;  ce  qui,  à  la  vérité, 
n'est  pa.s  encore  la  23''  année  de  son  entrée  en  charge  ;   mais  en  revanche ,  rv  qui 


seconde:     Pil^RXIE. 


Il  est  constaté  qu'Albéron  II,  Eustache,  Ida  et  Oda  sont  frères 
et  sœurs  et  qu'ils  ont  pour  aïeul  Albert  III ,  comte  de  Namur, 
père  du  comte  Godelroid. 

Mais  des  doutes  peuvent  encore  s'élever  sur  le  sens  du  mot 
avunculus,  puisqu'on  lui  a  parfois  donné  toute  la  signification  du 
mot  français  o/ic/f,  lequel  répond  également  aux  deux  mots  latins 
avunculus,  oncle  maternel,  et  patruus,  oncle  paternel. 

On  prouvera,  dans  cette  seconde  partie  :  1"  que  l'évéque 
Albéron  II,  son  frère  et  ses  deux  sœurs descendentd'Albert  III, 
non  par  un  tils,  mais  par  une  fille  ;  2"  que  cette  fille  d'Albert  III 


fait  sept  ans  avant  sa  mort,  col.  219,  qui  eut  lieu  le  6  mars  1139,  trente  ans,  un 
mois  et  sept  jours  après  son  élection,  ibidem  et  contin.  If,  lib.  1,  1. 

Vient  ensuite  Folcard.  Si  la  date  quarto  kal.  jtin.  4''  videl.  ejusd.  feslivil.  pentec. 
feria  est  vraie,  il  n'a  été  bénit  que  plus  de  quatorze  mois  après  la  mort  de  son 
prédécesseur.  Peut-être  les  longs  voyages,  les  réclamations  et  l'enquête  qui  ont 
Suivi  son  élection,  ont  exigé  ce  long  espace  de  temps.  Peu  auparavant,  l'élection  de 
l'abbé  de  Lobbes,  n'avait  guère  moins  duré,  Lobbes,  par  Vos,  tom.  l,  17.  En  ce 
cas,  il  faudrait  conclure  que  Folcard  s'est  rendu  à  la  Cour  impériale  non  à  Cologne, 
mais  à  Worms,  et  qu'Albéron  II  se  trouvait  à  Fosses  à  la  Pentecôte  1140,  ce  qui 
rend  peu  probable  la  rupture  entre  cet  évêque  et  son  cousin-germain  Henri  l'Aveugle, 
Auctar.  Sigeb.  Geinbl.  ad  a.  1140,  et  ce  qui  porte  à  croire  que  les  incendies,  les 
meurtres,  etc.,  mis  à  la  charge  du  nouveau  comte  de  Namur,  se  sont  produits  lors 
de  l'incursion  et  par  le  fait  de  Regnault  de  Bar. 

Quant  aux  hostilités  entre  les  comtes  de  Louvain  et  de  Duras,  elles  ont  eu  lieu 
en  l'année  1134,1a  26*  du  gouvernement  de  Rodolphe.  C'est  ce  qu'indique  assez 
clairement  le  livre  XII,  9 — li.  Le  chapitre  suivant  parle  d'une  affiiire  commencée 
vers  l'année  1134,  i.sto  fere  anuo,  et  terminée  en  1136,  la  'iSf  année  do  Kodulphe, 
anno  ab  incarn.  D.  113ti,  ab  ordin.  ab.  liod.  28,  ibidem.  Dans  le  premier  système, 
on  pourrait  soutenir  que  ces  hostilités  remontent  même  il  l'année  précédente. 


—  Il  — 

ne  peut  avoir  été  mariée  à  un  comte  de  Gueldre;  Séquelle  n'est 
autre  qu'Alix,  comtesse  de  Chiny. 

Cette  marche  un  peu  tortueuse  semble  ici  nécessaire  parce 
que  les  preuves  directes  font  défaut.  Aucun  auteur  en  effet  n'a, 
croyons-nous,  affirmé  d'une  manière  explicite  l'origine  chi- 
nienne  de  ces  hauts  personnages.  Elle  ne  peut  donc  être  établie 
que  par  la  voie  des  déductions,  méthode  plus  longue  et  moins 
saisissante,  mais  également  historique  et  propre  à  opérer  la 
«îonviction. 

§1. 


Albert  III,  comte  de  Namur,  n'est  pas  l'aïeul  paternel  d'Albé- 
ron  II,  d'Eustache,  d'Ida  etd'Oda. 

Albert  III  eut  quatre  lils  :  Godefroid,  Albert,  Henri  et  Fré- 
déric qui  fut  évêque  de  Liège  et  dont  nous  ne  parlerons  pas  ici. 

Le  premier  n'est  pas  le  père  des  deux  princes  et  des  deux 
princesses  qui  nous  occupent;  car  on  vient  de  voir  qu'il  est 
leur  oncle. 

Est-ce  Albert  ou  Albéric?  Outre  son  nom  qui  se  trouve  dans 
une  charte,  on  ne  connaît  de  lui  que  ce  qu'en  rapporte  Guil- 
launie  de  Tyr  dans  son  Histoire  de  la  Guerre  Sainte.  Bauduin 
du  Bourg,  dit  cet  auteur,  avait  donné  la  ville  de  Jaffa  et  sa  ban- 
lieue à  un  sien  parent,  sire  du  Puizet,  dont  la  femme  se  nom- 
mait Mamilie  et  était  tille  de  Hugues  Cholet  ,  comte  de 
Roucy  (i).  Le  nouveau  comte  de  Jaffa,  Hugues,  sire  du  Puizet, 
vint  bientôt  à  mourir.  Alors  le  roi  Bauduin  accorda  la  main  de 
Mamilie  au  prince  Albert ,  frère  du  puissant  comte  de 
Namur,  et  lui  donna  en  même  temps  la  ville  de  Jaffa.  Mais  ce 


{*)  C'est  une  erreur  :  Mamilie  n'était  pas  fille,  mais  sœur  de  Hugues  Cholel. 
Voir  r^ri  de  vérifier  les  dates,  tome  XII,  page  286.  Leur  père,  Ebles  II,  comte  de 
Montdidier  et  de  Roucy,  était  frère  d'Adélaïde,  belle-mère  d'Alix  de  Namur  et  aïeule 
d'Albéron  II,  d'Eustache,  etc. 


12  — 


second  comte  mourut  aussi  peu  après  ainsi  que  sa  femme  (  i  ). 

Comme  on  le  voit,  l'imagination  seule  est  capable  de  leur 
donner  quatre  enlauis  qui  abandonneraient  le  comté  de  Jaffa 
pour  revenir  au  pays  de  leur  père  ceindre  la  mitre  de  Saint 
Lambert,  la  couronne  ducale  de  Brabant,  etc.  Autant  vaut  l'o- 
pinion citée  ou  imaginée  par  le  doyen  De  Vaulx  dans  ses  ma- 
nuscrits conservés  h  l'Université  de  Liège  :  Albéron  II,  dit-il, 
ne  serait  autre  que  cet  Albert  lui-même,  «  en  supposant  un  peu 
gratuitement  qu'il  devint  veuf  et  <iu"il  n'est  pas  mort  dans  la 
croisade  ,2),  » 

A  défaut  d'Albert,  comte  de  Jaffa,  n'est-ce  pas  Henri,  comte 
de  Laroche,  qui  serait  père  d'Albéron  II,  etc.  ? 

Supposons  un  instant  que  ce  comte  de  Laroche  ait  eu  quatre 
fils  :  Godefroid  et  Hem-i  II  qu'on  ne  peut  révoquer  en  doute, 
plus  Albéron  II  et  Enstache.  Gomment  alors  expliquer  que  son 
comté  de  Laroche  soit  tombé  aux  mains  de  Henri  l'Aveugle  et, 
plus  tard,  du  comte  de  Hainaut?  A  défaut  de  postérité  mascu- 
line, autre  hypothèse  indispensable,  le  droit  d'héritage  appai'te- 
nait  alors,  non  à  ce  dernier  couile,  mais  aux  ducs  de  BraJjant, 
descendants  d'Ida.  Or,  ni  Godefroid,  le  courageux,  ni  Hemi,  le 
guerroyeur,  n'étaient  hommes  à  se  laisser  dépouiller  sans  résis- 
tance. 

Aussi  personne,  croyons-nous,  ne  s'est  avisé  de  faire  descen- 
dre Albéron  II  des  comtes  de  Laroche. 

Une  dernière  réflexion,  c'est  qu'Albéi'on,  dans  le  diplôme 
dont  il  a  été  parlé  plus  haut,  après  avoir  parfaitement  quaTihé 
son  oncle  et  son  frère,  se  coiitente  de  citer  le  plus  simplement 
possible  llenikus  de liupe ,  ce  que  ce  prélat  n'eût  pas  lait  si  ce 
Henri  eut  été  son  frère  et  le  chef  de  sa  famille  (r,  i. 

(')  Livre  XI V,  chapitre  lo. 

(*j  A  l'endroit  iiidiinjc  plus  haut. 

(3  ,  11  s'agit  ici  de  Henri  II,  fils  de  Henri  I.  il  .>uccéda,  en  lliiS  ou  IISD  a  son 
frcre  Godefroid,  dans  l'avouerie  de  Slavelot,  et  eut  lui-mùmc  pour  successeur  au 
comté  de  Laroche,  son  cousin  germain  Henri  rAvengle.  Lavalleye  a  publié,  sur  les 
comtes  de  Laroche  et  do  Durhuy,  une  petite  brochure  composée  par  Ernsl,  l'histo- 
rien de  Tancien  Limbourg. 


—  13 


C'est  donc  par  une  fille  d'Albert  III  que  nos  deux  princes  et 
nos  deux  princesses  se  rallaclieiit  à  la  maison  de  Namur. 


§  II. 


Cette  tille  d'Albert  III  n'a  pas  été  mariée  à  un  comte  de 
Gueidre. 

Lavalleye  donne  un  excellent  résumé  de  ce  qui  a  été  écrit  à 
ce  sujet  en  faveur  des  comtes  de  Gueidre  :  «  Jean  d'Outre- 
»  Meuse,  dit-il,  Placentius,  et  ie  jésuite  (lisez  ie  carme)  Bouille 
»  s'appuyant  sur  le  Tableau  des  tréfonciers  de  S.  Lambert, 
))  à  Liéi^e,  de  l'an  4131,  le  font  fils  d'un  comte  de  Gueidre  et 
rt  d'une  sœur  du  comle  de  Namur...  L'auteur  de  la  vie  de 
»  S.  Englebert,  archevêque  de  Cologne,  et  le  généalogiste 
»  Bernard  de  Hinnisdael  dans  son  grand  ouvrage  inédit  inti- 
»  tulé  Chnmologia  perillustris  ecdesiœ  leodiensis,  ont  adopté 
»  cette  dernière  opinion;  le  savant  doyen  Devaux  enfin,  dis- 
»  cutant  les  différents  sentiments  émis  sur  cette  origine  dou- 
»  leuse,  se  prononce  également  pour  cette  dernière.  Appuyé 
»  de  ces  autorités  respectables,  nous  pensons  que  Ton  doit 
»  regarder  l'évêque  Albéron  II  comme  un  descendant  des 
»  comtes  de  Gueidre  (i).  « 

Malgré  les  remarques  judicieuses  de  ce  même  écrivain  (2),  il 
faut  convenir  que  le  Tableau  des  tréfonciers  ne  fait  pas  grande 
autorité,  même  au  jugement  de  Bouille  (?.  ).  Voici  comment  cet 
historien  rapporte  forigine  d'Albéron  II  ;  «  Il  était,  dit-il,  cha- 
»  noine  et  primicier  de  l'église  de  Metz,  issu  de  Gérard,  comte 
»  de  Nassau  de  Gueidre,  et  d'Hermingarde,  comtesse  de  Namur, 
»  et  oncle  du  comte  de  Louvain  (4).  » 

(')  Note  delà  page  276,  tome  II  de  VHisioire   du  Limbottrg,  par  S.  P.  Ernst. 
[  '  ;  Hist.  du  Limboiirq,  par  Ernst.  o/jpcvd.  du  lome  III,  litt.  A. 
(*)  Histoire  de  Liège,  tome  I,  page  loi. 
(*/  Ibidem,  page  iol. 


44 


Il  ne  peut  être  question  ici  que  de  l'un  des  deux  comtes  sui- 
vants :  ou  de  Gérard,  comte  de  Gueldre,  Gerardus,  cornes  de 
Gelria  cité  dans  une  charte  de  1096(4),  ou  de  Gérard,  dit  de 
Wassemberg.  Or  le  premier  n'eut  pas  d'enlants,  puisque  son 
comté  passa  héréditairement  h  son  frère  Henri,  comte  de 
Zutphen,  et  plus  tard  à  sa  sœur  Ermingarde  qui  le  transporta 
dans  une  autre  maison,  par  son  mariage  avec  Gérard  de  Was- 
semberg. Quanta  celui-ci,  s'il  a  épousé  une  Ermingarde,  com- 
tesse, ou  plutôt  princesse  deNamur,  c'est  en  premières  noces; 
car  Ermingarde  de  Gueldre  lui  a  survécu  et  s'est  remariée  à 
Conrad  II,  comte  de  Luxembourg.  Admettons  donc  pour  un 
instant  un  premier  mariage  d'où  proviendraient  Albéron  II, 
Eustache,  etc.  Il  s'ensuivrait  que  ces  princes  n'appartiennent 
pas  à  la  maison  de  Gueldre,  mais  à  celle  de  Wassemberg,  et 
que  leur  père  les  a  lui-même  frustrés  de  son  comté,*  pour  les 
donnera  sa  fille  Jutte  qui  devait  le  réunir  au  Limbourg.  Ce  sont 
évidemment  là  des  impossibilités. 

Inutile  de  parler  des  autres  Gérard  de  Gueldre,  puisqu'ils 
étaient  plus  jeunes  qu'Albéron  II.  Plus  inutile  encore  serait-il 
de  discuter  des  généalogies  non-seulement  fausses,  mais  impos- 
sibles, telles  qu'il  s'en  trouve  dans  les  manuscrits  deDevaux(2). 

En  un  mot,  l'existence  d'une  fille  d'Albert  III,  comte  de 
Namur,  laquelle  aurait  été  nommée  Ermingarde  ou  n'importe 
comment,  et  serait  devenue  la  femme  d'un  comte  ou  d'un  prince 
quelconque  de  Gueldre,  n'est  guère  mieux  fondée  que  celle  de  sa 
prétendue  sœur,  dont  on  fait  une  duchesse  de  Brabant,  en  la 
confondant  avec  Ide  de  Chinv. 


(')  Mirœi  op.  dipl.,  tome  1,  page  771. 

(  -  )  Entre  les  pages  070  et  671,  du  lome  1.  Par  exemple  :  Albéron  11,  frère  de 
Henri  I  de  Gueldre,  tous  deux  fils  de  Gérard  et  d'Hedwige  de  Hollande,  lui  qui  n'eut 
d'autre  femme  que  Clémence  qui  lui  survécut  ;  ou  bien,  selon  Heuterus,  Henri  I,  né 
d'Hedwige,  frt-re  consanguin  d'Albéron  H,  né  d'Ermingarde  de  Naraur,  etc. 


-  15 
i$  lïl. 


Alix  ou  Adélaïde,  tille  unique  d'Albert  III,  ei  femme  d'Othon  II, 
comte  de  Chiny,  est  la  seule  qui  puisse  être  la  mère  d'AlbéronlI, 
d'Eustache,  etc. 

Alix  est  la  seule  tille  d'Albert  III  dont  l'existence  est  bien 
constatée  et  dont  le  mariage  avec  le  comte  de  Chiny  ne  peut  être 
révoqué  en  doute.  Albéric  de  Trois-Fontaines,  ou  plus  tôt  de 
Neuf-Moustier,  près  Huy,  en  parle  de  la  manière  suivante  : 

«  Taïujenda  nobis  est  breviter  prosapia  namurcensis.  AWertus 
»  cornes  senior  namurcensis  Godefridum  genuit  comitem  de 
»  Namiirco,  et  comitem  Albertum  de  Rupe  (i),et  sorores  eonim  : 
»  ima  dicta  Aaliz quœcomili  Ottonide  Chisneio  comitem  Albertum 
»  peperit.  ITujus  fuerunt  [ilii  :  cornes  Ludovicus,  Theodoricus  de 
»  Marleriis,  episcopus  Arnulphus  virdunensis,  domina  de  Hirges, 
»  et  Ida  domina  de  Aspero  monte  et  mater  domini  de  Walchen. 
»  Jtem  quoque  episcopus  Albero  leodiensis  qui  BuUonium  per  bea- 
»  tum  Lampertum  recuperavit,  et  soror  ejus  comitissa  lovaniensis 
»  quœ  comiti  Lovanii  peperit  primum  Godefridum  comitem,  fue- 
»  runt  de  prosapia  namurcensi.  »  Traduisons  : 

«  Il  nous  faut  dire  quelques  mots  de  la  dynastie  namuroise  : 
Albert  l'ancien,  comte  de  Namur,  engendra  Godefroid  égale- 
ment comte  de  Namur;  Albert,  comte  de  Laroche,  et  leurs 
sœurs. 

»  L'une  d'elles,  nommée  Aaliz,  épousa  Othon,  comte  de  Chiny 
et  lui  donna  un  fils,  nommé  Albert. 

»  Les  enfants  d'Albert  sont  :  le  comte  Louis  ;  Théodoric  de 
Marliôre.^  ;  Arnulphe,  évêque  de  Verdun  ;  la  dame  de  Hierges,  et 
Ida  dame  d'Aspremont  et  mère  de  sire  de  Walchen. 

»  Sont  aussi  de  la  famille  de  Namur  :  Albéron,   évêque  de 

(')  AuVien  d'Albert,  il  faut  probablement  lire  Henri.  Celui-ci  était  en  effet  dit 
Henricus  de  Rupe  dès  l'année  1088,  c'est-à-dire  longtemps  avant  que  son  frère  ne 
partit  pour  la  croisade. 


16 


Liège,  lequel,  grâce  à  la  protection  de  saint  Lambert,  a  recon- 
quis Bouillon,  et  sa  sœur  la  comtesse  de  Louvain,  mère  du 
comte  Godefroid  I  (i).  » 

On  reconnaît  immédiatement  qu'Albéric  ne  possédait  que  des 
renseignements  incomplets  sur  la  famille  comtale  de  Namur; 
car  il  ne  parle  pas  de  l'évêque  Frédéric,  puis  il  dit  Albert, 
comte  de  Laroche,  et  quelques  lignes  plus  bas,  il  parle  de 
Henri,  comte  de  Laroche,  et  encore  un  peu  plus  loin,  il  parle  de 
Henri,  comte  de  Laroche.  Il  ne  faut  donc  pas  s'étonner  s'il  n'af- 
firme pas  qu'Alix  est  sœur  d'Albéron;  la  parenté  lui  est  connue, 
mais  non  le  degré.  Remarquons  encore  que  cet  auteur  suppose 
plusieurs  filles  au  comte  Albert  III,  et  qu'il  est  parfaitement 
renseigné  sur  une  seule  d'entre  elles.  Que  sont  devenues  les 
autres,  ou  du  moins  l'autre?  Il  l'ignorait  sans  doute.  Peut-être 
sont-elles  mortes  en  bas-âge  puisqu'on  n'en  trouve  aucune  trace 
dans  l'histoire. 

La  conclusion  nécessaire  de  tout  ce  qui  précède  est  celle-ci  : 
ou  l'évêque  Albéron  II  est  de  la  maison  de  Chiny,  ou  il  est  fils 
d'un  prince  dont  l'histoire  n'a  conservé  ni  le  nom,  ni  l'origine, 
ni  le  moindre  souvenir,  et  d'une  mère  qui  doit  être  fille  d'Al- 
bert III  de  Namur,  mais  dont  la  trace  nous  échappe  et  dont 
l'existence  même  est  parfaitement  ignorée;  et  cependant  c'est  â 
cause  de  sa  haute  extraction  et  de  sa  grande  puissance  que  ce 
prélat  fut  élu  par  l'illustre  chapitre  de  Saint-Lambert. 

Il  reste  à  faire  voir  que,  de  tous  les  pi  inces  de  cette  époque, 
aucun  h'éiait  mieux  en  position  que  le  comte  de  Chiny  pour 
ménager  les  intérêts  bien  compromis  de  l'évôché  de  Liège:  d'où 
il  suit  que  son  fils  Albciron  était  pour  ainsi  dire  le  seul  éligible 
en  pareilles  conjonctures. 

La  maison  de  Chiny  était  alors  à  l'apogée  de  sa  puissance. 
Celle  de  Namur  y  était  également,  ou  allait  y  atteindre.  Aussi 

j*)  Chronicon  Albcrki.  Edil.  Lips.  ad  a.  1H>9,  page  349.  Nous  avons  doniK;  le 
lexle  latin  avec  les  corrections  indiquées  dans  Menckeii,  Scriptores  rer.  germani- 
car,,  tome  I,  paije  7i). 


-  lf7  - 

n'esl-il  pas  étonnant  que,  à  la  suite  du  passage  cité  plus  haut, 
l'auteur  du  Triomphe  de  saint  Lambert  nous  montre  l'évêque 
de  Liège  et  son  neveu,  le  jeune  duc  de  Brabant,  en  possession 
d'une  puissance  formidable  :  qui  duo  principes,  dit-il,  génère, 
possessione,  potentia,  multitudine,  illi  prœsunt  regioni,  etc.  (*). 
Al'béron  II  pouvait  en  efifet  compter  non  seulement  sur  son 
beau-frère  de  Louvain  et  sur  son  oncle  de  Namur,  mais  sur 
son  frère  le  comte  de  Ghiny,  sur  son  oncle  l'évêque  de  Verdun 
et  sur  ses  belliqueux  parents  de  la  maison  de  Roucy.  Or  cet 
appui  qu'il  devait  trouver  dans  la  famille  de  son  père  était  pour 
les  Liégeois  de  la  plus  haute  importance,  comme  on  va  le  voir. 

Moins  de  quatre  ans  avant  l'élection  d'Albéron  II,  avait  eu 
lieu,  à  Liège,  une  autre  élection  pour  le  siège  épiscopal  de 
Verdun.  Elle  s'était  faite,  à  la  demande  du  pape  et  de  l'empe- 
reur qui  tous  deux  se  trouvaient  alors  à  Liège,  par  une 
députation  du  clergé  supérieur  de  Verdun.  Il  fallait  à  ce  diocèse 
un  évêque  assez  puissant  pour  l'affranchir  de  la  tyrannie  de 
Regnault,  comte  de  Bar.  On  sait  que  ce  comte  occupait  la 
forteresse  de  Verdun  d'où  il  rançonnait  à  son  gré  les  habitants. 

Le  choix  des  électeurs  se  fixa  sur  Albéron  de  Ghiny,  oncle 
d'Albéron  II.  Laurent  de  Liège  parle  de  l'enthousiasme  que 
cette  élection  excita  parmi  la  noblesse,  du  bienveillant  accueil 
fait  au  nouvel  élu  par  le  pape  et  l'empereur,  de  la  joie  et  des 
espérances  du  peuple  et  du  clergé  de  Verdun  (2).  Le  même 
auteur  raconte  ensuite  dans  tous  ses  détails  la  délivrance  de 
cette  ville,  qui  eut  lieu  le  jour  de  laPei.tecôte  1134,  c'est-à-dire 
fort  peu  de  temps  avant  l'élection  d'Albéron  II. 


(  i  )  Fisen  se  trompe  lorsqu'il  prend  le  comte  de  Namur  pour  l'un  de  ces  deux 
princes,  et  le  duc  de  Louvain  pour  le  second.  Cela  prouve  qu'il  n'a  lu  ce  passage 
que  dans  Gilles  d'Orval,  où  quelques  mots  ajoutés  rendent  le  sens  ambigu.  Le  texte 
du  Triomphe  ne  se  prêle  nullement  à  cette  interprétation. 

(s)  Virdunensis  civitas  et  ecclesia,  audito  nomine  clecti  sui,  exultavit,  spem 
recuperandae  per  eum  libertatis  jam  quodara  prsesagio  concepit,  etc.  Gest.  eptsc. 
Tirdun.,  capp.  29,  30. 


—  18  — 

Tous  ces  faits  étaient  bien  connus  à  Liège  et,  ce  qui  est 
remarquable,  ce  diocèse  se  trouvait,  au  moment  de  l'élection 
d'Âlbéron  II,  exactement  dans  la  même  situation  que  celui  de 
Verdun,  quatre  ans  auparavant.  Le  même  comte  Regnault  de 
Bar  venait  aussi  de  s'emparer  du  château  de  Bouillon,  pour  en 
faire  le  quartier-général  de  ses  excursions  dans  le  pays  de 
Liège. 

Il  était  dès  lors  presque  impossible  que  les  suffrages  du  clergé 
ne  se  portassent  pas  sui'  le  puissant  neveu  du  libérateur  de 
Verdun.  Aussi,  dès  que  Albéroii  fut  évêque,  ne  songea-t-il, 
comme  son  oncle,  qu'à  chasser  l'oppresseur  et,  comme  lui,  il 
en  vint  à  bout. 

Dernière  conclusion  et  résumé  : 

Albert  I,  comte  de  Chi)iy  ;  Frédéric,  prévôt  de  l'église  de 
Reims  ;  Albéron  II,  évêque  de  Liège  ;  Eustache,  avoué  de 
Hesbaye  ;  Ida,  première  duchesse  de  Brnbant,  et  Oda,  comtesse 
de  Duras,  ont  pour  père  Otton  II,  sixième  comte  de  Chiny,  fils 
d'Arnulphe  II,  qui  a  fondé  l'abbaye  d'Orval,  et  d'Adélaïde  de 
Roucy,  et  frère  ou  frère  consanguin  d'Albéron,  évêque  de 
Verdun;  d'Hadwige  ,  femme  du  célèbre  Dudo  de  Cons;  de 
Louis  ;  de  Clémence  et  de  Béati-ix,  Ils  ont  pour  mère  Alix  ou 
Adélaïde,  1°  fille  d'Albert  III,  comte  de  Namur  et  d'Ida  ou 
Relinde  de  Saxe,  veuve  de  Frédéric,  duc  de  Basse-Lorraine  ; 
2"  sœur  de  Godefroid,  comte  de  Namur  ;  de  Frédéric,  évêque 
de  Liège  ;  de  Henri  I,  comte  de  Laroche,  et  d'Albert,  comte  de 
Jaffa,  en  Palestine. 


—   19  — 

Li:  (UllTlLAIllK  1)K  l/ABBAYK  !)K  Hl^nCKKNllODK. 
(suite) 
IC^Iioven  »ous  ]&I«rIinne. 

H  mai  1463.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  le  chapitre  de 
Looz  possède  h  Eghoven.  «  Willem  Bois  wonende  te  Loen, 
meyer,  Willem  Van  Alst,  Jan  Royen  der  jonghe,  i^n  Gostvijm, 
Jan  Peters,  Franc  Vyiie,  Willem  Smets  ende  Lambrecht  Van  Sta- 
pele  schepenen  des  hoefs.  »  Godgaffrfd  Loo^  demeurant  à  Borloe 
avait  vendu  pour  une  somme  d'argent  une  rente  de  huit  muids 
de  seigle  à  Jean  Ave  Maria,  chanoine  de  Looz.  qui  légua  l'usu- 
fruit de  cette  rente  à  sa  fille  Jeanne,  sœur  converse  à  Hercken- 
rode  et  à  Dierik  Hennans;  quant  à  la  propriété,  il  légua  quatre 
muids  au  chapitre  de  Looz,  deux  à  l'abbaye  de  Herckenrode,  un 
au  curé  du  béguinage  à  Looz  et  un  au  béguinage  de  Looz.  La 
rente  est  hypothéquée  sur  des  biens  ressortissant  à  la  cour  cen- 
sale de  Eghoven,  h  la  cour  de  Halmaele,el  h.  la  cour  censale  de 
Malmemjiers.  —  Tome  II,  fol.  161. 

Erpeîs. 

26  janv.  1286  (1287).  —  Reynekin,  fils  d'Arnold  de  Scuenlo, 
chevalier,  ei  Arnold,  fils  aîné  dudit  Reynekin,  dit  de  Erpels, 
reconnaissent  avoir  vendu  à  l'abbaye  tous  leurs  biens  situés  à 
Erpels,  savoir,  quarante  bonniers  de  fiefs  lossains.  Arnold, 
comte  de  Looz,  approuve  la  vente  et  il  change,  en  outre,  ces 
fiefs  en  alleux  :  feodum  predictorum  bonorinn  de  Erpels  muta- 
vimus  et  mutamus  et  convertimus  iu  allodium  purum  cum  om- 
nibus juribus  et  solempnitatibus  in  lalibus  debitis  et  consiietis, 
et  dictum  allodium  predictis  abbatisse  et  conventui  de  Hercken- 
rode contulimus  et  in  ipsum  allodium  abbatissam  et  conventum 
prout  moris  est  et  in  talibus  fieri  consuevit  cum  cutello  album 
manubrium  habente,  cespite  et  ramo  virente  investivimus  et  reli- 
quimus  tamquam  suum  proprium  allodium...  His  vero  omnibus 
premissis  tamquam  féodales  et  allodiales  présentes  fuerunt 
Henricus  dominus  de  Pietersheini,  Franco  de  Weseinale  dominus 


->() 


de  Vivario,  Walterus  de  Hère,  Wilhehnus  de  Langdries  et  Jo- 
hannes  frater  ejus,  milites,  Willielmus  liliiis  domini  de  Pieters- 
fiem  prescripti,  Arnoldus  de  Gfjinenik ,  Johannes  de  Opliewe 
castellanus  de  Kohnont,  Liidovicus  de  Alkeu  dictus  de  Lî/t/e, 
]Vilhelmus  de  Kermpte,  sciiltetus  de  Hasseit,  et  Arnoldus  falco- 
iiaiius,  nosti'i  famuli  et  alii  quamplures  liomines  nostri...  Da- 
tum  et  actum  anno  dominice  Iiicamationis  M.  CC.LXXX  sexto 
dominica  ante  Purilicationem  beatissime  Virginis  Marie  apud 
Kasselar  in  quadam  curia  de  Herckenrode  cistercieiisis  ordinis 
Leodiensis  diecesis.  L'abbosse  Alytia  élait  présente.  —  Tome 
1,  loi.  27. 

EygenbilseM. 

27  avril  lo23. —  Acte  de  la  cour  censale  Vandcrhurch,  située 
à  Eygenbilsen  et  appartenant  h  joncke.r  Léon  van  Moppertinyen. 
Pierre  Vanhulst  s'engage  à  servir  à  l'abbaye  une  rente  de 
quatre  mesures  de  seigle  dont  il  a  reçu  le  capital,  et  assigne 
comme  hypothèque  sa  maison  avec  ses  dépendances  située  h 
Croinendael  et  ressortissant  à  la  dite  cour  censale.  —  Tome  I, 
fol.  183  v". 

Cwenck. 

12  mars  1201  (i2o2). — ^4n«o/(/,comte  de  Looz,\-eiK\  à  l'abbaye 
sa  (brèt  de  Bockrake  sous  Genck.  Arnoldus,  comes  de  Los  et  de 
Chiny  et  Jolianna  comitissa  predictorum  locorum,  uxor  sua, 
uiiiversis  présentes  litteras  iiispecturis  salutem  et  cognoscere 
veriuuein.  Universilali  vestre  signiiicamus  quod  nos  silvam 
nostram  que  vocatur  Buksenrahe  cum  CuikIo,  terra  scilicet 
in  qua  sila  est,  integraliter  prout  iidVa  lermiiios  et  fossaium 
circumfossum  compreheiidilur  et  terminaïur,  dileclis  in  Chrislo 
abliatisse  et  conveiitui  de  Herckenrode  cisterciensis  ordinis 
vi'iididiuHis  et  iradidinius  pro  quatuor  ceiitum  el  quinquaginla 


±i 


marcis  Leodieusis  moiiete  perpetuo  possidendam  et  in  ipsius 
conveiilus  utilital,em  sine  contradictione  aliqua  convertendain; 
itaque  denarios  contîtemur  nos  ab  ipsis  aljbatissa  el  conventu 
plenarie  récépissé  in  pecunia  uunierata  el  de  ipsis  abbalissani 
el  convenluni  tolaliler  absolvisse.  Prelerea  eisdem  abbatisse 
et  convenlLiiconcessimus  ul  ibidem  el  in  locis  circunijacentibus 
exlra  dictam  silvauj  communem  pastuni  cum  gregibus  suis 
pei'cipiant.  Hune  auteni  conlractum  pertecinius  et  perfinivimus 
in  loco  qui  dicitur  Castel,  silo  inler  BUrevelt  et  Leives,  in 
parlaniento  quod  fuit  inter  dominum  Electum  Leodiensem  et 
dueem  Brabaniie.  Presentibus  domino  Godefrldo  de  Perwez, 
domino  Arnoldo  de  Steine,  domino  llenrko  de  Veldeke  et 
Wilhelmo  dicto  preposito  scenescalco  noslro  etaliis  multis. 
In  cujus  rei  memoriam  et  munimen  présentes  litteras  ipsis 
abbatisse  et  conventui  ti'adidimus  sigillorum  noslrorum  muni- 
mine  roboratas.  Dalum  infesio  bealiGregorii  pape  anno  Domini 
M.  ce.  LI.  —  Tomel,  fol.  31. 

23  février  1253.—  Le  frère  //Mô(M^s,cardinal-prêtre  du  titre  de 
Sle-Sabine  et  légat  du  St.  Siège,  confirme  la  vente  de  la  forêt  de 
Bockrake.  Datum  Leodti  VII  kal.  martii,  pontificatus  domini 
Innocentii  IJII  anno  decimo.  — Tomel,  fol.  32. 

Gerdlngen. 

1218.  —  Oston  de  Borne,  homme  noble,  et  son  épouse 
Petroiiille,  donnent  avec  le  consentement  de  leur  fils  Goswin 
et  ù'imagine  épouse  de  celui-ci  ,  leur  part  de  la  dîme  de 
Gerdingenh  l'abbaye  de  Herckenrode.  — -  Tome  1. 

27  juin  1241  —  Une  contestation  ayant  existé  entre  l'abbaye 
de  Herckenrode  et  Arnold  seigneur  de  Steyne  touchant  les  dîmes 
novales  de  Gerdingen,  celui-ci  les  avait  résignées  entre  les 
mains  de  l'archidiacre  H.  de  Dickn.  C'est  ce  que  A.,  curé  de 
Bocholt,  déclara  le  27  juin  1241  dans  le  concile  d'Eicke  présidé 


-   22  - 

par  R.,  curé  de  Dyon,  vice-gérant,  de  H.  de  Dicka,  archidiacre. 
—  Tome  \. 

Oingelom. 

1296. —  Aclede  la  cour  allodiale  de  Liège.  Jean  Gilhar,  cha- 
noine de  Liège,  aliène  en  faveur  de  l'abbaye  de  Herckenrode 
cinq  bonniers  de  terre  allodiale  situés  h  Gingelom;  la  cour  en 
investit  l'abbaye.  —  Tome  II,  fol.  179. 

Vigilia  Pentecosten  (15  mai)  132.3.  —  Charte  é'Arnoiil,  comte 
de  Looz.  Jeanne  de  Estre  légua  à  son  parent  Walter  de  Busco, 
échevin  du  comte  à  Vliermael,  trois  bonniers  de  terre  situés  à 
Gingelom  et  fiefs  du  comte.  Celui-ci  ratitie  le  legs  et  reçoit 
Walter  comme  son  homme  féodal,  à  raison  de  cette  terre.  Pré- 
sents magislerLam/^er^Ms,  noster  phisicus  (médecin),  canonicus 
Lossensis,E^idtMS  eiJoannes  de  Estre  fratres,  Adam  ûeHalmale, 
Johannes  dictus  Miilh  de  Cueringues,  Wilhelmus  filius  magistri 
Lamberli  predicti.  —  Tome  II,  fol.  196. 

20  janv.  1419.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  le  seigneur  ^Ir/ 
Van  Elderen  possède  à  Gingelom.  «  Wy  Wouter  naturliche  sone 
IJbrechts  van  Niel,  meyer,  Jan  Kulaere  priester,  Geert  Tutelere, 
Goetscalks  Robeerts  en  Willem  Van  Montenaken  laeten  des  lioefs 
toebehorende  jonkere  Art  van  Elderen  in  het  dorpe  van  Gbin- 
ghelem.  »  Rente  d'un  muid  de  froment  ,  hypothéquée  sur  «een 
huys  en  een  paenhuis  »  (  i),  etc.  —  Tome  II,  fol.  199. 

13  ruselmaent  (juin)  1468. — Acte  de  la  cour  de  justice  de  Ghin- 
gelom.  «  Peter  Tuteler  meyer,  Wouter  Snijers,  Henric  Van  Aes, 
Art  Snyers,  Jan  Tolen,  Art  Tenarts  endc  Rcnc.  Il ollans  allen  sce- 
pen  der  banck  ende  des  hogegerichts  vanGingelhem.  »  La  cour 
censale  d'Elderen  appartenant  à  la  dame  de  Meere,  située  à  Gin- 


(  '  )  Le  mol  puoihuys  signifie  assoz  souvent  une  brassiM-ie  lunialc,  c'est-à-dire, 
où  les  habitants  d'une  certaine  circonscription  étaient  obligés  de  faire  brasser  leur 
bière  et  d'en  payer  les  Irais.  Dans  plusieurs  villages,  le  seigneur  seul  pouvait 
avoir  une  brasserie  banale. 


—  23  — 

gelom  ,  poursuit  devant  la  cour  de  justice  la  saisine  du  bien 
appelé  Damen  Piitrnans  goede.  Après  les  citations  de  droit  et 
d'usage,  Tilman  Siiyers,  mayeur  de  la  cour  censale,  demande  à 
la  cour  de  justice  om  zazyn  te  bebben  ;  celle-ci  ordonne  que  le 
mayeur  de  la  cour  censale  ira  sur  le  bien  avec  le  mayeur  de  la 
cour  de  justice  et  que  le  premier  mettra  son  pied  près  de  celui 
du  second  sur  le  bien.  Cela  fait,  le^échevins  prononcent  <fdat  sy 
niet  ghesien  en  conden  men  sou  aen Tilman eerdeverlenen  ende 
berch  ende  dael  doen  maken  in  den  naem  der  jonckfrouwen 
vanMeere  ende  cesserenmetrecht.  «Arrive  Laurent 'S  Groets, 
receveur  de  l'abbaye  de  Herckenrode,  au  nom  de  l'autel  de  S'^- 
Croix,  qui  possède  sur  ce  bien  une  rente  d'un  muid  de  seigle, 
disant  qu'il  a  plus  de  droit  que  la  dame  de  Meere  et  présentant 
à  celle-ci  «  baren  grondchyns  halden ,  coer  te  coylen  ende  cost 
ende  last  ende  Vv^at  er  met  recht  op  gelopen  is,  op  te  leggen, 
daerom  seggende  dat  by  synen  voet  setten  sal  in  den  naem  des 
oltaers  daeraiynjonclVouvvedenhaeren  setten  sou,  vermits  cens 
erfsmud  corns  dat  de  allaer  daerop  gelden  lieeft;  «après  cette 
offre,  les  éciievins  prononcent  que  Laurent  mettra  son  pied  là 
où  la  dame  aura  mis  le  sien  sur  le  bien  «  ende  dat  sy  oie  niet 
gesien  en  consten  men  sal  hem  in  den  naem  des  allaers  eerde 
verlenen  ende  berch  en  dael  doen  maken  ende  cesseren  met 
recht;  welc  zazeringe  met  recht  geschiet  is.»— Tome  II, fol.  218. 

30  juillet  147L  —  Acte  do  la  cour  censale  iïElderen  apparte- 
nant à  la  dame  de  Meere  et  située  ii  Gingelom.  —  Tome  II, 
fol.  18o. 

6  mars  1540.  —  Charte  de  Walther  Van  Buyten  de  Breda, 
abbé  de  S.  Gdles.  Jean  Wisle  alias  Hustyn,  bourgeois  de 
Liège,  avait  un  fils  Franco  prieur  de  l'abbaye  de  S.  Gilles,  un 
fils  Georges  religieux  à  l'abbaye  d'Aine,  une  fille  Gertrude  reli- 
gieuse à  Herckenrode.  Il  légua  tous  ses  biens  à  son  fils  Franco. 
Les  deux  autres  réclamèrent  leur  part  devant  l'OfTicial.  Par 
transaction,  l'abbé  de  S.  Gilles  donna  à  l'abbaye  d'Aine  une 
rente  de  42  muids  d  epeautre  et  à  celle  de  Herckenrode  une 


—  u  — 

renie  de  17  niuids  de  wasseiid  ou  bien  une  pari  des  biens 
légués  proportionnée  à  celle  renie.  —  Tome  II,  fol.  192. 

9  mars  1S40.  —  Acle  de  la  cour  de  juslice  de  Gingelom. 
«  Willem  Van  Coelhem  alias  Duras  schoulel,Herman  Van  Wilro- 
ven,  Dionys  Bogarts,  Art  Conckiis,  Mercelis  Mynten,  Adam 
Robyns,  Jan  der  Ueere  ende  Dionys  Tiebnans  scepenen  der 
banck  des  hocligerichts  van  Gliingeline.  »  Le  prieur  Franco 
cède  à  l'abbaye  de  Herckenrode  la  partie  de  son  legs  ou  héri- 
tage situé  à  Gingelom  en  exécution  de  la  transaction  précé- 
dente. Est  citée  die  LazaryevsLn  Gingelom. — Tome  II,  fol.  193. 

Halniale. 

24  juil.  1334.  —  Les  religieuses  Parone  et  Marie  de  Vileer 
achètent  une  rente  hypothéquée  sur  des  terres  ressortissantes 
à  la  cour  censiûe  d'Arnold  dit  Van  Margralen,  chevalier,  située 
à  Halmale.  —  Tome  I,  fol.  307. 

janv.  1344.  —  Henri  de  Cortenaken,  curé  du  béguinage  de 
Diesl,  est  chargée  par  la  béguine  Marie  de  Marenbays  de  vendre 
deux  pièces  de  terre  situées  à  Halmale  juxta  montem  patibuli.  — 
Tome  I,  fol.  309. 

11  mai  1463.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Halmale.  «  Rey- 
ner  Van  Roelinghen  schoutet,  Henric  in  't  Scep,  Herman  Van 
Mettecoven,  Art  Van  den  Bossche,  Jorys  Van  Lare,  Jannes 
Gersten,  Jan  Van  Halmale  en  Jan  Ruysgarts  scepenen  der  banck 
en  des  hoghegerichts  's  dorps  van  Halmale.  »  Godgaf  Van  Loen 
demeurant  à  liorloe,  avait  vendu  une  rente  de  huit  muids  de 
seigle  à  Jean  Ave  Maria,  chanoine  à  Looz,  rente  hypothéquée, 
entre  autres,  sur  des  terres  ressortissantes  à  cette  cour. — 
Tome  II,  fol.  162. 

Haaaelt,. 

19  janvier  1227  (1228)  —  Symon  ehanoine-coslre  de  la 
cathédrale  et  archidiacre  de  Hesbaye,  règle  l'incorporation  des 


églises  de  Hasselt  et  û'Otliée  à  l'abbaye  de  la  manière  suivante  i 
«  vacantibus  dictis  ecclesiis  abbatissa  prenominata  que  est  patro- 
na  earum,  ad  utramque  preseiitabit  idoneum  arebidiacona  qui 
geret  curam  ecclesiead  quam  erit  presentatus  et  prebebit  sicut 
curatus  episcopo,  arcbidiacono  et  decanojura  sua  de  suo  pro- 
prio,  et  conciliis  assidebitet  jura  conciliorum  de  suo  solvet  et 
obscrvabit  et  custodiam  reliquiarum  recipiet  etecclesiam  suam 
in  omnibus  procurabit  ;  curatus  ecclesie  de  Hasselt  medietatem 
oblationum  omnium  totius  altaris  de  Hasselt  necnon  et  triginta 
modios,  quindecim  siliginis  et  quindecim  avene,  in  horreo 
dominarum  de  Herckenrode  recipiet  singulis  annis  ad  mensu- 
ram  Leodiensem  infra  nativitatem  Domini  persolvendos. 
Sacerdotes  qui  celebrabunt  in  membris  dicte  ecclesie  habebunt 
prebendam  sicut  hactenus  consueverunt,  et  si  quid  eis  defuerit, 
ipse  inve^^titus  de  Hasselt  qui  eos  secundum  Deum  et  bonam 
conscientiam  constituet,  de  suo  supplebit  ;  residuum  vero 
quod  solebat  habere  persona  que  gerebat  curam  ecclesie, 
habebit  conventus  de  Herckenrode  ad  opus  infirmarie,  ita  quod 
non  poterit  eos  ad  alios  usus  convertere.  Curatus  aulem  ecclesie 
de  Olhei  habebit  omnes  oblaliones  altaris  de  Othei  et  quadra- 
ginta  quatuor  modios  spelte  in  horreo  de  Herckenrode  et  sex 
modios  spelteapud  Orf<?Mr  singulis  annis  ad  mensuram  Leodien- 
sem inCra  nativitatem  Domini  recipiendos.  Providebit  autem  de 
suo  dictus  curatus  ecclesie  de  Odeur  in  omnibus  que  prede- 
cessor  suus  consueverat  providere.  Residuum  autem  omnium 
provenluum  dicte  ecclesie  tam  in  grossa  quam  in  minuta  décima 
ad  usus  dicte  domus  pacifice  et  intègre  convertetur.  Actum 
anno  Domini  M.  CC.  XXVII,  mense  januario  feria  quintapost 
feslum  Remigii  et  Hilarii.—  Tome  I.  loi.  11  v'\ 

Mai  1237.  —  Jean,  évêque  de  Liège,  approuve  le  règlement 
fait  par  l'archidiacre  Symon  pour  les  églises  de  Hasselt  et 
d'Othei.  —  Tome  I,  fol.  12. 

1239.  —  Le  chapitre  de  la  cathédrale  n'ayant  point  consenti 
à  l'incorporation  des  églises  de  Hasselt  et  de  Othée  à  l'abbaye, 


-  26  - 

les  religieuses  s'adressent  au  Pape.  Grégoire  IX  charge 
l'archevêque  et  le  prévôt  de  Cologne  en  1239  d'engager  le  cha- 
;  itre  à  y  conseniiret,  au  besoin,  de  suppléer  à  son  consente- 
ment. Ceux-ci  y  engagent  le  chapitre  le  26  février  1239  (1240); 
le  chapitre  y  consent  le  15  février  1240  (1241)  Tome  I, 
fol.  13  et  14. 

2  mai  1262. — Noble  homme  Wilhelmus  de  Alvernia,  chanoine 
de  l'église  de  Liège,  prétendait  avoir  droit  sur  l'église  de  Hasselt, 
droit  que  lui  contestait  l'abbaye.  Devant  les  arbitres  Reiniei\ 
écolàtre  de  l'église  de  Tongres  et  provisor  in  spirUualibiis  de 
révoque,  et  Arnold  de  Gand,  officiai  de  Liège,  il  reconnaît 
n'avoir  aucun  droit  sur  cette  église.  Actum  et  datum  in  crastino 
Philippi  et  Jacobi  apostolorum  anno  Domini  M.  CC.  LXII. — 
Tome  I,  fol.  12  v". 

Mai  1265.  — Arnoul,  comte  de  Looz,  aff'ranchit  vingt  bonniers 
de  toutes  charges.»  Arnoldns,  cornes  de  Los  et  de  C/m?7/universis 
présentes  litteras  inspecturis,  salutem  in  Domino.  Significamus 
vobis  quod  nos  viginti  et  quinque  bonaria  tam  in  terris  quam  in 
pratis  cum  duabus  mansionibus  quebonaabbatissa  etconventus 
de  Herckenrode  cisterciensis  ordinis  tenent  ex  curia  nostra 
apud  Hasselt  ab  omniservitutis  impensioneet  qualibetexactione 
perpetualiter  absolvimus  et  libéra  fecimus  absolute,itavidelicet 
quodjustoet  debito  censu  annuo  statutis  temporibuspersoluto, 
libéra  sint  et  permaneant  bona  memorata.  In  quorum  evidentiam 
présentes  litteras  sigillo  nostro  fecimus  roborari.  Datum  anno 
Domini  M.  CC.  LXV,  mense  maio.  »  —  Tome  I,  fol.  23. 

3  fév.  1300  (1301  ).  —  Villicus  el  scabini  de  Hasselt  interiores, 
réalisent  la  création  d'une  rente.  —  Tome  I,  fol.  269. 

1  mai  130T.  — Villicus  et  scabini  m/er/ores  de  Hasselt.  Walter 
de  Hasselt,  chanoine  de  S.  Pierre  à  Liège,  avait  légué  une  rente 
à  l'abbaye.  Réalisation  de  cette  rente.  —  Tome  I,  fol.  250  v". 

Oct.  1309.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Jean  de  Iluffelt  à 
Hasselt.  Les  membres  de  cette  cour  sont  nommés  «  mansionarii 
et  tenentes  prœdicti  Johannis  de  Huffelt.  m —  Tome  I,  fol.  277. 


Oct.  1309.  —  Faskimis  lombardus,  époux  de  Catherine  fille  de 
Gilkin  Piscatoris,  vend  une  rente  à  l'abbaye. —  Tome  I,  fol.  283. 

21  déc.  1309.  —  Dans  un  acte  de  la  cour  de  Hasselt,  on  trouve 
cité  «  viam  publicam  super  angulum  versus  mansionem  Loin- 
bardorum.  »  — Tome  I,  fol.  277. 

10  nov.  J318. — Acte  de  la  cour  censale  de  Dodermere.  «  Scul- 
tetus  et  scabini  seu  mansionarii  curie  de  Dodermere  prope  Has- 
selt. »  Constitution  d'une  rente  hypothéquée  sur  un  bien  ressor- 
tissant à  cette  cour.  —  Tome  II,  fol.  105. 

14  déc.  1322.  —  La  religieuse  Gertrude  de  Lemve  achète  une 
rente  hypothéquée  sur  une  maison  située  dim\s\2LLumbardestrate. 
—  Tome  I,  fol.  256. 

28  juin  1323. — Villicuset  scabini  exteriores  oppidi  de  Hasselt. 
Constitution  d'une  rente  hypothéquée  sur  une  pièce  de  terre 
située  «  in  territorio  de  Hasselt  apud  Runx  secus  rivum  dictum 
Wambeke.  «  —  Tome  I,  fol.  242  v". 

11  oct.  1325.  —  Les  échevins  de  Hasselt  écrivent  à  l'abbaye 
qu'elle  n'est  point  tenue  à  l'entretien  de  la  cloche  appelée  dach- 
clocke.ii  Révérende  domine  necnon  plurimum  venerande  domine 
abbatisse,  conventus  et  monasterii  de  Herckenrode,  villicus  et 
scabini  libertatis  de  Hasselt  salutem  in  Domino  et  seipsos  ad 
ejus  beneplacita  paratos  cum  promptitudine  serviendi.  Domina 
reveranda,  bene  cognoscimus  et  fatemur  quod  ad  campanam 
nostram  in  aurora  diei  pulsari  solitam  que  teutonice  dacliclocke 
nominatur  nulles  custus  vel  expensas  facere  tenemini,,  necetiam 
id  a  vobis  seu  vestris  requirimus  ratione  debiti  sive  juris,  licet 
enim  vestri  fabri  et  operarii  tintenabulum  repararunt  dicte 
campane  de  hoc  eisdem  mercedem  suam  et  remunerationem 
merito  tribuemus ,  scientes  quod  invite  vos  trahere  vellemus  in 
usus  insolitos  et  inauditos,  imo  potius  deberemus  vos  et  vestra 
pariter  ab  injuria  seu  pravis  impetitionibusdefensare.  Valete  in 
Domino.  Datum  anno  Domini  M.  CGC.  XXV,  undecima  die 
mensis  octobris.  »  —  Tome  I,  fol.  lo  v°. 

22  juin  1345. — Arnold  dit  Milieu  Nerdermoys,  boucher  à  Has- 


-28 


selt,  vend  à  la  religieuse  Berthe  Loyveric  une  rente  de  huit 
pierres  de  chandelles  (octo  lapides  sepi  boni  et  solubilis  pon- 
deris)  ;  la  religieuse  la  lègue  ii  l'intlrmerie  pro  luminare  lanterne 
in  sécréta  caméra  ibidem  ;  le  débiteur  constitue  comme  hypothèque 
un  bonnier  de  terre  ressortissant  à  la  cour  censale  de  Jean 
Capelmeijr  qui  réalise  l'acte.  —  Tome  I ,  fol.  243. 

10  mai  1349. — L'abbesse  Beatrix  de  Lobosch  sichëie  une  rente. 
Dans  l'acte  de  réalisation,  on  trouve  cité  l'hôpital  de  Hasselt. — 
Tomel,  fol.  276. 

21  avril  1359. —  Guillaume  de  Mombeeck,  écuyer,  vend  h  l'ab- 
baye une  rente  de  six  florins,  hypothéquée  sur  quatre  bonniers 
de  terre,  situés  in  loco  dicto  Voecdye.  —  Tome  I,  fol.  2o0. 

28  août  1371.  —  Chréiïen  Hendrix  ei  Thierri  de  Rechoven, 
mambours  de  l'église  de  Hasselt,  reconnaissent  que  l'abbesse  de 
Herckenrode  a  contribué  à  la  construction  des  trois  chapelles 
de  la  nef  latérale  du  midi,  sans  y  être  obligée.  —  Tome  I,  fol. 
16  V".  —  V.  Daris,  Notices,  tome  II,  p.  32. 

1426.— Acte  de  la  cour  censale  de  Guillaume  Lauen  à  Hasselt. 
Jean  Mullers,  maître  d'école  à  Herckenrode,  avait  légué  une 
somme  destinée  à  l'achat  d'une  rente  pour  le  saint  Sacrement  à 
Herckenrode.  Le  mambour  Vanden  Edelbampt achète  une  rente 
d'un  florin  pour  la  sacristie «omewelycden  heyligen  Sacrement 
alleu  jaer  te  dienen.  »  —  Tome  II,  fol.  207. 

10  jiiil.  1433.—  «  Dionys  geheyten  Scunarts  richter,  Philips 
Vanderhulst,  Henric  Bille,  Liebrecht  Cramveh,  Aert  Vandenputte 
ende  Hector  geheyten  IJebens  late  der  eerwerdigher  religiose 
vrouwen  der  abdissen  ende  des  couvents  van  Herckenrode  in 
hoeren  laethoeff  van  Olmen...->^\  ils  réalisent  la  création  d'une 
rente  au  profit  de  l'abbaye  h  servir  par  Claes  Naelde  de  Hasselt. 
Le  chevalier  Guillaume  Cannart,  mambour  de  l'abbaye,  prête 
son  sceau  pour  sceller  l'acte.  — Tome  I,  fol.  145  v". 

1473.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  la  seigneurie  de  Runxt, 
sous  Hasselt, appîiilonant  au  chapitre  de  S.  Jean  l'évangeliste  à 
Liège.  Réalisation  de  la  constitution  d'une  rente.  —  Tome  II, 
fol.  7. 


—  29  — 

28  mai  1507,  —  Il  existait  un  conflit  entre  l'abbaye  de  Herc- 
kenrode  et  la  ville  de  Hasselt,  touchant  la  dîme  du  chanvre  et 
touchant  la  réparation  de  la  voûte  de  l'église  et  la  fourniture 
des  choses  nécessaires  au  service  divin  au  maître-autel.  Les 
deux  parties  le  soumettent  à  un  arbitrage.  Les  bourgmestres 
Arnold  de  Meldert  et  Arnold  Squaijen,  Arnold  Sconarts  unus 
juratorum,  Jean  Maechs,  Jean  Leenarts,  Lambert  Hoenichs, 
Pierre  Gantier,  Godefroid  Swaris,  Nicolas  de  Coersel  et  Gisle- 
bert  Berchs  consules|et  gubernatores  oppidi,  Jean  Coenen  et 
Nicolas  de  Meldert,  mambours  de  l'église,  choisissent  pour  arbi- 
tre Henri  Ex  Palude ,  chanoine-chantre  de  la  cathédrale.  Ger- 
trude  de  Lexhy,  abbesse,  Ida  Van  den  Kerckhoff  prieure,  Aleide 
van  Ghewanghe,  Beatrix  de  Bardecom,  Marie  Ladduyns,  Marie 
van  Bardecom,  Mathilde  Van  den  Nmvenhoeven,  religieuses- 
professes,  choisissent  pour  arbitre  Renier  Borman,  chanoine  de 
la  cathédrale  et  prévôt  de  S.  Paul.  Les  arbitres  décident 
1°  que  les  habitants  de  la  paroisse  de  Hasselt  payeront  à  l'ab- 
baye la  treizième  partie  du  chanvre  «  te  weten  die  derthiende 
sande  in  behoerlicken  tyde  als  men  denkemptploeckt;»  2°  l'ab- 
baye payera  pour  le  maître-autel,  à  raison  des  dîmes,  annuelle- 
ment vingt  livres  de  cire  et  cinq  florins  de  Rhin;  3°  elle 
remboursera  aux  mambours,  par  grâce,  trois  cents  postulats 
pour  la  réparation  de  la  voûte;  4"  elle  contribuera  à  la  recons- 
truction de  l'église  si  elle  venait  à  être  incendiée.  —  Tome  I, 
fol.  17  v°. 

29  juil.  lol2.  —  L'abbaye  et  la  ville  font  la  convention  sui- 
vante :  1°  les  habitants  payeront  pour  chaque  mesure  de  chanvre 
deux  sous  et  un  liard  ;  2"  pour  les  réparations  d'entretien  de 
l'église  et  les  frais  du  culte  au  grand  autel,  l'abbaye  payera 
annuellement  une  rente  de  dix  florins  de  Rhin  ;  elle  contribuera 
généreusement  aux  grosses  réparations  et  reconstructions.  — 
Tome  I,  fol.  21  v°. 

18  sept.  1512.  —  L'évêque  Erard  de  La  Marck  confirme  la 
convention  précédente.  —  Tome  I,  fol.  22  v°. 


—  :^o  - 

15janv.  1546.  —  Mevis  Vos  vend  à  joncker  Steven  Geloeze 
scoulet,sa  maison  située  dans  laPersoenstraet  et  chargée  d'une 
rente  envers  l'abbaye  de  Herckenrode.  —  Tome  I,  fol.  227. 

26oct.  1547. —  Anneken  Dijns  deHasselt,  que  l'abbesse  allait 
admettre  dans  sa  communauté  (plaetse  ende  broel  verleent  en 
gegont)  donne  à  l'abbaye  sa  maison  située  «  in  die  aide  Neuwe 
straete.  »  —  Tome  I,  fol.  229. 

Il  y  en  a  encore  plusieurs  autres  religieuses  qui  achetèrent 
des  renies  dont  les  débiteurs  assignèrent  comme  hypothèque 
des  biens  situés  dans  la  juridiction  de  Hasselt.  La  double  cour 
de  la  Ville  réalisa  tous  ces  actes  d'achat.  Ces  religieuses  furent  : 
Marguerite  de  Hère  et  Marie  Elkers  en  1308  ;  Gertrude  de  Lewis 
et  Catherine  ûe  Lewis  en 'V609  ;  Marie  de  JS'ovis  de  Liège,  en 
1309  ;  Aleyde  de  Puteo  en  1322  ;  Marie  et  Catherine  de  llonis 
en  1323;  Bénigne  en  1325;  Ida  de  Ghelmen  et  Ida  de  Walsche 
en  1325;  Wielde  Philippi  de  Diest  en  1330  ;  Gertrude  de  Hou- 
pertingen  et  Marie  de  S.  ïrond  en  1333;  Catherine  fille  de 
Daniel  de  Borgh  de  Brustem  en  1335;  Catherine  de  Vivario  en 
1339;  Marie  de  Audenhoven  en  1343;  Marguerite  de  Brucghen  et 
Alvareit  d'Aix  en  1342;  Catherine  et  Gliuda  filles  d'Ode  de 
Stockem  en  1340  ;  Bertha  Vivario  en  1348  ;  Elisabeth  de 
Curange  fille  de  Henri  deStockrode  en  1346;  Christine  de  Spalbe- 
ken  en  1344;  Christine  SA<'«5  en  1356;  3/«r?d  de  Veteri-curia  en 
1359;  Bertha  en  1354;  Sophie  et  Blasia  Pues  de  Cologne  en 
\^ol  ;  Catherine  de  Brustem  en  1359;  Gertrude  de  Lobosch  en 
1357  ;  Ceciiia  en  1362  ;  Swane  de  Louvain  en  1367  ;  Catherine  de 
Edegheym  en  1360;  Aleyde  et  Gertrude  de  Donck  en  1364; 
Catherine  de  Holseit  en  1369;  Eua  de  Aix  en  1371  ;  Ida  de 
Indoven  en  1386;  Catherine  \ixn  Moeric  en  1425;  Aleyde  Yan 
Zeelsdor[)  en  1434;  Catherine  de  (^orswarem  ei  Cnûievïne  de 
Sehuenbeeti  en  1461  ;  Gertrude  Van  Jleeslert  en  1462  ;  Mathilde 
de  Roesmunt  en  1479;  Catherine  Struven  de  Hasselt,  Catherine 
Vanderdonck  et  Catherine  de  Van  Rechoven  en  1476;  Aleyde 
Van  C-rasen  en  1470;  Clémence  de  Lykkenrode  en  1485;  Cathe- 


-  31 

rine  Vandeherne  en  1486;  Jacquemine  Vandernoot  en  1492;  Ida 
Van  SteevDort  en  1509;  Barbara  Vanderburch  en  loOo;  Bealrix 
Van  Bardecom  en  l509. 

Heers. 

15  oct.  1295,  —  Acte  de  la  cour  allodiale  deLooz.  aGilbertus 
scultetus  et  scabinus  Lossensis,  Wilhelmus  de  Bertshere  miles, 
Robinus  de  Gothem,  Wilhelmus  dictus  Plughere,  Walterus  faber 
frater  suus,  Godescalcus  pistor,  Johannes  dictus  Francon  de 
Middelhere  et  tlennannus  dictus  Scoeman.  »  L'abbaye  de  Val-Dieu 
vend  à  celle  de  Herckenrode  cinq  bonniers  de  terre  allodiale, 
situés  en  partie  à  Opheer  et  en  partie  à  Borgheere  au  comté  de 
Looz.w  Huic  autem  vendictioni  interfuimus  ego  G///'é'r^«s  predictus 
tamquam  judex  et  nos  alii  tamquam  allodiales;  et  quia  nos  pre- 
nominati  sigilla  propria  non  habemus,  rogavimus  scabinos  Los- 
sensesquatenus  sigillumlibertatis  ville  Lossensis  presenti  littere 
vellent  apponere.  «  —  Tome  I,  iol.  307. 

Cet  acte  est  le  plus  ancien  connu  de  la  cour  allodiale  de  Looz. 
Les  membres  de  la  cour  ne  disent  pas  qu'ils  sont  les  bommes 
allodiaux  du  comte  de  Looz,  ni  qu'ils  siègent  h  la  porte  de  l'église; 
ils  ne  reçoivent  poinl  le  dessaisissement  des  biens  vendus  et 
ils  n'en  transfèrent  point  la  propriété  à  l'acheleur  ;  ils  sont 
simplement  témoins  à  l'acte  de  vente  et  ils  l'attestent.  Dans  les 
actes  postérieurs  ils  prennent  le  titre  d'hommes  aliodiaux  du 
comte  deLooz;  ils  reçoivent  le  dessaisissement  du  bien  aliéné: 
//}  manus  nostras  reportavit,  effestucavit,  iverpivit  ;  ils  en  trans- 
lèrent  la  propriété  à  l'acquéreur  cum  cutelJo,  cespite  et  viridi 
ranw  in.  cstiviimis,  adlieredavimus  ;  ils  siègent  sur  le  cimetière, 
sous  les  tilleuls,  à  la  porte  de  l'église  ubi  de  allodio  domiiii  comitis 
de  consuetudine  traclari  solet  (acte  de  1304)  ubi  de  allodio  existente 
in  dominio  dicti  comitis  communiter  et  consuete  tractari  solet  et 
judicari.  (Acte  de  1311  ). 

27  février  (1315  1316).  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Hendri- 
ken,  appartenant  au  comte  de  Looz.  Mathilde,  veuve  de  Francon 


32 


de  Middelhem,  qui  ^^'^^^^  ^^'^is  bonniers  enfiefdu  comte  de  Looz, 
avait  obtenu  de  lui  q  ^^^  ^^^  ^^'^'s  bonniers  fussent  convertis  en 
terre  censale  ressortissc.  ''"^  ^  ^'^  ^^^"'  ^^  Hendriken,  à  laquelle  le 
détenteui-  payerait  par  bt  ^""'^'^  "»<?  »'ente  de  quatre  deniers. 
Mathiide  les  doinie  à  rabba>  ''*^  ^^  Herckenrode  et  elle  y  ajoute 
«  quamdam  curiam  dictam  Cau  '^^^^^^<^'(lf>shof  sitam  in  loco  dicto 
juxta  ^/t?  e;<jj«ri-  in  -Middelhem.  »—  "  '^'^"^^  ^'  '"o'-  ^^o. 

1:2  mars  1328  (1329).  —  Acte  à^"*  ^''^  ^°"''  allodiale  de  Looz. 
«Judexetseptem  jurati  homines  al  lodJai'^^s  nobilis  viri  etpotentis 
domini  comitis  de  Los.  »  Gertrude,  veuve  de  IJbert  de  Landris, 
chevalier,  accompagnée  de  son  ma  mboui'  f^-^^^  de  Bnisthem  dit 
BoUe,  écuyer,  son  parent,  donne  à  l'abbaye  t^'ois  bonniers  de 
terre  allodiale,  mais  elle  s'en  réserve  ./'usufruit  ain'.si  qu'à  Cathe- 
rine, lille  de  Robert  de  Ghelendene,  sa  pa  ^'ente,  qui  e\tait  encore 
scolaris  à  l'abbaye  et  nondum  velata.  —  Tom  ^«  ''  ^^^'  ^^^^ 

21  janv.  1479.  -Acte  de  la  cour  de  justice  .  '^^  "^^^'^-  ^^  ^'^''- 
gieuse  Véronique  van  Velpen  achète  une  rente  a  '^"  ^^^^  Bothem 
scoutet,  Raes  van  der  Rivière  bastart  vm  heev  Mert  '«  ^««  ^'"^'''- 
choven...  scepene.  »-  Tome  I,  fol.  30b\ 

Bendriken, 

veL^t'h?""''''-  -  ^"•"^'".™™tedei.<,.etdeC/„>» 
He^d,  e  'n'^!'  P""'-  '^''  ""''^•'"'«  '•onniers  de  ten-e  situéf 
Tome  1   fol.^""  """"^^  '^''™''™  -"»  !>»■"-'  M-  ce.  XL.  - 

Herok.8t.I^amrt..»i.t. 

«^•m/rrr^'   ""/""'  ''"  '"  "'""•  "^^^''^  l"''  la  veuve  de 
dt  fl     ,     rj'''  ""'^''"r-  P"^^^"*^  ^  He,-ck-S.-Lambert.  Jean 

'""'"'  '''  **■■'*''«  P°"''  trente-deux  ^oim  le  muid;  ils  assi- 


33 


gnent  comme  hypothèque  de  la  renie  à  servir,  cinq  boiiniers  de 
terre  et  demi  dont  l'abbaye  pourra  prendre  possession  par  son 
mambour  dès  qu'ils  cesseront  de  servir  la  rente;  ce  mambour 
sera  dans  ce  cas  mansioïKirius  dicte  curie,  parce  que  ces  bonniers 
relèvent  de  cette  cour.  Tliierri,  curé  de  Herck,  scelle  l'acte.  — 
Tome  I,  loi.  288. 

10  avril  1351.  — «  Villicus  et  scabini  curie  seu  justitie  domini 
Wilhelmi  castellani  de  Montenaken  quam  habet  in  Herke  S'"- 
Lamberti.  »  Constitution  d'une  rente.  —  Tome  I,  fol.  290. 

25  oct.  1351.  —  La  religieuse  Juliana  de  Wyiioynghe  alias  de 
Nova  villa,  achète  une  rente  qu'elle  lègue  à  l'hospice  établi  à 
Herckenrode  ,  pour  être  distribuée  aux  prêtres  pauvres  qui  y 
hébergeront  :  «  legavit  pure  propter  Deumet  in  puram  eleemosy- 
nam  pauperibus  presbyteris  seu  personis  sacerdotalibus  tam 
mendicantibus  quam  aliis  ab  undique  ad  hospitale  dictum  teuto- 
nice  het  yasthues  situm  in  dicto  claustro  de  Herckenrode  carita- 
tive  seu  ob  dona  caritatis  confîuentibus  et  nonineodem  claustro 
sermocinantibus.  »  —  Tome  î,  fol.  293. 

15  mars  1362.  —  Les  religieuses,  sœurs  Emertrude  ai  Cecilm 
de  Loboscii,  de  la  parenté  de  la  défunte  abbesse  Béatrix  de  Lo- 
bosch,  achètent  une  rente  de  quatre  florins.  —  Tome  I,  fol.  294. 

26  avril  1366.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  ilerman  dit  de 
Widoe,  écuyer.  Les  religieuses  Marie  et  Aleys  de  iVeys  achètent 
une  rente.  -  Tomel,  fol.  297. 

20  nov.  1368.  —  Jean  dit  de  Oesterbeke  reconnait  avoir  vendu 
autrefois  à  la  religieuse  Yda  de  Endelioven,  une  rente  qui  après 
sa  mort  passera  à  la  religieuse  Heylidgis  de  Steyite.  —  Tome  I, 
fol.  292. 

31  décembre  1389.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Ileiman  de 
Gothem  à  Kerck-S. -Lambert.  «Christiaen  VauMiest  scoutet,  Jan 
Van  Mulsinghen,  Jan  Van  Miest,  Jan  Van  den  Punis,  Jan  Bosche, 
Art  Van  CriUsen,  Claes  Janimers  scepen  des  hoeffs  joncker  Hei'- 
inuns  van  Gothem  te  S''^'  Lambrechts  Herck.  » —  Tome  II,  foi. 190. 

31  oct.  1453.  —  La  cour  de  justice  de  la  seigneurie  à' Arnold 


—  34  — 

de  Corswaremme,  chevalier,  au  village  de  Herck-S. -Lambert. 
Rente  liypothéiiuée  sur  des  biens  de  joncker  Goesivyn  van 
Wydoe.  —  Tome  I ,  fol  298.  Celte  cour  ressortissait  en  appel  à 
celle  des  échevins  de  Liège. 

6  août  1472.  —  La  cour  de  justice  de  Herck-S. -Lambei't  réalise 
la  constitution  d'une  rente.  Seigneurs  de  l'endroit  :  Willem  van 
Mydoe  ei  joncker  Jan  van  llackoerts.  —  Tome  I,  ibl.  288. 

18  oct.  1493. — Acte  «van  scoutet  en  scepender  banckenheer- 
licheyt  van  Scoenwinckel  in  den  dorp  van  Sinte  Lambrechts 
Herck.  «  —  Tome  I,  fol.  289. 

Herten. 

18  oct.  1279.  —  La  cour  allodiale  de  Liège  rejette  la  récla- 
mation de  tiodefi'oid,  homme  noble  de  Uerten,  touchant  neuf 
bonniers  situés  à  Herten  près  de  Looz,  el  les  déclare  propriété 
de  l'abbaye.  «  Homines  allodiales  seu  de  casa  Dei ,  salulem  et 
cognoscere  veritatem.  NoveriL  universitas  vestra  quod,  cum 
Godcfridus  vir  nobilisde/7(^r^'/?  cilari  fecisset  coram  nobis  inter 
beatam  Mariam  et  beatum  Lambertum  Leodienses  anno  Domini 
M.  ce.  LXXnono,  feria  quarla  postoctavasbeati  Dionysii,  reli- 
giosas  dominas  abbatissam  et  conventum  monasterii  de  Herc- 
kenrode  super  novem  bonaria  terre  allodialis  et  arabilis  jacentis 
in  territorio  de  Herten  et  pervenientes  eidem,  ut  dicebat,  ex 
successione  parenlum  suorum,  de  qua  (juidem  terra  parentes 
sui  nec  ipse  ali(iuid  fecerant  \)er  (juod  deberent  exheredari,  et 
(piam  terram  predicti  abbatissaet  conventussibi  concelaverant, 
delinebaiil  et  occupabant  et  jam  occupaverant  minus  juste  spatio 
decem  et  octo  annorum  et  pluris;  dictus  Godcfridus  nobis  sup- 
plicavit  ut  nos  eidem  predictum  totale  allodium  sic  detentum 
et  concelatum  per  ipsos  abbatissam  et  conventum  rcslitui  et 
rchaberi  predictis  rationibus  suis  faceremus,  eidem  dictis  abba- 
tissa  et  convciilu  per  fratrem  Gerardum  domus  sue  coiiversum 
et   procuralorem  respondentibus  ;  dixit  idem  IVater  Gérard  us 


—  35  — 

pro  ipsis  abbatissa  et  conventu  et  nomine  eorumdem  quod  pre- 
dictum  totale  allodium  tenuerant  et  possederant  tamquam  suum 
spacio  antedicto  pacifiée  et  quiète  usque  in  diem  hodiernam, 
ipso  Godefrido  nobili  viro  vidente  dictum  allodium  per  ipsos 
abbatissam  et  conventum  vel  eorum  coloiios  predicto  spacio 
excoli,  arari  et  fructus  ex  eodem  levari  et  asportari  et  minime 
contradicente,  et  bis  rationibus  predicti  abbatissa  et  conventus 
in  dicto  allodio  remanere  volebant  et  exinde  suam  facere  volun- 
tatem  ;  et  si  hoc  non  sulficeret  ad  retentionem  dicti  allodii, 
predictus  frater  procurator  dixit  et  obtulit  coram  nobis  nomine 
abbatisse  et  conventus  se  retinere  predictum  allodium  ad  dictum 
seu  judicium  curie  nostre.  Quibus  autem  ab  utraque  parte  sic 
allegatis  coram  nobis,  domius  Egidius  Sureles  civis  et  scabinus 
Leodiensis,  villicusseu  monitor  hujusmodi  negocii  per  nos  depu- 
tatus  monuit  dominum  Matondum  conscabinum  suum  ut  inter 
clamorem  et  responsum  dictarum  partium  jus  referret  sibi  quid 
super  hoc  esset  agendum;  qui  dominus  Ma^onrfus  convocatis 
ad  se  paribus  suis  hominibus  de  casa  Dei  et  consultus  ab 
eisdem,  reportavitjure  et  judicio  comparium  suorum  seu  homi- 
num  de  casa  Dei  quod  predictus  procurator  nomine  dictorum 
abbatisse  et  conventus  retinere  poterat  et  debebat  dictum  totale 
allodium  sub  suo  sacramento  cum  duobus  hominibus  de  casa 
Dei  qui  cum  dicto  procuratore  super  hoc  prestarent  juramen- 
tum.  Qui  quidem  procurator  et  duo  alii  homines  de  casa  Dei 
dictum  allodium  sub  suo  juramento  nomine  dictorum  abbatisse 
et  conventus  et  ad  opus  eorumdem  retinuerunt  prout  moris 
est  et  in  talibus  tleri  consuevit,  et  in  quo  allodio  predictus  pro- 
curator nostro  judicio  seu  nostra  sententia  in  pace  extitit  com- 
mendatus  prout  lex  postulat  et  requirit  ordo  juris  ipsum  ab 
impetitione  dicti  Godefridi  viri  nobilis  absolventes.  Premissis 
autem  présentes  fuerunt  predicti  Egidius  et  Matondus  scabini, 
Henricus  Polarde  et  Ludovicus  Sureles  scabini  Leodienses, 
magister  Bastiamts  de  Sabulonaria  advocatus  curie  Leodiensis 
et  Johannes  ejus  frater,  Gerardus  Lesier  eiNicholaus  ejus  frater, 


-  36  — 

Ltidovicus  de  Sancto  Mai'tino,  Egidius  dictus  Pangnons  ,  Johan- 
nes  niill'us  frater,  Renerus  frater,  Gilhertus  ex  frater  Manierus 
convei'si  domus  pi-edicte  et  quamplures  alii  liomines  de  casa 
Dei.  II!  CLijLis  rei  testimomuni  et  manimen  nos  Renerus  archi- 
presbyter  Leodiensis  ad  petilioneiii  hominum  de  casa  Dei  sigil- 
lum  nostrum  proprium  i)!esentibus  litleris  duximus  apponen- 
dum.  -■  Tome  I,  fol.  4o  v. 

Ces  neuf  bonniers  de  lerre  allodiale  étaient  situés  îi  Herten 
au  comté  de  Looz.  Dans  ce  comté  les  biens  allodiaux  ressortis- 
saient,  en  règle  générale,  aux  cours  de  justice  de  l'endroit  où 
les  biens  étaient  situés  :  bona  allodialia,  dit  la  coutume,  habent 
curiam  loci  ubi  sita  sunt.  Pourquoi  la  coniestation  touchant  ces 
bonniers  n'était-elle  pas  portée  devant  la  cour  de  justice  de 
Herten?  La  cour  allodiale  de  Looz  existait-elle  déjà  à  cette  épo- 
que? Pourquoi  la  contestation  élait-elie  portée  devant  la  cour 
allodiale  de  Liège  ? 

Le  comté  de  Looz  était,  à  cette  époque,  indépendant  du  pays 
de  Liège,  tant  sous  le  rapport  administratif  que  sous  le  rapport 
judiciaire.  Il  est  probable  aussi  que  la  cour  allodiale  de  Looz 
n'existait  pas  encore.  L'affaire,  par  conséquent,  aurait  dû  être 
jugée  en  première  instance  par  la  cour  de  justice  de  Herten  et 
en  appel  par  la  haute  cour  de  Vliermael.  Cela  n'a  pas  eu  lieu. 
L'affaire  a  été  jugée  par  la  cour  allodiale  de  Liège.  Cette  cour 
parait  ici  comme  une  cour  d'arbitrage.  Il  était,  sans  doute,  libre 
aux  parties  de  porter  devant  cette  cour  leurs  contestations 
touchant  leurs  alleux  et  de  les  soustraire  aux  cours  ordinaires 
de  justice. 

Pourrail-on  soutenir  que  les  neuf  bonniers  de  terre  étaient 
un  ancien  alleu  de  l'église  de  S.  Lambert  que  celle-ci  avait 
aliéné  et  que  c'est  à  ce  titre  qu'ils  ressortissaient  à  la  cour  allo- 
diale de  Liège?  La  juridiction  de  celte  cour  ne  s'éiendait-elle 
que  sur  les  alleux  de  l'église  de  S.  Lambert  ainsi  que  sur  ceux 
que  cette  église  avait  aliénés?  La  chose  n'est  pas  improbable. 

Au  xMi«  siècle,  la  cour  allodiale  de  Liège  paraît  composée  de 


37 


l'archiprêtre  de  Notre-Dame  aux  ionts,  et  de  quelques  mem- 
bres (4?)  de  la  cour  des  échevins  de  Liège,  qui  s'adjoignaient 
quelques  possesseurs  de  biens  allodiaux  appelés /:»ard5,  compares. 
Au  moins  trouvons-nous  quatre  écbevins,  comme  juges,  dans 
l'acte  présent,  dans  un  acte  de  1288,  et  dans  un  troisième  acte 
de  13:^3,  rapportés  dans  le  cartulaire  de  Beaurepart.  Toutefois 
dans  un  acte  de  Î307  touchant  Oplieers  ne  se  trouve  mentionné 
aucun  échevin.  Voyez  plus  loin  Ophccis. 

Sfeuaclen. 

1  juin  1306.  —  Cliarte  (ï Arnold  comte  de  Loos.  Il  fait 
remise  à  l'abbaye  de  la  rente  annuelle  de  dix  solidi  qu'elle  lui 
payait  de  seize  bonniers  situés  à  Heusden.  — Tome  I,  fol.  318. 


Slex. 


27  février  1312  (1313).  —  Conon  de  Sasseubruecli  vend  à  l'ab- 
baye quatre  bonniers  situés  à  Kex  qui  appartenaient  autrefois  à 
Tackarts.  —  Tome  lï,  fol.  188. 

Bïosspertîîsgeïî. 

1221.  —  Anselme,  cbevalier  de  Versaines,  vend  h  l'abbaye  de 
Herckenrode  sa  dîme  de  Houperlingen  qu'il  tenait  en  fief  du 
comte  de  Looz.  Celui-ci  (Arnold)  approuve  la  vente.  Témoins 
Theodorkus  castcilanus  de  Los,  Balduinus  dapifer,  Godefridus 
de  Calmunt,  Libertus  de  Scalme,  Fastradus  de  Berîo,  Arnoldus 
Dorpere  de  Gengelen,  Wilhelmus  de  Hadelincjen.  —  Tome  I. 
i)aris,  Notices,  tome  I,  page  453. 

1223.— Co/?m?Y/,  chevalier  de  Houpertingeji,  vend  à  l'abbaye  de 
Herckenrode  la  \vav\.  de  la  dîme  de  Houperlingen  qu'il  tenait  en 
fief  de  Louis,  comte  de  Looz  et  de  Reiiseck,  lequel  approuve  la 
vente.  —  Tome  L  Daris,  Notices,  tome  î,  page  4o4. 


—  38  — 

1223.  —  Thierri,  comte  de  Megen,  approuve  la  vente  que 
Conrnrd  de  Iloiipertingeu  a  laite  ù  l'abbaye  de  Herckenrode,  de  la 
diine  qu'il  tenait  de  lui  eu  lief.  — Tome  I.  Daxis,  Notices,  tome  I, 
page  455. 

F.,  comte  (ÏTsenbeni  et  A.  comte  de  La  Marck,  ap- 
prouvent la  donation  faite  par  C.  homme  noble  de  Wilre  à  l'ab- 
baye de  Herckenrode  par  l'intermédiaire  de  Thierri,  comte  de 
Megen,  de  la  dîme  de  Houpertingen  qu'il  tenait  d'eux  en  fief.  — 
Tome  I.  Daris,  Notices,  tome  I,  page  455. 

F.,  comte  û'Altheua  et  A.  comte  de  La  Marck  écrivent 
au  noble  homme  Thierri,  comte  de  Megen,  que  c'est  de  leur  con- 
sentement que  noble  homme  C.  de  mire  a  cédé  sa  dîme  de 
de  Houpertingen  à  l'abbaye  de  Herckenrode. — Tome  I.  Daris, 
Notices,  tome  I,  page  457. 

1223.  —  Hugues  de  Pierrepont,  évêque  de  Liège,  approuve 
l'aliénation  que  Conrard  de  Houpertingen  a  faite  en  faveur  de 
l'abbaye  de  Herckenrode  de  la  dîme  qu'il  tenait  en  fief  de  Louis 
comte  de  Loozel  de  Thierri  comte  de  Megen. —  Tome  1.  Daris, 
Notices,  tome  I,  page  456. 

1223,  —  Le  même  évêque  approuve  aussi  la  vente  que  Gode- 
froid,  chevalier  de  Houpertingen,  a  faite  à  l'abbaye  de  Hercken- 
rode de  la  part  de  la  dîme  qu'il  tenait  en  fief  de  Conrard  de 
Houpertingen  ei  d'Anselme.  — Tomel.  Darl»,  Notices,  tome  I, 
page  456. 

Mars  1236  (1237).  —  Conrard,  homme  noh\e  ûe  Houpertingen, 
donne  h  l'abbaye  de  Herckenrode  son  droit  de  patronage  sur 
l'église  de  Houpertingen.  —  Tome  I.  Daris,  Notices,  tome  I, 
page  4o7. 

Mars  1236  (1237).— Couran/,  homme  noble  de  Houpertingen, 
lègue  ù  l'abbaye  dix  marcs  «  de  molcndino  meo  in  Elsholte 
recipiendas,  »  Acte  scellé  de  son  sceau  et  de  celui  de  son  parent 
(cognati  mei)  le  seigneur  Herma7iàe  Wilre. —  Tome  1,  fol.  222. 

Juin  1261.  —  Herbert,  fils  d'Ywan  de  Houpertingen,  chevalier, 
renonce  à  ses  prétentions  sur  le  patronage  de  l'église  de  Hou- 


—  39  — 

pertingeii,  devant  Reinier,  écolàUu  de  Tongres,  vicaire-général 
de  l'évêque.  —  Tome  I.  Daris,  Notices,  tome  I,page  4S8. 

1265.  — Herbert  et  Gode  froid  IVères,  tlls  ù'Ywan  de  IJouper- 
tinyen,  chevalier,  renoncent  à  leurs  prétentions  sur  le  patro- 
nage de  l'église,  devant  Reinier,  écolàtre  de  Tongres.— Tome  I. 
Daris,  Notices,  tome  I,  page  459. 

31  octobre  1267.  —  Everard,  prévôt  de  S.  Georges  h  Colo- 
gne, et  Louis,  noble  homme,  seigneur  de  Leuedale,  élus  arbitres 
par  les  partis,  déclarent  que  Tliierri,  noble  homme,  chevalier, 
seigneur  de  llesewic,  n'a  aucun  droit  ni  sur  les  dîmes  ni  sur 
l'église  de  Houpertingen.  «  Acta  sunt  hec  apud  Herckenrode...» 
—  Tome  I.  Daris,  Notices,  tome  I,  page  460. 

1267.  —  Tliierri,  seigneur  de  tleseivic  et  son  frère  Richold, 
adhèrent  à  la  sentence  arbitrale.  Témoins  :  Rutgherus,  vir  nobi- 
lis  domjnus  de  Ilerpene,  et  Theodoricus,  vir  nobilis  dominus  de 
IJerlar.  — Tome  I.  Daris,  Notices,  tome  I,  page  461. 

1310.  —  Jean  dit  de  llamme,  frère  de  Nicolas  de  Hamme, 
chevalier,  lègue  quatre  bonniers  à  la  mense  des  pauvres  de 
Houpertingen.  Guillaume  de  Houpertingen,  dit  de  Velde,  mam- 
bour  ih?  la  mense,  en  reçoit  l'investiture  de  la  cour  allodiale  de 
Looz.  Gtîs  faits  sont  attestés  devant  la  cour  de  Houpertingen 
composée  de  Guillaume  de  Velde,  mayeur,  Thomas  de  Eni- 
meren,  Arnold  dit  Blunde  et  Lambert  dit  Mont,  échevins.  — 
Tome  I,  fol.  313.  Daris,  Notices,  tome  I,  page  462. 

Hiilcielingen  sous  Goyei*. 

23  février  1230  (1231).  —  Accord  entre  l'abbaye  de  Hercken- 
rode  et  le  chapitre  de  S. -Jean  h  Liège,  touchant  les  biens  de 
l'abbaye.  Fratres  de  Holdeliwjen  pro  curte  que  fuit  Rulini 
quam  occupaverant  et  pro  bonario  terre  adjacente  quod  conse- 
piverant,  tantumdem  terre  pro  restitutione  décime  in  ipsorurn 
decimatione  ecclesie  beati  Johannis  assignaverunt  ;  insuper  pro 
diversis    particulis    diversarum   acquisitionum   quas    fecerant 


—  40  — 

déterra  capiluli,  inagister  Arnoldus de Lantronenge  solus  inves- 
titurain  recepil  et,  solus  tauluiiidcin  solvit  quantum  suivissent 
pkires  si  secundum  parles  acquisitionis  investiture  recepte  fuis- 
sent, cujus  debiti  sunimaascendit  ad  très  amas  vini  etdimidiam 
et  tantumdem  solvet  qui  pro  monasterio  de  Heickenrode  post 
moriem  dicli  fralris  Arnoldi  predictam  terram  a  capitulo  beali 
Joliannis  recipiet  in  l'uturum.  Hanc  requisitionein  inJVa  annuin 
deluiicti  investiti  monastorium  de  Hercketirode  per  magistrum 
domus  sue  a  capilulo  beati  Johannis  faciot.  Idem  liet  per  eum- 
dem  magistrum  a  curia  de  Goe  de  omnibus  particulis  secundum 
acquisitiones  quas  feceruut  in  terris  et  curtibus  et  omnibus 
aliis  que  a  predicta  curia  descendunt,  ita  quod  lot  mortuas 
manus,  lot  jura,  lantum  census  solus  persolvet  quantum  parti- 
cule acquisitionis  secundum  bonam  et  legitimam  computatio- 
nem  solvebant  illo  tempore  quando  fuerunt  illorum  a  quibus 
sunt  acquisite.  Preterea  niliil  ibidem  deinceps  poterunt  acqui- 
rere  dicti  abbatissa  et  conventus  de  Herckenrode,  nisi  de  con- 
sensu  ecclesie  beati  Johannis  supradicte.  Actum  est  hoc  anno 
Domini  M.  CC.  tricesimo  mense  februario  in  vigilia  beali 
Mathie  apostoli.  —  Tome  I,  fol.  87  v"  ;  tome  II,  fol.  203. 

Au  mois  de  mai  1263,  il  y  avait  un  conflit  entre  le  chapitre  de 
S.  Jean  et  l'abbaye  Herckenrode  «  super  decem  et  octo  bonariis 
terre  arabilis  descendenlibus  tam  a  capitulo  predicte  ecclesie 
S.  Johannis  quam  a  curia  de  Goe  de  quibus  dicti  abbatissa  et 
conventus  a  dicto  capitulo  et  curia  de  Goe  petebant  investiri.  » 
Les  partis  soumettent  le  conflit  à  l'arbitrage  de  Reinier,  écolâtre 
de  Tongres  et  vicaire-général  de  l'évêque,  et  de  Guillaume,  i\hhé 
de  S.  Trond.  Les  deux  arbitres  décident  «quod  frater  Walterus 
magistcr  ipsius  monasterii  de  Herckenrode,  nomine  abbatisse 
et  conventus  ejusdem  loci,  de  novem  bonariis  dicte  terre, 
quorum  duo  s:olum  descendunt  a  capitulo  beati  Johannis  etsol- 
vunt  eidem  quatuordecim  denarios  Leodienses  census  et  alla 
septem  a  curia  de  Gue,  investituram  recipiat  a  capitulo  et  curia 
memoratis  cum  petiis  et  curtibus  de  quibus  mentio  fil  in  con- 


—  41  — 

veiilioiiibus  suprascriptis,  et  eo  mortuo  alius  similiter  qui  pro 
tempore  ibidem  eril  magister;  que  petie  et  curtes  et  nomina 
personarum  a  quibus  necnon  et  prefata  septem  bonaria  sunt 
acquisila,  îalia  sunt  :  acquisivit  eiiim  dictum  moiiasterium  a 
fi'âlre  Floreuîio  quinque  bonaria,  ^h  Anthouio  et  Adam  cognatis 
duo  bonaria,  item  a  Balduino  de  Putei  unam  curlem,  a  Béatrice 
et  Oda  sororibus  unam,  a  Werico  Parvo  unam,  a  Werico  Calvo 
similiter  unam  que  débet  mortuam  manum.  Item  ordinamus 
et  ordinando  pronuntiamus  quod  pro  relevamenlo  quod  faciet 
dictusfrater  T-Fa/^erws  magister  a  capitulo  sancti  Jobannis  sol- 
vet  eidem  deinceps  quatuor  amas  et  dimidiam  boni  vini  in 
quibus  très  ame  et  dimidia  supradicte  comprebenduntur  et  duas 
investituras  cum  juribus  parium  et  capituli  ;  pro  relevamento 
vero  quod  faciet  a  curia  de  Goe,  solvet  secundum  ejusdem  curie 
consuctuJinem  ibidem,  in  qua  curia  undecim  etiam  investitu- 
ras relevabit  et  tantumdem  persolvent  abi  magistri  successive 
qui  pro  tempore  ibidem  magistri  fuerint  et  investituras  predic- 
tas  babuerint  pro  singubs  re'evamentis  quum  investituram  de 
eadem  terra,  curtibus  et  peliis  récipient,  tam  a  capitulo  quam  a 
curia  supradictis  ;  nicbilominus  annuo  censu  ejusdem  capitub 
deprefatis  omnibus  eidem  ad  dictum  ipsius  capituH  ac  parium 
ejusdem  necnon  scabinorum  loci  integraliler  salvo  permanente, 
qui  census  per  se  annuatim  ascendit  ad  viginti  très  sobdos  et 
novem  denarios  Leodienses  prêter  censum  advocati  ipsius  loci 
qui  ascendit  a;î  sevtarium  et  dimidium  avene  et  très  denarios 
Leodienses  et  très  pullos.  De  reliquis  vero  novem  bonaviis 
terre  que  etiam  descendunt  a  curia  de  Goe  que  dictum  monas- 
terium  acquisivit,  dabunt  et  dare  tenebuntur  dicti  abbatissa 
et  conventus  très  bonos  viros  laïcos  antea  non  existentes  man- 
sionarios  curie  de  Goe,  qui  mansionarii  ipsius  curie  efficientur 
de  terra  memorata,  quilibet  pro  tertia  parle  dictorum  novem 
bonariorum,  qui  mansionarii  omnia  et  singula  facere  tenebun- 
tur prout  alii  mansionarii  dicte  curie  faciunt  vel  facere  consue- 
verunt  et  pro  relevamento  solveread  dictum  scabinorum,  etc.» 


42 


Fait  au  palais  à  Liège,  en  mai  1263,  en  présence  de  l'abbesse 
Jutte,  des  frères  convers  Walter,  Angram  et  Renier,  du  doyen 
de  S. -Jean  et  de  ses  chanoines  Hetiri  de  Tomjres,  Pierre  de 
Ockiers,  Godefroid  de  Hakendael,  Arnold  de  Gand.  —  Tome  I, 
fol.  87  v"  ;  tome  II,  fol.  203. 

Oct.  1285.  —  Charte  (Wirnold  comte  de  Looz.  Guillaimie  che- 
valier dit  Nadon  de  Yoec  ;  a  vendu  à  l'abbaye  pour  cent  et  qua- 
rante marcs  liégeois,  quatorze  bonniers  de  terre  mouvants  de 
différentes  cours  auxquelles  ils  devaient  des  cens  annuels,  entre 
autres  une  pièce  de  dix-sept  verges  située  juxta  Uasselt 
(Heisselt)  «  prope  terram  curie  de  Huldelingen,  »  une  autre  située 
rétro  curiam  de  lluldelimjen,  un  bonnier  «quod  tenetur  a  relicta 
quondam  domini  Henrici  militis  de  BuechoU  uxore  nunc  domini 
Symonis  militis  dieti  Quydrebhe.  «L'abbesse donne  ces  quatorze 
bonniers  en  location  perpétuelle  au  vendeur  Guillaume  pour  un 
fermage  annuel  de  trente-quatre  muids  d'épeautre,  mesure  lié- 
geoise. Etaient  témoins  :  l'abbesse,  Louifi  comte  de  Chiny,  oncle 
d'Arnold  comte  de  Looz,  Henri  seigneur  de  Pietersheim,  Daniel 
de  Hamele,  Gérard  de  Berle  ,  Gilles  de  Meulkejie,  Guillaume  de 
Ilamele,  chevaliers,  J^an  châtelain  de  H ozémont,  Jean  ch'kiehUi 
de  Kolmont.  «  Datum  et  actumanno  Dominice  incarnationis  M. 
ce.  octogesimoquinio,  mense  octobri,  apud  Kolemont.^^ — Tome 
I,  fol.  89  v°  et  311. 

11  mai  1303.  —  Le  chapitre  de  S.  Jean  possédait  dans  le 
territoire  de  Goe  «  circa  curiam  de  Huldelingen,»  la  dîme  de  six 
bonniers  et  huit  verges  situés  parmi  les  bonniers  dont  l'abbaye 
avait  la  dîme.  Les  deux  parties  font  un  échange.  —  Tome  I, 
fol.  90  V. 

1460.  — Acte  de  la  cour  censale  que  le  chapitre  de  S. -Jean 
possède  au  village  de  Sinl  Jnns  Joeck.  —Tome  II,  fol.  184. 

10  mai  1403.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  S.  Joerisjoeck, 
appartenant  au  chapitre  de  S. -Jean ,  touchant  l'hypothèque 
d'une  rente  de  trois  muids  de  seigle  que  des  habitants  devaient 
à  l'abbaye  de  Herckeniode.  La  cour  était  composée  deLiebrech 


43 


Ladduyns  «  welticli  soiie,  meyer,  Matliys  Keyeii,  Jan  Staessyjis, 
Willem  Ladduyns  natueiiick,  Ardt  Honich,  Jan  Mertens  anders 
geseeclit  Tuelen  en  Heudrick  Clots  allen  schepeii  des  voorscre- 
veti  hoefs.  »  —  Tome  I,  fol  93. 

5  juin  1494.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  le  chapitre  de 
S. -Jean  possède  au  village  de  Groetjoeck.  Henri  Princhen  u^ùyant 
point  payé  la  rente  qu'il  devait  à  cette  cour,  le  mayeur  demande 
à  être  mis  en  possession  de  la  terre  qui  en  est  grevée;  ai)rès 
quatre  citations  et  séances  auxquelles  le  débiteur  n'a  point 
comparu,  la  cour  met  le  mayeur  en  possession  de  la  terre  au 
nom  du  chapitre  :  «  alsoe  dat  der  meyer  na  manisse  en  vonnisse 
in  den  naeme  van  den  Heeren  deecken  en  capittel  die  gichte 
van  den  voerscreven  goede  metter  eender  hant  in  die  anderliant 
ontfaen  heeft  met  allen  usagien,  heerlicheiden  ende  solempni- 
teiten  des  hoefs.  »  La  cour  cite  tous  ceux  qui  peuvent  avoir  des 
rentes  sur  cette  propriété  ;  après  deux  ou  trois  citations,  elle 
se  rend  sur  celte  pièce  de  terre  :  là  comparait  Aert  Keynens  au 
nom  de  Béatrix  van  BatteJmm,  religieuse  de  l'abbaye  (als  vigi- 
lienmeersterse)  ,  pour  conserver  la  rente  d'un  demi-muid  de 
seigle  hypothéquée  sur  cette  pièce  «  presenteerende  tepurgieren, 
costen  en  lasten  opteleggen  ende  synen  voet  te  setten  daer  der 
meyer  in  den  naeme  van  den  Heeren  synen  voet  setten  soude 
overmits  wille  honnen  erfpacht  daerop  te  behauwen,  alsoe  dat 
wy  schepenen,  te  manisse  onsmeyers,  wesen  dat  broeder  Aert 
Keynens  in  den  naeme  van  de  vigiliemeerterse  synen  voet  setten 
soude  by  des  meyers  voet  ende  souden  met  een  instrumente 
eenwerf,  anderwerf,  derdewerf  in  die  eerde  vesten  ende  berch 
en  dael  maecken  ;  alsoe  heeft  Aert  Keynens,  na  manisse  en  von- 
nisse in  der  manieren  voerscreven,  in  die  eerde  gevest  ende 
berch  en  dael  gemaeckt  tôt  een  teken  dat  hy  in  den  naeme  en 
tôt  behoef  der  vigilien  in  dat  voerscreven  goet ,  na  ons  hoefs 
redit,  gesaseertes;  daeroverversoecht  broeder  Aert  nochvoert 
recht,  en  wy  schepenen  ,  te  manisse  ons  meyers  ,  wesen  dat 
men  helderen  des  goets  bevelen  soude  op  seven  scellinge  en  op 


-     44     - 

vertheen  scillin,2;e  goets  gelts  hant  ende  voet  van  den  voerscre- 
ven  goede  te  doen  ;  daerna,  te  versueck  van  broeder  Aert  Key- 
nens  voerscreven,  soe  heeft  broeder  Aert  in  den  naeme  en  tôt 
behoeff  der  vigilien  des  cloesters  van  Herckenrode  van  den 
voerscreven  goede,  na  manisse  en  vonnisse,giclite,  guedenisse 
ban  en  vredeonllaenenallen  onshoefsvullingegedaen.» — Tome 
I,  fol.  3oo. 

1527.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  l'abbesse  Mathilde  de 
Lexhy  possède  «in  de  bewint  van  Joeck.  »  L'abbesse  achète  une 
rente.  —  Tome  I,  loi.  3o6. 

«lesseren. 

1218.  —  Guillaume  de  Lewis,  homme  noble,  et  ses  frères 
Godefroid  et  Gislebert ,  donnent  à  l'abbaye  de  Herckenrode  le 
patronage  de  l'église  de  Jesseren.  Guillaume  vend  à  l'abbaye 
pour  67  marcs,  la  part  de  la  dîme  de  Jesseren  qu'il  tenait  en  fief 
de  son  frère  Godefroid.  Walter,  chevalier  de  Ilerche  (Ridder- 
herck),  donne  avec  le  consentement  de  son  épouse  Mathilde  et 
de  ses  fils  Philippe,  Guillaume  et  Thierri,  l'autre  partie  de  la 
dîme  de  Jesseren  à  l'abbaye  de  Herckenrode,  comme  dot  de  sa 
1111e  qui  s'y  était  faite  religieuse.  Louis,  comte  de  Looz,  de  qui 
ces  dîmes  et  patronage  descendaient  en  fief,  en  confirme  la 
vente  et  la  donation.  Témoins  :  Wilhelmus  de  Pietersem,  Arnol- 
dus  et  Hermannus  de  Elslo,  Conrardus  de  Hubertingen,  Robertus 
de  Berlo,  Raso  de  Cortessem  et  filii  ejus,  Theodoricus  caslellanus 
de  Los,  Waltenis  de  Rece,  Heinricus  de  Joec,  Robertus  de  Cors- 
wevem.  —  Tome  I,  fol.  117  ;  Daris,  Notices,  tome  I,  p.  486. 

11  sept.  1312.  —  Transaction  entre  l'abbaye  de  Herckenrode 
et  le  curé  de  Jesseren,  touchant  la  dîme  d'une  pièce  de  terre. — 
Tome  I,  fol.  117;  Daris,  Notices,  tome  1,  p.  488. 

Kcrmpt. 

Février  1262  (1263).—  Guillaume  de  Kermpt  ayant  donné  des 


—  45   - 

biens  féodaux  et  censaux  i\  l'abbaye,  le  comte  Arnold  confirme 
ces  donations.  «  Arnotdus  cornes  de  Los  et  de  Cliiny  universis 
présentes  litteras  inspecturis  salutem  et  cognoscere  veritatem. 
Ad  universitatis  vestre  notitiam  volumus  pervenirequod  Wiiliel- 
mus  de  Kermpte  nemus  suum  quod  Paddenmere  nuncupatur  cum 
pratis  et  terris  adjacentibus  et  terras  quas  habebat  in  loco  qui 
Zisbruch  dicitur,  idem  Wilhelmus  predictum  nemus  et  terras 
predictas  prout  universaliteranobistenebat  infeodum  in  manus 
nostras  ad  opus  abbatisse  et  conveiitus  de  Herckenrode  cister- 
ciensis  ordiuis  tilulo  pure  eleemosyiie  absoiute  et  libère  repor- 
tavit.  Nos  aulem  uude  predicta  bona  feodalia  tamquam  a  supe- 
riore  et  principali  domino  descenderunt,  predictam  bonorum 
reporlationem  ratam  habentes  et  approbantes  prelibala  bona 
ut  noslra  intererat  ab  omni  jure  feodali  exemimus  et  liberum 
fecimus  et  facimus  allodium  per  litteras  présentes  ad  opus 
dilccte  nobis  abbatisse  et  conventus  memorata  bona  eis  benigno 
favore  largientes.  Preterea  ipsi  abbatisse  et  conventui  conces- 
simus  et  indulsimus  et  presenti  pagina  indulgemus  ut  terras 
quas  idem  Wilhelmus  habebat  in  loco  qui  Wesselenhove  dictus 
est  et  [)rediclis  abbatisse  et  conventui  in  eleemosynam  obtulit 
et  donavit  que  sunt  bona  ceiisualia  et  a  curia  nostra  apud 
Steynerde  à.e9,cQ\\ûw\'\i  ipsa  abbatissa  et  conventus  tenere  libère 
ac  per  mambordum  laicum  dictorum  bonorum  investituram 
recipere  valeant  et  possidere,  salvis  tamen  censibus  etjuribus 
nos. ris  in  predicta  curia  suis  temporibus  persolvendis.  Acta 
sunt  iiec  apud  Curinglien  [ive^enlUms Fastrado  àe  Lude  dapifero 
nostrû,P//i//>;w  domino  de  Hercke  et  Wilhelmo  iîlio  ejus,  militi- 
bus,  et  nliis  quamplurimis  hoininibus  nostris  viiis  idoneis  et 
fide  dignis....  Anno  Domini  M.  CC.  LX  secundo,  mense  l'ebrua- 
rio.  »  —Tome  I,  fol.  26  v". 

17  sept.  1307.  —  Charte  d\irnoldde  Quabeke,  chevalier,  sei- 
gneur de  Kermpt.  Contestation  entre  lui  et  l'abbaye  touchant 
un  droit  de  cormède  suv  un  petit  pré  situé  à  Helversrot,  près  de 
Paddemer,  duquel  pré  on  devait  lui  payer  annuellement  une 


—  46  — 

rente  de  six  deniers  et  fournir  un  lanneur  (fenitorem)  ;  au  lieu 
de  fournir  un  fanneur,  l'abbaye  payera  une  rente  de  quatre 
deniers,  et  ne  sera  plus  obligée  de  payer  de  droit  de  cormède. 
—  Tome  II,  fol.  16U. 

"HO  août  1433.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Kermpt  par 
lequel  elle  réalise  la  conslilution  d'une  rente  :«  Willem  Kannarts 
scoutet,  Geril  Vimderhnht,  Lambrecht  Jacobs,  Jan  Vaitdermeer, 
iSiûNys,  Art  Vaudoiiulst,  Gilis  Philips  en  Art  Colon  scepen  der 
banckvan  A't'/wp^  »La  cour  n'ayant  pas  de  sceau  à  elle,  Gérard 
van  Eddbampd,  seigneur  de  Herten  et  de  Meldert  et  mambour 
de  l'abbaye,  y  append  son  sceau,  —  Tome  I,  fol.  iSl  v°. 

Kerniel. 

lo  avril  136:2.  —  Acte  notarié  passé  à  Looz,  dans  la  maison 
dite  de  crapulart.  Jean  lloen  a  vendu  ù  Marie  Pollarts,  sous- 
prieure,  une  rente  d'un  muid  de  seigle,  et  il  a  assigné  comme 
hypolbèque  une  pièce  de  terre  située  à  Colen,  dite  Jacobs  lant 
van  Colen,  et  mouvante  de  la  cour  censale  que  le  cliapitre  de  S. 
Servais  y  possède  et  y  payant  huit  deniers.  —  Tome  II,  fol.  :224. 

Kleine-lSpau-wen. 

20  mai's  14S8.  — Acte  de  la  cour  des  échevins  de  Kleine- 
Spauwen  :  u  Wyr  Jan  Iloen  van  Voirendaele  als  meyer  ende 
scepen,  Herman  van  Concgracht,  Lybrecht  Quoyen,  Reyner 
Gn'ven,  Jan  Mener  van  Cleynenspauden,  Jobannes  llents  van 
WautNviIre,  ende  Joban  Meyer  van  Munsterbilsen  als  scepenen 
tôt  Cleynenspauden.  »  La  cour  réalise  un  acte  d'écbange  entre 
l'abbaye  de  Herckenrode  qui  reçoit  quatre  pièces  de  terre,  et 
Gilles  Vandersargen,  échevin  à  Maestricht,  qui  est  libéré  d'une 
rente  annuelle.  Cet  acte  mentionne  la  table  du  S.  Eprit  ou 
mense  des  pauvres  de  Kleinespauvven.  — Tome  I,  ll'l.  184. 


—  47  — 


ILiOOz. 


Mai  1241.  —  Echange  de  biens  entre  l'abbaye  de  Hercken- 
rode  et  le  chapitre  de  Looz.  «  Gerardus  decanus,  et  capitulum 
de  Los,  notum  esse  volumus  presentibus  pariter  et  futuris 
quod  cum  conventus  de  Herckenrode  de  bonis  apud  Ophere 
jacentibus  nobis  débet  pro  censu  annis  singulis  octo  solidos 
Leodienses  ad  Cameram,  et  ad  curiam  de  Nederheim  XX  dena- 
rios,  et  ad  custodiam  III  denarios,  et  de  bonis  jacentibus  in 
Cuttechoven,  videlicet  tribus  bonariis  et  quatuordecim  virgatis 
que  émit  erga  heredes  domini  Godefridi  militis  de  villa  eadem 
XXVII  denarios  ad  Cameram  et  unum  ad  custodiam,  et  de 
bonis  de  OphasseJt  XXX  denarios  ad  curiam  de  Nederheim  per- 
tinentes; et  nos  dicto  conventui  de  terra  jacente  in  Cuttechoven 
spectante  ad  anniversarium  domini  Hugonis  quondam  episcopi 
Leodienses  II  denarios  deberemus,  et  idem  conventus  haberet 
apud  Los  novem  areas  pertinentes  ad  bona  de  Ophasselt  de 
quibus  recepit  annis  singulis  octo  solidos  et  sex  denarios  et  XX 
capones...»  Suit  l'échange.  «Actum  et  datum  mense  mayo  anno 
Domini  M.  CG.  XL  primo.  «  —  Tomel,  fol.  44. 

8  janv.  1313  (1314).  —  Arnold,  comte  de  Looz,  change  sept 
bonniers  de  terre  féodale  situés  près  de  Widdingen,  en  terres 
censales  ressortissant  h  la  cour  censale  de  Hendriken.  «  Ar- 
noldus  comes  de  Los  dilectis  nobis  in  Christo  villico  seu  judici 
et  scabinis  curie  nostre  de  Hendreken ,  ceterisque  omnibus 
et  singulis  ad  quos  présentes  littere  pervenerint,  salutem  in 
Domino  sempiternam.  Vobis  significamus  quod  nos  septem 
bonaria  terre  arabilis  site  in  territorio  de  Widdingen  libère 
pertinentis  ad  feodum  nostrum  de  Duras  ab  omni  onere  feodali 
absolvimus  et  jure  penitus  ac  quitamus  Renero  filio  Arnoldi 
dicti  Nennen  de  Bruchym  ob  gratiam  quem  eidem  facimus  spe- 
cialem  eadem  bona  in  jus  et  consuetudinembonorum  dicte  curie 
nostre  de  Hendreken  ex  nunc  et  in  omne  tempus  futurum  inte- 
graliter  commutandoet  flectendo;  ita  quod  de  quolibet  bonario 


—  48  — 

antedicto  in  die  beati  Remigii  annis  singulis  in  perpetuum  apud 
Los  in  sepedicta  curia  nostra  de  Uendreken  nomine  census 
nobis  et  successoribiis  nostris  quatuor  denarii  Leodienses, 
prout  alii  nostri  census  recipiuntur,  libère  solvantur  ;  mandan- 
tes vobis  judici  et  scabinis  curie  nostre  antedicte  quatenus 
deinceps,  dum  a  dicto  Benero  aut  ab  illis  quorum  interest, 
fueritis  requisili,  ad  beredationem  prefatorum  bonorum  secun- 
dum  consuetudinem  ejusdem  curie  rite  procedatis,  quod  vobis 
et  omnibus  quorum  intéresse  possuiil  anle  expressa  sub  sigillo 
nostro  presentibus  annexo  duximus  signilicandum.  Datum  anno 
Domini  M.  CGC.  XIII  feria  tertia  post  Epiplianiam  Domini.  »  - 
Tome  I,  fol.  47. 

8  fév.  1309  (1310).  ~  Charte  û\4rnouId,  comte  de  Looz  et 
de  Ghiny.  Florekin,  tils  de  Francon  de  Middelliem,  reconnaît 
n'avoir  aucun  droit  à  trois  bonnlers  de  terre  siuiés  dans  le  ter- 
ritoire de  Looz,  que  le  dit  Franco)i  tenait  en  fief  du  dit  comte; 
il  reconnaît  en  outre  que  MathUde  de  Borlo,  veuve  du  dit  Fran- 
con, pouvait  en  disposer  librement.  «  Présentes  fuerunt  nostri 
fidèles dominus  Wilhelmusde  tiamele, mWcs,  KonodeSassenbruck, 
Willielmus  de  Middelhem  noster  schultetus  de  Los,  Henricus 
Scenne  ejus  frater,  Renekimis  de  Borlo,  Henricus  ejus  filius,  et 
Johannes  de  Montenaco  noster  receptor.  Actum  fuit  coram 
nobis  apud  Lensoeltere.  Datum  anno  Domini  M.  CGC.  nono  in 
die  dominica  post  purificationem  Béate  Marie  Virginis.  «  — 
Tome  I,  fol.  359. 

5  février  1314  (4315).  -  .  Mathilde  de  Borlo,  veuve  de 
Francon  de  Middelhem,  ayant  vendu  ces  trois  bonniers  à  l'ab- 
baye de  Herckenrode,  Arnoul,  comte  de  Looz,  les  convertit  en 
terres  censales  dont  on  lui  payerait  quatre  deniers  par  bonnier. 
«  Premissis  enim  interfuerunt  mngister  Lambertus  de  Los 
pliisicus,  Giselbertiis  de  Romershoven  iiosler  scuitelus  deUasselt, 
Johannus  de  Mierbeke  noster  falkonarius,  Lambertus  et  Wil- 
helmus  de  Busco  de  .V///d/i  juxla  lïerdren.  —  Tome  1,  fol.  341. 

11    inars   1314  (l.Uo).  —  L'abbesse   IVIarguerite  de  Steyne 


49 


déclare  que  deux  de  ces  trois  bonniersont  été  payés  par  la  reli- 
gieuse Juta  de  Lintris,  autrefois  abbesse  de  Vivegnis,  qui  en  a 
réservé  l'usufruit  pour  elle  et  après  sa  mort  pour  la  religieuse 
Alicia  de  Lintris  sa  parente  ;  après  la  mort  de  cette  dernière,  les 
revenus  serviront  aux  anniversaires  dVl/icm,  dame  de  Lintris,  et 
ù'Aleyde,  dame  de  Waveren.  — Tome  I,  fol.  351. 

30  mars  1315  (1816).  —  Ch?trle  d'Arnold,  comte  de  Looz. 
Conon  de  Sassenbruc,  écuyer,  payera  à  son  frère  Henri  de  Sas- 
senbruc  la  rente  annuelle  de  onze  muids  de  seigle  ;  il  assigne 
comme  hypothèque  de  cette  rente, le  moulin  de  Wyngaerde  avec 
ses  dépendances,  deux  bonniers  de  terre  situés  «  juxta  montem 
de  Wyngaerde,  etc.  »  L'acte  est  réalisé  devant  le  comte  et  ses 
hommes  féodaux,  savoir  :  «coram  nobis  necnon  Johanneïnwes- 
tito  ecclesie  de  Gorsem,  canonico  et  custode  ecclesie  nostre 
Lossensis,  Johanne  de  Orelgio  milite,  Arnoldo  dicto  Bastard 
nostro  tîlio  naturali  milite,  Abiio  de  Los  filio  quondam  Abrahe 
militis,  GodetVido  dicto  de  Rumschoven,  Wilhelmo  de  Nischyîn, 
Arnoldo  de  Gulke  et  Petro  dicto  Page  armigeris,  noslris  homi- 
nibus  feodalibus.  «  — Tome  I,  fol.  350. 

27  nov.  1318.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Hendricken 
appartenant  au  comte  de  Looz  et  siégeant  h  Looz.  Reinier, 
fils  d'Arnold  dit  Nenne  de  Broeckem,  écuyer,  à  Hex,  avait 
vendu  h  l'abbaye  de  Herckenrode  sept  bonniers  de  terre  situés 
au  territoire  de  Looz  qui  étaient  des  fiefs  du  comte  de  Looz.  Le 
comte  les  avait  convertis  en  terres  censales  payant  par  bonnier 
quatre  deniers  à  la  cour  censale  de  Hendricken.  Quelques-unes 
de  ces  terres  étaient  situées  près  de  celles  des  héritiers  de 
Nicolas  de  Gothem  et  près  de  celles  des  héritiers  deGiselbert  de 
Berlingen  dit  de  Rivo  chevalier.  Présent  :  Arnold  dit  Nenne  de 
Broeckem,  mambour  de  Jean  et  d'Arjiold  dît  Nenken ,  fils  du 
\^réd\i  Reynier  de  Hex.  — Tome  I,  fol.  352. 

1  août  1319.  —  Echange  entre   le  chapitre  de  Looz  et  l'ab- 
baye de  Herckenrode  des  dîmes  de  trente  bonniers  de  terre. 
Tome  I,  fol.  47.   Daris,  Histoire  de  Looz,  tome  2,  p.  6. 


—  50  - 


I^uiiiinoii. 


11  aviil  1344.  —  aWy  Kerstiaeii  van  Ocsterlioven,  Reyiie  van 
OelUiuihen,  Willem  van  Melderlaer,  LoJewicli  Vrnnken,  Heiiric 
Van  Ikppen,  Âriiout  Vamknvenne  eu  Jaii  Clocludere  scliepeneii 
vati  Luinmeneniievau  deii  lande  van  buten.  »  Réalisation  d'une 
rente  achetée  par  la  religieuse  Heylwiiie  Philipps.  —  Tome  I, 
loi.  340. 

1360. — Acte  d'une  cour  extérieure  de  Lummen.«^yy  Lihreelit 
van  Grnelari'u,  Reynier  '-Voutcrs,  Lambrecht  Mathijs,  Henric 
Putman,  Heinric  Onder  die  Ei/ke,  Heinric  Ih'iurics,  Was  van 
Glieslcle  en  Arnout  Christiaens  scepenen  le  Lummene  van  buten 
ons  lieeren  i/^/»r/«  lieerevan  Dyesl..Voer  ons  en  Laurens 
Oedc'u  richlereteLumme.e  ons  heeren  van  Dyesle. «Réalisation 
d'une  rente  achclée  par  Elisabetli  de  Papenbroech.  Cette  cour 
n'ayant  pas  de  sceau,  prie  la  cour  intérieure  d"y  appendre  le 
sien  ;  «  en  wy  Willem  Van  Oesterhoven,  Kerstiaen  Daniels,  Fré- 
déric Clemmen,  Xvuout  Pondernay,'Pelev  Op  dielJeyde,  Gheraert 
der  Visghere  ende  Johan  Moens  scepenen  van  Lummene  van 
binnen.  « —  Tome  1,  fol.  343. — Acte  de  la  même  cour  de  1367. 
—  Tome  1,11)1.348. 

1375. — Acte  d'une  cour  extérieure  de  Lummen  :  «  Voerons 
en  Jolianne  van  llamme  richter  ons  heeren  Everaerts  van  d(T 
.ï/flrAt'/i  heeren  van  Lummen.  »  Réalisation  d'une  rente  achetée 
[iar  les  religieuses  Aleyde  Va)i  'Veys,  Marc  Van  1VV//.S,  et  Ca- 
therine Van  firuçiylte.  —  Tome  I,  fol.  3i0. 

i->77.  —  Aclede  la  cour  extérieure  de  Lummen.  Le  seigneur 
est  Everard  de  la  Marek.  Réalisation  d'une  rente  achetée  par  les 
religieuses  Aleyde  et  Madiilde  de  Colen.  —  Tome  I,  fol.  344. 

1441.  —  Acte  de  la  cour  extérieure  de  Lummen.  Le  seigneur 
est  Jean  de  la  Marck.  —  Tome  I,  fol.  347 

8  avril  148:2.  —  Accord  etitre  l'abbesse  au  nom  du  cellier 
(wynkelder)  et  .\i'nt  Peters  <■<■  lûs  hoefheere  des  hoefs  Liebrechts 


51 


Van  Hoelraeck  en  dfis  bampts  gelioiteii  'tglœsoere  «chargé  d'une 
rente  foncière  de  quatre  deniers. —  Tome  II,  fol.  222. 

13  mai  1.^32.  —  La  cour  censale  de  Gerets  Van  Velpen  h 
Scinielen  fait  confirmer  un  acte  par  la  cour  extérieure  de  Lum- 
men.  —  Tome  U,  fol.  47. 

."\Iîi«'Hti'î<"ht. 

Mai  1242.  —  llenri,  duc  de  Lorraine  cl  de  Brabant,  donne  h 
l'abbaye  de  Herckenrode  une  rente  annuelle  et  perpéluelle  de 
cent  solidi,  moimaie  de  Louvain,  à  percevoir  sur  les  revenus  de 
sa  maison  banale  h  Anvers  (de  domo  pannali).  «  Testibus 
('.(xkj'rido  de  Perwez  nepote  nostro  ,  Arnoldo  senescallo  de 
Itorhelar,  llenrico  de  Ottencurch,  magistro  Daniele,  Gerardo  de 
ïslia  dapiflio  nostro,  Wilfielmo  de  Eversberghe,  Carolo  de 
Arscot  contone,  Johanne  de  Beryhe,  magistro  Francone,  Simone 
cai)ellano  nostro,  Wilhelmo  Nose  et  Uuyoîie  fralre  ejus  scabi- 
nis  antwerpientibus.  Acta  sunt  bec  apud  Antwerpiam.  »  — 
Tome  I. 

24  déc.  1303.  —  Charte  de  l'abbesse  Marguerite  de  Steyne. 
L'abbaye  a  vendu  à  Gerlrude  de  Atrio,  religieuse  des  Dames 
blanches  de  l'ordre  de  S.  Victor,  à  Maestricht,  et  à  ^es  deu.x 
frères.  Renier  et  Gison,  poui-  b-ur  vie,  toutes  les  rentes  qu'elle 
percevait  à  Maestriclit.  Sont  cités  Lambert  de  Tweebergen,  che- 
valier ,  Lambert  Gugart,  chevalier  ,  Bobinas  de  Miltyn,  doyen  de 
S.  Servais.  -  Tome  II,  fol.  44,  202. 

20  mars  1383  (style  de  Cambray).  —  Jeanne,  duchesse  de 
Luxembourg,  de  Lorraine,  de  Brabant,  de  Limbourg,  marquise 
du  saint  Empire,  au  lieu  de  la  rente  de  cent  sulidi,  assigne  à 
l'jibbaye  une  rente  de  douze  florins  d'or  à  percevoir  sur  les 
revenus  à  Maestriclit  :aen  onsen  renten  en  toile  onser  siadt 
van  Triclit  en  ons  vroeiihoefs  daer  by  gheleghen).  «Gegheven  te 
Brussel...  »  —  Tome  I. 

lojuin  1411.  — Antoine,  duc   de  Lorraine,  de  Brabant,  de 


Limboui'g,  margrave  du  saint  Empire.  Son  prédécesseur  Henri 
donna  à  l'abbaye  une  rente  de  cent  escalins  ii  percevoir  sur 
les  revenus  d'Anvers  :c<renlon  van  honderl  scillingen  Lovenscli 
te  nemen  op  ten  buyse  olV  halle  van  dcni  lakenen  in  onse  stadt 
van  xVnlwerpen.  »  La  duchesse  Jeanne  assigna  à  l'abbaye,  au 
lieu  de  celte  rente,  une  de  douze  tlorins  d'or  à  percevoir  à 
Maestriclit.  Le  duc  Antoine  ordonne  à  son  receveur  de  payer 
les  arrérages  dedeux  ans.  «  Ghegeven  in  onse  stadt  van  Bms- 
sel.  »  —  Tome  L 

22oct.  1547.—  c<  Wyr  sladthouder  van  den  scholtis'shoeffs 
van  Lenculen,  geheiten  den  Vroenhof1\  gelegen  bennen  Maes- 
triclit.... ende...  scepenon.  » — Tome  II,  fol.  61. 

22  oct.  io47.  —  -.<  Wy  scholtet  ende  scepenen  der  banck  en 
vryheidt  sinte  Pieters  by  Trecht.  »  —  Tome  II,  fol.  61. 

22  oct.  io47. — «Wyr  scholtet  ende  schepenen  des  gherichis 
van  der  jtrostien,  geheilen  voer  die  schale  toebehoerende  den 
hue(jen  proesl  van  der  eervverdiger  kercken  des  gueden  siiile 
Servaes  in  der  stat  Maestriclit.  » — Tome  II,  fol.  62, 

^Keltlert. 

iO  nov.  1523.  —  Contestation  entre  l'abbaye  et  les  parois- 
siens de  Meldert  touchant  la  dime  du  chanvre.  Transaction  à 
l'amiable.  Les  paroissiens  payeront  «  van  elcken  gewoenlicken 
voet  oft  halster  kennips  dat  wy  en  ellick  van  ons  jaerlix  zeyen 
sullen  Iwe  bescheiden  brabantsche  oft  burgoensche  stuvers  en 
eenen  halven.  »  —  Tome  4,  fol.  860. 

Mettecoven. 

28  juin  1432.  -  Acte  de  la  cour  censale  de  Hoenshoven. 
«  Dirick  \'an  Ilerten  richier,  Gisebrecht  Van  Heestert,  Jan  Rey- 
ners,  Jacob  Pelers,  Jan  lloulnian,  Gufién  der  Vurster,  Willem 
17///  lfee,s{ert,  en  Henric  Strouven,  geswoeren  laete  des  hoefs 


—  o3  — 

van  Hoensoeveii.  »  Rente  hypolliéquée  sur  une  pièce  de  terre 
située  à  Mettecoven  et  ressortissant  à  cette  cour.  —  Tome  II, 
fol.  160. 

30  juil.  1470.  —  Acte  de  la  même  cour  censale  de  Hoensho- 
ven.  «  Willem  Van  Heestert  richter,  Weynen  Vranken,  Henric 
Moiitfels,  Johannes  Van  Heestert  en  Johan  Van  Rothem.,  geswo- 
ren  laete  des  hoefs  van  Hoenshoven.  »  La  même  renie  hypo- 
théquée sur  la  même  pièce  de  terre  située  h  Mettecoven  et 
ressortissant  à  cette  cour.  Herman  Stnwe  de  Grathem  est  le 
mambour  laïque  de  l'abbaye.  —  Tome  II.  fol.  161. 

Cette  cour  censale  avait,  nous  paraît-il,  son  siège  à  Looz. 

18  déc.  1499.  —  Acte  delà  cour  censale  que  le  chapitre  de 
S. -Martin  à  Liège  possède  h  Mettecoven.  Wouter  Bertheley^is 
étant  débiteur,  du  chef  de  sa  femme  Catherine  Roeden  d'Opheer, 
d'une  rente  à  l'abbaye,  assigne  comme  supplément  d'hypothè- 
que, trente-sept  verges  de  terre  situées  à  Mettecoven  et  res- 
sortissant à  cette  cour  censale.  Wouter  Berleleyns  était  late  ou 
nianskmarius  de  celte  cour.  Guillaume  Dreyers  était  curé  de 
Mettecoven.  —  Tome  I,  fol.  301. 

Meuiven. 

l!209.  —  Le  chapitre  de  S. -Barthélémy  à  Liège  vend  sa  part 
dans  la  forêt  de  Dondersloe  à  l'abbaye  de  Herckenrode ,  pour 
une  rente  annuelle  et  perpétuelle  de  quinze  deniers  (monnaie 
liégeoise)  ;«  insuper  fratrem  Gislebertum  ex  parte  ecclesie  sue 
investivimus  eo  jure  ut  cum  de  bac  vita  féliciter  migraverit  tôt 
denarios  requisitionis  quotet  census  successor  ejus  nobis  per- 
solvat  et  decano  bannos  suos  et  paribus  denarios  testimo- 
niales tribuat...  Testes  autem  sunt  Thomas  S.  Bartholomei 
prepositus,  Heribertus  decanus,  Lambertus  custos,  Petrus,  Bal- 
duinus,  Seraphim  ,  Petrus,  Helyas  cantor,  Ilenriciis  de  Atrio, 
Gislebertus,  Petrus,  Jacobus,  Iknricus,  Roberlus,  PhUippus,  Bar- 
tfwlomeus,  Gerardus,  Otto  cellerarius;  de  laïcis  Thomas  de  supra 


Musaiii,  Gerarilus  de  Berzes.  Aclum  domiiiice  iiicanialionis 
anno  M.  CC.  iioiio.  »  —  Tome  I,  fol.  32  v". 

1212.  —  Le  chapitre  de  S.  Servais  à  Maestriclit  ayant  aussi 
une  paît  dans  la  foret  de  Dondersloe,  part  qui  est  indivise  avec 
celle  de  l'abbaye,  on  en  fait  un  partage  exact  avec  des  bornes. 
«Testes  s\i\U  Ifeinrkiis  decanus  ,  Gerardus  Holdo,  Gerardusùe 
Blisia,  Gerardus  Poitevin,  Lambert  us ,  Petrus  ,  canonici;  laïci 
vero  Gerardus  villicns,  lleinricus  diotus  lox  et  alii  (juamplures. 
Acta  suiil  liée  doniii^.ice  Incaniationis  anno  M.  CC.  XII, régnante 
domino  0/foudimperatorè,  présidente  ûoimuo  Itugone  Leodiensi 
episcopo.  »  —  Tome  I,  fol.  33, 

1216.  —  Le  chapitre  de  S.-Barthélemi  consent  à  ce  que 
Tabbayede  Herckenrode  lui  paie  annuellement  une  rente  de  dix 
solidi  an  lieu  de  quinze  denarii,  mais  sous  la  condition  qu'à  la 
mort  de  chaque  chanoine  l'abbaye  fasse  chanter  ses  obsèques, 
le  chapitre  s'engageant  à  faire  la  même  chose  à  la  mort  de 
chaque  religieuse;  h  la  mort  du  mambour  constitué  pour  cette 
rente,  l'abbaye  présentera  un  autrequicn  recevra  l'inveslitureet 
payera  les  droits  d'investiture  «  qui  nobis  jura  capiluli  fideliter 
exsolvet  sicut  mos  est  de  hereditatibus  requirendis...  Testes 
sunl  Seraphim  decanus,  Lanibertus  custos,  Fredericus,  Ilubertus, 
Petrus,  Ikilduinus  ,  Petrus,  Hel  y  us  cAnlov  ,  lle7iri(  us  de  Aiv\o, 
Gislebertus,  Petrus,  Jacobus,  lleuncus ,  îloberlns ,  Pliilippiis, 
Matthœus,  Guida,  Gerardus,  Otto  celerarius,  liaso,  Eustacius... 
Actum  est  hoc  anno  incarnati  vcrbi  M.  CC.  XVI.  »  — Tome  I , 
fol.  33  V". 

1219.  —  Henri,  doyen,  et  tout  le  chapitre  '!e  S. -Servais  à 
Maestricht,  vendent  leur  alleu  h  Meuwen  avec  la  forêt  de  Don- 
dersloe et  ses  dépendances  à  l'abbaye  de  Herckenrode  iiour  une 
rente  annuelle  et  perpétuelle  de  cent  solidi  pour  la  nourriture 
quotidienne  des  frères...  Ils  font  sceller  l'acte  par  Antoldcomle 
de  Looz...  «  Testes  autem  hujus  rei  sunt,  d.^  ecclesia  Servatii 
Henricus  decanus,  Winandus  scolasticus,  Heribertus  Aquensis, 
Gerardus  Iloldo,  Gudescalcus ,  Henricus,  Wilhelmus  canonici  et 


alii  quamplures;  de  ecclesia  de  Heickenrode  Williehiius  mona- 
clius,  frater  Hearicus,  frater  Bakluinus,  frater  Jlenricus,  itom 
fralei"  Balduitius,  frater  Arnoldus.  De  familia  comilis  de  Los 
Conrdrdus  de  ilubertitujhen  ,  Robertus  de  Corswenn ,  Lamhertus 
castellanus  de  Brustem,  Egidius  dapifer  el  alii  qLiaiiiplui'es. 
x^Gtum  anno  iitcaniationis  dominice  M.  CC.  XVIIII.  » — Tome  I, 
fol.  32  V". 

42:20.  —  Englebert,  archevêque  de  Cologne,  conlirme  le  con- 
trat de  vente  de  la  forêt  de  Donderloe,  faiîe  par  l'église  de 
S. -Servais,  «  qua3,  ajoute-t-il,  nobis  auctoritate  regia  est  com- 
missa...,  Dalum  anno  gratie  M.  GC.  XV.  » — Tome  I,  fol.  34. 

1220.  —  Hugues,  évêque  de  Liège,  confirme  le  même  contrat 
de  vente.  «  Datum  anno  gratie  M.  CC.  XX.  »  — Tome  I,  fol.  34. 

28  avril  1220.  —  Le  pape  lîonorius  confirme  aussi  l'acquisi- 
tion de  la  ferme  et  de  la  forêt  de  Donderloe  (grangiam  et 
nemus).  —  Tome  I,  fol.  210, 

Mars  1233.  —  Henri,  duc  de  Lorraine,  prend  sous  sa  protec- 
tion c(  curiam  de  Dondersloe  cum  omnibus  suis  attinentiis, 
scilicet  silvis,  agris  cultis  et  incultis,  pratis.  pascuis,  paludi- 
bus,  mansionariis...  Hoc  etiam  addilo  ut  mansionarii  ab  omni 
exactione  liberi  permaneant.  Datum  anno  gratie  M.CC.  XXXIII 
mense  martio.  »  —  Tome  I,  folio  34. 

Janv.  12o9(1260).— J/t-^d/d  trace  les  limites  entre  la  ferme  de 
Dendersioe  et  les  biens  de  la  commune  de  3Ieuwen.  Univer- 
sis  presentem  cartam  inspecturis  AJeydis  matrona  nobilis 
Alvernie  comilissa  et  Arnoldus  dominus  de  Wesemale  ejus 
dilectus  consors,  salutem  in  Domino  sempiternam.  Significamus 
vobis  quod,  cum  controversia  et  querela  esset  inter  religiosam 
dominam  abbatissam  de  Herckenrode  et  conventum  ejusdem 
loci  ex  una  parle,  et  homines  ville  de  Meuwen  ex  altéra,  super 
d'visione  et  limitatione  allodii  spectantis  ad  ecclesiam  de 
Herckenrode  occasione  curie  et  allodii  de  Donderslo  et  super 
divisione  et  limitatione  communitatis  que  pertinet  ad  predictam 
villam  de  Meuwen,  et  cum  multipliées  querele  ex  ulraque  parte 


—  56  — 

ad  nos  devenissent,  nos  propter  boniim  paeis  personaliter 
accessimus  finem  pacificum  super  prediclis  querelis  imponere 
cupientes  et  fecimus  conversos  qui  in  grangia  de  Donderslo 
niorabantur  et  alios  vicinos  antiquiores  fecimus  convocari  et 
secuiidum  quod  ab  eis  sub  debito  juramenti  didicimus  fecimus 
predicte  domui  de  Hercivenrode  suum  allodium  distingui  et 
termiuis  limitari,  ila  quod  unus  terminus  posilus  est  in  ioco 
qui  vocatur  VUujhe,  alius  juxta  arborem  sciiicel  poplum  prope 
domum  cujusdam  MeytiUlis,  alius  directe  ex  transverso  super 
llumen  quoddam  quod  fluit  ibidem.  Ista  fecimus  limitari  et 
distingui  ut  ultra  non  moveatur  questio  vel  querela.  Huic  limi- 
tationi  présentes  eramus  et  domina  abbatissa,  magisteret  celera- 
rius  et  magister  de  Donderslo  et  Yîvanus  de  Winghe  miles  et 
dominus  Wilhelmus  fdius  noster,  scilicet,  comitisse,  et  Ghisul 
villicus  de  Brede  et  alii  plures.  Datum  anno  Domini  M.  CC.  LIX 
mense  jaiiuario.  Nos  quoque  abbatissa  predicla  et  conventus  de 
Herckenrode  promisimus  quod  predictam  limitationem  allodii 
noslri  nonfaciemus  circumfodi  neque  fossatis  vallari  vel  muniri. 
Datum  ut  supra.  »  —  Tome  I,  fol.  35. 

5  mai  128ïî.  —  «  Universis  présentes  litteras  inspecturis,  Ar- 
uoldus  cornes  de  Los,  salutem  in  Domino...  Noverint  universi 
quod  ob  remedium  anime  nostre  et  antecessorum  nostrorum 
silvam  unam  integraliterquam  liabebamus  et  tenebamusin  Ioco 
qui  dicitur  Ly/m^Ae  juxta  silvam  de  Glabbeke,  item  aliam  par- 
vam  petiam  silve  quam  habebamus  et  tenebamus  inter  dictam 
silvam  ex  una  parte  sitam  et  silvam  abbatie  de  Herckenrode 
que  dicitur  Douder.sloe  in  puram  eleemomosynam  et  pro  curia- 
litatibus  et  servitiis  nobis  ab  abbatissa  et  conventu  predicte 
ecclesie  de  Herckenrode  imponsis  eisdem  abbatisse  et  conven- 
tui  conlulimus  et  conferimus  libère  et  absolute  et  omne  jus  et 
dominium  quod  habebamus  et  liabere  poteramus  in  dictis  silvis 
in  puro  allodio  transtulimus  et  transferimus  in  easdem  predic- 
tas  silvas  per  ramum  arboris  unius  infestucando  et  in  manus 
abbatisse  predicte  li'ansferendo  et  in  corporalem  i)ossessionem 


mitleiido,  alla  justilia  taiitummodo  retenta  nobis  et  successo- 
ribus  nostris  in  silvis  predictis  ;  et  est  sciendum  quod  dictas 
silvas  a  nobis  sic  traditas  in  aliud  dominium  quam  in  nostrum 
transferre  non  possint  abbatissa  et  conventus  predicti...  Fuerunt 
présentes  et  a  nobis  vocati  dominas  Otto  de  JuUaco  Dei  gratia 
Trajectensis  prepositus  et  Leodiensisarchidiaconus,  avunculus 
noster,  ac  etiam  viri  nobiles  Arnoldus  dominus  de  Diste,  Hen- 
rkus  dominus  de  Petersheim,  EgkUus  dominus  de  Mulkene  et 
Nicholaus  de  Flemale m'ûiies,  Wilhelmus  de  iS/^yo/a/?/ vir  nobilis, 
item  Johannes  et  Godemil  clerici  nostri,  Johaniies  de  Opleive 
castellanus  de  Colmunt  senescalcus  noster,  Johannes  castella- 
nus  de  Hozaimont  et  alii  quamplures  homines  nostri  tideles... 
Datum  et  actum  anno  Doraini  M.  GC.  LXXX  secundo,  feria 
tertia  ante  ascentionem  Domini,apud  Herckenrode.» — Tome  I, 
fol.  3o. 

19  juin  1330.  —  Louis  comte  de  Looz  autorise  l'abbaye  à 
entourer  sa  propriété  de  Dondersloe  de  fossés,  à  nommer  un 
garde-forestier,  etc..  «  Ludovkus  comes  de  Los  et  de  Chiny 
salutem  et  cognoscere  veritatem.  Ut  religiose  persone  nobis  in 
Christo  dilecte  domina  Magareta  de  Steyne  miseratione  divina 
abbatissa  totusque  conventus  monasterii  nostri  de  Herckenrode 
ordinis  Cisterciensis  silvam  suam  de  Dondersloe  fossalis  vallare 
et  introeuntes  pannire  et  dictam  silvam  suis  propriis  usibus 
sine  communione  cujusque  applicare,  confirmationem  omnium 
privilegiorum  et  immunitatum  sibi  a  nostris  predecessoribus 
comitibus  lossensibus  et  aliis  causam  in  dicto  comitatu  baben- 
tibus  concessorum  habere  a  nobis,  ipsorumque  mansionarii  et 
homines  de  cetero  ab  omnibus  exactionibus,  angariis  et  sub- 
ventionibus  immuiies,  licet  a  nobis  contra  premissa  aliquan- 
tulum  fuerit  attemptatum,  valeant  permanere,  nos  promittimus 
bona  tide  nostris  litteris  declarare  et  ipsas  litteras  eisdem 
domine  abbatisse  et  conventui  factas  et  ordinatas,  prout  melius 
pro  premissis  in  perpetuum  servandis  tieri  et  ordinari  possint, 
nostro  sigillo  sigillari  et  eidem  domine  abbatisse  et  conventui 


-  m  — 

tradi lacère...  »/>('»/*■  seigneur  de  l)iepcnl)eck,sénéchi\\  du  comté 
de  Looz,  scelle  la  charte...  «  Datuni  aiino  Domiiii  M.  CGC. 
tricesimo,  feria  tertia  ante  Nativitatembeati  Johannis  Baptiste.  » 
—  Tome  I,  fol.  36. 

8  nov.  1339.  —  Godefrokl  de  Looz,  seigneur  de  Milieu  et  de 
Eycke,  autorise  l'abbaye  à  constituer  un  i;arde  forestier  à  Don- 
dersloe.  «  Nos  Godefridus  de  Los,  dominus  de  Milieu  et  de 
Eyke,  veritalis  notiliam  cum  salute.  Noverint  univers!  quod  nos 
ob  alTeclum  pie  devotionis  quem  gerimus  personis  boneslis 
et  religiosis  monasterii  de  Herckenrode...  concedimus  et  con- 
ferimus  per  présentes  ipsis  personis  habere  forestarium  ununi, 
prout  hactenus  ipsum  habere  consueverunt,  attamen  discretum 
in  siiva  de  Dondersloe  contigua  curli  personarum  antedictarum 
qui  constituendus  vel  constitutus  a  dictis  personis  temporibus 
semper  aplis  jurare  débet,  Inclis  sacrosanctis  coram  nostris 
otticialis  custodiam  fidelem  dicte  silve  ad  opus  dictarum  perso- 
naium  omiii  modo  et  forma  quibus  relique  silve  comitatus 
Lossensis  solite  sunl  per  foresinrios  earumdem  custodiri.  Datum 
anno  Domini  M.  CGC.  XXXIX  feria  secunda  ante  festum  beali 
Martini  hyemalis.  »  —  Tome  I,  fol.  37  v'\ 

11  février  4436.  —  Jean  Kempens,  berger  à  Meuwen,  ayant 
fait  [taitre  son  troupeau  dans  la  forêt  de  Dondersloe,  Henri  de 
Ih'sseue,  syndic  ou  procureur  de  l'abbaye,  le  cite  devant  le 
tribunal  de  l'olificial  à  Liège  qui  le  condamne  à  une  amende 
de  iinius  Pétri  aurei  Biirguinlie  et  à  un  voyage  aux  Trois-uois  à 
Gologne.  Henri  Straelmans,  curé  de  Meuven,  notifie  la  condam- 
nation au  berger,  le  18  mars  suivant.  —  Tome  I,  fol.  37  v".  —  Le 
môme  jour  i'ofticial  prononça  la  même  condamnation  contre 
Henri  Stofs ,  berger  à  Pluerode,  auquel  h  semence  fut  notifiée 
pai-  Jean  Vanderheijen,  curé  de  Wijscluujen. — Tome  I,  fol.  39  v". 

30  sept.  143:2.  —  Arnoud  Vandendike,  Johan  Vandenhove, 
Jolian  Cobbcii  tils,  Johan  Oden  llls,  Johan  Wouters,  Wouter 
Kerfs  et  Wouter  Des  Joiujen  éclievins  de  Meuwen,  déclarent 
que  la  commune  de  Meuwen  a  reconnu  n'avoir  aucun  droit  sur 


—  o9  — 

les  bois.^  les  bruyères,  les  terres  el  les  ylaiids  des  [)ropi'iélës  de 
l'abbaye  à  Dondersloe.  —  Tome  I,  fol.  41  v". 

MieIen>boveii-il.elst. 

4  juin  1496.— Acte  de  la  cour  censale  que  le  commandeur  de 
Bernissem  possède  à  Micleii-boveii-Aelsî.  :  «  Henri  Van  Lexiiy 
meyer,  Stas  Robyns,  Jan  Van.  Loen,  Art  Van  Elderen,  Willem 
Iliisdeijns,  Henric  Jacobs,  Reytier  Van  Hercke  en  Pouwels 
Proevenere,  allen  scepenen  des  ceynsboefs  van  den  comman- 
deurs van  Bernissem  dien  hie  lieefl  in  den  dorpe  van  Myelen 
boven  Aelst.  «Réalisation  d'une  rente  en  faveur  de  la  religieuse 
Marie  de  Lexhij.  —  Tome,  II,  fol.  201. 

I%Iontenaken. 

10  oct  1202.  —  Alicia  abbesse  de  Herckenrode  et  Jean  cbe- 
valier,  châtelain  de  Montenaken,  foni  un  échange  de  biens. 
L'abbesse  donne  à  ce  dernier  un  pré  de  trente-cinq  verges  , 
situé  au  Zurebampt,  derrière  la  maison  du  châtelain  h  Bierre- 
velt.  Jean,  de  son  côlé,  fait  remise  ou  condonation  â  l'abbesse 
de  deux  hommages  féodaux  duo  homagia  feodalia ,  savoir  :  l'ab- 
baye possédait  quatre  pièces  de  terre  féodales,  pour  lesquelles 
elle  devait  constituer  deux  hommes  féodaux  qui  devaient  en  faire 
les  reliefs  accoutumés  devant  le  châtelain  et  lui  en  payer  les 
droits;  ce  sont  ces  reliefs  et  ces  droits  dont  le  châtelain  fait  la 
remise,  avec  l'assentiment  d'Ârnoul,  comte  de  Looz  ,  qui  était 
le  seigneur  principal  de  ces  fiefs.  — Tome  I,  fol.  365. 

11  avril  1331  (1332).  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Monte- 
naken.  Vente,  en  faveur  des  religieuses  Elisabeth  et  Ueatrix  de 
Loboscfi,  d'une  rente  de  deuxmui  is  de  seigle.  Est  citée  la  cour 
censale  de  Guillaume  de  Duras  à  Vei'sen  (Fresin)  «  que  curia  re- 
giturper  villicum  et  mansionarios  quos  ipse  Wilhelmus  habet  in 


-  60  — 

Montenacken.  »  Est  citée  la  cour  censale  que  feu  Jean  de  Monte- 
nacken  père,  chevalier,  possédait  à  Versen,  «  que  curia  guber- 
natur  per  villicum  et  mansionarios  quos  cxecutores  testamenli 
in  Montenacken  habere  dignoscuntur.  »  —Tome  II,  fol  212. 

11  avril  1331  (1332).  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Monte- 
nacken. Vente,  en  faveur  des  religieuses  Elisabeth  et  Beatrixde 
Lobosch,  d'une  rente  de  deux  muids  de  seigle,  dont  le  débiteur 
assigne  comme  hypothèque  une  terre  mouvant  de  la  cour  du 
seigneur  de  Cortis  et  une  autre  mouvant  de  la  cour  censale  du 
prieur  de  S.  Sévérin,  l'une  et  l'autre  h  Cortis.  —  Tome  II, 
fol.  213. 

22  mai  1331.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Montenacken. 
Hennan  de  Cortis  vend  à  la  religieuse  Idaûe  Flandres  une  rente 
et  assigne  comme  hypothèque  deux  pièces  de  terre  situées  à 
Cortis,  près  des  terres  de  feu  Arnold  de  Harduemont  chevalier, 
et  près  de  celles  de  Guillaume  de  Duras  écuyer. — Tome  I,  fol.  363. 

4  mai  1337.  — Jacques  Chabot  de  Liège  vend  h  sa  sœur  Agni^s 
religieuse  à  Herckenrode,  une  rente  pour  le  S.  Sacrement  de 
miracle  «ad  opus  benedicti  Sacramenti  ejusdem  monasterii.  » 
—Tome  I,  fol.  364. 

29  juin  1337.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Montenaken. 
Jean,  fils  de  Libert  Liboy,  venJ  ii  la  religieuse  iiealrix  de 
Lobosch  une  rente  «  pro  pelliceis  emendis  et  conventui  distri- 
buendis))et  assigne  comme  hypothèque  de  la  renie  trois  pièces 
de  terre  situées  près  des  terres  de  Wilhelmi  dicli  Paqe  de 
Montenacken  et  celles  de  Jean  de  Ghelenkercke  chevalier. — Tome 
I,  fol.  361. 

En  1337,  la  religieuse  Christine  des  Kintsa  magistra  seu  guber- 
nalrix  domus  lanillcum  seu  jiannilioum  »  consent  au  nom  du 
couvent  à  ce  que  la  rente  précédente  soit  payée  à  une  autre 
époque.  —  Tome  I,  fol.  362. 

29  juin  1337.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Montenacken. 
Jean  fils  de  Libert  Liboy  de  Montenacken  vend  ;i  la  religieuse 
Agnès  Chabot  de  Liège,  sacristine,  «  ad  opus  benedicti  Sacra- 


—  61  — 

menti  dicti  monasterii  »  une  rente  de  deux  muids  de  seigle,  et 
assigne  comme  hypotlièque  trois  pièces  de  terre  situées  à  Mon- 
tenacken.  Est  cité  feu  Jean,  ciiâtelain  de  Montenakeii,  père.  — 
Tome  II,  fol.  205. 

i"'  octobre  1337.  —  Wnlter  de  Rosut  vend  une  rente  h.  la  reli- 
gieuse Beatrix  de  Lobosch  et  assigne  comme  hypothèque  deux 
pièces  de  terre  situées  ii  Montenacken  près  des  terres  de  feu 
Brunekin  de  Woteringen  chevalier,  et  de  celles  de  feu  Jean  de 
Halle  chevalier  ;  réalisé  devant  la  cour  censale  de  Nederheim  à 
Montenacken,  de  feu  Jean  de  Montenacken,  père,  chevalier. — 
Tome  I,  fol.  363. 

IKîol. 

Août  1335.  —  La  cour  de  justice  de  Niel  réalise  la  constitu- 
tion d'une  rente.  «  Johan  Clennovau  meyer,  Robert  van  Monte- 
nacken, Gerart  Martyn,  Denis  van  Halle,  Thilman  Raves,  Johan 
Vandermoren  eu  Johan  der  Beckere  scepene  van  Niel.  »  La  cour 
n'ayant  pas  de  sceau,  l'acte  est  scellé  par  Gherde  van  Ginghe- 
/ggmetparArt  Van  Corswenne  seigneur  deNyel. — Tome  II, fol.  1. 

27  nov.  1472. — Acte  de  la  cour  de  justice  de  Nyel.  «Art  Van 
Coersworme  der  jonghe  meyer  in  der  tyt  der  banck  ende  des 
hogerichts  \an  Nyel  toebehorende  deu  edelen  heer  Arnt  van 
Coersworme  ridder  ende  graefflick  heer  der  banck  ende  des 
hogerichts.  »  —  Tome  II,  fol.  1. 

Oplieers. 

Juil'et  1224.  —  Acte  de  la  cour  allodiale  de  Liège  touchant 
un  alleu  situé  h  Heers.  «  Noverint  univers!  tam  présentes  quam 
futuri  ad  quos  presentis  scripti  notitia  pervenerit,  quod,  cum 
inter  domum  ex  Herckenrode  ex  una  parte  et  Arnoldum  de 
Brukehem  ex  altéra,  super  quodam  allodio  apud  Hers  quod 
descendit abecclesiasancti  Lambertiquestio  verteretur,  tandem 


1^2 


mediante  hononini  coiisilio  et  gralia  saiicti  spiritus  suadeiUe, 
idem  Ariioldus  quidqiiid  jui'is  iii  pielalo  allodiu  liabere  se 
dicebaL  domui  de  Herckeiirode  in  eleeiiiosyiiaiii  donavit  ei 
iiitersanciain  Mariam  cl  sancluai  Lauiberlum  Leudii  rite  quit- 
luin  clamavit.  Huic  facto  testes  atlïieriiiit  ^'oe  sacerdos  et 
investitus  sancte  Marie,  Symoii  Offer,  Godefridus  et  Johannes 
sacerdotes  domus  iiifirmoruin  Conielii  montis,  Lamberius  de 
Trecis  vicarius  domliii  efiiscopi  ,  Si/mon  clericus  de  llltra- 
mosaiii,  Lambevtui^  de  Uarduemont ,  Wericus  de  Fnntenea, 
Walterus  ile  Auwiria  advocatus  saiicti  Trudoiiis,  [lermanniis  de 
Sclacins,  Euslacius  Fiancus  homo,  Bastiaiius  de  Viler  milites, 
Tlieodoricus  villicus  ,  Warnerus  de  Dyonant,  Balduinus  de 
Fovea,  Lamberius  de  Saiicto  Martine,  Egidius  de  Cambiis , 
Jidianus  de  Sabnleto,  Hubertitn  de  rétro  saiictiuii  Joliaiiiiem, 
cives  Leoilienses  etalii  quaiispliires.  In  ciijus  faeti  teslimonium 
sigiUum  Conielii  moulis  et  sigillmn  domini  Lamberli  de  Trecis 
vicarii  domini  episcopi  Leodiensispresenti  pagine  suiitappensa. 
Actum  solempniter  Leodii  inter  sanclam  Mariam  sanclumque 
Lamberium  anuo  verbi  incarnali  M.  CC  XXIIII,  mense  jidio.  » 
—  ïome  I,  folio  8;->. 

13  mars  1225  (1220).  —  Hugues  de  Pierrepont,  évêque  de 
Liège,  approuve  l'acte  précédent;  k  donationem  etgcrpitionem 
quLim  Aiiioldus  miles  de  Brukehem  iecit  domui  de  Herckenrode 
sub  lestinionio  bonoium  viiurum  Noe  sacerdolis.  »  —  Tome  I, 
fol.  88. 

Jaiiv.  1228  {i'i''29].  -■  Henri  (ÏAnjentefd  donne  son  alleu  de 
Suheers  à  l'abbaye  de  Herckenrode  devant  la  cour  allodiale  à 
Liège.  «  Universis  présentes  litteras  inspecturis  ,  vir  nobilis 
lleinricus  de  Anjenteai  cognoscere  vcritalem.  Que  geiunlur  in 
tem[  ore,  ne  kibantnr  cum  kq^su  lemporis,  poin  soient  in  lingua 
tesiium  vel  scripture  menioria  perennari.  Eapropter  universi- 
tati  vestrc  nolum  facio  quod  ego  aiiodium  meum  de  Sulicrs 
quod  habebal  ex  parte  mea  Iknricus  de  Ophers  usque  ad  tn- 
gint.i  bonaria  terre,  iiter  ecclesiam  beale  Marie  et  ecclesiam 


—  63  — 

beati  Lamberti  Leodii,  in  maiius  Renardi  filii  mei  reportavi  ; 
ipse  vero  lienardus  de  voluiitate  mea  et  assensu  pro  sua  suo- 
rumqiie  predecessorum  sainte  domui  de  Herckeorode  libère 
et  absolule  prediclum  allodium  iii  eleemosynam  confereiis 
effestiicavlt.  Adjectum  est  eliam  qiiod  si  aliquid  deesset  de 
allodio  trigiiita  bonariorum  predictoruni  de  defectu  supradicta 
domus  nullum  possit  habere  ad  eum  recursuin.  Si  autem  ali- 
quid supercresceret,  de  excrescentia  dicta  domus  tenetur  eidem 
Renardo  et  mihi  satisfacere.  In  hujus  rei  testimonium  et  muni- 
men  cum  sigiUo  majoris  ecclesie  Leodiensis,  quod  litteris  istis 
l'eci  appoiii,  sigillum  meum  presentibus  est  appensum.  Huic 
facto  testes  affuerunt  :  Syinou  Offer  canonicus  S.  Martini  Leo- 
diensis, Godefridus  maresealcus  doniini  Leodiensis  episcopi, 
Fastradus  de  Hemricourt,  Renerus  de  Fletenges,  Renardus  de 
Heremale,  IMlhelmus  c\e  Bette,  W altenis  i'vixier  ejus,  Renerus  de 
Sohang  milites,  Warnenis  de  Dyonant,  Ludovicus  Sureles,  Wal- 
tenis  et  Egidius  de  Concambiu  cives  Leodienses.  Aclum  auno 
Domini  M.  CC.  XX  octavo,  mense  januario. —  Tome  I,  fol.  83. 
Février  1240  (1241).  Ulricus  de  Montfrant  vend  une  rente  de 
vingt  solidi  h  l'abbaye  de  Herckenrode.  «  Ego  Ludovicus  advo- 
catus  Hashanie  notum  facio  universis  scripti  presentis  iuspecto- 
ribus  quod,  cum  dilectus  tidelis  noster  Ulricus  de  Monfrant  a 
me  in  feodo  teneret  viginti  solidos  Leodienses  qui  solvuntur 
annuatim  de  bonis  apud  Bershere  jacentibus  et  dictus  Ulricus 
dictos  XX  soiidos  de  meo  consensu  et  assensu  domui  de  Herc- 
kenrode vendidisset,  quia  de  suo  allodio  quinque  bonaria  terre 
in  predicta  villa  jacentia  in  restaurum  dictorum  XX  solidorum 
micbi  asoignavit  illa  in  manus  meas  resignando  et  a  me  in 
feodo  recipiendo,  idem  predictos  XX  solidos  micbi  resignavit 
illos  in  manus  meas  reportando  quos  prefate  domui  divine 
remunerationis  intuitu  in  eleemosynam  contuli  allodialiter  in 
perpetuum  possidendos.  Ut  igitur  omnia  prenotata  rata  perma- 
neant  et  inconvulsa  presentem  cartulam  sigilli  mei  appensione 
dignum  duxi  muniendam.  Datum  mense  februario  anno  Domini 
M.  CC.  quadragesimo.  »  —  ïome  1,  fol.  84. 


64 


1295.  —  Charle  (lu  chapitre  de  S.  Lambert.  A inuUl  d\i  da 
Oleys  vend  à  l'abbaye  deux  bonuiers  et  demi  de  terre  situés  à 
Opheers  in  loco  qui  dicitur  Bundensdak  descendentis  a  curia 
pr?epositi  de  Oleys  ordinis  S.  Benedicti.  —  Tome  I,  fol.  302. 

1807.  —  Acte  de  la  cour  allodiale  de  Liège.  Gilles  Proi- 
dons  cilain  de  L\éu;e  aliène  en  faveur  de  llumbert  fils  du  sei- 
gneur Guillaume  de  Basheers  (Bertinheres)  ,  chevalier,  un 
alleu  de  quinze  verges  situé  entre  Opheers  et  Lantremange.  — 
Tome  I,  fol.  303. 

1315.  -  llumbert,  fils  aîné  de  feu  Guillaume  de  Bertsheer, 
chevalier,  réclamait,  à  raison  du  fief  qu'il  tenait  de  l'avoué  de 
la  Hesbaye,  que  le  maître  de  la  ferme  de  Herckenrode  à  Opheers 
lui  constituât,  à  raison  de  cette  ferme  et  de  ses  biens,  des 
masuyers  ou  tenants,  qu'il  fît  le  relief  des  cens  annuels  etc.  : 
«  a  nobis  seu  magistro  curie  nostrede  Opheere,  occasione  dicte 
nostre  curie  de  Opheer  et  bonorum  nostrorum  a  curia  dicti 
Humberti  descendentium  quampluresmansionarios  seutenentes 
sibi  constitui,  censuum  annuorum  relevationes  et  alia  jura 
quamplurima  et  servitutes  que  ad  dictum  feodum  spectare 
dicebat  al)  antiquo.  «L'abbesse  Marguerite  de  Steyne  et  Humbert 
conviennent  pour  terminer  le  différent  quel'abbesselui  donnera 
trois  bonniers  situés  à  Basheer  près  des  terres  d'Ywan  de 
Monfrant,  qu'elle  lui  payera  une  rente  annuelle  d'un  gros 
tournois,  que  le  maître  de  la  ferme  à  Opheers  sera  seul  le  maji- 
sionarius  de  cette  rente  vis-à-vis  de  Humbert  et  de  ses  héri- 
tiers, et  que  si  à  l'avenir  l'abbaye  acquérait  des  biens  mouvant 
de  la  cour  de  Humbert,  celui-ci  ne  pourra  exiger  qu'un  gros 
tournois  pour  droits  d'investiture,  d'adhérédation  et  de  relief. 
Arnold  de  Lummen,  avoué  de  la  llesbaye,  approuve  la  conven- 
tion, ainsi  que  Guillaume  frère  germain  de  llumbert.  «  Actum 
presontibus  ]]  il helmo  de  Fonte  \il\\co,  Lamberto  diclo  Joye, 
Robino  Fabro,  Johanne  Beecman,  llenrico  lilio  llenrici  quondam 
opilionis,  Theodorico  dicto  Dierlyt,  .loluuine  dicto  Penuwer  et 
llenrini  (Hcto  He.i\  scaltinis  dicti  Humberti  et  ejus  curie  supra- 


m  - 


dicte,  in  quorum  custodiam  premissa  omnia  et  singula  posita 
fuerunt.  »  —  Tome  I,  fol.  84. 

Uumbert  fils  de  Guillaume  de  Basheers,  chevalier,  reconnaît 
que  ces  trois  bonniers  seront  mouvants  en  fiefs  de  l'avoué  de 
Hesbaye,  comme  tous  ses  autres  biens.  1316,  le  8  janvier. 
—  Tome  1,  fol.  85  v";  tome  II,  fol.  208. 

14  déc.  1398.  —  L'abbaye  ayant  à  Opheer  une  ferme  exploitée 
par  les  frères  convers  ,  Jean ,  évêque-élu  de  Liège,  accorde  h 
Jacques  «  gubernatori  domus  in  Opheere  «de  pouvoir  faire  célébrer 
la  messe  dans  la  ferme  sur  un  autel  portatif.- -Tome  I,  fol.  304. 

1447.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  d'Opheer.  «  Wy  Stas  van 
Rylîele  cnape  van  waepenen,  meyer  in  der  tyt  der  banck  ende 
hoege  gerichts  des  dorps  van  Opheer. . .  »  Contestation  entre  Jean 
Royen  et  l'abbaye,  touchant  une  pièce  de  vingt-deux  verges.  — 
Tome  I,  fol.  299. 

Les  actes  de  1224  et  1228  offrent  un  véritable  intérêt.  Il  s'agit 
dans  ces  actes  de  biens  allodiaux  situés  au  comté  de  Looz,  sur 
lequel  ne  s'étendait  point  la  juridiction  des  tribunaux  du  pays 
de  Liège. 

La  contestation  dont  il  s'agit  dans  l'acte  de  1224,  a  été  portée 
devant  la  cour  allodiale  de  Liège,  peut-être  du  consentement 
des  deux  parties  qui  se  soumettaient,  dans  cette  hypothèse,  à 
un  arbitrage  librement  choisi.  Il  est  dit  dans  l'acte  que  l'alleu, 
objet  de  la  contestation,  provenait  de  l'église  de  S.  Lambert. 
Pourrait-on  en  conclure  que  la  cour  allodiale  n'a  été  établie  que 
pour  les  alleux  que  possédait  l'église  de  S.  Lambert  ainsi  que 
pour  ceux  qu'elle  avait  ahénés  ?  Pourrait-on  expliquer  ainsi  la 
dénomination  de  homines  de  casa  Dei,  hommes  beati  Lamberti, 
hommes  délie  cise  Dieu?  l^ousne  saurions  résoudre  ces  questions 
d'une  manière  certaine.  Mais  nous  avons  peine  à  croire  que 
tous  les  alleux  situés  au  pays  de  Liège  ressortissaient  à  la  cour 
allodiale  de  Liège. 

Les  personnages  qui  interviennent  aux  actes  de  1224  et  de 
1228,  ne  sont  pas  encore  appelés  homines  allodialesde  casa  Dei; 


-  66  - 

aucun  des  deux  actes  n'est  scellé  du  sceau  de  l'archiprêtre  de 
Notre-Dame-aux-fonts  ;  on  n'y  trouve  pas  encore  mentionnés 
les  membres  de  la  cour  de  Liège  ;  on  n'y  t'ait  pas  mention  non 
plus  des  coutumes  ou  des  traditions  de  la  cour.  Ces  caractères 
n'indiquent-ils  pas  que  nous  touchons  ici  à  l'origine  même  de 
l'institution  ? 

Les  membres  de  la  courallodialede  Liège  s'appelaient  homines 
de  casa  Dei,  ceux  de  la  cour  allodiale  de  Looz  s'appelaient 
homines  allodiales  comitis  de  Los;  les  premiers  siégeaient  entre 
les  églises  de  Notre-Dame  et  de  S.  Lambert  h  Liège,  les  seconds 
sous  les  tilleuls  ù  la  porte  de  l'église  de  Looz,  ubi,  est-il  dit 
dans  un  acte  de  1304,  de  allodio  domini  comitis  de  consuetudine 
tractari  solet.  La  cour  de  Looz  ne  traitait  probablement  que 
des  alleux  (]ui  appartenaient  ou  avaient  appartenu  aux  comtes 
de  Looz;  la  cour  de  Liège  ne  traitait  peut-être  aussi  que  des 
alleux  qui  appartenaient  ou  avaient  appartenu  ii  l'église 
de  S.  Lambert.  Les  deux  cours  se  servaient  des  mêmes 
symboles  :  la  motte  de  gazon,  le  rameau  vert  et  la  faucille.  Le 
comte  de  Looz  nommait  les  membres  de  sa  cour  allodiale;  le 
prince-évêque  et  le  chapitre  nommaient,  seuls  dans  le  principe, 
ceux  de  la  cour  allodiale  de  Liège,  c'esl-ii-dire ,  ceux  dont  la 
présence  était  indispensable  pour  la  validité  de  ses  actes. 

Opleeuw. 

li  déc.  1473.  —  Acte  de  la  cour  d'Opleeuw.  «  Jan  Smeets 
scoutet,  Johaniies  Van  lleestert,  Art  Rœmpoi,  Robyn  Vredenen 
scepenen  der  banc  van  Opiewe.  »  CoDStilution  d'une  rente 
hypothéquée  sur  une  maison  située  à  Opleuwe.  —  Tome  II , 
fol.  166. 

Othée  (Althei  ;  Elch). 

1217.  —  Arnold  d'/vs7o  vend  pour  trois  cents  marcs  à  l'ab- 
baye de  Herckenrode  la  dîmo  d'Othée  et  lui  donne  en  outre  le 


67 


patronage  de  l'église.  Arnold  tenait  ces  dîmes  et  ce  droit  en 
fief  du  comte  Lothaire  de  Hostaden  qui  lui-même  les  avait  reçus 
en  fief  de  Téglise  de  Cologne.  «  Hujus  rei  testes  sunt  Theodoricus 
Trevirensis  arcliiepiscopus ,  Theodoricus  major  prepositus, 
Cottrardus  major  decanus  et  arcliidiaconus,  Godefridus  cappel- 
lanus,  Godefridus  camerarius,  Peregrinus  notarius,  Henricus 
dux  de  Limburch,  Henricus  cornes  Seinensis,  Adolphus  cornes  de 
Monte,  Wilhelmus  comes  Juliacensis  Walraphius  comes  de 
Luceremburch,Fredericus  de  Althena,  Theodoricus  de  Henisherck, 
Gerardus  de  Randerode,  Otto  de  Wickenrode,  Herniannus  nobilis 
advocatus.  »  —  Tome  I.  Wolters,  p.  63. 

4  nov.  1217. —  Lotaire  comte  de  Hostaden  approuve  la  vente 
et  la  donation  faite  par  Arnold  û'EsIo.  «  Hujus  rei  testes  sunt 
Theodoricus  Trevirensis  arcliiepiscopus  ,  Theodoricus  major 
prepositus,  Conrardus  major  decanus  et  arcliidiaconus,  Gode- 
fridus capellanus,  Godefridus  camerarius,  Peregrinus  notarius, 
Henricus  duc  de  Limburch,  Henricus  comes  Seinensis,  Adolphus 
comes  de  Monte,  Wilhelmus  comes  Juliacensis,  Walraphius 
comes  de  Lucerenburch,  Fredericus  comes  de  Althena,  Theodo- 
ricus de  Henisberch,  Gerardus  de  Randerode,  Otto  de  Wicken- 
rode, Theodoricus  de  Menenhuse  Hermannus  nobilis  advocatus, 
Germannus  de  Alvete,  Theodoricus  de  Are  dapifer...  Acta  sunt 
liée  anno  dominice  iucarnationis  M.  CC.XVII.  Datum  Schife- 
berc  2°  non.  novembris.  »  —  Tome  I.  Wolters,  p.  61. 

4  nov.  1217.  Englebert  archevêque  de  Cologne  confirme  les 
actes  d'Arnold  d'Eslo  et  de  Lothaire  comte  de  Hostaden  sous  la 
condition  que  l'abbaye  de  Herckenrode  payera  annuellement  à 
la  cathédrale  de  Cologne  c  aureum  unum,  pondus  et  monetam 
denarii  coloniensis  habentem...  Hujus  rei  testes  sunt  Theodo- 
ricus major  prepositus  et  archidiaconus ,  Conrardus  major 
decanus  et  archidiaconus,  Gerardus  prepositus  SS.  aposlolo- 
rum,  Gerardus  prepositus  de  Kerpen,  Hermaunus  subdecanus, 
Conrardus  de  Boharde  et  Theodoricus  de  Brûle  canonici  colo- 
nienses;  Hehvicus  prior  S.  Walburgis,  Henricus  cornes  Seinen- 


—  68  — 

sis,  Lothariiis  cornes  de  Hostaden,  Wilhelmus  cornes  Juliacensis, 
Adolphus  cornes  de  Monte,  Lodovicus  cornes  de  Los,  Gerardus 
de  Randerode,  Otto  de  Wickenrode,  Hermannus  Elslo,  Herman- 
71US  advocatus  coloniensis,  Hermannus  do  Alvetre  marscalcus, 
Theodoricus  de  Munenschusen  dapifer,  Bruno  pincerna,  Gode- 

fridus  camerarius,    Peregriuus    notarius Acta  sunt  anno 

dominice  incarnationis  M.  CG.  XVII.  Dalum  Colonie  per  manum 
Godefridi  cappellarii  2°  non    novembris.  »  —  Tome  I. 

25  février  1275  (1276).  —  Marguerite,  abbesse  de  Hercken- 
rode,  et  Ermengarde,  abbesse  de  Borcelle,  font  un  échange  des 
dîmes  de  certaines  pièces  de  terres  situées  sur  les  limites 
d'Othée  et  de  Rutlen.  —  Tome  I. 

1354.  —  Sentence  arbitrale  de  l'official  de  Liège  touchant 
les  dîmes  de  certaines  terres,  de  certains  enclos  (curtes),  de 
certains  jardins  et  de  certains  prés,  situés  à  Othée  que  les  pos- 
sesseurs de  ces  biens  refusaient  de  payer.  —  Tome  I. 

Papenkele. 

1220.  —  A.,  prévôt  d'Eyck,  et  tout  le  chapitre  de  cette  église 
consentent  à  ce  que  Gilles  de  Papenkele  donne  ii  l'abbaye  de 
Herckenrode  douze  bonniers  de  terre,  six  bonniers  de  forêt, 
situés  il  Papenkele  et  la  dîme  de  cet  endroit,  qu'il  tenait  en 
fief  du  dit  prévôt,  mais  sous  la  condition  que  l'abbaye  constituera 
un  homme  qui  fera  hommage  au  prévôt  de  ces  biens  et  qu'elle 
payeraune  rente  annuellede  six  deniers  au  chapitredu  chef  des 
dîmes. —  Tome  1. 

Rieinpts. 

6  mai  1506.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  le  commandeur 
du  Vieux-Joncs  possède  ii  Riempts.  Jugement  [clerniss)  tou- 
chant quelques  cormèdes  (kueren)  sur  cinq  bonniers  de  terre 
exigés  par  le  grand  commandeur.  La  cour  décide  qu'il  n'est 
point  prouvé  que  ces   cinq  bonniers  doivent,  outre  le  cens 


69 


du  seigneur  (grondceyns),  quelques  keuren;  «  ouch  enis  ons  niet 
kundiche  dat  eenighe  platlanden  die  niet  geloicken  noch  beslo- 
ten  en  syn,  noch  ouch  geweest,  dat  sy  eenighe  kuer  sculdich 
syn  in  deser  lant  art.  »  Les  registres  du  commandeur  montrent 
que  la  kuer  est  hypothéquée  sur  «  eenen  hoff  ende  niet  op  eenige 
landen.  »    -  Tome  II,  fol.  200. 

Rummen. 

28  juin  1439.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Catherine  de  Mon- 
tenackeu,  abbesse  d'Orienten.  Henri  de  Steyvorde ,  man  van 
wapenen,  fils  de  feu  Guillaume  de  Steyvorde,  m.ân  vanwapenen, 
et  Marie  de  Rummen,  reconnaissent  devoir  une  rente  à  Herc- 
kenrode.  Guillaume  Cannarts  était  mambour  de  l'abbaye.  La 
cour  n'ayant  pas  de  sceau,  les  mayeur  et  échevins  «  der  hoger 
heerleecheyt  van  Rumpnen  »  y  appendent  le  leur.  —  Tome  II, 
fol.  4. 

4  juin  1479.  —  Acte  de  la  cour  censale  d'Elisabeth  de  Stee- 
vort,  abbesse  d'Orienten.  Constitution  d'une  rente  en  faveur 
de  Herckenrode.  «  Scoutet  en  schepenen  der  Loenscher  banck 
van  Rumpnen  »  appendent  leur  sceau.  —  Tome  II,  fol.  5. 

s.  Xrond. 

Dec.  1257.  —  Acte  de  la  cour  des  échevins  de  S.  Trond. 
«  Universis  tam  presentibus  quam  futuris  presentem  paginam 
inspecturis.  Egidius  miles,  Egidius  de  Serkingen,  Wilhelmus 
camerarius,  Waltherus  de  lapidea  domo,  Waltherus  filius  Er- 
mingardis,  Jordanus  dictus  Scoffel,  Rubinus  dives,  Rubinus 
Proit,  Olverus,  Waltgerus,  Hugo  de  Berle,  Henricus  de  Fora  et 
Johannes  Puer  scabini  sancti  Trudonis....  quod,  cum  abbatissa 
et  conventus  de  Herckenrode  ordinis  cisterciensis  ex  una  parte 
et  Christianus  filius  Beatricis  ex  altéra  super  quodam  manso 
terre  qui  dicitur  mansus  de  Nishem,  cujus  medietas  spectat  ad 
jam  dictam  abbatissam  et  conventum  de  Herckenrode  et  alia 


—  70  -- 

medietas  ad  Christianum  memoratuni ,  de  juribus  in  quibus 
idem  mansus  tenetur,  multis  temporibus  litigassent,  tandem  in 
judicio  coi'am  nobis  et  mansioiiariis  dicti  mansi  constituti  et 
sententiam  super  dicta  liligatione  cum  instantia  postulantes, 
noset  jam  dicti  mansionarii  sententiando  pronuntiavimus  quod 
dicta  abbatissa  et  conventus  loci  memorati  tenerentur  abbati  et 
conventui  monasterii  sancti  Trudonis  de  munilore  (?)pi'ovidere, 
et  quod  dictus  Christianus  de  reliqua  parte  sibi  contingente 
universajura  que  dictus  mansus  débet,  excepto  munitore  (?) 
solvere  teneretur.  Ceterum  sciendum  quod  post  multa  tempora 
predictus  Cbristiamus  predicta  sententia  non  contentus  t'ecit 
predictam  abbatissam  et  conventum  coram  judice,  nobis  et 
predictis  in  jus  vocari  et  nostram  sententiam  et  predictorum 
mansionariorum  cum  instantia  postulavit.  Nos  et  mansionarii 
infra  notati  dictam  sententiam  confirmavimus  quasi  rite  latam. 
In  cujus  rei  testimonium  presentem  paginam  sigillorum  nostro- 
rum  munimine  duximus  roborandam.  Huic  ultime  confirmation! 
jam  dicte  sententie  interfuerunt  Thomas  û'icius  Levendere,  Johan- 
nes  pistor,  Adam  filius  Hersen,  Jordanus  Heclmic,  Ilenriciis 
fdius  domini  Domissiam  militis,  Walterus  de  Staplen  et  Ren- 
boldus  cum  Pungno,  mansionarii  dicti  mansi.  Hujus  rei  testes 
sunt  dominus  Jacobiis  prepositus  sancti  Trudonis,  dominus 
Amiens  custos  ejusdem  loci,  dominus  Henricus  de  Veldeke, 
domiims  Uermanus  de  Brustemio  et  dominus  Reunerns  de  Ride 
milites  et  alii  quamplures.  Actum  et  dalum  anno  Domini 
M.  ce.  LVII  feria  sexta  post  festum  béate  Lucie.  »  —  Tome  II, 
fol.  40. 

Février  1302.  —  Guillaume,  curé  de  Wilré,  fait  une  donation 
à  l'abbaye.  —Tome  lï,  fol.  41. 

Dec.  130Ô.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Udelenbcrghe,  près 
de  S.  Trond,  concernant  un  bonnier  de  terre  silué  près  de 
Straten,  près  de  l'arbre  dit  Haeghdoern.  —  Tome  II,  loi.  39. 

9  août  1315.  —  Charte  de  Marguerite  dite  abbesse.  Elle 
donne  en  emphytéosc  à  Werner  Eckele  de  S.  Trond,  huit  bon- 


_  71  — 

niers  et  demi  situés  à  Sladeu  el  ressorlissaïUs  à  la  cour  du  pré- 
vôt de  S.  Trond  k  Staleii  pour  une  rente  annuelle  de  vingt 
muids  de  seigle.  L'acte  est  confirmé  par  Jacques,  abbé  d'Aine, 
donné    comme    visiteur  à  l'abbaye  par  l'abbé  de  Clairvaux. 

—  Tome  II,  fol.  38. 

24  juin  1320. — Acte  notarié  par  lequel  Arnold  d'Eckele,tîls  du 
précédent,  etLutgarde  son  épouse,  sont  mis  en  possession  de 
ces  bonniers.  Cité  Henri  de  Halmale,  chevalier,  mambour  de 
Lutgarde,  pour  les  biens  dotaux  de  celle-ci;  sont  citées  la  cour 
«  proBpositi  monasterii  S.  Trudonis  in  villa  de  Staden  (judex  et 
scabinii;  »  la  cour  censale  que  la  collégiale  de  S.  Barthe- 
lemi  possède  à  Staden  (judex  et  mansionarii)  ;  la  cour  censale 
ûe  Martin  deAelste  h  Aelste.  Témoins  :  Jean,  doyen  du  concile 
de  S.  Trond,  Werner  cuvé  un  Mettecoven,  Arnold  curé  de  Looz. 

—  Tome  II,  fol.  36. 

26  juin  1334. —  Acte  de  la  cour  censale  du  prévôt  de  l'ab- 
baye de  S.  Trond.  Frisula,  religieuse,  fille  de  Lambert  le 
médecin  (phisicus)  à  S.  Trond  ,  lègue  une  rente.  — Tome  II, 
fol.  45. 

6  oct.  1340.  —  Acte  do  la  cour  censale  du  prévôt  de  l'ab- 
baye de  S.  Trond.  Le  père  de  la  religieuse  Marie  Elkers  lègue 
à  l'abbaye  une  rente  hypothéquée  sur  une  brasserie  (braxinam 
seu  cambam)  située  sur  le  ruisseau  Hobeke. — Tome  II,  fol.  44. 

10  juil.  1342.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  la  chapelle  des 
clercs  de  S. Trond  louchant  une  terre  située«prope  hereditatem 
claustri  de  Beke,  hospitalis  S.  Trudonis.  »—  Tome  II,  fol.  43. 

7  oct.  1350.  — Acte  de  la  cour  censale  que  le  prince-évéque 
possède  à  S.  Trond.  La  religieuse  Bertede  Loveric  «  pitanciaria  » 
achète  une  terre  dont  le  revenu  doit  être  distribué  «ad  cro- 
cum  (?)  vulgariter  dictum  sofferaen.  >■>  —  Tome  II,  fol.  39. 

4  mars  1360.  Acte  de  la  cour  censale  du  prévôt  de  l'ab- 
baye de  S.  Trond.  Legs  d'une  rente  de  cinq  gros  sur  une 
maison  à  S.  Trond  (mansionem)  et  une  de  dix  gros  «  ad  curtem 
suam   sitam  in   loco   dicto    Caudenberch    iii    parochia    béate 


—  7-2  — 

Catherine  (ferme).  »  Ces  deux  biens  sont  aussi  appelés  curies. 

—  Tome  II,  fol.  40. 

2juil.  1433.  —  Acte  de  la  cour  censale  des  révérends  mes- 
sieurs Van  Beckevoert  à  Duncgbe.  —  Tome  II,  fol.  40. 

25  janv.  1480.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  l'abbaye  de 
S.  Trond  située  à  Borlo.  Est  cité  joncker  Vastrarts  van  Verssen. 

—  Tome  II,  fol.  43. 

25  sprokille  1488.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  Diericz, 
commandeur  de  la  commanderie  de  Bemissem,  possède  k  Mielen 
boven  Aelst.  Les  tenants  de  cette  cour  appelés  scepenen. 

12  juin  1510.  —  Acte  de  la  cour  censale  appelée  Van  Weser- 
maïe  située  à  S.  Trond.  —  Tome  II,  fol.  46, 

16  nov.  1545.  — Acte  de  la  cour  des  écbevins  et  acte  de  la 
cour  censale  du  prince-évêque  à  S.  Trond.  Guillaume  Van 
Hinnisdael  et  son  épouse  Christine  Van  Heelen  vendent  leur 
maison  située  à  S.  Trond  à  l'abbesse  de  Herckenrode  (Malhilde 
De  Lexhy)pour  la  somme  de  1600  florins  du  Rhin.  Ils  reçoivent 
la  maison  en  location  pour  leur  vie ,  et  assignent  comme 
hypothèque  du  loyer  annuel  dix-neuf  bonniers  situés  à  Vecht- 
mael.  Acte  de  la  cour  censale  de  S.  Martin  à  Liège,  située  à 
Vechtmael  et  de  la  cour  censale  de  Herman  van  Hinnisdael  à 
Vechtmael. 

Cette  maison  devint  le  refuge  de  l'abbaye  à  S.  Trond. 

Sassenbroeck  (  sous  Brouckotn  ). 

Avril  1303.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Sassenbroech. 
(/.ConoynSy  dominus  curie  de  Sassenbruc,  Lambertus  dictus 
Lempen,  Arnoldus,  Walterus  de  Bruchym  et  Hubertus  ceteri- 
que  scabini  curie  predicte  de  Sassenbruc.  »  Henri  de  Halmale, 
chevalier  et  son  épouse  Elisabeth,  sœur  d'Eustache  «  domini 
curie  de  Sassenbruc»,  ayant  succédé  dans  l'héritage  de  celui-ci 
obtinrent  de  Jean,  comte  de  Looz  (1273-127U),  que  les  sept 
bonniers  de  tiefs  lossains  compris  dans  l'héritage,  pussent  être 


73 


convertis  eu  terres  ceusales  devant  les  tenants  de  la  cour 
censale  de  Sassenbruc  pour  payer  les  dettes  d'Eustache;  ce 
qu'ils  ont  fait.  Ils  ont  vendu  ensuite  cinq  de  ces  bonniers  deve- 
nus censaux  à  Elbert  chanoine  de  S.  Jean  à  Liège,  bonniers  qui 
restaient  chargés  d'une  rente  d'un  denier  par  bonnier  à  payer 
à  la  cour  censale  de  Sassenbruc.  Elbert  a  possédé  ces  cinq 
bonniers  pendant  vingt  ans  et  les  a  vendus  ensuite,  le  13  mai 
1297,  à  la  pitance  de  Horckenrode  qui  en  a  été  investie  «per 
mansionarios  dicti  Conoyni  domini  curie  de  Sassenbruc,  »  sauf 
la  rente  du  denier  à  payer.  Acte  scellé  du  sceau  des  échevins 
«  libertatis  ville  Lossensis.  »  —  Tome  II,  fol.  150. 

19  oct.  1303.  —  Charte  de  l'abbesse  Marguerite  de  Steyne.  La 
pitance  a  acheté  deux  bonniers  de  terre  situés  à  Sassenbroeck 
et  mouvants  de  la  cour  de  Conon  de  Sassenbruc,  où  une  rente 
d'un  denier  par  bonnier  doit  être  payée.  Ce  Conon  a  vendu  ces 
deux  bonniers  pour  32  marcs  et  douze  solidi.  —  Tome  II, 
fol.  151. 

Le  jour  du  S.  Sacrement  (10  juin)  1311.  —  Acte  de  la  cour 
allodiale  de  Looz.  «  Judex  et  jurati  homines  allodiales  nobilis 

viri   et   potentis    domini   comitis  Lossensis sub  quadam 

tilia  atrii  ecclesie  Lossensis  ubi  de  allodio  existente  in  dominio 
dicti  nobilis  viri  domini  comitis  communiter  et  consuete  trac- 
tari  solet  et  judicari.  Conon  de  Sassenbruc  et  son  épouse 
Elisabeth  de  Mombeeck  (  ?  )  vendent  à  l'abbaye  quatre  bonniers 
de  terres  allodiales  ressortissants  h  cette  cour.  La  cour  en 
investit  le  mambour  de  l'abbaye  «  cum  cutello,  cespite  et  viridi 
ramo.  »  Elisabeth,  épouse  de  Conon,  jure  qu'elle  avait  hérité 
ces  biens  de  son  propre  frère  Reinier  dit  Tackarts.  La  cour 
n'ayant  pas  de  sceau,  la  cour  «  libertatis  ville  Lossensis  »  y 
append  le  sien.  — Tome  II,  fol.  150. 

In  die  sanctissimi  Sacramenti  (10  juin  )  1311.  —  Acte  de  la 
cour  allodiale  de  Looz  touchant  la  vente  des  quatre  bonniers. 
Conon  de  Sassenbrock  s'oblige  à  maintenir  l'abbaye  dans  la 
paisible  possession  de  ces  bonniers  pendant  une  année  et  plus 


74 


«  sine  recussione  cujuslibet  propifiquioris  iieredis.  »  Il  donne  à 
l'abbaye  comme  légales  ficlejussores  son  frère  Henri  de  Sassen- 
broecli,  ses  fils  Jean  et  Guillaume,  et  Arnold  fils  de  feu  Reinier 
Tackart  de  Hex.  L'abbaye  payera  à  Conon  six  livres  et  la 
valeur  de  sept  muids  de  seigle  d'après  le  prix  du  marché  au  l*^'" 
octobre.  —Tome  II,  fol.  2l8. 

La  fête  du  S.  Sacrement  n'était  pas  encore  une  fête  obliga- 
toire pour  le  peuple,  car,  sinon,  les  tribunaux  n'auraient  pas  pu 
siéger  ce  jour. 

:28  janv.  1330  (1331).  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Reynier  de 
Sassenbroech  située  à  Sassenbroeck.  ajohannes  filius  quondam 
Clenoic  de  Niel  sancti  Servatii  juxta  Los  vice-judex  ad  infras- 
cripta  a  viro  dis^irelo  et  boneslo  Beyuero  clerico  filio  quondam 
Cononis  de  Sassenbruc  in  parocliia  de  Bruchym  armigeri  depu- 
latus,  Wiihelmus  diclus  de  Enhelborne,  iohawnes  dlcius  Piet, 
Johannes  Priissene  et  Paulus  de  Bruchym  mansionnrii  et  sca- 
bini  curie  de  Sassenbruch speciâiUis  ad  Reynerum  supradictum.» 
Reynier  de  Sassenbruch  vend  à  l'abbaye  une  rente  de  deux 
solidi  et  assigne  comme  hypothèque  des  biens  mouvants  de 
cette  cour.  Sont  cités  Marie  veuve  de  Ilerman  de  Sassenbruch, 
Thomas  fils  de  Hubert  de  Sassenbruch,  .Marguerite  veuve  de 
Raso  de  Sassenbruch,  dCinciiVÀUl  lous  à  Sassenbruch.  L'acte  est 
scellé  du  sceau  de  la  cour  de  juslice  deLuoz  «  viUicus  etscabini 
libertatis  ville  Lossensis.  »  —  Tome  II,  fol.  148. 

24  janv.  1334  (1333).  —  Acte  de  la  même  cour  censale. 
«  7t>/<fl/H?^s  dictus  de  Sassenbruc  inscisor  pannorum  frater  natura- 
lis  Reyneri  de  Sassenbruch  clerici  judex....  scabini  dicti  Keyneri 
in  Sassenbruc.  »  Reinier  de  Sassenbroeck  vend  h  l'abbaye  une 
rente  de  deux  solidi ,  et  assigne  comme  hypothèque  des  biens 
mouvants  de  cette  cour.  Est  cité  Hem  i  de  Jlalmale,  écuyer, 
décédé.  —  Tome  II,  fol.  149. 

11  août  1338. —  Charte  de  Thierry,  comte  de  Looz  et  de 
Chiiiy,  seigneur  de  Heinsbergli  et  de  Blankenbergh.  Reynier 
de  Sassenbroeck,  clerc,  a  vendu  à  l'abbaye  une  rente  de  six  muids 


^  7o  - 

de  seigle,  hypolliéquée  sur  des  biens  féodaux  possédés  par 
Reynier  et  mouvants  de  la  cour  du  château  de  Duras  dont 
Thierry  était  seigneur.  Thierry  a  autorisé  l'hypothèque  «  per 
monitionem  nostram,  dit-il,  et  sententiam  pariter  et  sequelam 
hominuni  nostrorum;  »  il  investit  la  pitance  de  ces  biens  féodaux 
c(  osculo  et  fidelitatis  promisso  acceteris  solemnitatibus,  «mais 
Reynier  en  conserve  l'usufruit  ;  les  biens  sont  la  maison  de 
Reinier  à  Sassenbroeck  avec  ses  fossés,  excepté  le  moulinet 
son  enclos,  etc.  Sont  cités  Guillaume  de  Manshoven  écuyer, 
Eustache  de  Sassenbroeck  prêtre,  Marie  fille  de  Herman  de  Sas- 
senbroecJi  décédé,  Baso  de  Sassenbroeck  décédé.  Sont  présents  à 
l'acte  Johannes  dictus  der  Code  de  Curinghen,  Henricus  de 
Vegen,  scuUetus  noster  in  Curinghen,  Johannes  de  Snaggendale 
Johannes  de  Schalbruc  ei  Johannes  tilsd'Elisabetli  «et  quamplu- 
res  alii  fide  digni  homines  noslri  féodales.» — TomeIl,fol.  147. 

SchalkoA'en. 

1269,  —  Charte  de  Guillaume,  chevalier  de  Hamale,  seigneur 
ô'EldeiYU.  Walterus  de  Hère,  chevalier,  dapifer  du  comte  de 
Looz,  vend  à  l'abbaye  vingt-trois  bonniers  de  terre  féod  île 
situés  à  Schalkoven,  avec  le  consentement  de  son  épouse 
Marie  qui  les  avait  reçus  en  dot  et  qui  avait  pourmambour  son 
propre  frère  Renier  chevalier;  celui-ci  étant  mort,  elle  choisit 
son  mari  pour  mambour.  Les  hommes  féodaux  de  Guillaume 
mettent  l'abbaye  en  possession  de  ces  biens  qui  seront  chargés 
d'une  rente  de  trois  solidi  à  payer  à  Guillaume;  un  frère 
convers  de  l'abbaye  en  fera  le  relief  et  payera  trois  solidi  pour 
chaque  relief.  Arnoul,  comte  de  Looz,  de  qui  ces  biens  féo- 
daux provenaient,  approuve  la  vente.  «  Nomina  hominum  qui 
predictis  interfuerunt  hec  sunt  :  Gilbertus  de  Herne  villicus, 
Macharius  et  Henricus  fratres  ejus,  Henricus  de  Scalckoven, 
Hermanus  tîlius  Engrani,  Gerardus  Buffart  de  Scalckoven;  item 
scabini   de   Schalchoven  ,    Waltgerus ,   Gerardus,   Larnbertus, 


—  76  - 

Peregrinus,  Nidkinus,ArnoIdus;  item  Scabini  de  Herne  Herma- 
nus,  Macharius,  Johannes,  Wilhelmus  et  Walterus  ;  item  Arnol- 
dus  villicus  de  Vlidermale,  Ludovicus,  Henricus  et  Henricus^ 
scabini.  —  Tome  II,  fol.  9. 

25  mai  1284.  —  Giiarte  di'Arnoul,  comte  de  Looz.  Jean  de 
Hamale,  seigneur  de  Schalckoven  et  de  Herne;  vend  à  l'abbaye 
dix  bonniers  de  terre  situés  dans  ces  deux  endroits;  il  change 
ces  terres  qui  étaient  des  fiefs  du  comte  de  Looz,  en  terres 
censales  dont  l'abbaye  lui  payera  la  rente  d'un  denier  par  bon- 
nier;  il  se  réserve  de  pouvoir  arrêter  les  malfaiteurs  sur  ces 
terres  comme  dans  le  reste  de  sa  seigneurie.  —  Tome  II,  fol.  8. 

42  mars  1312  (1313).  —  Charte  de  Guillaume  de  Hamale, 
chevalier,  seigneur  d'Elderen.  L'abbaye  a  acheté  quelques 
pièces  de  terre  situées  dans  ses  seigneuries  de  Herne  et  de 
Schalkoven,  dont  elle  lui  payera  une  rente  de  deux  deniers  par 
bonnier,  mais  non  la  taille  appelée  communément  bede.  Son 
épouse  Catherine,  fille  du  chevalier  Gilles  de  Mulken,  y  consent. 
—  Tome  II,  fol.  8. 

Sclioenbeeck.  (sous  Bilsen). 

Janv.  1332  (1333).  —  Charte  de  l'abbesse  Marguerite  de 
Steyne.  Jean  de  Herden  de  Scoenbeek  et  Elisabeth  sa  femme 
donnent  à  l'abbaye  cinq  bonniers  de  terre  situés  à  Schoenbeek 
qu'ils  tenaient  en  fief  de  Daniel  de  Scoenbeke  écuyer.  L'abbaye 
admet  les  donateurs  en  communauté  de  prières  et  de  mérites, 
leur  donne  un  logement  près  de  sa  ferme  h  Caluhese  et  d'au- 
tres avantages.  Témoins /mn,  curé  de  Hasselt,  et  .4r»o/(/,  curé 
de  Looz.  —  Tome  II,  fol.  48. 

6  mars  1521. —  Acte  de  la  cour  censale  que  Herckenrode 
possède  au  Vieux-Joncs.  —  Tome  II,  fol.  48. 

ISpnlbeek. 

11  oct.  1336.  —  Acte  de  la  cour  des  échevins  de  Donck,  sei- 


—  77   - 

gneurie  de  l'abbaye  de  S. -T rond  :  «  Judocus  dictus  Willems  de 
Halen  judex,  Nicolaus  Piscator,  Lambertus  Bole,Renevus  diclus 
Iluveiie  ei 5 ohannes  de Lummeîie  scabini.»  Réalisation  d'une  rente 
due  par  Aleyde,  fille  de  feu  Renier  d'Audenhoven,  hypothéquée 
sur  des  pièces  de  terre  situées  à  Audenhoven  «subdominio  et  in 
terra  domini  Arnoldi  deArdinghen  militis.  «Lemambour  d'Aleyde 
est  Renier  fils  de  Symon  de  Audenhoven.  La  cour  n'ayant  pas  de 
sceau,  Arnold  d'Ardinghen  scelle  l'acte.  —  Tome  II,  fol.  57. 

19  avril  1364.  —  Acte  notarié.  Constitution  d'une  rente  en 
faveur  de  la  religieuse  Alverarde  de  Marke,  réalisée  devant  la 
cour  des  échevins  de  Spalbeek.  Les  biens  qui  en  sont  hypothé- 
qués, i^essortent  à  la  cour  de  Spalbeek  et  sont  chargés  d'une 
rente  en  faveur  «domicelle  de  Oerdinghen.^^ —  Tome  II,  fol.  51. 

iSteyne. 

1220.  — ^erman  de  Elslo  donne  à  l'abbaye  de  Herckenrode  le 
tiers  des  dîmes  de  Steyne  qu'il  tenait  en  fief  de  Thierri  de  Heins- 
berge.a  Testes  autem  hujus  rei  sunt  Conrardus  de  Huhertingen, 
Godefridus  de  Lewis  viri  nobiles,  Robertus  de  Corsiuerme,  Lam- 
bertus castellanus  de  Brustemio.  »  —  Tome  I. 

1220.  —  Thierri  de  Heinsberge  confirme  la  donation  faite  par 
Herman  de  Elslo.  «Hi  sunt  testes  hujus  rei  :  domina  Ada  comitissa 
de  Los  et  domina  Y.  de  Heinsberge,  Giselbertus  canonicus  S^' 
Lamberti  in  Leodio,  frater  Giselbertus  cellerarius  in  Heinsberge, 
^^irfmsecclesiaslicus,  Reynerus  de  Milne,  Alardus de  ffanekesdal, 
Adam  de  Volkerode.  —  Tome  I.  Wolters,  page  73. 

16  mnrs  1246  (1247). — Des  contestations  s'étant  élevées  entre 
l'abbesse  de  Herckenrode  et  Arnold, seigneur  de  Steyne,  au  sujet 
des  limites  de  leurs  dîmes  de  Steynerde,  d'un  legs  de  Guillaume 
burgensis  et  de  sa  fille  (domus,  curtis  et  sex  bonaria  lerroe),  des 
dîmes  du  foin  et  des  terres  novales  de  Gerdingen,  les  arbitres 
choisis  de  commun  accord,  G.  doyen  de  Maestricht,  frère  E. 
gardien  de  Maestricht ,  H.  de  Los  chapelain  de  Herckenrode, 


—  78  — 

fixent  les  limites  des  dîmes  de  Steynerde,  déclarent  que  la  dîme 
du  foin  cl  des  terres  novales  de  Gerdiugeu  n'appartient  pas 
ù  l'abbaye, et  adjugent  à  celle-ci  le  legs  de  Guillaume«  ita  tamen 
quod  curie  de  Steynude  ubi  sunt  censualia  jus  per  oninia  con- 
servetur  illesum.  »  —  Tome  I. 

1272.  —  Henri,  évêque  de  Liège,  confirme  à  l'abbaye  de  Herc- 
kenrodc  l'acquisition  des  dîmes  de  Steyne,  de  Sidre,  de  Jloren- 
hayi  aldePenveysAi  Dalum  anno  Domini  M.  CG.  LXXII.  » — Tome 
I,  fol.  8. 

Steevort. 

Mai  1265.  — Arnold,  comte  de  Looz  et  de  Chiny,  a  donné 
toute  la  dîme  de  Steevort  à  fabbaye  de  Herckenrode  pour  la 
somme  de  mille  cinq  cents  marcs  Liégeois  dont  il  a  employé 
nulle  marcs  à  dégrever  sa  propriété  de  llerdine  qu'il  avait 
assignée  en  dot  à  sa  fille  Aleyde  pour  son  mariage  avec  le  che- 
valier ï7/îé?/r;/,  seigneur  de  Valckenburcli:  «de  pecunia  predicta 
reposuimus  mille  marcas  Leodienscs  pro  redemptioiie  et  acquit- 
tatione  hereditalis  nostre,  videlicet  ville  de  Herdine  cum  suis 
atlinentiis  quatn  assignaveramus  nobili  viro  domino  Theodorko 
militi  domino  de  Valkenburcli  in  doiein  cumfilia  nosivù  Aleyde. ..)) 
—  Tome  1,  fol.  102. 

8  mars  1264  (1265).  —  Gliarte  de  Henri,  évêque  de  Liège. 
Arnold,  comte  de  Looz  et  de  Chiny,  donne  à  r.d)l»aye  de  Herc- 
Kcin'ude  les  dîmes  novales  (des  terres  nouvellement  mises  en 
culture)  do  Slcvort  et  reçoit  une  somme  d'argent  de  fabbesse. 
Etaient  présents  Arnold  comte  de  Looz,  son  épouse  Jeanne,  son 
fils  aîné  Jean,  fabbesse  Jatte  avec  quelques  religieuses,  le 
frère  Walter  avec  quelques  autres  Itères  convers,  Guillaume 
abbé  de  S.  Trond,  Jean  dit  ///  Ardinois ,  licinier  seigneur 
iïErkcnlel  (ArgentealJ,  Jlenri  de  Pietersheini,  Gdles  de  Waliart, 
Pierre  seigneur  de  Jlubines  hommes  nobles,  Walter  de  Lude, 
Fastrad  de  Ferme   mnréclial    de  févéque,  C.odemd  û'Elderen, 


—  79  — 

Walter  de  Heers  dapifer  du  comte  de  Looz.  «  Actum  in  palalio 
Leodiensi  anno  Domini  M.  CC.  LXIIII  meiise  martio  dominica 
qua  cantatur  ociili  met.  »  —  Tome  I,  fol.  100.  Woliers,  p.  82. 

14  février  1265  (1266).  — Charte  de  Jean  fils  aîné  d'Arnold 
comte  de  Looz.  Jean  fils  de  Libert  de  Langdries  chevalier,  a 
vendu  à  l'abbaye  vingt-neuf  bonniers  de  terre  situés  à  Steen- 
vort  qu'il  tenait  en  ûef  ûe  Guillaume  de  Wickerode,  biens  qui 
faisaient  partie  du  fief  de  Duras  et  qui  à  ce  titre  descendaient 
des  comtes  de  Looz  ;  ces  vingt-neuf  bonniers  resteront  char- 
gés d'une  rente  annuelle  d'un  denier  par  bonnier  au  profit  de 
Jean  de  Langdries.  Témoins  :  Lennaldus  de  Jardino,  Ainelius 
chevaliers,  Gérard  de  Cambiis  échevin  de  Liège,  Raes  de 
Scoenwinkel,  Guillaume  frère  de  Jean  de  Langdries.  «  Datum  et 
actum  anno  Domini  M.  CC.  LXV  dominica  qua  canlatur  myo- 
cabit.  » —  Tome  I,  fol.  101. 

23  mars  1352.  —  Acte  notarié  passé  en  la  présence  de  la 
cour  des  échevins  de  Stevoort  et  do  la  cour  censale  de  Martin 
de  Los  chevalier  à  Stevoort.  Les  mayeur  et  échevins  de  la  pre- 
mière sont  :  «  Reynerus  de  Palude  villicus,  Johannes  dictus  de 
Gustinglien,  Wilhelmus  de  Telst,  Willielmus  de  Horpale,  Williel- 
mus  de  Huff'elt  et  Libertus  dictus  Greyten  scabini  ville  de  Stey- 
vorde.  »  Le  chef  de  la  cour  censale  s'appelle  jiidex  et  les 
membres  mansionarii .  La  religieuse  Elisabeth  de  Papenbruyc 
«  vinaria  »  donne  en  emphytéose  trois  bonniers  de  terre  mouvants 
delà  cour  des  échevins  à  Henri  Chrétien  dit  de  Wambeke,  qui 
assigne  comme  hypothèque  du  fermage  annuel  une  pièce  de 
terre  mouvant  de  la  cour  censale,  et  en  investit  l'abbaye  devant 
cette  cour.  L'abbaye  était  représentée  à  l'acte  par  un  mam- 
bour.  —Tome  II,  fol.  18. 

21  avril  1357. — Acte  notarié  de  rente  héréditaire.  Sont  citées 
les  cours  censales  de  Gérard  deLoxbergli  eide  Jeande Mommade, 
toutes  deux  situées  à  Stevort.  —  Tome  II,  fol.  24. 

8  février  laeo.  — «Johannes  dictus  de  Aelst  judex,  Arnoldus 
dictus  deScoen/o,Giselbertus  dictus  Scopen, 5 oh?nmes  deQnercu 


80 


diclus  de  Corpt ,  Arnoldus  de  Rode,  scabini  curie  domini 
Jolianiiis  de  Halebeke  militis.  »Constilulion,en  faveur  de  la  reli- 
gieuse Marie  de  Liège,  d'une  rente  iiypothéquëe  sur  un  bien 
ressortissant  à  cette  cour.  —  Tome  II,  loi.  28. 

14  juin  1367.  —  Acte  de  la  cour  extérieure  des  échevins  de  Sley- 
vort  du  comte  de  Looz.  Constitution  d'une  rente  en  faveur  de 
la  religieuse  Eva,  fille  de  Jean  Beerthonets ,  échevin  d'Aix.  Sont 
cités  Louis  deLude  chevalier  décédé,  el  Arnold  de  Steyvorde  che- 
valier.  —Tome  II,  fol.  28. 

1377.  —  Walter  Bunlinx  curé  de  Steevort  déclare  que  Cathe- 
rine Beckers  et  Odilia  sa  fille  ont  reconnu  devant  lui  devoir  à 
l'abbaye  une  rentededeuxflorinshypothéquée  sur  deux  maisons 
et  trois  enclos  situés  près  de  la  propriété  de  Guillaume  de  Stey- 
vorde chevalier.  —  Tome  II,  fol.  16. 

10  fév.  1378.  —  Acte  de  la  cour  extérieure  de  justice  de  Ste- 
vort.  «Johannes  Cws^^r  scultetus,  Libertus  Creyten, Renerus  de 
Scouivenbi-rghe,  Arnoldus  de  Gustiuglien,  Arnoldus  Van  Stapel, 
et  Wilhelmus  Vandenhufjel  scabini  exteriores  juridictionis  curie 
ville  de  Steyvorde.  »  Walter  de  Tornaco  et  son  épouse  Ida 
vendent  ù  André  de  Fracineto  (bsnqu\e\\lumbardus)  àS.-Trond, 
une  rente  de  deux  florins  et  assignent  comme  hypothèque  quatre 
bonniers  de  terre  qui  doivent  payer  à  cette  cour  une  rente  de 
seize  deniers  en  faveur  d'Arnold  de  Steyvorde  chevalier. — Tome 
II,  fol.  190. 

20  nov.  1380.  —  Acte  de  la  cour  des  échevins  de  Stevort 
(JLidex  et  scabini).  Constitution  d'une  rente  en  faveur  de  la  reli- 
gieuse Ida  de  Louvinn,  rente  hypothéquée  sur  une  terre  censale 
de  trois  bonniers  ressortissantà  cette  cour  (movens  coram  nobis 
in  curia  domini  Comitis)  et  chargée  d'une  rente  de  dix  deniers. 
La  cour  n'ayant  pas  de  sceau  prie  la  cour  intérieure  de  Wustherk 
d'y  apposer  le  sien.  —  Tome  II,  fol.  21. 

)4  mai  1458.  —  Acte  de  la  cour  des  échevins  de  Steyvorde. 
Constitution  d'une  rente  en  faveur  de  l'abbesse  Catheri7ie  Va7i 
Scoenbeke  pour  l'office  des  vigiles  (vigilie  ambachl).  Le  débiteur 


-  81  - 

de  la  rente  l'a  déposée  entre  les  mains  du  mayeur  en  faveur  de 
l'abbesse  «  opgedragen  en  vertegen  met  monde  et  met  halme 
ewech  te  werpen»;  le  mayeur  en  a  investi  le  mambour  (gicht- 
dreger)  de  l'abbesse  (gegicht  en  gegoet).  — Tome  II,  fol.  19. 

18  juin  1471.  —  Acte  delà  cour  censale  de  Joeck,  située 
sous  Stevort  (meyer  ende  laete  des  hoefs  van  Joeck  gelegen 
onder  die  banck  van  Steyvort).  Constitution  d'une  rente  en 
faveur  de  la  religieuse  Catherine  Fan  deu  Berne,  hypothéquée 
sur  des  biens  ressortissant  à  cette  cour  censale.  Le  mam- 
bour de  la  religieuse  en  est  mis  en  possession  «  gegicht  en 
gegoet  met  menisse,  vonnisse,  banne  en  vrede  en  met  allen 
den  rechte  dat  der  hoff  te  recht  steet.  »  Est  cité  joncker  Oems 
van  Hamel.  —  Tome  II,  fol.  19. 

1476.  —  Le  mayeur  et  les  échevins  des  dorps  ende  der  hnyten 
banc  van  Steyvorde  réalisent  la  constitution  d'une  rente.  — 
Tome  II,  fol.  15. 

7  mars  1481.  —  Acte  de  la  cour  des  échevins  de  Steyvort. 
Constitution  d'une  rente  en  faveur  de  la  religieuse  Smols, 
«  meestersse  des  gewanthuys  vanden  wolhuyse  des  couvents.  » 
—  Tome  II,  fol.  27. 

22  dach  van  Braymaent  1481.  —  Acte  de  la  cour  des  éche- 
vins de  Stevort.  La  religieuse  Amia  van  Roelingeii  possédant 
l'oifice  de  cellerière  (ambacht  van  wynkelders)  diminue  le  taux 
d'une  rente  due  à  cet  office.  —  Tome  II,  fol.  22. 

30  oct.  1481.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Goyer  (Joeck) 
située  à  Steyvort  et  appartenant  à  joncker  yln^/joms  van  Mo«- 
tenaken.  Constitution  d'une  rente  en  faveur  de  l'office  des 
vigiles. 

23  mars  1509  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Stevoort  (meyer 
en  laten  des  hoeffs  van  Steyvort).  Constitution  d'une  rente 
héréditaire  de  deux  florins  de  Horn  en  faveur  de  la  religieuse 
«  Beatrix  van  Bardecom  vigilimeestersse.  »  —  Tome  II,  fol.  17. 

6 


—  82  — 

Stockrode. 

27  janv.  1860.  —Les  époux  Giselberî  et  Elisabeth  Comnoede 
de  Stockrode  donnorit  uno  rente  de  deux  florins  ii  la  maison 
de  travail  de  l'abbaye  (doniiii  operarie).  —  ïome  II,  fol.  30. 

9  lévrier  Yàlii.—Jean,  évêque  de  Liège,  se  trouvant  en  son 
château  à  Eyclie,  Àijnès  de  Olmen  tille  de  Nicolas  de  Olmen  che- 
valiei%  Thierry  de  Donc  éouyerson  époux,  Marguerite  de  Olmen 
sœur  d'Agnès,  nièces  de  Jean  de  Kessel  chevalier  leur  oncle, 
relèvent  de  l'évêque  de  Liège,  comme  comte  de  Looz,  par  les 
mains  de  leurs  manibours  Thierry  et  Jean,  leurs  biens  féodaux 
situés  sous  Stockrode;  ils  vendent  ensuite  ces  biens  à  l'ab- 
baye. L'évêque-comte  approuve  la  vente,  mais  sous  la  condition 
que  l'abbesse  Catherine  de  Kerckeym  consiitue  son  frère  Gode- 
froid  de  Kercheyni  écuyer,  mambour  de  ces  biens  pour  en 
recevoir  l'investiture  et  on  faire  le  l'clief  en  son  temps;  et 
qu'après  la  mort  de  ce  dernier ,  l'abbesse  en  constitue  un 
autre...  «  Presentibus  fidelibus  nostris  dileclo  domino  Liberto 
Bontour  sàvocnio  de  Horion  castellanoque  nostro  in  Stockeym 
pro  lempore,  Adam  de  Kerckheym  miWub  's,  Hermanno  dïcto 
Borgher  sculteto  nostro  de  Curingen,  Jacobo  de  Royde,  Renero 
de  Bronlon  scabino  de  Vlidermalle  armigeris  ,  Johanne  de 
Molendino,  Arnoldo  Fahri,  Werico  de  Scalbriiken  scabinis  in 
Ciiringhen  et  pluribus  aliis  hominibusfeodalibusfeudi  de  Duras. 
Datum  sub  nostri  sigilli  appensione,  anno  nativitatis  dominice 
M.  CGC.  LXX  feria  sexia  post  festum  Pniiticationis Béate  Marie 
Virginis.  »  —  Tome  I,  fol.  28.  —  Jean  dit  Oem,  écuyer  et  séné- 
chal de  la  terni  de  Eycke,  ayant  élevé  quelques  prétentions 
sur  ces  terres  h  titre  de  parenté,  l'abbaye  lui  achète  ses  droits 
pour  cent  florins;  Jean  de  Do)ic  chevalier  et  sénéchal  du  comte 
de  Looz,  lui  transmet  cette  somme  le  7  mars  1371.  —  Tome  I, 
fol.  29  v. 

9  janv.  1482.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Wacnrode  située 
à   Stockrode.   La   religieuse    Marie    Vandenborch    fonde    une 


—  83  — 

messe  hebdomadaire  à  l'autel  de  Ste-Aniie  situé  au  chœur  deâ 
sœurs,  et  la  dote  d'une  rente  de  deux  florins  de  Rhin  hypothé- 
quée sur  des  biens  ressortissants  à  cette  cour.  —  Tome  II, 
fol.  211. 

10  mars  1495.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  la  noble  dame 
Marguerite  de  Boxmere,  dame  de  Mère,  de  Spalbeek,  etc., 
possède  à  Stockrode.  Constitution  d'une  rente  en  faveur  de 
la  religieuse  Aleide  Spirings,  «  werckmeestersse.  »  —  Tome  II, 
fol.  32. 

20  août  1533.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Wanroede  située 
à  Stockrode.  -Tome  II,  fol.  33. 

23  janv.  1540. —  «  Wy  her  Joris  Munters  priester  pastoer  der 
kercken  van  Curingen  als  hofheere  des  laethoefs  van  die  hey- 
lige  maget  sinte  Gertruytonze  patronesse  ende....  als  geswoe- 
ren  laeten  des  persoens  voerscreven.  »  —  Constitution  d'une 
rente.  —  Tome  II,  fol.  34. 

Xongres. 

Fév.  1286  (1287).  —Charte  de  l'abbesse  Alitia.  Les  biens  de 
Erpels  appartenant  autrefois  à  Reykin  Erpels  et  à  son  fils  aîné 
Arnold  ont  été  achetés  par  la  pitance  au  prix  de  vingt-quatre 
marcs  liégeois  donnés  par  Aleijdis  de  Maestricht  contre  une 
rente  viagère  de  quarante  soiidi  à  lui  payer  au  béguinage  près 
de  Maestricht.  Les  biens  étaient  quatre  bonniers  situés  près  de 
Herdene.  —  Tome  II,  fol.  60. 

Juin  1321.  —  Des  contestations  s'élant  élevées  entre  l'abbaye 
et  les  débiteurs  de  certaines  dîmes,  l'archidiacre  Percheval  de 
Carreto  renvoie  les  parties  au  concile  de  Tongres.  Ce  concile 
réuni  sous  la  présidence  de  son  doyen  Henri,  au  chapitre,  dé- 
clare qu'il  y  a  obligation  de  payer  la  dîme  des  agneaux,  du  lin, 
du  chanvre,  de  la  navette,  des  abeilles,  etc.  —  Tome  II,  fol.  59. 

6  avril  1439.  —  Acte  de  la  cour  censale  que  Gilles  Reys 
possède  à  Tongres  (meyer  en  laten  ende  gesworen  helders  des 


—  84  — 

ceynshoefs  meister  Gilis  Reys...  onsen  gronlheer).  Le  grand 
hôpital  de  S. -Jacques  de  Tongres  doit  une  rente  héréditaire  de 
deux  niuids  de  seigle  à  la  pitance  de  l'abbaye.  L'hôpital  est 
représenté  par  Jean  Wessels  et  Henri  Thees  iir\\s  converse  en 
bruedere  des  godshuys  sinte  Jacobs.  »  —  Tome  II,  fol.  60. 

Xuilt  (  sous  Curange  ). 

l!213.  —  Louis  comte  de  Looz  donne  à  l'abbaye  le  moulin  de 
Tuilt,  une  terre  inculte  et  une  forêt.  «  L  n.  s.  e.  i.  t.  Ludovicus 
cornes  de  Los....  unde  notum  fieri  volumus  universis  tam 
presentibus  quam  futnrisquod  nos  sanctimonialium  Gistercien- 
cis  ordinis  in  Herckenrode  honestam  conversationem  et  bonani 
vitam  considérantes  earumque  imbecillitati  ac  necessitati  com- 
patientes  molendinum  de  Tulthe  cum  terris  lliimosis  et  incultis 
inter  Kermete  et  Herckenrode  positis  et  unum  mansionarium, 
sylvam  quoque  que  Molendich  dicitur  et  pratum  ei  adjacens  eo 
juris  tenore  quo  hec  in  integrum  tenebamus  ob  remedium 
peccatorum  nostrorum  libère  et  intègre  ipsis  in  eleemosynam 
coutulimus.  Hanc  veio  nostram  donationem  rationabiliter  eis 
collatam  et  ab  uxore  nostra  /Irfa  comitissa  appiobatam  incon- 
vulsam  et  illesam  in  perpetuum  permanere  cupientes,  scripto 
annotari  fecimus  et  ad  futurorum  certam  notitiam  sigilli  nostri 
karactere  communivimus....  Hujus  autem  facti  testes  sunt  : 
Willielmus  persona  de  Hasselt,  Wilhebnus  de  Pietersheim,  Iler- 
mannus  (ÏElsJo,  Convardus  de  fM)ertingen;  Godefridus  de  Lewis, 
Walterus  de  Milne,  liobertus  de  Berle,  Raso  ôeCurtercen,  Theo- 
doricus  Castellanus  de  Los,  Walterus  de  Berce,  Heinricus  de 
Joec,  Roherfus  de  Corswerme  aliique  quamplurimi.  Acta  sunt 
hec  anno  ab  incarnatione  Domini  M.  CC.  XIIL  » —  Tome  i, 
fol.  9  V". 

2  janv.  1343.  —  L'abbaye  acquiert  le  pré  dit  Asbamt  par 
voie  de  permutation.  «  Nos  Theodoricus,  conies  de  Los  et  de 
Chiny,  dominus  de  Ileynsberyli,  de  Blankenbergh ,  notum  faci- 


—  85  — 

mus  universis  presens  scriptum  inspecturis  quod  iii  preseiilia 
domini  Everardi  de  Heynshergh  nostri  senescalli  losseiisis 
militis,  domini  Johannis  dicti  Haec,  WUhelmi  de  Gelé  noslri 
sculteli  in  Blisia,  Ilermanni  dicti  Manshoven  sculleti  in  Mon- 
tenacketi,  eiFranconis  dicti  Otte  nostrorum  fidelium,  Wilhelmus 
de  Kermpte  recognovit  se  dédisse  abbatisse  et  conventui  de 
Herckenrode  Cisterciensis  ordinis  sua  prata  dicta  Asbamt  sita 
prope  molendinum  de  Tulte  in  tribus  petiis  duo  bonaria  vel 
circiter  continentia  ex  causa  mutue  permutationis  contracte  et 
inite  de  dictis  pratis  ad  decimam  bonorum  dicti  Wilhelmi  in 
Kermpte  quam  idem  Wilhelmus  et  uxor  sua  ad  vitam  suam  et 
utriusque  ipsorum  possidebunt.  Que  quidem  prata  de  nostro 
t'eudo  movenlia,  sicut  ipsa  predilectus  noster  predecessor  et 
avus  noster  Arnoldus  quondam  cornes  lossensis  felicis  memorie 
olim  concessit  antedictis  abbatisse  et  conventui.  Nos  ad  roga- 
tum  antedicti  Wilhelmi  et  Joye  ipsius  conthoralis  légitime, 
hereditarie  possidenda  concessimus  per  présentes,  jure  nostro 
salvo  penitus  in  premissis.  Datum  anno  Domini  M.  CGC.  XLIII 
in  crastino  circumcisionis  Domini.  »  —  Tome  I,  fol.  9  v°. 

24  aoiît  4421.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  l'abbaye  située 
à  Herckenrode.  Constitution  d'une  rente  en  faveur  des  reli- 
gieuses F^rnigaert  et  Gruitruyt  Van  Tzevell.  Gérard  Van  Edel- 
bampt,  échevin  de  Vliermael,  était  mambour  de  labbaye.  — 
Tome  II,  fol.  64. 

6  juil.  1504.  —  «  Wy  meyeren  laten  in  den  hove  van  Waenroy 
ghelegen  te  Stockrode  in  der  heerlicheit  van  Voghelzanghe.  » 
Denis  Jaco&s  fermier  d'Olmen  \end  un  petit  pré  à  foin  à  l'ou- 
vroir  de  l'abbaye  (ambach  van  der  werckmeeslerye)  ;  Tielen 
Sconarts,  gichtdreger  de  l'ouvroir  en  est  investi  pour  celui-ci, 
sous  la  condition  qu'à  la  mort  de  ce  mambour  (gichtdreger  en 
koerman  des  erfs)  le  mayeur  ou  le  propriétaire  de  la  cour 
censale  (hooflfheer)  percevra  de  l'ouvroir  un  demi-droit  (sal 
heffen  en  bueren  eenen  halven  koer  nae  des  hoeffs  recht).  — 
Tome  II,  fol.  65. 


—  8t>  - 

Ulbeek. 

21  déc.  1522.—  Acte  de  la  cour  de  justice  d'Ulbeek.  «  Geerl 
Vandenhoeve  scoutetder  eerwerdigher  kercken  encappitele  van 
onser  liever  vrouwen  van  Hoey  in  bonne  banck  toi  Ulbeek,  Jan 
Van  Duras,  Hugo  Driesmans ,  meester  Jan  Moechs  ,  Lambrecht 
Van  ScoenbeekJtxs\ii\vVa}iderlinde,  Dulphus  Vanderlocht  en  Jan 
Kermans •àWen  gesvvoi'en  scepen  der  banck  voorscreven.  «Cons- 
titution d'une  rente  foncière.  — Tome  II,  fol.  117. 

Veulen. 

Nov.  1384.  —  Acte  de  la  cour  d'Isabelle  Gasebeke  à  Pologne. 
«Conrardus  Cunnoij  villicus  H uber tus quonûam  cuslos  inFollo- 
nh,Ecbertus  filius  Ode,  WiUielmiis  ûVms  Nesen.  Wûhelmus  filius 
.4mid,  Franco  Gu^/îaw,  Robertus  tîlius  Tlieodorici  et  Daniel  Gos- 
whii  scabiiii  curie  domicelle  de  Gasebeke  in  FoUonia.  »  Jean 
Guthan  vend  une  rente  h  l'abbaye  et  assigne  comme  hypothèque 
des  biens  ressortissant  à  cette  cour  et  y  payant  le  cens.  Cet 
acte  mentionne  la  vinea  de  FoUonia. Est  cité  Eiistache  de  Ghers- 
tenlwven,  chevalier  décédé.  —  Tome  II,  fol.  170. 

27  mai  1400. — Acte  de  la  cour  de  justice  de  Fologne  :  «Willem 
Peters  van  Vo^len  scoutheit,  Obrecht  Kaerle,  Reyner  Van  Mon- 
/mnf,  Johan  Van  Montfrant,  Gérard  Franken,V^ oniev  Gontiers  en 
Heinric  Verheylove7i  scepenen  tut  Voelen.  »  Constitution  d'une 
rente  au  profit  de  la  pitance  de  l'abbaye.  Est  cité  Abraens  Van 
Monfrant.  —  Tome  II,  fol.  122. 

'Villeps  !  près  d'Othée). 

1218.  —  Les  dîmes  de  Villers  appartenaient  à  plusieurs  per- 
soriues,  savoir  :  Pierre  de  Bilrevelt,  cliaiioinc  di;  S.  P;iu'i  et  curé 
de  Villers,  sa  sœur  Beatrix,  Sébastien,  époux  de  celle-ci,  Siger 
de  Bilevelt  chevaliers,  Arnold  de  Scorno  et  son  épouse  Aleide, 


-  87    - 

Thieni  de  Fau,  Gérard  de  Ruchelorl,  Gertrude  ôeRolliers  et  son 
enfant,  Matildis  et  sa  sœur,  Hugues  fils  de  Walther  de  Florines. 
Ils  donnent  la  dîme  et  le  patronage  de  l'église  h  l'abbaye  de 
Herckenrode  en  présence  et  avec  le  consentement  de  Louis 
comte  de  Looz.  Hugues  de  Pierrepont,  évêque  de  Liège,  ap- 
prouve la  donation.       Tome  I. 

Vliermael. 

Mars  1310  (1311).  —Acte  de  la  cour  de  Vliermael.  «  Ghisel- 
bertus  de  Rinuerslwveu,  villicus,Gerardus  de IIetnsvelt,Uenricus 
deHeynsveU,Eei\v\cu'^'.  de  LiclitveU,...de  Fro/o,Lambertus/bres- 
tarius  et  Hei'mannusde  UemsveU  scabini  curie  de  Vlidermale.  » 
Gérard,  Walter,  Guillaume  et  Léon  IVères,  fils  de  Libert  de 
fhisclw,  vendent  à  l'abbaye  une  rente  annuelle  de  cinq  muids  de 
seigle  et  assignent  comme  hypotlièque  cinq  bonniers  de  terre. 
Ces  cinq  bonniers,  autrefois  féodaux,  ont  été  convertis  en  cen- 
saux  par  le  comte  de  Looz  auquel  on  payera  quatre  deniers  par 
bonnier  dans  la  cour  de  Vliermael.  — Tome  II,  fol.  164. 

Juin  1311.  —  Charte  de  l'abbesse  Marguerite  de  Steyne. 
L'abbaye  a  acheté  de  Walter,  fils  de  Ubert  de  Buscho,  une  rente 
de  quatre  muids  de  sei:;le,  à  seize  livres  le  muids,  hypothéquée 
sur  cinq  bonniers  déterre  situés  à  Diepenbeke,  près  de  la  ferme 
(curiam)  de  Libert  de  Buscho,  ressortissant  h  \:\  cour  censale 
du  comte  rie  Looz,  à  Vliermnl.  — Tome  II,  fi)l.  68. 

^tVaelhoveu. 

20  mai  1437.  — Acte  de  la  cour  censale  du  seigneur  de  Wael- 
hoven  :  «  Wouter  Jan  Nods  als  meyer  in  der  banck  en  hove  des 
jonckeren  van  Waelhoven.  »  —  Tome  II,  fol.  189. 

"Webbeconi. 

24  janv.  1445.  —  Acte  de  la  cour  de  Webbecom.  «  Lam- 
brecht  Van  Stapele  richter,  Jan  Bloys,  Jan   Bollens,  Goeswyn 


—  88  — 

Van  den  Kerchove,  Arnout  Vaudenponte,  Jan  Karys,  Leonius 
Craiiwels  ende  Andries  de  Roeve,  scepeneii  ons  heeren  des 
abts  ende  couvents  des  monsters  van  sint  Truiden  in  den  hof 
van  Webbecom.  »  Hugo  Dons  renonce  en  faveur  de  l'abbaye 
à  tout  droit  qu'il  peut  avoir  sur  la  succession  de  sa  tante  Ger- 
trude  Dons  morte  religieuse  à  Herckenrode.  —  Tome  II, 
fol.  167. 

Wellen. 

28  janvier  1343  (1314).  —  Walter  de  Home  d'Alken  reconnaît 
devant  l'official  qu'il  n'a  aucun  droit  sur  une  pièce  de  dix  bon- 
niers  de  terre  située  à  Wellen,  près  des  terres  de  Walter,  fils  de 
Jean  Vos  de  Repe,  chevalier.  Fait  à  Herck-S. -Lambert,  dans  la 
maison  de  Thierri,  prêtre  de  Herck  S.-Lambert,  en  présence  de 
l'abbesse  Marguerite  de  Steyne,  du  prêtre  Jean  de  KtJup,  moine  de 
l'abbaye,  du  frère  Jean,  magister  curie  de  Herckenrode,  du  frère 
Gislebert  cellerarius  ,  du  frère  Ywan  magister  de  Cuttecoven, 
de  la  religieuse  Hadnwide  de  Wotelinghe,  de  Jean  de  Crenbeke, 
curé  d'Alken.  —  Tome  I. 

14  avril  1326.  —  L'abbesse  Marguerite  de  Steynen  et  toute  la 
communauté  cèdent  à  Gérard  de  Roeselen,  de  la  paroisse  de 
Wellen,  douze  bonniers  de  terre  situés  à  Wellen,  contre  une 
rente  annuelle  et  perpétuelle  de  onze  muids  de  seigle,  lequel 
Gérard,  comme  hypothèque  du  service  annuel  de  la  rente, 
assigne  quinze  verges  de  terre  censale  ressortissant  à  la  cour 
censale  que  l'abbesse  de  Munsterbilsen  possède  à  Wellen. 
Témoin  ffenri,  curé  de  Rerlingenei  doyen  du  concile  de  Tongres. 
—  Tom.  l. 

24  juillet  1440. — «  Wy  Kicant  Van  Eggertingen  als  onder- 
meyer,  Gerit  Van  Scoenbeke,  Jan  Van  Eggertingen,  Johannes 
Staethen,  Levai  Troone,  Hei-man  Van  Mettecoven,  Gisebrecht 
Van  Papekelen  ende  Stas  Goeswyns  scepenen  der  banck  en  des 
hogherichts  des  dorps  van  Wellen.  »  L'office  de  maîtresse  des 


89 


infirmes  possède  à  Roselt  sous  Wellen  vingt  bonniers,  fief  de 
l'abbaye  de  Munsterbilsen  ;  il  les  donne  en  rente  perpétuelle  de 
vingt  muids  de  seigle,  et  assigne  une  hypothèque.  —  Tome  II, 
fol.  118 

20  avril  1439. — Acte  de  la  cour  de  justice  de  Wellen  «  als 
hoeff  en  gerichte.  «  Les  débiteurs  d'un  rente  en  défaut  de 
payement  furent  cités  par  le  huissier  de  la  cour  (gesworen  bode) 
une  première,  une  seconde,  une  troisième,  une  quatrième  fois 
devant  la  cour  ;  n'ayant  point  comparus,  le  mambour  demanda 
à  la  cour  d'être  mis  en  possession  de  l'hypothèque  ;  la  cour 
l'y  conduisit  et  le  mit  en  possession.  Les  proches  parents  des 
débiteurs  arrivèrent  et  dégagèrent  les  hypothèques  ,  et  en 
assignèrent  d'autres.  —  Tome  II,  fol.  120. 

21  mars  1337.  —  Actes  de  la  cour  censale  de  la  fabrique  de 
l'église  de  Wezeren  et  de  celle  de  Guillaume  de  Niel,  chevalier. 
Le  religieuse  Agnès  Chabot,  de  Liège,  achète  une  rente  de 
deux  muids  de  seigle  ad  opus  benedicU  Sacramenti  monasterii 
ejusdem.  Le  débiteur  assigne  comme  hypothèque  trois  pièces 
de  terre  dont  deux  sont  mouvantes  de  la  cour  de  l'église  et  la 
troisième  de  la  cour  de  Guillaume  de  Niel.  Sont  cités  Guillaume 
de  Orle  chevalier,  les  pauvres  de  Houtem  et  Jean  de  Vilari, 
curé  de  Wezeren.  —  Tome  II,  fol.  191. 

I^îlderen. 

1218. — La  dîme  deWilre  et  le  patronage  de  l'église  sont  don- 
nés à  l'abbaye  de  Herckenrode.  «  Ludovicus  Dei  gratia  comes  de 
Los...  noverint  universi  tam  présentes  quam  futuri  quod  décima 
de  Wilre  in  diversas  partes  divisa  pluribus  personis  erat  distri- 
buta,  quarum  bec  sunt  nomina  :  Petrus  de  Bilrevelt  sancti  Pauli 
canonicus  et  ecclesie  de  Wilre  investi  tus,  soror  ejus  Beatrix  et 


—  90  — 

vir  ipsius  Sebastianus,  Sigerus  de  Bilrevelt  milites,  Arnoldus  de 
Scoenlo  et  Aleidis  uxor  ejus,  Theodohcus  de  Faus,  Oerardm  de 
Rochefort,  Gertrudis  de  Rolliers  et  puer  ejus  Matildis  et  soror 
ejus,  //M^fo  filius  TFa/ZerJ  de  Florins:  isti  itaque  omnes  spiritu 
pietaiis  inducti,  de  consensu  lieredum  suorum,  singuli  pro  por- 
tionibus  suis,  predictam  decimam  cum  omnibus  appendiciis  suis 
necnon  jus  patronalus  ecclesie,  ob  salulem  animarum  suarum, 
dilectis  sororibus  nostris  de  Herckenrode  libère  in  eleemo- 
synam  contulerunt  in  domini  llitgonis  Leodiensis  episcopi  simul 
et  nostra  presentia  multorumque  aliorum,  nobis  etiam,  et  Ada 
uxore  nostra  et  fratribus  nostris  Uenrico  et  Arnoldo  pium  pre- 
bentibus  assensum...  Testes  bujus  rei  sunt  Willtelmus  de  Pieter- 
sem,  Walterus  frater  ejus,  Arnoldus  et  Hermanuus  de  ElslOy 
Conrardus  de  Hubertingen,  Lamhertus  castellanus  de  Bnistemio, 
Jordanus  et  Reiubaldus  castellani  de  Duras,  Robertus  de  Cors- 
werme  aliique  quamplurimi.  Acta  sunt  hec  anno  gratie  M.CC- 
XVIII.  »— Tome  I,  fol.  59. 

8  janvier  1221.  —  0.  de  hilrevelt  qui  avait  été  présenté  pour 
l'église  de  Wilre  par  le  commandeur  du  Temple  et  l'abbé  de  Hei- 
lissem  (qui  pro  domo  templi  et  de  Helecines),  est  rejeté  par 
l'arcbidiacre  H.;  W.,  présenté  par  l'abbesse  de  Herckenrode, 
est  admis  pour  la  cure,  parce  que  le  droit  de  patronage  appar- 
tient à  l'abbesse.  «  Actum  anno  Domini  M.CC.XXl,  proximo 
sabbato  post  Epipbaniani.  »  —  Tome  I,  fol.  59  v''. 

5  juin  1247.  —  Gérard  lils  de  Gérard  mayeurde  Wilre,  donne 
tous  ses  biens  ;\  l'abbaye  de  Herckenrode.  «  Wilhelmus  castel- 
lanus de  Montenake  et  uxor  ejus  Christina  salutem  et  cognoscere 
veritatem.  Universitati  vestre  notum  facimus  quod  Gerardus 
filius  Gerardi  villici  de  Wilris  universa  bona  quecumque  erant 
in  madido  et  in  sicco  jacentia,  sive  que  perlinebant  ad  allodium 
vel  ad  hereditatem  aut  ad  feodum  sive  edificata  sive  non  edifi- 
cata,  sicut  a  nobis  illa  tenuit,  ad  opus  domus  de  Herckenrode 
libère  et  in  manus  nostras  reportavit  et  sicut  jus  dictabat  effes- 
tucando  renuntiavit  ;  nos  vero  ob  remedium  animarum  nostra- 


-  91  - 

rum  et  antecessorum  uostrorum  dicta  bona  dicti  Gerardi,  sicut 
ea  nobis  obtulerat,  dicte  domui  de  Herckenrode  et  conventui 
libère  et  integraliter  in  eleemosynam  coiUulimus  perpétue 
possidendam  ;  et  quum  eadem  bona  a  predicto  domo  et  conventu 
jure  tenueramus  feodali  et  homagio  nostro  nullatenus  carere 
voluerunt  allodium  nostrum  quod  Uenricus  de  Grasen  a  nobis 
tenet  in  feodum,  ipsis  similiterobtulimus  et  iterum  ab  ipsis  jure 
feodali  recepimus.  In  cujus  rei  testimonium  bas  litteras  sigillo 
domini  Arnoldi  comitis  de  Los  et  de  Cfiiny  et  sigilli  nostri  appen- 
dione  roboravimus.  Testes  autem  qui  liuic  facto  et  abrenuntia- 
tioni  predictorum  bonorum  interfuerunt,  sunt  :  Uenricus  de 
VeldeJie  dapifer  comitis  de  Los,  Philippus  de  Eercke,  Robertus 
miles  de  lïeres,  WaUerus  frater  ejus,  Libbertus  de  Gyppelgey 
milites,  scabini  de  Montenacken,  scabini  de  WUris  et  scabini  de 
Bilrevelt,  domina  abbatissa  domus  predicte,  frater  Hubertus 
cellerarius,  frater  Baldidnus  de  Leiuis,  frater  Johaimes  de  Fris- 
dorpt,  frater  IJugo  de  Hères  et  frater  Wilhelmus  magister  de 
Caslar  et  alii  quamplures.  Datum  et  actum  anno  Domini 
M.CC.XLVII  feriaquarta  postdominicam  quacantatur/acfMsesf.» 
—  Tome  I,  fol.  58. 

29  mai  1292.  —  Dîme  d'une  pièce  de  terre  concédée  pour  une 
rente  annuelle  d'une  mesure  et  demie  de  seigle.  «  Soror  Alytia 
abbatissa,  totusque  conventus  de  Herckenrode,  frater  Reynerus 
dictusde  VUeyr  commendator  domus  templi  in  partibus  Almanie, 
et  Wilhelmus  investitus  ecclesie  de  Wilre  prope  sanctum  Tru- 
donem  salutem  et  cognoscere  veritatem.  Tenore  presentium 
litterarum  protestamur  quod  nos  unanimi  consensu  Egidio  dicto 
Dorpe  de  Score  ad  annuum  trecensum  bereditarie  decimam 
annuatim  provenientem  de  octo  virgatis  terre  arabilis  sitis  apud 
Score  prope  curiam  dicti  Egidii  tradidimus  seu  contulimus,  que 
qûidem  décima  ad  nos  seu  ad  nostra  monasteria  dignoscitur 
pertinere  pleno  jure,  singulis  annis  pro  uno  vase  cum  dimidio 
siliginis..,.  Datum  et  actum   anno  Domini  M.CC  nonagesimo 


92  

secundo,  feria  quinta  post  festum  Pentecosles.  »  -  Tome  I, 
fol.  58  v°. 

!«■■  février  1426.  —  Bauwen  van  Halmale  mayeur  de  la  cour 
de  Wilre,  Guillaume  Goddius  et  Herman  Gontram  échevins  de 
cette  cour,  déclarent  qu'une  rente  d'un  muid  de  seigle  grève  une 
pièce  de  deux  bonniers  située  à  Wilre.  —  Tome  I,  fol.  58. 

I^interslioven. 

Mai  1232.  —  Guillaume  de  Wintershoveti  donne  à  l'abbaye  les 
dîmes  de  Wintershoven  ;  Thierry  iVAltena  de  qui  il  les  tenait 
en  tief,  approuve  la  donation.  «  Ego  Tlieodoricus  dominus  de 
Aliéna  notum  facio  omnibus  hoc  scriptum  inspicientibus  quod 
Wilhelmus  de  Wintershoven  decimam  quam  ibidem  a  me  in  feodo 
tenebat  in  manus  meas  ad  opus  conventus  de  Herckenrode 
resignavit;  ego  vero  pietatis  intuitu  eamdem  decimam  sub  tes- 
timonio  Jacobi  plebani  de  Cortersem,  Godefridi  castellani  de 
Colmont,  Lennalli  fratris  sui,  Roberti  advocati  de  Opheer,  Bal- 
duini  militis  de  Cortersem  et  aliorum  predicto  conventui  contuli 
allodialiter  jure  perpetuo  libère  possidendam,  quod  ut  ratum 
sit  et  certum....  Actum  anno  incarn.  Dom.  M. CC. XXXII,  mense 
maio.  »—  Tome  I,  fol.  53. 

1232.  —Jean,  évêque  de  Liège,  confirme  la  donation  qui  pré- 
cède. —  Ibidem. 

25  avril  1264.  —  Guillaume,  seigneur  dH Aliéna,  et  son  épouse 
Helewidis  ont  donné  à  l'abbaye  'le  Herckenrode  trente  bonniers 
situés  sous  Cortessem,  une  rente  de  cinq  muids  (moitié  de  seigle, 
moitié  d'orge)  et  une  ferme  (curtis)  située  à  Schoenwinkel,  dont 
les  revenus  seront  distribués  aux  pauvres  à  la  porte  de  l'abbaye. 
Ces  biens  qui  étaient  des  fiefs,  sont  convertis  par  Arnold,  comte 
de  Looz  et  de  Chiny,  en  alleux.  Témoins  :  Guillaume  abbé  de 
S.  Trond,  Jean  fils  aiiié  du  comte,  chevalier,  Henri  seigneur  de 
Veldeke ,  iMmbert  ciianoine  de  Looz.  —  Tome  I ,  fol.  51  ; 
tome  II,  fol.  170.  Wolters,  p.  81. 


—  93  — 

28  février  1264  (1265),  —  Baso  de  Scoenwinckel  donne  à 
l'abbaye  de  Herckenrode  treize  bonniers  situés  à  Wintershoven. 
Guillaume  chevalier  dit  de  Dessener,  de  qui  il  les  tenait  en  fief, 
les  change  en  alleux  en  faveur  de  l'abbaye.  ^rnoM,  comte  de 
Los  et  de  Chiny,  l'atteste  et  le  confirme...  «  Datum  anno  Domini 
M.  ce.  LXIV  sabbato  post  festum  beati  Mathie  apostoli.  »  — 
Tome  I,  fol.  53. 

15  mai  1278.  —  Le  frère  Nicolas,  commandeur  de  la  maison 
teutonique  dans  la  basse  Allemagne,  autorise  Raso  de  Scoen- 
winkel  chevalier,  son  familiaris,  h  donner  à  l'abbaye  de  Her- 
ckenrode quinze  bonniers  et  un  demi  de  terre  allodiale  appar- 
tenant à  lui,  Raso ,  dont  neuf  situés  à  Herten,  quatre  à  Wid- 
dingen,  deux  et  un  demi  à  Hendriken  et  quatre  à  Wintershoven  ; 
il  l'autorise  en  outre  à  s'en  dessaisir  (exheredare)  devant  les 
cours  et  les  hommes  dont  ils  sont  mouvants.  Renier,  frère 
convers  et  procureur  de  l'abbaye,  et  Raso  de  Scoenwinkel  se 
rendent  à  Liège  devant  la  cour  allodiale,  le  4  août  1278;  Raso 
se  dessaisit  des  biens  devant  la  cour  entre  les  mains  de  Jean  de 
Afiegh,  échevin  de  Liège,  en  faveur  de  Reinier  qui  en  reçoit  la 
possession  et  l'investiture.  Les  hommes  allodiaux  sont  Jean  de 
A7iegh,  Pierre  dit  Boveas,  Gilles  de  Neuvice  (novo  vico),  Jean 
Godons,  Gilles  Cramadars,  Henri  Pollarde,  Louis  Surelet,  Gode- 
froid  dit  Del  Faukon,  échevins  de  Liège,  Louis  de  PiUechuelle, 
Lambert  de  Fassa,  Gérard  Pipeles,  citoyens  de  Liège.  — 
Tome  I,  fol.  51  v". 

1284.  —  L'abbesse  Alitia  déclare  que  le  frère  convers  Rutger 
a  acheté  pour  la  pitance  six  bonniers  de  terre  situés  à  Winters- 
hoven, «descendentia  adominodeHorne,  ))à  Henri  dit  de  Lude. 
—  Tome  II,  fol.  121. 

4  sept.  1298.  —  Sybilia  et  Helwidis  sœurs,  filles  de  Robin  de 
Scoenwinkel,  déclarent  n'avoir  aucun  droit  sur  les  trois  bonniers 
de  terre  situés  à  Comune  qui  appartenaient  autrefois  à  Raso  de 
Scoenwinkel,  et  qui  sont  devenus  la  légitime  propriété  de 
l'abbaye  de  Herckenrode.  Elles  font  cette  déclaration  devant 


-  94  — 

Guillaume, chiino'ine  de  Tongres,  «  provisor  et  judex  curie  begghi- 
narum  S.  Catharine  in  Tiingris,  »  Guillaume,  recteur  du  bégui- 
nage, et  ^«f/mmus,  chapelain...  «  Datum  anno  Domini  M.CC 
nonagesimo  octavoferia  quinta  postEgidii.» — Tome  I,fol.  52  v". 
10  nov.  1368.  —  [lenri  de  Giiygoven,  seigneur  de  Winters- 
Iwven,  prétendait  avoir  droit  à  des  corvées  et  à  des  subsides  de 
la  part  des  habitants  de  la  ferme  de  Scoenwinckel,  à  savoir, 
((quod,''um  etquoties  idem  Henricus  et  sui successores  domini 
dicte  ville  de  Wintershoven  ad  exercitum  seu  expeditionem  ar- 
morumaliquamproticiscerenlur  aut  proficisci  deberent,  quod  ex 
tune  ipsa  curia  seu  in  ea  degentes  cum  curru  et  equis  ac  fami- 
liaribus  ad  ipsum  currum  sufficientibus  ipsum  Henricum  ad 
hujusmodi  exercitum  sequi  tenerentur  suaque  necessaria  et 
ustensilia  pro  hujusmodi  expeditione  vehere,  necnon  eidem 
boves,  vaccas,  mutones  et  alia  animalia  comestibilia,  hujusmodi 
exercitu  durante,  sibi  sufficienter  administrare,  quodque  posset 
in  eventu  predicto  currum  hujusmodi  cum  equis  et  animalibus 
supradictis  autoritate  propria  capere  in  curte  antedicta  ;  item 
quod  in  aliis  quibuscumque  negociis  suis  privatis,  etiam  ces- 
santibus  exercitu  et  expeditione  prediclis,  eadem  curtis  seu 
degentes  in  ea  tenerentur  sibi  unum  equum  aptum  accomodare 
ac  ministrare  ad  destinnndum  pro  ipso  et  per  ipsum  unum  de 
familia  sua  hue  et  illuc  in  negociis  suis  privatis  quibuscumque 
toties  quoties  sibi  visum  fuerit  expedire,  quodque  Imjusmodi 
equum  posset  capere  propria  sua  auctoritate,  ut  premittilur,  in 
curia  seu  curte  antedicta  ;  item  quod  quando  et  quotiescumque 
novus  hères  in  dicto  dominio  de  Wintershoven  succedet  aut 
ipsum  dominium  translerri  vel  mutari  in  aliam  personam  con- 
tingeret,  ipsumve  dominum  de  Wintershoven  ad  militiam  seu 
nuplias  convolare,  posset  ipse  dominus  subsidium  pecuniarium 
seu  colectam  ipsi  curie  seu  degentibus  in  eadem  indicere  ac  ab 
eisdem  percipere  et  levare,  teneanturque  ipsi  degentes  dicto 
domino  de  Wintershoven  pro  hujusmodi  novitate  t'esti  boves  et 
oves    aliaque    animalia    comestibilia   sufficienter    ministrare, 


—  9b  — 

quodque  eadem  capere  posset  et  accipere  autoritate  propria  ; 
item  quod  ipse  Henricus  et  domini  pro  tempore  predicte  ville 
de  Wintershoven  possent  cedere  et  secari  facere  de  ne  more  ad 
dictam  curtem  pertinente  tantum  de  lignis  et  arboribus  quan- 
tum usui  suo  quotidiano  ad  comburendum  necnon  ad  fabrican- 
dum,  dum  opus  sibi  foret,  satis  sufficeret,  necnon  alla  et  diversa 
servitutum  et  subjectionum  gênera.  »  Les  parties  conviennent 
de  se  soumettre  h  l'arbitrage  de  Gérard  de  Heers  chevalier, 
Gérard  dit  Coie  écuyer,  Arnold  seigneur  de  Mumalia  et  de  Cors- 
waremme  chevalier,  Hugues  dit  Huiveneal  bourgeois  de  Liège. 
Les  arbitres  prononcent  que  Henri  de  Guygoven  n'a  point  les 
droits  précités,  mais  que  l'abbaye  lui  payera  pour  une  fois  quatre 
cents  florins  d'or.  Fait  à  Liège  devant  la  cour  de  l'official,  en 
présence  de  Guillaume  de  Ora,  doyen  de  S. -Martin,  Adam  de 
Kerckem  chevalier,  Alexaudre  de  Jardina  alias  de  Seranio,  Arnold 
de  Guygoven  écuyer  et  iean  fils  de  Hugues  prédit.  —  Tome  I, 
fol.  54. 

4  janv.  1369.  —  Jean,  évêque  de  Liège,  approuve  la  sentence 
arbitrale  dans  son  palais  à  Liège  ;  étaient  présents  :  Thierry 
seigneur  de  Seraing,  Gérard  seigneur  de  Heers,  Jean  de  Guchin- 
court,  Tliierri  de  Sprolant,  Jean  de  Jonchoult,  chevaliers,  Fas- 
trade  de  Romershoven,  Gérard  (ÏEdelbampt,  Henri  de  Vien- 
kelheym,  Gislebert  de  Gutzenhoven,  «  homines  nostri  comitatus 
Lossensis,  »  Guillaume  Bullauwe,  abbé  séculier  de  Ciney,  Guil- 
laume d'Eure,  doyen  de  S. -Martin,  Jean  de  Fa//e  chevalier, 
Alexandre  de  Jardiiio  «  homines  féodales  nostri  episcopatus 
Leodiensis.  »  —  Tome  I,  fol.  S6.   Wolters  p.  89. 

6  oct.  1487.  —  Jean  van  Betsingen,  époux  d'Elisabeth  van 
Spro/a)tf, demeurant  à  Cleyneïiscoenwinkel,  cite  l'abbessedeHerc- 
kenrode  devant  la  cour  de  justice  de  Wintershoven,  au  sujet 
d'un  cours  d'eau  de  Lindendriess  à  Cleynenscoemvinkel.  La  cour 
trace  la  direction  du  cours  d'eau  le  6  octobre  1487,  et  donne 
des  lettres  de  son  jugement  le  25  septembre  1490.  Elle  est 
composée  de  ;  Mathys  van  Ans  schoutet  en  schepen,  Gonraert 


—  96  — 

Ouwerxs,  Lambert  Ouwerxs,  Gheret  Oeben,  Herman  MemrenSy 
Jacob  van  Oeverboeckel  en  Willem  Montfels  als  schepenen.  •» — 
Tomel,  fol.  06  v°. 

7  mai  loOO.  —  Des  contestations  s'étant  élevées  entre 
l'abbesse  et  la  communauté  de  Wintershoven  toucliant  la  répa- 
ration de  l'église,  les  deux  parties  choisissent  pour  arbitres  Gé- 
rard Coepmans,  curé  de  Wintershoven,  «joncker  Henrich  Zurlet, 
meester  Herman  Tybouts,  drosset  Slans  van  Grevetibroeck  scou- 
tet  der  vryheit  van  Curingen  en  momboer  's  gotdshuys  van 
Herckenrode,  broeder  Hubrecht  Vandersmissen  in  der  tyt  groot- 
mester's  godshuys  voerscreven.  «  Ces  arbitres  décident  «  als  dat 
die  eerwerdige  vrouwe  abdisse  van  gracie  wegen  endeom  Gods 
wille  ende  nyet  van  reeht  tôt  behulp  ende  onderhauwinge  van 
de  kercke  van  Wintershoven  gonnen  en  geven  sal  eenen  jaer- 
pacbt  vallende  sint  Andriesmisse  neestcomende  van  de  thiende 
clcyn  ende  groot  tôt  Wintershoven  gelegen. — Tome  I. 

Wimmertingen. 

20  août  1250.  —  L'abbesse  cite  devant  l'offîcial  de  Liège,  le 
prieur  et  le  couvent  de  Wimmertingen  pour  refus  de  lui  payer 
la  petite  dîme  de  leur  ferme  de  Henegouwe,  à  savoir,  neuf 
agneaux  :  udicuntabbalissaetconventusde  Herckenrode  contra 
priorem  et  conventum  de  Wibertingen  quod  cum  ipse  abbatissa 
et  conventus  minutam  decimam  de  curte  predictorum  prioris  et 
coiivenlus  que  Henego  appellatur,  ratione  decimationis  sue  de 
Hasselt  perceperunt  et  in  possessione  perceptionis  ejusdem 
décime  exsliterint  ac  in  contradictorio  judicio  coram  nobis 
domino  ofTiciali  perceptionem  eandem  obtinuerint,  ipsi  tamen 
eamdem  decimam  de  hoc  auno  presenli  contra  voluntaiem 
earumdem  retinucriul  ac  eis  eam  reddere  conlradicunt  eas  a 
possessione  sua  ejicienles...))  L'official  condamne  le  prieur  et  le 
couvent  de  Wimmertingen  à  payer  neuf  agneaux  à  l'abbaye  pour 


97 


la  petite  dîrne  de  l'année  courante.  «  Daliun  anno  Doniini  M. 
ce.  L,  sabbato  post  assumplionem  béate  Virginis.  » —  Tome  1, 
fol.  17. 

18  déc.  4252.  —  Le  prieur  et  le  couvent  de  Webertingen 
renoncent  à  la  partie  de  la  dîme  de  Hasselt  qu'ils  croyaient  leur 
appartenir  et  reconnaissent  qu'elle  appartient  à  l'abbaye  de 
Herckenrode.  «  Datum  feria  quarta  ante  nativitatem  Domini 
M.  ce.  LU.  ))  — Tome  1,  fol.  17  v". 

IVusttierck. 

23  juin  1307.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  S.  Amour  de 
Munsterbilsen,  h  Wustlierck  :  «  Villicus  et  scabini  sancti  Amoris 
de  Blisia.  »  La  pitance  achète  une  rente  de  deux  muids  de 
seigle,  hypothéquée  sur  des  biens  ressortissant  à  cette  cour. 
Celle-ci  n'ayant  pas  de  sceau,  prie  l'écoutète  et  les  échevins 
ville  de  Wustherck  d'y  apposer  le  leur.  —  Tome  II,  fol.  82. 

Janv.  1317(1318).— «Johannes  de/7oo»t'«,  Lambertus  de  liai- 
beke,  Everardus  de  Straten,  Johannes  dictus  der  Kale  ,  Wilhel- 
mus  de  Aelst,  Johannes  dictus  Croen,  et  Walterus  fdius  Eve- 
rardi,  scabini  exteriores  de  Wustkercke.  »  Constitution  d'une 
rente  au  profit  de  la  pitance.  N'ayant  pas  de  sceau,  la  cour  prie 
la  cour  intérieure  ô."}'  appendre  lésion.  —Tome  II,  fol.  92. 

Avril  1319.— ce  Walterus  Scope  armiger  dominus  fundi,  Johan- 
nes Robini ,  Henricus  Perman,  Johannes  de  Hoven,  Johannes 
Brusche  et  Godefridus  de  Straten  scabini  curie  sue  apud  Wust- 
kerck.  »  Achat  d'une  rente  de  vingt  solidi  pour  l'entretien  de 
la  lafupe  qui  pend  en  l'honneur  de  S.-Agnès  dans  l'église  de 
Herckenrode.  —  Tome  II,  fol.  87. 

6  janv.  132o  (13^26).  —  Acte  de  deux  cours  :  de  la  cour  cen- 
sale du  curé  de  Wustherck  et  de  la  cour  censale  de  Walteri 
Scoepen  :  «  Henricus  investitus  seu  rector  ecclesie  de  Wustherck 
tamquam  dominus  fundi,  Marcelius  Vinitor,  Wilhelmus  dictus 
Zens,  Theodoricus  dictus  Mersnian  et  Henricus  Garselii  man- 

7 


—  98  — 

sionarii  jam  dicti  domini  investiti.  Mattheus  rfer  Wetuie  judex 

curie  Walieri  dicti  Scoepen  de  Widdinghen  in  villa  predicta 

scabini  dicti  Walteri  in  curia  ipsius.  »  Réalisation  d'une  con- 
stitution de  rente.  —  Tome  II,  fol.  101. 

9  sept.  1330.  —  Charte  à'Abraham  de  Houpertingen ,  curé  de 
Wustherck.  —  Tome  II,  fol.  102. 

:;  juin  1334.—  Acte  de  la  cour  censale  du  seigneur  de  Halbe]^e. 
Une  religieuse  achète  une  renie  hypothéquée  sur  une  terre  de 
deux  bonniers  ressortissant  à  cette  cour  et  payant  à  celle-ci 
quatre  deniers  par  bonnier  «  pro  censu  hereditario.  »  Si  le  dé- 
biteur de  la  rente  ne  la  paye  pas,  le  mambour  de  l'abbaye 
pourra  saisir  l'hypothèque,  mais  «  salvis  omnibus  de  dicta  terra 
de  jure  vel  consuetudine  tam  domino  terre  qunm  domino  fundi 
solvendis.  »  — Tome  II,  fol.  111. 

23  juil.  1334.— «  Scultetus  et  scabini  Hbertatis  ville  de  Wust- 
hercke.  »  La  sœur  converse  de  Herekenrodo,  Elisabeth  de 
S.-Trond,  et  la  religieuse  de  Beke  Catherine,  fille  de  Walter 
Gernout  de  S.-Trond,  sœurs,  achètent  une  rente  de  douze 
mesures  de  seigle,  hypothéquée  sur  quatre  et  demi  «zillas  terre 
arabilis  jacentis  in  territorio  qui  vulgariter  dicitur  Ghilisbergh 
descendentes  a  curia  comitis  supradicta  et  solventes  in  eadem 
curia  quinque  denarios  Leodienses  singulis  annis  pro  censu 
domini.  »  — Tome  II,  fol.  86. 

11  août  1334.  —  Acte  de  la  cour  extérieure  de  justice  de 
Wustherck  :  «Henricus  de  Ev/i^n  scultetus,  Johannes  de  Hoven, 
Hermanus  de  Beermeren,  Arnoldus  Kypart  et  Arnoldus  de  EIs- 
bruch  scabini  exteriores  ville  de  Wuslhercke.  »  Un  legs  de 
douze  soiidi  ayant  été  fait  au  réfectoire  «  pro  synapio  perpétue 
singulis  annis  procurando,»  la  religieuse  Berthe  achète  avec  ce 
capital  une  rente  de  douze  deniers,  hypothéquée  sur  une  terre 
ressortissant  à  la  cour  du  comte  de  Looz.  —  Tome  II,  fol.  80. 

déc.  1334.  —  Acte  de  trois  cours  censales  :  de  celle  du  sei- 
gneur de  llalbeke,  de  celle  de  Jean  de  Julinco  et  de  celle  de 
Walter  Scupen.  —  Tome  II,  fol.  114. 


—  99  — 

27  mars  133o.  —  Acte  de  la  cour  ceiisale  du  curé  de  Wust- 
/î^rcÂ;  :  «Williemus  dictus  Ze)is'i\i(Jle's.,Marselhis  vinitor,  Johaiiiies 
dictus  Artson,  Coney  barbitonsor,  Walterusde  Bysen,  Theodori- 
cus  dictus  3/ersma?i,  mansionarii  in  lîuria  iiivestiti  ecclesie  de 
Wusthercke.  »  -  Tome  II,  fol.  106. 

22  mai  1335.  —  Acte  de  Ja  cour  censale  du  seigneur  Halbeke 
située  à  Herck-la-Ville;  «  Johauiies  de  Hoven  judex,  Hermaniius 
de  Bermen,  Johanues  de  Eycken,  Egidius  deMonte,  Johaïuies  de 
Dipenpule,  kvno\ôus  Kypart,  Arnoldus  de  Elsbruck  sc^hïnï  curie 
domini  de  Halbeke  oppidi  de  '\\'usthercke.  »  La  religieuse  Eli- 
sabeth de  Nunis  achète  une  rente  dont  le  débiteur  assigne 
comme  hypothèque  une  terre  censale  ressortissant  à  cette  cour. 
L'abbaye  constituera  un  mambour  laïque  pour  faire  en  son 
temps  le  relief.  Est  cité  Arnold  de  Ardinghen  chevalier.  La  cour 
n'ayant  pas  de  sceau  fait  sceller  l'acte  par  le  sceau  des  «  sculteti 
et  scabinorum  libertatis  oppidi  de  Wustherke.  »  —  Tome  II, 
fol.  75. 

6  nov.  1336.  —  Acte  notarié  dressé  à  l'abbaye.  Catherine, 
tille  de  Daniel  de  Castro  de  Brustem,  novice  à  l'abbaye,  donne 
et  lègue  à  l'abbaye  une  rente  de  quatre  solidi  hypothéquée  sur 
des  biens  situés  à  Wustherck.  L'usufruit  de  cette  rente  appar- 
tiendra successivement  à  sa  sœur  Aleyde  de  Castro,  religieuse  à 
Beke,k Catherine pv'ieure  de  Herckenrode,  et  à  Marthe  deCastro 
servante  de  la  prieure.  —  Tome  II,  fol.  221. 

14janv.  1341.  —  Acte  de  deux  cours  :  de  la  cour  extérieure 
de  justice  de  Wustherck  et  de  la  cour  censale  de  Henri  de 
Scoenlo:  «Henricusde56'Od«/o  tilius  Philippi  qunuôam de Scoenio 
dominus  fundi,  Petrus  Perman,  Renerus  Elpout,  Wilhelmus  de 
][Iere  et  Johannes  Nysman,  mansionarii  curie  predicli  Henrici.  » 
Elisabeth  de  S.  Trond,  religieuse,  achète  une  rente  hypothéquée 
sur  des  terres  ressortissant  à  ces  cours.  Est  cité  Arnold  de 
Vivariis  (Wyer)  chevalier.  —  Tome  II,  fol.  95. 

7  nov.  1341.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Jean  de  Halbeke, 
à  Wustherck.   Rente  hypothéquée  sur   une  maison  avec  son 


—  100  — 

enclos  qui  doit  à  cette  courcensale  «unam  cormedam  postobi- 
tum  personaj  mansionis.  »  — Tome  II,  fol.  220. 

14  mai  1342.  —  «  Nos  scultetus  et  scabini  exteriores  curie 
dominl  nostri  comitis  Lossensis  in  oppido  de  Wustberck.  » 
Les  rebgieuses  Marie  de  S.  Trond  et  Bertlie  de  Loveric  achètent 
une  rente  de  dix  solidi,  hypothéquée  sur  cinq  bonniers  de  terre 
qui  ressortissent  à  cette  cour  et  y  paient  annuellement  cinq 
deniers  par  bonnier.  Le  débiteur  de  la  rente  ne  la  paye-t-il  pas, 
l'abbaye  fera  s.iisir  les  cinq  bonniers  par  son  mambour  ;  en 
cas  de  saisie,  l'abbaye  payera  les  «  exactiones,  precarias  etalia 
jura  curie  prenominate  »  qui  pèsent  sur  les  terres  voisines,  et 
dans  cette  éventualité  l'abbaye  constituera  toujours  un  mam- 
bourg.  —Tome  II,  fol.  83. 

27  avril  1343.  —  Acte  notarié.  Arnold  Prisier  de  Herck 
donne  à  la  religieuse  EWs-dheth  Stuenyr  de  Liège  et,  après  elle, 
à  l'abbaye,  une  rente  de  tvo'is  solidi  pour  l'entretien  de  la  lampe 
devant  l'autel  de  S.  Bernard.  Fait  à  Diesl  dans  la  maison  où 
habitent  Jean  de  Yska  et  Balduin  de  Lira  «  rectores  scholarum 
in  Diest.  »  —Tome  II,  fol.  112. 

22  mars  1347.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Jean  de  Halbeke, 
chevalier.  La  religieuse  Marguerite  achète  une  rente  de  douze 
gros  pour  l'entretien  d'une  latnpe  qui  pend  dans  l'église  en 
l'honneur  de  Ste-Marie-Maydeleiiie.  —Tome  II,  fol.  82. 

12  fév.  1354.  —  Charte  de  l'abbesse  Beatrix.  Elle  achète  une 
rente  de  quatre  solidi  dont  trois  serviront  à  l'anniversaire  de 
son  \^hYe  Arnold,  seigneur  de  Lobosch,ei  le  quatrième  à  la  lampe 
ou  luminaire  de  S.  Jean  l'évangéliste  dans  l'église  de  Hercken- 
rode.  —  Tome  II,  fol.  79. 

10  déc.  1361. —Acte  notarié  passé  à  Wustherck.  La  religieuse 
Bertade  Loveric  achète  pour  la  pitance  une  rente  de  cinq  flo- 
rins, hypothéquée  sur  deux  et  demi  zMlas  de  pré  situés  près 
des  prés  de  dame  Marie  dame  de  Vivnrio  (Wyor),  et  des  prés 
d'Arnold  dit  Van  den  Dieke  chevalier;  lesquels  prés  ressorlent 
à  la  cour  de  Juliers.  La  cour  de  Juliers  (judex  et  mansio- 


—  101  — 

iiarii)  ont  réalisé  la  coiistilution  delà  rente.  Les  membres  de 
la  courde  Juliers  étaient  :  «  Arnoldusde  Schoenloe index,  Ghisel- 
bertus  dictus  Schoepen,  Lambertus  de  Halbeke,  Daniel  de 
Schoenloe,  Henricus  Brunnich,  mansionarii  predicte  curie  de 
Juliaco.  »  —  8  nov.  1417.  Acte  de  deux  cours  :  de  celle  de 
Julier  (Gulic)  et  de  celle  de  Jans  Van  Voerendaele,  chevalier, 
autrefois  cour  Scoepen.  —  11  déc.  1424.  Acte  de  trois  cours  : 
de  celle  de  Juliers  (Gulic),  de  celle  de  Waenrode  et  de  celle 
de  Scoepen,  situées  à  Wustherck,  touchant  la  même  rente.  — 
Tome  II,  fol.  91,  etc. 

3  mai  1363.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  S.-Amour  :  «  Ar- 
noldus  dictus  Brisier  scultetus,  Lambertus  de  Halbelie,  Ghisel- 
bertus  dictus  Scoepe,  Wilhelmus  de  Fabrica  et  Nicolaus  Coni 
scabini  in  curia  S.-Amoris.  «  La  religieuse  Christine  'sKins  de 
Diest  achète  pour  les  fourrures  (ad  opus  pelliciarum)  une  rente 
de  trois  écus  d'or  hypothéquée  sur  des  biens  ressortissants  à 
cette  cour.  —  Tome  II,  fol.  81. 

18  mai  1366.  —  Acte  émané  de  trois  cours.  «  Scultetus  et 
scabini  interiores  liheri'diis  oppidi  de  Wusthercke  curie  domini 
comitis  Lossensis  ;  judex  et  scabini  curie  S.  Amoris  ;  judex 
et  mansionarii  curie  domini  investiti  ecclesie  de  Wustherck.  » 
Achat  d'une  rente  de  quatre  florins  par  la  religieuse  Ermen- 
garde  de  Severen,  pour  l'anniversaire  de  Guillaume  de  Severen, 
chevalier.  Cette  rente  est  hypothéquée,  entre  autres,  sur  une 
pièce  de  terre  située  au  Caelmervelt  ressortissant  à  la  cour  du 
comte  de  Looz.  —  Tome  II,  fol.  89. 

11  mai  1383.  —  Acte  notarié.  Jugement  des  arbitres  tou- 
chant une  rente  de  quatre  florins.  Présents  :  «  Catharina  de 
Kerckern  abbatissa,  Elisabeth  de  Pipenbruc  bursaria,  Odilia  de 
Loveric  celleraria.  »  Guillaume  de  Diepenpoel  et  Servais  Menten, 
étaient  maîtres  à  temps  de  Wustherck  (bourgmestres).  Fait  à 
Herckenrodewinter  ecclesiamet  infirmariaminambitu,  présente 
turba  copiosa  monialium  et  conversorum.  »— Tome  II,  fol.  115. 

19  mai  1404.  —  Acte  de  la  conv  extérieure  de  justice  de  Wusl- 


—  402  — 

herck.  Elle  n'avait  pas  encore  de  sceau  propre,  et  fait  apposer 
à  l'acte  celui  de  la  cour  intérieure.  — Tome  II,  fol.  79. 

12  sporkelle  1423.  —  Acte  de  la  cour  censale  de  Waenrode  à 
Wustherck.  Constitution  d'une  rente  réalisée.  Est  cité  Arts 
van Ardingen,  chevalier.  —Tome  II,  fol.  73. 

9  avril  i4i2.  Acte  de  la  cour  censale  appelée  de  Waenrode 
située  ci  Wuslherk  et  appartenant  à  jonker  Carie  van  Lyntere. — 
Tome  II,  fol.  78. 

1  sporkille  1473.  —  «  Wy ricbter  enscepenen  in  's  greven 

hoft  te  Wustherck  gelegen.  »  Un  hahitant  prend  en  emphy- 
téose  perpétuelle  une  terre  de  Herckenrode  contre  une  rente 
annuelle  de  deux  florins  du  Rhin.  La  cour  y  append  son  sceau 
(onsengemeeneziegel  ons  scepenstoels). — Tome  II,  fol.  113. 

9  sept.  1547.  —  Acte  de  la  cour  extérieure  de  justice  de 
Herck-la-Ville  «ten  loenschen  recht.  «Constitution  d'une  rente. 
La  cour  append  son  propre  sceau  à  l'acte.  —  Tome  II,  fol.  107, 
{Elle  n'en  avait  pas  encore  en  1519.  Tome  II,  fol.  111.) 

Les  cours  intérieure  et  extérieure  de  justice  de  Wustherck 
étaient  aussi,  nous  paraît-il,  des  cours  censales  du  comte  de 
Looz  et  faisaient  la  recette  de  ses  rentes. 

"liVeyer. 

Août  1308.  —  Charte  de  l'abbesse  Marguerite  de  Steyne. 
Herman  dit  de  Leivis  et  Jean  son  fils,  demeurant  ii  Wyer,  ser- 
viront une  rente  de  deux  muids  de  seigle  pour  un  capital  de 
cinquante  livres  qu'ils  ont  reçu  de  l'abbaye,  et  assignent  comme 
hypothèque  deux  bonniers  de  terre  situés  h  Weyer  et  ressortis- 
sant à  la  cour  censale  de  S. -Amour  que  l'abbesse  de  Munster- 
bilsen  possède  à  Herck-la-Ville.  —  Tome  II,  fol.  67. 

9  juillet  1449.— «Wy  richter  en  laete  des  ccynshoefPs  gemeyn- 
lick  gheheiten  van  Repe  liggende  Sint-Trugden  ende  aldaer 
omtrent.  »  Échange  d'un  bien  situé  à  Weyer  avec  la  maîtresse 
de  l'ouvroir  (werckmeestersse).  —  Tome  II,  fol.  67. 


—  103  — 

26  avril  1473.  —  «  Wy  richter  en  laete  in  S.-Amoershoff  te 
Wuesthercke  gelegen.  «  Mathys  Prys  prend  en  bail  emphy- 
téotique un  bien  de  l'abbaye  situé  à  Weyer.  La  cour  inté- 
rieure des  échevins  de  Herck-la-ville  scelle  l'acte.  —  Tome  II, 
fol.  66. 

VkTysliageii. 

Juin  1230.  —  Gisîebert,  homme  noble,  seigneur  de  Reckheim, 
vend  son  moulin  de  Winesete  aux  abbayes  de  Eerckenrode  et  de 
Reckheim.  —  Tome  I,  fol.  80. 

17  mars  1305  (1306).  —  Après  la  mort  de  Rason,  recteur  de 
la  chapelle  de  Wyshagen,  l'abbesse  de  Herckenrode  la  conféra 
à  Nicolas  de  Steyvorde;  le  chapitre  de  Notre-Dame  à  Maestricht 
la  conféra  à  Jean  Ulpen  de  Rothem,  chanoine  de  Susteren. 
Arnold  d'Awans,  chanoine  de  la  cathédrale,  juge  sous-délégué 
par  Jean ,  curé  de  Rothem  et  doyen  du  concile  d'Eycke , 
adjuge  la  chapelle  à  Nicolas  de  Steyvorde.  —  Tome  I. 

19  mai  1363.  —  Jean,  fils  de  Henri  Raert,  de  Hasselt,  obtient 
du  Pape  la  chapelle  de  Wyshagen  ;  l'official  de  Liège  le  met 
en  possession.  —  Tome  I. 

Xtaendremael. 

16  mars  1428.  —  Acte  de  la  cour  allodiale  de  Liège.  «  Wal- 
ran  de  Ricke,  chanoine  de  Liège,  à  la  demande  de  l'abbaye, 
requit  à  relever  et  releva  à  tenir  de  la  dite  cour  en  alleux 
les  pièces  de  terre...  gisante  en  tieur  et  hauteur  de  Skendre- 
malle.  »  —  Tome  II,  fol.  171. 

20  déc.  1428.  —  La  cour  des  échevins  de  Xhendremael  en- 
registre l'acte  précédent.  —  Ibidem. 

Ziiylre    (Zolder). 

1218. —Arno/d  de  Veldeke  donneA-à  ôime  de  Zolder  à  l'ab- 
baye. «   Arnoldus   cornes   de   Los  omnibus  in    perpetuum... 


—  104  — 

notum  esse  volumus  Lam  futuris  quaai  presenlibus  quod  Ar- 
noldus  de  Veldeke  decimam  de  Suire  quam  a  nobis  in  feodo 
tenebat  in  niaiius  nostras  resigtiavit  et  nos  ipsam  resignatam  de 
assensu  uxoiis  ejusdem,  fratris  ejus//mndet  heredum,ecclesie 
de  Herckenrode  contilimus  perpetuo  possidendam  ;  mater  vero 
ejusdem  Floria  coutulit  prenominate  ecclesie  totum  allodium 
suum  et  quidquid  tenebat  apud  Wilre,  de  assensu  filiorum  et 
heredum;  filius  e{\nm  suus  Henricus  allodii  sui  addidit  prefate 
ecclesie  duodecim  capones  et  très  denarios  minus  quam  quin- 
que  solides  Leodienses,  mansionarios  etiam  septem  cum  omni 
jure  attinente.  Sciendum  quoque  quod  prenominati  duodecim 
capones  et  quinque  solidi  Leodienses  très  denarii  minus,  et 
mansionarii  collati  erant  ecclesie  de  Kermte,  sed  pro  aliis  bonis 
sunt  commutati  secundum  quod  eis  placuit,  annuente  Wil- 
ut'lmo  persona  de  Hasselt  lotaque  vicinia  ejusdem  ville.  Ut  hec 
aulem  inconvulsa  et  illesa  permaneant  presentem  pagiuam 
sigilli  nostri  et  uxoris  nostre  Aleydis  impressione  coidirmavi- 
mus.  Hujus  rei  testes  sunt  Wilhehnus  persona  de  Hasselt,  Wil- 
lielmus  de  Pietersliem ,  Hennannus  de  Elslo ,  Balduinus  de 
Wido.  Factum  auno  dominice  Incarnationis  M.  GC.  octave 
decimo.  »  —  Tome  I,  folio  97. 

30  nov.  1241.  -  L'abbesse  et  ïlenri,  curé  ûeZolder,  con- 
viennent que  celui-ci  aura  la  moitié  des  dîmes  pour  sa  compé- 
tence. La  convention  est  approuvée  par  jR.  doyen  de  S. -Pierre, 
vice-gérant  de  IL  de  lUcka,  archidiacre.  —  Tome  I,  fol.  97  v". 

24  déc.  1349.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Zolder.  «  Jo- 
haniies  diclus  Scagkenbiuech,  villicus  ville  de  Zulre,  Martinus 
dictus  de  Baelreberg,  Joliannes  dictus  Rappelart,  Henricus 
dictus  de  Rue  et  Marselius  scabini  ville  de  Zulre.  »  Achat 
d'une  rente  par  la  religieuse  Elisabeth  Cornu  de  Liège.  — 
TomeILrol.210. 

29  nov.  1367.  —  Acte  notarié.  «  Peregrinus  diclus  Pelgrim 
de  Zulre  juilex,  Lambertus  de  lir(uidebonjlt,  Xvwohhis  Giselberti, 
Ludovicus  de  Curia,  Joliannes  dictus  de  liort,  Reinerus  Vander- 


-   105  — 

heyden ,  Johannes  de  Eîsloe  et  Arnoldus  Vermectolen  scabini 
ville  de  Zulre.  »  —  Tome  II,  fol.  130. 

10  avril  1368.  —  Acte  de  deux  cours  :  de  la  cour  de  justice 
de  Zulre....  «  Scultetus  et....  scabini  domini  de  Rummen  curie 
ville  de  Zuelre;  »  de  la  cour  censale  de  Walter  Vandermoeten. 
Rente  hypothéquée  sur  des  biens  ressortissant  à  ces  deux 
cours.  Le  seigneur  de  Rummen  l'était  aussi  de  Zolder.  — 
Tome  II,  fol.  138. 

12  juillet  1440.  —  Saisie-arrêt  mis  par  ordre  de  l'archi- 
diacre sur  les  dîmes  de  Zolder  parce  que  l'abbesse  refusait  de 
contribuer  à  la  réparation  de  l'église.  —  4  janvier  1451.  Con- 
vention entre  l'abbesse,  le  curé  et  les  paroissiens  :  le  curé 
interviendra  pour  la  moitié,  l'abbesse  donnera  trente  muids  de 
seigle  et  cinq  arbres  par  grâce  et  non  par  obligation  ;  les  parois- 
siens fourniront  le  reste.  Fait  dans  la  grande  salle  de  l'abbaye, 
témoins  Catherine  de  Mombeeck  iibbesse,  Jean  ôe  Bouchout  curé  6e 
Zolder  et  doyen  du  concile  de  Beeringen,Malhias  de  Beynsbergh, 
confesseur  de  l'abbaye,  le  chevalier  Guillaume  Cannarts,  mam- 
bour  de  l'abbaye  et  échevin  de  Vliermael.  —  Tome  I,  fol.  98. 

Mars  1490.  —  La  religieuse  Christine  de  llinnisdael  donne  à 
la  communauté  de  Zolder  pour  payer  les  frais  et  charges  de  la 
guerre,  la  somme  de  90  florins  du  Rhin  contre  une  rente. — 
Tome  II,  fol.  143. 

1  déc.  1489.  —  La  religieuse  Gertrude  de  Lexhy  donne, 
contre  une  rente,  à  la  communauté  de  Zolder,  90  florins  du 
Rhin  «om  die  brantscettinge  daer  mede  te  betalen,  rooff  ende 
gevangenesse  aff  te  stellen.  »  — Tome  II,  fol.  144. 

24  juillet  1523.  —  Transaction  touchant  la  dîme  du  chanvre 
de  Zolder.  L'abbesse  Mathilde  de  Lexhy  et  la  communauté 
d'un  côté;  Jean  Van  Elter,  seigneur  d'Elter  et  de  Vogelsanghe, 
le  mayeur  et  les  échevins,  les  mambours  de  l'église,  ceux  des 
pauvres  et  la  généralité  des  habitants,  de  l'autre  côté  :  le  sei- 
gneur de  Vogelsanghe  et  les  paroissiens  de  Zolder  payeront 
à  l'abbaye  pour  chaque  mesure  de  semence  de  chanvre  semée 


—  106  — 

«een  besceiden  dobbelbourgoensvueryser»  doiil  les  douze  font 
un  florin  d'or  de  rélectorat  ;  l'abbesse  fera  annoncer  à  l'église 
de  Zolder  le  jour  du  payement.  —  Tome  II,  fol.  141. 

Zonhoven. 

11  mai  1386.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Zonhoven  : 
«  Art  Mar^ca/richter,  Art  Vos,  Art  Co/e,  Cornelis  Vandenvarden^ 
Johan  Soer,  Henric  Vandervenne  en  Jolian  Belen,  scepenen  te 
Zonuwe.  »  La  religieuse  Aleyde  Vanderdonck ,  sacristine  , 
achète  une  rente.  La  cour  n'a  pas  de  sceau;  Jean  Van  Hamel 
chevalier,  seigneur  de  Zonhoven,  y  append  le  sien.  —  Tome  II, 
vol.  125, 

lo4o.  —  Acte  de  la  cour  de  justice  de  Zonhoven.  Appro- 
bation d'un  legs  d'une  rente  de  trois  florins  de  Brabant.  Cet  acte 
mentionne  le  privilège  du  prince-évêque  Corneille  de  Berghe, 
du  16  décembre  J539,  autoi'isant  l'abbaye  à  acquérir  par  don, 
legs  ou  achats,  toute  espèce  de  biens,  excepté  les  biens  féodaux. 
-  Tome  II,  fol.  123. 


RAFFORT 


sur  les  fouilles  archéologiques  faites  dans  le  canton  de  Landen, 
pendant  les  mois  d'août,  septembre  et  octobre  1871,  par  V Institut 
archéologique  liégeois. 


Le  sol  fertile  de  la  Belgique  a  de  tout  temps  excité  la  convoi- 
tise des  conquérants,  et  notre  patrie,  trop  faible  pour  leur 
résister,  a  dû,  pendant  des  siècles,  subir  la  loi  du  plus  fort  et 
courber  la  tête  sous  la  domination  étrangère.  L'histoire  nous 
dépeint  à  grands  traits  les  luttes  et  les  malheurs  de  nos  ancê- 
tres ;  mais  elle  n'est  pas  seule  à  nous  conserver  ces  souvenirs 
lointains  :  le  vainqueur  a  laissé  parmi  nous  les  traces  de  son 
passage  et  la  terre  a  conservé  ses  vestiges.  Ce  sont  là  des 
témoins  véridiques,  qui  viennent  corroborer  l'histoire  et  la 
compléter,  en  nous  révélant  des  détails  que  l'historien  n'a  pas 
renseignés.  Ils  nous  permettent  de  porter  nos  investigations 
jusque  dans  la  vie  intime  des  générations  qui  nous  ont  pré- 
cédées, et  par  là  même,  ils  nous  présentent  un  tableau  plus  vrai 
et  plus  frappant  des  âges  passés. 

Il  ne  nous  est  pas  permis  de  fouler  avec  indifférence  ces 
vestiges  précieux,  ni  de  méconnaître  leur  importance.  Le  plus 
souvent  nous  ne  connaissons  l'histoire  de  nos  malheurs  que  par 
les  récits  de  nos  ennemis,  et,  quelles  que  soient  l'autorité  et  la 
foi  que  ceux-ci  méritent,  les  ruines  qu'ils  ont  laissées  et  que  la 
terre  récèle  dans  son  sein,  sont  des  témoignages  plus  impar- 
tiaux et  qui  méritent  tout  notre  respect. 


—  108  — 

Recueillir  ces  débris  des  temps  passés,  les  étudier  et,  si  c'est 
possible,  en  tirer  une  conclusion  historique,  voilh  le  rôle  de  la 
science,  le  rôle  de  l'archéologue  :  beau  rôle,  puisque  c'est 
écrire  l'histoire  en  puisant  à  une  source  nouvelle. 

Partout,  en  Belgique,  on  recueille  avec  soin  les  moindres 
souvenirs  des  siècles  passés;  l'Etat,  les  sociétés  savantes, 
rivalisent  de  zèle  dans  cette  étude.  Et  parmi  toutes  les  ruines 
qui  couvrent  le  sol  de  notre  pays,  les  traces  de  la  domination 
romaine  ont  toujours  excité  le  plus  vif  intérêt,  parce  que  cette 
époque  ouvre,  pour  ainsi  dire,  notre  histoire  comme  nation,  et 
que,  précédant  immédiatement  l'invasion  des  peuples  germani- 
ques, elle  nous  montre  le  mélange  de  la  civilisation  ancienne 
avec  les  mœurs  des  peuples  du  nord,  mélange  qui,  après  avoir 
subi  l'action  du  christianisme,  a  produit  la  civilisation  moderne. 

On  rencontre  les  antiquités  romaines  en  plus  grand  nombre 
le  long  des  lignes  de  défense,  telles  que  les  bords  du  Rhin  et 
de  la  Meuse,  le  long  des  anciennes  chaussées  et  dans  les  con- 
trées les  plus  fertiles.  Là,  les  traces  des  camps,  ici,  les  villas  et 
les  tumulus.  Les  Romains  ne  se  contentaient  pas  des  tributs 
qu'ils  imposaient  aux  peuples  vaincus;  ils  s'appropriaient  les 
meilleures  terres  et  les  exploitaient  eux-mêmes. 

Le  sol  fertile  de  la  Hesbaye  a  dû  de  bonne  heure  les  attirer. 
Aussi  n'y  a-t-il  peut-être  pas  une  partie  de  notre  pays  où  les 
vestiges  de  cette  époque  soient  si  nombreux  et  si  rapprochés. On 
a  lieu  de  croire  que,  dès  les  premiers  siècles,  cette  contrée  était 
mise  en  culture  et  parsemée  d'habitations  romaines.  Les  restes 
nombreux  de  celle  époque  ont  depuis  longtemps  fait  l'objet  des 
études  des  archéologues,  et,  dans  ces  derniers  temps,  l'Etat  a 
commencé  à  les  faire  fouiller  sous  la  direction  savante  de  MM. 
Schuermanset  Kempeneers.  Une  dizaine  de  tombes  et  quelques 
villas  ont  été  étudiées. 

L'Etat,  pour  le  moment,  ne  continuant  pas  ces  travaux,  Vhis- 
titut  archéologique  liégeois  a  voulu  les  reprendre,  en  commen- 


109 


çant  par  l'extrémité  de  la  province  de  Liège,  le  canton  de 
Landen. 

Les  principaux  monuments ,  cimetières  et  substructions 
anciens  non  examinés  jusqu'ici, dans  cette  partie  de  la  province, 
étaient  :  la  Plattombe  de  Wamont,  la  petite  tombe  d'Overwin- 
den,  les  Mottes  d'Overwinden,  de  Rumsdorp  et  de  Ste-Gertrude 
à  Landen,  le  cimetière  gallo-romain  d'Overwinden ,  celui  du 
Haemberg  sous  Wals-Wezeien,  à  côté  de  la  villa  du  Lazaret 
fouillée  en  4864,  les  substructions  du  Kloosterhof,  àNeerlanden, 
du  Betzveld,  près  de  la  station  à  Landen  et  de  Bertrée. 

La  tombe  de  Wamont  a  été  laissée  de  côté,  parce  que  de  sem- 
blables tombes,  d'une  si  grande  étendue  ,  ne  sont  pas  des 
tumulus,  mais  des  espèces  de  camps  retranchés;  les  fouilles 
qu'on  a  faites  en  4863  dans  la  plate  tombe  sur  la  chaussée  da 
Nivelles  près  de  Rosoux,  ont  prouvé  que  ces  tombes  ne  récèlent 
rien  et  qu'on  n'y  opère  pas  des  galeries  sans  des  dangers 
sérieux.  Les  mottes  ont  également  été  négligées,  parce  qu'on 
les  considère  avec  raison  comme  étant  des  ouvrages  exclusive- 
ment de  défense,  du  moyen-âge  ;  celles  de  Ste-Gertrude,  cepen- 
dant, dont  l'une  a  été  acquise  par  l'Etat,  sont  bien  de  nature  à 
inspirer  de  l'intérêt,  à  cause  du  souvenir  de  Pépin  de  Landen. 
On  s'est  donc  arrêté  à  n'opérer  des  fouilles  que  dans  la  petite 
tombe  et  le  cimetière  romain  d'Overwinden,  les  substructions 
du  Klooslerhof,  à  Neerlanden,  celles  de  la  station  à  Landen,  etc. 
M.  le  docteur  Kempeneers  a  bien  voulu  prêter  le  concours  de 
sa  science  et  de  son  expérience  en  prenant,  avec  celui  qui  a 
l'honneur  de  laire  ce  rapport,  la  direction  des  travaux. 

Les  fouilles  ont  été  commencées  le  46  août  4874  par  le  Tom- 
heken  d'Overwinden.  Ce  petit  monument,  à  peine  haut  de  deux 
mètres,  long  de  quatre  et  large  de  trois  et  demi,  inspirait  un 
grand  intérêt  à  cause  de  ses  minimes  dimensions,  qui  en  font 
une  exception  parmi  les  tombes  de  cette  contrée.  Il  a  beaucoup 
de  ressemblance  avec  les  tombelles  de  la  Campine  et  il  eût  été 
vraiment  curieux  qu'une  sépulture  franque  se  fût  rencontrée  au 
milieu  des  tumulus  romains. 


--  410  - 

Après  deux  jours  de  travail  et  moyennant  deux  ouvriers  seu- 
lement, le  tertre  était  percé  par  une  galerie  jusqu'aux  trois 
quarts  de  sa  largeur,  et  des  sondages  dans  tous  les  sens  prou- 
vèrent l'absence  de  sépulture.  C'était  un  de  ces  monnmnita 
vacua,  monuments  honorifiques  ou  commemoratifs  qui  furent 
élevés  alors  même  que  les  cendres  du  défunt  étaient  transportées 
ailleurs.  Peut-être  aussi  qu'après  un  combat,  le  cadavre  du 
guerrier  n'a  pas  été  retrouvé. 

Une  particularité  remarquée  dans  l'ouverture  de  ce  tertre, 
c'est  qu'il  était  impossible  de  distinp;uer  les  couches  de  terre 
superposées,  de  la  surface  primitive  du  sol.  Les  veines  d'argile 
ferrugineuse  se  continuaient  régulièrement  comme  si  elles 
n'avaient  jamais  été  remuées,  et  au  niveau  de  la  campagne 
environnante  on  ne  remarquait  pas  la  moindre  trace  deculture. 
On  eut  été  tenté  de  considérer  cette  tombelle  comme  un  amoncel- 
lement de  terre  produit  par  le  tourbillonnement  des  eaux,  si  sa 
situation  sur  une  hauteur  n'eût  rendu  cette  liypotlièse  inadmis- 
sible. D'ailleurs,  le  système  de  sa  construction  qui  faisait 
présager  l'absence  de  caveau,  ainsi  que  quelques  débris  de 
poterie  ancienne,  c'est-à-dire  d'un  vase  noirâtre  à  parois  très- 
épaisses,  puis  d'un  petit  pot  en  terre  samienne,  vernissée  l'ex- 
térieur seulement  et  blanchâtre  à  l'intérieur,  et  enfin  quelques 
tessons  de  tuiles  romaines  convexes,  épars  autour  de  la  tombe 
et  mêlés  à  la  terre  extraite  de  la  galerie,  l'ont  fait  considérer 
comme  une  tombe  romaine. 

Que  faut-il  penser  de  cette  circonstance  que  les  différentes 
couches  de  terre  étaient  amalgamées  au  point  de  ne  pouvoir  les 
distinguer?  Dans  toutes  les  tombes  qui  ont  été  ouvertes  anté- 
rieurement, on  reconnaissait  parfaitement  rancien  sol  cultivé, 
la  profondeur  de  la  culture  et  même  la  nature  des  engrais.  Ici, 
rien  de  tout  cela.  Evidemment  le  tertre  a  été  élevé  sur  un  sol 
vierge  et  inculte,  ce  qui  fnit  croire  qu'il  est  plus  ancien  que  les 
autres  tombes  de  la  Iie>baye.  N'a-t-il  pas  l'air  d'avoir  été  élevé 
à  la  hâte  en  l'honneur  de  quelque  guerrier  disparu  dans  le 
ombat? 


—  114  — 

Un  seul  des  ouvriers  commença,  le  21  août,  les  fouilles  dans 
le  cimetière  gallo-romain  d'Overwinden.  Ce  travail  fut  entrepris 
avec  le  meilleur  espoir  d'arriver  à  un  heureux  résultat.  L'exis- 
tence de  sépultures  avec  poteries  romaines  y  avait  été  constatée 
depuis  longtemps  par  plusieurs  découvertes  faites  d'abord  à 
l'occasion  de  la  construction  du  chemin  de  fer,  et  puis  par  les 
travaux  de  la  culture.  Il  y  a  deux  ans,  un  cultivateur  y  trouva 
une  sépulture  romaine  renfermant  une  vingtaine  d'objets  qui 
furent  acquis  par  VInstitut  archéologique  liégeois  et  placés 
dans  son  Musée.  Le  terrain  pierreux  et  sablonneux,  en  pente 
vers  l'est,  et  à  proximité  de  la  grande  tombe  de  Middelwinde 
dont  les  fouilles  faites  en  1864  sont  restées  inachevées,  et  dont 
il  n'est  séparé  que  par  un  chemin  creux,  réunit  tous  les  carac- 
tères d'un  cimetière  ancien. 

Sur  une  assez  grande  étendue,  la  terre  avait  été  remuée  pro- 
fondément par  l'extraction  dn  sable;  là,  il  était  inutile  de  faire 
des  recherches.  La  partie  qu'on  croyait  intacte  est  le  côté 
occidental  du  cimetière.  Des  tranchées  y  furent  ouvertes  à  la 
profondeur  de  7o  centimètres,  qui  est  ordinairement  celle  des 
sépultures  anciennes.  Ici  l'ouvrier  ne  rencontra  plus  la  moindre 
(race  de  sable,  ni  de  cette  i)ierre  silicieuse  qui  git  dans  la  couche 
supérieure.  Une  terre  meuble,  noire,  pâteuse,  entremêlée  de 
milliers  de  débris  de  poteries  romaines,  depuis  les  plus  gros- 
sières jusqu'aux  fines  poteries  samiennes,  des  restes  d'osse- 
ments à  moitié  consumés,  telle  était  la  couche  supérieure  de  ce 
terrain.  Intrigués  par  cette  circonstance  extraordinaire,  nous 
avons  fait  approfondir  la  tranchée;  mais,  plus  bas  s'enfonçait 
la  bêche,  plus  la  terre  devint  grasse  et  pâteuse.  Enfin  nous 
avons  eu  la  clef  de  l'énigme:  cet  endroit  se  trouve  au  centre  du 
champ  de  bataille  de  1793,  là  où  l'armée  française  tenta  vaine- 
ment de  s'emparer  d'assaut  de  la  position  de  la  tombe  de 
Middelwinde.  Nous  fouillions  les  tranchées  où  avaient  été 
enterrés  les  cadavres  des  malheureux  soldats  qui  y  avaient 
trouvé  la    mort  !   En  ouvrant   ces  tranchées,   les  sépultures 


—  112  — 

romaines  avaient  été  détruites  et  les  débris  des  vases  jetés 
épars  parmi  les  cadavres  mutilés. 

Inutile  de  continuer  les  fouilles  ;  tout  espoir  de  rencontrer 
encore  des  sépultures  intactes  avait  disparu,  et  s'il  faut  l'avouer, 
le  courage  aussi  faisait  défaut  pour  remuer  davantage  ces  cen- 
dres entremêlées  des  oppresseurs  de  notre  patrie. 

Une  observation  doit  être  faite  avant  de  quitter  ce  cimetière. 
D'après  les  renseignements  qu'on  a  pu  recueillir,  les  sépultures 
n'y  ont  pas  été  trouvées  par  groupes,  comme  à  Juslenville  ou 
comme  au  cimetière  Béthasien  du  Haemberg ,  sous  Wals- 
Wezeren  près  de  Montenaken  ;  elles  étaient  isolées,  à  des 
dislances  assez  grandes  les  unes  des  autres,  et  elles  renfer- 
maient chacune  de  quinze  à  vingt  objets.  La  même  observation 
parait  s'appliquer  au  cimetière  ancien  récemment  découvert  îi 
Overhespen  et  dont  le  musée  liégeois  possède  un  vase  bilobé, 
sauf  qu'ici  chaque  sépulture  ne  parait  contenir  qu'un  seul 
vase  (  1  ).  Ajoutons  encore  que  lors  de  la  construction  du  chemin 
de  fer  de  Tamines  à  Landen,  une  sépulture  romaine  isolée  fut 
découverte  en  1864,  â  environ  deux  kilomètres  de  la  tombe  de 
Middelwinde  et  à  proximité  de  la  Plattombe  de  Wamont  et  de 
la  petite  tombe  d'Overwinden  (2).  On  ne  peut  certes  conclure  de 
ces  circonstances  h  un  système  particulier  d'enterrement,  mais 
il  est  bien  permis  de  voir  dans  cet  isolement  relatif  des  sépul- 
tures, la  preuve  que  les  colons  romains  vivaient  dispersés 
parmi  la  population  indigène  et  que  les  habitants  de  chaque 
villa  ou  métairie  établissaient  un  cimetière  particulier  dans 
leurs  propriétés. 


(1)  Jusqu'à  présent  il  a  été  impossible  de  bien  déterminer  le  caractère  du 
cimetière  d'Overhespen.  On  y  a  trouvé  des  vases  antiques,  des  urnes  funéraires, 
mais  on  dit  aussi  y  avoir  trouvé  des  squelettes.  A  quelle  époque  appartioKnent  ces 
squelettes?  Cet  endroit  se  trouvant  dans  le  périmètre  du  champ  de  bataille  de 
■1793,  il  y  a  lieu  de  supposer  qu'ils  ne  sont  pas  antérieurs  à  cette  date.  Espérons 
qu'une  étude  ultérieure  permettra  de  fixer  l'opinion  à  cet  égard. 

(2)  Voir  Bull,  des  Comra,  royales  d'art  etd'archéol,  tome  II,  page  236. 


—  U.^  - 

Sur  le  territoire  de  la  commune  de  Neerlanden,  à  environ  300 
pas  de  la  voie  romaine  { cliver ticulum),  qui,  sortant  à  Tongres  de 
la  grande  chaussée  de  Bavay  à  Cologne,  passe  par  Horpmael, 
Brustheim,  Hal,  etc.  pour  aboutir  aux  trois  tombes  de  Tirle- 
mont,  existe  un  endroit  appelé  Kloosterhof.  La  légende,  que 
les  archéologues  recueillent  toujours  avidement  comme  un 
présage  certain  de  découvertes,  dit  qu'en  ce  lieu  s'élevait 
autrefois  un  couvent  habité  par  des  moines  ténébreux  et  tyran- 
niques,  qui  ne  sortaient  que  de  nuit  sur  des  chevaux  ferrés  à 
l'envers  pour  donner  le  change  sur  le  lieu  de  leurs  réunions 
mystérieuses.  Mais  une  nuit,  surpris  à  l'improviste,  ils  ont  dû 
prendre  la  fuite  et  leur  demeure  a  été  détruite  par  les  flammes. 

Il  paraît  qu'en  ces  derniers  temps,  les  locataires  de  ce  bien, 
prenant  la  légende  au  sérieux  et,  nocturnes  à  l'exemple  de  ces 
anciens  habitants  du  Kloosterhof ,  ont  consacré  bien  des 
veilles  à  fouiller  la  terre  en  ce  lieu,  dans  l'espoir  d'y  découvrir 
des  trésors  cachés.  Toujours  est-il  qu'ils  en  ont  extrait  beau- 
coup de  pierres  et  une  vingtaine  de  tuiles  romaines  tant  plates 
que  convexes. 

Cette  découverte,  ainsi  que  la  situation  des  ruines  sur  le 
versant  oriental  d'une  colline  à  proximité  du  Molenbeek,  nous 
disaient  que  les  anciens  moines  du  Kloosterhof  n'étaient 
autres  que  des  Romains. 

Les  tuiles  trouvées,  encore  couvertes  de  mortier  romain, 
avaient  servi  à  la  construction  d'un  conduit  pour  l'écoulement 
des  eaux.  Les  tegulae  avaient  été  posées  à  plat  sur  une  couche  de 
mortier,  et  les  imbrices  sur  les  premières,  de  manière  que  leur 
concavité  formait  un  petit  canal.  Les  tuiles  convexes  avaient 
été  fixées  sur  les  plates  au  moyen  d'une  autre  couche  de  mortier 
rouge.  Cet  ouvrage  est  un  exemple  des  usages  multiples  que  les 
Romains  savaient  faire  de  leurs  tuiles. 

Après  que  l'autorisation  de  fouiller  eut  été  obtenue  de  l'Admi- 
nistration du  bureau  de  bienfaisance  de  Léau,  qui  est  proprié- 
taire du  Kloosterhof,  les  travaux  furent  commencés  le  31  août. 


-  4U  - 

Dès  le  premier  jour,  on  constata  que  le  sol  avait  subi  un 
changement  de  niveau  depuis  la  ruine  des  constructions.  Le 
chemin  de  Neerlanden  à  Dormael,  qui  longeait  primitivement 
le  Molenbeek,  a  été  reporté  sur  le  penchant  de  la  colline  et 
traverse  actuellement  les  substructions.  La  terre  de  la  campa- 
gne environnante,  qui  est  très-meuble,  a  été  entraînée  par  les 
eaux  ;  mais,  étant  arrêtée  au  chemin  par  un  fossé,  elle  a  produit 
uii  exhaussement  considérable.  Aussi  il  y  a  une  dififérence  de 
niveau  d'un  mètre  et  demi  entre  les  deux  côtés  du  chemin. 

Les  substructions  ont  été  découvertes  h  une  profondeur 
variant  de  deux  mètres  à  un  demi,  selon  la  situation  des  lieux. 
Du  côté  nord-est,  on  mit  à  nu  un  mur  isolé  (jui  probablement 
avait  clôturé  une  cour.  Celle-ci  avait  été  remplie  de  débris  de 
tuiles  et  de  tessons,  de  matières  fo.idues  et  coagulées  par  le 
feu,  parmi  lesquelles  des  masses  de  fer  semblables  à  des  blocs 
de  minerai  ou  des  scories.  Sous  ces  débris  gisait  une  couche  de 
terre  noire  de  près  d'un  mètre  de  profondeur.  Nous  eûmes 
donc  dès  l'abord  la  preuve  qu'un  incendie  violent  avait  détruit 
l'établissement. 

Les  murs  extérieurs  furent  déblayés  sur  presque  toute  leur 
longueur,  excepté  du  côté  du  sud,  où  la  profondeur  dépassa 
deux  mètres.  Les  fouilles  de  l'intérieur  du  bâtiment  auraient 
occasionné  des  travaux  et  des  frais  considérables,  et,  pour  ce 
motif,  nous  nous  sommes  contentés  d'ouvrir  l'angle  sud-ouest 
pour  constater  l'existence  d'un  hypocauste  ou  d'un  calorifère, 
qui  réellement  a  été  trouvé.  Une  tranchée  ouverte  e.i  dehors 
des  substructions,  du  côté  de  l'est,  a  révélé  wz  amas  de  débris 
du  bâtiment,  qui  s'étendait  jusque  sous  le  chemin.  Il  est  à 
regretter  que  l'étude  en  détail  de  toutes  les  pai  ties  ait  été 
impossible.  Cependant  le  résultat  des  travaux  ne  permet  pas 
de  doute  sur  la  nature  et  l'origine  des  substructions.  C'était 
une  villa  romaine,  peut-être  une  taberna  seulement. 

Comme  dans  toutes  les  habitations  romaines  qui  ont  été 
étudiées  dans  cette  contrée,  le  bâtiment  suivait  la  direction  du 


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-  115  — 

nord-est  au  snd-ouest,  de  manière  h  présenter  sa  façade  prin- 
cipale à  l'orient,  en  face  du  cours  d'eau.  Les  pierres  employées 
à  la  construction  proviennent  de  la  contrée  même.  C'est  une 
pierre  verdàtre  et  sablonneuse  qui  gît  sous  la  couche  limoneuse 
du  sol  hesbayen.  Ici  comme  ailleurs,  les  Romains  ont  utilisé  les 
matériaux  qu'ils  ont  trouvés  sur  les  lieux. 

Les  murs  de  fondation  étaient  construits  en  petit  appareil, 
consistant  en  moellons  à  peu  près  carrés,  maçonnés  avec  de  la 
chaux.  L'épaisseur  de  ces  murs  était  de  63  à  70  centimètres. 

La  chambre  qui  a  été  examinée  à  l'intérieur,  à  l'angle  sud- 
ouest  du  bâtiment,  avait  conservé  en  partie  le  terris  qui  en 
constituait  le  pavement.  Sur  le  sol  battu  on  avait  posé  une 
couche  de  pierrailles  ;  là-dessus  une  couche  de  tuiles  concas- 
sées noyées  dans  un  bain  de  chaux,  d'une  épaisseur  de  dix 
centimètres.  Des  fragments  de  ce  terris  ont  pu  être  enlevés  et 
conservés.  Sur  l'un  des  côtés  de  cette  place,  le  terris  avait  été 
remplacé  par  des  carreaux  qui  mesuraient  un  pied  et  demi  de 
longueur  sur  un  pied  de  largeur.  Ces  carreaux  avaient  subi 
l'action  du  feu  et  lorsqu'on  a  voulu  les  enlever,  ils  sont  tombés 
en  un  grand  nombre  de  morceaux.  D'autres  carreaux  trouvés 
en  cet  endroit  étaient  enduits  d'une  couche  de  mortier  des  deux 
côtés;  ils  avaient  servi  de  parement  aux  murs.  Enfin  des  débris 
de  briquettes  et  de  tuyaux  prouvaient  que  c'était  là  un  hypo- 
causte. 

Il  est  à  remarquer  que  les  tuiles  extraites  antérieurement  par 
les  locataires  formaient  un  conduit  ou  petit  égoût,  partant  de  cet 
endroit  et  qui  doit  avoir  servi,  soit  à  conduire  l'eau  chauffée 
dans  les  autres  parties  du  bâtiment,  soit  à  déverser  dans  les 
bas-fonds  celle  dont  on  s'était  servi.  On  rencontre  dans  la  plu- 
part des  habitations  romaines  ces  conduits  d'eau,  mais  je  pense 
que  c'est  un  exemple  unique  de  les  trouver  construits  au  moyen 
de  tuiles. 

Ces  tuiles  sortaient  de  la  même  fabrique  que  celles  des  villas 
du  Lazaret  à  Wezeren  et  du  Hemelryck  à  Walzbetz,  c'est-à-dire 


Ilfi 


d'une  partie  seulement  de  celles-ci.  Ces  tuiles,  mal  cuites, 
n'ont  pas  la  belle  forme  de  celles  du  Weyerbampt,  h  Petit-Fresin. 
C'est  pourquoi  il  est  à  croire  qu'elles  sont  d'une  date  posté- 
rieure, ce  que  semble  prouver  la  monnaie  de  Tetricus  trouvée 
dans  les  substructions  du  Lazaret. 

Cette  place  a  aussi  révélé  des  débris  de  plâtrage  des  murs  de 
différentes  couleurs;  un  morceau,  entre  autres,  présentait  un 
dessin  de  feuillnge  vert  sur  un  fond  blanc. 

La  chaux  avait  éié  employée  abondamment  et  les  mortiers 
faits  avec  tout  l'art  que  savaient  y  mettre  les  Romains.  Le 
pavement  était  t'ait  de  tessons  de  tuiles  grossièrement  concas- 
sées, noyées  dans  un  bain  de  chaux;  pour  le  mortier  employé 
au  plâtrage  des  murs,  les  tuiles  avaient  été  finement  broyées  et 
mêlées  à  la  chaux,  de  manière  à  produii-e  cette  couleur  rouge 
pâle  propre  au  mortier  romain.  Pour  d'autres  ouvrages,  on 
avait  employé  du  mortier  gris  ou  bleuâtre. 

Un  morceau  de  verre,  poli  d'un  côté  et  rude  de  l'autre,  avait 
été  plaqué  au  mur  Enfin  divers  morceaux  de  marbre  poli 
offrent  une  preuve  de  la  variété  et  du  luxe  d'ornementation 
déployés  dans  la  construction  de  l'habitation  du  Kloosterhuf. 
Ce  marbre  a  été  reconnu  provenii-  des  couches  des  environs 
deNamur. 

Les  débris  de  poteries  présentent  une  grande  variété,  depuis 
les  vases  grossiers  en  leire  noire,  jusqu'à  la  fine  poterie 
samienne,  dont  des  morceaux  remarquables  ont  été  trouvés, 
granulés  à  l'intérieur  et  ornés  â  l'extérieur  de  dessins  et  de 
représentations  de  chasse. 

Il  est  à  remarquer  que  parmi  ces  débris,  un  gros  tesson 
d'une  poterie  grossière,  noirâtre,  mal  cuite,  qu'on  dirait  ger- 
manique, ressemblait  tout-à-fait  à  un  pareil  tesson  trouvé  dans 
la  galerie  de  la  tombe  d'Overwinden,  ainsi  qu'à  un  autre  tesson 
trouvé  en  ISG'i-  dans  la  galerie  de  la  tombe  de  Middeiwinde. 
Il  est  encore  à  noter  que  celte  poterie  grossière,  qui,  dans  les 
tombes  a  été  découverte  en  dehors  des  sépultures,  s'est  ren- 


M7 


contrée  à  Neerlanden  un  peu  au-dessus  du  niveau  des  substruc- 
tions  et  de  la  couche  des  débris. 

Pa'mi  les  objets  enfer,  un  seul  mérite  l'attention;  c'est  une 
cognée  qui  diffère  des  nôtres  en  ce  que  le  trou  destiné  à  rece- 
voir le  manche,  se  trouve  au  milieu,  au  centre  de  gravité  de 
l'instrument,  tandis  que  chez  nous  on  le  place  à  l'extrémité 
opposée  au  tranchant.  La  cognée  romaine  était  en  même  temps 
hache  et  marteau. 

Une  pièce  tout-à-fait  semblable  avait  été  trouvée,  il  y  a  quel- 
ques années,  par  les  locataires,  en  même  temps  que  les  tuiles. 

Quant  aux  substructions  du  Betzveld,  près  de  la  station  de 
Landen,  dans  une  parcelle  de  terrain  appartenant  à  M.  le  doc- 
teur Bertrand  et  ayant  appartenu  autrefois  aux  hospices  civils 
de  Liège,  leur  présence  avait  été  constatée  depuis  longtemps  et 
la  situation  en  face  de  Molenbeck,  ainsi  que  les  nombreux 
morceaux  de  tuiles  romaines  qui  couvraient  le  terrain,  indi- 
quaient assez  que  c'était  là  l'emplacement  d'une  villa  (  i). 

Il  y  a  lieu  de  remarquer  qu'à  Landen,  comme  à  Neerlanden, 
les  substructions  gallo-romaines  se  rencontrent  dans  des  biens 
appartenant  ou  ayant  appartenu  à  des  établissements  publics. 
Le  môme  fait  a  été  observé  pour  la  généralité  des  ruines  de 
cette  époque  qui  ont  été  explorées.  Il  serait  très-intéressant  de 
pouvoir  rechercher  comment  ces  biens  sont  devenus  la  pro- 
priété de  ces  établissements  ;  on  rencontrerait  probablement 
des  donations  faites  par  des  familles  franques,  qui  furent  peut- 
être  eux-mêmes  les  succes^eurs  des  propriétaires  de  l'époque 
romaine,  et  cela  à  titre  de  conquête. 

Les  fouilles  furent  commencées  au  Betzveld  le  25  septembre. 

(  *  )  Le  long  du  Molenbeck  on  a  constaté  une  suite  de  villas  belgo-romaines  ;  la 
plupart  ont  été  étudiées.  H  y  a  lieu  de  penser  que  si  cette  étude  était  c  nlinuée 
dans  le  Brabant  jusqu'à  l'embouchure  de  ce  ruisseau  dans  la  Ghète,  on  parviendrait 
à  reconstituer  la  topographie  ancienne  de  cette  contrée  qu'on  considère  comme 
ayant  été  l'emplacement  des  Belhasiens.  Remarquons  que  deux  villages  situés  Tun 
à  la  source,  l'autre  près  de  l'embouchure  du  Molenbeek,  s'appellent  Walsbetz  et 
Geetbelz. 


118 


Dès  le  premier  jour,  on  put  suivre  les  fondations  des  murs 
à  une  profondeur  de  dix  à  quinze  cenlinièlres,  et  bientôt  les 
substructions  mises  à  nu  présentèrent  le  plan  d'une  habitation 
qui  s'étendait  sur  une  longueur  de  60  mètres.  Le  bâtiment 
principal  a  la  forme  d'un  parallélogramme  de  54  mètres  de  long 
sur  10  de  largeur,  se  dirigeant  du  nord-est  au  sud-ouest.  Deux 
ailes  s'avançaient  à  chaque  extrémité  de  la  façade  orientale. 
Celle  du  côlé  du  nord-est  formait  un  pavillon  symétrique, 
composé  de  trois  places,  dont  celle  du  milieu  disait  saillie 
en  plein-cinire.  L'aile  du  côlé  opposé  était  formée  par  quatre 
places  rectangulaires,  de  grandeur  différente  et  donnant  sur 
une  cour  intérieure.  A  l'angle  sud-ouest,  cette  cour  était  fermée 
par  deux  autres  places,  faisant  saillie  sur  le  derrière  du  bâti- 
ment et  qui  ont  été  reconnues  comme  ayant  formé  un  hypo- 
causte.  En  face  du  pavillon  de  l'angle  nord-est,  une  autre  place 
de  liuit  mètres   sur  quatre  sortait  sur  le  derrière  du  bâtiment. 

En  face  de  l'aile  sud-est,  à  une  distance  de  neuf  mètres  vers 
l'est,  s'élevait  une  seconde  construction  de  15  mètres  de  long 
sur  9  de  large,  divisée  en  deux  par  un  mur,  de  manière  à  for- 
mer une  place  de  3  mètres  sur  9,  et  une  autre  de  10  sur  9. 

Deux  chambres  conservaient  intact  le  terris  qui  en  avait 
constitué  le  pavement;  c'étaient  la  place  du  pavillon  oriental 
terminée  en  abside  hémisphérique  et-  l'hypocauste.  Ce  terris 
avait  un  pied  d'épaisseur.  Il  était  formé  aux  deux  tiers  par  une 
couche  de  pierres  posées  sur  le  sol  battu;  l'autre  tiers  consis- 
tait en  une  couche  de  tuilons  noyés  dans  un  bain  de  chaux. 
Une  mince  couche  de  mortier  gris  couvrait  la  surface  pour 
l'égaliser. 

Les  murs  de  l'hypocauste  étaient  encore  recouverts  en  plu- 
sieurs endroits  de  leur  plâtrage  rouge,  mélange  de  chaux  et  de 
tuiles  broyées. 

Cette  place,  plus  profonde  que  les  autres,  était  remplie  de 
mortier,  de  morceaux  de  tuiles,  de  carreaux  et  de  briques,  de 
nombreux  fragments  de  tuyaux  d'hypocauste  et  de  briquettes 


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PL.  n. 


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Lith.  BijTdels  à  Lié^e. 


:  ARCHEOLOCJDUC  L 


PLAN    FIGURATIF 

SrBSTRn-TKlXS  BELCd  -RnMAIXl' 

du     BETZVELD    a 

LANDEN 


Echelle    de  o'oos   pour 


BENARD    DEL  i  LAtlDEH 


—  149  — 

rondes,  dont  plusieurs  étaient  entières.  Elle  communiquait  vers 
l'est  avec  une  autre  place,  pius  petite  mais  plus  profonde 
encore,  également  remplie  de  toutes  sortes  de  débris  et  d'où 
partait  un  petit  canal  en  méandre.  Cette  rigole  était  maçonnée, 
des  mêmes  pierres  que  le  reste  du  bâtiment  et  enduite  à  l'inté- 
rieur de  mortier  gris.  Elle  avait  servi  à  conduire  l'eau  dans  les 
chambres  bordant  vers  l'est  la  cour  intérieure,  peut-être 
seulement  à  la  déverser  vers  le  ruisseau. 

On  n'a  pu  longtemps  conserver  des  doutes  sur  l'origine  des 
substrbclions.  Le  plan  général,  l'orientation,  les  nombreux 
morceaux  de  tuiles  plates  et  convexes  (tuiles,  soit  dit  en  pas- 
sant, aussi  bien  cuites  e\  aussi  bien  faites  que  celles  du 
Weyerbampt,  déjà  cité),  les  différentes  espèces  de  mortier  et 
surtout  les  restes  d'un  hypocauste,  tout  démontrait  que  nous 
fouillions  une  habitation  romaine. 

Les  murs  de  la  villa  avaient  une  épaisseur  de  65  à  70  cenli- 
mèlres,  en  petit  appareil  de  moellons  extraits  sur  les  lieux.  L'un 
des  murs  était  formé  de  débris  de  tuiles  renfermés  entre  deux 
bordures  de  pierres.  Ce  mur,  qui  a  une  grande  profondeur, 
appartient  sans  doute  à  la  cave  qu'on  n'a  pas  pu  fouiller  h 
cause  de  l'impossibilité  de  retenir  plus  longtemps  les  ouvriers 
dans  cette  saison  de  l'année.  Il  y  aurait  cependant  une  grande 
importance  à  pouvoir  étudier  celte  partie  des  substructions,  où 
les  murs  conservés  intacts  sur  une  plus  grande  étendue,  per- 
mettent de  mieux  examiner  le  mode  de  construction. 

Comme  à  Neerlanden,  l'hypocauste  occupait  l'angle  occidental 
de  l'habitation,  et  le  conduit  d'eau  partait  de  ce  point  dans  la 
même  d^iection.  Par  suite  du  système  d'orientation  des  habita- 
lions  romaines,  cette  disposition  devait  être  générale;  car,  le 
côté  de  l'ouest  se  trouvant  être  le  plus  élevé,  il  était  facile  de 
conduire  les  eaux  par  une  pente  naturelle  dans  toutes  les 
parties  du  bâtiment. 

Les  deux  chambres  qui  avaient  conservé  leur  pavement, 
devaient  être  les  principales  pièces  de  l'habitation.  Celle  du  pavil- 


—  lîO    - 

Ion  oriental  peut  être  considérée  comme  l'apparlement  d'été, 
l'autre  comme  celui  d'hiver.  Il  serait  difficile  d'assigner  une 
destination  particulière  aux  autres  places. 

Le  second  bâtiment  ne  comprenait  que  deux  places,  dont 
l'une  beaucoup  plus  grande  que  l'autre.  C'était  probablement 
une  remise  ou  une  grange. 

Les  subslructions  du  Betzveld  présentent  une  différence 
remarquable  avec  toutes  celles  qui  ont  été  fouillées  jusqu'à  ce 
jour  dans  la  Hesbaye.  Elles  ne  révèlent  aucune  trace  d'incen- 
die. Elles  ont  entièrement  l'apparence  d'une  demeure  aban- 
donnée et  tombée  de  vétusté.  Ou  n'y  a  trouvé  ni  cendres,  ni 
fer  fondu  ou  tordu  dans  le  feu,  ni  débris  de  vases  ou  d'au- 
tres meubles  détruits  dans  le  désastre.  Quelques  morceaux  de 
poterie  commune,  dont  un  seul  en  terre  samienne,  voilà  tout  ce 
qu'on  a  pu  recueillir. 

Par  contre,  dans  un  coin  d'une  des  chambres,  on  a  trouvé  un 
objet  auquel  on  ne  s'attendait  pas:  une  arme  en  silex.  C'est  une 
petite  hache  de  12  centimètres  de  long  sur  5  1/2  de  large  dans 
le  milieu,  bien  polie  et  très-tranchante. 

Comment  cet  objet  s'est-il  rencontré  en  cet  endroit  ?  Les 
Romains,  si  habiles  à  travailler  le  fer,  ne  faisaient  sans  doute 
pas  usage  d'instruments  en  pierre.  Etait-ce  une  arme  prise  sur 
l'ennemi,  un  trophée  de  victoire  ?  Il  n'est  pas  invraisemblable 
que,  parmi  les  peuples  barbares  que  les  Romains  avaient  à 
combattre,  il  s'en  soit  trouvé  qui  n'avaient  pas  à  leur  disposi- 
tion tout  le  fer  nécessaire  à  la  fabrication  de  leurs  armes,  sur- 
tout pendant  leurs  longues  migrations  à  travers  le  continent 
européen,  et  qui  ont  été  obligés  de  se  servir  des  matériaux 
qu'ils  ont  pu  se  procurer.  On  peut  aussi  considérer  cet  objet 
comme  ayant  été  un  ustensile  des  sacrificateurs  ou  prêtres 
payens,  qui,  dans  les  cérémonies  religieuses  des  peuples  du 
nord  se  servaient  d'iiistrumei.ts  en  pierre.  Cet  usage  peut  don- 
ner une  explication  plausible  de  la  découverte  fréquente  d'objets 


—  121  — 

en   silex,  sans  devoir  songer  à  des  àyes  prédistoriques,  dont 
les  mœurs  nous  sont  inconnues  (')• 

Quelle  a  été  l'époque  de  la  construction  de  la  villa  de  Lan- 
den  ?  A  quelle  époque  a-t-ellc  été  abandonnée?  Est-elle  anté- 
rieure ou  postérieure  aux  villas  voisines  ?  A-t-cl!e  échappé 
aux  désastres  ou  à  la  dévastation  qui  a  détruit  les  autres  établis- 
sements romains?  Autant  de  questions  qu'il  est  impossible  de 
résoudre.  Il  est  vraiment  regrettable  que  le  manque  d'ouvriers 
nous  ait  obligé  d'abandonner  les  fouilles  avant  qu'elles  ne 
fussent  terminées.  Il  est  possible  que  le  sous-sol  ou  la  cave 
contienne  un  objet  quelconque  qui  nous  eût  permis  de  tirer  une 
conclusion. 

G.  Lefkvkf. 

Lr^nden,  le  10  décembre  1871. 


(  *)  Voir  Blommaert,  Aloude  oesrliirdci/is  dcr  Hclgoi,  p.  I?i,  el  le  Mcxuaf/nr  des 
scieiica  historiques^  ISit,  p.  .Toi. 


LA  TABLE   CARREE 

ET  LA  COMMUNE  ORANGE. 


Le  docteur  J.  l'.do  Llmbourg,  dans  ses  .youiuuiu.v  (tinusi'nienls 
de  Spa,  Liège  1763  (2'"  édit.  Les  amusements  de  Spa,  1782-1783), 
a  inséré  une  carte  des  environs  de  Spa  (2''  édit.  «irte  du  marquisat 
de  Franchimont)  (')  où  l'on  voit  au  N.-E.  du  marquisat  do  Fran- 
chimont,  à  la  source  de  la  Vesdre  (-),  le  dessin  d'un  petit  carré, 
correspondant  h  un  angle  du  pays,  et  au  delà  un  espace  de  terre 
circonscrit,  portant  le  nom  d'Orange;  le  coin  delà  frontière  est 
coupé  par  deux  lignes  parallèles  et  on  lit  la  légende  suivante  en 
marge  : 

«  Suivant  la  tradition,  la  languette  de  lerre,  marquée  Orange, 
s'étendoit  autrefois,  aussi  bien  que  le  marquisat  de  Franchimont 
et  le  pays  de  Stavelot,  à  la  Table quarrée  oh  se  lerminoit  aussi  le 
duché  de  Limbourg;  celte  table  étoit  le  point  de  réunion  des 
quatre  pais;  aujourd'hui  le  duché  de  Limbourg  paroît  s'appro- 
prier la  portion  des  trois  autres  pais  qui  est  désignée  par  des 
petites  lignes.  » 
Cette  légende  est  devenue  sur  la  2'^  édit.  de  la  carte  :  «  La 

(')  Ce  sont  les  deux  cartes  indiquées  par  M.  A.  Dejardin,  Recherches  sur  les 
cartes  de  la  principauté  de  lAérje  (  Dull.  de  l'inst.  urchéol.  liérj.,  V.  p.  230  et  231  ). 
M.  Dejaroin  ne  mentionne  pas  rédilion  anglaise  des  Amusements  de  Spa  ,  où  la  l""* 
carte  est  reproduite,  avec  les  indications  concernant  la  terre  Orange  en  anglais. 
(Rens.  de  M.  Bodv). 

(•  ^  l'n  peu  nu  nor^l  de  celle  .«ourco,  sur  la  cnrio  de  In  preniii're  (édition. 


h2;{ 


hinguelle  de  terre,  marquée  Orange,  est  iiiie  commune  à  l'usage 
des  habitants  du  ban  de  Jalhai,  qui  s'étendoit,  de  même  que  le 
reste  du  marquisat  de  Franchimont ,  à  la  Table  qiiarrée  où  se 
terminoit  aussi  le  duché  de  Limbourg.  Cette  Table  étoit  le  point 
de  réunion  de  quatre  pais,  compris  la  commune  Orange.  Vers 
l'an  1720,  le  pais  de  Limbourg  s'est  approprié  la  portion  des 
trois  autres  pais  désignée  par  des  parallèles,  «  (ces  parallèles  sont 
identiquement  les  petites  lignes  de  la  première  carte). 

Dans  son  texte,  p.  349  (2"  édit.,  p.  298),  J.  P.  de  Limbourg 
ajoute  :  «  Je  veux  vous  Taire  observer  une  particularité  sur  les 
pays  qui  avoisinent  celui-ci,  c'est  qu'outre  les  deux  pays  dont 
il  est  entouré  immédiatement  (Limbourg  etStavelot),  il  y  en  a 
divers  autres  qui  n'en  sont  séparés  que  par  des  languettes  de 
terre,  en  sorte  qu'en  f[uelques  heures  on  pourroit  passer  du 
marquisat  en  cinq  ou  six  pays  appartenant  à  différents  souve- 
rains ;  les  plus  proches  et  immédiats  sont  ceux  de  Limbourg  et 
de  Stavelot,  ensuite  ceux  de  Luxembourg,  Juliers,  Montjoie, 
outre  une  petite  languette  de  mauvais  fonds,  qu'on  nomme 
Terre  d'Orange,  sans  qu'on  puisse  sçavoir  d'où  ce  nom  lui 
vient;  au  reste  cette  terre  n'est  réclamée  par  aucun  seigneur  des 
payscirconvoisins;  elle  est  réputée  terre  franche  et  commune  (i); 
et  les  habitants  de  Jalhay,  l'un  des  bans  du  marquisat,  sont  dans 
la  possession  d'y  recueillir  de  mauvais  foin  qu'elle  produit. 
Comme  j'ai  beaucoup  parcouru  ce  pays,  un  paysan  (2)  de 
ce  canton,  qui  m'a  informé  de  ces  particularités  et  qui  vouloit 
en  être  instruit,  m'a  montré  aussi  un  endroit  où  il  prétendoit 
que  quatre  pays  aboutissoient  et  se  touchaient  en  un  point  où  il 
doit  y  avoir  eu  anciennement  une  table  quarrée  dont  les  quatre 
faces  répondoient  à  quatre  différents  pays,  Limbourg,  Orange, 
Franchimont  et  Stavelot,  en  sorte  que  quatre  personnes  pou- 
voient  être  assises  à  une   même  table,  quoique  chacune  sur 

(l)  Var.  «  au  reste,  celle  lerro  est  une  commune  de  ce  pays.  » 
(•2)  Var.  «  habitant.   » 


—  lii  — 

quatre  différens  pays  (.  *)  ;  il  m'a  assuré  que  diverses  personnes 
déposèrent,  à  la  réquisition  du  magistrat  de  Jalliay,  il  y  a 
environ  quarante  (2)  ans,  d'avoir  vu  cette  table  dans  le  lieu 
qu'on  nomme  encore  aujourd'hui  la  Table  quarrée,  et  que  les 
dépositions  en  sont  au  grelTe  ;  mais  que,  par  la  suite  des  temps, 
le  pays  de  Limbourg  s'est  étendu  sur  ses  voisins  et  a  coupé 
la  jonction  de  cette  Terre  d'Orange  avec  les  pays  de  Stavelot 
et  de  Franchimont.  « 

Le  manuscrit  de  l'ouvrage  du  docteur  J.  P.  de  Limbourg, 
conservé  par  sa  famille  (;i),  porte  quelques  renseignements 
})lus  précis  sur  le  même  point  : 

c<  Anciennement  quatre  pays  se  joignaient  scavoir:  Limbourg, 
Orange,  Stavelot  et  Jalliay,  et,  suivant  l'ancienne  tradition,  il  y 
avoit  une  table  quarrée  de  pierre  avec  quatre  anneaux  de  fer  à 
chacun  desquels  chaque  seigneur  atteloit  son  cheval,  où  chaque 
seigneur  pouvoit  manger  sur  son  pays,  quoique  tous  (juaire  à 
une  même  table,  qu'on  nommait  la  Table  quarrée.  Des  personnes 
récemment  mortes  se  souvenoient  de  l'avoir  vue,  et  en  donnè- 
rent des  déclarations  au  greffe  de  Jalhay,  à  la  réquisition  du 
magistral,  il  y  a  environ  quarante  ans. 

))  De  celle  Terre  dite  d'Orange,  on  passe  par  une  petite  lan- 
guette de  Luxembourg,  d'environ  1/4  de  lieue,  d'où  on  passe 
sur  celui  de  Julliers,  au  pays  de  Montjoie;  en  sorte  que  sur  une 
lieue  de  terrain,  il  se  trouve  cinq  pays  :  Limbourg,  Luxem- 
bourg, Montjoie,  Orange  et  Franchimont.  » 

11  n'est  pas  facile  de  déterminer,  à  l'aide  de  ces  indications, 
l'endroil  précis  où  aurait  existé  la  prétendue  Terre  d'Orange;  la 
carte,  en  elle-même,  est  très-inexacte  :  la  Vesdre  est  dessinée 
en  ligne  à  peu  près  droite,  tandis  qu'en  réalité,  à  sa  source, 
cette  rivière  se  dirige  du  S.  au  N.  pour  s'infléchir  vers  l'E.  à 

(1)  Var.   «  quoique  chacune  sur  diirorent  pays.  » 

(-2}  Var.  «  soixante.  »  La  varianle,  lient  à  la  date  de  la  2«  édition,  postérieure 
de  20  ans  à  la  première.  L'onquùlc  (voir  plus  loin)  a,  en  cU'el,  eu  lieu  en  i72i. 
(3,  Communicalion  due  à  son  descendant.  M,  Pliil.  Dr.  LiauouRG,  de  Thcux. 


luiecerlaine  distance  d'Eupen;  en  outre  ladite  source  est  en 
plein  territoire  de  l'ancien  duché  de  Limbourg,  bien  loin  h  l'E. 
de  la  séparation  des  territoires  de  Limbourg,  Stavelot  et  Fran- 
chimont  où  la  carte  place  cette  source  ;  enfin  sur  la  carte 
diverses  localités,  Membach,  Bnelen,  Loncin  (lire  Lontzen), 
etc.,  sont  manifestement  très-éloignées  de  leur  situation  réelle. 

Cette  carte  doit  donc  être  considérée  comme  un  simple 
croquis  donnant  une  idée  imparfaite  des  distances  et  des 
directions. 

Bien  que  l'ouvrage  de  J.  P.  de  Limbourg  soit  en  général  fort 
exact  (i),  on  ne  peut  guère  attribuer  plus  d'importance  que  cet 
auteur  distingué  n'en  donne  lui-même  aux  renseignements 
recueillis  par  lui  sur  la  Terre  d'Orange  et  la  Table  carrée.  II 
tient  du  reste  ces  renseignements  ,  comme  il  le  déclare  lui- 
même,  d'un  paysan,  quelque  érudit  du  village,  qui  «  voulait  être 
instruit,  »  des  particularités  de  son  canton,  et  il  ne  cite  aucun 
contrôle  de  ces  renseignements,  présentés  par  conséquent  par 
lui  tels  quels,  pour  ce  qu'ils  valent. 

Aujourd'hui  ce  contrôle  n'est  guère  aisé,  et  les  personnes  les 
plus  versées  dans  la  connaissance  du  territoire  ancien  de  la 
province  de  Liège,  MM.  Body,  Bormans,  Poswick,  etc.,  n'ont 
pu  fournir  aucun  éclaircissement  sur  la  Table  carrée  ni  sur  la 
Terre  d'Orange. 

Le  raisonnement  seul  peut  donc  résoudre  la  difficulté. 

Notons  pour  commencer  que  la  tradition  de  la  Table  carrée 
est  encore  parfaitement  vivace.  Plusieurs  auteurs  en  parlent 
dans  leurs  ouvrages  sur  Spa  et  ses  environs. 

Dethier  (2)  se  demande  ce  qu'est  celte  «  grande  table  de 
forme  carrée,  »  qu'avec  d'énormes  tronçons  de  colonnes  ren- 


(t)  u  11  parle  avec  la  plus  exacte  vérité,  »  dit  de  Feller,  Journal  historique, 
i'6  novembre  1783,  p.  il.  Voy.  aussi  Deleau  Sek.MXG,  Mémoire,  etc.  sur  Spa, 
à  la  Bibliolliéquc  de  l'Université  à  Liège,  etc. 

(2)  Coup-it  œil  sur  lea  aiirieiia  volcans  éteiiHs  des  environs  de  la  K>jll  siifcrieurc, 
l'nris  180;;.  \>.  .'il. 


—  ll>6  — 

versées  (i),  «  on  est  surpris  de  trouver  sur  les  combles  »  des 
Hautes-Fagiies,  et  cette  énonciation  est  reproduite  dans  d'autres 
ouvrages  dictés  ou  inspirés  par  Detliier  (;>). 

Detrooz  (;;),  après  avoir  parlé  d'un  ancien  hôpital  sis  à 
l'ielLe-ès-Fagne  (Jalliay),  dit  que  «  à  portée  de  l'endroit  où  était 
cet  hôpital,  l'on  voit  une  grande  pierre  carrée  en  l'orme  de 
table  qui  servait  de  limite  à  quatre  différents  pays,  savoir  ; 
Liège,  Luxembourg,  Limbourg  et  Stavclot.  « 

Fama  crescit  eundo  ;  c'est  l'histoire  de  la  pondeuse  de  Lafon- 
laine  :  J.  P.  de  Limbourg  n'a  pas  vu  la  table  carrée,  dont  un 
paysan  lui  a  seulement  parlé  ;  cette  table  n'existait  plus  depuis 
plus  de  quarante  ans  en  1763,  puisque  vers  17i20,  on  en  parlait 
comme  d'une  chose  alors  détruite;  au  commencement  du  pré- 
sent siècle,  la  Table  carrée  reparaît  :  on  la  trouve,  on  la  voit 
sur  les  Hautes-Fagnes(  i)- 

Le  récit  devient  même  de  plus  en  plus  circonstancié  : 

Les  habitants  de  la  Baraque-Michel  parlent  aussi  d'une  Table 
carrée  existant  encore  aujourd'hui,  et  où  (ils  précisent)  r/j<«/rt^ 
monarques  se  réunissaient  ii  un  certain  jour  de  l'année,  pour  y 
dîner  ensemble,  chacun  assis  sur  son  territoire.  Seulement  les 
agents  forestiers  de  la  forêt  de  Hertogenwald,  chez  qui  la  tra- 
dition a  également  cours,  parlent  non  de  quatre,  mais  de  trois 
territoires,  se  réunissant  à  un  do  leurs  angles. 

Cette  restriction  au  nombre  des  territoires  voisins,  nous  met 
peut-être  sur  la  trace  de  la  solution.  En  effet,  si  l'on  consulte 
la  carte  archéologique  de  Van  der  Maelen,  comme  celle  do 
Fen-aris,  on  ne  remarque  que  deux  points  où  trois  souverai- 


(l)  Sans  duulc  lus  déljris  dune  colonne  milliiiirL'  iiu'oii  voil  en  ellul,  ;i  la  Daraquc- 
Micbel. 

("2)  I.c  Guide  lies  ciiiicnx  (I ni  visilcnt  les  caiiK  dr  Spu.  \e.\'\\cvs,  iSli,  p.  !2',), 
v»  Fagncs  (Hautes),  «  ancienne  Table  de  pierre  caittic.  » 

;;!:   Histoire  du  marquisal  de  Francliiuiout.  Liôije  ISÛO.  I,  p.  G"!. 

(i)  On  y  ("ail 'ilioiilir  le  tiM'ritoiri' du  I,iix.^ml)onra' dont  .1.  1'.  de  r.imbiMir^;  n'a\ail 
[)-.{<  pailr. 


uelés  indépendantes  viennent  se  touclier  à  un  de  leurs  angles,  à 
l'est  du  marquisat  de  Franchimont. 

Ces  deux  endroits  sont  assez  voisins  Tun  de  l'autre,  et  placés 
à  proximité,  l'un  au  N.-O.,  l'autre  au  S.-E.  de  la  source  d'un  des 
affluents  de  la  Vesdre,  la  Helle,  qui  a  été  précisément  prise 
comme  ligne  frontière  entre  la  Belgique  et  la  Prusse,  par  le 
traité  de  délimiiation  du  ïî6  juin  1816. 

Nulle  part  ailleurs,  les  tei'ritoires  de  Limbourg,  de  Stavelot 
et  du  marquisat  de  Franchimont  ne  se  rejoignent  à  l'E.  de  ce 
dernier. 

C'est  donc  vers  la  localité  appelée  aujourd'hui  la  Baraque- 
Michel  (hameau  de  Jalhay),  qu'il  faut  chercher  la  prétendue 
Terre  d'Orange  et  la  Table  carrée. 

Mais  ici  l'embarras  redouble  :  deux  points  sont  désignés 
comme  ayant  été  l'emplacement  de  cette  Table  carrée  qui  n'a 
peut-être  jamais  existé. 

Detrooz  désigne  le  voisinage  de  l'hospice  des  Hautes-Fagnes, 
qui  n'est  autre  que  Petershuys  (  cartes  de  Mercator  et  de  Fer- 
raris),  détruit  par  l'autorité,  parce  qu'il  était  devenu  un  rel'uge 
de  malfaiteurs. 

Ce  serait  donc  à  la  Croix-le-Prieur,  indiquée  aussi  comme 
point  de  démarcation  par  le  traité  de  juin  1816,  qu'il  faudrait 
chercher  le  point  en  question,  où  en  effet  était  jadis  la  jonction 
des  territoires  de  Franchimont  et  Stavelot  ;  cet  emplacement 
qui  répond  en  partie  aux  conditions  du  programme  deJ.  P. 
de  Limbourg,  est  en  outre,  comme  sur  la  carte  de  cet  auteur, 
à  l'extrémité  du  territoire  de  Jal'iay;  enhn  il  existe  encore 
aujourd'hui,  à  la  Croix-le-Prieur,  une  base  cubique  couverte 
d'inscriptions,  portant  le  nom  de  Panliaus,  que  le  vulgaire  a 
pu  considérer  comme  la  base  d'une  table  carrée,  sinon  comme 
la  table  elle-même. 

Cependant  les  habitants  de  la  Bai-aque-Michel  certilient  iju'il 
ne  faut  pas  chercher  la  Table  carrée  au  N.-O.,  mais  au  S.-E.  ; 
en  effet,  à  peu  de  distance  vers  Bourbrodt,   d'une  borne  pris- 


--  128  — 

mauquc  portant  les  trois  noms  :  St.welot,  Limbourg,  Luxem- 
lioiHG,  et  placée  à  la  limite  ancienne  de  ces  trois  territoires,  on 
ne  tarde  pas  à  trouver  à  Bodrange,  sur  le  territoire  d'Ovi- 
fat  (i)  (Prusse),  dans  la  direction  de  Sourbrodt,  une  autre 
base  cubique,  également  recouverle  d'inscriptions,  avec  le  nom 
de  T>;'»6'r.v  (  ti),  etqui  a  pu  comme  celle  de  la  Croix-le-Prieur, 
être  ou  supporter  une  table  carrée. 

Mais  les  deux  pierres  cubiques  à  inscriptions,  établies  l'une 
par  Pieri'e  Panhaus,  l'autre  par  Bartbolomé  Verners,  portent 
toutes  deux  la  date  de  1568  (s). 

Oi",  c'est  en  1605  seulement  qu'apparaît  pour  la  première  t'ois 
une  pierre  carrée,  destinée  à  servir  de  limite  entre  les  terri- 
toires de  Liège  et  de  Stavelot.  Le  21  octobre  de  cette  année, 
domLouys,  prieur  du  monastère  de  Malmédy,  décida,  avec  le 
concours  des  autorités  de  Franchimont,  etc.,  qu'on  porterait 
sur  la  Fagne,  à  la  limite  «une  grosse  carrée  pierre  pour  l'entre- 
dcux  et  séparation  d'entre  les  deux  pays,  savoir  entre  le  pays 
de  Francliimoîit  et  le  pays  de  son  Altesse  de  Stavelot.  » 

L'endroit  précis  où  la  pierre  carrée  devait  être  établie,  est 
fixé  par  l'art,  o  de  l'ordonnance  : 

«  Item  que  les  quatre  vinables  seront  tenus  d'ordonner  une 
cbarretle  avec  quatre  hommes,  lesquels  iront  rayer  des  aul- 
neaux,  beollcs  et  autres  bois  et  iceux  planter  parmi  le  chemin 
venant  et  allant  de  la  Croix-le-Prieur  (  i).  )> 


(I)  Sans  doute  An  vl  faij,  (au  vieux  hélrc,  obaùcvalioii  de  M.  le  baron  UE  Séias- 
LoNGCiiAMi's,  rapporleurj.  En  elîet  les  lièlrcs  Otaienl  souvent  plantes  dans  ces 
régions  pour  déterminer  les  frontières  (Voir  (InANDCAGNACE,  Mcmoires  .sur  les 
noms  de  lieux,  p.  \ii);  el  à  proximité,  se  trouve  Vinbielte,  point-limite  du  traité 
déterminé  par  un  vieux  hêtre  abattu  il  y  a  trois  ans  par  un  orage,  de  mùme  que 
tout  près  de  l'iarai[ue-Micliel  se  trouve  un  lieu  dit  llcrbofaij.  Herbe  au  hùtrp. 

d)  M.  Ars.  VE  jNouEafllrme  que  la  IJgendc  de  l;i  Table  carrée  est  attacbéo  par  le 
peuple  à  la  pierre  de  IJodrange. 

;3)   V.  Dnll.  des  Coiunt.  loij.  d'url  il  d'archiuL,  X,  p.  o!)î  cl  iUS. 

(i)  PûLAlN.  Itecticil  des  ordoriuniiccs  de  la  principauté  de  Stavelot,  p.  -^22. 
•(   Accord  toucliant  la  séparation  entre  le   marquisat  de  lYancliimont  e(  la  princi- 


—  129  — 

Il  lie  peut  s'agir  comme  «  pierre  carrée  »  établie  en  1605,  ni 
de  l'une  ni  de  l'autre  des  deux  pierres  à  inscriptions  de  1568, 
à  moins  de  supposer  que  celle  de  Pierre  Panhaus  a  été 
déplacée  de  son  site  primitif,  et  transportée  comme  «  pierre 
carrée  »  en  1605  :  des  tronçons  de  colonne  gisant  à  côté  de  la 
pierre  Panhaus,  tendent  h  faire  repousser  cette  hypothèse,  et  à 
l'aire  croire  que  ce  monument  a  été  établi  à  la  Croix-le-Prieur 
même;  mais  alors  pourquoi  une  seconde  «  pierre  carrée ,  »à 
proximité,  en  1605  ? 

Quoi  qu'il  en  soit,  la  «  pierre  carrée  »  de  la  Croix-le-Prieur, 
n'est  nullement  la  prétendue  Table  carrée  dont  parlent  J.  P.  de 
Limbourg,  Detrooz  et  Dethier. 

En  elïet,  l'enquête  à  laquelle  le  premier  de  ces  auteurs  fait 
allusion,  a  été  retrouvée  [i)  ;  or  les  points  directoires  sur  les- 
quels porte  l'enquête,  distinguent  parfaitement  entre  : 

'["  La  pierre  carrée  établie  comme  limite  entre  Franchimont 
et  Stavelot,  près  du  chemin  de  Sourbrodt  à  Jalhay;  c'est  la 
pierre  de  1605; 

2°  Une  croix  établie  au-delà  de  ce  chemin  vers  l'Orient;  c'est, 
d'après  deux  témoins,  la  Croix-le-Prieur; 

3°  Une  seconde  pierre  qui  «  dans  le  temps  passé  »  était 
placée  à  l'est  de  la  Croix-le-Prieur,  vers  Brochepierre,  au-delà 
d'une  autre  croix.  Celle-ci  mérite  d'attirer  l'attention  :  c'était 
'jne  pierre  à  trois  anneaux,  située  à  la  limite  des  trois  territoires 
de  Liège,  Limbourg  et  Stavelot.  Rien  du  quatrième  anneau, 
lioii  plus  que  du  quatrième  territoire  mentionné  par  J.-P.  de 
Limbourg. 

Les  points  directoires  ne  parlent  pas  de  pierre  carrée,  et  en 

paulé  de  Slavelot,  k  \Sl  Croix-le-Prieur,  sur  les  Fanges  »  L'ordonnance  du  Prieur 
portait  aussi  sur  le  rélablisseraeni  d'une  croix,  à  la  limite,  d'où  sans  doute  le  nom 
du  lieu  dit,  oii  un  prédécesseur  dudil  Prieur  avait  fait  tUablir  une  première  croix, 
détruite  en  1603. 

(1)  Archives  de  l'Etat  à  Liège  :  Registre  A.  06,  aux  Oeuvres  de  la  cour  de  Jal- 
hay, années  1717  à  17!26,  p.  216. 


—  130  — 

eli'et,  élaiit  sur  trois  terriloires  seulemcat,  un  quatrième  angle 
aurait  été  superflu  :  cependanl  certains  témoins  ajoutent  cette 
qualification  de  carrée,  la  plupart  par  ouï  dire,  un  seul 
individu,  à  peu  près  octogénaire,  pour  l'avoir  vue  dans  sa 
jeunesse. 

Mais  na-t-il  pas  confondu  avec  la  quantité  de  pierres  carrées 
de  ces  lieux  :  les  deux  pierres  de  Panhaus  et  de  Verners,  la 
pierre  carrée  de  1605,  la  Pierre  carrée  aux  Potalles  dont  il  sera 
lait  mention  ci-après  (traité  de  17oo),  etc.? 

Pas  un  mot  de  la  prétendue  Table  carrée,  sinon  que  la  pierre 
aux  trois  anneaux,  outre  certain  repas  accidentel  de  deux 
paires,  avait  servi  aux  agenis  Ibresliers  pour  y  régaler  d'une 
«  omelette  ou  volte,  «  les  individus  qu'ils  y  appelaient  à  l'effet 
de  graver  dans  leur  mémoire  par  ce  régal,  l'emplacement  de  la 
borne-frontière  des  trois  pays  (  '). 

Rien  non  plus  d'une  prétendue  Terre  ou  Commune  d'Orange; 
aucun  témoin  n'en  parle  :  il  s'agit  seulement  d'une  partie  des 
Fagnes,  libre,  francbe  et  commune,  sise  vers  les  Fagnes- 
Rasquin.  Cependant  des  renseignements  fournis  par  M.  Ars.  de 
NoLie  (t2),  établissent  que  la  maison  d'Orange  était,  en  ces 
régions,  propriétaire  d'une  partie  de  Fagnes  qui  fut  acquise  en 
1854  pour  environ  24,000  fr.  par  les  babitants  de  Sourbrodt, 
et  qui  peut  être  la  Terre  d'Orange  en  question,  si  toutefois  le 
caractère  de  «  terre  libre,  francbe  et  commune  »  (d'après  l'en- 
quête), et  «  de  terre  non  réclamée  par  un  seigneur»  (d'après 
J.  P.  de  Limbourg),  n'exclut  pas  la  propriété  privative  attribuée 
à  la  maison  d'Orange. 

Cette  Terre  d'Orange,  s'il  y  a  bien  lieu  de  lui  donner  déflniti- 


(ij  C'est  ainsi  que  dans  les  Icmps  anciens,  quand  on  piaulait  une  borne,  on  appe- 
lait des  enfants,  et  on  leur  administrait  des  soulllots,  pour  (ju'ils  pussent  rendre 
ténaoignage  plus  tard  de  l'emplacement  de  la  borne.  Moyen  naïf  de  ./'/■(ï/j/jf/ l'esprit  ; 
les  forestiers  dans  les  llautes-Fagnes,  pour  faire  retrouver  la  limite,  comptaient, 
eux,  sur  la  recuunaissance  do  l'csloinac. 

(2)  Lettre  du  14  novembre  1871. 


—  i:n  — 

vement  ce  nom,  avec  J.  I'.  deLimbourg,  n'était  pas  néanmoins 
une  commune  à  l'usage  des  habitants  du  ban  de  Jalhay  :  si 
l'enquête  a  ou  lieu  devant  la  justicede  ce  dernier  lieu, ce  n'était 
nullement  dans  un  procès  intenté  par  ceux  du  marquisat  do 
Franchimoiit  à  ceux  du  duché  de  Limbourg.  Loin  de  là,  les 
contendants  sont  ceux  du  duché  de  Luxembourg  et  ceux  de  la 
principauté  de  Slavelot;  on  prétendait  que  le  duché  empiétait 
sur  le  territoire  de  la  Principauté;  et  l'enquête  provoquée  par 
la  haute  cour  de  justice  de  Malmédy  eut  bien  lieu,  au  moins 
en  partie  (i),  à  Jalhay,  mais  seulement  à  l'effet  d'y  entendre  les 
habitants  sur  l'étendue  des  limites  de  la  Principauté,  et  la  pos- 
session qu'avaient  les  surcéants  du  ban  deWeismes  (Malmédy) 
d'aller  prendre  de  la  bruyère,  etc.,  en  une  partie  que  le 
Luxembourg  leur  disputait. 

A  la  suite  de  ce  procès,  les  parties,  abstraction  complèle  du 
pays  de  Liège,  réglèrent  leurs  limites,  ainsi  que  ditférents 
autres  droits  qui  les  concernaient  réciproquement,  par  un 
traité  du  1''"'  décembre  1755  (2),  où  il  est  décidé,  en  ce  qui 
concerne  la  partie  litigieuse  : 

«  Que  le  grand  chemin  (devant  Sourbrodt)  depuis  les  deux 
Grosses  pierres,  jusqu'à  la  Pierre  carrée  aux  Potalles,  tel  qu'il 
est  aujourd'hui  et  qu'il  se  trouve  désigné  sur  ladite  carte,  fera 
pareillement  la  séparation  dos  deux  pays,  et  appartiendra  tout 
entier  à  Sa  Majesté,  ainsi  que  la  Fagne-Piasquin;  bien  entendu 
que  tout  ce  qui  est  à  droite,  en  allant  depuis  les  deux  grosses 
pierres  en  droiture  sur  la  Ibntainc  de  Stockay  (3),  et  de  celte 
Ibntaine  jus(|u'à  la  Helle,  à  l'endroit  où  le  chemin  de  Néau, 


(1)  Les  autres  pièces  de  la  procédure  n'ont  pu  être  vérifiées  à  Malmédy,  à  raison 
du  transfert  des  archives  de  cette  dernière  ville  à  Dusseldorf,  où  un  complément 
d'études  pourrait  être  utilement  fait. 

(2)  PoLAiN,  lieciicil  cité,  p.  429. 

{?>)  D'après  une  copie,  communiquée  par  M.  de  Noue.  M.  Polain  imprime  Iloc- 
fuui.  Or  il  y  a  Hockay  et  Stockay  (  Y.  notamment  au  cadastre  de  l'rancorchanips, 
les  lieux  dits  llockay,  hameau,  et  Stockay,  n"  2808  ',. 


—  132  —  » 

passant  n  Brocliepierre  le  traverse,  sera  pays  de  Luxembourg-, 
et  que  tout  ce  qui  est  à  gauche  de  cette  limite,  sera  pays  de 
Limbourg.  » 

En  exécution  d'une  stipulation  expresse  de  ce  traité,  signé 
pour  l'impératrice  par  Cbarles  de  Lorraine,  des  bornes  lurent 
établies  aux  limites  lixées  (  i).  C'est  là  sans  doute  l'origine,  un 
peu  au  nord  de  la  Croix  de  Bodrange,  de  la  borne  citée  :  Sta- 
VELOT,  LiMBouiu;,  Lixemp.olik;  ;  celle-ci,  pas  plus  que  les  pierres 
cubiques  de  Panhaus  et  Verners,  n'a  donc  été  le  pied  de  la 
prétendue  Table  carrée. 

Bien  des  dénominations  de  lieux  dits  cités  ci-dessus  ont 
disparu  aujourd'hui;  on  a  recherché  en  vain  dans  les  docu- 
ments modernes,  le  cadastre,  etc.  :  Brocliepierre  ou  Xhavée,  la 
Tourbière  -  Monaij ,  les   Potalles ,   les    Grosses  Pierres,  etc. 

Il  y  aurait  lieu  de  vérifier  cela  de  plus  près,  pour  écarter 
toute  cause  de  confusion  sur  les  noms  dont  la  détermination 
faciliterait  la  recherche  des  difiérents  endroits  cités  ;  on  ne 
retrouve  guère  que  la  Fontaine  au  Pas,  dont  le  traité  de 
1755  détermine  la  position  ;  la  Croix  de  Bodrange ,  en  face 
de  la  Fontaine  au  Pas  ;  la  Fayne-Basquin  entre  la  Baraque-Mi- 
chel et  Sourbrodt  (sur  territoire  prussien);  la  Jlelle,  dont  la 
source,  la  Fontaine Périgny ,  est  un  iioint-frontière  du  traité 
de  1816  entre  la  Prusse  et  la  Belgique  (elle  côtoie  les 
Fagnes-Rasquin,  et  formait  jadis  limite  entre  Stavelot  et  Lim- 
bourg) ;  \ixCroi.v-le- Prieur,  autre  point  frontière  du  traité  de 
1816,  qui,  on  ne  sait  comment,  est  aujourd'hui  à  environ  un 
kilomètre  do  la  Prusse  ;  Petershuns  ou  Piette-ès-Fagne,  (aujour- 
d'hui Monl-Pielle),  un  peu  au  nord  de  la  Croix-le- Prieur  {-i). 


(1;  La  i;art(!  de  lùrrurin,  de  la  fin  tiii  Irailë  passé,  est  postérieure  à  ce  Iruilc 
de  nSo  ;  inutile  d'y  rechercher  par  conséquent  les  limites  antérieures.  La  carte 
dont  il  est  parlé  en  ce  traité  n'existe  pas  aux  Archives  de  l'Etat  à  Bruxelles. 
(Rens.  de  M.  P.  Pior). 

(2*  Voici  copendanl  sur   diOVrents  lieux  dits,  les  rensci^'neniciUs  donnés  par  la 


la.". 


Mais  ce  que  la  comparaison  de  l'enquôle  passée  à  Jalhay  en 
1724,  avec  les  deux  traités  de  1603  et  d(;  1755,  permet  de 
conclure  avec  certitude,  consiste  dans  les  données  suivantes  : 

1"  La  Terre  ou  Commune  d'Orange,  quelle  soit  ou  non  le  bien 
vendu  par  la  maison  d'Orange  aux  habitants  de  Sourbrodt,  était 
complètement  étrangère  au  marquisat  de  Franchimont,  dont  les 
habitants  n'y  exerçaient  et  n'y  prétendaient  même  aucun  droit. 

2"  La  prétendue  Table  carrée  était  simplement  une  pierre, 
peut-être  carrée,  portant  trois  anneaux  de  ter;  elle  était  située, 
avant  la  fin  du  XVIIP  siècle  (époque  où  elle  disparut),  à  l'an- 
cienne limite  de  Slavelot,  Liège  et  Limbourg,  limite  qui  était 
placée  à  une  certaine  distance  à  l'est  de  la  Croix-le-Prieur. 

'à"  Celte  pierre  ù  trois  anneaux  est  complètement  étrangère 
aux  deux  pierres  cubiques  de  Panhaus  à  la  Croix-le-Prieur,  et 
de  Verners  à  la  Croix-de-Bodrange,  comme  ù  la  borne  prisma- 
tique :  Stavelot,  LiiMBOLRG,  Luxembourg. 

Il  est  inutile  d'ajouter  qu'ti  raison  de  sa  forme,  certaine  co- 
lonne milliaire,  de  deux  à  trois  mètres  de  hauteur,  sur  la  roule 


femme  Scimiitz,  rie  la  Baraque-Michel  :  «  Drochepicrrc  se  trouve  entre  notre 
maison  et  la  fonH  de  Hertogcnwakl  ;  il  y  existe  une  croix. 

»  Xhavée  se  trouve  du  cùid  de  Cliarneux. 

>'  Foniaine-au-Pas  est  à  Piette-ès-Fagne,  près  de  la  forôt. 

»  Pierre  à  trois  Cornes  est  du  côté  de  Bodrange. 

»  La  peiiie  Hêtre  se  trouve  sur  les  Fagnes  entre  notre  maison  et  Jalhay. 

»  Tourfc-Monaij  est  près  de  chez  nous,  du  côté  du  Hockay. 

'.  Les  Potallcs,  Pierre  carrée  aux  Pnlalles^  Lieu  aux  Tourfes,  sont  près  de  chez 
nous. 

»  Les  deux  grosses  Pierres  se  trouvent  entre  notre  maison  et  Jalhay. 

»  Fontaine  SiocUay  est  entre  la  maison  Hestreux  (dans  la  forêl),  et  Béthane- 
(ioé.  « 

D'autres  lieux  dits,  dont  aucune  trace  n'existe  dans  les  documents  anciens,  sont 
Cl.apellc-Fisehbach,  à  raison  d'une  petite  chapelle  élevée  en  1830,  par  M.  H. 
Fischbach,  près  de  la  Baraque-Miclicl,  dont  la  création  date  de  4808;  eniin 
Monte-Rcgi,  où  se  trouve  la  Maison  Hoen,  et  non  Heune,  comme  il  a  été  imprimé 
au  BulL  des  Corn.  roij.  d'art  et  d'archéoi.  (Voir  sur  cetle  dernière  dénomination  et 
sur  d'autres  particularités  des  Ilautes-Fagnes,  l'intéressante  notice  de  M.  le  haron 
de  Sélys-Longchamps,  dans  \(^^  Annales  de  la  Société  rntomoloriirjur  helrtc,  ^nnéo 
•187r. 


actuelle,  près  de  la  frontière,  h  la  Baraque-Michel,  ef,  qu'à 
raison  de  sa  date,  certaine  stèle  de  station  géodésique,  élevée 
pour  l'empire  français,  par  le  colonel  Tranchot,  à  Bodrange,  ne 
doivent  pas  arrêter  un  seul  instant  l'attention  de  ceux  qui  con- 
testant les  conclusions  de  la  présente  notice,  voudraient  cher- 
cher ailleurs,  sur  les  Hautes-Fagnes,  la  prétendue  Table  carrée. 

Les  Hautes-Fagnes  (Faniœ  ,  du  prœeeptum  de  l'an  666) 
et  leur  point  culminant  en  Belgique  (la  Baraque-Michel, 
680  mètres  ;  Bodrange  en  Prusse,  est  un  tant  soit  peu  plus 
élevé),  méritent  au  surplus  l'attention  des  archéologues  :  là, 
en  effet,  se  rejoignent  deux  voies  romaines  importantes. 
L'une  est  sans  doute  la  Via  Mansiierisca  du  même  prœceptum  : 
celle-ci  figure  comme  route  romaine,  sur  les  cartes  prussien- 
nes (i),  qui  chose  désespérante  (et  qui  serait  môme  effrayante, 
s'il  y  avait  en  jeu  un  autre  intérêt  que  celui  de  l'archéologie) , 
sont  plus  complètes  que  les  nôtres  pour  notre  propre  terri- 
toire. L'autre  est  la  grande  voie  de  la  Vecquée  qui  parcourt  le 
plateau  des  Fagnes  depuis  Louveigné  jusqu'à  la  Baraque- 
Michel  ,  pour  continuer  en  Allemagne,  par  Sourhrodt,  sur 
Elsenborn,  Neuhof,  Schmidheim,  vers  le  Rhin  :  cette  seconde, 
dont  on  a  à  peine  parlé  dans  notre  pays,  a  été  récemment 
signalée,  avec  sa  véritable  importance,  par  le  colonel  Von 
Cohausen  (2);  c'est  même  une  route  stratégique  par  laquelle 
une  armée  venant  de  Butgembacli  ou  de  Malmédy,  serait  en 
quelques  heures  à  Louveigné,  au  contre  de  la  province  de 
Liège!... 

11  importe  vraiment  que  nous  no  nous  laissions  pas  ainsi 
devancer,  pour  Jiotre  propre  pays,  par  les  savants  des  pays 
voisins. 

Liège,  novembre  1871.  S. 

(1)  Voir  cntr'autrcs  à  h)  niljliothèqne  de  l'Universilé,  colles  qui  onl  servi  aux 
travaux  de  Dumont. 

{■>)  Jahrbïicher  tics  Vcrnns  von  Alti-rllnnnsfrcuiidi'ii  lui  lUiciulaude ,  XLIH 
(186-  .  p.  37. 


LA  NÉCROLOGIE  ÉTRANGÈRE,  A  SPA. 


L'état  civil  de  Spa,  plus  que  celui  de  toute  autre  ville  de  cette 
importance,  offre  de  l'intérêt,  par  cela  môme  qu'il  est  celui 
d'une  ville  d'eau. 

Fréquenté  de  bonne  heure  et  presqu'exclusivement  par  des 
étrangers  de  distinction,  par  des  personnages  grands  ou  par 
le  rang  ou  par  la  naissance,  notre  bourg  vit  ces  derniers, 
accomplir  assez  fréquemment  un  des  trois  actes  qui  sont  souvent 
les  seules  traces  que  laisse  un  individu  de  son  passage  à  travers 
la  vie  :  la  naissance,  le  mariage,  le  décès. 

Tout  naturellement,  en  ce  qui  concerne  les  Bobelins,  c'est  la 
mort  —  en  raison  même  de  l'incertitude  de  l'heure  où  elle 
frappe  —  qui  fournit  à  notre  état  civil  le  plus  fort  contingent. 
Aussi  est-ce  sur  la  partie  nécrologique  de  nos  registres  que 
nous  avons  reporté  uniquement  notre  attention. 

Ce  n'es;  pas  qu'au  courant  de  nos  recherches,  nous  n'ayons 
trouvé  quelques  cas  curieux  d'abjuration;  par  exemple,  celui 
d'un  prince  de  la  maison  de  Mecklembourg  qui  se  convertit  en 
1662  à  Spa,  à  la  suite  des  conférences  tenues  avec  le  savant 
liégeois  Thomas  Léonardi,  ou  encore  celui  dont  nous  transcri- 
vons l'acte  en  entier  : 

«  Eruesta  Alexandra,  Jnife,  fut  baptisée  ce  i'''''  septembre  4.^89; 


—  136  — 

pariii  M.  Coiine  de  Lumaij,  représentant  Ernest  evecqiie  de  Bavière, 
et  le  conte  AicoJas,  représentant  le  ducq  de  Parme;  marine  mad^ 
d'Arembergh  la  vieule.  » 

Nous  trouvons  aussi  au  XVIÏ*'  siècle  de  grands  dignitaires  ou 
des  nobles  de  haute  extraction  qui  ne  dédaignaient  point  de 
tenir  sur  les  fonts,  l'entant,  de  quelque  bon  bourgeois  de  Spa  : 
l'archevêque  de  Matines,  le  duc  d'Aerschot,  la  marquise  de 
Trasignie,  la  comtesse  d'Egmont,  etc. 

L'on  verra  qu'un  assez  grand  nombre  de  visiteurs  croyant 
trouver  ici  la  guérison  comme  le  disent  dans  leur  langage  naïf 
les  pages  de  cet  obituaire  :  rcmedium  quœsituri  Spadam  veneriint 
hue  morlem  reperirunt ,  nam  contra  vim  mortis  non  est  aqiia 
medicamen. 

Les  registres  destinés  aux  actes  de  l'état  civil  de  Spa  com- 
mencent en  iu70.  Malheureusement  il  existe  en  ce  qui  concerne 
les  décès,  une  lacune  assez  considérable  qui  embrasse  les  années 
1594  à  1633.  Il  faut  aussi  remarquer  qu'il  n'est  pas  fait  mention 
dans  ces  registres  des  personnes  mortes  dans  une  communion 
autre  que  la  communion  catholique.  Les  défunts  n'étant  inhu- 
més qu'à  Olne,  c'est  dans  cette  communauté  qu'était  dressé 
l'acte  de  décès.  M.  .1.  Matthieu,  instituteur,  qui  a  bien  voulu  faire 
des  recherches  à  ce  sujet  dans  cette  localité,  n'a  retrouvé  ([u'un 
seul  des  registres  à  ce  destiné,  registre  qui  ne  commence  qu'à 
l'année  1759. 

Nous  avons  restitué  les  noms  de  quelques  personnes  omis 
dans  les  registres  et  qui  sont  citées  comme  étant  mortes  à  Spa, 
soit  à  l'aide  du  grelîe  de  Spa  déposé  aux  archives  de  i'Elat,  soit 
à  l'aide  d'ouvrages  écrits  Piir  notre  ville.  Faisons  observer  enfin 
que  tous  les  individus  à  la  suite  desquels  il  n'est  pas  mentionné 
que  rinhumatioD  a  été  faite  ailleurs,  ont  été  enterrés  à  S])a. 

Albin  Bonv. 


—  137  — 

1572.  24  mai.  Jacob  Wautelet,  échevin  de  la  cour  de  Theux, 
trouvé  assassiné  à  la  forge  Brédar.  (Registres  aux  bannissements 
de  la  cour  de  justice  de  Spa.  Archives  de  Liège.) 

1573.  Vaillant  S^''  Jaspar  de  Lynden,  trespassat  à  Spaux  le 
26<=jor  de  junga"  1S73. 

—  Johan  de  Lonchin,  vaillant  homme  S^''  de  Flémalle,  Soye, 
Gentines,  Molembais,  capitaine  de  la  marchisat  de  Franchimont, 
trespassat  à  Spaux  le  19  jor  d'aoust  à  3  h.  après  midi. 

(Abry  dans  le  Recueil  héraldique  des  Bourguemestres ,  p.  268  , 
citant  répitaphe  de  ce  seigneur,  donne  la  date  du  10  août  1574.) 

1574.  Le  14''  de  jun  trespassat  Nandry  gentilhomme  fransoy. 
1579.  Johan  Nevelle,  chevalier  engloy  trespassat  l'an  79. 
1581.  Le  13"  de  jullet  est  trespassé  sire  Thomas,  père  jésuite 

engloy. 

—  L'an  même  au  29  jullet  trespassat  sire  Giele,  père  jésuite. 
1587.  Le  3'^  jour  de  jang  trespassat  S''  Jean  de  Valentiaz. 

1589.  Le  15«  jor  d'aoust  trespassat  damoselle  Margarite  de 
Geldre. 

1590.  Damp  Anthosne  Ambramby,  italien,  natif  de  Souro- 
zime.  (Registres  aux  banissements). 

1592.  Le  22'^  jour  d'avril  trespassat  Simon  deSentinon,  bailly 
de  l'Eveschez  et  comte  de  Verd....  (le  reste  du  mot  manque,  la 
page  étant  déchirée.) 

—  Le  16<=  jor  de  juillet  trespassat  Charles  de  duc  de  Parme, 
(il  s'agit  vraisemblablement  ici  d'un  individu  mort  à  l'enseigne 
du  Duc  de  Parme). 

—  Le  10'^  jor  d'octobre  trespassat  sieur  Renard  de  Gas- 
congne. 

1593.  Le  16"=  jour  de  mars  trespassat  Johan  Flahault,  deCalays. 

—  Le  26''  jour  de  may  trespassat  vénérable  home  sire  Léonard, 
curé  de  Spaux,  doyen  de  St-Remacle  à  Pont-d'Amercour. 

1603.  Demoiselle  Van  Hontsum  d'Anvers.  (Epitaphe  dans 
l'église  de  Spa). 
1641,  6  juin.  Dona  Anna  Libert,  uxor  D"'  D'Oupie. 


—  138  — 

{L'épitaphe  de  cette  dame  qui  existe  encore  dans  le  jardin  du 
presbytère  de  Spa,  est  ainsi  conçue)  : 

D.  0.  M. 

Admajorem  gloriam,  in  memoriam  charissimae  suae  conjugis 
domicilla3  Annae  tllioeque  amplissimi  domini  Anthonii  Liber 
scabini  supremse  jiistitiœ  Leodiensis,  et  domicillce  Mariae  de..., 
conjugum  legit-:morum,  Henricus  d'OupieJurisconsultus  et  Suae 
Celsitudinis  Leodiensis  procurator  generalis  ejusdem,  maritus 
divae  Annae  hujus  sacelli  prœsidi  et  suœ  quse  uxoris  patronse 
dedicavit. 

1642.  R^"'  Pater  Petrus  Canivet,  ex  Parisiis. 

—  R''"^  Dominus  Jossius  Morel,  pastor  in  Hievelde  juxta 
Dunkercam. 

—  Jacobus  à  Rrebis  venerat  medicorum  consilio  ut  vitam 
nonnihii  produceret.  Multas  suis  divitias  reliquil.  Cadaver 
reductum  est  Leodium. 

—  16  août.  Contracta  febri  ex  intemperato  fontium  potu, 
nobilis  et  generosus  juvenis  Michael  Brade,  dominus  de 
Ste-Croix,  venerat  in  Spa  de  Naivagne,  ubi  régi  Hispania  mili- 
tabat. 

1645,  1^'' juillet.  Claudius  Carré,  chirurgus  expertus  valde, 
oriundus  ex  Galliis  ad  ripam  Rliodani  supra  Lugdunum. 

1647,  o  juillet.  Nobilis  Dominus  Franciscus  de  Hamal,  baro 
de  Viernes,  etc. 

—  15  juillet.  R'"'  dominus  Jacobus  Maes,  pastor  in  Stcinfurt 
in  Westlandria  (i),  prope  Casseletum. 

—  5  août.  Joannes  de  Lannoy  servus  Rdi  domini  abbatis 
Danchin. 

6  septembre.  R'"'  dominus  Henricus  Gradir,  pastor  in  Falisol 
inter  Mosam  et  Sambram. 

1648,  10  juillet.  D""' Joannes  Petit,  sacellanus  revercndis- 
simi  episcopi  Tornacensis. 

[i)  Probablement  pour  Wcstphalia^ 


139 


—  4 août.  D""'  Daniel  le  Comte,  prsefectus  Cameracensis  et 
Hispaniarum  Régis  commissariusordinarius. 

—  4  septembre.  Joannes  Liveiioo,  mercator  Leodiensis,  vir 
insignis. 

1649,  31  juillet.  Quidam  juvenis  anglus  nomine  Henricus 
Alexandri. 

—  16  août.  D""-'  Lambertus  Ghisenne,  canonicus  ecclesiËe 
Tungrensis. 

—  9  juillet.  Lucas  Cawenberghen  navita  Gandensis. 

1650,  20  juillet.  Nobilis  et  excellens  mulier  D""  Catberina  de 
Celles,  uxor  nobilis  et  excellentis  D"'  Hellii  (?)  Frederici  comi- 
tis  de  Merode  ab  Waroux. 

(Voyez  \^  Bibliographie  liégeoise,  anno  1650.) 
— 1631,  juillet.  Petrus  Woms,  coquus  excellentis  D"'  de  Haut- 
bois. 

—  Rdus  t)nu3  Nicolaus  de  Watten ,  Insulensis ,  archidiaconus 
et  officialis  Episcopi  Namurcensis  dicti  Dubois. 

—  4  août.  Quidam  juvenis  nomine  Cbristianus,  lamilitii  excel- 
lentis D"'  Marcliionis  de  Wesleiioo. 

—  9  août.  M.  Jean  de  laFaulx  ou  de  Vaulx(sic),  parocbien  de 
St-Pierre  en  Vaulx,  procbe  de  Binclie,  diocèse  de  Cambray. 

—  15  août.  Nobilis  D"^  Maria  Francisca  Bindts,  uxor  nobilis 
viri  Francise!  de  Dixmude,  equitis  D"'  de  la  Balgbes,  pra'positi 
urbis  Valencinae. 

1651,  18  septembre.  Noble  et  vertueuse  demoiselle  Jeanne 
Gulbelmine  Snoeyf,  fille  d'bonneur  à  très-noble  et  généreuse 
dame  madame  la  comtesse  de  Glaine. 

1652,  14  juillet.  Très-digne  demoiselle  Hélène,  fille  Lambert 
Artzen,  du  bourg  dict  Dril  au  pays  de  Gueldre. 

—  15  août.  Le  sieur  Euslache  Englebert,  bourgeois  mar- 
chand de  Liège. 

—  7  octobre.  Honestus  Dominus  Anthonius  Prévost  alias 
Lespinetle,  ex  provincia  Picardia  oriundus. 


~  uo  — 

—  13  novembre.  Clément  Lavigne,  cuisinier  Françoy,  venu 
icy  d'Hollande. 

1653,  30  juillet.  Honnête  et  vertueuse  femme  demoiselle 
Françoise  del  Roë,  espouse  du  sieur  Georges  Serret  de  Valen- 
ciennes. 

1653.  Saumaise,  ainsi  que  le  témoigne  son  épitaplie,  mourut 
aussi  à  Spa,  mais  fut  inhumé  à  Utrecht  : 

Finivit  Spadae  vitam  Salmasius  hospes 
f  Trajectum  cineres  ossaque  triste  tenet. 

(Voyez  De  Villenfagne,  Histoire  de  Spa.  Tom.  I,  p.  205.) 

1654,  22  juillet.  Noble  personne  Gaspar  Hùet,  advocat  par 
devant  la  courte  de  Hollande. 

—  2  août.  R'"*  sieur  Jean  Del  Ré,  chanoine  de  St-Albert  à 
Aix,  bénéficier  de  St-Pierre. 

1656,  13  juin.  Demoiselle  Petronille  espouse  de  sieur  Jean 
Laby,  procureur  à  Gand. 

1657,  31  août.  Jean  Le  Maigre,  serviteur  au  S^''  capitaine  De 
Martin  de  Castelneau. 

—  26  novembre.  Estienne  Medy,  de  la  province  de  Rerri  en 
France,  d'un  village  assez  voisin  de  Bourges. 

1661,  20  avril.  Marie  Gile  de  Brecheuville,  de  Lorraine, 
proche  Verdun. 

1662.  M.  Nicolas  Van  Ghendt,  commissaire  du  Roy  à  Malines. 

—  24  may.  Révérend  Seigneur  Jacques  de  Sclessin,  irefon- 
cier  et  vice-doyen  de  St-Lambert. 

—  17  juillet.  Révérend  N.  Beruvart  (?),  chapelain  à  Saint- 
Lambert. 

1664,  4  juillet.  Dame  Amelberghede  Loqenhagen,  (Locqen- 
ghien?)  espouse  à  Mons'  de  Warcoin  (?),  résident  h  Lysle  en 
Flandre. 

—  24  juillet.  R'"'.  Titus  Horion,  chanoine  de  Looz. 

1665,  25  juillet.  D.  Conrardi,  chanoine  de  St-Jean  en  Liège. 
Son  corps  fut  remenez  à  Liège. 


—  141  — 

—  31  juillet.  Demoiselle  Marie  de  Maere,  de  Gand. 

1666,  25  juin.  M.  le  R"'^.  Rossius,  chanoine  de  St-Pierreà 
Liège.  Remenez  à  Liège. 

—  8  août.  R"''.  Anthoine  Lisen,  chanoine  de  Ste-Croix  en 
Liège. 

—  16  août.  Dominicq  Carty,  hybernois,  de  noble  maison. 

1667,  9  septembre.  Adrien  Goessens  de  Zèle,  proche  Ter- 
monde  aux  Pays-Bas. 

1668,  18  juillet.  D.  Henricus  Rovers,  flamand,  ingénieur  du 
fort,  à  Liège. 

—  26  juillet.  Demoiselle  Marguerite  Gilon,  de  Liège. 

1669,  21  juillet.  Joan  Antonio  Ceute  de  Brusselle,  archier  du 
Roy. 

1670,  4  novembre.  M.  Jean  Littarl  de  Grape-Fontaine,  en  la 
Seigneurie  de  Neuf-Chasteau  au  pays  de  Luxembourg. 

1671,  31  juillet.  M""  Lancelot  Parys,  marchand  de  Brusselle. 
(Son  èpitaphe  orthographie  Barry.) 

1672,  4  août.  Révérend  Joachim  de  Pré,  chanoine  à  Valen- 
ciennes. 

—  31  août.  Jacques  Grus  de  Grandchamps,  de  Rouen  en 
France,  soldat  de  la  garde  du  corps  du  Roy  de  France. 

—  2o  novembre.  Révérend  Guillaume  de  l'Arche,  liégeois, 
mort  en  la  maison  pastorale. 

1673,11  may.  Barbe  Raymond,  loraine  de  nation. 

1675,  5  janvier.  Joannes  Jorkowitz,  ex  Horestein  in  Croatia. 

—  3  septembre.  Maximilien  de  Mérode  marquis  de  Wester- 
loo,  baron  de  Peetersem.  Son  corps  remené  à  Mérode  pays  de 
Juliers. 

1676,  16  juillet.  Jean  de  Bra,  chanoine  de  St-Paul  en  Liège., 
1678,  2  juin.  Noble  Seigneur  Charles  Domgelberch  vicomte 

de  Zulebeeck,  premier  conseiller  du  Brabant. 

—  7  juillet.  M"'' Anne  Mottet,  bourgeoise  de  Liège. 

—  17  juillet.  M»«  Elisabeth  Laurenty,  bourgeoise  de  Liège, 
femme  de  M  Lefort,  marchand.  Son  corps  rcmenez  à  Liège, 


—  1 


—  Denis  de  Léonard,  liégeois,  qui  fut  père  de  Mathieu  de 
Léonard,  bourgmestre  de  Liège  en  1710,  et  grand-père  de  Léo- 
nard de  Streel,  aussi  bourguemestre  de  Liège  en  1778.  (Cité  par 
De  Villenfiigne,  Ilistuire  de  Spa.  T.  L  p.  268). 

1679,  16  janvier.  Jean  Pigeon,  bourgeois  de  Limose,  paroisse 
de  St-Pierre  (Frances. 

1679,  20  août.  Père  François  Plenevaux,  minime.  Son  corps 
remené  à  Liège. 

—  Jean  Gaspard  Ferdinand  comte  de  3ïarchin  du  Saint-Em- 
pire et  deGravilie,  mai'quis  de  Clermont,  baron  de  Dunes, 
Seigneur  de  Modave,  Mesières  et  Vieux-Waleffe ,  chevalier  de 
la  Jarretière,  etc.,  etc. 

(  Voir  Les  hommes  illMstres  de  la  nation  liégeoise  par  Abry,  p.  526. 
Les  délices  du  pays  de  Liège  et  Le  miroir  des  Nobles  Hemricourt, 
préface. 

De  Villenfagne.  Histoire  de  Spa,  T.  I,  p.  267  ;  Delvaux,  Dic- 
tionnaire biographique;  et  Becdelièvre,  Biographie  liégeoise  re- 
portent tous  trois  à  1673  la  mort  de  ce  seigneur  ,  qui  fut 
inhumé  à  Modave. 

—  16  septembre.  Renier  Matthaei,  autrefois  curé  de  Cler- 
mont et  ensuite  chanoine  de  St-M,iterne  à  Liège. 

1682,  19  août.  Messire  Guillaume  Ernest  de  Marteau,  con- 
seiller du  grand  conseil  du  Roy  à  Malines.  Son  corps  a  été 
inhumé  ii  Huy  en  Condroz. 

1683,  3  août.  Don  Antonio  Velaz  Demedrano  Marquis  de 
Tabuerniga,  etc.  gouverneur  de  Termoude. 

1684,  16  juillet.  Fut  occy  en  plein  marché  M.  Hubert  Cloes, 
commissaire  de  la  cité  de  Liège,  par  un  capitaine  hollandais  de 
Maeslreck.  Son  corps  fut  remené  à  Verviers  d'où  il  était  natif. 

—  31  août.  M.  Jean  Van  Beefe,  avocat  de  Bruxelles. 

1683,  l*"'  novembre.  M.  Bailly  de  Villers-le-ïemple,  lez-Huy. 
1686,  6  aoust.  M.  Henry  Rouvers,   chanoino  de  St-Denis  en 
Liège. 

—  11  août.  Honoré  Seigneur  Renier  de  Favs,   haut-voué  de 


—  143  — 

notre  marquisat.  Son  corps  inhumé  à  Verviers  aux  sépultures 
de  ses  ancêtres. 

4687,  3  septembre.  Mathieu  Winotte,  bourgmestre  de  Lou- 
veigné. 

1688,  13  août.  Monsieur  Tornaco,  mayeur  et  haut-voué  de 
St-Trond. 

—  19septembre.  Monsieur  N.  Jardon,  eschevin  de  Verviers. 
Son  corps  fut  là  remené. 

1689,  l^--  septembre.  M.  le  marquis  de  Fontette,  maistre  de 
camp  d'un  régiment  de  cavalerie  pour  le  service  de  S.  M.  T.  G. 

1694,  30  mars.  Jean  Burnay,  paroissien  de  Verviers. 

1698,  2  août.  Révérend  Père  Haubonval,  docteur  en  Sor- 
bonne  et  fameux  prédicateur. 

1699,  28  juillet.  Révérend  Jean  Paul  Slinse  (?),  chanoine  régu- 
lier de  St-Gilles. 

1703,  5  juillet.  M.  de  Villeneuve,  étranger. 

1708,  18  octobre.  Le  sieur  Jacques  de  Sclessin,  ancien  bourg- 
mestre de  Liège. 

(Abry.  Becueil héraldique,  p.  484,  donne  la  date  du  8 octobre). 

1708.  Jean  de  Noirfalize,  escuyer,  mort  h  Spa,  avait  épousé 
demoiselle  Goudert  de  Beauregard.  (Généalogies  de  Lefort). 

1709, 14  août.  Le  sieur  mayeur  de  Sclessin,  étranger. 

1711,  12  avril.  Le  sieur  Etienne  Arnold  de  Storheau,  éche- 
vin  de  ïheux. 

—  11  mai.  Le  sieur  Nicolas  Prcsseux,  prêtre. 

—  1"  juillet.  Pierre  François  de  Petitpas,  Seigneur  de  War- 
quoin,  gentilhomme  de  Lille  en  Flandre. 

1720,  5  janvier.  Seigneur  Christophe  Billingfly,  anglais,  colo- 
nel de  cavalerie  au  service  de  S.  M.  britannique. 

(Signalé  dans  les  registres  du  greffe  deSpa,  n"  88). 

1721,  24  février.  Louis  Ghobert  dit  la  Croix,  du  régiment  du 
Roy,  d'entre  les  duchés  du  Maine  et  d'Anjou. 

1724,  6  juillet.  M.  François  Magny,  de  Valcnciennes. 


—  144  — 

47:2o,  17  mai.  Jacque  Crau,  pèlerin,  natif  de  Vaubon  près  de 
Grenoble. 

1737,  il  janvier.  iM.  Gilbert  Cornet,  avocat  de  la  cour  épis- 
copale  de  Liège. 

1739,  12  septembre.  M.  Jules  Moraux,  notaire  de  la  cour 
épiscopale  de  Liège. 

1741, 12  août.  M.  Jean  Pliilippe  Badare,  anglais  de  nation. 

—  17  août.  Noble  Seigneur  Adrien  Maximilien  Grangier,  sei- 
gneur de  Bellesme,  en  France. 

1742, 18  février.  M.  Louis  Vincesnoy,  de  la  Picardie. 

1743,  22  avril.  M.  Tichlein,  lieutenant  dans  le  régiment  de 
dragons  de  M.  Von  Wendt. 

(  Cité  dans  le  greffe  de  Spa,  reg.  93). 

—  19  juillet.  M.  Henry  Verschuylen,  de  la  paroisse  Notre- 
Dame  à  Anvers. 

(L'épitaplie  porte  Martin,  au  lieu  de  Henry). 

—  10  août.  31.  Claude  Alphonse  Poulin,  français  de  nation. 

1744,  20  janvier  M"'^  Christine  Dujardin,  veuve  du  sieur 
Anthoine  Dujardin,  bourgmestre  de  Herstal. 

—  1"  novembre.  M"«  Anne  Lens  de  Walstrafif,  archevêché 
de  Trêves. 

1745,  5  juin.  M.  et  Rev.  Jean  Glande  de  l'Arbie,  prévôt  et 
Seigneur  de  Merssen,  prieur  de  l'abbaye  d'Eaucourt. 

1746,  1^'  avril.  M.  Jean  Berly,  de  Nantes  en  Bretagne. 

—  10  juillet.  M.  Henri  Joerlet,  de  Liège. 

—  13  décembre.  Anthoine  Joseph,  lils  de  Jean  Joseph  Clanzcr, 
chevalier  du  régiment  Karoly,  capitaine  liongrois  et  quartier- 
maître. 

1748,  7  janvier.  Jean  Warara,  hussard  du  régiment  de  S.  A. 
le  prince  Esterhasy. 

—  31  août.  Anne  Léonard  Van  Clair,  épouse  du  sieur  Jean 
Lacroix,  de  Verviers. 

1749,  S  août.  M.  Louis  Grégoire,  de  la  paroisse  de  St-Jean- 
Baptiste  à  Liège. 


—  145  — 

—  18  août.  Jean  Gérard  Moyen,  Drossart  deVogelsang,  gref- 
fier d'Ouffet,  prélocuteur  devant  MM.  les  échevins  de  Liège- 
Paroissien  de  St-Adalbert. 

1751,  20  juillet.  D"^  Marie  Elisabeth  Brixlie,  de  la  paroisse  de 
St-Adalbert  à  Liège. 

—  août.  Nicolas  Jacques  Caigneart,  de  Dreux  en  Beauce^ 
diocèse  de  Chartres. 

1752,  19  juin.  Rév.  Père  Jean  Jackson,  recteur  des  jésuites 
anglais  à  Liège. 

—  26  juillet.  Etienne  Gille,  natif  de  Westerloo,  religieux  du 
couvent  de  St-Bernard  ad  Scaldim,  proche  d'Anvers,  révérend 
curé  de  Gustel. 

—  4  septembre.  Frère  Joseph  Anderson,  hermite  de  Saint- 
Maur-lez-Liège. 

—  5  décembre.  Louis  Vincent,  de  la  paroisse  de  St-Remy 
d'Amiens,  soldat  du  régiment  de  Liège  et  de  la  compagnie  du 
major  Lucilly. 

—  28  décembre.  Jean  Testore,  de  Casco,  vallée  de  Callanca 
dans  les  Grisons. 

1754,  16  janvier.  Conrard  Burvenich,  de  Jolsemme,  pays  de 
Juliers. 

—  15  février.  M.  Claude  de  Chilli,  français  de  nation. 

—  28  février.  M.  François  HenriouUe  de  Jauze,  diocèse  de 
Namur. 

1755,  24  avril.  M™<=  Ursule  de  Villers,  veuve  de  Thomas  Stein- 
bach,  de  Malmédy. 

—  15  novembre.  Noble  Seigneur  messire  Philippe  César 
Aubert  de  d'Aubœuf,  chevalier,  seigneur  de  Vertot,  paroisse  de 
St-Fromond  h  Fècamps  en  Normandie,  pays  de  Caux. 

—  26  décembre.  Honorable  François  Du  Jardin,  bourgmestre 
et  capitaine  de  Wandre. 

1758,  1«''  mai.  Sœur  Marie  Jeanne  Doneux  dite  Dodet,  née  à 
Ville-aux-Tours,  paroisse  de  Hody. 


—  146  — 

1759,  4  juin.  Madame  de  Pirman,  anglaise,  de  la  communion 
anglicane.  Enterrée  dans  le  chœur  de  l'église  à  Olne. 

—  27  septembre.  M.  N.  Schuts,  marchand  suédois  delà  com- 
munion luthérienne.  Enterré  dans  le  cimetière  d'Olne. 

1760,  8  novembre.  M.  Valentin  Hiblel,  prêtre,  chanoine  de 
Wassembej'gh. 

1761,  17  mai.  M.  Nicolas  Briquelot,  natif  de  Neufville  en 
Lorraine. 

—  3  août.  M.  Nicolas  Jacobi ,  marchand  bourgeois  de  la 
paroisse  St-Pholien  à  Liège. 

—  30  septembre.  M-""  Françoise  Monique  Billerin,  épouse  de 
M.  Etienne  Fischer,  de  la  paroisse  St-Etienne  b.  Strasbourg. 

1762,  2  septembre.  M""'  Marie  Catherine  Rafin,  épouse  de 
M.  Pierre  Gilly,  chirurgien-major  de  l'hôpital  de  Givet. 

1764,  27  septembre.  Georges  Hervey,  anglais. 

—  3  octobre.  Très  noble  Prince  Guillaume  duc  de  Devons- 
hire  marquis  de  Hardington,  baron  de  Cavendisch,  de  Harwich, 
grand  trésorier  d'Irlande,  gouverneur  de  Charleterhouse,  pré- 
sident de  l'hôpital  de  Londres,  etc.,  etc.,  etc.  Fut  inhumé  en 
Angleterre. 

1765,  17  août.  Augustin  Joseph  Des  Sars,  de  la  paroisse  de 
Ste-Marie  de  Binche,  diocèse  de  Cambray. 

—  12  septembre.  ^Guillaume  Cooper,  natif  de  Castle  Reight 
dans  le  comté  de  Roscomon,  en  Irlande. 

1766,  22  juillet.  Adam  Perchove,  de  la  paroisse  de  St-André 
à  Liège. 

—  13  août.  M.  François  Maggiore,  de  Naples. 

—  19  septembre.  Nicolas  La  Meunière  de  la  Petite  Fontaine, 
étranger. 

1767,  31  août.  Pierre  Marie  Surmere,  de  la  paroisse  de  Notre- 
Dame  du  Quesnoy,  diocèse  de  Cambray. 

1768,  lu  mai.  Prosper  Lappal,  de  Bruxelles. 

1769, 18  juillet.  Daniel  Coiuior,  de  la  paroisse  de  St-James, 
Il  Londres. 


.._  147  — 

—  21  août.  M"^«  Marie  Bronne,  veuve  d'Adolphe  Wester,  de 
la  paroisse  St-Servais,  à  Liège. 

1770,  2  août.  M.  François  Goethals,  de  la  paroisse  de  Saint- 
Nicolas  à  Gand. 

—  27  octobre.  M""^  Marie  Elisabeth  Moore,  veuve  de  M. 
N.  Coppinger,  du  comté  de  Droggheda ,  en  Irlande. 

1771,  18  août.  Bernard  George  de  Landocq,  en  Languedocq. 

—  22  août.  Lisbeth  Dex  d'Oxfort,  en  Angleterre. 
Inhumée  dans  l'église  d'Olne. 

—  6  septembre.  M.  Eillee  de  Glusterscher,  de  la  communion 
anglicane. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne, 

—  9  novembre.  M'"''  Marie  Colin,  épouse  de  Jean  Renier  de 
Pont,  de  la  paroisse  St-Martin,  à  Liège. 

—  16  décembre.  Jean  Pierre  Maug  de  Scheivenhuit,  diocèse 
de  Cologne. 

1772,  27  juin.  Michel  Roland,  de  la  paroisse  de  St-Martin,  à 
Liège. 

—  11  juillet.  M"'*'  Marie  Joséphine  baronne  de  Cler,  épouse 
de  noble  et  généreux  Seigneur  Nicolas  Toussaint  De  Thier,  che- 
valier du  St-Empire  romain,  seigneur  de  Scheuvre. 

—  30  août.  Louis  Raymond  Fortré,  de  la  paroisse  Sainte- 
Marie  du  Temple,  à  Paris. 

—  17  septembre.  M'""^  Victoire  Lucrèce  Lascaris  de  Janna,  de 
l'île  Martinique,  épouse  de  M.  Nicolas  Maillard,  docteur  en 
médecine. 

1773,  28  janvier.  Jean  Henri  Rester,  de  la  paroisse  de  Cal- 
lenharl,  duché  de  Westphalie,  diocèse  de  Cologne. 

— 15  mars.  Le  rév.  sieur  André  Sougnez,  prêtre  de  la 
paroisse  St-Nicolas  à  Liège. 

—  19  mars.  Jean  Juslosh,  de  la  communion  anglicane. 
Inhumé  dans  l'éghse  d'Olne. 

—  29  mai.  Alexandre  Hâve,  d'Ecosse. 


._  148  — 

—  25  juin.  M.  Georges  John  Frédérich  Schoniau,  delà  com- 
munion anglicane. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

—  30  juillet.  M.  Michel  François  Lecordié  de  Bonneval,  gen- 
tilhomme français. 

—  28  août.  Bernard  Swierten  Dalmelo  de 

—  i8  octobre.  M.  François  Vallier,  officier  au  service  des 
Etats  généraux. 

1774,  16  juin.  M.  Jean  Lambert  Derote,  conseiller  de  S.  A. 
G.,mayeur  échevin  de  la  ville  deVerviers,  lieutenant-gouverneur 
du  marquisat  de  Franchimonl. 

—  17  juillet.  M.  Boscawen,  gentilhomme  anglais,  de  la  com- 
munion anglicane. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

1774,  26  juillet.  Son  Excellence  M'"«  la  comtesse  Charlotte 
douairière  de  la  Leyen-Gerolseck,  née  comtesse  de  Hartzfels- 
Gleichen.  Inhumée  dans  l'église  des  RR.  PP.  Capucins. 

—  27  juillet.  M.  Drumont,  gentilhomme  anglais,  de  la  com- 
munion anglicane. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

—  30  juillet.  M.  Forster,  gentilhomme  anglais,  de  la  commu- 
nion anglicane. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

—  10  août.  M.  Jean-Baptiste  Durieux,  de  la  paroisse  Saint- 
Quentin  d'Aizelle,  diocèse  de  Laon. 

—  10  septembre.  M.  Dallon,  de  la  communion  presbyté- 
rienne d'Angleterre. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

1773,  24  juillet.  Pierre  François  Joseph  Hamoire,  de  Valen- 
ciennes. 

— 17  septembre.  Noble  et  illustre  demoiselle  Louise  Nugent, 
fille  de  feu  Honorable  colonel  Nugent,  de  la  paroisse  de  Goes- 
ficld  dans  le  comté  d'Essex  en  Irlande- 


—  149  — 

—  lo  octobre.  Haut  et  puissant  Seigneur  messire  Jean-Bap- 
tiste de  Mac-Mahon,  marquis  d'Eguilli,  deLinserick,  en  Irlande. 

1776,  17  juillet.  M"""  Louise  Chanvel,  épouse  de  M.  Tourton, 
banquier  à  Paris,  de  l'église  réformée.  Inhumée  dans  l'église 
d'Olne. 

—  21  septembre.  Joseph  Zara,  de  Palerme. 

1777,  20  août.  M.  Devenue,  chanoine  de  St-Materne  et  de 
St-Lambert  à  Liège. 

—  26  août.  M.  le  baron  de  Simolin,  conseiller  d'Etat  de  S.  M. 
l'impératrice  de  Russie,  ministre  plénipotentiaire  en  Courlande,- 
chevalier  des  ordres  de  l'Aigle  noir,  de  St-Stanislas  et  de 
Ste-Anne,  etc.,  de  l'église  luthérienne. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

1778,11  septembre.  Demoiselle  Victoire  Tyval,  de  Lille  en 
Flandre. 

1779,  9  juillet    Noble  et  généreux   seigneur  d' Aigrement-    ^ 
Waroux,  ancien  bourgmestre  de  Liège. 

—  15  juillet.  M.  François  Jarroz,  de  la  paroisse  Les  Cha- 
pelles de  la  province  Tarentaise,  en  France. 

1780,  12  février.  M""'  Jeanne  Antoine  du  Hamel,  épouse  de 
M.  Henri  Bodson,  comte  palatin,  chevalier  de  St-Jean  de 
Latran  et  de  l'Eperon  d'or. 

—  23  juillet.  M.  Walthère  Henri  Beanin,  jurisconsulte  et 
avocat. 

—  22  septembre.  M""'  Marie  Isabelle  Joséphine  de  Grady, 
épouse  de  M.  de  Grady  de  Bellaire. 

—  8  octobre.  M.  N.  Paumier,  négociant  de  Dublin,  Irlande, 
de  régr.-e  réformée. 

Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

1781,21  juin.  M.   Rutherford ,  capitaine    au  service  de  la 
Grande-Bretagne. 
Inhumé  dans  l'église  d'Olne. 

—  29  août.  M.  Ferdinand  Joseph  Célestin  de  Reusme,  de 
Nivelles. 


—  150  — 

1783,  3  août.  Dominique  Lanza,  de  la  principauté  d'Asturie, 
diocèse  d'Oviedo  en  Espagne. 

1784,  2  novembre.  Antoine  Anet  Hebrard,  de  la  paroisse  de 
St-Pierre  àClermond-Ferrand. 

—  27  novembre.  M""=  Anne  Harry,  anglaise,  de  la  commu- 
nion anglicane. 

Inhumée  dans  l'église  d'Olne. 

1785,  1'''  septembre.  M'»^  Marie  Gore  veuve  de  M.  Charles 
Gore  esquire,  anglaise,  de  la  communion  anglicane. 

Inhumée  à  Olne, 

—  3  septembre.  Le  chevalier  Henri  Harvy  Aston,  anglais  de 
la  religion  réformée. 

Inhumé  à  Olne. 

1787,  2  septembre.  George  Fouarge,  prêtre,  de  Modave. 

—  4  septembre.  Jean  Pierre  Mataron  du  Janau,  de  Servière, 
paroisse  de  St-Pons-lez-Barcelonnette,  en  Provence. 

—  18  septembre.  Noble  seigneur  François  Ferdinand  Liber 
baron  de  Seraing,  abbé  de  Siegburg,  qui  est  de  l'ordre  de 
St-Benoit  en  Allemagne. 

1788,  1  avril.  M.  Jean-Baptiste  Maighem  de  Beclers,  de  Ti- 
mougies  (?)  en  Hainaut,  chatellenie  d'Ath. 

1789,  13  août.  Madame  Isabelle  Ramondt,  épouse  de  M. 
Herman  Spiliene  (?),  de  Gand. 

1791,  9  août.  Très  haute  et  très  puissante  demoiselle  made- 
moiselle Sophie  de  Walsh-Serrant,  fille  de  très  haut  et  très 
puissant  Seigneur  Charles  Joseph  Augustin,  vicomte  de  Walsh- 
Serrant,  colonel  commandant  du  régiment  de  son  nom  au 
service  de  France,  chevalier  de  l'ordre  de  St-Louis;  et  de  très- 
haute  et  puissante  Dame  Anne  Marguerite  Julie  de  Liège. 

—  22  août.  Sir  Pierre  Rossignol  de  La  Croix,  avocat  au  par- 
lement de  Paris,  né  à  Saumur. 

—  25  août.  Henri  Choiseul,  fils  de  messire  Jean-Baptiste 
Armand  Choiseul,  gentilhomme  anglais,  résidant  à  Kilbrough, 


—  loi  — 

province  de  Galles,  marquis  de  Choiseul  en  France;  et  de  M*^* 
Marie  Danskin-Choiseul  de  Kiiwrough. 

—  il  octobre.  Noble  et  généreuse  dame  M™**  Marie  Adélaïde 
Maximiliane  Walburge  Emilie,  baronne  de  Geir  et  de  Scliwep- 
penbourg,  épouse  de  M.  Gérard  Deleau,  maître  des  eaux  et 
forêts  de  S.  A.  et  directeur  des  postes  impériales. 

1792,  21  mai.  Georges  baron  de  Bleckhem,  chanoine  de  l'il- 
lustre cathédrale  de  Tournay. 

—  2  août.  Messire  Christophe  Florence  de  Sachy  de  Mar- 
cellet,  fils  de  messire  Gabriel  Florence  de  Sachy  de  Marcellet, 
chevalier,  officier  au  régiment  de  Royal-Infanterie,  et  de 
M'"^  Marie  Anne  Catherine  de  Beaurepaire. 

—  8  septembre.  Marie  Catherine  Isabelle,  fille  de  M,  Louis 
baron  de  Fechembach  et  de  M""*  Sophie  de  Fechembach,  née 
baronne  de  Brabeck. 

—  16  septembre.  Son  Excellence  Henri  Léonard  Jean-Baptiste 
de  Berlin,  baron  de  Bourdeilles  ,  comte  de  Benon  ,  baron 
d'Aunis,  commandeur  des  ordres  du  Roy  et  ministre  d'Etat  de 
France. 

—  16  septembre.  M.  N.  Derosier  de  Troye,  en  Champagne. 

—  2  octobre.  M"''  Marie  Catherine  Dobbelstein  de  Walhorn, 
épouse  à  Gérard  Sébastien  Dubois. 

—  11  novembre.  M.  le  chevalier  Du  Croc  du  Brassac. 

—  12  novembre.  M.  Nicolas  Victor  de  GroUée-Virville,  che- 
valier de  l'ordre  de  St-Louis,  garde  du  corps  de  la  compagnie 
écossaise. 

—  13  décembre.  M.  Daniel  Chateigni  de  Bussaut  en  Poitou. 

1793,  29  janvier.  Nicolas  Coulon,  de  Mongé-la-Tour,  déparle- 
ment de  Seine-et-Marne,  de  la  compagnie  du  73'=  régiment  des 
troupes  de  la  République. 

—  2  février.  Jean-Baptiste  Gaulard,  de  Marnay,  département 
de  Jura,  grenadier  de  la  2'^  compagnie  du  2'=  régiment  des 
troupes  de  la  République. 

—  13  février.  Charles  Rochet,   de  l'île  Bouin  ,  district  de 


—  152  — 

Chatelelain,  département  de  la  Vendée,  grenadier  de  la  2"^ 
compagnie  du  71"  régiment  des  troupes  de  la  République. 

—  20  février.  M.  François  Corda,  chirurgien,  français. 

—  14  août.  M.  François  Bessode,  officier  français,  natif  de 
Florensac,  diocèse  d'Agde. 

—  17  septembre.  Messire  Pierre  Olivier  de  la  Corbière, 
vicaire  général  du  diocèse  de  Vannes  en  Bretagne,  archidiacre 
de  l'église  cathédrale  de  ce  diocèse,  abbé  commandaiaire  de 
Falmont,  diocèse  de  Luçon. 

1794,  10  novembre.  Jean  Maillard,  chasseur  au  11"  bataillon 
d'infanterie  légère  8"^  compagnie,  natif  de  Nogent,  district  de 
Rocroix,  département  des  Ardennes. 

1809,  16  août.  Charles  Jérôme  Cuvier  Labussière ,  né  h 
Orléans,  département  du  Loiret. 

—  31  octobre.  Pierre  Régalate  Opdencamp,  prêtre,  natif  de 
Maestricht. 

1814, 10  janvier.  Louis  François  Joseph  Grandjean,  membre 
du  Conseil  municipal  d'Evreux  (Seine), 

—  3  août.  Louis  Pierre  Cammas,  comédien,  né  à  Marsillac 
(Aveyron). 

—30  septembre.  M.  Samuel  de  Forselles,  gouverneur  de  pro- 
vince, chevalier  de  l'ordre  militaire  de  Suède,  né  à  Gothembourg. 

1816,  7  janvier.  Alpho':se  Joseph  Roelanis,  né  h  Bailleul 
(Flandre). 

1819, 12  août.  Jean  Martin  Pirquet,  dit  Mardaga,  major  pen- 
sionné, de  Liège. 

1823,  8  juin.  M''"  Elisabeth  Charles,  épouse  de  Guillaume 
Cockerill,  née  à  Pademe,  Grande  Bretagne. 

—  24  juillet.  Joseph  Renaud  Marie  de  Calf,  comte  deNoidans, 
membre  de  l'ordre  équestre  de  cette  province,  né  à  Besançons, 
épouse  de  M''''  de  Grady  de  la  Neuville. 

1829,  24  août.  M''"  la  Baronne  Stéphanie  de  Draeck,  épouse 
de  31'  le  C'«  Charles  Guislain  Marie  Louis  Alphonse  de  Bryas, 
de  Namur,  chambellan  de  S.  M.  le  Roi  des  Pays-Bas. 


EXAMEN  CRITIQUE 


I)F.     LA 


VIE  D'ODILE  ET  DE  JEAN,  SON  FILS 


Une  pieuse  femme,  nommée  Odile,  mena,  après  la  mort  de 
son  mari ,  la  vie  de  recluse,  près  d'une  église  de  Liège.  On  ne 
connaît  rien  de  sa  naissance  ni  de  sa  mort  ;  d'après  son 
biographe,  elle  vivait  encore  en  1219,  année  où  fut  rétablie  la 
fête  du  triomphe  de  S.  Lambert,  h  Steppes. 

Son  fils  Jean,  surnommé  abbatulus,  était  encore  un  enfant 
lors  de  la  disette  de  1195  à  1197  ;  le  20  janvier  1227  (1228),  il 
fut  pourvu,  par  le  chapitre  de  la  cathédrale,  du  bénéfice  simple 
ou  chapellenie  de  S.  Gilles,  auquel  était  annexée  la  charge  de 
fournir  le  luminaire  :  ad  quam  spécial  provisio  luminaris  diurni 
et  noclurni.  Au  mois  de  juillet  1241,  il  fonda,  de  ses  propres 
biens,  deux  messes  pour  deux  chapelains  qui  devaient  l'assister, 
lui  et  ses  successeurs,  chapelains  de  S.  Gilles,  dans  leur  office 
de  luminariste.  L'année  de  la  mort  de  Jean  l'abbé  est  inconnue. 


II. 


La  vie  d'Odile  et  de  son  fils  a  été  écrite  par  un  chanoine- 
tréfoncier  de  la  cathédrale,  ami  intime  de  Jean  ;  son  nom  est 
resté  inconnu.  Chapeaville  avait  un  exemplaire  de  son  ouvrage 


-^  154  — 

sous  les  yeux  lorsqu'il  publia  en  1613  ses  Gesia  Pontificum.Wen 
avait  emprunté  les  deux  premiers  livres  à  la  bibliothèque 
de  S.  Martin,  à  Louvain,  et  le  troisième  à  Daniel  Raymundi, 
chanoine  de  S.  Materne,  à  Liège.  Arnold  Wachtendonck,  doyen 
de  S.  Martin  à  Liège,  du  temps  de  Chapeaville,  possédait  aussi 
un  exemplaire  du  3*  livre. 

Le  jésuite  Fisen,  qui  publiait  en  1647  les  Flores  ecclesiœ 
Leodiensis,  avait  vainement  recherché  ces  manuscrits  pour  en 
extraire  la  vie  d'Odile  et  celle  de  son  fils  Jean.  Les  nombreuses 
recherches  faites  de  nos  jours  pour  les  retrouver  sont  égale- 
ment restées  infructueuses. 

Gilles  d'Orval,  qui  acheva  ses  Gesla  Pontificum  en  12ol, 
possédait  la  vie  d'Odile  ;  il  en  reproduit  textuellement,  sans  la 
citer,  tout  ce  qui  concerne  l'histoire  des  princes-évéques  et  de 
leui  diocèse.  Chapeaville,  en  éditant  l'ouvrage  de  Gilles  d'Orval, 
a  eu  soin  d'indiquer  ces  passages.  On  peut  conclure  de  ses 
détails  que  la  vie  d'Odile  fut  écrite  entre  les  années  1241 
et  1251,  et  qu'elle  fut  communiquée  par  l'auteur  lui-même 
au  religieux  d'Orval,  sans  doute  sous  la  condition  de  ne  publier, 
ni  même  de  citer  son  ouvrage. 

D'après  les  indications  données  par  Chapeaville,  Gilles 
d'Orval  a  reproduit  textuellement,  en  tout  ou  en  partie,  les 
chapitres  suivants  de  la  vie  d'Odile  :  1  à  4,  du  livre  premier, 
3  à  5  et  30  du  second  livre,  1  à  4,  et  6  à  19  du  livre  troisième. 

Chapeaville  a  publié  le  troisième  livre  de  la  vie  d'Odile 
sous  le  titre  :  Triumphns  S.  Lamberti  martyris  m  Steppes 
obtentus. 

m. 

Albéron  II  et  son  clergé  (1134-1155)  d'après  le  biographe  d'Odile. 

La  ferveur  religieuse  des  prélats  diminua  singulièrement  à 
cette  époque.  Tous  étaienî  adonnés  ^  l'avarice.  Les  prébendes 


—   loo  — 

se  vendaient.  Les  Sacrements  n'étaient  administrés  gratuite- 
ment à  personne.  Les  prêtres  célébraient  la  messe  deux  fois 
par  jour,  et  cela  par  avarice.  Les  bourgeois  de  Liège  donnaient 
leurs  filles  en  mariage  tant  aux  clercs  qu'aux  laïques,  et  même 
de  préférence  aux  premiers.  Ces  fautes  provoquèrent  les  châ- 
timents de  Dieu.  Le  prêtre  Salomon  fut  tué  par  la  foudre  dans 
le  chœur  de  la  cathédrale  au  moment  où  il  faisait  signe  à 
l'archidiacre  Brunon.  enfant  vertueux,  de  lui  apporter  le  livre 
pour  lire  le  capitule.  Le  même  jour,  dans  la  soirée,  un  second 
orage  éclata  sur  la  ville  et  jeta  la  consternation  parmi  les  cha- 
noines de  la  cathédrale.  A  minuit,  quelques-uns  d'entre  eux  qui 
avaient  continué  leurs  prières  pendant  la  nuit,  coururent  au 
dortoir  pour  éveiller  leurs  confrères,  car  un  troisième  orage 
s'annonçait.  Tous  se  rendirent  à  l'église  pour  invoquer  le 
secours  de  la  S'^'-Vierge  et  de  S.  Lambert.  La  frayeur  porta 
quelques-uns  à  mordre  dans  l'aulel  de  la  Viei'ge  où  l'on  vit 
les  traces  de  leurs  dents  jusqu'à  la  destruction  de  l'église 
(en  II80).  La  nuit  suivante,  Salomon  apparut  à  un  de  ses  con- 
frères qui  dormait  au  dortoir  commun.  Celui-ci  lui  dit  :  «  Vous 
avez  été  tué  par  la  foudre  parce  que  vous  n'aviez  pas  dans  le 
cœur  les  vertus  qui  se  manifestaient  dans  votre  conduite.  »  — 
«  Non,  répliqua  Salomon,  j'ai  pratiqué  sincèrement  la  vertu, 
et  je  suis  au  ciel;  mais  je  vous  apparais  pour  vous  annoncer 
que  c'est  par  l'intercession  de  la  S'^-Vierge  que  la  ville  de 
Liège  a  été  sauvée  pendant  les  trois  tempêtes  qui  ont  grondé 
sur  elle  ;  mais  sa  punition  n'est  que  différée.  «Depuis  ce  temps, 
on  célébra  chaque  samedi  l'office  de  la  S^'^-Vierge.  Les  Liégeois 
oublièrent  le  danger  auquel  ils  venaient  d'échapper  et  retom 
bèrent  dans  leurs  premières  fautes  qui  ne  firent  qu'augmenter 
en  gravité  :  ce  qui  auparavant  se  faisait  en  secret,  se  passa 
alors  au  grand  jour.  Pendant  les  solennités  de  Pâques  et  de 
Pentecôte,  les  prêtres  et  les  autres  ecclésiastiques,  avec  tout 
le  peuple,  revêlaient  une  de  leurs  concubines  de  pourpre,  lui 
ceignaient  la  tête  d'un  diadème,  la  couvraient  d'un  voile,  et 


—  156  — 

après  l'avoir  placée  sur  un  trône,  la  proclamaient  leur  reine  et 
dansaient,  pendant  toute  la  journée,  au  son  de  la  musique, 
autour  de  celte  nouvelle  divinité.  Eniretemps,  Albéron,  reve- 
nant de  Rome  où  il  avait  été  cité,  mourut  de  la  fièvre  à 
Otride  et  fut  enseveli  à  Oitine,  le  27  mars  1155,  la  quin- 
zième année  de  son  épiscopat  (  i  ). 

Tel  est  l'abrégé  lidèle  du  récit  de  l'auteur  de  la  vie  d'Odile, 
comme  Gilles  d'Orval  l'a  reproduit.  Cet  auteur  qui,  nous  le 
répétons,  écrivait  entre  les  années  1241  et  12ol,  le  tenait  sans 
doute  de  la  bouche  d'Odile.  On  y  reconnaît,  en  effet,  sans 
pouvoir  s'y  méprendre,  le  bavardage  d'une  femme  avancée  en 
âge. 

Ce  récit  porte  en  lui-même  des  traces  nombreuses  d'invrai- 
semblance. Les  chanoines  de  la  cathédrale  et  ceux  des  sept 
collégiales  vivaient  à  cette  époque  en  communauté  dans  les 
cloîtres  de  leurs  églises,  comme  des  religieux  dans  un  couvent, 
sous  la  direction  de  leur  doyen.  Ils  avaient  un  dortoir  et  un 
réfectoire  communs.  Comment  admettre  qu'ils  y  aient  eu  des 
concubines  ?  D'après  le  texte  même  de  l'auteur,  il  y  avait 
des  hommes  vertueux  parmi  eux,  entre  autres  l'archidiacre 
Brunon  et  le  prêtre  Salomon,  et  ils  n'étaient  pas  les  seuls  : 
sous  l'épiscopat  d'Albéron,  les  chanoines  tréfonciers  avaient 
pour  doyen  Raimbaud,  homme  instruit  et  recoramandable;  son 
traité  de  la  Vie  canoniale  prouve,  h  lui  seul,  la  sollicitude  qu'il 
avait  pour  les  inlérèls  spirituels  de  ses  subordonnés. 

Les  chanoines  des  huit  églises  n'étaient  pas  obligés  de  rece- 
voir les  Ordres  sacrés,  et  en  réalité,  il  y  en  avait  un  grand 
nombre  qui  restaient  dans  les  Ordres  mineurs.  Ces  derniers 
pouvaient  légitimement  se  marier,  mais  en  renonçant  à  leurs 
canonicats;  et  dans  ce  cas,  ils  restaient  néanmoins  clercs  et 
comptaient  parmi  les  clerici  conjugati,  expression  qui,  à  cette 
époque,  n'entraînait  aucune  idée  de  blâme.  Des  mariages  de 

(  '  )  Chapeaville,  Gesta  pontif.  leoiL,  lome  II,  pp.  'Jî»  et  118. 


—  187  — 

ce  genre  ont  eu  lieu;  mais  n'ont-ils  pas  été  présentés  sous  un 
faux  jour  par  Odile  et  son  biographe  ? 

La  concubine  transformée  en  déesse  et  honorée  par  le  clergé 
et  par  le  peuple,  n'est  qu'une  fable;  la  fiiusseté  de  cette  allégation 
n'a  pas  même  besoin  d'être  prouvée. 

Les  prébendes  des  huit  églises  étaient  à  la  collation  de 
l'évêque;  si  elles  se  vendaient,  cène  peut  avoir  été  que  par 
Albéron,  et  d'après  notre  auteur,  il  les  vendait  même  publique- 
ment ;  ce  qui  n'est  pas  même  vraisemblable. 

Comment  croire  que  les  curés  de  la  ville  de  Liège  n'auraient 
administré  gratuitement  à  personne  les  Sacrements  ! 

L'orage  qui  éclata  pendant  une  nuit  sur  la  ville  aurait  telle- 
ment effrayé  les  chanoines-lréfoiiciers ,  que  quelques-uns 
d'entre  eux  auraient  mordu  dans  l'autel  de  la  Vierge  avec  tant 
de  violence  que  les  traces  de  leurs  dents  y  seraient  restées 
pendant  près  de  cinquante  ans! 

Quant  à  l'apparition  du  prêtre  Salomon,  le  témoignage  du 
biographe  d'Odile  n'en  est  pas  une  preuve  suffisante. 

Enfin  Albéron  II  n'a  pas  eu  quinze  années  de  règne,  et  ce 
n'est  ])as  en  1155,  mais  bien  en  1145  qu'il  est  mort. 

IV. 

Albéron  II  et  son  clergé  (1134 — 1145)  d'après  les  écrivains  du 

XII"  siècle. 

Les  écrivains  du  XIP  siècle,  mieux  renseignés  que  le  biogra- 
phe d'Odile,  au  milieu  du  XlIP,  nous  donnent  une  toute  autre 
idée  d'Albéron  II. 

La  seconde  continuation  de  la  chronique  de  S.  Trond  (de 
1138 — 1180),  écrite  par  un  religieux  contemporain,  mentionne 
Albéron  II  d'une  façon  très-honorable;  l'auteur  l'appelle  r^y*?- 
rende  vir  memorie...  tcwi  sapientem  virnm...  {^). 

(  1  )  Gesta  abbaiitiit  Tnidoiiensium,  conlin.   Il,  cap.  I,  n"^  1  et  2. 


-   lo8    - 

Un  chanoine-tréfoncier  (probablement  Nicolas)  qui  assista  k 
la  prise  de  la  forteresse  de  Bouillon  en  1141,  écrivit  le  Trium- 
phiis  S.  Lamberti  de  castra  Bullonio,  et  dans  cet  ouvrage  il  parle 
avec  éloge  du  prince-évêque  Albéron  II.  Il  raconte  qu'il  fut  élu 
h  l'unanimité  des  suffrages  :  coinmunibus  votis,pari  assensu;  qu'il 
était  jeune  d'âge,  mais  vieux  par  la  sagesse  :  juvenem  quidem 
œtate  sed  in  signum  maturœ  jnentis  canum  capillo  ('). 

Reinier,  religieux  de  S.  Laurent  qui  mourut  vers  1216,  déve- 
loppa le  récit  de  Nicolas  dans  son  Triumphalis  bulonici  libri 
quinque ;  m'dïs  il  n'y  ajouta  aucune  réflexion  critique  à  l'en- 
droit d'Albéron  et  de  son  clergé  (-). 

Un  continuateur  de  la  chronique  de  Sigebert,  qui  écrivit  au 
XIP  siècle,  mentionne  l'élection  et  la  mort  d'Albéron  ainsi  que  la 
prise  de  Bouillon,  sans  un  seul  mot  de  blâme  (^). 

La  chronique  de  Neumouslier  (connue  ;  ous  le  nom  d'Albéric 
de  Trois-fontaines)  dont  la  première  partie,  conduite  jusqu'en 
1222,  a  été  écrite  par  un  religieux  de  cette  dernière  époque,  se 
borne  à  reproduire  le  récit  du  continuateur  de  Sigebert. 

Lambert-le-Petit,  religieux  de  S.  Jacques  qui  écrivit  une  chro- 
nique de  988  à  1194,  année  de  sa  mort,  parle  également  de 
l'élection  et  de  la  mort  d'Albéron,  mais  sans  mentionner  aucun 
fait  répréhensible  (^). 

Les  annales  de  Rolduc  (1104-1158),  écrites  par  un  religieux  de 
ce  temps,  ne  renferment  rien  touchant  la  prétendue  corruption 
du  clergé  et  la  négligence  d'Albéron.  Elles  insiiuienl  que  l'évêque 
se  justifia  à  Rome  des  accusations  dont  il  avait  élé  l'objet: 
iinde  honeste  reversus  in  diversoriu  cujnsdam  comitis  sni,  ut 
dixerunt,  veneno  infeclus,  ibidem  morluus  et  sepultus  est. 

Wibald,  abbé  de  Stavelot  (1130-1158),  parle  souvent  dans  ses 


(«)  Chapeaville,  t.  II,  p.  582. 

(*)  V.  Migne,  Patrologie,  t.  CCIV. 

(•)  Ibidem,  l.  CLX. 

[  *)  Martène  el  Durand,  AmpUssima  collectio,  l.  v. 


159 


lettres  du  pays  de  Liège  et  d'Albéron  ;  mais  on  n'y  trouve  pas 
même  une  insinuation  défavorable  touchantles  mœurs  du  clergé. 
Dans  sa  lettre  40%  il  blâme  cependant  Albéron  de  n'avoir  pas 
contraint  son  frère  Eustache  à  restituer  la  terre  de  Tourinnes 
à  son  abbaye  ('). 

Pierre-le-vénérable,  abbé  de  Clugny,  adressa  à  Albéron  et  à 
son  chapitre  une  lettre  dont  le  titre  seul  est  un  magnifique 
éloge  (-). 

Tous  ces  écrivains  du  XII^  siècle  ne  pouvaient  ignorer  de 
quelle  manière  s'étaient  conduits  Albéron  et  son  clergé.  S'ils 
avaient  connu  des  faits  graves  à  leur  reprocher,  ils  ne  les 
eussent  pas  passés  sous  silence  ;  ils  n'avaient,  en  effet,  aucune 
suite  désagréable  à  appréhender,  car  la  plupart  d'entre  eux  ne 
se  proposaient  pas  de  publier  leurs  ouvrages. 

Le  récit  scandaleux  du  biographe  d'Odile  a  été  reproduit  par 
Gilles  d'Orval;  il  a  été  ensuite  abrégé  par  le  continuateur  de  la 
chronique  de  S.  Laurent,  probablement  dans  la  seconde  moitié 
du  XIIP  siècle  ;  nous  croyons,  en  effet,  que  cette  partie  de  la 
chronique  de  S.  Laurent  n'est  point  de  Reinier  qui  mourut  en 
1216,  mais  d'un  autre  religieux  postérieur  k  Gilles  d'Orval. 
Reinier,  l'auteur  des  Triumphalis  Bidonici  libelli  qiiinque,  ne 
peut  pas  être  l'auteur  de  l'abrégé  en  question  dont  la  place 
naturelle  eût  été  dans  son  même  Triumphalis.  D'ailleurs  l'au- 
teur de  cette  partie  de  la  chronique  de  S.  Laurent  indique  lui- 
même  qu'il  est  postérieur  à  Reinier  ;  en  parlant  de  la  prise  de 
Bouillon  en  1141,  il  dit  que  Reinier  en  a  écrit  l'histoire  : 
cujus  historiam  [rater  noster  Reinerus  in  libello  conscripsit 
quem  Triumphale  Bidlonicum  iniitiilavil  {'"). 

(  *  )  Migne,  Patrologie,  t. 

(')  Ibidem,  t.  CLXXXIX,  p.  277. 

(^)  Marlène  et  Durand,  Amplissima  collectio,  t.  IV,  p.  IO80. 


—  160  - 


Albéron  II  (1134-1145)  d'après  ses  actes. 

Albéron,  fils  d'Otton  II,  comte  de  Chiny,  était  primicier, 
c'est-à-dire,  le  premier  dignitaire  de  l'église  de  Metz.  Ou  ne 
peut  guère  douter  qu'il  ne  fût  ;i  Liège  avec  son  oncle  paternel 
Albéron,  lorsque  celui-ci  y  fut  élu  évêque  de  Verdun  en  pré- 
sence du  pape  Innocent  II. 

Après  la  déposition  d'Alexandre  au  concile  de  Pise  (en  1134), 
il  fut  élu  évêque  de  Liège  à  l'unanimité  des  suffrages,  tant  à 
cause  de  ses  mérites  que  de  sa  parenté.  Sa  sœur  Ida  avait 
épousé  le  duc  de  Brabant,  sa  sœur  Ode  le  comte  de  Duras,  son 
frère  Eustache,  la  fille  de  Wiger  de  Waremme,  avoué  de  la 
Hesbaye.  Il  était  par  sa  mère  le  neveu  du  comte  de  Namur. 

L'empereur  Lothaire  II  partit  en  1136  pour  l'Italie  afin  d'y 
rétablir  le  pape  Innocent  II  dans  ses  Etats  et  d'en  chasser  les 
schismatiques.  Albéron  suivit  son  suzerain  (*).  Il  fut  accueilli 
par  Innocent  II  h  Olivent,  près  deMelvi(-),et  reçut  de  lui,  à  Pise, 
le  29  novembre  1136,  le  privilège  de  porter  le  rationale  :  quia 
ergo,  dit  le  Pontife,  persouam  tuam,  venerabilis  [rater  Albero, 
Electe  sandœ  Leodiensis  ecclesiœ,  ulilem  fore  credimus,  ex  apos- 
tolicœ  Sedis  beniguitate  te  duirimi(.s  honorandwn  et  subpio  B.  Pétri 
greînio  familiarius  conjovendum.  La  concession  de  ce  privilège, 
ainsi  que  l'éloge  contenu  dans  le  bref,  montre  qu'Iimocent 
estimait  Albéron.  Ce  fut  en  Italie,  et  postérieurement  h  ce  bref, 
qu'Albéron  fut  sacré  évêque,  peut-être  par  les  mains  du  souve- 
rain Pontife  lui-môme. 

L'empereur  Lothaire,  à  son  retour  d'Italie,  mourut  à  Bretten, 
le  4  décembre  1137.  Albéron  revint  avec  les  autres  princes  et 

(')  Albéron  est  près  de  l'empereur  à  Wurlzbourg,  le  17  aoiU   U;^6.  V.  Martène, 
Amplis  coll.,  l.  I,  p.  7i7. 
(J)  Ep.  Wibaldi,  40. 


—  161  — 

pris  pari  h  l'élection  de  Conrard,  qui  eut  lieu  à  Coblentz  le 
22  février  1138.  Il  suivit  le  nouveau  roi  à  Cologne  où  il  assista 
à  sa  cour  plenière,  ainsi  qu'à  un  concile  provincial,  au  mois 
d'avril  1138  (•)• 

De  retour  dans  son  diocèse,  Albéron  en  fil  sans  doute  la 
visite,  car  nous  le  trouvons,  le  23  mai  1138,  à  Fosses  où  il 
sacra  ce  même  jour  Folcardus,  le  nouvel  abbé  de  S.  Trond. 

Le  pape  Innocent  II  convoqua  un  concile  œcuménique  à 
Rome  pour  éteindre  entièrement  le  scliisme  de  l'antipape  Pierre 
Léon  et  réparer  les  loi  ts  qu'il  avait  causés  à  la  discipline 
ecclésiastique.  Notre  évêque  s'y  rendit,  probablement  accom- 
pagné des  abbés  d'Averboden,  de  Tlône  et  de  S.  Hubert,  ainsi 
que  du  doyen  de  S.  Servais.  Ce  fut  pendant  ce  concile  (mars  et 
avril  1139)  qu'Albéron  pria  pour  la  seconde  fois  (il  l'avait  déjà 
fait  en  1137)  le  pontife  de  contraindre,  par  les  armes  spiri- 
tuelles, le  comte  de  Bar  à  rendre  le  château  de  Bouillon  à 
l'église  de  Liège.  On  peut  croire  qu'Innocent  lui  promit  sa 
protection  ;  mais  il  l'engagea  aussi  à  contraindre  son  propre 
frère  Eustache  à  rendre  la  terre  de  Tourinnes  à  l'abbaye  de 
Stavelot.  Ce  fut  pendant  ce  concile  œcuménique  que  le  pape 
accorda  plusieurs  brefs  de  protection,  un  le  31  mars  au  cha- 
pitre de  S.  Servais,  un  autre  le  16  avril  à  l'abbaye  d'Averboden, 
et  un  troisième  le  17  avril  à  celle  de  S.  Hubert.  Le  20  avril,  deux 
arbitres  nommés  par  le  pape  terminent  le  différend  qui  existait 
entre  Albéron  et  l'abbé  de  Flône  au  sujet  de  leur  juridiction 
respective. 

De  retour  dans  son  diocèse,  Albéron  réunit  encore  la  même 
année,  le  clergé  et  la  noblesse  dans  un  synode  général  (2). 

(*)  Mirseus,  Opéra  diplomalica,  t.  I,  pp.  386  et  026.1 

(';  La  tenue  de  ces  assemblées  mixtes  qui  ont  donné  naissance  aux  Etats  pri- 
maires et  nobles  des  temps  postérieurs,  nous  est  indiquée  dans  les  charies  obte- 
nues par  des  établissements  religieux.  Dans  quelques-unes  il  est  dit  formellement 
qu'elles  sont  données  dans  un  synode  ou  dans  un  synode  (jénéral.  Le  nombre  et  la 
qualité  des  témoins  qui  figurent   dans  d'autre.'?,  indiquent  également  qu'elles  ont 


-   162  — 

Dans  celte  assemblée  mixte,  il  fut  décidé  qu'Eustache,  avoué 
de  la  Hesbaye,  restituerait  la  terre  de  Tourinnes  à  l'abbaye  de 
Stavelot,  et  que  la  paroisse  de  Diesl  observerait  l'ancienne  cou- 
tume de  faire  après  la  Pentecôte  un  pèlerinage  à  l'abbaye  de 
S.  Trond  et  d'y  payer  les  oboli  bannales.  La  donation  qu'Erme- 
sinde,  épouse  d'Albert  de  Moha,  avait  faite  de  l'église  de 
S.  Victor  h  Huy  à  la  congrégation  de  Clugny  pour  y  établir  un 
prieuré  de  religieuses,  fut  également  confirmée  dans  ce  synode. 
Ce  fut  sans  doute  encore  dans  cette  réunion  que  l'évêque 
approuva  la  fondation  d'ua  hôpital  à  S.  Trond. 

Dans  les  chartes  qui  furent  données  pour  ces  affaires,  on  voit, 
entre  autres  témoins,  lecomie  Lambert  (de  Montaigu?)  Goswiii 
de  Fauquemont,  Thierry,  Arnoul  de  Diest,  Henri  de  Laroche, 
Ebald  deFlorenne,  Guillaume  de  Cimaco  (Chimay)  et  Etienne 
de  Meanz. 

Plusieurs  chartes  datées  de  l'an  1140  nous  paraissent  aussi 
données  dans  un  synode.  Ce  fut  cette  année  qu'Albéron  con- 
firma les  donations  faites  à  l'abbaye  de  Flône,  entre  autres 
celles,  faites  par  Lambert  de  Montaigu  et  son  fils  Conon;  à  cette 
charte  qui  fut  doiniée  in  conventu  nostro,  dit  l'évêque,  figurent 
comme  témoins  Goswin  de  Fauquemont,  Lambert  de  Tuibetch, 
Tliierri  de  Argenteal  et  Guillaume  son  frère,  Ebald  de  Vies- 
ville  (  1).  La  même  année,  Gislebert,  seigneur  de  Recklieim,  donna 
aux  prémontrés  deCornillon,  i\  Liège,  son  hôpital  deReckheim 
pour  y  placer  des  religieuses  ;  à  cette  charte  figurent  comme 
témoins  Thierri  de  Argenteal,  Gérard  de  Baronville,  Vado, 
Sebertus,  chevaliers. 

Le  prince-évêque  tint  encore  un  synode  général  en  4141 
comme  l'indiquont  plusieurs  chartes  de  celte  date.  Le  24  février 


élé  données  dans  un  synode.  Ces  témoins  sont  ordinairement  les  clianoines-tré- 
fonciers,  les  al)bés  des  monastères,  les  nobles  et  les  vassaux  réunis  sous  la  prési- 
dence du  prince-évèque. 

(  '  )  Mirœus,  Opéra  dtplnmatica,  tome  IV,  p.  370. 


163 


1140(1141)11  confirma  à  Liège  les  donations  faites  par  Manassès, 
seigneur  de  Hierge,des  terres  de  Mielen  et  de  Muysenà  l'abbaye 
de  S.  Gérard  ;  parmi  les  témoins  de  cet  acte,  on  trouve, 
Lambert,  comte  (de  Montaigu?),  Eustache,  avoué  (de  Hesbaye), 
Goswin  de  Fauquemont,  Tbierry  de  Herlaye,  Thierri  de  Argen- 
teal  et  son  frère  Guillaume  de  Ceumaco  (Cbimay),  Conon  de 
Han,  Godescalckde  Morialmé,  Jean  de  Leuz,  Berenger  son  frère, 
Godescbalck  de  Ruze  (  M-  Ce  fut  probablement  dans  une  seconde 
réunion  de  cette  année  qu'Albéron  contirma  la  fondation  et  les 
biens  de  Géronsart  ;  la  cbarte  mentionne  comme  témoins 
Berenger  de  Lez,  un  des  bienfaiteurs,  Otton,  comte  de  Duras, 
Guillaume,  avoué  de  Ciney,  Tieriy  d'Argenteal,  son  frère, 
Manassès  de  Hierge,  Adelard  de  Lez,  Adelard  de  Péruwez  (-). 

Ce  fut  en  l'année  1141  qu'Albéron  leva  une  armée  pour 
reprendre  par  la  force  le  château  de  Bouillon  qu'il  avait  essayé 
en  vain  de  récupérer  par  les  voies  légales.  La  châsse  de 
S.  Lambert  fut  portée  au  camp  et  excita  un  grand  enthousiasme 
parmi  les  assiégeants.  La  forteresse  se  rendit  le  21  septembre 
1141.  Le  chanoine-tréfoncier  qui,  en  témoin  oculaire,  a  écrit 
l'histoire  de  ce  Triomphe,  l'attribue  à  la  protection  miraculeuse 
de  S.  Lambert,  et  raconte  les  miracles  qui  eurent  lieu  à  cette 
occasion  par  l'intercession  de  ce  Saint.  Le  récit  de  ce  chanoine- 
tréfoncier  fait  concevoir  au  lecteur  une  idée  très-avantageuse 
d'Albéron  et  de  son  clergé,  et  il  est  inconciliable  avec  celui  du 
biographe  d'Odile  qui,  nous  le  répétons  encore,  écrivait  entre 
les  années  1241  et  1251. 

Nous  trouvons  encore  les  traces  d'un  synode  général  en  1142. 
Arnoul,  comte  de  Diest,  n'avait  pas  voulu  se  soumettre  â  la 
sentence  portée  au  synode  de  1139;  l'évêque  jeta  l'interdit  sur 
sa  ville.  Arnoul  se  soumit  au  synode  de  1142,  et  il  fut  décidé 
que  dorénavant  le  curé  et  les  paroissiens  de  Diest  payeraient 

(  '  )  Chapeaville,  tome  H,  p.  iO!2. 

(*)  Mirœus,  Opéra  diplomatica,  t.  IV,  p.  'âl^. 


—  164  - 

chaque  année  à  l'abbaye  de  S.  Trond  une  rente  de  dix  soUdi;  la 
charie  qui  renferme  cette  décision,  mentionne  comme  témoins 
Godefï'oid,  comte  de  Louvain,  Henri,  comie  de  Limbourg,Otton, 
comte  de  Duras,  Louis,  fils  du  comte  de  Looz,  Gérard  et 
Lambert  de  Diepenbeek,  Eustache,  avoué  de  la  Hesbaye  (  '  ). 

Des  chartes  de  1143  nous  révèlent  également  un  synode  tenu 
cette  ainiée.Ce  fut  sans  doute  dans  une  assemblée  de  ce  genre  que 
Henri,  comte  de  Limbourg,  fit  don  à  la  collégiale  de  S^''-Croix 
d'un  grand  domaine  allodial  {predium  sue  ingenuilatis)  situé  à 
Hervé,  au  comté  d'Aix;  à  cette  donation  assistèrent  Frédéric, 
comte  de  Viane,  Henri,  comte  de  Laroche,  Gonrard  de  Dalhem, 
Tliierri  de  Argenteal,  Goswin  de  Fauquemont,  Erpho  de  Cal- 
mont,  Mainerus  de  Cortessem  (2). 

A  la  demande  de  Tabbé  Radulpheet  de  ses  religieux,  Albéron 
introduisit  en  1144  la  lègie  de  S.  Augustin  dans  l'abbaye  d'Olne, 
et  en  lit  une  communauté  de  chaiioines  réguliers  soumis  à 
l'autorité  épiscopale.  Les  témoins  qui  tigurent  à  la  charte,  indi- 
quent qu'elle  fut  donnée  dans  une  réunion  synodale  (;i). 

Dans  les  synodes  dont  nous  venons  de  parler,  le  prince- 
évêcjue  réglait,  de  concert  avec  le  clergé  et  la  noblesse,  toutes 
les  atîaires  du  diocèse,  ainsi  que  celles  de  la  principauté.  La 
tenue  de  ces  assemblées, qui  sont  souvent  mentionnées  dans  les 
lettres  de  Wibald,  prouve  à  l'évidence  quel'évêque  Albéron  avait 
du  zèle  pour  l'adminislralion  du  diocèse.  Or,  il  est  impossible 
que  les  abus  racontés  par  le  biographe  d'Odile  s'introduisent 
dans  un  diocèse  dont  le  clei'gé  se  réunit  chaque  année  en 
synode  sous  la  présidence  de  son  évéque. 

Les  puissants  seigneurs  de  cette  époque  s'emparaient  souvent 
des  biens  ecclésiastiques;  il  ne  fut  pas  toujours  possible  de  les 


M)  Piot,  Cariiilnirc  de  l'abbaye  de  Saint-Trond^  tome  I,  p.  (îâ  ;  Gesta  abbatum 
Trudoneiisiuiii,  conliii.  H,  liv.  I,  n°  5. 

(  2  )  Ernst,  Histoire  du  Liinbouiy,  tome  VI,  p.  I3lj. 
(3)  Mirœus,  Opéra  diplomaiica,  tome  II,  p.  82)!. 


—  165  — 

contraindre  à  les  restituer.  Ce  fut  pour  cette  raison  que  les 
établissemeals  religieux  firent  confirmer  leurs  possessions 
par  les  papes  avec  la  peine  d'excommunication  contre  ceux 
qui  y  porteraient  atteinte.  Au  diocèse  de  Liège,  les  grands 
vassaux  se  rendirent  aussi  coupables  de  ces  excès,  et  il  ne  fut 
pas  toujours  possible  à  Albéron  de  les  contraindre,  même  dans 
les  synodes,  h  réparer  les  torts.  C'est  ainsi  qu'Euslaclie,  avoué 
de  Hesbaye,  refusa  d'exécuter  la  sentence  portée  contre  lui  au 
synode  de  1139  au  sujet  de  la  terre  de  Tourinnes  qu'il  détenait 
injustement  (/).  Le  chapitre  de  la  cathédrale  qui  voyait  ses 
biens  exposés  aux  usurpations  des  grands,  s'adressa  à  Linocent 
II  pour  les  faire  mettre  sous  sa  protection  et  celle  du  S.  Siège. 
Le  pape  lui  donna,  le  16  mai  1143,  un  bref  de  protection  dans 
lequel  il  énumère  les  biens  suivants  :  au  diocèse  de  Liège, 
Pont-de-Loup,  Malines,Praele,Flône,Xliendremael,Attenhoven, 
Ittre,  Ittre-la-Nouvelle,  Anth  et  Visé;  au  diocèse  d'Ulrecht, 
Paisnardes  et  Solekein;  au  diocèse  de  Toul,  Maidière;  au 
diocèse  de  Worms,  Bokeheim. 

D'après  le  récit  de  Gilles  d'Orval  (qui  a  puisé,  nous  ne  savons 
h  quelle  source),  Albéron  tolérait  en  silence  plusieurs  injustices 
commises  au  détriment  de  l'église;  mais  Henri,  le  grand  prévôt, 
après  ravoir  sommé  trois  fois  en  présence  du  clergé  de  faire 
régner  la  justice,  l'accusa  auprès  du  S.  Siège,  avec  le  consente- 
ment des  nobles  et  du  clergé  (^). 

Nous  doutons  que  toute  la  noblesse  et  tout  le  clergé  se  soient 
associés  à  cet  appel  ;  mais  il  est  bien  certain  que  l'appel  avait 
pour  objet,  non  des  abus  contre  les  mœurs  ni  des  infractions 
à  la  discipline  ecclésiastique,  mais  des  injustices,  des  usurpa- 


(')  Wibald  en  parle  dans  sa  leUre  40^  et  en  fait  un  reproche  à  l'évêque  qui, 
pour  cette  raison,  ajoute-l-il,  postea  in  episcopaiu  suo  et  lionore  nunquam  in  pace 
et  quieie  vixerit. 

(')  Chapeaville,  t   II,  p.  104. 


i6B 


lions  commises  par  les  grands  sur  les  biens  du  clergé  et  que  le 
prince  n'était  pas  parvenu  à  empêcher  ou  à  foire  réparer.  L'abbé 
de  Stavelot  qui  lui  reprocha  souvent  de  ne  pas  contraindre  son 
frère  Eustache  à  restituer  Tourinnes,  s'associa  sans  doute  h 
l'appel  du  grand  prévôt. 

Albéron  se  rendit  à  Rome.  On  ne  connaît  ni  la  justification 
qu'il  présenta  au  pape,  ni  le  jugement  que  celui-ci  a  porté;  mais 
le  fait  est  qu'il  ne  fut  point  déposé.  Les  Annales  de  Rolduc, 
écrites  au  xu"  siècle,  insinuent  qu'il  triompha  des  accusations 
portées  contre  lui.  En  effet,  ce  n'était  pas  chose  facile  au  wf- 
siècle  que  d'empêcher  les  grands  de  commettre  des  injustices  ou 
de  les  contraindre  à  les  réparer. 


VL 


Avarice  et  simonie  de  Raoul  (1167-1191)  d'après  le  biographe 

d'Odile. 

Raoul  appartenait  à  une  famille  noble  et  puissante;  il  était 
frère  de  Berlhold,  duc  de  Zaehringen,  de  Conrard  et  d'Albert  ; 
il  fut  élu  évoque  de  Liège  par  la  protection  de  son  oncle  Henri, 
comte  de  Namur,  et  de  ses  autres  parents.  Doué  d'un  esprit 
pénétrant  et  d'une  grande  prudence  politique,  sa  conduite  eût 
été  digne  d'éloge,  s'il  avait  conféré  gratuitement  les  bénéfices 
ecclésiastiques.  Il  avait  été  d'abord  archevêque  de  Mayence, 
après  la  mort  d'Arnulphus;  mais  son  avarice  le  poussa  à  briser 
la  statue  d or  appeléj  Benon{\);  il  en  dépensa  une  partie  et 
donna  le  reste  à  ses  parents.  Ce  fut  pour  cette  raison  qu'il  dut 
renoncer  à  l'archevêché.  C'est  par  le  même  esprit  d'avarice  qu'il 
approuva,  par  ses  paioles  et  ses  œuvres  ,  la  simonie  commise 
par  quelques-uns  de  ses  prédécesseurs.  Il  fit  vendre  les  pré- 

(')  Les  juifs  avaient  dû  ériger  celte  statue  pour  avoir  tué  Bernon,  échanson  de 
l'empereur  (texte  de  Gilles  d'Orval. 


161 


bendes  publiquement,  au  marché,  par  le  boucher  Udelinus;  tous 
ceux  qui  voulaient  acheter  un  bénéfice  s'adressaient  à  ce 
dernier.  Tel  est  le  récit  du  biographe  d'Odile  et  de  Gilles 
d'Orval(i). 

VIL 

Raoul  (1167-1191)  d'après    les  écrivains  antérieurs  au  biographe 

d'Odile. 

Est-il  bien  certain  que  le  Radulphus  de  Zuehringen,  élu 
archevêque  de  Mayence  en  1160,  soit  le  même  personnage  que 
Radulphus  de  Zaehringen,  élu  évêque  de  Liège  en  1167. 
Gislebert  de  Mons,  qui  écrivait  à  la  fin  du  XIP  siècle,  et  qui 
avait  été  plus  d'une  fois  h  Liège,  pense  que  oui.  Son  élection  au 
siège  de  Mayence,  ajoute-t-il,  avait  été  annulée  par  fempereur 
qui  ne  voulut  pas  souffrir  que  les  ducs  de  Zaerhingen  et  de 
Saxe  devinssent  plus  puissants.  Daprèscet  écrivain,  Radulphus 
avait  deux  frères  et  une  sœur  :  Berthold,  duc  de  Zaehringen, 
Hugues,  comte,  et  une  sœur  qui  épousa  Henri,  duc  de  Saxe  (2). 

L'auteur  de  la  chronique  de  Neumouslier  croit  aussi  que  ces 
deux  prélats  ne  sont  qu'une  même  personne;  mais  il  attribue  la 
destitution  de  Radulphe  du  siège  de  Mayence  à  une  autre  cause, 
savoir  à  la  destruction  de  la  statue  Bennon.  Suivant  cette  chro- 
nique, Radulphus  avaittrois  frères:  Berthold,  duc  deZaehringen, 
Conrard  et  Albert. 

Le  biographe  d'Odile  (ou  Gilles  d'Orval?)  a  reproduit  le  récit 
du  chroniqueur  de  Neumouslier. 

Une  chronique  de  Mayence  écrite  au  milieu  du  XlIP  siècle, 
probablement  par  l'archevêque  Chrétien,  élu  en  1249,  et  dans 
tous  les  cas  par  un  ecclésiastique   de  Mayence  qui  connaissait 

(  '  )  Chapeaville,  t.  II,  pp.  1 18  et  -126. 
(*)  Gisleberti  chronicon,  n»»  93  et  94. 


-  168  — 

les  affaires  de  son  église  jusque  dans  les  plus  petits  détails, 
nous  donne  d'autres  renseignements.  Arnoul,  archevêque  de 
Mayonce,  dit-il,  fut  assassiné  dans  le  couvent  de  S.  Jacques  de 
cette  ville  par  des  séditieux,  qui,  après  ce  premier  crime,  en 
commirent  un  second  en  s'arrogeant  le  droit  d'élire  un  nouvel 
archevêque.  Leur  choix  tomba  sur  Radulphus,  surnommé 
Clobelauch,  frère  de  Frédéric,  duc  de  Zaehringen.  Ils  choisirent 
Radulphus  pour  prévenir  la  punition  qui  les  attendait  de  la 
part  de  l'Empereur,  car  ce  Radulphus  était  un  homme  puissant, 
ami  et  parent  de  ce  dernier.  Pour  obtenir  l'investiture  de 
l'empereur  et  le  pallium  du  Pape,  il  fallait  de  l'argent  à 
l'élu.  Atin  de  s'en  procurer,  il  fit  couper  un  bras  du  grand 
crucifix  d'or  nommé  Benno,  qui  pesait  six  cents  livres,  se 
proposant  d'y  mettre  un  autre  bras  en  or  dès  qu'il  serait  arrivé 
à  son  but.  iMuni  de  ce  trésor,  il  partit  pour  Rome,  mais  il  y 
avait  été  devancé  par  la  renommée.  Avant  son  arrivée,  le 
pape  (  1  ),  affligé  de  la  mort  d'Arnoul  et  indigné  de  l'intrusion  de 
Radulphus  par  les  mains  des  laïques,  ainsi  que  de  la  mutilation 
du  ci'ucilix,  excommunia  l'intrus,  ses  adliérents  et  les  assassins 
d'Arnoul.  L'empereur,  de  son  côté,  exila  ces  derniers  et  priva 
la  ville  de  ses  privilèges.  Quant  h  Radulphus,  surnommé  Clobe- 
lauch, il  n'arriva  pas  même  à  Rome,  la  mort  rayant  surpris  en 
roule  (2). 

Nous  croyons  que  la  chronique  de  Mayence  doit  être  préférée, 
dans  le  cas  présent,  et  par  conséquent  que  notre  prince-évêque 
n'a  jamais  été  élu  archevêque  de  cette  ville. 

Radulphus,  qui  fut  élu  évêque  de  Liège  en  1167,  était  fils  de 
Conrard  de  Zaehringen  et  de  Clémence  de  Namur.  Son  frère 
Berihold  était  duc  de  Zaehringen.  Il  donne  lui-même  ces  indi- 
cations dans  une  charte  de  1187  par  laquelle  il  fonde  l'anniver- 
saire de  son  père  au  VI  des  ides  de  janvier,  celui  de  sa  mère 

(  '  )  L'antipape  Victor  IV. 

(5  )   Iterum  Mogunt.  volumen,  il,  p.  Wo  et  suivantes. 


—  169  — 

au  VI  des  calendes  de  janvier,  et  celui  de  son  frère  au  VI  des 
ides  de  septembre  (^). 

Raoul  évêque  de  Liège  a-l-il  vendu  les  bénéfices  ecclësias- 
ti(|ues  ? 

Il  pouvait  y  avoir  à  cette  époque  au  diocèse  de  Liège,  environ 
trois  mille  ecclésiastiques  et  peut-être  un  plus  grand  chiffre  de 
bénéfices  encore.  De  ce  nombre,  il  n'y  en  avait  pas  quatre 
cents  qui  fussent  à  la  collation  de  févêque.  Tous  les  autres 
étaient  conférés  par  les  chapitres  des  collégiales,  les  abbés  des 
monastères,  les  seigneurs  des  villages  et  autres  patrons  laïques. 
On  sait,  en  effet,  que  les  fondateurs  de  bénéfices  avaient  coutume 
d'en  réserver  la  collation  à  leurs  parents,  et  que  les  seigneurs 
s'étaient  déjà  emparés,  avant  la  seconde  moitié  du  XIP  siècle, 
de  la  collation  d'un  grand  nombre  de  bénéfices.  Les  chapitres 
monastères  avaient  également  obtenu,  par  don  ou  par  legs,  le 
et  les  droit  de  patronage  sur  plusieurs  églises. 

Des  bénéfices  qui  étaient  h  la  collation  de  févêque,  il  pouvait 
en  tomber  vacants,  à  peine  dix  par  année.  Raoul,  qui  appartenait 
à  la  plus  riche  famille  d'Allemagne,  aurait  fait  vendre,  chaque 
année,  par  cupidité,  ces  dix  bénéfices  tombés  vacants  !  la 
vente  aurait  eu  lieu,  en  public,  au  marché  !  il  en  aurait  chargé 
un  boucher  !  La  chose  est-elle  assez  absurde?  Si  Raoul  avait 
voulu  vendre  les  bénéfices  qui  étaient  à  sa  collation,  il  en  eût 
chargé  un  des  ecclésiastiques  attachés  à  sa  personne  pour 
fassister  dans  l'administration  du  diocèse,  et  la  vente  aurait 
eu  lieu  en  secret. 

Les  patrons  laïques  vendaient  parfois  les  bénéfices  qui 
étaient  à  leur  collation,  et  malheureusement  ils  trouvaient  des 
acheteurs,  soit  parmi  les  parents  de  jeunes  ecclésiastiques  qui 
étaient  aux  éludes  ('-),  soit  parmi  les  ecclésiastiques  eux-mêmes; 

(')  yanàen  Herg,  Moiiuinenta  patriœ  leod.,  ms.  n»  188,  à  la  bibliolhéque  de 
rUniversilé  de  Liège,  p.  83. 

(*)  En  règle  générale,  il  suffisait  d'ùlre  tonsuré  et  d'avoir  atteint  l'âge  de  14  ans 
pour  être  capable  d'obtenir  un  bénéfice. 


170 


mais  ces  ventes  se  faisaieni  eu  secret  et  restaient  souvent 
inconnues  à  l'autorité  épiscopale  elle-même. 

Henri,  évêque  d'Albane,  légat  du  S.  Siège,  prêcha  la  croisade 
il  Liège  pendant  le  carême  de  1188.  Il  y  tint  aussi  un  synode 
dans  le(iuel  il  s'eflbrça  d'extirper  la  simonie.  N(-us  donnerons 
ici  les  témoignages  des  contemporains  louchant  ce  synode  ;  ils 
serviront  à  contrôler  le  récit  du  biograi)he  d'Odile. 

Gislebert  deMons,  qui  assista  au  synode  avec  Baudouin,  comte 
de  Hainaut,  en  parle  dans  sa  chronique  :  le  légat,  dit-il,  ayant 
appris  que  la  simonie  régnait  au  diocèse  de  Liège,  fut  mécontent 
de  l'évêque  et  se  rendit  à  Liège.  Le  comte  de  Hainaut,  qui  con- 
naissait le  caractère  peu  condescendant  du  prince-évêque,  son 
seigneur  et  cousin,  craignit  que  celui-ci  ne  s'opposât  aux  prédi- 
cations et  aux  décrets  du  légat;  il  se  rendit  à  Liège  pour  donner 
de  bons  conseils  à  l'évêque.  En  effet,  lorsque  le  légat,  après 
avoir  donné  la  croix  h  plusieurs,  voulut  prêcher  contre  la 
simonie  et  porter  des  décrets  à  ce  sujet,  Raoul,  qui  aimait  de 
l'aire  en  tout  sa  propre  volonté,  s'y  opposa  ;  mais  il  Unit  par  y 
acquiescer  sur  les  instances  du  comte  de  Hainaut.  Environ 
deux  mille  ecclésiastiques  assistèrent  au  synode;  près  de  quatre 
cents  d'entre  eux  avouèrent  avoir  acheté  leurs  bénéfices,  qui 
étaient  des  archidiaconés,  des  abbatialités,  des  prévôtés,  des 
prébendes,  des  cures  paroissiales,  etc.,  et  plusieurs  même  de 
la  main  de  l'évêque  ;  ils  les  résignèrent  entre  les  mains  du  légat, 
(lelui-ci,  avec  le  concours  de  Raoul,  rendit  à  chacun  de  ces 
quatre  cents  ecclésiastiques,  soit  son  ancien  bénéfice  ,  soit  un 
autre  (  i). 

Nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  l'aire  observer  que  Gis- 
lebert aime  à  faire  ressortir  le  héros  de  son  histoire,  Baudouin, 
comte  de  Hainaut,  et  à  exagérer  son  influence  sur  les  princes 
du  voisinage.  Nous  avons  peine  àadmelire  que  Raoul  l'ùt  capable 
de  s'opi)Oser  à  un  légat  du  S.  Siège  et  qu'il  a  (allu  toute  i'in- 

[i)  Giilcùtrti  cliruiikou ,  ii"  ^l'iii. 


—  171  — 

fluence  du  comte  de  Hainaut  pour  l'en  empêcher.  Raoul,  en 
elïet,  s'était  soumis  au  pape  Alexandre  III  au  concile  œcumé- 
nique de  1179,  et  il  venait  de  prendre  la  croix  de  la  main  même 
du  légat;  un  évêque  qui  se  trouve  dans  ces  dispositions,  est 
porté  à  seconder  plutôt  qu'il  entraver  l'action  salutaire  d'un 
envoyé  du  S.  Siège.  Le  projet  de  s'opposer  aux  desseins  du 
légal  que  lui  prête  Gislebert,  devait  avoir  un  motif.  Ce  chroni- 
queur le  trouve  dans  la  vente  de  bénétices  dont  Raoul 
se  serait  rendu  coupable.  Gislebert  énumère  parmi  les  genres 
de  bénéfices  vendus  et  achetés  les  abbatialités  et  les  prévôtés; 
or  il  était  moralement  impossible  que  celles-ci  lussent  l'objet 
d'une  vente;  les  chanoines  de  chaque  chapitre,  en  effet,  élisaient 
à  la  majorité  des  suffrages  leur  abbé  ou  leur  prévôt  ;  le  postu- 
lant aurait  donc  dû  acheter  les  suff'rages  de  la  majorité  des  cha- 
noines ;  et  comme  les  tréfonciers  seuls  pouvaient  être  élus  à  ces 
dignités,  les  acheteurs  des  suffrages  eussent  été  les  cha- 
noines-tréfonciers  de  la  cathédrale.  Tout  cela  n'est  guère  pro- 
bable. 

Le  chroniqueur  de  Neumoustier  parle  aussi  du  synode  de 
1188  :  le  légat  donna,  dit-il,  la  croix  à  l'évêque,  et  soixante-six 
ecclésiastiques  résignèrent  leurs  bénéfices  entre  ses  mains;  il 
commuta  leurs  bénéfices  entre  eux;  de  cette  manière  ils  échap- 
pèrent k  la  simonie  sans  perdre  leurs  bénéfices.  Ce  chroniqueur 
ne  parle  pas  de  simonie  commise  par  l'évêque,  et  il  fixe  h  soi- 
xante-six le  nombre  des  ecclésiastiques  simoniaques. 

Lambert-le-Petit,  moine  de  S.  Jacques,  à  Liège,  qui  mourut 
en  1194,  parle  de  Raoul  dans  sa  chronique;  mais  il  ne  lui 
reproche  aucun  acte  de  simonie;  il  rapporte  aussi  farrivée  du 
légat  Henri  à  Liège  et  ses  prédications  touchant  les  croisades, 
mais  il  ne  mentionne  pas  même  le  synode.  Ce  silence  est  de 
nature  à  prouver  que  le  synode  n'avait  pas  l'importance  que  lui 
donne  Gislebert  et  que  le  nombre  des  ecclésiastiques  simonia- 
ques ne  montait  pas  à  quatre  cents. 

Nous  ne  citerons  pas  la  chronique   de  S.  Laurent  à  Liège, 


—  172  — 

parce  quo,  comme  nous  l'avons  déjà  dit,  la  partie  de  celle  chro- 
nique qui  renl'erme  les  fails  dont  il  s'agil,  a  élé  écrite,  après 
Gilles  d'Orval,  par  un  religieux  qui  a  copié  l'ouvrage  de  ce 
dernier. 

Le  prince-évêque  commit  la  grande  faute  d'embrasser  le 
parti  de  l'empereur  Frédéric  Carberousse  et  de  son  antipape 
contre  Alexandre  III,  mais  il  la  répara  en  1170  au  concile 
œcuméni(iue  d'^  Lalran.  En  dehors  de  celle  faute,  tous  les  actes 
de  son  règne  parlent  en  sa  faveur.  On  peut  prouver  par  les 
Charles,  que  chaque  année  le  prince-évêque  tenait  un  synode 
général,  et  dans  ce  synode,  comme  nous  l'avons  déjà  dit,  se 
traitaient  les  affaires  du  diocèse  comme  celles  de  la  princi  >anté. 
L'histoire  nous  montre  aussi  Raoul  remplissant  par  lui-même 
toutes  les  fonctions  de  l'Ordre  épiscopal,  et  veillant  à 
l'intégrité  de  la  principauté,  ainsi  qu'à  la  sécurité  publique. 
On  conserve  encore  de  lui  une  lettre  qu'il  adressa  à  S"'-Hi!de- 
garde  (qui  mourut  le  17  septembre  1179)  et  dans  laquelle  il 
exprime  les  plus  beaux  sentimenls  de  modestie  et  d'humilité  (  '  ). 


Vin. 


Lamberl-le-Uègue  et  le  clergé  de  Liège  {vers  1173),  d'après  le 
biographe  d'Odile. 

Du  temps  que  la  simonie  régnait  à  Liège,  Dii^u  suscita  un 
saint  prêtre,  nommé  Lambeit-le-Bègue,  parce  qu'il  élait  réelle- 
ment bègue.  Son  nom  passa  aux  béguines  dont  il  fut  le  fonda- 
teui-.  Quoique  peu  inslruit,  il  commença  à  prêcher,  et  s'éleva 
avec  force  contre  la  simonie  et  les  mœurs  dépravées  du  clergé'. 
Les  l;iï(|ues  coururent  en  foule  à  ses  sermons  ;  plusieurs  se 
convertirent.  Comme  il  prêchait  sans  autorisalion.  lesicclésias- 

(  ')  Migiif,  Patrolorjie  laliup,  lome  CXCVH.  p.  175. 


—  173  — 

tiques  le  dénoncèrent  à  l'évêque  qui  le  fît  arrêter  par  des  soldats. 
Lorsque  ceux-ci  le  conduisaient  à  travers  l'église  de  S.  Lambert, 
il  y  fut  maltraité  par  quelques  clercs  ;  Lambert  leva  alors  les 
yeux  vers  l'autel  de  la  Vierge  et  s'écria  :  Le  jour  viendra  où  les 
pourceaux  fouilleront  la  terre  en  cet  endroit.  Raoul  le  fit  enfer- 
mer au  château  de  Revogne  où  Lambert  traduisit  les  actes  des 
apôtres  en  langue  romane  ;  on  dit  que  S.  Paul  lui  apparut  dans 
la  prison  et  lui  fournit  ce  qui  était  nécessaire  pour  écrire. 
L'évêque  l'envoya  ensuite  à  Rome  près  du  pape  pour  y  être 
jugé.  Le  Souverain  Pontife,  loin  de  le  condamner,  approuva  sa 
conduite,  lui  accorda  la  faculté  de  prêcher  et  le  renvoya  ii 
Liège.  Lambert  mourut  en  revenant  à  Liège.  Tel  est  le  récit  du 
biographe  d'Odile  et  de  Gilles  d'Orval  (*). 

IX. 

Lambert-le-Bègue  d'après  ses  contemporains. 

Lamberl-Ie-Bègue  doit  avoir  excité  fort  peu  l'attention 
publique,  car  le  second  continuateur  de  la  chronique  de 
S.  Trond,  qui  écrivit  vers  1180,  et  Lambert-le-Petit  de  S.  Jac- 
ques, qui  mourut  en  1194,  ne  parlent  pas  même  de  lui. 

La  chronique  de  Neumoustier  le  mentionne  à  l'année  1177  : 
«En  cette  année,  dit-elle,  mourut  maître  Lambert  de  S.  Chris- 
tophe qui  fui  le  fervent  promoteur  du  nouvel  institut  qui  fleurit 
à  Liège  et  dans  les  environs.  11  a  écrit  un  antigraplttim , 
publié  iiiic  tabula  Lamberti ,  et  traduit  en  langue  romane 
plusieurs  ouvrages,  surtout  des  vies  de  saints  et  les  actes  der^; 
apôlres.  «  Ce  récit  du  chroniqueur  de  Neumoustier  ne  contient 
l'ien,  comme  on  le  voit,  louchant  ses  déclamations  coiilre 
l'évêque  et  le  clergé,  ni  touchant  ses  prophéties. 

'  )  Chapeavillo,  tome  H,  p.  ISfi 


—  174  — 

Le  récit  du  biographe  d'Odilo  renferme  plus  d'une  invraisem- 
blance. 

Au  XIF  siècle,  pas  plus  que  de  nos  jours,  il  n'étail  permis  è 
aucun  prêlre  séculier  de  prêcher  sans  l'autorisation  de  l'évêque. 
Le  biographe  d'Odile  avoue  cependant  que  Lambert  n'avait  pas 
cette  autorisation,  ce  qui  ne  prouverait  pas  en  faveur  de  sa 
sainteté.  Il  s'éleva,  ajoute  le  biographe,  contre  les  mœurs 
dépravées  du  clergé  ;  mais  dans  l'hypothèse  que  ces  mœurs 
fussent  dépravées,  ce  n'était  pas  à  un  simple  prêlre,  surtout  à  un 
prêtre  qui  n'avait  reçu  aucune  autorisation  de  son  évêque,  à 
s'élever  contre  le  clergé  dans  ses  sermons.  Enfin,  un  prêlre  qui 
se  conduisait  de  cette  manière,  ne  pouvait  guère  être  favorisé 
d'une  apparition  de  S.  Paul,  ni  avoir  reçu  de  Dieu  le  don  de 
prophétie.  Il  est  peu  probable  aussi  qu'il  ait  reçu  du  pape  la 
faculté  de  prêcher,  même  contre  le  clergé  de  Liège. 

L'évêque  Raoul,  il  est  vrai,  nous  l'avons  déjà  dit,  avait 
embrassé  le  parti  de  Frédéric  Barberousse  et  de  son  antipape; 
mais  il  avait  été  ("lu  légitimement  en  1167,  et  n'avail  pas  été 
déposé  par  le  pape  Alexandre  III.  D'ailleurs  il  abjura  le  schisme 
au  concile  œcuménique  de  1179. 


L'incendie  de  la  cathédrale  en  1183,  d'après  le  biographe  d'Odile 
et  Gilles  d'Orval. 

Lambert-lc-Petit  de  S.  Jacques,  (jui  vit  l'incendie  de  la  cathé- 
drale, en  parle  dans  les  termes  suivants,  à  l'année  118o  : 
«  l'église  cathédrale  de  S.  Lambert  cl  l'église  collégiale  de  S. 
Pierre  périr(Mit  par  un  incendie  (pji  n'enlnma  point  celle  de  Notre- 
Dame-aux-Fonls,  ({uoiqu'elley  fût  conligué.  Le  curps  de  S.  Lam- 
bert fut  transporté  dans  l'église  de  S.  Barthélémy,  au  faubourg 
de  Liège.  Les  Hutois  vinrent  en  procession  à  Liège,  portant  le 


-  175  — 

corps  de  St-Domitien,  Le  clergé  de  Liège  et  les  moines  blancs 
allèrent  à  leur  rencontre  portant  des  croix,  des  bannières  et  des 
reliques;  de  Pubiémont,  le  cortège  passa  par  la  porte  de  S. 
Martin,  et  se  rendit  à  S.  Barthélémy,  où  l'on  reprit  les  reliques 
de  S.  Lambert  pour  les  porter  à  l'église  de  Notre-Dame.  Raoul 
ordonna  de  célébrer  la  fêle  de  S.  Domitien.  » 

Dans  ce  récit,  le  religieux  de  S.  Jacques  s'abstient  de  toute 
réflexion;  il  ne  parle  ni  de  prophétie,  ni  de  punition,  ni  d'inter- 
vention des  démons,  ni  de  miracles. 

Le  biographe  d'Odile,  qui  écrivit  environ  soixante  ans  après 
l'événement,  et  qui  probablement  ne  l'avait  pas  vu,  nous  en 
donne  un  récit  beaucoup  plus  développé  :  le  28  avril  1183, 
dil-il,  les  flammes  dévorèrent  la  cathédrale  de  S.  Lambert 
d'après  la  jjrédiction  du  saint  homme.  Le  feu  y  fut  communiqué 
d'une  maison  voisine.  Les  démons  soufflèrent  sur  les  flammes 
pour  les  activer;  celles-ci  consumèrent  la  toiture  de  plomb,  les 
deux  tours,  tout  le  mobilier,  le  vieux  palais,  l'église  de  Sainte- 
Ursule,  quelques  maisons  voisines.  Le  maître-autel  dédié  à  la 
Vierge  resta  intact,  ainsi  que  l'église  deNotre-Dame-aux-Fonts. 
L'église  paroissiale  de  S.  Clément  fut  aussi  brûlée,  ainsi  que  les 
cloîtres  de  la  cathédrale,  en  punition  des  péchés  de  ceux  qui 
les  habitaient.  Quelques  jours  après  l'incendie,  on  démolit  le 
maître-autel  pour  commencer  la  construction  d'une  nouvelle 
église  ;  à  l'endroit  de  cet  autel,  on  vit  parfois  plus  tard  les 
pourceaux  fouiller  dans  les  décombres;  c'est  de  cette  manière 
que  s'accomplit  la  prophétie  de  rhomme  de  Dieu  (  i   . 

Gilles  d'Orval,  après  avoir  reproduit  ce  récit,  y  ajoute  encore 
quelques  invectives  contre  le  clergé  de  la  cathédrale,  puis  il 
contiime:  de  toutes  les  parties  du  diocèse,  on  se  rendit  en  pro- 
cession Li  Liège  pour  y  faire  des  offrandes  destinées  à  la  recons- 
truction de  la  calhédrale.  Les  Hutois  s'y  rendirent  aussi,  portant 
la  châsse  de  S.  Domitien;  dès  que  cette  châsse  fut  en  présence  de 

(  «  )  Chapeaville,  t.  il,  p.  US. 


-    176  — 

celle  de  S'-Lambert,  les  deux  Saints  se  saluèrent  par  un  son  écla- 
tant. Lorsque  les  Hulois  voulurent  reprendre  la  châsse  de  leur 
saint  pour  retourner,  ils  ne  purent  la  soulever,  jusqu'à  ce  que 
tous  eussent  déposé  leur  offrande.  Une  femme  aveugle  depuis  sept 
ans  rejoignit  la  procession  des  Hulois  près  de  l'abbaye  de  S'- 
Gilles,  saisit  des  deux  mains  la  châsse  de  S'-Domitien  et  la  tint 
jusqu'à  ce  qu'elle  ("ut  guérie.  Ce  miracle  est  attesté  par  deux  re- 
ligieux cisterciens  qui  étaient  présents  (*). 

Les  témoignages  du  biographe  d'Odile  et  de  Gilles  d'Orval  ne 
sont  point  v\\\(i  preuve  suffîsante  des  prophéties  et  des  miracles 
qu'ils  rapportent. 

XL 

Visions  et  prophéties  touchant  la  guerre  de  1212  à  1213,  d'après 
le  biographe  d'Odile. 

Reinier,  religieux  deS'-Jacques  (né  en  1155  et  mort  vers  1230) 
continua  la  chronique  de  son  confrère  Lamberl-le-Petit.  H  ra- 
conte, avec  la  plus  grande  exactitude  et  beaucoup  de  détails,  la 
guerre  des  Liégeois  contre  les  Brabançons,  mais  il  ne  men- 
tionne aucune  vision,  aucune  prophétie,  aucun  miracle.  Il 
semble  même  n'avoir  conim  ni  Odile  ni  Jean  son  fils,  car  il  ne 
parle  point  d'eux. 

La  chronique  de  Neumoustier  mentionne  aussi  la  guerre  de 
1212  à  1213,  mais  n'en  donne  point  de  détails.  Il  n'y  est  parlé 
ni  de  miracle,  ni  de  prophétie. 

Le  biographe  d'Odile,  et  Gilles  d'Oival  a|)rès  lui,  laconlent 
avec  beaucoup  de  détails  les  événements  de  la  guerre  de  1212 
à  1213,  mais  ils  ont  inséré  dans  leur  i-écit  un  grand  nombre  de 
visions,  de  prophéties  et  de  miracles,  dont  nn:is  donnerons  ici 
le  résumé. 

(>)  ChapcaviUe,  l.  II,  p.  i:\\. 


477 


En  1212,  le  serviteur  (le  Dieu  (Jean  l'abbé)  vit,  pendant  une 
nuit,  la  châsse  de  S.  Lambert  inclinée  du  côté  gauche  et  sur  le 
point  de  tomber;  les  assistants  en  furent  effrayés  et  se  sauvè- 
rent de  l'église.  Il  la  vit  ensuite  inclinée  du  côté  droit,  ce  qui  lit 
également  fuir  les  fidèles.  Il  la  vit  en  troisième  lieu  tomber  du 
côté  gauche  sur  le  parquet,  mais  sans  faire  des  menaces.  La 
dévastation  de  la  ville  était  indiquée  parla  première  inclinaison 
de  la  châsse.  L'auteur  pense  qu'une  seconde  et  une  troisième 
dévastation  lui  furent  épargné3s  par  l'intercession  de  la  Vierge 
et  de  S.  Lambert.  Un  autre  jour  l'homme  de  Dieu  vit  dans  la 
châsse  une  multitude  d'étoiles  et  au  milieu  d'elles  un  crucifix; 
PU  côté  droit  du  crucifix  se  tenait  la  Vierge,  et  au  côté  gauche 
S.  Lambert.  Un  troisième  jour,  il  vit  la  cité  tellement  entourée 
par  les  eaux  de  la  Meuse  que  personne  ne  pût  en  sortir  (  i  ). 

Dans  la  nuit  du  3  mai  1312,  le  serviteur  de  Dieu  vit  sortir  du 
mausolée  de  S.  Lambert  une  vipère  qu'il  prit  en  mains  sans  en 
être  mordu,  quoiqu'elle  lançât  son  venin.  Elle  se  glissa  de  ses 
mains,  sortit  par  la  porte  du  Nord  et  entra  dans  la  fente  d'un 
rocher.  Elle  en  sortit  bientôt,  mais  il  s'éleva  un  mur  entre  elle 
et  Jean  l'abbé.  Elle  prit  ensuite  la  forme  d'un  homme  et  dit  à 
Jean  :  je  dois  me  retirer,  car  je  ne  puis  soutenir  votre  pré- 
sence. La  vipère  est  le  duc  de  Brabant  qui  prit  la  ville  ce 
jour-lh  même,  sans  que  Jean  et  Odile  en  eussent  à  souffrir.  Le 
soir  le  duc  sortit  de  In  ville  par  la  porte  du  Nord.  Plus  tard 
voulant  y  revenir,  il  fut  arrêté  comme  par  un  mur  et  vaincu  ('). 

Le  3  mai  1312,  de  bon  matin,  des  femmes  et  des  enfants 
venaient  prier  au  tombeau  de  S.  Lambert.  Parmi  elles  se  trou- 
vait Odile,  la  mère  du  serviteur  de  Dieu.  Cette  femme  qui  aupa- 
ravant n'entrait  jamais  h  la  cathédrale  sans  voir  des  choses 
extraordinaires  au  tombeau  du  saint,  n'y  vit  rien  ce  jour  là.  Elle 
compritqueDieu  allait  châtier  la  cité.  Auparavantelleyétnitsou- 
vent  témoin  de  signes  célestes  :  tantôt  elle  voyait  descendre  la 

(  '  ;  Cliapeaville,  t.  II,  p.  607. 
(*)  Chapeaville,  t.   H,  p.  (HS. 


-    178  — 

grâce  du  S.  Esprit  sous  la  forme  d'mie  boule  de  feu;  tantôt  elle 
cont(MnpIait  l'àmc  de  S.  Lnnibert  descendant  du  ciel  ouvert  sous 
la  forme  d'un  homme  revêtu  d'une  tunique  blanche  et  entouré 
d'une  lumière  éclatante,  puis  retourner  au  ciel;  elle  vit  encore 
bien  d'autres  choses  qui  n'ont  point  été  écrites  (  i  ). 

Après  la  prise  et  le  pillage  de  la  ville,  qui  eurent  lieu  le  3  mai 
1312,  Jean  pria  souvent  Dieu,  la  Vierge  et  S.  Lambert  pour  la 
réparation  de  cette  injure.  Un  jour  il  eut  la  vision  suivante  : 
se  rendant  \\  l'église  pour  y  prier,  il  vit  autour  d'elle  une  quan- 
tité de  personnes  taillant  des  pierres  destinées  \\  sa  réparation. 
Ces  personnes  signifiaient  les  âmes  dévoles  qui,  par  leurs 
prières,  préparaient  la  réparation  de  la  défaite  (2). 

Un  autre  jour,  il  fut  ravi  en  esprit  :  entrant  dans  la  ville  de 
Liège,  il  en  admira  le  beau  site  et  les  bcàliments  restaurés.  Q'.iel 
dommage,  se  disait-il,  si  elle  devait  être  incendiée  par  les  Bra- 
bançons. Il  entendit  dans  le  lointain  le  son  des  cloches.  On 
sonnait,  lui  disait-on,  pour  la  dédicace  de  l'église.  Il  entendit 
ensuite  un  chœur  qui  chaniail  :  le  seigneur  a  envoyé  son  ange 
qui  nous  a  délivré  des  mains  d'Hérode  et  de  l'attente  du  peuple 
juif.  Jean  en  ressentit  une  grande  joie.  Celte  vision  signifiait  la 
défaite  des  Brabançons  (3). 

Le  3  mai  1213,  après  l'ollice  de  nuit,  Jean  prit  un  peu  de 
repos  sur  le  pavé  du  chœur,  la  tête  appuyée  sur  son  hermine; 
S.  Lambert  lui  apparut  et  s'assit  près  de  lui  avec  ses  compa- 
gnons ;  le  visage  en  feu,  le  saint  dit  à  Jean  :  Les  Brabançons 
seront  vaincus.  Jean  trembla  et  s'étant  éveillé,  il  comprit  que 
S.  Lambert  lui  avait  apparu  (0- 

Dans  la  nuit  du  1  i  octobre  1213,  l'homme  de  Dieu,  après 
avoir  ;illiiiii{;  des  cierges  anlour  de  la  chcâsse  de  S.  Lambert, 
s'adonna  an  ri'|)os.   Ravi  en  esprit,  il   eut  la  vision  suivante  :  il 

(M  Chapeaville,  t.  il.  p.  lil3. 

!  •)  Ctiapcaville,  l.  Il,  p.  Hlî. 

(  3)  Chapeaville,  t.  Il,  p.  G1«. 

(  *)  Chapeaville,  t.  II.  p.  fil'). 


—  179     - 

étail  debout,  au  côté  gauche  du  chœur  ;  il  vit  tomber  à  terre 
la  châsse  de  S.  Lambert  ;  il  la  releva  et  la  tint  entre  ses 
bras.  Deux  jeunes  gens  vêtus  de  blanc,  portant  des  cierges 
allumés,  se  placèrent  près  de  lui.  Des  moines  entrèrent  par  la 
porte  de  l'Est,  montèrent  au  chœur  et  y  chantèrent  l'antienne 
0  crux..  ;  parvenus  à  ces  mots  salva  prœsentem  catervam,  leurs 
voix  devinrent  d'une  si  grande  douceur  que  Jean  ne  se  sentit 
plus  de  joie  (i). 

Dans  la  journée  du  il  octobre,  un  bourgeois  de  Liège  endormi 
entendit  la  cloche  du  ban;  comme  il  demandait  où  il  fallait  se 
rendre,  S.  Lambert  lui  apparut  et  lui  dit  :  Suivez-moi,  je  vous 
conduirai  et  reconduirai  sain  et  sauf.  S'étant  éveillé,  il  enten- 
dit réellement  la  cloche  du  ban. 

Le  samedi  12  octobre,  Jean  l'abbé  ayant  demandé  à  une 
femme  des  cierges  pour  le  tombeau  de  S.  Lambert,  celle-ci 
répondit  en  raillant  :  S.  Lambert  qui  abandonne  ses  serviteurs 
a  bien  mérité  que  nous  décorions  son  tombeau  i\(\  nos  lumières. 
Demain,  répliqua  Jean,  vous  ne  parlerez  plus  ainsi, car  la  gloire 
de  notre  saint  se  sera  manifestée  à  tous. 

Le  13  octobre,  de  bon  matin,  un  possédé  du  démon  qu'on 
conduisait  à  l'église  de  Hastière,  se  mit  à  crier  :  Aujourd'hui 
S,  Lambert  remportera  la  victoire.  Vers  les  neuf  heures,  il  cria 
encore  plus  haut  :  S.  Lambert  remporte  la  victoire.  Vers  midi 
il  s'écria  de  nouveau  :  S.  Lambert  triomphe  miraculeusement. 
Puis  le  possédé  expira. 

Une  persoiHie  dévote  qui  priait  pour  le  bonheur  de  la  patrie, 
s'endormit  dans  sa  prière.  La  Vierge  lui  apparut  et  lui  dit  : 
Pourquoi  vous  affligez-vous?  Le  glorieux  S.  Lambert,  sur  les 
instances  de  tous  les  saints,  a  obtenu  de  mon  Fils  qu'une  ven- 
geance éclatante  serait  tirée  des  Brabançons. 

Le  13  octobre,  quand  les  deux  armées  étaient  en  présence 
dans  les  Steppes  de  Montenaeken,  on  vit  une  colombe  blanche 

(•    Chapeaviile,  I.  II,  p.  (i2l. 


—  180  — 

voler  au-dessus  des  Liégeois,  ce  qu'on  cioit  avoir  été  une  vertu 
céleste.  Odile  qui  priait  en  ce  moment  à  Liège,  vit  dans  les  airs 
S.  Lambert  avec  des  armes  d'or,  un  bouclier  sur  l'épaule,  une 
hache  îi  la  main,  et  monté  sur  un  cheval  blanc;  il  était  précédé 
de  la  Vierge  et  se  rendait  au  combat.  Un  bourgeois  de  Liège 
le  vit  également  se  rendre  au  combat. 

Un  nuage  se  plaça  devant  le  soleil  pour  empêcher  que  ses 
rayons  ne  donnassent  dans  les  yeux  des  Liégeois,  et  il  resta 
ainsi  pendant  toute  la  bataille. 

Après  la  dèiaitc  du  13  octobre,  le  duc  de  Brabant  promit  satis- 
faction au  comte  de  Flandre  et  au  prince  de  Liège  qui,  en  consé- 
quence, ne  continua  pas  à  le  poursuivre  en  envahissant  ses  Etats. 
L'homme  de  Dieu  eut  à  ce  sujet  une  vision  :  il  vit  le  pontife  de- 
vantlui  et  lui  remit  une  étole  rouge  marquetée  dedeniers,que  le 
pontife  se  mit  au  cou;  Jean  le  lui  défendit  en  disant  que  c'était 
de  l'argent  enlevé  aux  Liégeois,  mais  il  ne  fut  point  écouté.  Dans 
une  seconde  vision,  il  entendit  dire  que  le  prélat  abandonnait 
le  diocèse  et  disait  adieu  à  la  cité.  Dans  une  troisième  vision,  il 
vit  des  hommes  en  habits  laïques,  montés  sur  de  grands  qua- 
drupèdes, entrer  dans  la  cathédrale  et  la  dévaster.  La  première 
vision  signifiait  que  le  prince  avait  renoncé  pour  de  l'argent 
aux  fruits  de  sa  victoire  ;  la  seconde  qu'il  avait  admis  la  ]iro- 
jnesse  de  satisfaction  du  duc,  comme  le  pasteur  mercenaire 
admet  celle  du  loup;  Tobjet  de  la  troisième  vision  n'avait  point 
eu  lieu,  grâce  à  la  protection  de  S.  Lambert,  par  la  victoire  du 
roi  de  France  à  Bouvigne. 

Avant  que  le  duc  de  Brabant  vint  à  Liège  faire  sa  soumis- 
sion, l'homme  de  Dieu  vit  en  esprit  sur  l'autelde  la  Ste-Trinité, 
un  vieill;ii"(l  à  cboviMix  blancs,  velu  d'une  tunique  blanche  et 
cliaussé  de  souliers  (|ui  se  conservent  encore  à  l'église  ;  c'était 
S.  Lambert;  pour  lemieuxvoir,  Jean  montasurune  pierre, et  vit 
le  saint  remettre  à  leur  i)lace  sa  châsse,  celle  de  S.  Théodard  et 
les  autres.  Cette  vision  s'accomplit  à  la  lettre,  lors(|ue  le  duc 
prit  les  reliques  de  (erre  et  les  remit  à  leur  place. 


—  181   - 

Au  mois  d'avril  1214,  Jean  vit  s'élever  de  terre  un  nuage 
blanc  qui  enveloppa  toute  la  cathédrale;  il  courut  avec  le  peuple 
au  tombeau  de  S.  Lambert  pour  le  supplier  d'écarter  le  danger. 
Le  28  de  ce  mois,  pendant  que  Jean  célébrait  la  sainte  Messe, 
Odile  sa  mère  vit  S.  Lambert  avec  des  armes  étincelantes,  éten- 
dant un  bouclier  contre  les  ennemis.  Ces  ennemis  étaient  l'armée 
d'Otton  qui  menaçait  la  principauté. 

Peu  avant  la  bataille  de  Bouvigne,  Jean  vit  la  châsse  rouge  de 
S.  Lambert  inclinée  vers  la  France  ;  Odile  vit  le  saint  lui-même 
revêtu  de  ses  armes,  le  casque  en  tête,  regarder  la  France  d'un 
œil  bienveillant. 

Peu  après  la  bataille  de  Bouvigne,  l'homme  de  Dieu  eut  la 
vision  suivante  :  il  entra  dans  une  église  et  entendit  sonner  la 
cloche  de  la  cathédrale  appelée  Desiderata.  On  lui  raconta  qu'on 
avait  porté  la  châsse  de  S.  Lambert  à  la  rencontre  du  roi  Fré- 
déric. Jean  monta  les  degrés  du  chœur;  il  vit  le  tombeau  du 
saint  vide  et  plusieurs  personnes  baisant  l'endroit  où  la  châsse 
avait  été  placée.  Se  tournant  du  côté  du  Nord,  il  y  vit  un  crucihx 
touchant  la  terre  et  ayant  une  ligure  de  serpent  ;  au  côté  gauche 
du  crucifix  se  trouvait  un  vase  rempli  d'eau  fétide  ;  au  côté  droit 
un  prêtre  qui  priait  ;  en  descendant,  il  vit  un  autel  restauré. 
Levant  ensuite  les  yeux,  il  aperçût  une  multitude  de  clercs 
qui  voulaient  célébrer  la  fête  du  saint.  Jean  raconta  cette  vision 
à  un  prêtre  qui  la  rapporta  au  doyen.  Odile  défendit  à  son  fils 
d'en  rien  dire  au  doyen,  si  celui-ci  l'interrogeait  sur  la  vision, 
parce  que,  disait-elle,  il  n'en  fera  aucun  cas.  Jean  suivit  cet 
ordre  et  se  tut  en  présence  du  doyen.  Voici  l'interprétation  de 
cette  vision  : 

La  victoire  de  Bouvigne,  obtenue  par  la  protection  de  Saint- 
Lambert,  a  permis  au  roi  Frédéric  de  passer  le  Rhin,  à  la  grande 
joie  des  Liégeois,  qui  en  remercièrent  S.  Lambert.  Le  duc  de 
Brabant  fut  humilié  jusqu'à  terre  à  cause  de  ses  perfidies. 
L'église  de  Liège  s'est  relevée  glorieuse.  Le  prêtre  qui  priait  est 
Jean  lui-même. 


18* 


Odile,  priant  pour  le  roi  Frédéric,  vit  S.  Lambert  lui  montrer 
son  église  rayonnante  de  lumière  et  l'entendit  lui  dire  :  C'est 
cette  église  que  le  Seigneur  a  consacrée  avec  mon  sang;  il 
complétera  la  victoire  remportée  pour  moi  sur  le  duc  de  Bra- 
bant  et  le  roi  Otton  ;  il  fera  passer  le  Rhin  h  Frédéric. 

En  1^18,  lejour  mûmequ'Otton  mourut  à  Brunswick,  l'homme 
de  Dieu  eut  une  vision  :  des  clercs  vêtus  de  blancs  l'entouraient 
pour  célébrer  la  fête  de  S.  Lambert  ;  ils  entonnaient  l'antienne 
0  Juda  ;  Jean  en  fut  étonné,  mais  comprenant  que  c'était  la 
volonté  de  Dieu,  il  chanta  l'antienne  avec  les  autres.  Le  Judas 
était  le  roi  Otton. 

Les  démons,  furieux  contre  Jean  l'abbé,  lui  causèrent  avec  la 
permission  de  Dieu  toutes  sortes  de  maladies.  Sa  figure  se 
gonfla  et  ses  yeux  s'éteignirent,  mais  le  lendemain  il  fut  guéri 
par  S.  Lambert. 

La  fête  du  triomphe  de  S.  Lambert  à  Steppes  fut  fixée  au  13 
octobre.  L'homme  de  Dieu  eut  à  ce  sujet  une  vision  :  une  pro- 
cession dans  laquelle  deux  jeunes  gens  portaient  la  châsse  de 
S.  Lambert,  entra  dans  une  église.  Ces  jeunes  gens  ayant  voulu 
déposer  la  châsse  à  terre,  Jean  s'y  opposa,  la  prit  de  ses  mains 
et  la  plaça  sur  un  autel.  A  la  sortie  de  l'église,  on  voulut  dépo- 
ser lâchasse  à  terre,  mais  Jean  s'y  opposa  de  nouveau.  On  vit 
ensuite  arriver  des  hommes  vêtus  de  blancs  portant  deux  châs- 
ses, dont  l'une  était  moins  blanche  que  l'autre  et  tachetée  de 
sang.  Cette  vision  signifiait  trois  fêtes  célébrées  avec  proces- 
sion :  celle  du  triomphe  de  S.  Lambert  qui  ne  devait  pas  être 
omise,  celle  de  la  Nativité  de  la  Vierge  et  celle  de  Ste-Catlierine. 

Un  autre  jour,  Jean  contempla  dans  une  vision  le  tombeau  de 
S.  Lambert,  et  vit  préparer  un  luminaire  dans  toute  l'église. 
Ces  cierges  me  plaisent,  disait  le  saint,  puis  il  disparut. 

Vers  1:219,  il  fut  dtx'idé,  à  la  demande  du  duc  de  Brabant,  que 
la  fêle  du  li'ioniplie  ne  serait  plus  célébrée;  mais  Jean  n'en  pré- 
para pas  moins  le  luminaire  à  l'approche  du  13  octobre.  Il  vit 
en  esprit  une  tour  s'écrouler,  elles  cloches  se  briser;  Odile  vit. 


188 


sous  la  forme  d'étoiles  obscures  ,  les  démons  entrer  dans 
l'église;  mais  peu  après,  S.  Lambert  les  en  chassa.  La  vision  se 
vérifia.  Le  13  octobre  au  matin,  tout  le  clergé  pria  l'évêque  de 
rétablir  la  fête  du  triomphe  ;  ce  qui  eut  lieu  (i  ). 

Tel  est  l'abrégé  des  visions  d'Odile  et  de  Jean.  Qu'en  faut-il 
penser  ?  C'est  que  le  témoignage  du  biographe  d'Odile  n'en  est 
pas  une  preuve  suffisante.  Le  nombre  et  la  forme  de  toutes  ces 
visions  offrent  quelque  chose  de  très-singulier  qui  fait  sur  le 
lecteur  une  impression  défavorable  et  le  porte  à  les  rejeter. 

XIL 

Hugues  de  Pierrepont  et  Jean  Vahhé. 

Hugues  de  Pierrepont,  notre  prince-évêque,  fut  élu  en  1226 
archevêque  de  Rheims.  Reinier  de  S.  Jacques  rapporte  le  fait 
dans  les  termes  suivants  :  «  Hugues,  évêque  de  Liège,  fut  élu 
avec  solennité  et  à  l'unanimité  des  suffiages,  archevêque  de 
Rheims  ;  mais  vaincu  par  les  prières  et  les  larmes  du  clergé  et 
du  peuple,  il  refusa.  » 

Le  chroniqueur  de  Neumoustier  rapporte  aussi  le  fait;  les 
chanoines  de  l'église  de  Rheims,  ajoute-t-il,  étant  venus  ii 
Liège  présenter  le  décret  d'élection  à  Hugues,  celui-ci  ne  voulut 
point  y  consentir;  il  refusa  modestement  par  la  bouche  de 
Jacques  de  Vitri,  évêque  d'Acre,  qui  se  trouvait  en  ce  moment 
près  de  lui. 

Ces  deux  historiens  ne  font  point  mention  de  Jean  l'abbé  ni 
de  ses  relations  avec  l'évêque. 

Le  biographe  d'Odile  donne,  à  ce  sujet,  les  détails  suivants  : 
Quand  Hugues  de  Pierrepont  était  à  Liège,  il  avait  coutume, 
après  l'office  de  nuit,  d'aller  prier  au  tombeau  de  S.  Lambert; 

(  '  )  Chapeaville,  t.  II,  pp.  622  à  639. 


—  184  — 

il  y  pleurait  souvent,  car  Dieu  lui  avait  donné  le  don  des  larmes; 
il  faisait  en  même  temps  une  visite  à  Jean  l'abbé.  Ils  conféraient 
alors  sur  les  choses  spirituelles  et  temporelles;  Jean  lui  parlait 
avec  une  sainte  liberté,  et  l'évêque  ne  s'en  offensait  point;  il 
suivit  même  assez  souvent  les  conseils  de  l'homme  de  Dieu. 
Dès  que  Hugues  eut  appris  son  élection  au  siège  de  Rheims,  il 
fit  demander  les  prières  de  Jean  pour  connaître  la  volonté  de 
Dieu.  Pendant  la  nuit  qui  précéda  son  départ  pour  Dinant,  il 
se  rendit  au  tombeau  de  S.  J^ambert  et  y  pria  en  versant  des 
larmes;  il  se  jeta  ensuite  aux  pieds  de  Jean  l'abbé  qui  s'y  trou- 
vait et  éclata  en  sîinglots.  Arrivé  à  Dinant,  il  y  interrogea  Simon, 
frère  convers  d'Aine,  pour  connaître  de  lui  la  volonté  de  Dieu  : 
«La  volonté  deDieu,  répondit  le  i'rère,  c'est  que  vous  choisissiez 
l'église  vers  laquelle  vous  portent  vos  affections.  »  — a  C'est  celle 
de  S.  Lambert,  répliqua  l'évêque,  pour  laquelle  j'avais  déjà  fait 
mon  choix  (i).  » 

On  a  de  la  peine  à  croire  que  Hugues  de  Pierrepont  alla  sou- 
vent pendant  la  nuit  visiter  Jean  l'abbé,  conférer  et  prier  avec 
lui,  et  qu'il  se  jeta  parfois  h  ses  pieds  en  sanglotant. 

XIII. 

Mort  de  Hugues  de  Pierrepont. 

Hugues  de  Pierrepont  mourut  àHuy,  entre  les  bras  de  Jacques 
de  Vitri,  le  12  avril  1229,  après  avoir  reçu  de  lui  les  S.  Sacre- 
ments. Il  fut  enterré  dans  la  cathédrale,  quoiqu'il  eût  choisi  sa 
sépulture  dans  l'abbaye  du  Val-St-Lambert.  Tel  est  le  récit  de 
Reinier  de  S.  Jacques. 

Le  chroniqueur  de  Neumoustier  donne  quelques  détails  plus 
précis  :  pendant  le  carême,  l'évêque  Hugues  était  gravement 
malade  au  château  de  Huy;  après  avoir  disposé  de  ses  biens  et 

(' j  Cliap»uville,  t.  II.  p.  5242. 


—  185  — 

réglé  toutes  ses  affaires,  il  mourut  le  Jeudi-Saint,  12  avril,  pen- 
dant que  Jacques  de  Vitri,  évèque  d'Acre,  consacrait  les  Saintes 
Huiles  dans  l'église  de  Neumoustier  ;  le  soir  son  corps  fut  porté 
solennellement  à  la  collégiale  de  Noire-Dame,  et  le  lendemain 
h  la  cathédrale  de  Liège  oii  il  resta  déposé  jusqu'au  lundi  de 
Pâques ,  il  y  fut  inhumé  ce  jour  à  l'endroit  où  S.  Lambert 
souffrit  le  martyre. 

Ces  deux  historiens  ne  parlent  ni  de  synode,  ni  de  décret  con- 
traire aux  anciens  privilèges  de  Liège,  ni  de  prophéties,  ni  de 
faits  miraculeux. 

Par  une  charte  de  12i29,  Hugues  reconnaît  que  le  chapitre  de 
la  cathédrale  a,  d'après  une  ancienne  coutume,  le  pouvoir  d'ex- 
communier les  malfaiteurs  et  de  les  bannir  de  ses  terres,  ainsi 
que  de  connaître  en  appel  des  causes  portées  devant  lui  par  les 
chapitres  des  églises  collégiales  du  diocèse  (i). 

Le  biographe  d'Odile  et,  après  lui,  Gilles  d'Orval  nous  pré- 
sentent le  récit  suivant  de  la  mort  du  prélat.  La  dernière  année 
de  son  épiscopat,  Hugues  réunit  un  synode  dans  lequel  il  porta 
un  décret  contraire  aux  anciens  privilèges  de  Liège.  Il  fut  révélé 
par  le  S.  Esprit  à  un  prêtre  que  l'èvêque  mourroit  dans  l'année 
s'il  ne  révoquait  ce  décret.  Ce  prêtre  lui  fit  connaître  cette 
révélation  par  un  billet  écrit,  et  chargea  une  vieille  femme  de  le 
lui  remettre;  celle-ci  le  lui  remit  avant  l'office  divin  et  disparut 
au  plus  vite.  Après  l'ofiTice,  l'évèque  ayant  lu  le  billet,  entra 
en  fureur  et  le  décliira  avec  les  dents.  Il  fit  inutilement 
rechercher  la  vieille  femme.  Le  prêtre  qui  avait  eu  la  révéla- 
tion, en  fit  part  h  Jean  l'abbé.  Celte  année,  l'èvêque  étant  tombé 
malade  à  Huy,  le  prêtre  lui  fit  une  visite  et  lui  rappela  le  contenu 
du  billet:  «  Hélas,  soupira  Hugues,  je  me  suis  repenti  trop  tard  de 
ce  décret.  » — «  Ce  que  vous  n'avez  pas  voulu  croire  alors, répliqua 
le  prêtre,  nous  le  voyons,  maintenant,  avec  douleur,  s'accom- 
plir. ))I1  y  avait  alors  à  Liège  une  prophétesse  avancée  en  âge; 

(I  )  Charte  de  la  cathédi-ale  S.  Lambert,  n°  7ti, 


—  186  — 

elle  fit  savoir  ;i  Jean  l'abbé  que  l'évêque ,  s'il  voulait  guérir, 
devait  venir  à  Liège.  Jean  le  notitia  à  l'évêque  par  un  domes- 
ti(iue  ;  mais  Hugues  n'y  ajouta  aucune  foi.  Après  avoir  réglé 
ses  affaires  spirituelles  et  temporelles  et  reçu  les  S.  Sacrements, 
il  mourut  dans  les  bras  de  Jacques  de  Vitri,  le  Jeudi-Saint, 
12  avril.  Quoiqu'il  eût  choisi  sa  sépulture  au  Val-St-Lambert,  il 
fut  porté  à  la  cathédrale.  Le  chapitre  voulut  l'inhumer  près  de 
l'aulel  de  S.  Materne;  mais  il  fut  révélé  à  Jean  l'abbé,  qu'il  devait 
être  inhumé  près  de  l'autel  des  SS.  Cosme  et  Damien,  ce  qui 
fut  fait  le  lundi  de  Pâques.  Peu  de  jours  après  sa  mort,  Hugues 
apparutàune  personne  pieuseetiui  dit  qu'il  était  au  j>urgatoire. 
La  veille  de  la  Pentecôte,  il  apparut  à  un  religieux  pendant  la 
nuit,  et  se  plaignit  do  ce  que  les  prières  pour  le  repos  de  son 
âme  étaient  diminuées  dans  les  onlrcs  religieux.  Cinq  ans  plus 
tard,  il  apparut  à  ce  même  religieux  pour  renouveler  ses  plaintes. 
Celui-ci  pria,  dès  lors,  avec  tant  de  lerveur  que,  bientôt  après, 
il  vit  l'âme  du  prélat  monter  au  ciel  (  i). 

Le  décret  contraire  aux  anciens  privilèges  de  Liège,  que 
mentionne  le  biogr;qjhe  d'Odile,  nous  est  inconnu;  mais  nous 
voyons  au  moins  par  la  charte  do  1229  que  Hugues  aimait  à 
reconnaître  et  â  conlirmer  les  privilèges  du  chapitre  de  la 
cathédrale. 

Il  est  inutile  de  faire  ressortir  les  invraisemblances  que  pré- 
sentent les  visions  et  prophéties  louchant  la  mort  de  l'évêque. 

XIV. 

Conclusion. 

Le  chanoinc-tréfuncier  qui  écrivit,  entre  les  aimées  1241  et 
1251,  la  vie  d'Odile  et  de  son  llls  Jean,  se  montre  dans  tout 
son  récit  très-sincère.  Il  parle  en  homme  convaincu  de  ce  qu'il 

(  ')  Cliuii(;avilk',  lomc  11,  pp.  -2'ti)  a  '■liùl. 


—  187  — 

raconte.  On  ne  peut  pas  lui  attribuer  l'intenlion  de  menliret  de 
tromper  ses  lecteurs. 

Mais  sa  sincérité  révèle,  en  même  temps,  une  grande  crédu- 
lité, un  défaut  de  discernement  et  de  saine  critique.  Le  lec- 
teur doit  se  demander  avec  étonnement  comment  il  est  possible 
qu'un  clianoine-tréfoncier  ait  pu  croire  que  toutes  ces  visions, 
révélations  et  prophéties  venaient  réellement  de  Dieu. 

Le  chanoine-historien  n'a  appris  ces  visions  et  révélations 
que  d'Odile  et  de  Jean  l'abbé.  Ceux-ci  ont-ils  été  sincères  ou 
bien  ont-ils  trompé  le  bon  chanoine?  Ont-ils  eu  réellement  ces 
visions  et,  s'ils  les  ont  eues,  les  oiit-ils  sincèrement  attribuées 
à  Dieu?  Dans  le  récit  du  chanoine-tréfoncier,  il  n'y  a  rien  qui 
indique  qu'Odile  et  Jean  n'aient  pas  été  sincères.  Mais  la  sincé- 
rité d'Odile  et  de  Jean,  si  on  l'admet,  ne  prouve  pas  non  plus 
en  leur  faveur;  elle  révèle  plutôt  un  défaut  de  discernement  et 
de  saine  critique;  elle  fait  soupçonner  qu'ils  ont  attribué  h 
Dieu  ce  qui  n'était  que  le  produit  d'une  imagination  exaltée. 

Tous  les  trois,  Odile,  Jean  et  leur  biograj)he,  étaient  portés 
à  exagérer  les  abus;  ils  accueillaient  sans  critique  tout  ce  qu'ils 
apprenaient  à  cet  égard  ;  et  ils  voyaient  daiis  tous  les  événe- 
ments une  intervention  immédiate  de  Dieu,  soit  pour  punir,  soit 
pour  récompenser  les  Liégeois.  C'est  là  le  jugement  qu'on  porte 
naturellement  quand  on  a  lu  les  fragments  que  Gilles  d'Orval 
nous  a  conservés  de  la  biographie  d'Odile. 

La  biographie  d'Odile  est  la  source  première  et  unique  où  les 
historiens  ont  puisé  les  faits  scandaleux  qui  se  seraient  passés 
sous  Albéron  II  (1134-1145)  et  sous  Raoul  (1167-1191  ).  Gilles 
d'Orval  et  un  religieux  de  S.  Laurent  auXIIP,  Matliias  de  Lewis 
et  Jean  d'Oulre-Meuse  au  XIV^  Corneille  Zantfliet  au  XV%  Jean 
Placentius  et  Jean  de  Brusthem  au  XVP,  Fisen  et  Foullon  au 
XVII%  Bouille  au  XVIII%  de  Villenlagne,  de  Gcrlaelie,  Pulain, 
l*ollet,  ïychon  au  XIX'-  siècle,  ont  répété  les  récits  du  biogra- 
phe d'Odile;  mais,  malgré  leur  nombre,  leur  témoignage  ne 
vaut  pas  plus  que  la  source  première  et  unique  où  les  faits  scan- 


—  188  — 

daleux  ont  été  puisés;  or,  cette  source,  bien  loin  de  pouvoir  en 
fournir  une  preuve  certaine,  renferme  en  elle-même  des  invrai- 
semblances et  ne  concorde  point  avec  des  sources  bistonques 
plus  anciennes  et  plus  dignes  de  foi. 

J.  Daris. 


DOCUMENTS    INÉDITS 


HAUTE   AVOUERIE    DE    HESBAYE. 


Le  savant  baron  de  Villeiifagne  d'Iiigihoul,  dans  ses  Recher- 
clies  sur  V Histoire  de  la  principauté  de  Liège  (i)  a  consacré  un 
chapitre  très-intéressant  à  la  Haute-avouerie  de  Hesbaye,  dans 
lequel  il  traile  surtout  des  droits  et  des  prérogatives  du  haut- 
voué  et  du  célèbre  record  de  1321  qui  les  a  déterminés  d'une 
manière  bien  précise. 

Il  a  eu  la  bonne  fortune  de  voir  ce  record  en  i812  et  d'en 
prendre  copie  (-2),  mais,  pas  plus  que  le  Père  FouUon  qui  en 
parle  aussi  et  qui  a  donné  les  noms  des  signataires  de  ce  docu- 
ment i's),  il  n'a  jugé  à  propos  de  le  publier  et  s'est  borné  à  en 
donner  une  description  et  une  analyse  d'ailleurs  assez  exactes. 

Dans  une  de  nos  pérégrinations  sur  le  sol  de  la  vieille  Hes- 
baye, nous  avons  eu  l'heureuse  chance  de  retrouver  au  château 
d'Aigremont,  siège  de  la  haute-avouerie  de  Hesbaye,  l'original 
du  record,  ainsi  que  trois  autres  documents  aussi  très-impor- 
tants, que  nous  publions  aujourd'hui. 

Le  record  consiste  en  une  grande  feuille  de  parchemin,  à 
laquelle  sont  attachées  par  des  cordons  de  soie,  six  autres 
petites  feuilles  do  parchemin  et  soixante-et-un  sceaux,  presque 
tous  bien  conservés.  Jadis  il  y  en  avait  soixante-et-trois  ainsi 


(  •  )  Tome  I,  page  W9. 

(')  Ibid.,  page  472. 

(')  Historia  Leodiensis,  tome  11,  page  4'25. 


—  190  — 

qu'on  peut  s'en  assurer  \):iy  l'oxauieii  du  parcUeiTitu.  M.  de  Lou- 
vrex',  au  siècle  dernier,  avait,  conslalé  rexisienc.î  de  soixanle- 
deux  sceaux(i),  taiidisqueM.  de  Villenfagne,  au  commencement 
de  ce  siècle-ci  \Ven  avait  compté  que  cinquante-sept  ;  mais  ce 
dernier  s'est  évidemment  trompé. 

Le  second  document  qui  se  trouve  aussi  à  Aigremoni  , 
mais  qui  n'a  pas  été  connu  du  baron  do  Villenrasne,  est  un 
di[)lôme  impérial  de  1590,  érigeant  la  seigneurie  d'Aigremont 
en  comté  du  Saint-Empire.  M.  de  Villenfagne  doutait  de  son 
existence  {-2)  et  ne  semblait  pas  ajouter  foi  à  ce  qu'en  disait 
Saumery  dans  les  Délices  du  pays  de  Liège  {',^).  Aujourd'hui  la 
découverte  du  diplôme  a  [ranclié  la  question  en  faveur  de  Sau- 
mery, qui,  plus  heureux  que  Villenfagne,  avait  eu  sans  doute 
communication  de  cette  importante  pièce. 

Ce  diplôme  sur  parchemin  est  d'une  exécution  caligraphique 
exlraordinairement  belle  poui-  l'époque.  L'écriture  en  est 
grande,  large,  très-nette  et  très-ferme.  Le  nom  de  l'emiiereur, 
celui  d'Aigremont  et  le  premier  mot  de  chaque  phrase  sont  en 
lettres  dorées,  et  le  grand  sceau  de  l'Empire, renfermé  dans  une 
boîte  en  bois,  y  est  appendu  à  des  cordons  en  fil  d'or. 

Outre  ces  pièces,  nous  avons  encore  trouvé  à  Aigremontdes 
copies,  aulhenti(iuées  par  un  notaire  liégeois,  de  deux  cliarles 
du  commencement  du  XIII''  siècle.  Les  attestations  du  notaire 
ne  mentionnent  pas  la  date  h  laquelle  ces  copies  ont  été  faites, 
mais  elle  peut  être  fixée  approximativement  [)ar  le  timbre  du 
papier  qui  porte  l'année  1744. 

'/)  llecucil  des  Edils,  ctc,  tome  IV,  psi^'O  !2;;s. 
(*j  Ilenhcrclies  historiqii  :i,  lunie  I,  page  VM'i. 
.  5)  Tome  I,  page  3oG. 

E.    PoswiCK. 


—  191  — 
I 

Record  louchant  les  droils  du  haut-voué  de  Hesbaye  ;  6  octobre  1321. 

A  tous  cheaux  qui  ces  présentes  lettres  verront  et  oront.  Arnus,  avoweis 
de  Hesbaing,  sires  de  Chaniont  et  de  Lumaing,  salut  en  Deu  parmanabie  et 
connissancc  de  veriteit.  Coneutc  cliouze  soit  a  chascon  et  a  tous  que 
comme  ju  moi  fuisse  deplains  a  nosire  chier  et  révèrent  peirc  en  Deu 
nostre  saingnour  Adolff,  par  le  grasce  de  Deu  evesque  de  Liège,  de  mes 
droiiures  de  madilte  vowerie  de  Hesbaing  qui  ne  moi  estoent  mies 
tenuvves  et  wardces  si  avant  que  ju  les  devoi  avoir,  et  li  awisse  proiiet  en 
humilité!!  que  ilh  moi  vosist  tenir  et  acomplir  mes  droitures  devantditles 
si  avant  que  jii  les  devoi  avoir  :  ilh  moi  respondit  que  volenliers  le  feroit 
si  avant  que  li  nobles  homes,  ii  chevalirs,  li  conseauzdes  boucs  vilhes  et  li 
païs  délie  eveschiet  de  Liège  diroent  et  assegneroent  que  faire  Tavoit.  Et 
comme  l'an  de  grasce  milh  trois  cens  et  vint  et  une,  le  mardi  devant  le  feiste 
Saint-Denis  le  marlire,  fuissent  assembleit  en  ba*^  capitle  de  Liège,  a  boire 
de  capitle  après  prime,  nos  reverens  peiies  devantdis,  li  nobles  homes 
del  païs,  li  chevalirs,  li  maistres.li  eschevins,  li  jureis  et  li  conseauz  délie 
ditte  cité  de  Liège  et  chilh  qui  i  envoiiés  i  astoent  de  part  les  bones  vilhes 
de  îluy,  Dinant,  Treit,  Tongres  et  Sainîron  qui  chi  desouz  sont  escris,  li 
peires  reverens  devantdis  requist  là  et  tornat  a  faire  rccor  pour  les  genlis 
homes,  les  chevalirs  del  païs,  les  maistres  dcUeditte  cité,  les  eskevins,  les 
Jureis  et  le  conseal  de  chel  liw  meismes,  et  por  cheas  qui  là  estoent  por  les 
bones  vilhes  et  le  païs,  des  droitures  que  ju  avoie  et  avoir  dévoie  par  le 
raison  de  maditte  vowerie  de  Hasbaing,  al  recort  des  quels  ilh  dist  là  quilh 
esteiroit;  liqueilh  soi  trairont  a'conseilh  ensemble  et  en  parties,  et  enquiseiit 
enlre  eaux  diligemment  pour  leurs  feauteis  à  warder  entre  le  peire  révèrent 
devantdil  et  moi  queles  droitures  ju  avoie  et  avoir  dévoie  par  le  raison 
de  madite  vowerie. Et  eaux  conseilhiés  et  enquis  diligemment  des  droitures 
devanldlttes,  ilh  revinrent  en  le  présence  del  devanldit  peire  révèrent  el 
dit  capiile,  et  là  cargont  ilh  par  on  common  acort  leure  parole,  conseilh  et 
recort  a  dire  et  prononchier  pour  home  honorable  et  sage  monsaingnour 
Johan  Jioicilh,  saingnour  de  Vellerues,  chevalir;  liqueis  ensi  cargiés  dist  là 
eii  ()rcsence  en  apert,en  recordant  les  droitures  desoirdiite,  que  on  doit  le 
standair  Saint-Lamberl  mettre  fours  de  son  lieu  quant  besoins  serat,  par  le 


—   19-2  — 

rnnspilh  de  pais  ;  et  lui  fours  mis,  nos  sires  ii  evesques  doit  le  voweit  de 
Hasljainy  mandeir  et  l'aire  savoir  que  ilh  vengne  laire  son  devoir  del  dit 
standar  a  porter  sous  se  fies.  Et  lui,  mandeit  ensi,  ilh  doit  venir  à  Liège 
pour  faire  son  devoir;  et  alant  et  venant  li  doit  nos  dis  sires  Ii  evesques  ses 
frais  livreir,  et  cherois  pour  lui  et  ses  gens  qui  avec  lui  vinent.  Et  ledit 
voweit,  venut  en  l'église  Saint-Lambert  de  Liège  pour  faire  son  devoir  al 
manilennMit  desuirdit ,  on  le  doit  armeir  desouz  le  coronne  delledille 
eglize.  Et  là  li  doit  lidis  eves(|ucs  doneir  et  livreir  blances  armes,  blaiice 
chiiiluri'  et  lilance  bourse  et  cent  souz  de  ligois  en  celle  bourze; et  quant  li 
dis  voweis  est  eiisi  armeis,  aleir  doit  al  grant  alteit  delleditte  eglize,  et  là 
doit  faire  fealteit  auz  saingnours  del  caidlk",  et  jureir  eu  leurs  présences 
et  eu  le  |)rèsenee  auzi  des  maisires  de  la  cité  de  Liège,  de  porteir  el 
raporleir  ledit  standar  et  demoreir  deleis  ledit  evesques,  le  cité  de  Liège 
et  le  pais,  et  faire  sou  devoir  à  son  loial  |)oior.Elelui  fait,  li  saingnours  <lel 
eapille  li  doet  li  slandar  li\reii'  départ  Tevesque  et  \o  pais,  et  le  doent 
conduire  .jus(pu>s  auz  greis  del  marchict;  et  quant  li  voweis  de  Hesbaiug 
est  là  venus,  là  li  doit  livreir  lidis  evesque  et  douneir  on  ehe\al  sullissanl 
|)Our  lui,  pour  faire  son  devoir  de  poiter  teilhjuweal  (pie  le  standar  devant 
dit.  Et  dois  esire  blans  ehis  elievauz,  covers  de  blance  covreture;  et 
se  on  ne  li  livroil  on  blanc  cheval,  ilh  doit  sufiiier  s'ilh  est  dautre  poilli, 
mais  (prilli  soit  covers  de  blanche  covreture.  Et  là  doit  monteir  lidis 
voweis,  et  prendie  le  slandar  eu  sa  niaiu  ;  1 1  al  movoir,  li  doit  lidis  evesques 
livreir  une  cherrèe  de  vien  pour  despendre  en  son  serviche  faisant.  El 
ades  le  doit  lidis  evesques  livreir  en  son  serviche  faisant,  alant  et  venant, 
pour  li  et  cheaux  qui  sont  avec  li.  En  a|)rès,(piatit  on  al  ensi  fait  et  livreit 
aldit  voweit  ses  droitures,  ilh  doit  a!(>ir  là  où  li  eves((ues  et  li  pais 
s'accordent.  Et  cpianl  illi  al  le  slimdar  p(»r!eit  hors  délie  cité  de  Liège,  il 
doit  demoreir  deleis  noslrcdit  saingnour  revestpies  et  le  sovcntditte  cité 
de  Liège,  ijui  doent  eslre  d'un  acort.  A  savoir  est  ancoi's  que  quant  lidis 
voweis  est  rentreis  en  ledilte  cite,  et  iih  al  remis  le  standar  là  où  ilh  le 
prist,  el  list  le  fealteit  de  lui  porteir  el  rappoiteir  a  son  loial  poior,  se  nos 
reverens  peires  dcvantdis  est  après  chu  si  conseilhiès  que  ilh  remande 
ledit  voweit  pnui- porteir  ledit  standar,  el  on  le  vuelli  eniiiiiieii'  fours  délie 
cité  de  Liège,  ilh,  ikjs  peii'es  revei-ens,  li  doit  adonc  tontes  les  droitures 
dcsoirdiltes,  el  si  sovent  (jne  on  l'arme  desouz  le  coronne  et  ilh  fait  noveal 
sciimeiil.  Eu  après  est  auchors  a  savoir  (pie  se  lidis  voweis,  par  prison, 
maladie  au  loiale  soingne  ne  puisl  venir  à  Liège  por  faire  son  devoir  del 


—  198  — 

dit  slandar  à  porleir,  ilh  puel  en  liwde  lui  une  persone  mettre  et  establir 
pour  ichu  l'aire  que  ilh  feroit  par  le  conseal  de  pais.  Aile  quele  persone, 
quant  elle  est  ensl  mise  et  establie ,  nos  rêverons  peires  dcsoirdis  doit 
faire  les  droitures  desoirdites  en  liw  deldit  voweit.  Et  tout  chu  que  dit 
est,  dislelrecordat  lidis  mesires  Johans  Doreilh  par  le  conseilh  et  volenteit 
des  nobles  homes,  des  chevaliers,  maistres,  eskevins,  jureis  et  conseal  délie 
dite  cité,  et  del  conseal  des  bonnes  vilhes  et  del  pais  desouz  escris,  qui 
siete  en  firent,  à  savoir  sont  :  nobles  homes  mesires  Gerars,  sires  de  Huf- 
falie;  raesire  Thumas  de  Dyste,  sires  de  Wodemont;  mesires  Robcrs,  sire 
de  Virves,  chf'valiei's;Thiris,  sires  de  Rochefort,  vowcisde  Dynant,  uns  des 
douze  peires  Saini-Lambert;  Lowis  de  Aygimont,  escuiers;  mesires  Johans 
de  Chier;  mesires  Godefioid  de  Wihongne;  mesires  Henris,  sires  de  Her- 
malle;  mesires  Johans  de  ('ommeihe;  mesires  Thiris  de  Fauz;  mesires 
Johans  de  Culonsler;  mesires  Uenirs  délie  Grangne;  mesires  Uauze  délie 
Printehaie  ;  mesires  Lowis  de  Commeihe  ;  mesires  Arnus  de  ïhilhice  ; 
mesires  Arnus  Vilais  de  Marneffc;  mesires  Hunbfrs  de  liei-riamon!,  cheva- 
liers ;  Ilenris  de  Uahier  et  Colins  de  Sain.son ,  maistres  délie  tité  de 
Liège  ;  mesires  Ewestasses  de  Crisengnée  ;  mesires  Alexandres  de  Saint- 
Servais,  clie\aliers  ;  F-'astreis  JJarreis,  Pires  Boveas,  Johans  de  Lardier, 
Balduwins  de  Ilohjiignc,  ^Vilheames  de  Flemale,  eskevins  de  Liège;  Phi- 
lippes  de  iMulan,  Philippes  Uondeaus  de  Lamines,  Giles  Surles,  Arnus  de 
Saint-Loreiit,  Rennckiiis  de  Horion,  Giles  li  Krongnus,  clercs  jureis  dolle 
cité  de  Liège;  Amcilcs  dis  Milars  de  Vorues  \Valtirs  de  Warfezées,  Johans 
de  Lamines,  Johans  Boilewe  de  Mons,  bailhirs  dellesbaing,  Alexandre  de 
Fechieres,  Libers  de  Siraelcs,  Wcri'is  de  Limon,  Rcnars  de  Holengnules, 
AVilheanies  de  Berses,  damoiseaux  de  Stiors,  Helins  de  Vilh,  Ainciles  de 
Muhin,  Gili's  Mâchons,  escuiers,  et  plusieurs  autres  ;  Amcile  de  Warnans 
et  Clamineas  qui  y  furent  por  h  vilh  de  lluy  ;  Johans  li  Veauz  el  Wilhea- 
mes  de  Fouses  qui  i  furent  pour  leditle  vilh  de  Diiiant  ;  Johans  de  llcis, 
maire  de  Trcit,  et  Johans  de  Mclins,  eskevins,  etWilheamesdeMeirs  qui  i 
furent  pour  leditle  vilhe  de  Greit;  Libers  Botars,  maires  de  Tongres,  qui 
por  le  vilhe  de  Tongres  i  fut;  Henris  de  Rikle,  Goman  (ireive  (?j  et  Henris 
délie  Poile,  maires  de  Sainti-oii,  nostre  saingnour  de  Liège  dcvanldit, 
JohansTeighene  et  maistres  Giles  de  Ivo,  condist  de  Liège,  qui  i  fui'cnt  por 
leditle  vilhe  de  Saintron.  En  tcsmoingnage  de  huiuele  chouzeju,  Arnus, 
voweis  de  Hesbaiii  desoirdis,  prie  humlemenl  et  requier  tant  et  si  affec- 
tuoisement  comme  ju  puis  à  tous  le  nobles  homes  les  chevaliers,  maistres, 


194 


eskevins  et  jureis  délie  citcii  de  Lic^o,  les  escuiers  et.  conseaux  des 
bonnes  vilhcs  desoirdittes,  qui  a  chu  que  dit  est  fueient  présent,  que  ilii, 
pour  avoir  mémoire  perpétuée  del  lecort  etchouzcs  desoirdittes,  vuelhent 
par  leurs  bonteis  à  ces  présentes  lettres  ap|)endre  ou  faire  appcndre leurs 
propres  saiauz,  en  tesmoingnage  de  verileit.  Et  nos ,  aile  proiiere  et 
requeste  de  noble  b(»ninie  nioiisaingnour  Aiiiut,vo\veit  de  Ilesbaingdevant 
dit,  saingnour  de  Cbalmont  et  de  Lumaings,  avons  à  ces  présentes  lettres 
et  recort  appendus  ou  faitappendre  nos  propres  saiaus  en  tesmoingnage  de 
veriteit  de  tout  ehu  que  desoir  est  dit,  sour  l'an  et  le  jour  desoir  escris. 

Confirmation  dudiî  record  par  \rnould,  comie  de  Looz-  ;   10  Juillet  1522. 

Nous,  Arnus,  cuensde  Louz,  et  Lowis,  ses  lis,  euens  de  Cyngni,  Renars 
sires  ci'Argenteal,vo\veisdcChincy,  et  Louis  sires  deDipembeike,  eseuiers, 
peires  Sainl-Lainberi,  faisons  savoir  à  tous  que,  al  reeort  fait  délie  vowerie 
de  Hesbaing,  al  queilh  recort  ehes  nos  présentes  lettres  sunt  entichies  et 
annexées,  sique  peires  Saint-Lamberl  nos  consentons  et  connissons  le 
recort  desoirdit  estre  vrai  tant  que  en  nos  est  ;  et  que  li  vovveis  de  Hes- 
bain,  quis  qui  le  soit,  at.  cl  avoir  doii  telles  droitures  par  le  raison  de  sa 
vowerie  de  Ilesbaiiig  (jue  en  devantdil  recort  sont  contenuwes  et  divi- 
sées. En  tesmoingnage  de  laquele  eboiize.  nos  avons  à  ehes  présentes 
lettres  fait  appendre  nos  propres  saiauz  en  tesmoignagc  de  veriteit.  Don- 
neit  l'an  de  grascc  milh  trois  cens  et  vint  et  dois,  lescmedi  devant  le  tVistc 
délie  division  dcsapostles. 

Coiifirmalhiii  de  CniUaumc,  mmlc  de  Uiiinnu'  ;  il  mars  10:20  in.  s.) 

Guileame,  euens  de  llcynaul,  de  llulkuide,  de  Zelaiide  et  sire  de  Erize, 
faizons  savoir  à  tons  que  nous  avons  veu  une  lettre  d'un  reeorl  de  droi- 
lui'cs  l'avoet  de  Hesl.aing  parinis  Icquele  lettre  ehes  nostips  lettres 
sont  annexeées,  Icijuel  rciort  si  ki!  est  eontenus  esdittes  lettres,  nous 
tenons  a  bnin  de  tant  iju'il  nous  louke  et  puet  toukier',  par  le  tesmoing  de 
ces  lettres  seelées  de  no  seel.  Donniïit  l'an  mil  trois  cens  vint  et  deux,  le 
vendredi  après  mi  quaresme. 

('.ouftrmuHou  de  Jacques,  abbé  d'Aine;  1!(  avril  ir>2i!. 

Nous,  .lakcmes,  dis  abbes  délie  cglicze  .Nosîre-Danune  d'Aine  en 
la  diocèse  dr  l.icgc  dp!   urdr-ni'   des  Cvstaux.  et    Winan.-<  de     IJondf. 


19o 


escuiers,  faisons  savoir  a  tous  que,  ;»1  reçoit  fait  délie  vowerie,  noble 
homme  monseingnoui"  Arnut,  avovveit  de  Hesbaing-,  saingnour  de  Chamont 
et  de  Lumaing,  chevalier,  alqueil  recort  rhes  nos  présentes  lettres  sont 
cnlichies  et  annexées  sique,  peires  Saint-Lambert  nos  consentons  et  le 
connissons  estre  vrai  tant  que  en  nos  est,  et  les  droitures  delleditte  vowe- 
rie estre  telles  que  en  dit  recort  sont  contenuwes  et  devisées,  par  le 
tesmoing  de  ces  présentes  lettres  saieléez  de  nos  saiauz.  Données  l'an  de 
grasce  MCCC  et  vinte  dois,  lendemain  délie  Paske  florie. 

Coufirmatkvi  de  la  clic  de  Liège;  18  janvier  132.j  (n.  s.). 

ÏNos,  11  maistre,  li  jureis,  !i  conseauz  et  toute  l'universiteit  dele  citcit 
de  Lige,  faisons  savoir  a  tos  ei  testmognons  ke  li  recors  alqueil  restes 
nostres  présentes  lettres  sunt  annexées,  fu  fais  ensi  com  eldit  recort  est 
contenut  pardevant  les  maistres  de  nostreditte  citeit  ki  adonk  estoient 
por  le  temps,  et  les  borghois  desquels  li  dis  recors  fait  mencion  ;  lequeil 
recort  tant  com  en  nous  est,  nos  tenons  por  bon  et  por  loial,  et  nos  i  con- 
senloiis  et  rajustons  foid  entirement  ;  en  tesmongnage  de  laquelle  choise 
nous  avons  fait  appendre  à  cesdittes  lettres  le  grant  seial  de  nosiieditte 
citeit.  Faites  et  douées  Tan  de  grasce  niilh  trois  cent  vint  et  quatre,  le 
vendredi  anivs  les  odavles  des  Roys. 

Confirmation  du  comte  de  Luxembourg  ;  7  février  I35i. 

Nos,  Johaiis,  par  le  grasce  de'Deu  roys  de  Behaingne,  de  Polaine,  cuens 
de  Lusseniborgh,  faisons  savoir  à  tous  (pie  le  recort  et  les  droitures  de 
voweil  de  Hesbaing  contenuwes  en  lettres  azqueiles  ches  nos  présentes 
lettres  sunt  enlîciiiiez  et  annexées,  que  nos  avons  veuwes  si  que  bons  Deu  et 
l'église  Saint-Lambert  de  Liège,  tenons  por  bonnes  et  esfables,  tesmoing 
ches  lettres  saielées  de  nostre  saial.  Données  l'an  de  la  nativiteit  noslre 
saingnour  M. CGC  et  XXXllil,  le  VII  jor.r  de  février. 

Confirmai  ion  de  Jean  de  Hainaut;  18  mars  1334. 

Nous,  Johans  de  Hennawe,  sires  de  liealmont,  faisons  savoiràlous  que 
le  reçoit  et  les  droitures  le  voweit  de  Hesbaiiig  contenuwes  en  lettres  az 
quelles  ches  nos  piesentes  lettres  sunt  enlichiiez  et  annexées,  que  nos 
avons  veuwes,  si  que  bons  Deu  et  l'église  Saint-Lambert  de  Liège  tenons 
por  bonnes  et  estables,  tesmoing  ches  lettres  saieléez  de  nostre  saial. 
Donneezle  XVIII  jour  del  mois  de  marche,  l'an  MCCC  et  XXXllil. 


•196 


Diplôme  impérial  cri(jr(inl  la   seioneurie  d'AHjvcmoul   t'ii  romlc  du  Saint- 
Empire;  24  novembre  1590. 

Hudolphus  Si'cundus,  diviiia  iiivenle  clenientia  elecliis  Uomaiiorum  Impe- 
rator  seniper  augiistus  ac  Gerniania',  Ilongarhe,  Bolieniiae,  Dalniatiae, 
Croaliae,  Sdavoniic,  clo. 

Illustrissimae  et  nia^inilice  devotic  ncbis  dilect*  Mar<jarctœ  pi-incipi 
comitissœ  Marchiie  et  Arenberga;,  baronissœ  in  Buibanson  et  Sibenbirgcn, 
viduae,  gratiani  noslram  Cœsaream  et  omnc  bonum.  Vt  a  sole  reliqua 
lumina  lumen  et  inferiora  hœc  corpora  vires  atque  incremenluni,  sic  ab 
imperatoria  dignilale  ,  dignilatiim  maxima  reli(iui  hominum  ordiiies 
ac  status  hoiiorum  ornamenta  accipiunt.  In  quibus  oonterendis  etsi  divi 
ante  cessores  nostri  Romanorum  impi'iatores  ac  reges  summi  Dei 
cxemplo,  (jui  rerum  copiani  in  varios  Immaiii  generis  usus  uberrime  elTun- 
dit,  libérales  sese  ostcndere  consueverint,  diligenter  lamen  hoc  observare 
soient,  ut  honores  ac  prsemia  pro  cujusqne  virtutibus  ac  meritis  distribuè- 
rent, ne  pari  onines  loco  nullo  disci  imine  (U'nserentur.  Quam  consuelii- 
dineni  laudatissimam  et  nos  posiquam  à  divina  Majestale  ad  Majcstatis 
imperaloriœ  culmen  evecti  sunius,  imilari  ac  retinere  studenles,  nihil  prius 
ducimus  quam  ut  eos  qui  singularein  (^rga  Nos  et  erga  Sacrum  Romanum 
impei'ium  Noslramque  Angiislam  Domum  animi  dcvotionem  atijue  obser- 
vantiam  gerunt  peculiari  gratia  et  favore  compleclamur  eorumque  augen- 
dis  commodis  at(iupornamenlis  bénigne  annuamus.  Cum  igitiir  coiisidera- 
mus  antiquam  prosapiam,  cpia  oriunda  es,  quam  maiores  lui  in  Sacro 
Romano  imperio  célèbres,  quam  utriusque  Augnsta'  Domus  nostra; 
Austriacie  et  Rurgiindicte  lum  pacis,  tum  bdii  tempore  observaiiles 
fuerinl  et  lideles,  quam  prueclare  fortiterque  ac  strciiue  se  gesserint,  quam 
denique  tu  ijjsa  lieroTco  animo  aliisipic  raris  et  illustribus  virtutibus  ac 
dotibus  pr;e(lila  l'amiliie  (u:c  dccus  ac  splendorom  continues,  ([uam  filii 
lui  magnaninioruni  parentunt  n)a.jorumque  gloriam  magnanimiter  ac 
strenue  pcrpelnare  sludcanl,  luicteiniitlerc  noluinnis,  qiiin  singulare 
b'nignilalis  misirie,  documentiim,  qnod  tibi  Iuis(j(!e  libciis  ac  posteris 
perpetuo  futuriim  oi'iiamenl(t  sit  edcremus.  .MdUi  ilaque  proprio  et  ex  cerla 
noslra  scientia,  aiiinio  hcne  dclihcralo  ac  inalnn»  ailbibito  consilio  de(iue 


197 


Csesarae  noslrae  potestalis  plenitudine  dominium  Aigremonl  quod  in  epis- 
copatu  Leodiensi  situm  habes  ac  possides,  unacum  agris,  villis,  pagis, 
œdificiis,  terris,  ceiisibusjuribus,  dominicalibus,  jiirisdictionibus,  privi- 
legiis  atque  aliis  eo  pertinentibus,  in  specialeni  nostram  et  Sacri  Imperii 
protectioncni  ac  tulelam  perpétue  duraturam  accepimus,  et  in  Comitatum 
imperialeni  ereximiis,  fecimus  et  creavinius,  queniadmoduni  vigore  prœ- 
sentium  accipiuius,  erigimns,  (acinuis  et  creamus  atque  agnoscimus. 
Decernentes  et  hoc  nostro  edicto  de  memoratae  Cœsarese  nostrœ  potestalis 
plenitudine  lirmissimc  statuentes,  quod  perpctuis  deinceps  lemporil)us 
supradictum  dominium  de  Aigrcmont  unacum  omnibus quœ  eo  pertineant 
comitatus  Sacii  Imperii  tiiulum  ac  dignitatem  prie  se  ferre  ac  legitimi 
liberi,  hœredes,  posteri  ac  descendentes  lui  utriusque  sexus,  qui  jure 
atque  ordine  in  successione  illius  dominii  Aigvemont  servari  solitis  suc- 
cessuri  sint,  ratione  eiusdem  dominii  jam  a  nobis  in  Comitatum  erecti, 
comitum  et  comitissarum  Sacri  Romani  imperii  nomen  ac  dignitatem  asse- 
qui  et  obtinere,  eorumque  ordini  numéro  acconsortio  aggregarietasscribi, 
el  tam  in  liieris  quamnuncupationeverbali,  necnonin  rébus  spiritualibus, 
et  temporalibus  ecclesiaslicis  et  prophanis  et  quibuscumque  aliis  negotiis 
et  actibus  pro  ejusmodi  Comitibus  et  Comitissis  censeri,  haberi,  teneri 
et  acceptari  debeatis,  ac  generaliter  omnibus  et  singulis  privilegiis, 
indullis,  imnuinitatibus,  libertatibus, juribus,  consuetudinibus,  honoribus, 
gratiis  et  favoribus  uti,  frui,  gaudere  et  potiri  valeatis  ubique  locorum  et 
terrarum  quibus  caeteri  nostri  et  Romani  imperii  Comités  et  Comitissae  de 
quatuor  avis  paternis  ac  maternis  taies  nati,  uti,  frui,  gaudere  et  potiri 
valent  et  possunt,  jure  vel  consuetudine  omni  contradictione  et  impedi- 
mento  postpositis.  Quam  tamen  nostram  concessionem  et  erectionem  ad 
statum  et  ordinem  Comitatus  Sacri  imperii  ita  intelligi  volunius  atque 
decernimus,  nec  per  eam  venerabili  et  illustrissimo  Ernesto  electo 
archiepiscopo  Coloniensi,  S.  R.  I.  per  Italiam  archiecancellario,  episcopo 
Leodiensi  el  Monasteriensi,  adminislratori  ecclesiarum  Hildessemensis, 
Frisingensis  et  Slabulensis,  palatino  Rheni,  utriusque  Ravariœ  duci, 
consobrino,  nepoti  et  principi  electori  nostro  charissimo,  aut  eius  suc- 
cessoribus  episcopis  Leodiensibus  aut  ipsi  ecclesiae  Leodiensi  quicquam 
delrahatur,  nevein  exercilio  et  administratione  supremi  dominii  jurisdic- 
tionis  sive  aliorum  quorumvis  jurium  proejudicitur,  sed  ut  omnia  episcopo 
et  ecclesiae  Leodiensi  aliisque  intégra  serventur,  quemadmodum  hactenus 
in  dominio  Aigremonf  servata  fuerunt,  omni  dolo  et  fraude  semotis.  Quo 


—  198  — 

circa  universis  ac,  singulis  electoribus,  lam  ccclesiasticis  quam  seculari- 
bus  aliisque  priiicipibus,  archiopiscopis,  episcopis,  duoibus,  marchio- 
nibus,  (îomitibus,  baroiiibus,  niililibus,  nobilibus,  clieniibiis,  oapitaneis. 
vice  (lominis,  advoc'alis,  pi'aefeeiis,  prociu'atoribus,  hcroaldis,  ofiiciali- 
bus,  quaestoiibus,  civiiim  inagistris,  judicibus,  coiisulibus ,  eivibus, 
commuiiitatil)us  cl  deniquo  omnibus  nostris  et  Sacri  Romani  imperii 
siibditis  ac  lidelibiis  dilectis  cujuseunqno  stastiis  (sic),  ordinis,  condilionis 
et  pr.feminentiie  exliterint,  firniitorac  soiio  niandamus  cl  prieripimus,  ut 
le  antedictam  MarQuretum  liberosque  tuos,  hseredes  et  posteros  uli  iusque 
sexus  in  infinituni  ex  le  descendentes  ac  descensuros  qui  jure  atquc 
ordine  in  successione  illius  dominii  Ahjrcnonl  sei-vari  solitis  successuri 
sint,  tam  in  literis  quam  nuncupalione  verbali,  Comités  et  Comitissas 
nominent  dictumquedominium  de  .lif/r(?wo«/  pro  Sacri  imperii  Comitatu 
habeant  et  agnoscant,  et  in  omnibus  et  singulis  rébus,  aclibus,  dignitati- 
bus  et  congregalionibus,  ecclesiasticis  et  prophanis,  ac  denique  ubique 
Idiuruni  ac  terrarum  pro  talibus  admiitant,  repuienl  atque  honorent,  ncc- 
non  omnibus  et  singulis  privllegiis,  regalibus,  indultis,  imnuinitatibus, 
libertatibus,bonoribus,dignit;Uibus,  praM'ogativis,exemi)tioni]}us,  juril)us, 
consuetudinibus,  gratiis  et  favoribus  quibus  cœteri  Comités  et  Comi- 
tissie  Sacri  Impeiii  utuiitur,  frunntur,  gaudent  et  potiuntur  libère,  quiète 
et  absque  ullo  impedimenlo  uli,  tVui,  gaudere  et  potiri  permittant.  Adeo- 
que  vos  in  iis  omnibus  et  singulis  défendant,  conservent  et  manuteneant; 
et  alios  ne  qnid  in  contrarium  attentent  vel  moliantur,  pro  viribus  prolii- 
beant  et  impediaiit,  (juatenus  nostrain  et  Sacri  imperii  indigiiationem 
gravissimam,  ac  poenam  centuni  niai'cliaruni  anri  piiri  pro  dimidia  imi)e- 
riali  fisco  scu  a-rario  nostro,  reliqua  vero  parte  iiijuriam  passi  aut 
passorum  usibus ,  loties  quoties  contrafaiîtum  fuorit,  irremissil)iliter 
applicaiidani  mcurrere  noluerint.  Ilarnm  testiniuiiio  lihM'arnm,  manu  pro- 
pi-ia  subscriplarum,  et  sigilli  nostri  Cu'sarei  ap|)ensione  munitai'uu). 
Datum  in  Arec  nostra  Hegia  Praga-,  die  vigesima  (juarta  mensis  novem- 
bris,  aiino  l>uniini  inillesinio  quingentesima  nonagesimo,  regnorum 
nosiroruni.  lloniani  decimo  sexto,  Hungarici  decimo  octavo,  et  Bohemici 
itidem  decimo  sexto. 

Etait  signi'  :  Hldoi.I'iu  s.  l'nis,  Jacobus  Cunins  à  Pentltenau. 
Ad  mandatum  Sacric  Cies.  M""*  proprium  :  Jo.  lURNrnus. 


—  199  — 


ni. 


Hugues,  évêque  de  Liège,  donne  anx  religieuse.s  bénédictines  d'Awirs. 
l'église  Saint-Etienne  de  celte  localité,  remise  entre  ses  mains  par  Louis, 
avoué  de  He&bage  ;  1202. 

Hugû,DeigTati;iLeod!ensisepiscûpis,aniversisfidelibusa(lquos  scriptuni 
pervenerit  salutem  in  Domino.  Ex  officio  pastorali  nobis  injuncto  tenemur 
vola  pie  viventiiim  in  Christo  promovere  et  maxime  his  que  ad  Dei  eultum 
et  relij;ioiiis  augmenlum  pertinent  euram  dilii^entiorem  impendere  ;  unde 
notum  facimiis  tam  pieseniibus  quam  fuiuris  quod  Liidovicus,  vir  nobilis, 
Hasbaniaeadvocatus,  eceiessiam  beati  Stepliani  de  Awire  et  jus  patronatus 
c[iiod  in  eccliesa  habebat  cuui  quadam  terra  ejusdem  ecclesiae  vicina, 
in  manus  nostras  libère  et  absolute  resignavit.  Nos  auteni  ad  preces 
ejusdem  Ludovic!  advooali  et  multoinm  alioruni,  predictam  ecelessiam 
cum  omni  jure  sue,  quibusdam  devotis  mulieribus  ibidem  sub  regu- 
lam  beati  Benedicti  vivere  et  locum  reiigionis  construere  voleiUibus, 
légitime coniuli,  ipsas  et  quidquid  justis  modispossident  et  decetero  possi- 
debunt  sub  béate  Marie  et  beati  Lamberti  et  nostra  protectione  colligentes. 
Et  ne  quis  ausu  temerario  eas  vel  earum  possessiones  perlurhet  sub  pœna 
excommunicalionis  inhibenies.  Ut  aulem  predicta  rationabiliter  ordinatu 
illesa  persévèrent,  ea  presenti  scripto  cum  appensione  sigilli  nostri 
munivimus.  Iliijas  autem  rei_  testes  sunt  :  Walter  major  decanus,  Elias  de 
Bullon,  JacoLus  Land,  archidiaconi,  Warnerus,  canonici  Sancli  Lamberti, 
Lambeitus  prgepositus  Sancti  Pétri,  Radulphus  prepositus  Sancti  Pauli, 
Richerus  decanus,  Arnolplms  cantor,  et  magister  Radulphus  canonici 
Sancli  Pauîi,  magister  Joannes  de  Nivella  canonicus  Sancti  Joanni,  et 
magister  Joannes  de  Liro,  Gerardus  miles  de  Hosinmont,  Rigaldus  de 
Lessil,  IJbertus  de  Geneffe  et  Anselmus  de  Falemagne.  Actum  est  hoc 
anno  ab  incarnaîione  domini  m"  cc°  ij". 

Par  extrait  d'un  stock  ancien  in  quarto  couvert  de  cuire  rouge  et  intitulé 
Stock  in  quarto;  ce  que  j'atteste  signé  :  J.  N.  Moreau,  not.  imm.  de  Liège. 


—  300 


IV. 


Loui.'i,  (ivoitt'  de   Hesbaye,  dorme  sa    propriété  d'Awirs  aux  rrlifiieusen 
bénédictines  de  cette  localité;  1205. 

Ego,  Ludovicus,  advocatus  HasbanuT  omnibus presens  scriptum  inspectu- 
ris  eternani  in  Domino  salutem.  Notum  vobis  facio  quod  ecclesiam  beati 
Stephani  constructam  in  villa  meaquo  diciturAwireper  manumdominimei 
Hugonis,  Leodiensisepiscopi,  in  perpetuamelemosinamconiuli  sanoti  mo- 
nialibus  ibidom  Doo  servientibus  sub  régula  bcaliBenedicti;dedi  eliam  eis 
juspatronatus  ecclesiae  cura  universa  dote  sua  et  duas  partes  oblationum 
quas  habebam  in  nativitate  Pascha  Pentecostes,  et  censura  familie  quod 
ad  ecclcsiara  pertinet,  et  pratura  unura  rétro  ecclesiam,  et  stalluni  unura 
molendini  vicinum  ecclesiae,  et  quatuor  bonaria  silve  raee  ;  dedi  etiam  eis 
licentiara  trahendi  viara  publicani  que  transit  per  ante  ecclesiam  juxta 
tumba?  in  latere  montis  a  meridie  ad  latus  raonlis  seplenlrionalis  per 
pratum  meum  et  usque  ad  molcndinura  raeuni  contra  ecclesiam;  dedi  etiara 
eis  licentiam  eraendi  circa  ecclesiam  ortos  et  prata  et  doraos  ad  araplian- 
dura  et  pacificandura  arabituni  doraus  sue.  Et  ut  hoc  ratura  sit  et  firraura 
perseveret,  sigilli  raei  attestatione  affirraare  curavi.  Actum  annoab  incar- 
natione  Domini  ra"  ce"  iij°. 

Par  extrait  d'un  stock  ancien,  in-quarto,  couvert  de  cuire  rouge  et  inti- 
tulé, Stock  in  quarto;  ce  que  j'atteste  signé  :  J.  N.  Moreau,  not.  iniml.  de 
Liège. 


CHARLES-QUINT 

A  LIÈGE. 
1520    ET    1544. 


I. 


La  visite  d'un  souverain  à  une  de  ses  bonnes  villes,  est  un 
fait  si  ordinaire  qu'il  paraît  puéril  de  s'en  occuper.  Cependant, 
s'il  mérite  peu  de  fixer  les  regards  de  l'histoire,  il  a  toujours 
quelque  importance  pour  un  ciirouiqueur  local.  On  aime  à  ne 
rien  oublier  des  faits  et  gestes  qui  ont  illustré  son  berceau  ;  on 
aime  à  prendre  sa  part  des  émotions,  joyeuses  ou  tristes,  qui, 
à  certains  moments,  ont  passionné  nos  ancêtres. 

Cette  curiosité,  enfantine  si  l'on  veut,  acquiert  une  toute 
autre  importance  lorsque,  à  cet  intérêt  de  clocher,  s'ajoute 
encore  celui  qu'éveille  un  homme  éminent.  La  moindre  dé- 
marche commande  alors  l'attenlion.  Les  choses  les  plus  simples, 
les  plus  vulgaires,  dès  qu'elles  concernent  une  de  ces  indivi- 
dualités puissantes  qui  ont  été  les  arbitres  du  monde,  pro- 
voquent une  si  légitime  attention,  qu'il  n'est  plus  possible, 
même  à  l'historien  le  plus  sérieux,  de  ne  pas  en  tenir  compte. 

Charles-Quint  jouit  de  ce  privilège. 

Peu  d'hommes,  en  effet,  ont  autant  pesé  dans  la  balance 


—  205  — 

politique,  exercé  sur  l'Europe  une  telle  autorité,  une  influence 
si  continue  sur  les  destinées  des  peuples  ;  peu  ont  déployé 
une  si  persévérante  activité,  fourni  une  carrière  si  vaste,  émis 
et  fait  prévaloir  des  théories  si  fécondes,  soit  en  heureux,  soit 
en  funestes  résultats.  L'intérêt  qu'il  inspire  est  donc  bien 
légitime. 

Les  deux  visites  que  rillnslre  empereur  fit  à  la  cité  de  Liège, 
en  1520  et  en  1544,  méritent  d'aulanl  plus  d'arrêter  nos  regards, 
que  nos  annalistes,  si  prolixes  d'habitude  pour  des  faits  étran- 
gers ou  insignifiants,  sont  restés,  à  leur  yujet ,  dans  une 
réserve  digne  de  nous  surprendre.  Et  cependant,  la  présence 
dans  nos  murs  de  l'héritier  de  Maximilien  était  de  nature  à 
piquer  la  curiosité  :  d'une  part,  des  fêtes  d'un  luxe  tout  oriental; 
de  l'autre,  des  actes,  des  irailés,dont  les  effets  ont  cruellement 
rejailli  sur  la  nation  liégeoise. 

Cette  indifférence,  envers  des  événements  aussi  graves,  m'a 
toujours  paru  peu  naturelle.  Dira-t-on  que  ces  visites  ont  été, 
pour  nous,  de  nulle  importance  ?  Souliendra-l-on,  que  n'ayant 
eu  rien  à  dire,  les  gens  de  plume  n'ont  pu  rien  dire  ?  Il  ne 
viendra  certainement  à  l'esprit  de  personne  d'allirmer  ce  que 
notre  histoire  se  charge  de  démentir  à  chacune  de  ses  pages. 

Je  ne  puis  admettre  non  plus  que  nos  écrivains  des  derniers 
siècles,  qui  avaient  puisé  une  certaine  éducation  libérale  dans 
nos  luttes  intestines,  aient  manqué  tout  à  fait  d'intelligence 
politique,  de  perspicacité  dans  des  choses  d'un  intérêt  majeur 
pour  la  nation. 

Faut-il  accuser  leur  courage  ? 

La  prudence  leur  a-t-elle  lait  un  devoir  de  se  taire  sur  une 
politique  qui  tenait  en  éveil  celle  de  la  France? 

C'est  le  problème  que  les  savants  résoudront,  sans  doute,  un 
jour.  Si  je  le  pose,  ce  n'est  pas  avec  la  prétention  de  le  résoudre. 
Mon  but  est  simplement  d'exposer,  avec  quelques  détails,  épars 
jusqu'aujourd'hui,   cette  page  curieuse  de   nos  annales,   afin 


—  203  — 

d'attirer  ratteniion  sur  des  événements  peu  connus,   et  qui, 
sous  plus  d'un  rapport,  méritent  d'être  éclaircis  (i). 


II. 


La  principauté  de  Liège,  avec  un  territoire  restreint  et  une 
faible  population,  jouissait  en  Europe  d'une  influence  sérieuse 
et  relativement  importante.  A  certains  moments,  surtout 
lorsque  ses  droits  semblaient  méconnus,  elle  déployait  une 
énergie  invincible,  que  sa  modeste  apparence  était  loin  de  laisser 
deviner. 

Plusieurs  causes  concouraient  à  lui  prêter  cette  force. 

Ses  froniières  déchiquetées  (2)  et  sa  position  géographique, 
constituaient,  on  ne  peut  le  nier,  un  danger  permanent  de 
guerre  et  de  violation  du  territoire;  mais  aussi,  dans  maintes 
circonstances,  elles  lui  donnaient  des  avantages,  avec  lesquels 
il  fallait  compter.  Touchant,  par  le  sud  à  la  France  et  aux 
Pays-Bas,  par  le  couchant  et  le  nord.l'éiat  de  Liège  servait  de 
boulevard  défensif  (3)  à  l'Allemagne,  tout  en  empêchant  la 
fusion  des  provinces  belges  avec  la  nation  germanique.  Cette 
dernière  puissance  avait  donc  un  intérêt  capital  h  fortifier  notre 

(1)  Citons  un  exemple  de  l'indifférence  de  nos  écrivains  sur  celte  matière.  Cha- 
peaville,  le  père  de  notre  histoire,  et  qui  s'est  occupé  d'une  manière  sp'^ciale  du 
\\l^  siècle,  n'accorde  que  huit  lignes  aux  visites  de  Charles-Quint,  à  Liège.  — 
Brusthem,  à  qui  nous  devons  une  longue  chronique  d'Erard  de  la  Marck,  n'y 
consacre  que  dix  lignes.  Fisen,  Mélart,  Bouille,  et  surtout  les  chroniques  manus- 
crites, sont  moins  parcimonieux. —  FouUon  est  aussi  laconique  que  Chapeaville  et 
Brusthem. 

(*;  Pour  se  faire  une  idée  de  cette  déchiquelure,  il  sutlil  de  jeter  les  yeux  sur 
une  des  cartes  de  la  principauté.  Une  carte  très  claire  se  trouve  en  tète  du  premier 
volume  de  l'histoire  du  Pays  de  Liège,  par  F.  Hénaux,  "I'^  édit.  18o7. 

(3)  Dans  un  diplôme  du  24  .juin  1598,  l'Empereur  iMaximilien  ,  ratifiant  les  privi- 
lèges octroyés  par  ses  prédécesseurs,  reconnaît  ouvertement  la  chose  et  écrit  ces 
mots  significatifs  :  «  Ecclesiamque  et  Patriam  Leodiensem  Sacri  Bomani  Imperii 
propugnaculum  atque  prœsidti  tnrrim,  etc.  »  Louvrex.  Ed.  -17o0.  T.  1.  p.  282  — 
Voir  aussi  Bouille,  T.  II.  p.  297. 


-  â04  — 

principauté,  et  c'était  pour  la  France  une  question  vitale  de  s'y 
ménager  la  plus  large  part  d'influence  possible,  afin  d'empê- 
cher l'absorption  complète  de  la  Belgique. 

Une  autre  cause,  non  moins  importante,  était  sa  nature  d'état 
ecclésiastique  qui  assurait  au  pays  de  Liège  son  existence 
individuelle,  en  le  nieltanl  ù  l'abri  de  toute  velléité  de  conquête. 
On  pouvait  violer  sa  neutralité,  ravager  son  territoire,  détruire 
sa  capitale,  mais  il  eût  été  difficile,  pour  ne  pas  dire  impossible 
de  songer  à  se  l'annexer.  C'est  qu'au  moyen-âge,  si  la  force 
brutale  jouait  un  grand  rôle,  si  presque  toujours  elle  tenait 
lieu  du  droit,  l'Eglise  était  une  telle  puissance  qu'elle  intimidait 
les  i)lus  hardis.  Son  influence  morale,  reconnue  de  tous,  impo- 
sait'le  respect.  Toute  attaque  contre  son  pouvoir,  même  tempo- 
rel, regardée  comme  sacrilège,  ne  pouvait  aboutir  et  devenait 
fatale  à  l'agresseur. 

Enfin,  les  institutions  démocratiques  de  la  nation  liégeoise, 
ses  libertés,  non-seulement  remarquables,  mais  étonnantes 
pour  l'époque,  augmentaient  sa  considération,  et  lui  fournissaient 
une  force  de  résistance  extraordinaire.  Tout  le  monde  prenant 
part  et  intérêt  au  gouvernement,  tout  le  monde  ajoutait  à  sa 
force.  Ses  milices  plébéiennes  avaient,  plus  d'une  fois,  fait  leurs 
preuves  sur  les  champs  de  bataille.  Elles  étaient  appréciées  des 
meilleurs  capitaines,  qu\,  dans  maintes  occasions ,  avaient 
éprouvé  leur  vaillance.  Le  sang  répandu  dans  chaque  sillon  de 
notre  pays,  atteste  hautement  chez  elles  le  patriotisme  le  plus 
pur,  et  l'amour  le  plus  vif  pour  la  liberté. 

Oiàce  à  ces  causes,  et  à  d'autres  qu'il  serait  trop  long  de 
détailler  ici,  le  pays  de  Liège  avait  résisté  aux  terribles  secousses 
du  moy(  n-àge.  En  vain,  ses  ennemis  avaient-ils  rasé  sa  capitale, 
dispersé  ses  habitants;  il  était  resté  debout.  Les  plus  politiques 
en  môme  temps  que  les  plus  redoutables  de  ses  adversaires, 
Philippe  et  Charles  de  Bourgogne,  qui  rêvaient  la  formation 
d'un  vaste  royaume  du  Rhin  à  l'Océan,  avaient  reculé  devant 
son  absorption.  Le  XVI*  siècle  fut  témoin  du  même  spectacle. 


—  2on  — 

Charles-Quint,  malgré  son  omnipotence  et  ses  projets  ambi- 
tieux, n'osa  séculariser  notre  principauté.  Dissimulant  et  faisant 
de  nécessité  vertu,  il  se  borna  à  l'unir,  par  des  liens  multiples, 
à  sa  politique,  aussi  égoïste  qu'intolérante  ('). 


m. 


L'alliance  de  la  petite  nation  liégeoise  n'était  donc  pas  à  dé- 
daigner. Aussi  la  voit-on  recherchée  et  même  convoitée  par  ses 
puissants  voisins,  qui,  h  défaut  d'un  secours  actif,  étaient  heureux 
de  sa  neutralité,  hélas!  souvent  violée.  Le  pays  de  Liège  jouait, 
au  moyen-àge,  un  rôle  se  rapprochant  beaucoup  de  celui  que  la 
Belgique  actuelle  remplit  vis-à-vis  de  la  France  et  de  l'Allemagne. 

Son  importance  fut  surtout  appréciée  au  XVP  siècle.  La 
vieille  Europe,  travaillée  par  des  idées  méconnues  jusque  là, 
se  métamorphosait  et  accomplissait  une  révolution  de  laquelle 
devait  naître  la  politique  moderne.  La  France  unifiée  ou  sur  la 
voie  de  l'être,  aspirait  à  tenir  la  balance  dans  l'équilibre  euro- 
péen, tandis  que  l'empire  germanique,  allié  à  la  nation  espagnole, 
s'efforçait  de  retenir  la  prépondérance  qu'il  possédait.  François  I 
et  Charles-Quint  allaient  se  mesurer  ;  chacun  des  champions 
comptait  les  alliés  qui  devaient  l'aider  à  vaincre. 

Une  femme  alors  avait  su,  par  son  habile  diplomatie,  conquérir 
une  immense  et  légitime  influence  sur  les  atfaires  publiques. 
C'était  Marguerite  de  Parme,  gouvernante  des  Pays-Bas  et  tante 
du  futur  Empereur.  Charles V,  comme  on  sait,  lui  dut  une  bonne 
part  de  sa  fortune.  Sans  cette  princesse,  remarquable  à  tant  de 


(  '  )  Les  mêmes  désirs  et  les  mêmes  impossibilités  se  remarquent  aux  siècles 
suivants.  Louis  XIV  qui  s'attribuait  sans  remords  les  titres  de  duc  de  Brabant  et 
de  comte  de  Flandre  (*),  qui  essayait  de  traduire  en  fait  les  aspirations  plusieurs 
fois  séculaires  des  frontières  du  Rhin,  dut  garder  des  ménagements  avec  Liège.  S'il 
viola  sa  neutralité,  il  n'osa  songer  à  une  annexion.  Il  fallut  la  tourmente  de  93  pour 
réaliser  ce  qui,  jusque  là,  avait  été  jugé  impossible. 

(')  Nons  possédons  fies  empreintes  de  sceaux  qui  attribuent  (.os  titres  au  grand  rti.  I. a  même 
fatuité  ?8  r»marrju»  sur  plusieurs  médailles  qu'il  lit  frapper  i  roccosion  d*  ses  sucuès. 


titres, il  n'eût  pas  ceint,  peut-être,  la  couronne  impériale;  diffi- 
cilement, fût-il  parvenu  à  contracter  et  îi  maintenir  les  amitiés 
qui  lui  dévolurent  le  sceptre  du  monde. 

Parmi  les  familles  dont  Marguerite  convoitait  l'alliance,  était 
celle  des  La  Marck,  qui  depuis  longtemps  se  trouvait  intéressée 
dans  les  conflits  européens.  Au  XIV»  siècle,  elle  avait  donné 
deux  princes-évèques  à  l'église  de  Liège.  Au  XV"'  siècle,  elle 
s'était  mise  à  la  tète  du  parti  français  et,  appuyée  par  LouisXI, 
avait  osé  disputer,  les  armes  à  la  main,  le  pouvoiraux  Bourbon 
et  aux  de  Horn.  Depuis  I0O6,  un  de  ses  membres,  prélat  illustre 
et  fin  politique,  occupait  le  siège  de  Saint-Lambert,  tandis  que 
le  reste  de  la  famille  était  maître  de  positions  importantes. 
L'esprit  inquiet,  la  hardiesse,  la  témérité  môme  de  cette 
maison,  constituaient  un  danger  sérieux  pour  la  politique  de 
l'archiduchesse.  Unis  à  la  France,  les  La  Marck  pouvaient  faire 
échouer,  ou  du  moins  contrarier  les  jirojels  de  la  Cour  de  Bru- 
xelles. Il  importait  donc  à  l'habile  gouvernante  de  les  attirer 
dans  son  parti. 

Ce  qui  facilita  les  négociations,  fut  qu'Erard  de  La  Marck 
nourrissait  de  son  côté  des  projets  ambitieux.  Il  ne  voulait 
rien  moins  qu'écraser  les  uDuvelles  idées  qui  menaçaient  son 
pouvoir,  rompre  à  son  profit  le  faisceau  des  libertés  liégeoises, 
étouffer  les  nouvelles  aspirations  religieuses  ,  se  rendre  omni- 
potent et  atteindre  sur  ce  marche-pied  aux  plus  hautes  fortunes 
ecclésiastiques  (1). 

Pour  réaliser  ce  rêve,  il  lui  fallait  un  allié  puissant  et  sur 
lequel  il  put  compter;  un  appui  plus  francel  surtout  plus  désin- 
téressé que  celui  que  François  I  était  en  état  ou  en  volonté  de 


(')  Tout  en  reconnaissant  qu'Erard  fut  un  jrrand  prince  et  qu'à  certain  moment 
il  mi'rila  hieti  des  Mdgi'ois,  je  no  |)uis  admetire  les  ('loges  oulrt's  que  plusioiirs  his- 
toriens lui  ont  donnt's.  Je  repousse,  par  exemple, les  suppositions  bienveillantes  de 
Bouille,  qui  voudrait  donner  le  change  sur  sa  manière  d'agir  envers  la  France. 
L'ëvôque  n'avait  qu'un  but,  dit-il,  le  bien  de  notre  pays!  «  Il  lourua  casaque  »,  dit 
Mélart  (p.  .'^l!2).  Il  me  semble  que  ce  dernier  écrivain  apprécie  les  choses,  dans 
>-on  naif  langage,  avec  beaucouii  de  bons  sens  el  dimparlialitd. 


207 


lui  offrir.  Or,  l'éminent  prélat  avait  depuis  longtemps  prévu  la 
fortune  future  du  jeune  héritier  de  Maximilien.  Il  avait  deviné, 
non-seulement  la  lulte  terrible  qui  se  préparait  entre  les  deux 
puissants  rivaux,  mais  encore  les  merveilleux  résultats  pour  la 
maison  d'Autriche.  D'elle  seule  pouvait  venir  un  secoursefficace. 
Ainsi  naturellement,  Erard  se  trouvait  tout  disposé  aux  ouver- 
tures diplomatiques  de  l'Espagne  et  attendait  l'occasion  favorable, 
non  de  donner,  mais  de  vendre  chèrement  ses  services. 

Cette  bonne  volonté  réciproque  amena,  le  27  avril  1518,  une 
réunion  à  Saint-Trond,  où  les  représentants  du  roi  d'Espagne 
d'une  part  et  notre  prince-évéque  de  l'autre,  contractèrent  amitié 
et  alliance  envers  et  contre  tous,  sans  nulz  exceptez  (i).  Les  Etats 
du  pays,  contraints  plutôt  que  persuadés  par  Erard,  ratifièrent 
ce  traité  le  12  novembre  suivant  (2).  Ce  qui  causa  une  immense 
joie  dans  le  peuple,  écrit  Jean  de  Brusthem  (3)  ;  ce  qui  indisposa 
la  petite  bourgeoisie,  assure  Ferdinand  Henaux  (4),  et  tous  les 
deux  ont  raison.  Le  peuple,  qui  soutenait  et  formait  le  parti 
français,  dut  nécessairement  trouver  détestable  qu'on  engageât 
ainsi  les  intérêts  liégeois  en  dépit  de  la  neutralité. En  vain  Erard 
employa-t-il  son  influence,  en  vain  arracha-t-il  une  approbation 
douteuse  aux  magistrats  ;  il  ne  put  vaincre,  quoi  qu'en  dise 
Bouille,  l'opposition  de  ce  parti.  Des  plaintes  éclatèrent  de  tous 
côtés.  Excités  par  la  France,  des  complots  se  tramèrent,  qui 
bientôt  se  traduisirent  en  émeutes.  Le  prince  fut  sévère  :  il  fit 

f  ')  Louvrex.  Ed    4750,  t.  I,  p.  189. 

(•)  Louvrex.  Ibid.,  p.  -191.  Voir  aussi  la  Liste  chronologique  des  Paweilhars  de 
M.  St.  Bormans,  pp.  Io9-160.  —  Ces  traités  lont  voir  ce  qu'était  la  neutralité 
liégeoise  dans  les  mains  d'un  politique  de  la  valeur  d'Erard  ! 

(  ')  Eodeni  anno  (1518)  firmatura  est  fœdusperpetuum  inter  Brabantos.etc,  atque 
reverendissemum  dominiim  episoopum  Leodiensem  ejusque  germanum  ,  dominum 
Rohertum  a  Marcka.  De  quo  factuin  est  gaudium  magnum  in  populo.  Brusthem, 
Bull.  del'InM.  arcli.  Uég.,  t.  VIII,  p.  Çi^.  —  Brusthem  entend  probablement  par 
peuple,  la  noblesse  et  le  clergé,  car  le  vrai  peuple  tenait  pour  le  roi  de  France,  à 
moins  qu'il  ne  veuille  désigner  la  plèbe  «  toujours  mouvante,  impressionnable  et 
prête  à  se  vendre  au  plus  haut  enchérisseur  n  (Manu.scril). 

*)   Hisi.  du  paya  de  Liège,  2'"  éd.,  t.  II,  p.  102. 


208 


mourir  les  chefs  deropposition  et  persévéra  dans  ses  projets  ('). 

La  noblesse  et  le  clergé  qui  trouvaient  au  contraire  un  réel 
avantage  à  soutenir  l'évèque,  applaudirent  à  sa  politique  et  à 
son  énergie.  Certes,  si  la  cité  avait  droit  degémirdu  rognement 
de  ses  libertés,  on  doit  aussi  avouer  qu'elle  allait  gagner  en 
prospérité,  en  tranquillité  peut-être,  ce  qu'elle  perdait  en  indé- 
pendance. Car,  no  l'oublions  pas,  la  politique  IVançaise  nous  fut 
rarement  profitable.  Presque  toujours  elle  manqua  de  franchise 
et  bon  nombie  de  nos  désastres  peuvent  lui  être  imputés.  Diviser, 
promettre  beaucoup  et  peu  tenir,  tels  furent  les  principes  des 
Valois  à  notre  égard.  Leur  ambition  avait  pour  but,  non  la 
garantie  de  nos  libertés,  auxquehes  ils  étaient  peu  sympa- 
thiques, mais  de  créer  des  embarras  aux  princes  qui  gouver- 
naient notre  pays. 

Quoiqu'il  en  soit, le  traité  de  Saint-Trond  fut  le  prélude  d'autres 
négociations.  A  partir  de  ce  jour,  Erard  fut  entièrement  à  l'Es- 
pagne, à  laquelle  il  sacrilia  tout,  jusqu'aux  intérêts  do  son  propre 
frère  (2).  La  mort  de  Maximilien  ,  survenue  l'année  suivante 
(1519),  fournit  une  nouvelle  occasion  h  Erard  de  s'entremettre 
activement  pour  son  nouvel  allié.  Il  usa  de  toute  son  influence 
sur  les  princes  allemands  ])our  les  amener  à  quitter  le  parti  de 
François  I  qui  prétendait  îi  la  couronne  impériale.  Ses  démarches 
furent  couronnées  d'un  plein  succès  :  les  électeurs  donnèrent 
leurs  suffrages  à  Charles,  qui  succéda  ainsi  à  son  aïeul  l'empe- 
reur Maximilien  L 


(')  «  Convicli  pliires  in  aninem  demersi  suul  »  llisi.  eccl.  Ixod.,  II,  p.  329.  Me 
faisant  pas  l'histoire  d'Erard  de  La  Marck,  je  ne  puis  dans  ces  préliminaire!^ 
ra'occuper  de  détails,  qu'on  trouve,  au  reste  dans  tous  les  historiens  liégeois. 

(*)  Un  peu  plus  tard,  en  1521,  Robert  de  La  Marck,  déçu  dans  des  espérances 
trop  ardentes,  abandonna  Charles-Quint  pour  so  ranger  du  côte  de  la  France. 


son 

IV. 


Le  nouvel  élu  se  hâta  de  quitter  l'Espagne.  Sur  la  fin  de  mars 
'lo20  ,  «  au  milieu  d'une  nuit  profonde  (  i),  »  il  arriva  à  Bruges, 
où  il  fut  reçu  pnr  sa  tante,  son  frère  Ferdinand  «  et  un  grand 
nombre  de  la  noblesse  de  l'empire.  «  Notre  évêque  «  fut  du 
nombre,  «  dit  Bouille,  et  au  dire  de  notre  carme  chaussé  (^),  il 
persuada  au  roi  d'Espagne  de  venir  à  Liège.  Les  deux  alliés, 
qui  se  rencontraient  s-ins  doute  pour  la  première  fois,  durent  se 
féliciter  réciproquement,  ratifier  ce  qui  avait  été  conclu  par 
l'entremise  de  l'habile  gouvernante,  et  poser  les  principes  de 
nouvelles  négociations,  à  poursuivre  plus  tard,  à  Liège  ou  à 
Bruxelles. 

Charles  n'avait'  garde  de  refuser  l'invitation  de  notre  prince. 
Il  savait  que  c'était  «  par  les  intelligences,  faveurs,  crédits  »  et 
surtout  par  «  l'éloquence  parlant  par  sa  bouche  (^)  »  qu'il  était 
parvenu  à  se  ftiire  élire.  Cependant  par  une  prudence  assez 
li'gitime,  il  remit  sa  visite  à  rr.ulomne,  Liège  et  ses  environs 
étant  décimés  par  une  maladie  contagieuse  (4).  Cette  épidémie 
ne  disparut  que  sur  la  fin  de  l'été.  Il  songea  alors  à  remplir  sa 
promesse,  aulant  pour  cimenter  les  bonnes  relations,  que  pour 
remercier  notre  prince  «  de  ses  bons  offices  (3).  »  Celui-ci,  de 
son  côté,  mit  tout  en  œuvre  pour  accueillir  son  royal  hôte  avec 
une  pompe  inusitée.  Prince  fastueux  par  goût  et  par  tempéra- 
ment, Erard  lenait  à  se  surpasser  dans  cette  réception,   sur 

(')  «  In  vigilia  sancti  Jacobi  apostoli  Flandriam  applicavit  ...  —  Profundaque 
nocte.    »   BriJSthem,  Vita  Erardi,  p.   G8. 

('/  Hist.  de  la  ville  et  pays  de  Liège,  t.  II,  p.  301. 

(')  Mélart  :  Hist.  de  la  ville  et  chastean  de  Htiy,  p.  olo. 

(*;  «  Epidimiae  luesanno  lo'19  et  sequenti  per  Patriam  Leodiensem  vagata  multa 
morlalium  millia  absumpsit,  Trajecli,  Hoy.Tongris,  qiiinque  vri  sex  hominum  millia 
alibi  piura,  vix  ullo  in  oppido  pauciora  »  Cliapeavilio,  (iesta  Pont  Leod.,  t.  III,  p. 
260.  —  Mélart,  ibid. 

(•■')  Mélart,  ibid. 


—  210  - 

laquelle  il  comptait  pour  éblouir  le  jeune  élu  et  l'attacher  à  sa 
fortune. 

Le  prince  de  Liège  alla  jusqu'à  Bruxelles,  ou  au  moins  jus- 
qu'aux frontières  de  sa  principauté,  pour  recevoir  l'empereur, 
et,  si  nous  ajoutons  foi  à  la  chronique  de  Brusthem,  avant  de 
l'introduire  dans  sa  capitale,  il  le  mena  à  Huy  voir  la  citadelle 
qui  passait  à  cette  époque  pour  une  forteresse  inexpugnable  ('). 
Le  désir  de  faire  admirer  au  bourgeois  de  Gand  les  rives  si 
pittoresques  de  la  Meuse,  pouvait  entrer  pour  quelque  chose 
dans  ce  voyage,  mais  assurément  le  premier  mobile  de  l'évêque 
était  d'étaler  ses  ressources,  de  faire  admirer  la  force  extraor- 
dinaire du  château-fort.  En  fin  politique,  il  clierchait  à  tirer 
parti  de  tous  ses  avantages  pour  obtenir  de  son  alliance  le  plus 
haut  prix  possible. 

Pendant  que  Charles  admirait  la  jolie  position  de  la  petite  ville 
de  Huy,  Erard  se  hâta  de  revenir  h  Liège  pour  donner  des 
ordres  ('^)  et  un  dernier  coup  d'œil  aux  préparatifs  qui  devaient 
rendre  féerique  cette  solennelle  réception. 


(  •  I  «  Veniens  proinde  e  Br;ibanli:i,  fines  ingressus  est  Lcodiensis  palriœ,  habens 
secum  magni  consilii  principem  individuumiiiie  itineris  comilem,  reveiendissinium 
dorainum  Erardimi  a  Marcka,  Leodiensem  episcoi)um  atque  Valenliœ  de  novo  inslilii- 
tum  Archlprajsulein.  Is  pntniun  dcdaxit  Aiujustum  ad  arcein  Huyensem,  deinde  ad 
civilalem  suam  Leodiensem.  »  Brusthem.  Viia  Erardi,  p.  68.  —  Une  chose  digne 
de  remarque,  c'est  que  Mélarl  ne  dil  rien  de  ce  passage  à  Huy. 

(*)  C'est  du  moins  ce  que  l'on  peut  induire  de  la  contradiction  qu'on  trouve  chez 
les  historiens  liL^geois  Pendant  que  Fiscn,  Bouille,  Môlart,  etc.,  font  gravir  à  notre 
prince  la  montiignc  de  Sainle-Walhiirge  et  le  font  marcher  à  la  tèle  des  autorités 
chargées  de  recevoir  le  nouveau  César,  Brusthem,  au  contraire,  nous  le  montre  à 
côté  de  Charles  V  dans  tout  son  voyage,  remplissant  l'olllce  d'un  cicérone  :  «  de- 
duxit...  ad  arcem  Huyenseni,  deinde  ad  civitatem,  etc.  » 

Une  chose  singulière,  c'est  que  venant  de  Huy,  l'empereur  fait  son  entrée  par  la 
porte  Sainte-Walhurge.  Les  historiens  sont  pourtant  unanimes  à  cet  égard.  U'un 
autre  coté,  le  texte  de  Brusthem  est  si  pri-cis  qu'on  ne  peut,  malgré  le  silence  de 
Mélart,  élever  un  doute  sur  la  visite  de  Charles  à  Hny.  L'empereur  serait-il  allé  de 
Huy  à  Tongres  avant  de  venir  chez  nous  '/ 


—  211   - 
V. 

Le  12  octobre  1520,  tout  était  prêt  pour  recevoir  l'élu.  La 
vieille  cité  de  Saint-Lambert  avait  pris  un  extérieur  de  fête.  Ce 
n'était  de  tous  côtés  que  guirlandes,  que  verdures,  que  drapeaux. 
Les  cloches  des  églises  et  des  cent  couvents  de  la  ville  étaient 
en  branle,  et  mêlaient  leurs  sons  joyeux  et  variés  au  retentisse- 
ment de  l'artillerie,  de  la  mousqueterie  et  des  chambres  (').  La 
noblesse,  mandée  de  tous  les  points  du  pays,  encombrait  la  cité. 
Les  milices  liégeoises,  les  nombreux  métiers  avec  leurs  ban- 
nières, étaient  sous  les  armes  ,  et  le  peuple  qui,  hier  encore, 
murmurait  contre  l'alliance  espagnole,  se  laissant  peu  à  peu 
gagner  par  l'enthousiasme  officiel,  atlendaitavecune impatiente 
curiosité  le  moment  de  saluer  ce  jeune  homme  de  vingt  ans,  qui 
tenait  dans  sa  main,  débile  encore,  les  destinées  du  monde.  Le 
faste  tout  extraordinaire  étalé,  en  cette  occasion,  par  Erard, 
avait  pour  quelques  jours,  détourné  le  peuple  d'idées  plus 
sérieuses.  Les  réjouissances  et  les  spectacles  annoncés  capti- 
vaient seuls  son  attention.  Aussi  n'ouvrait-il  qu'une  oreille 
indifférente  aux  excitations  secrètes  des  partisans  de  la  France, 
qui,  par  un  coup  hardi,  songeait  à  ruiner  toutes  les  espérances 
de  se^  antagonistes. 

Sur  le  tard,  dans  l'après-midi,  le  peuple  se  porta,  précédé  de 
l'évéque  ('),  du  clergé  et  de  In  noblesse,  vers  les  hauteurs  de 
Sainte-Walburge.  La  vieille  porte  gothique  «  était  ornée  de 
fleui's  et  décorée  de  brillantes  tentures  (').  «L'empereur  n'arriva 

f  '  ;  Petits  mortiers.  Les  Chanb'  sont  encore  aujourd'hui  l'artiilerie  populaire. 

(2)  Kxceplus  ab  episcopo...  Fisen,  t  il,  p.  327.  — Erardus...  obviam  venit. 
Chapkavit.le,  III,  p.  261.  —  Le  cardinal....  alla  au  devant..  .  et  l'alla  recevoir. 
MÉLART,  p.  ,31.3.  —  L'évesque  l'alla  queri  al  porte  Ste-Walburge.  Manuscrit. —  A 
Prsesulo  ..  exceplus.  Fouli.on,  t.  II,  p.  22fi.  —  Erard  fut  à  sa  rencontre  jusqu'à  la 
hauteur  de  Sie  Walburge.  Bouille,  t.  II,  p.  301.  — -  Is  (  Erardus)  deduxit  Augus- 
lum...  ad  civitalem  suam  Leodiensera.  Bp.usthem,  p.  68. 

(')  BoVY.    nnimi>»ade/>  historiques^  t.  I,  p.  38. 


212  

qu'ù  la  nuit  torabanle.  On  le  reçut  avec  l'enthousiasme  qu'on 
montre  toujours  en  pareilles  circonstances.  Pendant  que  l'évêque, 
les  bourgmestres  Richard  de  Mérode  et  Arnold  de  Blavier,  les 
corps  constitués  lui  rendaient  hommage  (^),  les  compagnies 
militaires  le  saluaient  par  des  salves  d'harquebuses;  la  noblesse 
et  les  amis  du  gouvernement  l'acclamaient  avec  ivresse  (-).  Son 
entourage  était  des  plus  brillants.  Il  était,  dit  un  chroniqueur 
de  l'époque,  «  accompagniet  de  madame  Marguerite,  du  marquis 
et  marquise  d'Arschot,  du  comte  et  de  la  comtesse  Porcéan  et 
plusieurs  grant-maistres  de  tous  quartiers  et  de  maintes  dames 
et  damoiselles  ('').  •>•> 

Le  cortège  s'étant  formé,  l'empereur  fit  son  entrée  dansLiége 
à  la  lueur  des  torches  et  des  flambeaux.  Notre  évéque  chevau- 
chait à  sa  gauche  (•).  Tout  était  en  fête,  tout  était  illumination. 
De  rue  en  rue,  à  mesure  qu'on  avançait,  la  foule  devenait  plus 
compacte.  Le  cortège  impérial  déboucha  enfin  sur  la  petite 
place  i'^)  entre  la  vieille  église  gothique  de  Saint-Lambert  et  la 
façade  du  somptueux  palais  qu'Ernrd  était  en  train  de  relever, 
et  que  plus  tard,  une  reine  dii  France  citait  comme  le  plus 
magnitique  de  l'Europe  C^).  Le  prince  l'avait  fait  illuminer  dans 
toutes  ses  parties,  à  tel  point,  dit  Mélart,  dans  son  naïf  langage 
«  que  la  nuict  ne  pouvait  empêcher  de  recognoistre  la  grandeur 

(')  a  Les  Liégeois  le  rechuprenl  comme  souverain  seigneur  et  liaull  advoez. 
ROBEUT  Maquereau,  Ed.  Buchon. 

('  )  «  Les  bourgeois...  venans  à  la  portée  du  mousquet,  luy  firent  une  grande  et 
admirable  salue,  et  luy  tesmoignèrenl  par  le  décochemcnl  de  leurs  traits,  combien 
d'alTection  et  de  joye  ils  avoient  de  son  arrivée,  laquelle  fut  en  solemiie  pompe  et 
grande  resplendissance  de  flambiaux  allumez  par  toutes  les  rues  et  signamenl  au 
palais,  etc.  Mélart,  p.  314.  —  Manuscrit. 

(',  Robert  Maquereau,  liv.  IV,  ch.  XV,  Ed.  Buchon,  p.  89. 

(  *)  MÈI.ART,  p.  H 14. 

{")  On  l'appelait  le  Vieux-Marché  (voir  le  plan  de  Christophe  Maire). 

(')  Marguerite  de  Valois.  Mémoires,  KîGo,  in-ll2.  — Passage  cité  souvent. 
Charles  Quint,  dit-on,  regardait  aussi  «  le  palais  de  Liège  comme  étant  le  plus  vaste 
et  le  plus  romarquablc  à  .sa  connaissance.  »  Uelsaux,  Larchilcclure  cl  les  moun- 
iiifiits  du  nunieti-nfie  h   lAé<je. 


—  iVi  — 

et  magnificence  de  sa  structure  (^).  »  Aussi,  Gharles-Quint, 
encore  dans  sa  première  jeunesse  et  à  qui  tout  souriait,  se 
laissait  aller  à  une  admiration  enfantine,  pendant  que  le  bon 
évêque,  à  sa  senestre  ("),  se  pâmait  d'aise  de  voir  le  jeune  sou- 
verain donner  des  marques  fréquentes  de  contentement  et 
s'arrêter  quelquefois  brusquement  pour  mieux  jouir  de  l'effet 
tout  féerique  de  ces  réjouissances. 

Des  appartements  luxueux  avaient  été  préparés  au  palais  pour 
Charles  et  sa  suite.  Là,  lui  furent  présentés  tous  les  corps 
de  l'état,  les  hauts  dignitaires  ecclésiastiques  et  les  personnes 
les  plus  marquantes  de  la  cité,  qui  le  félicitèrent  et  lui  tirent  de 
si  grands  et  si  riches  présents,  «  qu'il  cognut  bien  que  les  Liégeois 
estoient  vrayment  à  luy  tant  de  leurs  personnes  que  de  leurs 
biens  »  (^). 

Après  les  réceptions  d'usage,  on  servit  un  festin  splendide, 
tandis  que  la  foule,  émerveillée  du  spectacle  qu'elle  avait  sous 
les  yeux,  faisait  retentir  la  place  de  ses  acclamations. 

Le  lendemain  C*),  les  cloches  de  Saint-Lambert  sonnaient  à 
toute  volée.  Aux  cérémonies  civiles  et  plus  ou  moins  profanes, 
allaient  succéder  les  pompes  de  l'Église.  L'évéque,  qui  avait 
convoqué  tout  son  clergé,  tant  séculier  que  régulier,  célébra  la 
messe  en  action  de  grâce  avec  une  magnificence  inouïe,  en 

(  '  )  Une  certaine  confusion  de  dates  existe  au  sujet  de  la  reconstruction  du  palais. 
Incendié  en  1503,  on  y  mit  la  première  main  en  1308.  Quand  Charles  V  vint  à  Liège, 
il  était  encore  loin  d'être  achevé.  Cependant  quelques  parties  étaient  assez  avancées 
pour  permettre  d'y  recevoir  un  souverain  tel  que  l'empereur  (l'Allemagne. Ce  tut,  selon 
les  chroniqueurs  les  plus  autorisés.  Corneille  de  Bergue  qui  acheva  ce  magnifique 
ouvrage.  —  Comment  expliquer  maintenant  ce  qu'avance  Loyens  dans  le  Recueil 
héraldique,  pp.  249  et  ^2^1.  «  En  lo!26,  dit-il,  on  commença  à  jeter  les  fondements 
du  palais  »  et  «  Erard  l'hahita  en  1332.  »  D'autre  part,  l'auteur  de  l'Abrégé  de 
l'histoire  de  Liège  (1784)  met  à  l'année  1526  l'achèvement  complet  de  l'édifice. 

(2)  Manuscrit.  —  «  Ad  suam  in  aulam  deduxit.  »  Chapeaville,  t.  III,  p.  261, 
— Chroniques  des  faits  advenus  au  Liège  depuis  l'évesque  Erardus  à  Marcha,  in-fol. 
Manuscrit,  propriété  de  l'auteur. 

(  '  )    MÉLART. 

(*(  Le  samedi  13  octobre. 


—  -214  — 

présence  de  l'élu,  de  sa  suite  et  des  Etats  du  pays.  La  musique, 
encore  dans  son  enfance,  fit  pourtant  des  merveilles.  Ce  fut, 
disent  nos  vieux  annalistes,  «  un  concert  de  musique  non 
pareil  ('  ).  » 

Après  les  offices,  on  fit,  avec  l'assentiment  de  l'empereur,  une 
procession  solennelle  dans  les  principaux  quartiers  de  la  ville, 
pavoisée  pour  la  circonstance.  Les  richesses,  presque  fabuleuses 
de  l'antique  cathédrale,  se  déployèrent  avec  une  complaisance 
calculée.  Le  clergé  séculier  et  tous  les  ordres  monastiques,  les 
députés  des  Etats,  les  fonctionnaires  de  tout  grade,  la  noblesse, 
mandée  des  divers  points  du  pays  pour  faire  honneur  au  jeune 
Auguste ,  défilèrent  majestueusement  dans  les  rues  de  noire 
vieille  cité.  Charles  tint  ù  honneur  de  donner  lui-même  à  cette 
occasion  une  preuve  de  sa  piété  :  tète  nue,  et  un  flambeau  (-)  de 
cire  blanche  à  la  main,  il  suivait  pieusement  à  pied  levêque,  qui 
heureux  et  fier,  portait  le  saint  Sacrement.  «  Je  crois  que  h  ceste 
heure, «dit  un  contemporain,  »  le  roy  fist  aulcune bonne  prière, 
car  depuis  fu  toujours  en  prospérité  (^).  » 


VL 


Ici  se  place  un  fait  raconté  par  un  chroniqueur  belge,  Robert 
Macquereau,  et  dont  on  ne  trouve  aucune  trace  dans  les  histo- 
riens liéj^eois,  quoiqu'il  méritât  pour  sa  gravité  d'y  figurer  en 
première  ligne.  Nos  auteurs  font-ils  confondu  avec  des  faits 
analogues  dont  l'histoire  de  ce  temps  est  remplie?  A-t-il été  celé 
avec  dessein,  soit  parce  qu'il  faisait  peu  d'honneur  à  l'hospitalité 
liégeoise,  soit  encore,  parce  que  Erard  tenait  à  ne  pas  troubler 

(•)  MÉLART.  — Manuscrit. 

(•;  «  Le  roy  porloit  ung  chierge  en  sa  main.  »  Robert  Macquereau  —  a  Le  roy 
avait  i<  une  iiache  de  cire  blanciie  en  la  main.  »  hlÈ.LKRi. Uaclie,  en  espagnol  hacha, 
cierge. 

(3)  Robert  Macquereau  :  Chronique  de  la  maison  de  Bourgogne  (1500-1527). 
F(i.  Buchon,  p.  89. 


—  2lo  - 

l'heureuse  quiétude  de  Charles?  Je  ne  sais;  mais  la  dernière 
supposition  me  paraît  peu  probable,  malgré  l'assurance  donnée 
par  la  chronique,  que  «  cejone  roy,  non  sachant  de  ces  affaires, 
après  avoir  fait  tous  debvoirs,  se  party  de  la  cité  (  '  ).  » 

Liège,  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  avait  toujours  compté 
dans  ses  murs  un  parti  français  dont  on  peut  à  toutes  les  époques 
suivre  la  trame  funeste  :  au  XV'=  siècle  par  Louis  XI,  et  au  XVII* 
par  la  tragédie  de  Laruelle.  Nous  avons  également  constaté  que 
sous  Erard,  la  France  y  avait  ses  partisans,  qui  profilaient  de 
tout  pour  semer  le  trouble  et  créer  des  difficultés.  Si  nos  anna- 
listes n'ont  pas  toujours  jugé  convenable  ou  prudent  de  dire  tout, 
ils  mentionnent  cependant  assez  pour  ne  nous  laisser  aucun 
doute  à  cet  égard.  En  effet,  pas  de  page  de  leurs  volumineuses 
compdations  qui  ne  parle  d'intrigues,  de  complots  dans  lesquels 
la  main  de  la  France  est  patente.  Celle-ci,  du  reste,  s'était  mon- 
trée furieuse  du  changement  politique  de  notre  évêque.  Elle 
avait  protesté  près  des  Etats  sans  gagner  la  moindre  chose.  Les 
moyens  de  persuasion  épuisés,  elle  se  lança  dans  des  aventures 
violentes,  se  mit  à  comploter  à  propos  de  tout  et  à  ourdir  les 
plus  lâches  attentats.  Cette  manière  de  lutter,  il  faut  bien 
l'avouer,  ne  permet  plus,  malgré  tout  le  faible  qu'on  puisse 
avoir  pour  lui,  de  considérer  comme  étant  sans  tâche  le  blason 
du  vaincu  de  Pavie. 

L'arrivée  de  l'empereur  dans  notre  cité  parut  aux  partisans 
de  François  I,  une  occasion  propice  pour  tenter  un  giand 
coup.  «  Quelques  traictres  du  pays  de  Liège,  allyés  avec  le  Roy 
de  France  »  qui  «  pensoit  venir  à  ses  parverses  intentions  » 
résulureni,  poussés  par  «  son  conseil,  )>  d'assassiner  Charles 
d'Autriche  au  milieu  des  réjouissances.  Afin  de  mieux  se  recon- 
naître «  ces  méchantes  gens,  pleines  de  venin  «prirent  un  signe 
que  le  chroniqueur  n'indique  pas,  et  se  postèrent  sur  un  pont, 
probablement  celui  des  Arches,  par  où  la  procession  devait 

'*)  ROB    Macquereau,  ibidem. 


—  21()  — 

passer.  Ils  avaient  choisi  ce  lieu  aiin  de  l'atteindre  plus  facile- 
ment d'un  vcoup  d'harquebuse  (  '  ).  »  Qu'espéraient  les  conjurés? 
Profiter  sans  doute  de  la  contusion  résultant  de  cet  attentat. 
Ils  pouvaient  s'emparer  du  passage  du  pont,  isoler  l'évêque  de 
sa  suite,  le  faire  prisonnier  et  l'enlever  par  la  porte  d'Amercœur, 
pendant  que  les  conjurés,  aidés  de  la  populace  d'Outremeuse, 
auraient  défendu  le  passage  du  fleuve,  afin  d'empêcher  les  ravis- 
seurs d'être  poursuivis  ("-). 

Ce  coup  hardi  aurait  pu  réussir  et  amener  bien  des  change- 
ments en  Europe.  Mais  trop  de  personnes  étaient  mêlées  au 
complot  pour  que  rien  ne  transpirât  et  ne  fit  naître  des  soupçons 
chez  le  prince.  Averti  à  temps,  celui-ci  aura  probablement  pris 
ses  mesures  pour  faire  avorter  la  conspiration  et  arrêter  les 
plus  coupables- Peut-être  aussi,  comme  l'affirme  le  chroniqueur, 
(ju'il  y  aura  eu,  au  moment  décisif,  hésitation  de  la  part  des 
conjurés,  qui  d'eux-mêmes  se  seront  trahis  ('').  Quoi  qu'il  en 
soit,  les  traîtres  furent  exécutés.  Toute  la  ville  fut  plainement 
convaincue  que  le  roi-chevalier  avait  trempé  activement  dans 
cet  horrible  projet  (*).  On  chercha  néanmoins  à  tenir  la  chose 

(*)  a  On  fist  en  la  cité  une  procession  générale  où  le  saint  et  sacré  corps  de 
Jésus-Clirist  fu  porté,  où  le  roy  portoit  ung  cliierge  en  sa  main.  Je  crois  que  a  cesle 
heure  le  roy  fist  aulcune  bonne  prière,  car  depuis  fu  toujours  en  prospérité.  Et  me 
fu  dict  qu'il  y  eull  auhuns  traictres,  allyés  avec  le  roy  de  France,  du  pays  de  Liège; 
et  estoient  iceuLs.  delibenz  de  le  mettre  à  mort  par  ung  traict  de  hacquebutte,  en 
passant  en  aulcuns  quartiers  por  deseure  ung  pont.  Ces  méchantes  gens  plains  de 
venin  avoient  enseignes  semblables  l'ung  a  l'autre  pour  eulx  mielx  recoiiguoistre.  » 

UOBEllT  MACttUEHEAU,  p.   89. 

(,-J  Ce  ne  fut  pas  la  seule  fois  qu'on  tenta  de  s'emparer  d'Erard  pour  le  livrer  à 
la  France.  Bouille  rapporte,  t.  Il,  p.  304,  que  l'aiint'e  suivante  on  l'essaya  encore. 
Mélart  donne  au  sujet  de  celte  conspiration  des  détails  curieux  sur  la  police  secrète 
de  notre  province. 

(')  «  Quant  ilz  apercliurent  l'iiûnneur  que  on  luy  faisoit,  et  que  Dieu  le  gardoil 
en  tous  ces  failz,  changèrent  leur  corraige  ;  ou  par  adventure,  craindants  de  faillir 
parquoy  ils  ne  parliienl  pas  leur  emprinse,  comme  le  créateur  du  monde  ne  le  veult 
pas  consentir.  »  UoiiEin  Mauleueau. 

(*J  «  Desqueiz  traictres  depuis  l'on  en  fist  morir  aulcuns  en  la  cité,  qui  congneu- 
rent  la  chose  entièrement,  et  que  ç'avoit  esté  par  le  conseil  du  roy  de  France,  pen- 
sant venir  a  ses  parverses  intentions.  »  Rob.  Maquekeau.  Ibidem. 


—  217  — 

secrète  et  surtout  à  empêcher  qu'elle  ne  parvint  nux  oreilles  de 
Charles  (').  Réussit-ou?  j'en  doute  fort,  car  ces  événements 
étaient  trop  graves  pour  les  cacher.  Il  se  peut  qu'on  ait  cherché 
à  calmer  ses  craintes,  mais  sans  trop  réussir,  puisqu'on  le  voit 
abréger  son  séjour  h  Liège  et  quitter  notre  ville  le  lendemain 
pour  s'enfermer  dans  la  forteresse  de  Maestricht  (-). 


VII. 


Pendant  qu'on  arrêtait  les  conjurés  et  qu'on  les  empêchait  de 
nuire,  la  procession  achevait  son  défilé.  A  sa  rentrée  dans  la 
cathédrale,  Erard  entonna  le  Te  Deiim,  en  action  de  grâce,  et  la 
brillante  assistance  éleva  ses  prières  vers  Dieu  pour  l'heureuse 
inauguration  de  l'empereur. 

La  cérémonie  terminée,  le  souverain  fut  reconduit  solennelle- 
ment au  palais  où  l'on  servit  un  repas  aussi  somptueux  que 
celui  de  la  veille  et  dont  les  députés  du  pays  firent  les  frais. 
Charles,  visiblement  ému  de  tant  d'accueil  et  peut-être  aussi  par 
le  souvenir  du  danger  auquel  il  venait  d'échapper,  ne  pouvait  se 
lasser  de  remercier  les  Liégeois  pour  leur  cordiale  réception  ("  •. 
Inutile  de  dire  que  le  temps  ne  fut  pas  uniquement  employé  en 
fêtes  et  en  parades,  mais  aussi  en  sérieux  pourparlers  politiques. 
Erard  était  trop  adroit  pour  ne  pas  profiter  de  l'occasion.  Toutes 
les  éventualités  furent  mises  sur  le  tapis  et  le  jeune  empereur 
ne  quitta  certainement  pas  notre  bonne  ville  sans  s'être  occupé 
de  la  France  et  de  la  conduite  à  tenir  envers  elle. 

On  reconnut  aussi  la  nécessité  d'opposer  une  digue  aux  nou- 


(  '  )  «  Ce  jone  roy  non  sachant  de  ces  affaires,  après  avoir  fait  tous  dcbvoirs,  se 
party  de  la  cité  pour  cheminer  vers  la  ville  d'Aix.  »  Robert  Maqukreac. 

[-)  Charles  quiUa  Liège  le  14,  après  un  séjour  de  moins  de  48  heures,  pour  se 
rendre  à  Maest!  ichl.  Il  ne  sortit  de  cette  dernière  ville  que  le  dimanche  21  octobre, 
après  y  être  demeuré  huit  jours  entiers. 

;  '    Manuscrit.  Mélart,  etc. 


-  218  — 

velles  idées  religieuses,  qui  chez  nous  avaient  trouvé  des  adeptes. 
Charles  avait  vu  fonctionner,  en  Espagne,  les  tribunaux  de  l'in- 
quisition el  il  était  tout  disposé  à  leur  prêter  appui.  Cependanti 
on  ne  jugea  pas  opportun  pour  le  moment  d'étaler  au  grand  jour 
cette  sinistre  institution.  Les  Liégeois,  à  cheval  sur  leurs  privi- 
lèges, se  seraient  montrés  d'autant  plus  hostiles  hl'introduclion 
de  semblables  tribunaux,  qu'ils  avaient  plus  d'un  sujet  de  plainte 
contre  la  politique  arbitraire  de  l'évêque.  On  convint  donc  d'at- 
tendre une  occasion  meilleure  (*)•  Cependant  on  résolut  de  sur- 
veiller cette  «  dampnable  «C^)  liberté  de  conscience  qui  cherchnit 
h  se  l'aire  jour  sous  toutes  les  formes,  en  Belgique  comme  en 
Allemagne,  et  au  besoin  de  sévir  contre  elle  avec  rigueur.  Cette 
communauté  d'idées  fut  encore  un  trait  d'union  entre  l'empereur 
et  notre  prince. 

Tant  de  zèle  et  de  dévouement  de  la  part  de  l'évêque  méritait, 
on  ne  peut  le  nier,  sn  récompense.  Aussi  reçut-il  la  promesse 
de  sa  prochaine  promotion  au  cardinalat  ('').  Charles  pouvait-il 
faire  moins  pour  qui  l'avait  aidé  h  ceindre  la  couronne  de  Char- 
lemagne  et  qui  épousait  sans  restriction  ses  vues  et  ses  projets? 

Si  Erard  fut  enchanté  de  la  conférence,  il  n'en  fut  pas  ainsi  du 
peuple.  On  ne  voit  pas  du  moins  ce  qu'il  gagna  à  la  présence 
dans  ses  murs  d'un  prince  si  puissant,  sinon  h  voir  resserrer 
les  liens  qui  comprimaient  ses  aspirations  politiques  el  à  payer 
la  meilleure  partie  de  la  dépense. 

Quant  à  l'approbation  deses  antiques  privilèges, que signiliait- 


(' )  En  1332  ,  l'évêque  autorisa  un  père  carme  chaussé  ,  Jean  Jamolel,  inquisi- 
teur apostolique,  d'instrumenter  dans  le  pays  de  Liège. 

(■*)   M.^NUSCIlIT. 

(')  a  L'an  1022  (lisez  l-'i-ll),  Erard  après  avoir  été  fait  archevGque  de  Valence, 
en  Espagne,  (ul  créé  cardinal  sous  le  titre  de  Saint  Chrisogon,  parle  pape  Léon  X. 
«  Abrège  cbron.  de  l'hist.  de  Liécje.  1784,  p.  76.  —  Le  légat  qui  apportait  à  Erard 
le  chapeau  de  cardinal,  ayant  appris  en  chemin,  que  ce  prélat  étoit  à  Bruges  auprès 
de  l'empereur,  il  s'y  rendit  et  consigna  le  chapeau  entre  les  mains  de  sa  Majesté 
impériale,  qui  en  revêtit  notre  évoque.  »  Boville,  t.  II,  p.  805. 


—  219  — 

elle  avec  des  hommes  de  la  taille  d'Erard  et  du  petit-fils  de 
Maximilien  (*). 

Le  lendemain  du  jour  où  il  échappa  presque  miraculeusement 
à  la  rage  de  ses  ennemis,  Charles  quitta  Liège  (-)  pour  se  rendre 
k  Maestricht,  accompagné  d'Erard  et  de  toute  sa  noblesse. 

Un  incident  assez  curieux  se  passa  au  sortir  de  la  ville.  Pen- 
dant le  défilé  du  cortège  impérial,  un  homme  du  peuple  jeta  ces 
paroles  au  seigneur  de  Chièvres  qui  chevauchait  aux  côtés  de 
l'élu  :  «  Dieu  vous  voeille  tous  garder  de  mal  !  et  monseigneur 
le  cardinal,  votre  nepveu,  lequel  vous  véez  voluntier  :  mais 
comme  je  croi ,  jamais  du  voiaige  ne  retournera  [^).  Et  plus  n'en 
dict»  ajoute  Macquereau. —  N'était-ce  pas  assez?—  et  cet  avertis- 
sement nedévoilaii-il  pas  des  préoccupations  pleines  de  menaces? 
Comment  l'entendre  d'autre  manière?  On  se  hâtait  d'abandonner 
la  grande  cité  liégeoise  et  peut-être  n'élait-il  que  temps  !  La 
conspiration  qu'on  avait  un  moment  déjouée,  pouvait  avoir  des 
ramifications  plus  étendues  qu'on  ne  le  soupçonnait  ! 

L'empereur  rencontra  en  chemin  (*)les  envoyésque  les  élec- 
teurs de  l'empire  lui  avaient  députés  pour  le  féliciter.  Il  les 
accueillit  avec  grande  déférence  et  chemina  en  leur  compagnie 
jusqu'à  Maestricht  C).  Il  se  renferma  dans  cette  forteresse  {°} 
jusqu'au  jour  marqué  pour  son  entrée  à  Aix-la-Chapelle. 

Ainsi  se  termina  l'entrevue  qui  fixa  décidément  la  poHtique 
de  l'évêque  et  lui  obtint  l'année  suivante  le  chapeau  de  cardinel. 

(  *  ]  Voir  pour  les  détails  les  principaux  historiens  liégeois  et  particulièrement 
Ferd.  Henaux  qui  a  porté  résolument  un  œil  investigateur  sur  cette  époque  agitée. 

(')  «  Quelques  jours  après  »  dit  Bouille,  T.  Il,  p.  302  :  —  «  Le  matin  du  jour 
ens  ivant  »  dit  Mélart  —  «  Le  14  octobre  »  lit-on  dans  Brustuem,  p.  68.  L'opi- 
nion de  ces  deux  derniers  auteurs  peut  être  seule  acceptée. 

(*)  RoB.  Maquereau. 

(*j  Peut-être  à  Visé. 

(")  «  On  vint  au  devant,  de  par  les  élecleurs  qui  le  rechurent  moult  honnora- 
blement.  Aussi  le  jonne  eslu  leur  fist  la  révérence  Irèsbenignement.  tenant  son 
bonnet  en  la  main  ;  lesquelz  ensemble  par  grant  amiliet  cheminèrent  jusque  la  ville 
de  Trect.  ï  Robert  AIacquereau. 

(*)  «  Comme  il  aimait  d'observer  les  anciennes  coutumes,  il  voulut  entrer  dans 
la  grande  église  (St-Servais)  en  habit  de  chanoine,  selon  l'ancienne  pratique  des 
ducs  de  Brabant.  »  Bouille.  T.  Il,  p.  302. 


—  2^0  — 
VIII. 

Notre  intention  n'étant  pas  de  faire  l'histoire  de  Liège  sous  le 
règne  d'Erard  de  La  Marck,  nous  ne  le  suivrons  pas  dans  le 
développement  de  sa-'Olincpie.  Il  no  nous  reste  plus  qu'à  signaler 
quelques  lails  qui  dévoilent  la  véiilable  tendance  des  projets  de 
Charles-Quint  et  le  but  secret  de  l'alliance  de  I0I8. 

Charles,  nous  l'avons  dit,  quoique  poursuivant  les  desseins 
de  ses  ancêtres,  les  ducs  de  Bourgogne,  ne  voulait  ou  plutôt  ne 
pouvait  froisser  le  sentiment  général  de  l'Europe  en  s'annexant 
la  principauté.  Comme  il  le  dit  un  jour  avec  beaucoup  d'esprit, 
il  préferait  voir  les  Liégeois  bons  alliés  que  mauvais  sujets. 
Cependant,  s'il  reculait  devant  la  possibilité  de  fondre  la  carte 
déchiquetée  de  notre  pays  dans  son  vaste  empire,  il  voulait 
cependant  y  dicter  ses  lois  comme  souverain  ('),et  pour  cela  il 
lui  fallait  un  homme  tout  dévoué.  A  Erard,  malheureusement, 
pouvait  succéder  un  prince  plus  ou  moins  hostile.  Ce  fut 
dans  l'intention  de  conjurer  ce  danger  possible,  sinon  pro- 
bable, qu'il  viola  ouvertement  les  anciens  droits  du  chapitre 
de  Saint-Lambert.  Du  vivant  même  de  son  ami,  il  montra  sa 
déhance,  en  lui  imposant  un  coadjuteur(-),CorneiUe  deBergue, 
qui  monta  sur  le  trône  épiscopal  en  1338.  Celui-ci  n'ayant  pas 
épousé  ses  vues  avec  l'énergie  qu'il  aurait  désirée  et  qu'avait 
montrée  son  prédécesseur,  il  se  hâta  de  lui  désigner  à  son  tour, 
non-seulement  un  coadjuteur,  mais  encore  un  remplaçant.  Cette 
fois,  il  dédaigna  de  sauver  les  apparences.  Il  le  choisit  dans  sa 
propre  famille.  Georges  d'Autriche,  le  nouvel  évêque,  fut  entiè- 

(*)  Comme  membre  de  TEmpirc,  la  principauté  de  Liège  dépendait  de  Charles- 
Quint,  sans  perdre  pour  cela  son  autonomie. 

(-)  «  152"2...  Quelques  jours  après,  il  lui  fil  connaître  que  son  intention  était 
qu'il  pourvut  rEvècliJ  de  Liège  d'un  successeur  qui  lui  fut  agréable,  et  suggéra  en 
môme  temps  Corneille  de  Bergue,  que  la  princesse  Marguerite  sa  tanle,  et  gou- 
vernante des  Pays-Bas  en  son  nom,  retenait  auprès  de  sa  personne,  etc.  »  Iîoiuli.e. 
T.  II,  p.  SOii. 


221 


renient  à  la  dévotion  de  Charles,  qui  devint  ainsi,  jnalgœ  l'op- 
position de  tous,  le  seul  et  véritable  souverain  de  Liège. 

Ce  fut  dans  l'intention  de  décider  Corneille  de  Beigue  à  céder 
la  place  h  son  cousin  et  à  lui  rendre  ainsi  plus  facile  sa  domi- 
nation déguisée,  que  Charles  vint  en  1544,  vingt-quatre  ans  après 
sa  première  visite,  revoir  les  murs  de  notre  cité.  Avant  de  se 
rendre  à  Spire  pour  présider  cette  diète  célèbre,  qui  augmenta 
le  conflit  entre  l'Espagne  et  la  France,  l'empereur  tenait  a 
s'assurer  le  concours  sans  réserve  des  Liégeois  et  pour  cela,  il 
voulait  que  les  rênes  de  leur  gouvernement  fussent  placées  dans 
des  mains  sûres. 

Parti  le  2  janvier  de  Bruxelles,  il  arriva  le  4  à  Saint-Trond, 
et  le  lendemain  chez  nous,  où  il  fut  reçu  sur  les  hauteurs  de 
Sainte-Walburge  par  Corneille  de  Bergue,  Georges  d'Autriche, 
évêque  coadjuteur,le  clergé,  la nobU^sse,  avec  tous  les  honneurs 
et  toutes  les  démonstrations  d'allégresse  «  qu'on  a  accoutumé 
de  voir  dans  ces  jours  de  parade  et  de  fêtes  publiques  (*).  » 

Nous  ne  dirons  pas  les  fêtes  qui  lui  furent  données  pendant 
plusieurs  jours  (°),  parce  que  nous  ne  possédons  aucun  détail 
i^i  leur  sujet.  D'ailleurs  elles  durent  en  beaucoup  de  points  res- 
sembler à  celles  de  1520.  Les  historiens  nous  apprennent  seu- 
lement que  les  bourgmestres  Guillaume  de  Mefife  dit  du  Cham- 
pion et  Jean  de  Miche  y  assistèrent  en  robe  de  pourpre,  et  qu'ils 
présentèrent  à  l'empereur  les  clefs  de  la  viilo.  Charles  les  accepta 
gracieusement  et  les  suspendit  à  l'arçon  de  sa  selle.  Quand  le 
cortège  fut  arrivé  au  palais,  la  foule  était  si  grande  que  les 
bourgmestres  se  trouvèrent  séparés  de  l'escorte  de  l'empereur. 
Avant  de  descendre  de  cheval,  celui-ci  les  fit  appeler.  Lorsque 
les  bourgmestres  se  trouvèrent  en  sa  présence,  il  leur  remit  les 
clefs  d'argent  qu'il  tenait  à  la  mnin  :  «  Continuez,  »  dit  Charles, 

(')  Bouille,  T.  II,  p.  336. 

(2)  Charles  V  «  vint  (à  Liège)  célébrer  la  fête  des  Rois.  »  Recueil  héraldique^ 
p.  !274. 


222  

«  continuez,  Messieurs,  de  garder  les  clefs  de  ma  cité,  avec  la 
même  fidélité  et  vigilance  que  vous  avez  fait  jusqu'ici  (').  » 

Hélas!  ce  vœu  ne  devait  guère  être  utile  aux  libertés  liégeoises, 
car  Charles-Quint,  tout  le  premier,  les  avait  sapées  dans  leurs 
fondements.  Que  signifiait,  malgré  le  procès  dont  elles  furent 
plus  tnrd  le  motif,  et  dans  lequel  les  amis  de  la  liberté  firent 
sonner  bien  haut  les  paroles  de  l'empereur,  que  signifiait  la 
vaine  possession  de  ces  signes  magistraux  ? 

Rien,  car  la  liberté  frappée  au  cœur  n'aura  plus  qu'un  sem- 
blant de  vie.  Fils  de  Henri  de  Dinant.  résignez-vous  et,  comme 
les  anciens  martyrs,  couronnez-vous  de  fleurs  !  H  ne  vous 
reste  plus  qu'à  incliner  la  tête  devant  la  statue  de  Charles  : 
moritiiri  te  salutant,  César  ! 

Jules  Matthieu. 

(  ')  Bouille,  T.  II,  p.  356,  et  les  mitres  historiens  du  pays  de  Liège. 


LE    COLLÈGE 


DES 


FRERES     HIERONYMITES 

A    L.IÉGE:. 


I 

Gérard,  né  à  Deventer  en  Hollande,  enseigna  avec  tant  d'éclat 
la  philosophie  et  la  théologie  h  Cologne,  que  ses  contemporains 
lui  donnèrent  le  surnom  de  Groote,  magnus.  Il  fonda  à  Deventer 
la  congrégation  des  frères  de  la  vie  commune,  qui  fut  approuvée 
par  le  pape  Grégoire  XI  en  1376.  Les  membres  de  cette  con<;ré- 
galion  n'émettaient  point  de  vœux  de  religion  ;  ils  suivaient 
une  règle  calquée  sur  celle  de  S.  Augustin  ;  quelques-uns 
d'entre  eux  étaient  promus  au  sacerdoce.  Chaque  maison  était 
sous  la  direction  d'un  supérieur  pris  parmi  les  prêtres  de  la 
congrégation.  Les  frères  de  la  vie  commune  n'étaient  peint 
exempts  de  la  juridiction  épiscopale.  Ils  gagnaient  leur  vie  en 
enseignant  principalement  les  humanités  et  en  copiant  les  ma- 
nuscrits qu'ils  vendaient  aux  libraires.  L'enseignement  qu'ils 
donnaient  aux  pauvres,  était  gratuit.  Plusieurs  de  leurs  couvents 
ayant  été  dédiés  soit  à  S.  Grégoire,  soit  à  S.  Jérôme,  ils  ont  été 
appelés  aussi  Grégoriens  ou  Hiérojiymites  ]  le  nom  de  frères  de  la 
plume,  fratres  de  penna  leur  est  venu  de  ce  qu'ils  copiaient  des 
manuscrits  (i).  Leur  fondateur  mourut  le  20  août  1384. 

(')  M.  Morel  raconte  sdrieuseraenl  que  le  nom  Aefraires  de  peiiiia  leur  est  venu 
de  ce  qu'ils  portaient  une  plume  fichée  à  leur  chapeau.  V.  Annuaire  de  l'Université 
de  Liég»,  tome  I,  p.  14. 


224  — 

Leur  maison  de  Bois-le-Duc,  appelée  fratershiiis,  fut  fondée 
en  1425.  Elle  joiiissail  h  la  fin  de  ce  siècle  d'une  si  grande  répu- 
t;ilion  que  le  clergé  et  les  bourgeois  de  Liège  s'adressèrent  à 
Jean  de  Bréda,  recteur  de  la  maison  ,  pour  qu'il  établît,  avec 
leur  concours,  un  collège  de  sa  congrégation  à  Liège.  Le  ma- 
gistrat de  la  ville  (7  octobre  149o)et  le  prince-évéque  (31  octobre 
1495  donnèrent  aux  frères  un  emplacement  vide  d'environ  deux 
bonniers,  appelé  risleal  hochet,  insulcUa  globi ,  petite  île  ronde, 
derrière  le  couvent  des  Carmes,  contre  la  Meuse  ('  ).  La  pre- 
mière pierre  de  leur  couvent  fut  posée  le  26  juillet  1496.  En 
attendant  qu'il  fut  achevé,  ils  habitèrent  le  presbytère  de  S'^ 
Marie-Magdeleine  qui  appartenait  à  l'abbaye  de  S'-Jacques. 

Les  frères  Hieronymites  enseignèrent  les  humanités,  à  Liège 
comme  k  Dois-le-Duc.  Ils  construisirent  même ,  non  loin  de 
leur  couvent,  un  internat  pour  les  étudiants  pauvres  et  y  pré- 
posèrent un  des  leurs;  en  1544  cet  internat  fut  transféré  dans 
l'intérieur  même  du  couvent. 

La  maison  de  Liège  dépendait  de  celle  de  Bois-le-Duc  et  ne 
pouvait  faire  aucune  aliénation  sans  l'autorisation  de  celle-ci. 

La  série  des  pater  ou  prieurs  de  la  maison  de  Liège  n'est  pas 
bien  connue.  On  trouve  cités  : 

Henri,  premier  fondateur  de  la  maison,  mort  en  1520.' 

Paul,  de  Bois-le-Duc,  mort  en  1582. 

Jean. 

Arnold  Eynaten,  cité  en  1544. 

Libert  Iloutkem,  de  Tongres,  qui  composa  un  recueil  de 
poésies  latines  sous  le  titre  àe  préceptes,  une  tragédie  intitulée 
Gédéon  et  une  corné  lie  intitulée  le  Théâtre  de  la  vie  humaine (^2). 

Les  frères  de  la  vie  commune  cédèrent,  en  1582,  leur  maison 
aux  pères  jésuites  sous  certaines  conditions,  h  savoir,  qu'on 
leur  donnerait  la  maison  voisine  de  Guido  Rosen,  qu'on  unirait 

(')  Chartes  de  la  calhéilr-dc  Sainl-Lamberl,  aux  archives  de  l'État,  à  Liège, 
no»  1102  et  H03. 

('  ;  V.  Ernst,  Tableau  des  ïuirraganls  de  Liège,  p.  336. 


-   no  — 

à  leur  congrégation  un  canonicat  de  S.  Paul  et  un  de  S.  Denis 
et  qu'on  conférerait  trois  bénétices  à  trois  d'entre  eux.  Ce  qui 
fut  exécuté.  En  159o,  la  congrégation  était  presque  éteinte,  car 
elle  ne  comprenait  plus  que  quatre  membres.  Le  Pape  donna, 
cette  année,  leurs  biens  à  la  collégiale  de  S.  Paul,  sous  certaines 
charges. 

II 

Documents  historiques. 

Le  diplôme  du  prince-évêque,  du  31  octobre  1495  se  trouve, 
en  partie,  dans  Fisen,  p.  31 9.  L'octroi  du  magistrat  de  la  ville 
de  Liège  a  été  publié  par  M.  Morel  dans  Y  Annuaire,  t.  I,  p.  14, 

Nous  ajouterons  ici  quatre  pièces  inédites. 

I 

Autorisation  donnée  par  les  frères  Iiiéro7iymites  pour  vendre  un 
bâtiment.  1544. 

Universis  et  singulis  pra3sentes  lilteras  inspecturis  et  legi 
audiluris,  Arnoldus  Eynaten  pater,  Cornélius  Helvort  librarius, 
Gentianus  Villers,  Henricus  Mylen,  Tlwmas  de  Molembaye  pres- 
byteri,  Henricus  Borset,  Wilfielmus  Verlaine,  Joliannes  Maeseyck 
et.  Gerardus  Aquensis  clerici  ,  fratres  et  religiosi  domus  S. 
Hieronymi  in  insula  civitatis  Leodiensis  sitaî,  de  communi  vita 
nuncupati,  capitulum  seu  conventum  pra3iact8e  domus  facientes 
et  consliluentes,  salutem  in  Domiiso  sinceram.  Cum  nos  alias 
certis  ex  causis  et  respectibus  legitimis  nos  ad  hoc  rationabili- 
ter  movcnlibus,  pauperes  prœdidœ  nosirœ  domus  studcntes,  quos 
caputiatos  vacant  et  qui  domum  unam,  pauperum  vulgo  mui- 
cupatam,  cum  suis  appendiciis,  quam  in  insula  Leodiensi  non 
procul  ab  ipsa  domo  noslra  habemus,  versus  eamdem  domum 
nostrani  vice  communi, ver  sus  montem  S.  Egidii  hœreditati  sororum 


226 


5.  Annœ  alias  de  Hasselt,  versus  monasterium  fratrum  Carmelita- 
rum  viœ  commuai,  et  versus  pontem  insulœ  hœreditalibus  Lamberti 
Borset  et  Servatii  de  Bêche  et  hœredum  quondam  Joliannis  Le 
CocÂ:  jungentem,  ex  parte  nostraseu  per  nos  ibidem  collocati  in- 
habitabant,  et  illum  qui  ex  nobis  assumptus  hujusmodi  paupe- 
ribiis  studentibus,  ut  ill(3i'um  rector  prœerat  et  praeest,  eorum- 
dcinque  pauperum  et  illorum  rectoris  habitationem  in  alias  œdes 
intra  septa  prastactae  noslraî  domus  S.  Hieronymi  sitas  ipsis 
pauperibus  studentibus  et  illorum  rectori  magis  accommodatas 
transtulerimus  et  intra  dictae  nostrœ  domus  S.  Hieronymi muros 
plurima  sint  œdificia  nobis  et  pauperibus  studentibus  prœdictis 
domo  pauperum  longe  utiliora,  eamdemque  domum 
pauperum  si  eam  nobis  et  praïtactse  nostrae  domui  retinueri- 
mus  nec  illam  in  emphyteusim  perpe- 

tuam  conferremus  oneri  potius  quam  usui  nobis  fore  censea- 

mus (ils  délèguent  Guillaume  Myinn  pour  la  concéder  en 

emphytéose  perpétuelle  à  Conrard  de  Crissengnée,  citain  de 
Liège,  pour  une  rente  de  43  florins  de  Brab.,  le  florin  compté  à 

20  patars) Acta   fuerunt  hase  an  no  XV*  XLIV   mensis 

augusti  die  decinià. 

Ij'acte  d'emphytéose  fut  réalisé  par  les  échevins,  le  12  août 
1344. 

II. 

Autorisation  donnée  par  la  maison  de  Bois-le-Duc.  1544. 

Nos  frati-es  Busciducenses,  Theodoricus  à  Bommel  pater,  Jaco- 
bus  à  Lommel  procuralor,  Wilhehnus  Pereyrinus  librarius, 
Wuriiidus  à  Ravenstein,  Clemens  ab  flerentals,  Johannes  Helmont 
et  reiiqui  sacerdutes  cum  familiaribus  laicis  domus  nostrae 
notum  facimus  universis  et  singulis  lias  patentes  litteras  inspec- 
turis  et  visuris  quod  pater  Arnoldus  Eynatten  pater  fratrum 
Leodii  fuerit  hic  apud  nos  ia  domo  nostra  missus  k  fratribus 


227 


suis  Leodiensibus  et  requisivit  a  nobis  consensum  et  auctori- 
tatem  elocandi,  vendendi,  permutandi  domum  sive  domus  et 
antiquas  scholas  sitas  extra  portam  sive  septa  domus  fratrum 
Leodiensiumut  facilius  et  commodius  erigat  et  aedificet  novas  et 
utiliores  intra  septa  et  muros  domus  dictas  ;  igitur  nosfratres 
Busciducenses  super  hoc  capitulariter  congregati  et  mature 
deliberati  consensimus  et  consentimus  piis  conatibus  et  labo- 
ribiis  fratrum  nostrorum  Leodiensium  et  nobis  placet  et  gratu- 
lamur  quod  Deus  talem  animum  inspiravit  patri  et  suis  fratri- 
bus.  In  cujus  rei  sigiium XV"  XLIV  mensis  julii  die  XII. 

III. 

Aliénation  d'un  bâtiment.  lS4o. 

Nous  fratres^/r/zw/^  Eynatten  pater,  Cornélius  H elwoert,  Gent- 
ziane  de  Vtllers,  Henri  Milen,  Thomas  de  Mollenbay,  Henri  Borset, 
Guilheam  de  Verlen,  Johan  Borchloen,  Gielet  de  Bleray,  Gérard 
Daixheret  et  Johan  Eelen,  frers  et  professes  en  l'église,  maison 
et  couvent  de  Sainct  Jheroinme  condist  les  fratres  en  ysle  à 

Liège (Ils  délèguent  Willem   Mileii   pour  céder  c\  Gielet 

Remacle,  chairpenthier,  et  Lambert  Jalheal  uno  édifice,  tenure 
et  assize  avec  ses  appartenances  condist  notre  grande  viele 
escoUe  avec  une  chambre  sour  le  rives  de  Mouse  joindentes  de 
trois  costeies  az  chachies  et  aisemences  délie  dite  cité  et  vers 
Sainte  Demphe  h  Mouse  pour  une  rente  annuelle  de  31  carolus 

d'or,  compté  vingt  patars  de  Brabant  pour  chaque  carolus) 

L'an  de  grâce  XV«  XLV,  février  18. 

L'acte  fut  réalisé  devant  les  échevins  le  21  février  1545. 

IV. 

Le  pape  Clément  affecte  les  biens  et  rentes  des  Hiéronymites  aux 
distributions  quotidiennes  de  la  collégiale  de  S.  Paul.  lo9o. 

Clemens  episcopus  servus  servorum  Dei  dilecto  filio  officiali 
Leodien.saluLem  et  apostolicam  benedictionem.Decetromanum 


—  248    - 

Pontificemaequi  boniquesiiitr«MnumassertoremfideliuinquoruQi- 
libet  prœseitim  diviiiis  obsequiis  in  collegiatis  ecclesiis  inser- 
vienlium  voMs,  pei'  quae  diviiii  cultûs  in  ipsis  ecclesiis  incre- 
mento  consulitur  ac  missarum  et  anniversariorum  aliorumque 
suffragiorum  onera  ex  piis  tesiantium  voluntatibus  prgescripta 
adimpleri  valeant,  libenler  aiinuei'e  et  in  his  pastoraiis  offîcii 
sui  partes  favorabiiiier  interponere.  Sane  exhibita  nobis  nuper 
pro  parte  dilectorum  filiorum  capituli  et  canonicorum  ecclesia? 
S.  Pauli  ac  clericorLim  sœcularium  fratrum  nuncupaLorum 
congregationis  S.  Hieronymi  Leodiensis  diœcesis  petitio 
contiiiebai,  quod  quidem,  cum  tractaretur  de  introducendo 
coUegio  presbylerorum  societatis  Jesu  in  civitaie  Leodiensi, 
neque  in  promptu  locus  adesset  ubi  illiid  constitueretur,  tandem 
post  diuturnam  deliberationem  cum  pra3ralis  et  aliis  tune 
existentibus  clericis  dictie  congregationis,  conventum  fuit,  quod 
in  evenlum  in  quera  aedes  lune  ad  dileclum  filium  Guidouem 
Rose  (?)  spectantes  cum  earum  horto  tluvio  Mosœ  adjacente 
caeterisque  pertineiUiis  dictis  clericis  pro  loco  futurae  eorum 
habitationis  ac  alias  perpétue  nssignarentur,  necnon,  omnibus 
et  singulis  aliis  bonis  immubilibus  ad  praîdictos  clericos  perti- 
nentibus  salvis  sibique  intègre  remanentibus,  anus  et  una  S. 
Pauli  ac  alter  et  alieia  S.  Dionysii  ecclesiarum  Leodiensium 
canonicatusel  pnebeiidae  prLedictaîCoiigregatioiii  etiarn  perpetuo 
unirentur  cum  hoc  quod  eisdem  canonicatibus  et  pi  aîbendis  per 
aliquos  ex  ipsis  clericis  ii  ninjori  eorum  parte  eligeiidos  et 
nominandos  desorviretur  ac  ipsis  decedeiitibus  alii  sic  eligendi 
et  iioininaïuli  slaiim  eo  ipso  in  eorum  locum  subrogati  censé- 
rentur  ac  demum  uni  de  parochiali  ecclesia  loci  de  Villari- 
Episcopi  Leodiensis  diœcesis  et  aliis  duobus  clericis  dicta:- 
congregationis  de  quibusdam  tune  expressis  capellaniis  aut 
aliis  beneticiis  ecclesiasticis,  quamprimum  illa  vacare  contin- 
geret,  provideretur  illorumque  omnium  fructus,  distribuiiones 
et  émolument;!  qnjiccumquein  communem  congregationis  hujus- 
modi  ulilitatem  applicarentur  ;  iidem  clerici  his  et  aliis  tune 


expressis  pactis  mediantibus  eorum  loco,  domui  et  habitationi 
ad  exlruendum  collegium  dictae  Societatis  cédèrent ,  et  deinde 
Sede  apostolicà  desuper  consulta  dicta  conveniio  et  in  ea 
contenta  per  illam  approbata  et  confirmât;!,  denique  clerici  ad 
œdes  sibi,  ut  prœfertur,  assignnias  irnnslati  ac  insuper  dicti  duo 
cnnonicatus  et  lotidem  pra3bendae  prœtactœ  congregationi  juxla 
pra3scriptura  dictée  conventionis  apostolicà  auctoritate  uniti  per- 
petuo  fuerunt.  Cùm  autem,  sicut  eadem  petitio  subjungebat 
temporis  successu  omnes  clerici  prgedicti,  quatuor  dumtaxat 
exceptis,  quorum  duo  ruri  apud  parochiales  ecciesias  seu  alibi 
morantur  ex  aliis  vero  duobus  unus  in  S.  Pauli  alter  in  S.  Dio- 
nysii  ecclesiis  prœdiclis  canoniealus  et  prgebendas  obtiuent,  è 
vivis  decesserint,  nullique  amplius  hujus  congregationis  secta- 
lores  reperiantur,  sed  ipsam  congregationem  poslobitum  horum 
quatuor  superstitum  clericorum  qui  eliam  provectioris  setatis 
sunt  penitus  exlinctam  iri  manifesté  appareat  et  exindè  eveniat 
ut  dicli  quatuor  clerici  superstites  missas,  anniversaria  aliasque 
piarum  fundationum  obligationes  ab  eis  ratione  bonorum  prae- 
dictorum  débitas  ob  exiguum  eorum  numerum  et  seu  (?)  sepa- 
ratam  ipsorum  babitationem  ac  propriae  ecclesise  carentiam  am- 
plius persolvere  non  valeant,  et,  si  jedes  per  dictos  clericos 
inhabitatae  seu  ad  quas  ipsi,  ut  prsefertur ,  translati  fuerunt  quae 
non  procul  a  dicta  ecclesia  S.  Pauli  sitse  sunt  cum  omnibus  et 
singulis  annuis  censibus,  redditibus,  provenlibus ,  domibus 
cœterisque  bonis  stabilibus  ad  praedictam  congregationem  quo- 
modolibet  spectantibus,  reservatis  lamen  eisdem  clericis 
superstitibus  illorum  usu  et  fructu,  mensae  capitulari  ejusdem 
ecclesiae  S.  Pauli  in  quà  duo  ex  dictis  clericis  uti  canonici 
resederunt  et  unus  eorum  qui  superior  seu  pater  dictse  congre- 
gationis dicebatur  sepultus  est  cum  boc  quod  capitulum  et 
canonici  praefati  anniversaria,  preces  et  quasvis  alias  piarum 
fundationum  obligationes  ad  quas  congregatio  et  clerici  prgedicti 
quomodolibet  tenenlur  et  obligati  cxistunt  in  se  ex  nunc 
suscipere  hujusmodique  onus  subire  debeant,  perpetuo  appli- 


-  230  — 

carentur  et  appropriarentur,  ex  hocprofecto  piorum  fundatorum 
voluatatibijs  salisfieret  acilloruiii  aiiimaruin  ret'rigerio  et  saluii 
consullum  foret,  cultusque  divinus  iii  praetactâ  ecclesia  S.  Pauli 
incremeiilum  susciperet.  Quare  pro  parle  capituli  et  caiionico- 
rum  ac  clericorum  prœdictorum  asserentium  fi  uctus,  redditus, 
proventus  aîdium,  domorum,  censuum  et  aliorum  bonorum 
stabilium  eongregaiionis  hujusmodi  ceiilum  et  sexagin'a  duca- 
torum  auri  de  caméra  secunduin  communem  œslimationem 
valorem  aniiuum  non  excedere,  nobis  fuit  humiliter  supplicatum 
praedictas  a3des,  domos,  census,  redditus,  proventus  et  alla  bona 
stabilia  eongregaiionis  hujusmodi  proefatse  mensse  perpetuo 
applicare  et  appropriare  ac  alias  in  praemissis  opportune  pro- 
videre  de  benigniiate  aposfolica  dignaremur.  Nos  igitur  qui 
dudum  inler  alia  voluimus  quod  petentes  benelicia  ecclesiastica 
aliis  uniri  lenereiitur  exprimere  verum  annuuui  valorem  etiam 
beneficii  cui  aliud  uniri  peteretur,  alioquin  unio  non  valeret 
ac  idem  observaretur  in  quibusvis  perpetuis  concessionibus, 
dismembraiionibus  et  applicaiionibus  etiam  de  quibuscumque 
fructibus  ac  bonis  ecclesiasticis  ac  etiam  in  confirmationibus 
unionum,  singularumque  dispositionum  hujusmodi,  certam 
de  praemissis  notitiam  non  habentes  ac  singulares  personas 
capituli  et  canon icorum  necnon  clericorum  praedictorum  a 
quibusvis  excommuiiicationis,  suspensioiiis  et  inlerdicti  aliisque 
ecclesiasticis  sententiis,  censuris  et  pœnis  à  jure  vel  ab 
homine  quàvis  occasione  vel  causa  latis,  quibus  quomodolibet 
innodalaî  existunt  ad  efïectum  praosentium  dumiaxat  conse- 
quendum  harum  série  absolventes  et  absolutas  fore  censentes, 
necnon  quarumcuinque  aliarum  unionum  ,  annexionum,  incor- 
poralionum  et  applicalionuni  dicue  mensas  hacienus  quomo- 
dolibel  factaruin  lenores,  necnon  ledium,  domorum  et  aliorum 
bonoium  hujusmodi  situationes,  confines,  qualitates.quanlitates, 
vocabuia  et  denominationes  praiseniibus  pro  expressis  habentes, 
hujusmodi  supplicatioiiibus  inclinati  discrelioni  tua3  per  apos- 
folica scripta  raandamus  quatenus  vocatis  qui  fucrint  evocaudi 


-  :231  - 

de  prgemissis  te  diligenter  informes  et,  si  par  informalionem 
hujusmodi  ita  esserepereris,aedes  ad  quas  dicli  clericitranslati 
fuerunt,necnon  annuos  census,  redditus,  proventus,  domos  ac 
omnia  et  siiigula  alia  boiia  slabilia  ad  eamdem  congregationem 
quomodolibet  spectantia ,  reservalis  tamen  eisdem  clericis 
superstitibus  illorum  usu  et  fi'uclibus,  donec  ipsa  congregatio 
duraverit  et  penitus  extincta  vel  alias  desuper  hincinde  amica- 
biliter  conventum  fuerit,eidenimens8ecapilulari  unitas  italameii 
ut  cum  hoc  quod  prgedicti  capitulum  et  cancnici  aniiivorsaria, 
preces  etquasvis  abas  piarum  fundalionumobbgationes  ad  quas 
congregatio  et  clerici  praedicti  quomodolibet  tenentur  et  obli- 
gaii  existant  onusque  illa  et  illas  celebrandi,  recitandi,  exone- 
randi  et  adimplendi  in  se  ex  nunc  suscipere  ec  statim  habita 
per  eos  prsesentis  gratiae  notilià  hujusmodi  onus  subire  et 
deinceps  perpetuis  futuris  temporibus  exequi  et  adimplere 
leneautur  et  obligati  sint,  liceatque  eisdem  capitulo  etcanonicis 
ob  banc  causam  per  se  vel  alium  seu  alios  eorum  dictai'que 
mensse  nominibus  (?)  censuum  et  singulorum  bonorum  hujus- 
modi possessionem  propria  auctoritate  libère  eliam  ex  nunc 
apprehendere  ac  deinceps  perpetuo  retinere,  necnon  post- 
quam  eorum  fructuum  reservatio  hujusmodi  cessaveril  seu 
extincta  vel  alias  desuper  hinc  inde  amicabiliter  conventum 
fuerit,  ut  praet'ertur,  bona  ipsa  locare,  dislocare  et  arrendare, 
eosdemque  fruclus,  ledditus  et  proventus  intègre  percipere, 
exigere  et  levare  ac  imprimis  et  ante  omnia  in  executionem  et 
adimplemenlum  oneris  per  eos  ralione  diclorum  bonorum 
subeundi  ac  deinde  si  quid  residuum  fuerit  illud  omne  in 
augmentum  distributionum  quotidianarum  inter  praesentes  et 
divinis  interessentes  repartiendiarum  et  non  alias  convertere 
cujuscumque  licenlia  desuper  minime  requisita  auctoritate 
nostra  perpetuo  applices  et  appropries,  non  obstantibus  priori 
voluntate  nostra  et  aliis  pigeuiissis  ac  Lateranensis  concilii 
novissime  celebrali  uniones  perpétuas  nisi  in  casibus  à  jure 
permissis  tieri  prohibentis  aliisque  constitutionibusetordinatio- 


—  232  - 

nibus  npostolicis,  necnon  ecclesiaî  S.  Pauli  et  congregafionis 
prœdiclarum  juramento  confirmatione  apostolica  vel  quavis 
tîrmitate  alias  roboraio,  staïutis  et  consuetudiiiibiis  cseterisque 
contrariis  quibuscumque.  Datum  Roma3  apud  S.  Petrum  aiiiio 
incarnaiionis  Domiiiicae  miliesimo  quingentesimo  noiiagesimo 
quinto  decimo  caleiidas  aprilis  pontilicatus  nostri  anno  quiiilo. 


L'HOPITAL 


S    MATTHIEU  A  LA  CHAINE. 


Documenta  historiques. 


25  janvier  1204.  —  Le  légat  Guy,  évêque  de  Palestrine 
approuve  la  fondation  de  Simon,  et  confirme  l'hôpital  dans  ses 
biens  (i). 

22  novembre  1207.  —  Anno  Domini  M.CC.VII  obiit  XXII  die 
mensis  novembris  bonae  mémorise  dominus  Galterus  decanus 
et  abbas  Sanctse  Marige  de  ecclesia  Leodiensi  qui  instituit  in 
dicta  ecclesia  X  canonicos  in  honore  Beati  Materni,  ac  fundator 
hujus  hospitalis.  Anima  ejus  requiescat  in  pace. 

28  mars  1231.  —  Le  pnpe  Grégoire  IX  confirme  la  juridiction 
du  chapitre  de  Saint-Lambert  sur  l'hôpital  de  la  Chaine  (2). 

4  mars  1253.  —  Le  pape  Alexandre  IV  prend  l'hôpital  sous  sa 
protection  ;  il  ordonne  que  l'ordre  régulier  de  S.  Augustin  y 
soit  maintenu  à  perpétuité  ;  il  confirme  toutes  les  possessions 
de  l'hôpital;  il  exempte  ses  terres  novales  (3)  de  la  dîme;  il 
l'autorise  à  recevoir  des  novices  ;  les  religieux  ne  pourront 
quitter  la  communauté,  sans  la  permission  du  prieur,  que  pour 
passer  à  un  ordre  plus  sévère  ;  en  temps  d'interdit,  ils  ne  seront 
pas  obligés  de  l'observer  ;  on  ne  pourra  construire  une  chapelle 

(-1)  Daris,  Notices  sur  les  églises  de  Liège,  t.  I,  p.  13. 

(2)  Ibidem,  p.  45. 

(3)  Nouvellement  mises  en  culture. 


—  234  — 

ou  oratoire  dans  le  voisinage  sans  leur  consentement  et  celui 
de  l'évêque  ;  l'hôpital  est  autorisé  à  avoir  un  cimetière  où 
ciiaque  fidèle  pourra  élire  sa  sépulture  ;  h  la  mort  du  prieur,  les 
frères  éliront  son  successeur, 

30  juillet  1263.  Le  pape  Urbain  IV  donne  à  l'hôpital  un  bref 
de  protection  en  tout  semblable  h  celui  d'Alexandre  IV. 

5  oct.  1340. — Règlement  de  l'hôpital  approuvé  par  leprince- 
évêque,  Adolphe  de  la  Marck. 
Nous  en  transcrirons  quelques  points. 
«  Nulles  professes,  ne  professe,  ne  familiares,  ne  familiare, 
maiement,  tant  que  familiares  ou  familiare  sera  en  dit  hospital 
nayet  rien  de  propre,  ne  nelle  warde,  en  quoy  que  ce  soit... 

»  En  après ,  entour  le  nombre  des  famihares  ,  femmes  et 
hommes,  leurs  eages  et  conditions  que  on  doit  au  dit  hospital 
recepvoir  et  mettre,  ne  covient  riens  muweir,  ors  anchois  y 
doibt-ons  sauver  et  wardeir  lusaige  anchien,  cest  assavoir  qu'il 
y  aiet  douze  hommes  et  treiigt  six  femmes,  familiares,  tant 
seulement,  et  ne  soit  nulle  personne  mariée  rechutte  a  nulle 
ostaige,  délie  dite  maison  et  ny  soit  recheu  nulle  homme  a 
familiaer  sil  nat  trengt  ans,  et  nulle  femme  a  familiare  ou  a 
sereur  sel  nat  quarante  ans  accomplis  de  son  eage. 

»  Et  tant  que  au  nombre  des  frères  et  des  sereurs  que  au  dit 
hospital  doient  e.stre  professes  selon  la  règle  Saint  Augustin, 
avons  ossi  ordonné  que,  pour  le  divine  office  augmenter  et 
aidier,  a  ly,  en  l'administration  del  prieu  espirituels,  soient 
deulx  frères  prestres  professes  sens  le  prieu,  syex  frères  laies 
professes  et  quattre  sereurs  professes ,  desquelles  sereurs 
professes  lune  serra  députée  a  maiestre,  qui  arrat  lantoist  après 
le  prieux,  nient  tant  seulement  la  cure  de  corregier  les  excès 
legiers  des  femmes,  mains  la  cure  ossi  d'administrer' benigne- 
ment  aux  personnes  du  dict  hospital  maiement  ileawes  et 
malaides  de  quant  que  nécessite  leurs  serra..  » 

21  avril  1384.  —  Règlement  donné  par  le  prévôt  Jean  Gielis  et 
le  doyen  Henri  de  Lonchins  pour  remédier  h  quelques  abus. 


-  :235  — 

On  y  voit  que  les  liommes  et  les  femmes,  appelés  familiers,  qui 
n'étaient  point  proies  ,  devaient  suivre  aussi  la  règle  de  S. 
Augustin  et  observer  les  trois  conseils  évangéliques  d'obéissance, 
de  pauvreté  et  de  chasteté.  Ils  portaient  un  costume  religieux, 
fourni  par  l'hôpital. 

11  septembre  1433.  —  Mort  du  prieur  Jordain  de  Fumo.  Les 
frères  profès  Nicolas  de  Combien,  Eustache  de  Hane  et  Denis 
Brunet  et  les  sœurs  professes  Oda  de  Rupe,  Juetta  de  Crenvvyck 
et  Beatrix  de  Sarto,  postulèrent  pour  prieur,  au  Nonce  Julien, 
Pierre  de  Valle  de  Verlenez,  prêtre  séculier,  habitant  l'hôpital. 

3  mars  1460.  —  iMort  du  prieur  Baudouin  de  Dono  Martini. 
Les  frères  profès  Jean  de  Roloux,  Jean  Roye  et  Jean  Mathei  et 
les  sœurs  professes  Catherine  de  Salmon  et  Catherine  Bonem 
postulèrent,  pour  prieur,  au  pape  Pie  II ,  Henri  de  Seraing-le- 
Chàteau,  maître  es  arts,  liceiuië  en  droit. 

1468.  —  A  la  prise  de  la  ville  de  Liège,  l'hôpital  fut  pillé;  les 
dépots  qu'y  avaient  fait  Eustache  de  Strealez,  éciiyer,  et  d'autres 
citoyens  furent  enlevés;  le  prieur  Nicolas  de  Veteri-Vineto  fut 
pris,  le  lundi,  lendemain  de  la  prise  de  la  ville,  emmené  et  mis 
dans  une  forteresse  près  de  la  ville  de  Cambray  où  il  resta  pen- 
dant près  de  deux  mois.  Eustache  de  Strealez  calomnia  le  prieur 
en  l'accusant  d'avoir  conservé  et  volé  son  argenterie  déposée  à 
l'hôpital.  Le  prieur  le  cita  devant  l'Otficial  le  23  juin  1477. 
Celui-ci  condamna  le  calomniateur,  le  31  oct.  1478,  à  un  pèleri- 
nage h  Rome  et  à  un  autre  à  Compostelle. 

30  juillet  1553.  —  Jean  de  Lymborch,  prieur  de  l'hôpital  de 
laChaine,  est  emmené  captif  à  Huy  et  enfermé  dans  le  fort. 
Le  31  juillet,  les  frères  Amelius  et  Servatius  et  les  sœurs 
Catherine  de  Clermont,  Marguerite  de  Sart  et  Agnès  de  Lym- 
borch lui  élurent,  pour  remplaçant  provisoire,  François  de 
Lymborch,  chanoine  de  S.  Martin,  son  frère. 

XVP  siècle.  —  Règlement  de  l'hôpital.  Nous  en  transcrirons 
quelques  points  : 

In  domo  sive  hospitali  Sancli  Matthaei  apostoli  ordinis  S. 


—  236  — 

Augustin!  vulgariter  dicti  ad  Cathenam  in  civitate  Leodiensi 
debent  esse  unus  prior  et  sex  l'ratres  et  quatuor  sorores  et 
tenentur  vovere  tria solemn la  vola,  scilicet,castilatis,paupertatis 
et  obedientiae  et  juxta  regulam  S.  Augustini  vivere  et  profiteri; 
et  adliuc  duodecim  familiares  et  plures  begultae. 

Prior  sive  administrator  dicli  hospitalis  débet  eligi  ex  cano- 
nicis  S^'  Materni  aut  parvae  aiensae  aut  ex  capelianis  ecclesiae 
Leodiensis  per  fralres  et  sorores  dicti  hospitalis. 

Quum  begutta?  recipiuntur  ad  prsebendam  domus  diclaî  aut 
quumfratres  aut  sorores  debent  facere  professionem,  tune  prior 
débet  ceiebrare  summam  missam  et  illis  imponere  habitum  et 
ab  istis  recipere  tria  vota,  videlicet,  castitatis,  paupertatis  et 
obedientiaî. 

Deficientibus  fratribus,  debent  assumi  ex  duodecim  familia- 
ribus  dicli  liospitalis  qui  sint  ex  legitimo  tlioro  procreati  et  non 
aliter  quantum  (?)  ad  fVatres  el  sorores  per  priorem,  interve- 
niente  consensu  fratrum  et  sororum  tune  temporis  exislen- 
tium.  Et  similiter  de  sororibus  quse  debent  assumi  ex  beguttis 
annorum  vigiiiti  quatuor  ad  minus  et  scientes  légère  horas  more 
domus  et  omni  die,  praelerquam  in  die  Pasclise,  vigilias 
mortuorum  légère  tenentur. 

Fratres  dicti  hospitalis  et  sorores  in  solidum  habent  potes- 
tatem  eligendi  priorem,  uno  defunclo. 

Sex  capellani  debent  coniinuo  esse  et  habitare  in  dicto  hos- 
pilali  qui  debent  singulis  diebus  decanlare  canonicas  horas  in 
ecclesia  dicti  liospitalis  et  tractum  sicuti  in  ecclesia  S.  Lamberti 
Leodiensis,  quibus  horis  tam  nocturnis  quam  diurnis  débet 
adesse  prior  cum  fratribus  et  familiaribus  dictae  domus. 

Similiter  priorissa  cum  sororibus  et  beguttis  débet  adesse  in 
ip.sarum  oratorio  dum  cantantur  horœ  et  celebrautur  missse  in 
ecclesia  dicti  hospitalis. 

Et  in  dicto  hospilali  debent  quotidie  celebrari  très  missœ. 

Adhuc  in  qualibet  seplimana  debent  legi  per  pra3dictos 
cupellanos  très  missae. 


—  237  — 

Capellani  debent  habere  salarium  competens  et  quando 
perseveraverunt  spatio  duorum  annorum  et  fidebter  servierunt 
debent  habere  unam  tunicamde  bonopanno  ultra  alia  accidentia. 

Prior  non  débet  recipere  infamiliaremaliquemvelin  beguttam 
aliquam  sine  scitu  et  consensu  fratrum  et  sororum  et  priusquam 
admittatur  débet  probari  per  dimidium  annum  ad  minus,  nisi 
alias  légitime  constetde  suis  probis  moribus  et  vita. 

In  dicto  hospitali  débet  esse  una  libraria  ad  opus  et  instruc- 
tionem  presbyterorum,  fratrum  et  aliarum  personarum. 

In  refectorio  debent  esse  très  menssG  —  una  pro  priore  et 
sacerdotibus  cum  tenentibus  in  solemnibus  diebus,  et  prior 
quocumque  lempore  cum  suis  sacerdotibus  comedere  débet  ; 
et  si  supervenerint  religiosi  aut  viri  ecclesiastici  et  contingat 
illos  ibi  prandere  aut  cœnare,  debent  priori  et  suis  sacerdotibus 
assidere  —  et  altéra  erit  mensa  fratrum  quibus  debent  assidere 
honesti  et  probi  viri,  si  qui  slnt  in  domo  pransuri  aut  cœnaturi 
—  et  tertia  mensa  familiarium. 

Quolibet  die  debent  tractari  honesle  et  decenler  presbyteri, 
fratres,  familiares,  et  sorores  cum  begutlis  in  victu  ciborum  et 
potu  cerevisiœ,  debelque  quilibet  habere  in  prandio  unum  par 
panis  albi  dicti  vulgariter  une  pairet  de  loye  et  in  cœna  dimidie- 
tatem  et  praeterea  cinericeos  panes  ponere  super  mensam. 

Presbyteri  et  fratres  debent  singulis  dominicis  diebus,  feriis 
tertiis  et  quinlis  habere  portionem  vini,  videlicet,  in  prandio 
unam  pintam  vini  et  familiares  unam  tertiam  partem  quarta3 
vini.  Sorores  similem  portionem  vini  habebunt  sicut  fratres,  et 
begultse  sicut  familiares. 

Prior ,  fratres  et  sorores  debent  recipere  familiares  et 
beguttas  gratis  et  propler  Deum,  salvis  juribus  receptionis, 
videlicet,  duodecim  florenos  aureos  distribuendos  more  solito 
et  consueto.  Et  ipsi  aut  ipsse  recepti  debent  esse  ex  legitimo 
thoro  procreati ,  sano  corpore  ,  liberi  ab  omni  vinculo  seu 
obligatione  rerum  sœcularium  et  praestare  debent  dicti  familia- 
res et  beguttae  in  ipsorum  receptione  juramentum  obedienlii© 


—  238  — 

priori,  si  priori  et  convenlui  ulriusque  sexus  placet  ;  quia 
provisio  diclœ  domus  non  débet  vendi  sub  gravi  pœna,  nam 
fundator  domus  maledixit  vendentibus  ,  dans  illis  porlionem 
in  inferno  cum  Juda. 

In  dicto  hospitali  debent  esse  viginli  quatuor  camerae  ad 
usum  capellanorum,  fratrum  et  familiarium. 

In  dicto  hospitali  esse  débet  una  caméra  instructa  tribus  aut 
quatuor  leclis  ad  hospitandum  hospiles  et  consimiles  superve- 
nienles. 

In  colonia  in  Avroto  sita  débet  esse  unus  familiaris  et  una 
begutia  cum  una  aut  duabus  auciliis  ,  si  necesse  fuerit,  ad 
providendum  pecoribus,  putabobus,  vacciset  id  genus  similibus 
ad  usum  dicti  iiospitalis  ibidem  ;  possint  quoque  ibidem 
ssepissime,  post  divina  celebrata,  capellani,  fratres,  familiares 
soient  pro  recreatione  accedere  et  sororcs  et  begutt£e  pro  suis 
negociis. 

Ex  wassondio  quod  recipilur  in  Mettecoven  et  Malaxlie  dari 
débet  singulis  ^eptimanis  iii  eleemosyna  ad  junuam  dicti  hospi- 
talis  duodecim  sextaria  wassendii,  videlicei,  t'eriis  secunda, 
quarta  et  sexta,  ultra  reliquas  mensuras. 

Si  contingat  colonos  colouiarum  de  Malaxhe,  Fexhe,  Prealle, 
Mettecoven  viduos  esse  et  in  necessitaie  constitui,  debenl  siipsi 
velint  in  dicto  hospitali  recipi  ad  familiares  et  quibusvis  aliis 
personis  pr?eferri;et  simililer  de  eorum  uxoribus.Et  si  Ibrsitan 
aliunde  maluerint  religiose  protlîeri  debent  adjuvari.  Et  si  prœ- 
dicti  coloni  aut  illorum  relictœ  habuerint  filios,  debent  ibideni, 
si  velint,  aut  ad  serviendum  autad  visitandum  scohis  admitli;si 
filias  habuerint,  si  velint  in  dicto  hospitali  religiose  profileri, 
debent  admitti;  et  si  aliunde  maluerint  profiteri  debent  adjuvari 
de  bonis  dicti  hospitalis. 

Prior  et  conventus  dicti  hospitalis  consuev^rnnt  très  vel  qua- 
tuor juvenes  dictorum  coloiiorum  |)au|)erum  aut  alios  très  aut 
quatuor  pauperes  jiivcnes  legitimos  interlenere  causa  studii  in 
domo  Fratrum  Leodiensium  scilicet  habentes  et  dantes  ipsis 


^39 


pauperibus  expensas  aut  portionem  necessariam  ex  bonis  dicti 
hospilalis,  et  postea,  si  ad  cœnobium  allquod  veliiit  accedere, 
adjuvari  debent  aut  in  matricularium  aut  capelianos  dicti  hos- 
pilalis recipi,  et,  si  illos  contigerit  ad  universitatem  accedere 
causa  studii  etiam  in  aliquo  adjuvari  debent  de  bonis  dicti 
hospitalis. 

La  série  des  prieurs  de  l'hôpital  n'est  pas  bien  connue.  Nous 
avons  trouvé  les  noms  des  prieurs  suivants  : 

Frafer  L.  prier,  cité  en  1236. 

Arnold  Danielis,  nommé  prieur  par  Boniface  IX  (1389-1404). 

Arnold  de  Montenacken,  cité  en  1399. 

Jordan  de  Fumo,  mort  en  1433. 

Pierre  de  Valle  de  Verlenez,  nommé  en  1433. 

Baudouin  de  Doiwmartini,  nommé  en  1455  et  mort  en  1460. 

Henri  de  Seraing-le-Château,  nommé  en  1460. 

Nicolas  de  Vivegnis,  cité  en  1468. 

Jules  II  (1503-1513)  confirme  réleclion  d'Albert  de  Limborch. 

Paul  III  (1534-1549)  confirme  l'élection  de  Jean  de  Limborch. 

Gilles  Virginis,  cité  en  1559. 

Roland  Ruitz,  curé  de  Mettecoven,  élu  en  1579. 


LOUIS    XiV 


ET 


.E   MARQUISAT   DE   FRANCHI  MONT 


Le  marquisat  de  Fraiichimont,  possession  liégeoise  enclavée 
entre  la  principauté  de  Stavelol  et  les  duchés  de  Limbonrg  et 
de  Luxemboui'g,  ne  fut  pas  épargné  par  les  guerres  conti- 
nuelles (|ui  agitèrent  le  XVIP  siècle.  Taniôt  un  parti  militaire, 
tantôt  des  troupes  en  marche  mettaient  :^  contribution  ses 
habitants,  se  faisant  héberger  par  eux  ou  les  rançonnant,  iieu- 
reux  encore  si  l'étranger  ne  ravageait  pas  le  pays  en  le 
livrant  au  pillage  el  aux  rapines.  Les  chefs  promettaient  leur 
appui  aux  administrations  magistrales  qui,  pour  captiver  la 
bienveillance  des  généi'aux,  étaient  obligées  de  leur  offrir  des 
présents  de  toutes  sortes. 

Chaque  page  des  archives  communales  de  l'époque  contient 
des  recès  du  magistrat  autorisant  les  bourgmestres  à  faire  des 
doi.alifs  soit  aux  Impériaux,  soit  aux  Français,  donatif's  con- 
sistant en  espèces,  en  vins,  en  gibier,  même  en  haut-de 
chausses,  etc.,  pour  éviter  des  logements  militaires  ou  la  four- 
niture de  rations  trop  considérables.  Souveiit  les  avides  ofli- 
ciers  ne  se  contentaient  pas  des  cadeaux  qu'on  leur  envoyait  : 
on  n'obtenait  leur  bienveillante  protection  que  moyennant  tel 
ou  tel  objet  qu'ils  désignaient. 

Loi^squ'une  communauté  était  en  retard  de  présenter  son 


—  241  — 

offrande,  les  commandants  avaient  soin  de  lui  faire  sentir  soit 
directement,  soit  par  un  tiers,  qu'ils  recevraient  avec  plaisir  ce 
que  la  générosité  du  magistrat  lui  permettrait  de  leur  offrir 
et  ordinairement  ils  indiquaient  en  quoi  le  don  devait  consister. 

Le  gouverneur  du  marquisat  de  Franchimont,  Ferdinand 
comte  de  Lynden,  n'était  pas  sans  appréhension  ;  il  craignait 
un  coup  de  main  de  l'un  des  belligérants  contre  Theux,  chef- 
ban  du  marquisat.  Il  ordonna  donc  aux  bourgmestres  d'entourer 
le  bourg  de  barrières  et  de  palissades.  Elles  furent  construites 
en  1652  et  1653,  et  les  murs  couverts  de  gazons  l'an  1654.  Mais 
les  boiseries  étant  pourries  (1660  ),  le  comte  de  Lynden  autorisa 
le  magistrat  II  vendre  le  bois  qui  en  provenait,  l'exhortant  à  le 
remplacer  par  un  nombre  suffisant  de  cortines. 

Le  3  juin  1667,  le  gouverneur  écrivit  de  nouveau  au  magis- 
trat pour  lui  ordonner  de  réparer  les  barrières  et  les  palissades 
qui  défendaient  le  bourg  de  Theux.  Les  bourgmestres  comman- 
dèrent alors  deux  compagnies  de  la  milice  du  ban  pour  exécuter 
les  réparations  (  i). 

La  paix  de  Westphalie,  signée  ii  Munster  le  24  octobre  1648, 


(  1  )  Archives  do  Tlicux.  —  Anlérieurement  à  cette  diile,  Thoiix  était  muni  à  ses 
extrémités  de  tours  qui  servaient  de  foitifications  avec  des  murs  couverts  de  terre 
et  de  gazon.  Recèsdu  magistrat,  du  li  août  1630. 

La  milice  du  ban  de  Theux  comprenait  quatre  compagnies  composées,  suivant 
la  proclamation  du  24  octobre  1658,  de  : 

i"  Le  quartier  du  bourg  de  Theux  joindant  derier  à  la  rivier  avec  ses  appendices 
qui  sont  de  la  compagnie  du  S''  Lirabourg,  Juslenvilie,  Pepinster,  Mangombroux, 
Oneux,  Spiexhe  et  Framxhifax  ; 

:2o  Le  quartier  du  bourg  de  Theux  regardant  du  costé  de  l'église  avec  ses  appen- 
dices qui  sont  de  la  compagnie  Aristote,  Jevoulmont,  Hodboumont ,  Mont,  Ronde- 
haye  et  allenthour  ,  Tancréniont  et  Chaitifonlaine  ; 

3"  La  Rei(i,  Becco,  Winanplanche,  Desné,  Marliau  et  Hestroumonl  et  toutes  leurs 
appendices  ; 

4°  l'oUeur,  Jehansler,  Pays,  Sassure  et  Sasserotte  et  leurs  appendices.  Arch.  de 
Theux. 

Plus  tard  les  compagnies  prirent  le  nom  :  la  première  de  compagnie  Colonelle  ; 
la  2'^  de  compagnie  Fraipont,  du  nom  de  son  capitaine,  Fraipont  de  Wislez  ;  la 
3*  de  compagnie  La  Reid,  et  la  4'"  de  compagnie  de  Polleur. 


242 


entre  l'Empire  et  la  France,  sembla  mettre  lin  à  la  guerre.  L'em- 
pereur abandonnait  à  la  France  : 

1"  La  suprême  seigneurie,  les  droits  de  souveraineté  et  tous 
autres  sur  les  évêchés-principautés  impériales  de  Metz,  Toul  et 
Verdun,  et  sur  toute  l'étendue  de  ces  évêchés  déjà  soumis  et 
incorporés  à  la  couronne  de  France; 

2"  Pignerol  ; 

3"  La  ville  de  Brisac  avec  la  haute  et  basse  Alsace,  etc. 

L'Espagne  n'étant  pas  comprise  dans  le  traité  de  Munster,  il 
fut  stipulé  que  le  différend  touchant  la  Lorraine  serait  soumis  à 
des  arbitres  ou  terminé  par  un  traité  entre  la  France  et  l'Es- 
pagne (  i). 

Les  hostilités  continuèrent  donc  entre  ces  deux  dernières 
puissances  jusqu'à  la  signature  du  traité  des  Pyrénées,  conclu 
le  7  novembre  1659,  par  lequel  l'Espagne  vaincue,  cédait  une 
partie  de  son  territoire  belge,  notamment  les  villes  de  Thion- 
ville,  Montmédy,  Dampvillcrs,  Yvoix-Carignan ,  Marville  et 
Chavancy-le-Cbàtcau,  appartenant  au  duché  de  Luxembourg  (2). 

La  paix  ne  fut  pas  de  longue  durée;  elle  devint  seulement 
définitive  après  le  traité  de  Nimègue,  signé  le  17  septembre 
1678.  Le  nouveau  traité  confirmait  ceux  de  Munster  et  des 
Pjrénées;  TEspagne  abandonnait  encore  à  son  redoutable 
ennemi  une  partie  notable  de  ses  possessions  belges,  perdues 
à  jamais  pour  la  Belgique,  à  l'exception  de  quelques  villes  fla- 
mandes qui  lui  tirent  retour. 

Les  pays  occupés  par  les  Français  pendant  la  guerre  et  dont 
la  restitution  n'avait  pas  été  expressément  stipulée  dans  le 
traité  de  Nimègue,  devinrent  fobjet  des  prétentions  de  la 
France. 

Louis  XIV,  dans  le  but  de  rechercher  quelles  avaient  été  dans 
les  temps  antérieurs  les  dépendances  de  l'Alsace  et  des  évêchés 

(  1      Bougeant,  Hi%inlre  du  Traité  de  \Vexii>hnlie.^  t.  Ill,  [).  5o(l. 

1  "1  )  Marcelin  Lagardc,  Histoire  du  duché  de  Lu.Tembourg,  l.  II,  p    I6"2. 


—  243  — 

de  Metz,  Toul  et  Verdun,  lui  cédés  en  1648,  établit  en  1679  à 
Metz  et  à  Brisac  (  i  )  des  chambres  royales  dites  chambres  de 
réunion.  «  Il  cita  devant  ces  tribunaux,  dit  l'abbé  de  Gondillac, 
dans  son  Cours  d'étude  pour  l'instruction  du  prince  de  Parme  (2), 
plusieurs  princes  allemands.  Il  les  somma  de  lui  rendre  plu- 
sieurs terres,  sur  lesquelles  il  formoit  des  prétentions;  et  sur  les 
décisions  de  ses  propres  sujets,  il  se  saisit  de  tout  ce  qui  étoit 
à  sa  bienséance.  Quelques-unes  de  ses  prétentions  pouvaient 
être  fondées  :  mais  après  que  le  traité  de  Nimègue  paroissoit 
avoir  terminé  tous  les  différends,  il  faut  convenir  que  cette 
manière  de  se  f.iire  justice  étoit  odieuse;  et  elle  le  devenoit 
davantage  par  l'insolence  des  magistrats  qui  composoient  ces 
tribunaux.  » 

La  Chambre  royale  de  Metz,  formée  des  officiers  de  la  cour 
et  parlement  de  cette  ville  déclara  : 

Que  le  comté  de  Chiny ,  ancienne  possession  luxembour- 
geoise, est,  avec  ses  appartenances  et  dépendances,  une  sei- 
gneurie qui  a  toujours  été  sous  le  sauvement  delà  France  et 
régie  par  la  loi  et  coutume  de  Beaumont  en  Argone  ; 

Que  c'est  un  fief  lige  mouvant  du  duché  de  Bar; 

Qu'il  a  été  obligé  et  tenu  de  tout  temps  de  prendre  la  loi  h 
Montmédy,  ville  annexée  à  la  France  par  le  traité  des  Pyrénées, 
confirmé  par  celui  de  Nimêgue. 

Une  déclaration  royale  datée  de  Versailles,  le  17  octobre 
1680,  chargea  la  Chambre  de  Metz  de  recevoir  la  foi  et  l'hom- 
mage des  vassaux  des  trois  évéchés  dans  les  deux  mois  de  la 
pubUcation  de  ses  arrêtés. 

La  publication  concernant  le  comté  de  Chiny  y  fut  laite  le  31 
octobre  1680. 

Il  est  vraisemblable  que  les  habitants  des  pays  annexés  mirent 


(  1  )  A  Metz,  à  Brisac,  â  Besançon  et  a  Tournay.  M.  A.  J.  Namèche,  Cours  abrégé 
de  l'Histoire  nationale,  t.  II,  p.  409. 
:;2)  Parme,  1775,  t.  XIV,  p.  893. 


244 


peu  d'empressement  à  faire  leur  soumission,  car  pour  les  y 
résoudre,  le  roi  Louis,  par  une  nouvelle  déclaration  donnée  à 
Versailles  le  9  mai  1681,  continue,  confirme  et  approuve  tous  et 
chacun  les  privilèges,  franchises,  immunités,  libertés,  exemp- 
tions, pouvoirs  et  facultés  des  ecclésiastiques,  nobles  et  gens 
du  tiers-élat,  communautés  tant  séculières  que  régulières  du 
comté  de  Ghiny,  villes,  bourgs,  villages,  hameaux,  châteaux  et 
maisons  qui  en  dépendent,  h  la  condition  qu'ils  lui  rendent  dans 
le  délai  fixé  le  17  octobre  1680,  les  foi  et  hommages  lui  diis  en 
sa  qualité  de  souverain. 

Les  investigations  de  la  Chambre  royale  de  Metz  la  condui- 
sirent à  reconnaître  que  le  marquisat  de  Franchimont  avait 
anciennement  fôit  partie  du  comté  de  Chiny.  Il  devait  donc, 
conformément  ;iux  traités,  faire  retour  à  la  couronne  de  France, 
et  les  arrêts  et  déclarations  prérappelés  lui  étaient  applicables. 

Ces  prétentions  étaient  évidemment  exagérées.  Le  pays  de 
Franchimont  appartenait  à  l'évêché  de  Liège  par  suite  d'une 
donation  da  Zwentibold,  datée  du  8  des  idos  d'octobre  898  (i  ), 
et  la  portion  des  forêts  de  Theux,  réservée  par  ce  prince,  avait 
été  l'objet  d'une  concession  du  roi  Charles-le-Simple,  le  8  des 
calendes  de  septembre  915  (2). 

Ce  qui  donne  une  certaine  apparence  de  bien  fondé  à  l'arrêt 
de  la  Chambre  royale  de  Metz,  c'est  que  le  marquisat  de  Fran- 
chimont, comme  du  reste  tout  l'évêché  de  Liège,  avait  été 
détnché  de  la  Lorrnine  (3);  mais  il  est  h  remarquer  que  ce 

(  1  )  Cliapeauville,  t.  I,  p.  IG'2.  Celle  donalion  fut  dans  la  suite  confirmée  par 
Louis  IV,  successeur  de  Zwentii)Old.  liouille,  t.  I,  p.  61  el  52.  J.  15.  Honoul, 
Amiale»  du  pays  de  Uèçie,  p.  39  el40. 

(2  j  Chapeauville,  l.  1,  p.   169.  J.  B.  Hénoul,  ouv.  cité,  p.  41. 

(  3  )  A  la  mon  de  Lolliaire,  roi  de  Lorraine  (  869  ),  ses  oncles  Charles,  roi  dft 
France,  el  Louis,  roi  de  Germanie,  se  partagèrent  son  royaume  ;  le  district  de 
Theux  tomba  en  part  à  Louis  (  870  ),  Bonille.  t.  I,  p.  50. 

L'an  921,  Charles  céda  la  Lorraine  à  Henri,  roi  de  Germanie,  par  un  accord  fait 
à  Bonn,  et  l'évôchci  de  Liège,  qui  avait  suivi  le  sort  de  la  Lorraine  possédée  par  la 
France  depuis  l'au  492,  fut  incorporé  au  royaume  de  Germanie.  Esprii  des  journaux, 
décembre  1779,  p.  230. 


245 


marquisat  n'a  pu  faire  partie  du  comté  de  Cliiny,  puisqu'il  prit 
naissance  en  même  temps  que  lui  (i). 

La  donation  Ji  l'église  de  Liège  est  antérieure  à  l'année  1204, 
date  du  plus  ancien  relief  du  comté  de  Cliiny  en  faveur  du 
comte  de  Bar,  visé  par  la  Chambre  de  Metz  dans  son  arrêt  du 
21  avril  1681,  arrêt  visant  également  un  acte  fait  en  décembre 
1227,  par  lequel  Jeanne,  comtesse  de  Looz  et  de  Chiny,  relève 
son  comté  du  comte  de  Bar. 

Enfin,  toutes  les  seigneuries  et  localités  mentionnées  dans 
l'arrêt  du  21  avril  1681  sont  inclusivement  luxembourgeoises. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  procureur-général,  en  la  Chambre  de 
Metz,  envoya  dans  le  marquisat  un  huissier  qui  notifia  les  arrêts 
de  réunion  de  ladite  Chambre,  sommant  la  justice  et  le  magis- 
trat de  chaque  ban  de  rendre  foi  et  hommage  h  S.  M.  le  roi  de 
France. 

Les  administrateurs  de  Theux  n'obtempérèrent  pas  immédia- 
tement à  cette  invilaiion,  mais  un  exploit  ultérieur  étant  inter- 
venu, ils  se  valent  obligés  d'envoyer  des  délégués  à  Metz  ; 
reçus  en  la  Chambre  royale,  ils  prêtèrent  le  serment  requis  et 
ils  déposèrent  le  dénombrement  de  la  communauté. 

Les  injustes  réclamations  de  la  France  jeltèrent  l'alarme  dans 
la  principauté  de  Liège.  La  diplomatie  intervint  et  Louis  XIV 
se  désista  de  ses  prétentions  quelque  temps  après  (  en  1682). 
Detrooz  (2)  et  M.  Nautel  (  a)  en  rapportant  ce  fait  considérable 
dans  les  Annalesdu  marquisat  de  Franchimont,  donnent  le  texte 
de  la  prestation  de  serment  de  fidélité  au  roi  de  France  par  le 
mayeur  de  Verviers,  Michel  Depresseux,  tant  pour  lui  que 
pour  ses  consorts  les  éclievins  dudit  lieu.  Les  adhésions  des 
autres  bans  (4)  sont  restées  inédites.  J'ai  eu  la  bonne  fortune 
de  me  procurer  les  pièces  relatives  à  la  communauté  de  ïheux 

(  1  )  De  Noue,  Etudes  historiques  sur  l'ancien  pays  de  Stavelol  et  Malmédy,  p. 36. 
(  2  )  Histoire  du  marquisat  de  Franchimont,  t.  1,  p.   86. 
(  3  )  Notices  historiques  sur  le  pays  de  Liège,  t.  II,  p.  3o8. 
(  4  )  Theux,  Jalhay,  Sart  et  Spa. 


—  246  — 

et  d'en  prendre  une  copie  fidèle.  Ici  c'est  le  serment  du  magis- 
tral et  le  dénombrement  de  la  communauté  ;  dans  Detrooz  et 
dans  M.  Nautet,  c'est  le  serment  de  la  cour  de  justice. 

DOCUMENTS. 

I. 

Sommation  faite  au  nom  du  roi.  de  France ,  au  magistrat  de 
Tfieux,  de  lui  prêter  foi  et  hommage  pour  la  terre  de  Fran- 
chimont,  20  novembre  \Q8i. 

L'an  mille  siex  cent  quattres  vingts  et  un  le  vingtième  jour 
du  mois  de  novembre,  à  la  requête  de  Monseigneur  le  Procureur 
gênerai  du  Roy  en  la  Chambre  royalle  établie  par  sa  Majesté 
en  la  ville  de  Metz,  nous  Lambert  Mahy,  nous  fusmes  exprès 
transporté  et  de  cheval  au  lieu  de  Theux  pays  de  Franchimont 
distant  de  la  ville  de  Metz  de  trente  quat  res  lieux,  accompagné 
de  M.  Jean  de  Stembert,  vovvé  do  la  ville  et  banc  de  Vervier  et 
de  deux  cavaliers  que  nous  avons  pris  pour  notre  seureté  contre 
les  voleurs  et  vagabons  auquel  lieu  de  Theux  estants  arrivez  en 
continuant  nos  exploits  de  significations  ci-devant  par  nous 
faites  des  arrêts  de  sa  diile  Chambre  à  Chiny,  Verton,  Rode- 
marck,  Longwy,  Loiiguion,  Arrancy,  Marville  et  encor  h 
plusieurs  autres  lieux  faisant  partie  de  la  Chatelenie  Gouver- 
nance ou  quartier  de  Thionville,  lesquels  lieux  avec  leurs 
appartenances  et  dépendances  et  annexes,  ont  estez  déclarez 
par  les  ditz  arresis  estre  de  la  souveraineté  du  Roy,  scavoir  : 
une  partie  des  dittes  seigneuries  comme  estants  des  fiefs 
mouvanis  d'ancienneté  de  la  couronne  de  France,  et  comme 
tels  reconnoissants  encor  la  loy  et  contume  de  Beaumont  en 
Argone  et  l'aulre  partie  en  conséquence  et  depuis  le  traité  de 
Munster  et  des  Pireiniées  confirmés  par  celuy  de  Nimôgne  par 
lesquelles  traitez  l'empire  et  l'Espagnes  ont  cédé  au  Roy  tous 
les  droits  qui  leurs  apparlenoient  sur  les  dittes  terres  et  sel- 


—  247  — 

gneuries  de  Chiny,  Verloii,  Rodemarck,  Lotigwy,  Loiiguion, 
Arraiicy,  Marville  avec  leurs  appartenances,  dependnnces 
et  annexes  ,  ensemble  sur  celles  qui  sont  dépendantes  et 
composent  la  Chatellenie  Gouvernance  ou  quartier  de  Thion- 
ville  suivant  les  règlements  des  feus  de  la  Province  de  Luxem- 
bourgh,  de  Fan  1624. 

Nous  soubsignez  huissier,  avons  aussy  signifié,  lu  et  baillé 
copie  deuement  fait  à  scavoir,  en  premier  lieu  les  dits  arrests 
de  réunion  aux  prétendus  officiers,  justiciers,  maire,  eschevins, 
mannaiits,  habitants  et  communauté  du  dit  lieu  de  Theux,  comme 
faisant  partie  ou  dependans  des  fiefîs  mouvants  d'ancienneté  de 
la  couronne  de  France  ou  de  ceux  qui  sont  dépendants  ou 
scituez  dans  l'étendue  de  la  souveraineté  cedee  au  Roy  par  les 
traitez  de  Munster  et  des  Pyrennées  auquel  parlant  aux  maire, 
eschevins  et  bourguemres  du  dit  lieu  de  Theux,  nous  avons 
comandé  de  par  le  Roy  qu'ils  eussent  a  le  faire  scavoir  a  tous, 
ace  qu'ils  n'en  puissent  prétendre  cause  d'ignorance. 

En  second  lieu,  nous  huissiers  susnommez,  avons  aussi  lu, 
signifié  et  baillé  copie,  en  parlant  comme  dessus  au  prétendu 
officiers,  justiciers,  maire,  eschevins  et  habitants  du  dit  lieu, 
tant  de  la  déclaration  du  Roy  que  des.  arrestb  de  la  ditte 
Chambre,  par  lesquels  il  est  ordonné  que  les  vasseaux  médiats 
et  immédiats  communautez  ecclésiastiques  et  secuheres,  les- 
quelles I. 'auront  point  fait  et  rendu  leurs  foy  et  bornage  au 
Roy  et  fourni  leur  dénombrement  en  la  ditte  Chambre  royalle, 
des  terres,  seigneuries  et  autres  domaines  et  droits  dont  ils 
jouissent  dans  le  tem|)s,  suivant  et  au  désire  de  la  ditte  décla- 
ration du  diex  septième  octobre  dernier,  seront  assignez  en  la 
ditte  Chambre,  pour  voir  déclarer  la  comise  encourue  des  dits 
seigneuries,  biens  et  droits. 

En  troisième  lieu,  nous  huissiers  soubsignez,  parlant  comme 
dessus,  avons  encore  lu,  signifié  et  baillé  copie,  au  mesme  pré- 
tendu officier,  justiciers,  maire,  eschevins,  mannants,  habitants 
et  communauté  du  dit  lieu  de  Theux  de  larrest  de   la  dite 


—  248  - 

Chambre,  portant  entre  autres  choeses  deffence  a  peine  de  la 
vie,  d'imposer  ny  lever  sur  eux  aucuns  deniers  sans  ordre 
exprès  de  sa  Majesté  et  mandement  de  Monsieur  Bazin,  inten- 
dant de  la  giialité  de  Metz  et  a  peine  de  mil  livres  d'amende  de 
loger,  ny  fournir  de  subsistance  a  aucuns  officiers  ou  soldats  de 
quelque  nation  qu'ils  soient,  sans  le  mesme  ordre  et  mandement. 

En  quattrième  et  dei-nier  lieu,  nous  avons  aussy  signifié,  lu 
et  baillé  copie  aux  mesmes  personnes,  parlant  comme  dessus 
de  la  declaiation  de  sa  Majesté,  portant  confirmation  de  leurs 
privilèges,  ausquels  prétendus  officiers,  justiciers,  maire, 
eschevîns,  mannants,  habitants  et  communautés  du  dit  lieu  de 
Theux,  parlant  comme  dessus  et  en  vertu  des  dits  arrests,  nous 
huissiers  susnommez  auvons  fait  deflénces  à  peine  de  la  vie, 
de  reconnaistre  autre  souverain  que  le  Roy,  ny  d'imposez  et 
lever  sur  eux  aucuns  deniers  sans  ordre  exprès  de  sa  ditle 
Majesté  ei  mandement  de  mon  dit  sieur  Bazin,  intendant  de  la 
gnalité.  du  dit  Metz,  et  a  peine  de  mil  livres  d'amande  payable 
par  corps  et  par  exécution  militaire  de  loger,  ny  fournir  la  sub- 
sistance à  aucuns  officiers  ou  soldats  que  ce  soit  sans  ordre 
exprès  de  saditte  Majesté,  déclarant  de  plus  comme  dit  est  à  la 
requesire  de  mon  dit  seigneur  le  Procureur  gênerai,  que  l'in- 
tention de  sa  Majesté,  est  de  continuer  tous  les  officiers  des  dits 
lieux  reunis  et  appaitenances,  dépendances  et  annexes  diceux. 

Fait  le  dit  jour,  mois  et  an,  que  dessus,  par  nous  huissiers 
soubsignez,  étoit  .signé  Lambert  Mahy. 


II. 


La  ville  de  Theux  n'ayant  pas  prêté  foi  et  hommage,  est  sommée 
de  comparoir  devant  la  Chambre  de  Metz,  19  décembre  1681. 

L'an  mille  siex  cent  qualtre  vingt  et  un,  le  diex  neuffième 
jour  de  décembre,  en  vertu  des  arrests  de  la  Chambre  royalle 


—  ^249  — 

establie  par  sa  Majesté  en  la  ville  de  Metz  des  siezième  janvier 
et  Iraisième  mars  dernier  et  à  la  requesie  de  M.  le  Procureur 
gênerai  du  Roy  en  la  dite  Chambre  qui  a  élu  son  domicil  au 
dit  Metz  eu  son  hôtel  scis  dans  la  petite  place,  paroisse  Saint- 
Simplice  :  J.  Claude  de  Verdavoine, "premier  huissier  en  la  dilte 
Chambre,  certifie  mestre  exprès  transporté  du  dit  Metz  au  lieu 
de  Tlieux,  distant  du  dit  Metz  de  quarante  lieues  ou  estant  et 
parlant   à  Bertrand  Mayet  et   Pier  Proenem  ,   Bourguemres. 
faute  davoir  par  les  prétendus  seigneurs  du  dit  Theux,  fait  et 
rendu  à  sa  Majesté  en  la  ditte  Chambre,  les  foy  et  hommage, 
fourni  leurs  aveus  et  denombremenls  de  la  ditte  terre  et  sei- 
gneurie de  Theux,  fait  publier  et  produire  les  pièces  justifica- 
tives des  dits  dénombrements,  suivant  et  au  désir  de  la  décla- 
ration du  Roy  du  diex  septième  octobre  dernier,  jay  donné 
assignation  aus  dits  prétendus  seigneurs  a  compatoir  dhuy  en 
un  mois  par  devant  nos  seigneurs  de  la  dilte  Chambre  royalle  a 
Metz,  pour  veoir  déclarer  la  comise  encourue  de  la  ditte  terre 
et  seigneurie  de  Theux,  et  cependant  faute  d'avoir  satisfait  ù  ce 
que  dessus  iay  saisy  et  arresté  tous  les  droits,  rentes  et  revenus 
provenants  de  la  ditte  terre  et  seigneurie  de  Theux,  au  régime 
et  gouvernement  desquels  iay  estably  pour  Comissaire  la  per- 
sonne de  Nicolas  Verdavoine,  Comissaire  gênerai  des  saisies 
feodalles  de  la  ditte  Chambre  avec  defence  de  par  le  Roy  et  nos 
dits  seigneurs  de  la  Chambre,  aux  officiers,  receveurs,  maire, 
eschevins,  mannants,  habitants  et  communauté  du  dit  Theux,  de 
ne  payer  aucuns  des  dits  droits,  renies  et  revenus,  qu'entre  les 
mains  du  dit  Comissaire,  a  paine  de  payer  deux  fois  ny  de 
l'empescher  dans  la  fonction  de  la  ditte  commise  sur  les  peines 
portées  par  ces  ordonnances  iusqu'à  ce  qu'autrement  il  en  aye 
esté  ordonné  par  le  Roy  ou  nos  dits  seigneurs  de  la  Chambre 
royalle,  auquel  parlant  come  dessus  iay  laissé  copie  du  présent 
exploit  à  ce  qu'aucun  n'en  ignore  les  jour  et  an  susdits;  signe 
de  Verdavoine. 
Enjoint  de  plus  aus  dits  sieurs  Bourguemres.  d'avertii  tous 


—  250  — 

les  fieffs  et  ai-riers  fieffs  scituez  dans  le  ban  dr  Theux,  iiéces- 
santmeiU  leur  reprise  et  rendre  au  Roy  les  foy  et  hommages 
qu'ils  doibuent  a  sa  Majesié  a  peine  de  comise  et  d'en  répondre 
en  son  nom.  Signé  Vcrdavoine. 

III. 

Louis  XIV  fait  savoir  quil  a  reçM  le  magistrat  de  Theux  à  foi  et 
hommage  et  a  conservé  les  privilèges  à  cette  ville,  22  janvier 
1682. 

Louis,  par  la  grâce  de  Dieu,  roy  de  France  et  de  Navarre,  au 
prevosl  de  iMontmedy  ou  son  lieutenant  substiiui  de  nostre 
procureur  gênerai,  recepveur  de  nosdomaines  ou  leurs  commis 
salut,  scavoir  faisons  a  la  relation  de  nos  allmez  et  féaux  les 
commissaires  de  la  Chambre  royalle  par  nous  establie  on  nostre 
ville  de  Metz,  que  nos  allmez  les  bourguemesires  commissaires 
et  communauté  du  ban  de  Theux  ont  cejourd'huylaict  en  nostre 
ditte  Chambre  en  exécution  de  nostre  déclaration  du  dix-sep- 
tiesme  octobre  mil  six  cens  quatre-vingt  par  Pier  Proenem, 
bourguemesire,  et  Jean  Bertin  (i),  facteur  de  la  ditte  commu- 
nauté, fondez  de  procuration  du  quinziesme  de  ce  mois  les  foy 
et  hommages  a  Nousdeubs  a  raison  des  biens  droictz  privilèges 
immunitez  et  exemptions  qu'ils  ont  et  possèdent  dans  le  comté 
de  Chiny,  ausquels  foy  hommages  et  serment  de  Odelité  ils  ont 
este  receus  comme  il  paroise  par  l'acte  cy  attaché  soubs  le 
conireseel  de  nostre  chancellerie  aux  charges  ordinaires.  Si 
mandons  et  ordonnons  a  chacun  de  venir  en  droicît  soy  comme  a 
luy  appartiendra,  que  si  pour  cause  des  dictz  foy  et  hommages  non 
faictz  ou  autres  empêchements  les  dictz  biens  sont  ou  estoient 
mis  en  nostre  main  ou  autrement  empeschez,  vous  mettiez  ou 
fassiez  mettre  incontinent  et  sans  delay  par  provision  les  dicts 
bourguemestres,  commissaires  et  communaulté,  en  plaine  et 

(1,  Erkin. 


Soi 


entière  jouissance  et  des  honneurs,  droictz  fruictz,  proflîclz  et 
revenus  comme  ils  en  ont  jouy  cy  devant  pour  avecque  dans  les 
quarante  jours  portez  par  l'ordonnance  ils  baillent  en  noslre 
ditte  Chambre  leur  adveu  et  dénombrement  fassent  et  payent 
les  autres  devoirs  et  droictz  si  aucuns  sont  deubz.  Donné  a 
Metz  en  nostre  dite  Chambre  le  vingt-deuxiesme  janvier  l'an  de 
grâce  mil  six  cens  quatre-vingt-deux  et  de  nostre  règne  le 
trente  neufiesme. 

Par  la  Chambre  : 
Signé  :  L.  Febure,  avec  parap.  Collationné. 

Le  scel  de  France  pendant,  imprimé  des  deux  côtés  sur  cire 
jaune. 

Extraict  des  Registres  de  la  Chambre  royalle. 

Ce  jour  les  bourgmestres,  commissaires  et  communauté  du 
ban  de  Tlieux  se  sont  présentez  a  la  Chambre  en  exécution  de 
la  déclaration  du  Roy  du  dix-septiesme  octobre  mil  six  cens 
quatre-vingt  par  Pierre  Proenem,  bourguemestre,  et  Jean 
Bertin  (1),  facteur  de  lacdite communauté,  fondez  de  procuration 
du  quinziesme  de  ce  mois,  et  entrez  en  la  ditte  Chambre  pré- 
cédez du  greffier  et  du  premier  huissier.  Estants  genoux  sur 
un  carrau,  lecture  faicte  du  mémoire  par  eux  donnez  contenant 
la  nature  de  leurs  fiefs,  ont  faict  entre  les  mains  de  Monsieur 
le  premier  président  les  foy  et  hommages  deubz  a  sa  Majesté, 
A  raison  des  biens,  droicts,  privilèges,  immunitez  et  exemp- 
tions qu'ils  Ont  et  possèdent  dans  le  comté  de  Chiny.  Promis, 
foy,  loyauté  et  service  a  sadilte  Majesté  envers  et  contre  tous 
et  se  comporter  comme  bons  et  fldelz  vassaulx  liges  sont  tenus 
faire  envers  leur  souverain  seigneur.  Ausquels  foy,  hommages 
et  serment  de  fidélité  ils  ont  este  receus  sauf  le  droict  du  Roy  et 
l'autruy  et  a  la  charge  de  donner  à  la  Chambre  leur  adveu  et 
dénombrement  dans  quarante  jours  suivant  l'ordonnance  payer 

(  1  ,  Erkin. 


2o2 


les  droictz  et  devoirs  a  Sa  Majesté  si  aucuns  sont  deubz  dont  a 
esté  octroyé.  Acte  faict  a  Metz  en  la  Chambre  royale  le  vingt- 
deuxiesme  janvier  mil  six  cens  quatre  vingt  deux. 

Signé  :  Faguier,  avec  parap:  Collationné. 

Ces  deux  pièces  écrites  sur  vélin  au  timbre  de  six  sols  du 
Parlement  de  Metz,  sont  reliées  par  un  cordon  en  vélin  auquel 
pend  un  scel  aux  armes  de  France,  imprégnées  sur  cire  jaune. 


IV. 


Louis  XIV  fait  savoir  que  la  ville  de  Theux  lui  a  prêté  foi  et 
hommage  pour  le  marquisat  de  Franchimont,  ^^  janvier  168i2. 

Louis,  par  la  grâce  de  Dieu,  roy  de  France  et  de  Navai-re,  au 
revost  de  Monimedy  ou  son  lieu,  tenant  substitut  de  nostre 
procureur  gênerai  recepveur  de  nos  domaines  ou  leurs  commis 
salut  scavoir  faisons  que  nostro  amé  Pierre  Proenem,  bourgue- 
mestre,  et  Jean  Derkin  (i),  facteur  de  la  coinmunautez  du  ban 
de  Theux,  fondez  de  procuration  des  bourguemestres  com- 
missaires et  communauté  dudit  han  de  Theux  scitué  dans  le 
dioceze  de  Leige,  ont  cejourd'huy  mis  au  greffe  de  la  Chambre 
royale  par  nous  establie  en  nostre  ville  de  Metz  l'adveu  et 
dénombrement  qu'ils  estoient  tenus  fournir  des  droictz,  privi- 
lèges, franchises,  exemptions  et  immunitez,  pour  lesquels  ils 
ont  rendus  en  nostre  ditte  Chambre  les  foy  et  hommages  a 
nous  deubs  comme  ils  ont  fait  pnroistre  par  acte  de  ce  jour, 
lequel  adveu  denemcnt  collationné  a  l'original  cy  attaciié  soubz 
le  contreseel  de  noslre  chancellerie,  aiant  esté  prescnléa  nostre 
procureur  gênerai  qui  en  aurait  consenLy  la  réception.  Nostre 
dilte  Chambre  a  ordonné  et  ordonne  que  le  dit  adveu  vous  sera 
communiqué   pour  donner  vos  advis  s'il  n'y  a  aucune  chose  en 

[  i  )  Lisez  Erkin. 


9.^..' 


iceluy  contraire  aux  usages  et  coutumes  des  lieux  ou  les  fiefs 
sont  situez,  et  publiée  par  le  premier  huissier  ou  seigeiil  sur  ce 
requis  par  trois  dimanches  consécutifs  à  l'issue  des  messes 
parroissiailes,  communiqué  aussy  aux  maire  et  gens  de  justice 
pour  advouer  ou  contester  lo  contenu  en  iceluy,  soit  pour  la 
propriété  sur  droictz,  rentes  el  revenus  ou  la  levée  et  perception 
diceux,  pour  ce  faire  le  font  rapporté  mis  au  greffe,  et  par 
nostre  procureur  gênerai  examiné  les  blasmes  ou  consente- 
mens  par  eux  donnez  estre  faict  droict  ainsy  que  de  raison. 
Donné  à  Metz,  en  nostre  ditte  Chambre,  le  vingt-deuxiesme 
janvier  l'an  de  grâce  mil  six  cent  quatre-vingt-deux  et  de  nostre 
l'egne  le  trente-neufiesme. 

Par  la  Chambre  : 
Le  Febure  avec  parap.  Collatioxné. 

A  cette  pièce  écrite  sur  parchemin,  au  timbre  du  parlement 
de  Metz,  timbre  de  six  solz,  est  pendu  sur  cire  jaune,  un  scel 
aux  armes  de  France  imprimé  des  deux  côtés  de  la  cire. 


Le  magistral  de  Theux,  reconnaissant  le  vol  de  France  pour 
souverain,  declair.  que  celui-ci  leur  a  conservé  leurs  privilèges, 
'i^  janvier  1682. 

Nous  Pierre  Proenem,  bourgmaistre,  et  Jean  d'Erkin,  féicleur 
de  la  comniiinanté  du  ban  de  Theux,  fondés  de  procuration 
speciallc  en  datte  du  quinziesme  du  présent  mois  de  janvier, 
par  les  bourgmai^tres  commissaires  et  couimunauté  dudit  ban 
de  Theux,  scitué  dans  le  diocèse  de  Liège,  marquisat  deFran- 
chimont  au  comté  de  Ghiny,  Reconnaissons  et  déclarons  pour 
et  au  nom  que  nous  agissons  que  les  dits  constituants  tieiuient 
du  roy  de  France  nostre  souverain  seigneur  et  le  leur  leur 
sdittes  qualités  de  bourgmaistre  et  commissaires  et  ladite  com- 
munauté ses  droits,  privilèges,  franchises,  exemptions  et  immu- 


-    2o4  — 

nités  generallointînl  quelconques,  pour  lesquels  avec  leurs 
appartenances  et  dcp;endances,  nous  avons  rendu  a  Sa  Majesté 
les  foy  et  homage  1;'  viiigi-deux"  dudit  mois  de  janvier  mil  six 
cents  quatre  vingts  deux,  en  la  Chambre  royalle  a  Metz.  En 
exécution  et  pour  satisfaire  a  larest  du  conseil  du  vingt-quai" 
juillet,  et  à  la  déclaration  du  roy  du  dix-sept*"  octobre  mil  six 
cents  quntre-vingts,  desquels  le  denombrem(»nt  spécifique 
s'ensuit  scavoir,  premièrement  que  ledit  ban  de  Tlieux  audit 
marquisat  de  Franchimont  conciste  dans  vingt-deux  villages 
dont  bonne  partie  n'ont  que  trois  ou  quatre  maisons.  Les  noms 
dédits  villages  sont  tels,  Theux,  Juslenville,  Pepinster,  Oneux, 
Polleur,  Fays,  Jehanster,  Sassure,  Sasserotte,  Spixhe,  Jevou- 
mont,  Hodbomont,  Mont,  Tancremont,  Chetiffontaine,  Marché, 
Hestroumont,  Reyd,  Becco,  Winanplanche,  une  partie  de  Mar- 
teau et  une  partie  de  Mangonbroux.  Ledit  ban  de  Theux  outre 
les  biens  des  particuliers  a  quelques  cantons  de  bois  et  com- 
munes avec  l'usage  des  aysances,  pour  son  usage  et  commodité, 
qui  sont  réglés  par  eux  mesmes,  mesme  le  droit  de  paslurnge 
dans  les  foresls  du  prince,  et  dy  prendre  les  ramailles  des  bois 
après  les  cordes  dressées.  Ce  ban  a  de  tout  temps  eu  le  droit 
par  les  commis  qu'ils  élisent  d'asseoir  et  imposer  tailles  pour 
fournir  aux  necescités  de  la  communauté,  et  ces  commis 
avec  la  justice  élisent  les  bourgmaislres.  El  comme  il  a  esté  in- 
terressé  et  auberré  par  les  guerres  et  miseras  passées,  ayant 
esté  obligé  de  faire  beaucoup  de  debtes  et  frais,  ensorte  qu'il 
est  chargé  d'autant  d'obligations  qu'il  peut  valloir,  il  a  obtenu 
du  prince  le  pouvoir  d'establir  des  impots  sur  iceluy  ban,  afiiii 
qu'outre  ];i  levée  des  tailles  sur  le  fond,  il  puisse  trouver  le 
moyen  par  tels  impots  sur  les  marchandises  et  danrées,  comme 
sur  les  vins,  bieri'es,  brandevins,  et  vente  des  bestes.  de  sub- 
venir au  paye  uent  d'icelles  charges.  11  a  mesme  obtenu  (i)  du 


(1)  Par  aporilillu  <lu  27  ftivrier  1655,  iiccorcléc  a   la  demande  des  DourgraeUrcs 
de  Theux.  Arcli.  de  Thciii. 


200    — 

prince  que  I3  ban  peut  cotiser  dans  les  tailles  tous  les  biens 
sciiués  dans  ledit  ban,  qiioy  que  d'aucuns  soient  possédés 
par  des  estrangers,  et  tout  de  mesme  l'nn  comme  l'autre;  en 
conséquence  de  ce  que  partie  des  debtes  s'acquitte  par  les 
autres  moyens  imposés  sur  les  habitants  du  ban.  Dans  telles 
impositions  des  tailles  on  ne  considère  aucunes  debtes  deues 
par  les  particuliers,  Mais  tels  débiteurs  ont  le  droit  en  payant 
les  canons  des  rentes  ou  interests  dans  quel  lieu  elles  soient 
deues,  de  déduire  la  concurrence  d'icelles  tailles  a  l*:urs 
créanciers  sur  lesdits  interests. 

Protestans  à  vostre  Majesté  qu'e  1  cas  qu'il  vienne  quelque 
chose  à  notre  coiuiaissance  qui  n'ayt  point  esié  compris  dans 
'e  pent  nre.  adveu  de  le  déclarer  aussytost  qu'il  y  sera  venu, 
et  de  l'adjouster  a  ce  dénombrement  sans  en  rien  réserver  ny 
obmtllre.  En  foy  de  quoy  Nous  avons  signé  le  put  adveu  et 
déclaration  de  nos  mains  et  scelle  du  sceau  de  nos  armes  ledit 
jour  vingl-deux''  janvier  mil  six  cents  quatre  vingts  deux.  Decla- 
rans  que  nous  avons  (ait  élection  de  domicilie  pour  tout  ce  qui 
peut  regarder  ledit  put.  dénombrement  au  logis  de  M''  Joseph 
de  Si-Didier,  advocat  en  parlement,  en  la  Chambre  royalle 
auquel  domicilie  nous  consentons  pour  et  au  nom  que  nous 
agissons  que  tous  actes  de  justices  soient  faits. 

Signé  :  Pier  Proenen,  avec  parap. 

J.  Erkin,  avec  parap.  (L.  S.) 

Collationné  à  l'original  saniblable  mis  au  greffé  de  la  Chambre 
royale  et  receu  du  consentement  de  Monsieur  le  procureur 
général  du  Roy,  h  Meiz,  le  vingt-deuxième  janvier  mil  six  cens 
quatre  vingt  deux. 

Signé  :  Faguier,  avec  parap. 

Le  parchemin,  timbre  de  vingt  sols,  est  lelié  au  précédent 
par  un  cordon  en  véhii,  auquel  pend  un  seel  aux  armes  de 
France,  sur  cire  jaune. 


—  2o6   - 
VI. 

Seconde  assignation  à  la  ville  de  Theux  de  comparoir  devant  la 
Chambre  de  Metz,  pour  faire  foi  et  hommage,  et  dominer 
dénombrement  du  marquisat  de  Franchimont,  'iS  janvier  1682. 

L'an  mil  six  cent  quattres  vingts  deux  le  viiigle  huitième  jour 
de  janvier  en  vertu  de  l'an  est  du  Conseil  d'estatsduRoydu  diex 
septième  septembre  mil  six  cent  quattre  vingt  et  des  arrest  de  la 
Cliamhre  royalle  établie  en  la  ville  de  Metz,  les  seize  janvier  et 
treize  mars  mille  six  cent  qualtre  vingt  un,  et  a  la  requestre  de 
Monseigneur  leProcureurgeneral  en  la  ilitte  Chambre  qui  a  élu 
son  dumicil  au  dit  Metz  en  son  hôtel  scis  dans  la  petite  place 
paroisse  St-Siniplice,  je  Gérard  Drolenvaux,  huissier  en  la  ditte 
Chambre,  cerlitic  inesire  exprès  transporté  et  de  Cheval  au  lieu 
de  Theux,  distant  de  la  ville  de  Metz  de  quaianle  lieues,  où 
estant  et  parlant  aux  sieurs  Bourguemestres,  je  luy  ayet  déclare 
que  faute  par  le  prétendu  seigneur  du  dit  lieu  de  ïheux,  davoir 
satisfoità  la  déclaration  de  sa  Majesté  du  diex  septième  octobre 
mille  siex  cent  quattre  vingt  et  en  conséquence  l'ait  les  t'oy  et 
hommage,  fourni  ses  aveus  et  denombremeiils  dans  le  temps 
porté  par  la  ditte  déclaration,  liiii  iceux  publier  et  produits  au 
Greffé  de  la  Chambre  royalle  les  liltres  ei  pièces  justifica- 
tives des  dits  dénombrements,  qu'en  continuant  les  exploits  de 
saisie  et  assignations  précédemment  faites  pour  les  dittes  causes, 
iaye  au  dit  prétendu  seigneur,  parlant  comme  dessus,  donné 
assignation  de  comparoir  au  mois  par  devant  nos  seigneurs 
de  la  ditte  Chambre  royalle,  pour  voir  estre  dit  que  faute  de 
satisfaire  aus  dits  debvoirs  déclarer  la  comise  encourue  de  la 
dite  terre  et  seigneurie  de  ïheux  avec  ses  dépendances,  et  que 
cepfîndant  deifences  seront  faites  au  dits  prétendu  seigneur  de 
Theux  a  peine  de  la  vie,  attendu  le  refus  qu'il  fait  de  reco- 
gnoilre  son  souverain,  de  se  dii-e  ny  qualiffier  seigneur  du  dit 


237 


lieu  de  Theux,  ny  d'eu  percevoir  les  renies  et  revenus,  faire 
exercer  la  justice  a  son  nom,  et  generallement  faire  aucun  act 
de  seigneur,  en  conséquence  de  quoy,  iay  assigné  parlant 
comme  dessus  les  maire  et  habitants  du  dit  lieu  dans  le  mesme 
delay  dun  mois  pour  se  voir,  tenir  en  deffence  de  recognoitre 
le  dit  prétendu  seigneur  du  dit  lieu  de  Tlieux  pour  seigneur, 
ny  de  luy  payer  et  délivrer  les  droits  et  rentes  ordinaires 
dépendantes  de  la  ditle  seigneurie  aux  juges  et  officiers  dicelle 
de  le  recognoitre,  ny  dexercer  la  justice  en  son  nom  et  aux 
Bourgmestres,  maire,  receveur  et  habitants  entre  les  mains  des- 
quels les  dittes  saisies  ont  estez  ci-devant  faites,  pour  se  voir 
condamner  de  délivrer  entre  les  mains  de  Nicolas  Verdavoine, 
Commissaire  aux  saisies  feodalles  de  la  ditte  Chambre,  demeu- 
rant a  Metz  logé  sur  la  petite  place  paroisse  St-Simplice  ou  ceux 
qui  seront  par  luy  proposez  a  cette  effect  toutes  les  rentes, 
revenus  et  effects  dépendantes  de  la  ditte  seigneurie  de  Theux, 
et  a  faute  de  ce  qu'ils  y  seront  constraints  par  touttes  voyes 
deues  et  raisonnables  mesme  par  corps  comme  dépositaires  des 
biens  de  justice  et  point  le  voir  ainsy  dire  et  ordonner  ci  parlant 
comme  dessus  leurs  aye  donné  a  tous  assignation  a  compa- 
roir au  mois  à  la  Chambre  royalle  et  affin  qu'ils  n'en  ignorent 
je  leurs  ayet  laissé  copie  du  présent  exploit  et  des  arrests  y 
mentionnez  les  jour  mois  et  an  que  dessus. 

La  présente  est  conforme  a  son  originalle  ce  que  iatteste; 
signé,  Gérard  Drolenvaux,  premier  huissier  au  marquisat  de 
Franchiraont. 


LE    COMTE   DE    MOHA 


Le  comté  de  Moha  paraît  n'avoir  élé  dans  le  principe  qu'une 
grande  terre  aliodiale  dont  les  serfs  ou  colons  n'étaient  justi- 
ciables que  du  propriétaire.  Dans  le  cours  du  temps,  ces  serfs 
furent  aflVanchis  et  ils  obtinrent  des  parcelles  de  terre,  soit  en 
fief,  soit  en  cens  liérédiiaire.  Le  propriétaire  conserva  sur  eux 
son  pouvoir  judiciaire  et  administratif.  C'est  de  cette  manière 
que  nous  paraît  s'être  formé  ce  petit  comté.  Sa  circonscription 
n'est  pas  bien  connue.  On  trouve  citées,  comme  situées  dans 
l'alleu  de  Moha,  les  églises  de  Wanze,  d'Antheil  et  de  S.  Jean, 
près  de  Huy. 

Moha,  à  une  lieue  de  Huy,  sur  la  rive  gauche  de  la  Meuse, 
était  le  chef-lieu  du  comté.  Le  seigneur  s'y  bâtit  une  forteresse 
sur  un  rocher  assez  élevé,  au  pied  duquel  serpente  la  Méhaigne; 
il  prit  le  nom  de  la  forteresse  qui  devint  aussi  celui  du  comté. 

Le  plus  ancien  comte  de  Moha  qui  soit  connu  est  Albert  P'. 
On  le  trouve  cité  dans  une  charte  de  Boppon,  archevêque  de 
Trêves  vers  l'an  1020  ou  1022  ('). 

Il  fut  aussi  témoin  à  deux  chartes  de  l'an  1031  qui  con- 
cernent la  collégiale  de  S.  Barthélémy.  L'une  est  de  Godescalc 
de  Slorialmé,  prévôt  de  la  cathédrale,  l'autre  de  Réginard, 
évôquo  de  Liège  (-).  Albert  do  Moha  vendit  h  Adélard  II, 
abbé  de  S.   Trond  (10oo-1082),  des  biens  situés   h  Harches 


(')  V.  Ilontheini,  Hist.  Trev.  dlpl.,  I,  337. 
(8;  iMirœus,  II,   810. 


—  200  - 

(Herck-la- Ville)  et  àZerckingen.  Il  figure  encore  comme  témoin 
dans  une  charte  de  Frédéric,  duc  de  Lolhier,  de  1059  (  *  ). 

Vers  la  fin  du  XP  siècle,  le  comté  de  Moha  appartenait  à 
Albert  II,  comte  de  Dasbourg  C*),  qui  avait  épousé  Ermesinde, 
fille  de  Conrard,  comte  de  Luxembourg.  De  quelle  manière 
était-il  devenu  sa  propriété,  c'est  ce  que  l'on  ignore.  Cet  Albert 
était  fils  de  Henri,  comte  de  Dasbourg,  et  il  était  frère  de 
Hugues,  comte  de  Dasbourg  et  de  Brunon,  prévôt  de  Toul  {^). 

Après  la  mort  d'Albert  (24  août  1098),  Ermesinde  épousa, 
vers  1101,  Godefroid,  comte  de  Namur.  Ce  fut  elle  qui  donna 
l'église  de  S.  Jean,  près  de  Huy,  à  l'abbaye  de  Clugny  pour  y 
établir  un  prieuré  de  religieuses  connu  sous  le  nom  de  S. 
Victor  (1134-114o)  (*).  Elle  mourut  en  1143. 

Ermesinde  laissa  de  son  premier  mari  un  fils  du  nom  de  Henri, 
qu'elle  mentionne  dans  une  charte  de  1101,  et  un  autre  nommé 
Hugues.  C'est  ce  dernier  qu'on  voit  en  possession  des  comtés 
de  Moha  et  de  Dasbourg. 

Hugues  I,  comte  de  Moha  et  de  Dasbourg,  assista  à  la  Cour 
plénière  que  l'empereur  Conrard  tint  à  Aix,  le  30  décembre  1145. 
Il  donna  en  1146  à  l'abbaye  do  Flône  l'église  d'Antheit,  «  située 
dans  son  alleu  de  Moha,»  sous  condition  que  les  abbés  de 
Flône  en  foraient  le  relief  des  comtes  de  Moha,  qu'ils  assiste- 
raient ceux-ci  dans  leurs  jugements  aux  plaids  généraux,  qu'ils 
leur  serviraient  d'ambassadeurs  et  qu'ils  célébreraient  l'office 
divin  pour  eux,  en  cas  de  besoin  (*). 

Hugues,  comte  de  Dasbourg,  et  Louis,  comte  de  Looz,  guer- 
royèrent en  1148  contre  Henri,  comte  de  Namur.  La  Hesbaye 

(«)  citron.  Trud.,  I,  12.  Cart.  Trud.,  I,  19. 

('  )  Le  château  de  Dasbourg  était  situé  dans  les  Vosges,  sur  la  pointe  d'un  rocher 
rès-élevé.  Au  pied  de  ce  rocher  se  trouve  la  petite  ville  de  Dasbourg. 

,")  V.  Calmel,  Hist.  de  Lorr.,  111,  20  et  oO.  Scliocptlin,  Alsatia,  II,  482. 

I*)  iJirœiis,  IV,  .363:  «  ecclesiam  B.  Vicloris  quam  jure  sui  allodii,in  eujusfundo 
itaerat,  in  suburbio  Hoyensi  libère  possidebat.  » 

(  •  )  De  Villenfagne,  Etsait  critiques,  II,  343. 


—  261  — 

fut  le  principal  théâtre  de  leurs  exploits  et  de  leurs  dépréda- 
tions. WibnkI,  abbé  de  Stavelot,  s'interposa  et  parvint  à  faire 
conclure  une  trêve  jusqu'à  la  S.  Remy  ('). 

L'épouse  de  Hugues  s'appelait  Gertrude  ;  c'était  peut-être  la 
sœur  de  Louis,  comte  de  Looz.  Après  la  mort  de  son  époux, 
elle  donna,  avec  le  consentement  de  son  fils  Hugues,  comte  de 
Metz  et  de  Moha,  la  prébende  dont  elle  disposait  dans  l'église  de 
S.  Servais  à  Maestricht,  à  l'église  de  Wanze.  L'empereur  Fré- 
déric confirma  cette  donation  par  un  acte  daté  de  Maestricht, 
probablement  de  l'an  1152  ('^). 

Hugues  II,  comte  de  Moha,  de  Dasbourg  et  de  Metz,  fils  du 
précédent,  confirma,  en  1154,  la  donation  que  son  aïeule  Erme- 
sinde,  dit-il,  avait  faite  h  l'abbaye  de  Clugny,  de  l'église  de  S. 
Jean  h  Huy  {^).  Son  épouse  était  de  la  famille  des  ducs  de  Bra- 
bant;  c'était  soit  Lulgarde,  veuve  de  Godefroid  II,  soit  une  fille 
de  ce  dernier,  car  Hugues  était,  par  sa  femme,  l'oncle  {patruus) 
de  Henri,  duc  de  Brabant,  et  d'Albert,  évêque  de  Liège. 

Hugues  figure  comme  témoin  h  plusieurs  chartes  de  l'empe- 
reur Frédéric  en  1156  et  1157  ;  il  accompagna  ce  prince  en 
Italie  en  1161,  et  participa  à  son  schisme. 

Hugues  avait  deux  fils,  savoir  :  Hugues  et  Albert.  Ces  deux 
frères  réclamèrent  de  Louis,  comte  de  Looz,  le  fort  de  Bilsen  et 
la  moitié  de  celui  de  Colmont,  comme  leur  appartenant  légiti- 
mement ;  ils  eurent  successivement  recours  aux  armes  et  aux 
voies  judiciaires,  mais  inutilement.  Après  la  mort  de  Louis,  ils 
les  réclamèrent  de  son  fils  Gérard,  et  celui-ci  se  montra 
aussi  peu  disposé  que  son  père  à  les  leur  céder.  Aussitôt 
résolus  de  tenter  de  nouveau  la  voie  des  armes,  ils  enrôlent 

(  »  )  Ep.  Wibaldi,  39,  84. 

(  •  )  1-a  charte  est  sans  date,  mais  elle  fut  certainement  donnée  entre  les  années 
H  52  et  llo6.  V.  De  Villenfagne,  1.  c. —  Cette  prébende,  est-il  dit  dans  l'acte,  avait 
été  donnée  à  un  de  leurs  prédécesseurs  en  récompense  de  services  rendus  à  l'église 
de  s.  Servais. 

(')  V.  Vandenberg,  Collectio  diplomaiiim,  ms.  u"  188,  p.  SIS. 


—  262  — 

secrètement,  en  1172,  des  soldats  et  se  jettent  à  l'improviste  sur 
le  comté  de  Looz.  Un  dimanche,  ils  s'emparent,  par  surprise,  du 
fort  de  Berloo,  puis  livrent  au  pillage  et  aux  flammes  tous  les 
villages  environnants.  Il  fallait  au  comte  Gérard,  qui  était  encore 
jeune  et  peut-être  inexpérimenté  dans  Fart  de  la  guerre,  un  allié 
courageux  et  habile  pour  commander  ses  chevaliers.  Il  s'adressa 
à  Gilles  de  Duras  qui  s'était  fait  connaître  par  sa  bravoure  et 
ses  talents  militaires.  Hugues  de  Moha  élanl  mort  subitement  à 
Huy,  son  frère  Albert  fut  facilement  vaincu  par  les  comtes 
Gérard  et  Gilles  et  repoussé  du  comté  de  Looz  ('). 

Albert  III,  comte  de  Moha,  de  Dasbourg  et  de  Metz,  fils  de 
Hugues  II,  contribua  à  la  dotation  de  l'abbaye  de  Herckenrode, 
en  lui  donnant  un  alleu  situé  iiEygenbilsen,  Il  fonda,  sans  doute 
avant  la  naissance  de  sa  fille  Gerlrude,  l'abbaye  du  Val-Notre- 
Dame  pour  des  religieuses  cisterciennes  dans  son  alleu  de 
Rodum,  entre  Antheil  et  Huy.  L'emplacement  comprenait  douze 
bonniers.  Les  biens  qu'il  avait  donnés  à  l'abbaye  de  Villers, 
savoir  :  une  ferme  à  Wanze,  appelée  Guode,  une  à  Champia  et 
une  troisième  entre  Wanze  et  Mont  S,  Etienne,  furent  donnés 
par  celte  abbaye  à  celle  du  Val-Notre-Dame,  et  confirmés  par 
Gertrude  en  1223.  D'nfirès  Fisen,  les  religieuses  qui  s'établirent 
à  Val-Notre-Dame,  vinrent  de  l'abbaye  de  Hocht,  près  de  Maes- 
triclit. 

Albert  n'ayant  point  d'enfants,  ses  proches  parents  convoi- 
taient déjà  sa  succession.  Henri,  duc  de  Brabant,  et  Louis, 
comte  de  Looz,  firent,  en  1197,  une  convention  touchant  la 
succession  éventuelle  au  comté  de  Moha.  Elle  portait  que,  si 
Albert  de  Moha  vient  à  mourir  sans  laisser  de  postérité,  le  duc 
aura  la  moitié  de  cette  terre  et  le  comte  de  Looz  tiendra  l'autre 
moitié  de  lui  en  fief;  il  est  stipulé,  en  outre,  que,  si  des  dépenses 
viennent  ù  être  faites  pour  prendre  possession  de  la  terre 
de  Moha,  la  plus  grande  partie  en  sera  supjjortée  par  le  duc,  et 

(*)   Chron.  Trudou.,  II,  IV,  :2I. 


—  263  — 

que  si  on  leur  fait  la  guerre  au  sujet  de  la  même  terre, 
ils  devront  s'enlr'aider  et  mettre  en  commun  leurs  moyens  de 
défense  (*). 

Albert  de  Moha  concourut,  h  Cologne,  à  l'élection  d'Otton  IV 
et  assista,  le  4  juillet  1498,  h  son  couronnement  à  Aix.  Ce  fut 
ce  jour  qu'il  écrivit,  avec  d'autres  princes,  une  lettre  à 
Innocent  III  pour  le  prier  de  confirmer  cette  élection.  Le 
Pape,  après  avoir  confirmé  l'élection  d'Otton,  répondit,  le  6 
mars  1201,  h  Albert  pour  l'engager  à  rester  fidèle  nu  nouveau 
roi  (^j. 

Butkens  a  publié  un  acte  sans  date  par  lequel  Albert  donne 
ses  biens  h  Henri,  duc  de  Brabant  :  il  lui  lègue,  s'il  vient  à 
mourir  sans  laisser  de  postérité,  le  château  de  Dasbourg, 
l'abbaye  de  Hessen,  le  château  de  Gerbaden  ,  l'abbayti  d'Altorf, 
le  château  de  Drothein,  le  château  de  Albapai,  ffibbaye  et 
l'avouerie  de  Herbreheim,  le  comté  et  l'avouerie  de  Meiz,  ainsi 
que  les  fiefs  qu'il  tient  de  l'église  de  Metz,  sous  les  conditions 
que  le  duc  l'assistera  tant  en  Alsace  qu'en  Brabant,  et  qu'il  lui 
payera  en  trois  termes  la  somme  de  15,000  marcs;  si  ces  condi- 
tions ne  sont  pas  remplies,  le  legs  est  nul  ;  toutefois  Albert 
lègue  au  duc,  sans  condition,  le  fief  qu'il  tient  de  l'empire  et 
l'alleu  de  Moha  et  Waleffe,  s'il  meurt  sans  héritier  ('). 

A  la  diète  de  Coblentz,  tenue  le  12  novembre  1204,  Philippe 
de  Souabe,  compétiteur  à  l'empire,  accorda  au  duc  le  fief 
qu'Albert  tenait  de  l'empire,  et  consentit  que  le  duc  succédât  à 
Albert  dans  tous  ses  biens  absque  cujuslibet  contradictionis  impe- 
dimento,  s'il  décédait  sans  postérité  (*). 

L'opposition  que  prévoyait  le  duc  était  probablement  celle  de 
l'église  de  Liège,  car  par  un  acte  de  1204,  sans  doute,  postérieur 

(  '  )  Charte  de  la  cathédrale  St-Lambert,  n"  22. 

(*)   V.  Episi^  innoc. 

(')  Ibid.  Tom.  I,  234. 

(*)   Trophées  du  Brabatit,  Tom.  I,  o5. 


—  264  - 

au  testament,  Albert  don'ie  son  alleu  de  Molia  et  Waloffe  h 
l'église  de  Liège,  sous  la  condition  qu'il  en  conservera  l'usufruit 
et  que,  s'il  laisse  des  héritiers,  ceux-ci  le  tiendront  en  lief  de 
l'église  de  Liège  jusqu'h  l'extinction  d(^  leurs  descendants. 
Pourquoi  Albert  a-t-il  déroge  h  son  testament?  parce  que,  pro- 
bablement, le  duc  de  Rrabnnt  ne  lui  avait  pas  encore  paye  inté- 
gralement la  somme  de  15,000  marcs  et  qu'il  avait  abandonné 
la  cause  d'Otton  IV  pour  embrasser  celle dePhilippe  de Souabe. 

En  1205  ou  1206,  Gertrude,  épouse  d'Albert,  lui  donna  une 
fille  qui  reçut  le  nom  de  sa  mère.  Celle-ci  était  fille  de  Herman 
IV,  marquis  de  Bade,  et  probablement  la  seconde  épouse  d'Al- 
bert. Pour  assurer  ii  sa  fdle  sa  succession  et  lui  donner  en 
même  temps  un  puissant  protectein\  Albert  passa,  en  septembre 
1206,  avec  Frédéric,  duc  de  Lorraine,  un  contrat  par  lequel  il 
réglait  le  futur  mariage  de  sa  fille  Gertrude  avec  Thibaud,  fils 
de  ce  duc  (i). 

Ce  fut  vers  cette  époque  qu'Albert  réclama  une  somme  d'ar- 
gent que  l'évoque  lui  devait  pour  l'alleu  de  Molia.  La  somme  fut 
fournie  par  le  clergé  et  le  peuple,  mais  le  prince-évêque  paraît 
l'avoir  employée  à  d'autres  usages;  il  en  fut,  du  moins,  accusé 
parlecbapitre  en  1211.  Il  nous  paraît  qu'Albert  voulait  restituer 
au  duc  de  Brabant  les  ;Vcomples  sur  les  15,000  marcs  qu  il  ;ivait 
reçus  de  celui-ci  et  qu(%  dans  ce  but,  il  avait  demandé  de  l'ar- 
gent h  l'évêque  et  au  chapitre, 

Albert  mourut  au  commencement  de  1212.  Par  sa  charte  de 
donation,  il  avait  choisi  sa  sé|)ulture  dans  la  cathédrale  de  S. 
Lambert  devant  l'autel  de  ce  sainl.  Aussitôt  le  liancé  de  Gertrude 
et  le  prince-évêque,  pour  régler  à  l'amiable  l'alViiire  de  la  sonune 
d'argent  et  quelques  autres  points,  se  soumireiil  à  l'arbitrage  de 
Henri,  abbé  deHaute-Selve,qui  prononça  enl212qu'ils  devaient 
s'entre-aider,  sans  doute,  contre  leur  advers;iire  commun,  le 
duc  de  Brabani  (  ). 

(«;  V.  Cilmct,  Hist.  de  Lor,-.,  t.  11. 
(•)  V.  Cbapeaville,  II,  fi06. 


265 


Le  duc  de  Brabaiu  réclama  du  prince-évêque  la  somme  qu'il 
avait  payée  à  Albert  de  Molia,  eu  exécution  du  testament  de 
celui-ci.  Hugues  de  PierrepoiU  lui  répondit  que  cette  affaire 
devait  être  traitée  eu  justice  et  qu'il  se  soumettrait  h  la  décision 
qui  interviendrait.  Le  duc  courut  aux  armes.  Le  3  mai  1212,  il 
surprit  la  ville  de  Liège  et  la  livra  au  pillage  de  ses  soldats.  Un 
corps  de  son  armée  assiégea  Moha,  mais  ue  put  pas  s'en  em- 
parer. 

Thibaud,  le  mnri  de  Gertrude,  confirma  en  1^248  la  fondation 
de  l'abbaye  du  Viil-Notre-Dame  et  mourut  l'année  suivante. 
Sa  veuve,  se  trouva,  le  6  octobre  1223,  au  château  de  Moha 
avec  les  deux  sœurs,  Marie  de  Brabant,  veuve  d'Otton 
IV,  et  Aleide  de  Brnbant,  veuve  d'Arnoul  III,  comte  de  Looz.  Ce 
jour  {mei  jurls  existens,  dit-elle),  elle  confirma  l'abbaye  du 
Val-Notre-Dame  dans  la  possession  de  ses  biens  (*). 

Gertrude  épousa  en  secondes  noces  Thibaud,  comte  de  Cham- 
pagne, le  grand  poète  du  temps,  qui  releva  de  notre  prince- 
évêque  le  comté  de  Moha  ;  mais  ce  mariage  ajant  été  déclaré 
nul  pour  cause  de  parenté  ou  d'affinité,  elle  épousa  en  troi- 
sièmes noces  Simon,  tiis  du  comte  de  Linange,  qui  prit  le  titre 
de  comte  de  Dasbourg. 

Gertrude  mourut  en  1225  sans  laisser  de  postérité.  Le  prince- 
évêque  prit  aussitôt  possession  de  l'alleu  de  Moha  et  Waleffe  et 
l'incorpora  h  sa  principauté.  Le  duc  de  Brabant  en  appela  à 
l'empereur.  Il  fut  décidé  en  122(5  que  l'église  de  Liège  seule 
avait  droit  h  ce  comté.  Le  duc  de  Brabant  adhéra  à  la  décision 
par  diplômes  datés  du  29  aolît  1227,  de  Waremme,oii  il  eut  une 
entrevue  avec  notre  prince-évêque. 

(')  V.  Fisen,  Hist.  Leod.,  284. 


—  266  — 

DOCUMENTS  HISTORIQUES. 
I. 

Albert,  comte  de  Moha,  donne  son  alleu  à  Véglise  de  Liège;  lâOl. 

In  nomine  sanctaeelindividiiaeTrinitatis.  Ut  eaqus  gerunlurin  tempore, 
ni III  labantiir  in  tempore,  scripti  debent  munimine  perennari.  Innotescat 
iyitur  tam  praesentibus  quam  fiUuris  (|uod  cornes  Albetius  de  Musai  allo- 
dium  suiim  de  Musai  et  de  IW^/cw  ciiin  familia  et  omnibus  appenditiispio 
se  et  antecessoribus  suis  ad  honorem  Dei  et  beatse  Dei  genitricis  Marie  et 
beati  Lamberti  ecclesiae  Leodiensi  contulit  cum  omni  integriiale,tali  inter- 
veniente  compositione  qiiod  ipse  in  priori  libéra  et  légitima  possessione 
jam  dietiim  alloflium  quamiliu  vivet  retinebit  ,  post  mortem  vero  si  sine 
liberis  decedat,  jure  bcreditario,  herede  omni  alio  excepto,  ad  jam  dictam 
Leodiensem  ecclesiam  libère  et  absolute  cum  omni  integritale  periinebif, 
aiioquin  si  filius  vel  filia  superstes  fuerit,  jure  hereditaiio  supr;;dictum 
allodium  possidebit  hoc  modo  :  quod  ab  ecc'.esia  prœfata  in  feudorocipere 
et  ligium  homagium  facere  tenebitur,  qui  etiam  tilius  scilicet  vei  filia  si 
sine  liberis  subinde  decesserit  usque  in  teitiam  et  quartam  generaiionem 
etamplius  ad  pr^etactam  ecclesiam  memoratum  allodium  revertetur  libère 
et  absoiute.  Sciendum  etiam  quod  universalisecclesia  sœpe  dicta  Leodien- 
sis,  episcopus  scilicet,  pnepositus,  arcbidiaconi,  advocatus  Ilasbanine,  dux 
de  Lemborch,  comes  Namurcensis,  necnon  cœteri  barones  et  minisleriales 
juramento  firmaverunt,  quodpacemaliquando  ordinalam  intersupradictum 
comitem  de  Musai  et  comitem  de  Los,  à  comité  de  Los  icneri  facient 
secundum  (juod  bine  inde  pura  verifas  apportabit.  Alio(iuin  conlra  jam 
diclum  comitem  de  Los  epis(;opus  el  universaiis  ecclesia,  sicui  juraverunt, 
ad  admonitionem  pnefali  comitis  Alberti  lenebunlur  unaniiniler  cum  adju- 
vare,  qnod  si  minus  adimplerent  sa?pe  nominata  ecclesia  Leodionsis  à 
divinis  cess.iret,  necnon  dux  de  Lemborcb,  comes  Namurcensis,  prsepo- 
situs,  arcbidiaconi,  barones  ccciesiœ  jam  dictîe  hujus  rei  obsides  se  in 
villa  de  Musai  capU  praesonlare  teiieroniur.  Cum  pr.iediclis  sciendum  quod 
ecclesia  saepe  memorata  Lcodiensis  pro  consilio  dunr;im  abbatum,  quos 
comes  elegerit,  de  salute  animae  ipsius  et  anficessortim  siiornm,  quanlum 
ad  annivcrsarium  et  oiatitnes  in  omnibus  convenlualibus  ecclcsiis  tolius 
episcopalus  ordiuabit,   hoc  addilo,   quod  aule  allarc  beali  Lamberti  ei 


267 


dabitur  sepultura,  et  etiam,  ubicumque  decesserit,  si  ab  eo  in  ultimis 
dispositum  non  fuerit,  ad  jam  dietam  referetur  sepulturam.  Actum  anno 
Verbi  incarnati  M.  CC.  HII.  indictione  septima. 

Liber  chartantm  ccclesiœ  Leodiensis,  I,  n"365. 

n. 

Frédéric,  duc  de  Lorraine ,  confirme  la  donation  dWlbert  ;  1212. 

Ego  Frodericus  diix  Kotarindte  et  Theobaldiis  filius  meus  mpinbuidus 
Gertriuiis  filiae  Alberti  bonœ  nieiiioriœ  quoiidam  comitis  de  Danboïc 
omnibus  ad  quos  prœsens  scripium  jiervenerit  verbum  verilatis  acceplare, 
noverint  universi  quod  nos  elemosin;im  illam  (juam  comes  Albertus  de 
Damborc  fecit  Ecclesiae  l.eodienside  allodio  suo  de  Musai  et  de  Walevecum 
omnibus  quae  lom  in  familia  quam  in  aliis  rébus  ad  ipsum  aliodium  perti- 
nei,  r;)tum  habemus  et  appiobamus  sicut  oontinctur  in  caria  illa  quam 
Ecclesia  Leodiensis  inde  rceepi!,  siiiiilo  dicti  Alberti  comitis  conobo- 
ratam  et  (julcquid  in  caria  ssepedicti  comitis  continetur,  promiltimus  nos 
bona  fide  observiiuiros.  Actum  anno  incarnationis  dominicse  M"  CC"  duo- 
dccimo. 

Liber  chartarum  ecelesiœ  Leodienm,  I,  n^'  ôiô. 

ÎII. 

Le  légat  Conrard  confirme  la  donation  que  le  comte  Albert  a  faite  à  l'église 
de  Liège  de  ses  domaines  de  Mnsa!  et  Walef;  1224. 

Conrardus  miseratione  divlna  Porluensis  et  sanctae  Rufinœ  episcopus, 
apostoiicic  sedis  legatas  vencrabili  in  Chiisto  îiugoni  Dei  gralia  episcopo 
et  dilectis  in  Chrislo  juseposito  et  capitulo  Leodiensi  salutem  in  Christo 
Jesu.  Jnstis  petentium  desideriis  dignum  est  nos  faciiem  prsebere  con- 
sensum  et  vota  quaa  a  tramite  rationis  non  discordant  effectu  prosequente 
complere.  Eapropter,  dilecti  in  Christo,  vestris  juslis  petitionibus  grato 
concurrentes  assensu  personas  vestras  cum  omnil)us  bonis  vestris  quae  in 
prsesentiarum  rationabiliter  possidetis  aut  in  futurum  praestante  Domino 
juslis  modis  poteritis  adipisci.  sub  omnipotcntis  Dei  et  nostra  proteclione 
suscipinuis,  specialiler  anleni  donatioi)cmvobis  à  comité  Alberto  de  Musai 


-      268  — 

factam  secundum  quod  in  donationis  ipsius  scripto  sigillo  suo  et  episcopi 
authenticalo  prospeximus  conlinei  i,  aucloritate  quà  fungimur  confirmamus 
et  praesenlis  sciipii  patronicio  communimus,  quani  ordinationem  sicut  in 
dicto  scripto  prospeximus  praesentibus  litteris  de  verbo  ad  verbum  feciraus 

inseri  quod  scriptum  laie  est (  i  ). 

NuUi  ergo  omnino  hominum  liteat  hanc  paginam  nostrae  confirmationis 
infringere  vel  ei  ausu  temerario  contraire;  si  quis  autem  hoc  attemplare 
prœsumpseril  indignalionem  omnipolentis  Dei  et  heatorum  apostolorum 
Pétri  fitPauii  se  noverit  incursurum.  Datum  Leodii  Domini  Honorii  papae 
tertii  ponlificatus  anno  octavo  pridie  nonas  junii. 

Liber  chnrtarum  ecclesiœ  Leodiensis,  1,  n"  365. 

IV. 

L'empereur  Henri  confirme  la  donation  qu'Albert,  comte  de  Dasbourg  a  faite 
de  MusAL  et  de  Waleve,  à  Véglise  de  Liège  ;  1226. 

Ilenricus  Dei  gratia  romanorum  rex  et  semper  augustus.  Fer  praesens 
scriptum  notiimfacimusuniversisimperiiet  fidelibus  praesentibus  et  futuris 
quod  Hermannus  de  Samis  (?)  canonicus  et  nnntius  episcopi  leodiensis 
dilecti  principis  noslri  veniens  ad  nostram  praescntiam  exposuit  coram 
nobis  quod  cornes  Âlbertus  de  Dasburgdudum  eidem  epis(;opo  et  ecclesi» 
quoddam  allodium  quod  est  in  ioco  qui  dicitur  Musau  et  Walevium  cum 
omnibus  justitiis  et  pertinenliissuis  concessil  lilîeraliter  et  donavit;  quare 
Celsitudini  nosirae  pro  parle dicti  episcopi  huniililer  supplicavit  ad  fuluram 
securitatein  leodiensis  ecclesiœ  concessioneni  ii)si  episcopo  et  ecdesisesua; 
factam  de  allodio  praedicio  dignaremur  confirmationis  nostrae  munimine 
roborare;  nos  ii^Mtur  altendcnles  grata  et  devota  serviiia  prœfali  episcopi 
qua;  noliis  exhibuit  hactenus  et  in  antea  exbibere  poteiil  gratiosa  pro 
salute  quondam  serenissimi  palris  nostri  Romanorum  imporaloris  el 
nostrâ  et  remcdio  animarum  dnorum  Augustorum  paronlum  nostrorum, 
dictum  allodium  cum  omnibus  justiliisct  pertinentiis  suissicul  idem  comes 
eis  gratuiia  voluntaie  concessit  et  juste  poluit  concessisse  ac  in  scripto 
ejus  publico  apertius  continetur  ipsi  episcopo  et  sanctae  leodiensi  ecclesiae 
de  solita  benigniiatis  nostrae  gralià  in  perpeluum  confirmamus;  mandantes 

(  •  j  Voyez  la  charte  n"  1. 


—  269  — 

et  firmiter  inhibentes  quatenus  nulla  persona  alla  vel  huniilis,  ecolosiasiica 
vel  sœcLilarisdictum  episcopum  aut  ecclesiam  suam  du  pi\Tfato  allodio  vel 
hanc  nosirae  conlirmalionis  paginam,  ausu  temerario  molestare  seu  inipe- 
dire  prgesumat,  quod  si  prsesurapserit  indignationi'in  nosiram  se  noverit 
incursuium.  Ad  cujus  rei  memoriani  et  robur  in  perpetuum  valiturum 
praesens  scriptiim  fieri  et  sigillo  nostro  jussimus  communiri.  Dala  Herbi- 
poli  anno  dominicae  incarnationis  M,  CC.  XXVI  mense  novembri  indictioiie 
XIV  regni  nostri  anno  VI. 

Liber  charlarum  ecclcsice  Leodiensis,  I,  n"  3:23. 


Le  roi  Henri  délègue  les  abbés  de  Lobbes  et  de  S.  Hubert  pour  terminer  le 
différend  entre  le  duc  de  Brabant  et  le  prince  de  Liège. 

Henricns  Dei  gratia  Romanorum  rex  semper  aiigustus  el  rex  Siciiiae; 
de  Lobl)es  et  de  S.  lliiberto  abbatibus  gratiam  suam  et  onine  boninn.  Prae- 
posito  Coloniensis  ecclesia'  majoiis  et  Henrico  de  Dune  dedei'amus  in 
mandatis  ut  causam  quae  vertitur  inter  ecclesiam  Leodiensem  et  dueeni 
Brabanliœ  auctoiitate  nostra  complanarent,  sed  ipsi  aliis  occupati,  sicnt 
necesse  fuit,  nequiverunt  interesse;  ouni  igitur  ecclesia  pra-dicta  graviter 
à  Duce  se  kedi  conqueralur ,  nolentes  amplius  inter  praedictos  controver- 
siamdurare,  vobis  niandamus  quatenus  accedentes  ad  loca  universa  in 
quibus  danijina  utiobique  sunt  illata,  meritis  causae  diligcnter  examinatis, 
ipsani  auctoiiiaie  nostra  ad  statum  nielioreni  revocetis,  et  si  quid  ecclesiae 
ipsi  vel  episcopo  Leodiensi  per  ducem  memoratum  est  illatum  detrimenti, 
ex  parte  nosira  ipsuni  nioneatis  ad  reslitutioneni,  imnio  totam  causam  ad 
paceni  et  coiuoi'diam  reducatis  et  parleni  quam  inveneritis  vestrae  ordina- 
tioni  rebelloin  ex  parte  nostra  nioneatis  ab  injuria  declinare,  si  vero 
ammonitioni  vestrae  non  acquieverit  id  nobis  perfecte  rescribatis  et  nos 
indubitanter  et  sine  dilatione  partem  nostram  efficaciter  interponemus  ad 
extinguendum  partis  injuriantis  alleri  austerilatem.  Datum  Utere  prid. 
cal.  jan. 

Liber  chartarum  ecclesiœ  Leodiensis,  I,  n"  353. 


—  270    - 

VI. 

Henri,  duc  de  Brabnnt,  renonce  à  ses  prétentions  sur  Moha;  1227. 

Reverendo  patri  in  Christo  et  dno  suo  H.  Dei  giaiia  Coloniensi  archie- 
piscopo,  prieposito  et  archidiacono,  (i.  decano  ei  archidiacono  totoque 
capitulû  majoris  ecdcsiae  coloniensis. 

II.  eadem  graiia  diu  Lothai'iiigiae  salutem  et  paratam  ad  b^neplacita 
voluiUatem. 

Noveritis  quod  nos  omnem  qiierelam  quam  habebamus  vel  habere  pote- 
raraus  contia  veneral)ileni  patrem  et  dnum  nostriim  Hiii;onem  Dei  gratià 
Leodieiisem  episcopum,  su|ier  oastris  de  .^iusal  et  de  Waleve  et  eorum 
petLinentiis  qnittam  chimaviimis  promitlentes,  praslito  corporaliter  jura- 
menlo  (jiiod  nunciuam  de  rrelero  ipsos  vel  coriim  successores  iiiquietabi- 
miis  super  praeniissis  per  nos  vel  per  aliiim,  hiijiis  rei  testes  sunt  fidèles 
nostri  Egidius  liertuldus  ,  Walterus  Bertoldvf!,  Godcfiidus  de  Perwez, 
Leonius  castellanus  de  Bruselle,  Gossvvinus  de  Gochoncoiirt,  Arnoldus  de 
Walehem,  Arnoldus  de  Wescmal,  Waltcrus  de  A.  Otlo  de  Trasjgnies, 
Arnoldus  senescalcus  de  Rotelerqu'i  omnes  ad  petilionem  nostram  litleras 
suas  patentes  dcderunt  dictis  episcopo  et  ecclesiae  Leodiensi,  quod  si  nos 
aut  hîEreflcs  nostri  aliquo  unquam  teiiipore  contiaveneriinus,  ipsi  nuUum 
auxilium  prœslarcnt  mihi  aut  ha-redibus  meis  de  querelis  prœdictis,  banc 
autem  quitationemliberam  et  absolutam  fecimus  supra  memoratis  episcopo 
et  ecclesi;e  et  si  quid  jmis  habebamus  vel  habere  poteramus  in  rébus  prae- 
diclis  nos  illud  ineleinosinam  pro  remcdio  aniniie  noslnc  et  anteccssorum 
nostrorum  eis  liberaliter  cuntulimus  sub  testiinonio  fidelium  episcopi. 
clericorum  etmilifuin.  In  ciijus  lei  lestimonium  pron.senlem  paginam  sigilli 
nostri  munimine  roboravinius. 

Aclum  apud  Warenie  aiino  Dni  MCC  viccsimo  sepiinio.  In  decollaiione 
.lohannis  Daplisttn. 

Ul)i'r  cliartarionccclesiœ  Leodicn,si!<y  1,  n"  5G6. 

VII. 

Henri, duc  de  Brabant,  renonce  à  ses  prétentions  sur  Moha;  1227. 

Excellenti  dno  suo  H  Dei  gratia  iilusiri  Romanorum  legi  et  seniper 
Augusto  H.  filius  ducis  Lolhorir.giiC  primogenitus  salutem  et  id  servitii 


-..  271   — 

quod  potest  ;  noverit  dominalio  vestra  quod  ego  omnem  querelam  quam 
habebam  vel  habere  poteram  adversus  venerabilem  patremet  dominumll. 
Deigratia  Leudicnseni  episcopum  et  ecclesiam  Leodiensem  super  castris 
de  Musav  et  deWaleveet  eorum  pertinentiis  quittani  clamavi  promittens, 
prsestito  coiporaliter  juramento  quod  nunquam  de  cetero  ipsos  vel 
eorum  successores  inquietabo  super  |)r»missis  per  me  vel  per  alium. 
Actum  anno  Dni  millesimo  ducenlesimo  vicesimo  septimo. 

Charte  de  la  cathédrale  Saint-Lambert,  n"  G7. 

VlII. 

Lea  vassaux  de  Henri  confirment  son  acte;  1227. 

Nos  Egidius  Bertos,  Walterus  Bertos,  Godefridus  de  Perwez,  Oslo  de 
Trasignies,  Leonius,  castellanus  de  Bruselle,  Gosswinus  de  Gochoncourt, 
Arnoldiis  de  Walehem,  Arnoldus  de  Wesemale,  Walterus  de  A,  Arnoldus 
senescalcus  de  Roteler,  notum  faclmus  universis  praesens  scriptum  ins- 
pecturis  quod  nos  adpetitionemet  mandatuniH.  illustrisducis  Lotharingiae 
et  domini  Henriei  primogeniti  fllii  sni  prœstito  corporaliter  juramento 
promlsimus  vencrabili  patri  Hiigoni  dei  gratià  Leodlensi  episcopo  quod  si 
praedicli  dni  nostriaut  eorum  haeredes  ullo  unquam  tempore  venirent  con- 
tra quittationem  et  eleniosinam  qnani  fecerunt  prsedictis  episcopo  et  ecclesiae 
de  castris  de  Musai  et  de  Waleve  et  eorum  pertinentiis,  nos  nec  auxiliura 
nec  consilium  prœstaremus  eisdem  aut  hseredibus  eorum  in  cujus  rei  tes- 
timonium  priEsentes  literas  sigillorum  nostrorum  munimine  roborasimus. 
Liber  chartartm  ecclesiœ  Leodiensis,  L  n"  546. 

IX. 

Henri,  duc  de  Brabant,  renonce  à  se^  prétentions  sur  Moka  ;  4227 

Reverendo  patri  in  Christo  et  dno  suo  H.  Dei  gratia  Coloniensi  archie- 
piscopo,  C.  r.rœposito  et  archidiacono,  G.  decano  et  archidiacono,  totique 
capitulo  majùiis  ecclesiae  Coloniensis,  H.  filius  ducis  Lothoringiae  primo- 
genitus  saluiem  et  paratam  ad  beneplaciia  voluntatem. 

?soveriiis  quod  ego  onintm  querelam  quam  habebam  vel  habere  poteram 
adversus  venerabilem  patrem  et  dnum  meum  II.  Dei  gratia  Leodiensera 


-  572    - 

episcopum  et  ecclesiam  Loodiensem  super  caslris  de  Musav  et  de  Waleve 
et  eoriiin  pertiiientiis  quittani  clamavi,  promittens,  prestilo  corporaliter 
jiiranienlo,  quud  nunquam  de  cetero  ipsos  vel  eoruni  successores  inquie- 
tabo  super  premissis  per  me  vel  per  alium.  Dalum  anno  Domini  inillesiiiio 
duoentesimo  vicesimo  septinio. 

Charte  de  la  cathédrale  Saint-Lambert,  n°  G8. 

X. 

Léglise  de  Cologne  confirme  l'acte  de  Henri  ;  4227. 

H.  Dei  gratia  S.  Coloniensis  ecclesiafi  arcliiepiscopus,  C.  major  prœpo- 
situs  et  G.  major  decaiius,  archidiaconi,  totumque  capitulum  ecclesiae  S. 
Pétri  in  Coloniis  uiiiversis  prœsentes  iilteras  inspecluris  salutem  in 
Domino.  Noveritisquodiios  Iilteras  illustris  viriHenrici  ducis  I.otiiaringiœ 
etdomliii  Henricifilii  sui  |)rimogenitirecepimusquariim  tenorialis  est(i)  : 

Nos  igitur  quittalionem  prœdictam  ratani  et  gratani  habemus  et  castra 
do  Musai  et  de  Walefe  cum  eorum  perlinentiis  prout  in  litteris  prœdic- 
torum  ducis  et  lilii  sui  continetur,  venerabili  fratri  nostro  Leodiensi  ac 
dilectGB  flliie  nostrae  ecclesiae  Leodiensi  auctoritate  sanctte  Coloniensis 
ecclesiffi  confirmamus,  inhibentes  sub  pœna  excommunicationls  ne  quis 
prœdiclum  episcopum  aut  ecclesiam  Leodiensem  super  prœdictis  castris 
aut  eorum  perlinentiis  de  cœlero  molestare  prœsumat.  Actum  anno 
Domini  M.  CC.  XXVlI  mense  septembri. 

Liber  chartariim  ecclesiœ  Leodiensis,  I,  n°  194. 

(  1  )  Voyez  la  charte  n"  VII. 


LES  ALEXIENS  A  LIEGE. 


L'origine  des  Alexiens  n'est  pas  bien  connue.  C'était  dans  le 
principe  une  société  de  pieux  laïques  qui  soignaient  les  malades 
et  enterraient  les  morts.  Ils  rendaient  ces  services  de  charité 
surtout  aux  pauvres.  Mirseus  rapporte  que  leur  institut  fut 
approuvé  par  Boniface  IX  (1389-1404) ,  Eugène  IV  (1431-1447), 
et  quelques  autres  Papes.  Ils  embrassèrent  dans  la  suite  la 
règle  de  S.  Augustin  et  ils  firent,  ajoute  cet  auteur,  des  vœux 
solennels. 

Le  père  Bonanni,  dans  son  catalogue  des  ordres  religieux, 
dit  que  le  pjipe  Pie  II,  par  un  bref  du  3  janvier  1439, 
leur  permit  de  faire  des  vœux  solennels;  douze  d'entre  eux 
les  prononcèrent  en  présence  du  prieur  du  couvent  de  Ma- 
li nés,  comme  il  est  marqué  dans  un  livre  en  langue  flamande, 
imprimé  l'an  1637  (i). 

Le  pape  Sixte  IV,  par  un  bref  de  1472,  leur  accorda  quelques 
grâces  et  faveurs  qui  furent  confirmés  par  Jules  II,  le  20  juin 
1506.  Miraeus  ajoute  encore  que  Sixte  IV  leur  permit  d'élire  un 
général;  ce  qu'ils  firent  en  réalité,  puisqueilans  unactedel496 
se  trouve  cité  un  Francour,  jadis  général  de  la  congrégation. 
Toulelois  cet  ordre  de  choses  n'a  pas  continué  à  subsister;  en 

(i)  Âpud  Hélyot,  Dictionnaire  des  ordres  religieux. 


274 


effet,  au  XVIII*  siècle,  les  différentes  maisons  n'étaient  plus 
soumises  qu'à  des  provinciaux. 

Ce  fut  à  la  demande  de  Judocus  Verbelen,  provincial  de  la 
province  de  Brabant,  que  Clément  XIV  confirma,  le  5  février 
1772,  les  grâces  et  faveurs  accordés  par  Sixte  IV  et  Jules  II, 
mais  sous  la  réserve  qu'ils  ne  seraient  pas  contraires  aux 
constitutions  apostoliques,  ni  aux  décrets  du  Concile  de  Trente. 
Le  Pape  constate  dans  ce  bref  que  les  Alexiens  ne  sont  pas  des 
clercs,  qu'ils  suivent  la  règle  de  S.  Augustin  et  qu'ils  récitent 
l'office  de  la  S'*  Croix.  Il  déclare,  en  outre  ,  qu'ils  constituent 
un  ordre  régulier  et  que  les  profès  sont  de  véritables  religieux. 


II. 


Il  existait  au  diocèse  de  Liège,  à  la  fin  du  siècle  dernier,  cinq 
maisons  d'Alexiens,  h  savoir  :  à  Liège,  h  Maestricht,  k  Hasselt, 
à  St-Trond  et  à  Aix-la-Chapelle.  Aucune  de  ces  maisons  n'était 
exempte  de  la  juri:!iction  épiscopale.  Les  religieux  ne  recevaient 
point  les  Saints  Ordres.  Ils  soignaient  les  malades  à  domicile, 
ensevelissaient  les  moi  ts  et  recevaient  les  insensés  dans  leur 
couvent.  Les  novices  étaient  admis  par  la  communauté  et  le 
prieur  de  cb;tque  maison,  ainsi  qui;  par  le  provincial  qui  rési- 
dait li  Hasselt.  Api'ès  une  année  de  noviciat  ils  étaient  admis  à  la 
profession.  On  ignore  si  leurs  vœux  de  chasteté  et  de  pauvreté 
étaient  solennels.  Le  supérieur  appelé  Pater  était  élu  par  les 
frères. 

La  maison  de  Hasselt  fut  fondée  et  dotée  en  1439,  par  la 
libéralité  d'une  pieuse  béguine  nommée  Noels.  Les  premiers 
frères  qui  s'y  établirent,  sortaient  de  la  maison  de  Diest. 

Ce  fut  sous  l'épiscopat  de  Louis  de  Bourbon  (1456-1482)  que 
le  frère  Francour,  général  de  l'Ordre,  demeurant  à  Liège,  fit 
proposer  aux  mambours  des  pauvres  et  aux  curés  de  St-Trond 
d'établir  quatre  frères  dans  leur  ville  pour  y  soigner   les  in- 


—  275  -^ 

lirmes  et  ensevelir  les  morts.  Il  est  bien  probable  que  sa  pro- 
position fut  agréée. 

Les  Alexiens  de  Maeslrichl  y  lurent  placés  par  l'évêque  Jean 
de  Horne  en  1487  pour  soigner  les  pestiférés. 

L'évêque  Louis  de  Bourbon  érigea  la  maison  des  Alexiens,  à 
Aix,  le  18  mai  1469. 

Des  cinq  communautés  d'Alexiens  de  notre  diocèse,  il  n'existe 
plus  aujourd'bui  que  celle  de  Liège. 


m. 


L'origine  de  la  communauté  de  Liège  remonte  au XIV*  siècle. 
Les  frères  Alexiens  furent  établis  primitivement  dans  la  rue 
Condelistrée,  derrière  l'église  collégiale  de  S.  Paul.  Ils  cédèrent 
leur  maison  en  1493  aux  sœurs  de  Basque,  et  reçurent  de 
celles-ci,  en  échange,  le  couvent  de  Ste-Élisabeth,  dit  des 
bons-Enfants.  Ils  ne  conservèrent  ce  couvent  que  jusqu'au  18 
décembre  1496;  tous  les  religieux  s'en  étaient  retirés,  à  l'ex- 
ception de  Fra«(;oM/',  autrefois  général  de  tout  l'Ordre  des  frères 
Cellites  et  de  Guillaume  de  Liège,  le  pater-supérieur  de  la  com- 
munauté. Ces  deux  religieux,  avec  le  consentement  de  leur 
général ,  vendirent  le  couvent  aux  Sépulcrines  de  Neusiadt, 
près  de  Sittard  et  abandonnèrent  la  cité. 

Une  maladie  contagieuse  qui  sévissait  dans  la  ville  de  Liège 
en  1519  fit  rappeler  les  frères  Alexiens,  par  le  magistrat  et  le 
prince-évêque  Erard  de  Lamarck.  Ils  envoyèrent  un  député  au 
chapitre  général  des  Alexiens  qui  se  trouvait  réuni  à  Anvers,  le 
27  septembre  de  cette  année,  sous  la  présidence  de  leur  général, 
Martin  Geerts,pater  de  la  maison  d'Amsterdam,  pour  le  prier 
d'établir  luie  maison  de  l'ordre  à  Liège.  Le  chapitre  y  consentit 
et  délégua  Guillaume  Huenen,  pater  de  la  maison  de  Bruxelles, 
et  Pierre  Costers,  pater  de  la  maison  de  Louvain,  pour  conclure, 
à  ce  sujet,  une  convention  avec  le  magistrat.  On  tomba  d'accord 


le  7  octobre  1519  iiux  condilions  suivantes  :  «  première- 
ment et  incontinent  et  instamment  une  quantité  de  frères  de 
la  dite  Ordre  à  nombre  de  treize  plus  ou  moins  en  telle  compé- 
tence que  pour  suffire  de  raison  selon  In  nécessité  sera  mise  en 
la  maison,  chapelle,  liopitaulx  condist  Pasquea  à  Saint  Sévérin 
pour  y  demorer  jusqu'à  ce  que  en  aurons  communiqué  avec 
notre  très- redouté  seigneur  et  mes  dits  vénérables  seigneurs 
pour,  par  leur  avis,  les  oidonner  el  donner  autre  place,  maison, 
lieu,  chapelle  convenable,  ayant  icelle  chapelle  autel  consacré 
pour  célébrer  messe,  y  mettre  le  saint  Sacrement  d'autel  et 
d'Onction  avec  cimetière  et  place  pour  les  sépultures  d'eux  et  de 
leurs  familles,  laquelle  maison,  chapelle  et  lieu  pieux  sera  par 
nous  dotée  et  y  assignerons  la  somme  et  valeur  de  cent  muids 
de  speaulte  héritable  ..  Les  dits  frères  doivent  visiter  et  admi- 
nistrer les  malades.  En  temps  hors  peste,  ils  auront  par  jour  et 
nuit  pour  la  personne  deux  patars,  et  en  temps  de  peste  quatre 
patars  ;  pour  nettoyer  et  mettre  à  point,  sépélir  et  mettre  en 
luzea  condist  vasea  six  patars  ;  pour  les  porter  et  enterrer  à 
cimetière  quatre  ])atars  et  à  englise  ou  couvent  huit  patars  ;  et 
des  enfants  moitié  prix  ;  voir  que  les  pauvres  bourgeois  et 
bourgeoises  indigents  et  non-ayant  puissance  avec  leurs  enfants 
et  famille,  en  seront  quittes  et  servis  pour  l'amour  de  Dieu..  . 
Tous  corps  morts,  vieux  et  jeunes  hommes  viri's  seront 
appointés,  nettoyés  et  mis  en  dits  luzeaux  ou  vaseaux  pour  le 
prix  susdits  par  les  mains  des  dits  frères  et  non  autres,  partant 
qu'en  telle  alfaire  surviennent  souvent  fois  grands  dangers  et 
inconvénients  aux  dits  frères  et  autres  personnes  et  créatures 
par  infection  telle  qiie  la  mort  soi  ensuit  ;  et  tous  corps  morts 
seront  portés  à  la  sépulture  par  les  dits  frères  et  non  autres, 
sauf  les  corps  des  nobles  hommes  ou  femmes,  gens  d'état, 
échevins,  maîtres  de  la  cité,  officiers  ou  autres,  s'il  ne  plait  à 
leur  avis,  et  nonobstant  ce  les  dits  frères  en  devront  avoir  leurs 
salaires  tels  que  dessus  ;  entendu  que  les  dits  frères  seront 
privilégiés  de  n(»n  hcsoigner  en  cas  susdit  en  maison  des  reli- 


-  277  — 

gions  de  quelque  sexe  que  ce  soil,  ne  aussi  en  hôpitaux,  s'il 
leur  plail  ;  et  quant  à  l'état  des  femmes,  les  dits  frères  n'en 
veulent  être  empêchés  après  leur  mort  autrement,  ne  plus  que 
de  les  porter  et  mettre  en  la  terre  pour  le  prix  ci-dessus 
déclaré....  Nous  les  absolvons  aussi  de  toutes  tailles,  aides, 
subventions....  d'oust,  d'armée,  de  gait,  de  surgoit,  de  cor- 
wées....  »  Le  magistrat  leur  donna,  pour  s'établir,  la  somme  de 
170  postulats.  Le  prince-évêque  approuva  la  coiivention  par  un 
acte  daté  de  Curange,  le  10  octobre  1519. 

Le  magistrat  leur  acheta  un  fonds,  rue  de  la  Volière,  derrière 
l'église  de  S.  Servais.  Ils  s'y  construisii'ent  un  couvent  avec 
leurs  économies  et  les  aumônes  des  fidèles.  Leur  petite  église 
fut  achevée  vers  l'an  15o8  (i)et  bénite,  le  10  juillet  1563, 
en  l'honneur  de  Dieu  et  de  saint  Roch,  par  Antoine  Ghénarî, 
chanoine  et  vice-doyen  de  S.  Lambert,  inquisiteur,  qui  avait 
été  délégué  à  cet  effet  par  l'évêque  suffragant  Sylvius.  Dès 
lors,  ils  ne  se  bornèrent  plus  à  soigner  les  malades  à  domi- 
cile et  à  ensevelir  les  morts,  ils  reçurent  aussi  en  pension  dans 
leur  couvent  les  insensés  et  autres  personnes  dignes  de  com- 
passion. Les  services  qu'ils  rendaient  furent  si  bien  appréciés 
que  le  prince,  les  trois  Etats  et  le  magistrat  de  la  cité  leur 
firent  payer  deux  escalins  pour  chaque  ménage  dont  le  chef 
viendrait  à  mourir.  Grâce  à  cis  ressources,  à  leurs  économies 
et  à  leur  patrimoine,  ils  se  créèrent  un  revenu,  en  rentes 
annuelles,  qui  montait  à  1,689  florins  de  Liège,  à  la  fin  du 
siècle  dernier. 

Les  pensionnaires  étaient  habituellement  au  nombi'edelB; 
il  n'y  avait  de  la  place  que  pour  vingt.  La  communauté  des 
frères  comprenait  ordinairement  huit  membres.  Un  père 
capucin  du  couvent  voisin  leur  disait  la  sainte  Messe  et  un  père 
récollet  était  leur  confesseur.  Une  confrérie  de  S.  Roch  établie 
dans   la  chapelle,  depuis   1579,  pourvoyait   à    l'entretien   de 

{  1  )  CeUe  (laie  se  voit  encore  sur  une  pierre  de  la  farade, 


—  278  - 

celle-ci.  On  y  voit  encore  deux  tableaux  dont  elle  l'orna  en  1780, 
comme  l'iiKliquent  les  chronogrammes  suivants  :  Deo  eXCeLso 
uoChoqVe  VoVeMUs.  itoCnUs  iilG  DarIt  .«guIs  AUXILIUM. 

Le  couvent  des  frères  avait  aussi  son  cimetière  destiné  aux 
pensionnaires  et  aux  membres  de  la  communauté.  Toutefois 
les  étrangeîs  pouvaient  également  y  choisir  leur  sépulture.  Le 
9  juillet  1870,  on  y  a  découvert  une  pierre  sépulcrale  qui  porte 
l'inscription   suivante  : 

ICI.  CIST.  LEO  MII.LKt  HE  MAES 

ini.    FILZ.   I>V.  s,   10.  THOMAS.    I»E.    >1AESTRI. 

CONT'.   PALLAUIN".  CHEVALLIER.   DE.  l'oRD. 

I)V.  ESPVRO.  DOR.  NATIF.   HE.  LA  CITÉ. 

IIE.  AST.  EN.  PlEiMONT.  QVl.  TRE 

PASSAT.    LE.   P.   ItOCTOBRE.    A"   1558  (l). 


IV. 


La  loi  du  1  septembre  1796  ayant  supprimé  en  Belgique 
toutes  les  institutions  monastiques,  Gharpigny,  directeur  des 
domaines,  envoya  des  commissaires  au  couvent  des  frères  cel- 
liles  pour  faire  l'inventaire  de  leurs  biens.  Les  religieux  invo- 
quèrent immédiatement  la  protection  du  Conseil  communal  qui 
s'intéressa  h  leur  son  ;  il  considéra  leur  établissement,  non 
comme  un  couvent,  mais  comme  un  hospice  de  la  ville,  et,  h  ce 
titre,  non  compris  dans  la  suppression,  et  il  conseilla  aux  reli- 
gieux de  s'opposer  à  tout  inventaire;  ce  qu'ils  tirent,  le  20 
octobre  1796. 

Le  Conseil  communal  décréta  même,  le  2  décembre  suivant, 
certaines  mesures  destinées  h  conserver  l'établissement  :  «  les 
frères,  dit-il,   quitteront   l'habit   monastique  dans  le  délai  de 


,  l  )  Armoiries  :  Kcu  (icurtulé  ;iux  (  et  i  de..  ..  au  lion  rampant,  de aux  2  ri 

3  de à  deux  l'asces  de...    —  Devise  •  .Ivste  jvdica  proximo. 


—  279  — 

deux  décades.  Ils  cesseront  à  ce  moment  de  prendre  le  nom 
d'Alexiens  et  pointeront  celui  de  membres  de  nwspice  de  l'huma- 
nité. Ils  continueront,  sous  ce  titre,  à  remplir  le  but  de  leur 
ancienne  institution,  sous  l;i  surveillance  des  autorités  aux- 
quelles elle  est  confiée.  » 

Les  Alexieiis  s'adressèrent  aussi  à  l'Administration  du  dépar- 
tement et  raverlirent  que,  s'ils  étaient  supprimés  et  privés  de 
leurs  revenus,  ils  congédieraient  tous  leurs  pensionnaires. 
L'Administration  comprenant  «  qu'il  serait  dangereux  pour  la 
tranquillité  publique  et  le  repos  des  familles  de  rendre  à  la 
société  des  individus  confiés  aux  frères  cellites  ou  reclus  chez 
eux  par  l'autorité  de  la  justice  »,  leur  laissa,  le  27  décembre 

1796,  la  jouissance  provisoire  de  leurs  revenus  et  obligea  les 
débiteurs  à  payer  entre  leurs  mains.  Elle  adressa,  en  même 
temps,  une  pétition  au  Corps  législatif  en  faveur  des  Alexiens, 
comme  le  tirent  aussi  la  plupart  des  administrations  des  autres 
départements. 

Par  un  arrêté  du  11  janvier  1797,  le  Ministre  des  finances  fit 
surseoir  «  provisoirement  h  la  suppression  des  Alexiens  de 
Liège  et  de  toutes  leurs  maisons  situées  dans  les  départements 
réunis.  » 

Ce  sursis  ne  fut  pas  de  longue  durée.  La  loi  du  25  novembre 

1797,  supprima  les  maisons  religieuses  dont  l'institut  avait  pour 
objet  le  soulagement  des  malades;  elle  laissa  néanmoins^  ceshôpi- 
taux  les  biens  dont  ils  jouissaient,  mais  ces  biens  devaient  être 
administrés  par  les  commissions  des  hospices  civils.  La  maison. 
des  Alexiens,  étant  considérée  comme  un  hôpital,  tomba  sous 
la  loi  de  suppression.  La  Commission  des  hospices  de  Liège  s'en 
mit  en  possession  et  prit  en  main  la  gestion  de  ses  biens.  Les 
registres  lui  furent  remis  par  les  frères,  le  10  octobre  1798. 

V. 

Depuis  cette  époque  jusqu'aujourd'hui,  c'est  la  Commission 
des  hospices  civils  qui  régit  la  uiaison,  pourvoit  à  son  entretien, 


—   2S0   — 

y  place  les  aliénés  et  règle  tout  le  régime  intérieur.  Les  frères 
Alexiens  n'y  ont  été  maintenus  par  elle  qu'à  titre  d'hospitaliers 
pour  soigner  les  aliénés;  elle  leur  donne  la  nourriture  et  le 
logement  et  leur  paye  un  salaire  annuel  pour  leur  vestiaire  et 
leurs  autres  besoins. 

La  communauté  des  Alexiens  admit  des  novices  qui  y  ont 
fait  leur  i)rofession  depuis  1801  jusqu'en  1824.  En  vertu  des 
arrêtés  de  Guillaume  1,  elle  ne  put  continuer  à  subsister  que 
sous  la  condition  de  se  faire  autoriser  par  le  Gouvernement. 
En  1824  elle  lui  adressa  une  demande  dans  ce  sens,  mais  elle 
essuya  un  refus.  Dès  lors  elle  ne  put  plus  admettre  des  novices, 
et  elle  n'était  plus  que  tolérée  jusqu'à  ce  que  le  décès  de  ses 
membres  eût  amené  son  extinction. 

Le  nouveauGouvernement  établi  en  Belgique  en  1834  rendit 
la  liberté  aux  congrégations  religieuses.  Depuis  cette  époque, 
les  Alexiens  admirent  de  nouveau  des  novices,  mais  ceux-ci  ne 
firent  leur  profession  qu'en  1849.  Ils  mirent  tous,  à  leur  vœu 
de  pauvreté,  la  réserve  formelle  qu'ils  conserveraient  la  pro- 
priété de  leur  patrimoine  et  des  biens  qui  pourraient  leur  être 
donnés  ou  légués,  individuellement,  par  leurs  parents.  L'Ordi- 
naire consentit  à  cette  réserve  que  les  c  rconstances  du  temps 
et  la  position  précaire  des  religieux  justiliaient  suflisamment. 
Par  cette  réserve  qui  est  restée  en  usage  jusqu'aujourd'hui,  les 
vœux  des  religieux  ne  sont  que  des  vœux  simples. 

La  communauté  se  compose  en  ce  moment  d'un  supérieur  et 
de  six  frères.  L<^s  aliénés  qu'il-  soignent,  sont  an  nombre  de 80. 
Sous  le  rapport  spirituel  les  frères  dépendent  uniquement  de 
l'Ordinaire  qui  approuve  l'élection  du  supérieur  et  reçoit  la  pro- 
fession des  religieux, 

VL 

Les  pères-supéri'  uis  dont  nous  avons  pu  irouvcr  les  noms 
sont  les  suivants  : 

Guillaume  de  Liège,  cité  en  149(î. 


i>81 


Judocus  Nutz  dont  l'épitaphe  se  trouve  au  milieu  de  la  cha- 
pelle :  Hic  requiescU  frater  Judocus  Nutz  hujus  conventus  dum 
vixit  paler  qui  obiit  a"  1572  mensis  Martii  die  XXV. 

Jacques  Daddelinx.  Hic  jacet  frater  Jacobiis  Daddelinx  sup- 
puter huius  conventus  qui  obiit  anno  Dni.  1598,  vigesima  decem- 
bris.  Orate  pro  eo. 

Gérard  Daddelinx  dont  l'épitaphe  se  trouve  également  dans 
la  chapelle  :  Hic  jacet  pins  ac  dévolus  frater  Gerardus  Daddelinx 
paler  fratrum  CeUitarum  huius  domus  qui  obiit  anno  1607.  Cujus 
anima  requiescat  in  pace. 

Nicolas  Vanden  bruegyen  qui  fut  aussi  enterré  dans  la  chapelle. 
Son  tombeau  y  porte  l'inscription  suivante  :  Hic  jacet  sepultus 
devotusreligiosus  ordinis  Cellilarum  frater  Nicolaus  Van  den  brueg- 
gen  Trajecti  ad  Mosam  orliis,  Leodii  professus,  hujus  conventus 
paler,  qui  obiit  anno  1624  mensis  maii  die  noua. 

Jean  Bierls,  provincial,  cité  en  1655.  Ce  fut  sous  ce  pater 
qu'on  lit  des  reconstructions  au  couvent.  L'inscription  qu'on 
voit  î^i  la  fenêtre  de  la  tribune  de  l'église  rappelle  le  nom  d'un 
des  bienfaiteurs  :  Jean  Bap  Marson,  pasteur  de  eeste  paroiche 
de  S-  Servais  an"  1651. 

Ernest  Levesque,  cité  en  1680. 

Jean  Leessen,  cité  en  1691. 

Ernest  Levesque,  cité  en  1700. 

Jean  Leessen,  cité  de  1702  à  1705. 

Gonrard  Baerts,  cité  de  1706  à  1708. 

Nicolas  Stneets,  cité  de  1708  h  1743.  L'inscription  qui  se 
trouve  aii  dessus  de  la  porte  de  la  cour  intérieure  sous  un  Christ 
en  croix,  rappelle  que  cette  partie  du  bâtiment  fut  élevée,  en 
1728,  du  temps  de  ce  recteur  :  F.  N.  sMeets  DeflnHore  aC 
huJus  ConVentUs  paire  assUrgo. 

Pierre  Reulen,  cité  en  1744. 

Pierre  Beynders,  cité  en  1761. 

Augustin  Prepoels,  mort  en  mai  1801. 


—  'li^^l  - 

Dominique  Hegyers,  mort  le  »5  octobre  1808. 
Bernard  Watlioul,  de  Grand-Hallet,  mort  le  9  janvier  1823. 
iemiCosemaus,  mort  le  2o  novembre  1826. 
Paul  Vryens,  de  Mesch,  mort  le  8  octobre  1831. 
Michel  lluynen,  de  Mesch,  nommé  pater  en  18o'i,  mort  le  20 
novembre  1864. 
Jean  ]\'erelds,  de  Russon,  élu  le  25  novembre  1864. 


LA    SEIGNEURIE 


DE 


MARCHIN. 


Marchin,  aujourd'hui  village  important  de  la  province  de 
Liège  et  de  l'arrondissement  de  Huy,  constituait  avant  la  révolu- 
tion française  une  seigneurie  Iranc-allodialede  la  principauté  de 
Liège.  Patrimoine  libre  et  indépendant,  ses  maîtres  n'en  devaient 
ni  relief,  ni  hommage,  si  ce  n'est  à  Dieu  seul  (  ').  «  La  terre  de 
Marchin,  écrit  en  16721e  comte  de  Marchin  au  baron  d'Argen- 
teau,  a  toujours  esté  et  est  encore  un  franc  alleu,  ainsi  nommée 
à  cause  de  son  indépendance  ;  car  elle  ne  relevait,  ni  des 
princes  de  Liège  comme  comtes  de  Huy  et  de  Moha,  ni  des 
comtes  de  Namur,  ni  d'autres  seigneuries  auxquelles  elle  con- 
fine ('^).  » 

Cette  seigneurie  a  donné  son  nom,  ses  armes,  son  cri  de 
guerre,  à  la  noble  famille  des  Marchin,  qui  s'est  perpétuée 
jusqu'à  la  mort  du  maréchal  Ferdinand  de  Marchin,  en  1706. 
a  Le  lignage  de  Marchin,  deseur  Barse,  portait,  d'après  Hemri- 

(•)  La  seigneurie  de  Marchin  en  tant  que  franc-allodiale,  ne  ressorlissait  pas, 
nous  ignorons  pour  quel  motif,  de  la  cour  allodiale  de  Litige  :  aussi  n'en  est-il  fait 
aucune  mention  dans  les  registres  de  cette  cour. 

(*  )  Manuscrits  généalogiques  de  Lefort,  3™e  partie. 

Tous  les  documents,  registres,  etc.,  que  nous  mentionnons  sont  conservés  au 
dépôt  des  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 


28^ 


court,  d'argent  à  un  barbeau  de  gueule,  péri  en  pal  et  criait  le 
cri  de  Marchines,  comme  faisaient  encore  les  voués  d'Anthines 
et  ceux  de  Pexheurue,  tous  deux  issus  de  celte  maison.  « 

La  seigneurie  de  Marchin  a  appartenu  pendant  plusieurs 
siècles  aux  chapitres  de  Notre-Dame  de  Huy  et  de  S^  Martin  de 
Liège;  c'est  cette  dernière  circonstance  qui  nous  a  déterminé  à 
publier  ce  que  nous  avons  trouvé  sur  son  histoire. 

Voici  quelle  était  sa  situation  géographique  : 

Marchin,  arrosé  par  le  Hoyoux  et  les  ruisseaux  de  Perwez,  de 
Wappeetde  Vaux,  touchait  d'amonlà  la  seigneurie  de  GoesneC); 
d'aval  au  territoire  de  la  bonne  ville  de  Huy  (-)  ;aux  seigneuries 
de  Vierset  et  de  Barse  {'),  du  côté  du  Hoyoux;  du  côté  de  l'Ar- 
dcnne  aux  seigneuries  de  Vyle  et  de  Tharoule  (*);  du  côté  de 
la  Meuse  au  comté  de  Beauibrt  (Namur)  et  à  la  ville  de  Huy. 

Les  seigneurs  de  Marchin  ont  fait  faire  plusieurs  fois  une 
délimitation  plus  exacte  et  plus  précise  de  leur  domaine,  et  le 
texte  de  ces  cerclemenages  nous  a  été  conservé. 

Le  plus  ancien  est  du  1"^''  juillet  1461  ;  il  s'est  fait  de  l'autorité 
des  mayeurs  et  échevins  des  deux  cours  de  justice  de  Marchin 
d'après  les  déclarations  des  habitants  de  Marchin  et  de  ses 
dépoiulnnces  (  Wacheieche,  Lieze,  Jamagne  et  Daiève).  Johan 
(le  Liozc,  ch.nioine  de  Notre-Dame  de  Huy,  y  intervint  au  nom 
de  ce  ch;ipitrc,  et  maître  Gui  de  Floyon,  écuyer  et  bourgeois  de 
Huy,  au  nom  du  chapitre  de  S'.  Martin  (^). 

(•)  Conconlia  iilriusque  cnpitulicum  dnode  Goene  super  limite  separatorio  certa 
silvse  ab  aliiiuot  terris  1608.  {Hcyisn-e  aux  œuvreu  de  la  cour  de  Marchin.^ 

[*j  bcntentia  lalii  aucloritate  oflîcialis  Leod.  in  favorem  ulriusque  capituii  contra 
oppidum  Huense  super  punclo  limilum  dominii  de  Marchin  a»  1590.  (Une  copie  de 
celte  sentence  se  trouve  dans  une  liasse  des  archives  de  Notre-Dame  de  Huy.) 

(•■"j  Lettre  de  la  cour  de  Marchin  fixant  les  limites  entre  Marchin  et  Barse,  18 
janvier  4616.  (Œuvres  de  Marchin.) 

(*)  Le '■21  novembre  1708,  les  seigneurs  de  Maichin  et  de  Vyle  (Charles,  baron 
de  Celles),  firent  faire  un  cerclcmenage  dus  limites  communes  de  leurs  seigneuries, 
et  plantèrent  des  bornes  portant  d'un  côti'  un  M  el  de  l'autre  un  V. 

'  ')  (^e  recnrd  de  ccrclemenage  est  transcrit  in  extenso  dans  un  registre  qui  s« 
trouve  dans  b  lias>e  n"  Ij'M)  des  Archives  de  S'.  Martin. 


—  ^85  — 

Le  7  octobre  1624,  maître  Paulhin  Massar  et  Thiéry  Thiribu, 
chanoines  députés  du  chapitre  de  Notre-Dame,  et  Eustache 
Dans,  chanoine  député  de  SK  Martin,  requirent  les  mayeur  et 
échevins  de  Marchin  de  revoir  les  anciens  cerclemeiiages,  de 
faire  une  nouvelle  spécification  des  limites  et  des  joignants,  et 
de  leur  en  donner  bon  et  juste  record.  C'est  ce  qu'ils  firent  : 
ils  interrogèrent  les  plus  anciens  habitants  de  la  hauteur,  plan- 
tèrent des  bornes  et  indiquèrent  d'une  manière  plus  détaillée 
encore  qu'en  1461,  la  circonscription  de  la  seigneurie.  Les 
bornes  ou  thiers  qui  la  séparaient  de  la  seigneurie  de  Barse,  et 
qui  furent  plantés  du  consentement  de  Hugues  de  Crissegnée, 
seigneur  de  Barse,  portaient  deux  écussons  :  dans  fun  étaient 
gravées  trois  M,  signifiant  Messieurs  de  Notre-Dame,  Messieurs 
de  S^  Martin  et  Marchin,  et  dans  l'autre  un  B,  signifiant  Barse. 
Le  bailli  Jean  de  Subastogne  et  la  justice  de  la  seigneurie  de 
Goesne,  Jean  de  Floyon,  syndic  de  fabbesse  de  Solières, 
Monsieur  de  Brant,  capitaine,  le  mayeur  et  les  échevins  de 
la  seigneurie  de  Beaufort,  assistèrent  et  coopérèrent  à  cette 
délimitation  au  nom  de  leurs  seigneurs  respectifs  (*). 

Enfin  le  comte  Ferdinand  de  Marchin,  lorsqu'il  fut  devenu 
acquéreur  de  la  seigneurie,  fit  faire  un  nouveau  cerclemenage, 
dont  nous  publions  le  texte,  de  préférence  à  celui  de  1461  et 
de  1624,  parce  que  les  limites  y  sont  tellement  bien  spécifiées 
qu'on  pourrait  encore,  'i  peu  de  choses  près ,  les  retrouver  au- 
jourd'hui (^). 

Il  est  temps  d'aborder  l'histoire  de  la  seigneurie. 

n.   963-1106. 

Une  partie  de  Marchin  fut  donnée  à  l'église  collégiale  de 
S^  Martin,  par  son  fondateur,  l'évêque  de  Liège  Eracle,  en 
963.  La  charte  de  donation,  confirmée  pai  l'empereur  Olton  I 


('J  OEuvres  de  la  cour  de  Marchin,  A  ii"  il,  p.  413. 
'  )  Voir  aux  annexes,  a»  11. 


—  286  — 

dans  un  concile  provincial  tenu  à  Cologne  en  965,  constate 
qu'Eracle  a  donné  à  l'église  de  S'.  Martin,  avec  plusieurs 
autres  églises  et  domaines  «  Marcliinis  et  Slies.  »  ISul  doute 
que  le  premier  nom  n'indique  le  village  de  Marcliin;  quant  au 
second,  nous  sommes  assez  porté  à  croire  (lu'il  désigne  une 
dépendance  de  Marcliin,  actuellement  nommée  Lise  ou  Lize, 
et  qui  s'appelait  aulrelois  Lies,  Liers  ou  Licrz.  C'est  ainsi 
qu'un  ancien  inventaire  des  biens  de  S'.  Martin  porte,  comme  la 
charte  impériale,  «  apud  Lierz  et  Marcines  »;  de  plus,  un  do- 
cument de  l'an  1301  nous  apprend  qu'il  y  avait  Ji  Lies  une 
chapelle  auxiliaire  (  '  ). 

Dès  lors,  si  l'on  remarque  qu'Eracle  déclare  donner,  non 
pas  quelques  manses  de  terre,  comme  il  le  fait  pour  Hces 
«  in  villa  Hesi  très  mansos,  ^mais  la  localité  même  «  Marchinis, 
Slies,  »  on  peut  conclure  que  la  donation  d'Eracle  constitue 
le  titre  primordial  des  droits  seigneuriaux  du  chapitre  de 
S".  Martin  sur  Lize  et  Marchin. 

Cependant  ce  collège  ne  fut  pas  le  seul  et  unique  seigneur  de 
ce  qu'on  a  nommé  plus  tard  la  hauteur  de  Marchin  ;  une 
grande  partie  de  ce  territoire  a  relevé  d'abord  d'un  comte  Bau- 
duiu,  puis  a  été  vendue  par  celui-ci  à  la  famille  de  Marchin.  En 
effet,  Willibert  de  Marchin  déclare  formellement  en  1106  que 
son  alleu  de  Marchin  avait  été  acheté  à  un  comte  Bauduin 
«  sicut  emptum  fuerat  a  comité  Balduino  (').  » 

Quel  est  ce  comte  Bauduin  et  quand  a-t-il  vendu  son  domaine? 
Comme  les  chartes  et  les  historiens  n'en  disent  mot,  on  ne  peut 
faire  îi  ce  sujet  que  des  conject'jres  plus  ou  moins  plausibles. 

Dans  le  courant  du  11''  siècle,  nous  rencontrons  plusieurs 
Bauduin  qui  lurent  en  relation  avec  le  paysdeLiége  :  Bauduin, 
frère  de  Godefroid  de  Bouillon,  et  les  Bauduin  de  Hainaut.  Le 

(  '  )  Marlène  et  Durand,  Amplissima  coUectio,  T.  VU,  col.  54.  Harizheim,  Con- 
cilia ijeimaniœ,  T.  H,  p.  629.  Bulletin  de  la  Commission  d'Histoire,  1  série,  T.  VII, 
p.  272.  Beitholet.  lnstiluti<  u  de  lu  FiHe  Dieu,  annexes. 

(  i  ;  Voir  les  Annexes,  n»  \ . 


5S: 


premier  fui  chanoine  de  Liège,  partit  pour  la  croisade  en  4095 
et  devint  roi  de  Jérusalem.  Il  devait  avoir  des  possessions  dans 
le  pt)ys  de  Liège,  puisqu'en  1096  nous  voyons  sa  mère,  Ide  de 
Boulogne,  donner  plusieurs  alleux  liégeois  à  l'abbaye  de  Muus- 
lerbilseii  (  '  ).  D'autre  pari,  néanmoins,  nous  n'avous  pas  décou- 
vert un  seul  document  qui  lui  attribue  le  titre  de  comte. 

Restent  les  Bauduin,  comtes  de  Hainaut  :  Bauduin  VI ,  comte 
de  Flandre,  devenu  Bauduin  I,  comte  de  Haiuaut,  par  son 
mariage  avec  la  fameuse  Richilde,  et  leur  fils  Bauduin  II,  qui 
prit  la  Croix  en  1095  et  mourut  en  1098.  L'histoire  nous 
apprend  que  Baudouin  II,  pour  subvenir  aux  frais  de  son  expé- 
dition, aliéna  plusieurs  de  ses  domaines;  il  vendit  à  l'évêque 
de  Liège  la  terre  de  Couvin  avec  toutes  ses  dépendances  «  a 
fluvio  Mosa  usque  ad  Cinnacuui  et  Leisiam  et  Belmont  et 
Ruminiacum.  »  Une  charte  inédite  nous  le  montre  vendant  à 
l'église  de  Notre-Dame  de  Huy  son  alleu  de  Gesves.  Or,  la 
terre  de  Couviu  et  l'alleu  de  Gesves  se  trouvent  dans  le  même 
ressort  que  Marchiii.  Ou  peut  cron^e,  en  conséquence,  qu'une 
partie  deMarchina  été  tributaire  des  comtes  de  Hainaut  jusqu'en 
1095,  et  qu'alors  Bauduin  II,  toujours  pour  couvrir  les  frais  de 
son  voyage  en  Terre-Sainte,  l'a  vendue  à  Willibert  de  Marchin. 

Le  héraut  d'armes  Lefort  a  inséré  dans  ses  manuscrits  une 
table  généalogique  de  la  famille  Marchin,  qui  assigne  une  autre 
origine  et  d'autres  seigneurs  au  territoire  de  Marchin  :  «Reynaud 
»  de  Chiny  en  aurait  été  le  premier  seigneur,  selon  que  rapporte 
»  Malachie  d'Orval  en  ses  annales  des  fondateurs,  et  lui  donne 
»  pour  femme  Sophie,  fille  d'Albéron,  comte  de  Huy,  et  sœur 
»  de  Ingebrant.  » 

«  Il  fut  témoin  en  une  charte  de  l'évêque  de  Liège,  1014,  avec 
»  l'évêque  Wason  et  la  comtesse  Richilde  de  Haynau,  fille  de 
»  Reynaud  de  Chiny,  et  de  Haduisse,  comtesse  de....  »  (-). 

(*)  trnsl.  Histoire  du  Limboury,  T.  VI,  |).  113, 

(*)  Lefort,  Mutnitfcnts  rjénéalogiqueti,  "2  [jarlie,  T.  Vil,  63. 


■     5f^S  — 

Mais  Reynaud  de  Chiny  esi  tout  aussi  inconnu  que  Mala- 
chie  d'Oi'val  et  ses  annales  des  fondateurs  ;  il  n'y  a  pas  eu 
d'Albéron,  comte  de  Huy  ;  et  en  1014  Wazon  n'était  pas  évêque, 
et  Ricliilde  (1026-1080)  n'était  pas  née;  enfin  Richilde  était  fille 
de  Régnier  IV  de  Hainaut  et  de  Mathilde  d'Eenham  ;  son  aieule, 
femme  de  Régnier  III,  se  nommait  Hedwige  ou  Haduisse,  et 
était  fille  de  Hugues  Capet. 

Ces  quelques  observations  suffisent  pour  faire  apprécier  la 
valeur  de  la  généalogie  transcrite  dans  Lefort. 

Elle  arrive,  par  ordre  de  filiation,  de  Reynaud  à  Arnoul,d'Ar- 
noul  à  Gosuin,  de  Gosuin  à  Willibert.  Arrêtons-nous  à  ce  der- 
nier, qui,  comme  nous  l'avons  dit,  posséda  réellement  la 
seigneurie  de  Marchin.  Willibert  et  sa  femme  Gifeldis,  n'ayant 
pas  d'enfant,  donnèrent  en  1106,  au  chapitre  de  Notre-Dame 
de  Huy,  leur  alleu  de  Marchin  tel  qu'ils  l'avaient  acheté  au 
comte  Bauduin  et  qu'ils  l'avaient  possédé. 

Pour  empêcher  leurs  parents  collatéraux  de  s'ingérer  dans 
l'administration  de  ce  domaine,  ils  stipulèrent  expressément  que 
le  doyen  désignerait  un  chanoine  pour  l'administrer.  L'avoué, 
puisque  sa  protection  y  esl  nécessaire,  n'y  pourra  agir  que  sur 
la  réquisition  de  ce  chanoine  et  n'aura  droit  qu'à  un  tiers  des 
amendes.  L'évêque  de  Liège  Otberi,  approuva  celte  donation 
avec  toutes  ses  clauses  par  une  charte  donnée  à  Huy  l'an  1106, 
en  présence  du  prévôt  Liebert  et  de  l'avoué  Boson,  des  archi- 
diacres Henri,  André  et  Alex  mdre  des  avoués  Renier  et  Guil- 
laume, etc.  ('). 

III.  1106-1637. 

Nous  venons  de  constater  qw  les  chapitres  de  S'-Martin  de 
Liège  et  de  Notre-Dame  de  Huy  étaient  simultanément  seigneurs 
de  Marcliin  ;  mais  ce  domaine  compienait-ii  deux  seigneuries 
distinctes,   ayant  chacune  une  juridiction   souveraine  et  un 

(  '  )  V.  AUX  afineics  n'  1. 


"■1^9 


territoire  séparé,  ou  bien  était-ce  une  seigneurie  unique,  indi- 
vise entre  deux  seigneurs? 

On  peut,  dès  l'abord,  établir  que  l'autorité  seigneuriale  était 
une  et  indivise.  Les  documents  qui  l'attestent  sont  nombreux  : 
il  suffira  de  citer  ce  que  le  doyen  et  le  chapitre  de  Huy 
écrivaient  le  8  septembre  1581  au  chapitre  de  S'-Martin. 
«  Quum  omnibus  in  confesso  sit  dictum  dominium  de  Marchin 
pro  indiviso  ad  utrumque  collegium  (vestrum  videlicet  et  nos- 
trum)  semper  retroacLis  temporibus  pertinuisse  et  adhuc  m 
presentiarum  pertinere...  (  '). 

La  juridiction  seigneuriale  était  donc  indivise,  la  seigneurie 
était  unique  comme  la  paroisse,  et  toutes  les  affaires  d'intérêt 
général  devaient  être  réglées  de  commun  accord  par  les  deux 
seigneurs. 

C'est  ainsi  qu'en  1581,  le  chapitre  de  S'.  Martin  s'étant  jtermis 
de  faire  une  ordonnance  pour  la  tenue  des  plaids  sans  avoir 
pris  l'avis  du  chapitre  de  Notre-Dame,  celui-ci  protesta  éner- 
giquemeni  contre  celte  violation  des  droits  et  des  usages  reçus, 
déclarant  que,  dans  les  temps  antérieurs,  eux-mêmes  n'ont 
jamais  voulu  rien  décider  de  tout  ce  qui  concernait  la  juridic- 
tion sans  avoir  pris  conseil  et  invoqué  l'autorité  de  leurs 
confrères  de  Liège  :  «  Nos  pristinis  temporibus,  quidquid  ad 
nos  deferebatur  quoad  sepedictidominiijuridictionem,  seu,  ut 
vocant,  superioritatem  concernere  videri  posset,  nichil  unquam, 
nisi  communicato  prius  cum  V.  D.  consilio  et  interposita  vicis- 
sim  auctoritate  staluisse,  et  ne  responsum  quidem  dédisse 
voluisse,  ne  alias  nos  gerendo,  nulliler  et  perperam  fecisse 
judicareii.ur,  et  prêter  justum  et  equum  concordinm  hactenus 
inter  nos  coalitam  et  stabilitam  violasse  »  (  '-). 

Si  l'autorité  générale  était  une,  il  semble  néanmoins  que 
chaque  chapitre  avait  un  territoire  qui  relevait  spécialement 

(  '  )  Archives  de  St-Martin,  liasse  n"  530. 
(  *  )  Extrait  de  la  lettre  citëe  plus  haut. 


590 


(Je  lui.  Pour  le  démontrer,  nous  ferons  remarquer  :  I^  que  les 
droits  des  deux  seigneurs  avaient  une  origine  distincte  et 
séparée  :  S'.  Martin  les  avait  reçus  en  963  de  l'évêque  Eracle, 
Notre-Dame  en  1106  de  Willibert  de  Marcliin.  2"  Que  chaque 
chapitre  avait  un  mayeur  et  une  cour  de  justice,  et  que  cer- 
taines terres  devaient  le  relief  à  l'une  et  pas  à  l'autre  cour  (')• 
Il  suffit  de  parcourir  un  registre  aux  œuvres  des  cours  de 
Marcliin  pour  en  trouver  la  preuve  à  chaque  feuillet;  c'est  ainsi 
que  les  biens  que  l'abbaye  de  Solières  possédaient  à  Marchin 
«  mouvaient  »  de  la  cour  de  S'.  Martin,  et  ont  toujours  été 
relevés  par  devant  cette  cour.  3"  Une  autre  preuve,  qui  démontre 
en  même  temps  que  le  territoire  ressortissant  à  l'église  de 
Notre-Dame  était  plus  étendu  que  celui  de  l'église  St-Martin, 
résulte  de  la  différence  du  prix  de  vente,  lorsque  les  deux  cha- 
pitres aliénèrent  la  seigneurie  en  1657  :  le  chapitre  de  S'^-Martin 
toucha  18000  florins  de  Brabant,  tandis  que  celui  de  Notre- 
Dame  en  perçut  ^6000  ;  4**  Les  dîmages  ou  terres  sur  lesquelles 
ils  percevaient  la  dîme,  étaient  en  général  distincts,  «  salvis 
tamen  nobis,  decanis  et  capitulis,...  singulis  juribus  nos  nos- 
trarum  anliquarum  decimarum  levandis  per  singulos  nostrum 
in  singulis  suis  terminis  et  locis  prout  hactenus  levavimus.  « 
(Charte  du  23  février  1407).  Nous  trouvons  ainsi,  dans  la  dé- 
limitation de  ces  dîmages,  le  ressort  propre  de  chaque  chapitre 
et  de  sa  cour.  Cependant  certaines  terres  payaient  la  dîme  par 
moitié  aux  deux  églises  ;  cela  provenait  de  ce  qu'elles  avaient 
été  incultes  dans  le  principe  ,  et  n'avaient  pas  été  comprises 
ou  enclavées  dans  les  dîmages  ;  lorsqu'elles  venaient  à  être 
cultivées,  on  partageait  la  dîme,  comme  le  montre  la  même 
charte  de  1407  :  Un  terrain  inculte  situé  en  lieu  dit  entre  deux 
Ihiers,  près  de  Huy,  contre  la  tour  HuUereche,  avait  été  défriché 
et  converti  en  vignoble  :  qui  devait  en  percevoir  la  dîme  ?  Après 
avoir  pris  des  informations  auprès  des  habitants  de  la  localité, 

(')  Charte  de  la  collégiale  S'.  Mailin,  à  Liège,  u*>  78, du  7  septembre  I2l)4. 


—  291  — 

les  deux  chapitres  firent  In  convention  suivante  :  Tous  les 
vignobles  situés  du  côté  de  Huy,  à  partir  d'un  endroit  appelé 
aile  grosse  pière  jusqu'à  la  vigne  d'Arnold  de  Neuville,  payeront 
la  dîme  intégralement  à  Notre-Dame,  en  tant  qu'ils  se  trouvent 
dans  le  ressort  de  cette  paroisse  ;  les  autres,  situés  dans  la 
paroisse  de  Marchin,  payeront  la  dîme  par  moitié  à  chacun 
d'eux  ('). 

Nous  dirons  donc,  pour  conclure,  que  la  juridiction  territo- 
riale et  foncière  était  distincte,  tandis  que  le  pouvoir  législatif  et 
judiciaire  était  un,  indivis  et  exercé  conjointement  par  les 
deux  chapitres. 

Les  archives  de  Notre-Dame  et  de  S'-Martin  ne  contiennent 
aucun  renseignement  sur  la  seigneurie  de  Marchin  pendant  les 
11^  et  12'^  siècles  ;  le  premier  document  qui  fasse  mention  des 
droits  seigneuriaux  du  chapitre  de  Notre-Dame  de  Huy,  est  daté 
du  25  mai  1227.  Domitien,  doyen,  et  tout  le  chapitre doniicnt  en 
accense  aux  masuiers  de  la  cour  de  Marchin,  deux  tierces  parts 
de  leur  bois  de  Marchin,  dont  ils  se  réservent  «  le  seigneurie  et 
le  justice  en  tels  points  qu'ele  fat  sor  tottes  les  aullres  terres 
qui  sont  de  cette  justice.  »  Le  troisième  tiers  est  affermé  î> 
Frerecon,  chanoine  de  Huy,  pour  huit  sols  de  cens.  On  réserve 
aux  masuiers  de  la  cour  de  Marchin,  le  droit  d'y  recueillir  le 
bois  mort  pour  le  chauffage,  et  d'y  faire  paître  les  bestiaux 
aux  époques  fixées  par  les  coutumes  ;  le  masuier  qui  devancera 
le  temps  prescrit  sera  justiciable  de  la  cour  de  Notre-Dame 
et  passible,  d'une  amende  dont  le  chapitre  aura  deux  parts  et 
l'avoué  une.  Un  étranger  pris  dans  le  bois,  pourra  être  mené  h 
n'importe  quelle  cour,  les  droits  de  l'église  et  de  favoué  restant 
saufs;  s'il  est  pris  dans  le  bois  de  Frerecon,  il  doit  en  outre 
indemniser  celui-ci  pour  les  dommages  causés  (-). 

Les  deux  chapitres  eurent  de  longs  démêlés  avec  la  famille 

{ '  )  Voir  aux  annexes,  n°  7. 
(  "  )  Voir  aux  annexes,  n°  2. 


—  292    - 

d'Ochain,  notamment  avec  Gérard  d'Ochain,  son  lils  Waltère, 
ses  héritiers,  et  Waltère,  avoué  de  Huy. 

Les  d'Ochain  avaient  à  Marchin  quelques  hommes  féodaux  ou 
allodiaux,  appelés  vulgairement  des  serfs,  une  rente  de  12  cha- 
pons et  de  7  '/a  sous ,  la  villa  de  Trifor  (  '),  avec  la  justice  haute 
et  basse,  et  un  moulin  avec  ses  dépendances.  Tous  ces  biens, 
ils  les  tenaient  en  fief  de  l'avoué  de  Huy.  Ils  prétendaient  en 
outre  avoir  droit,  sur  le  territoire  de  Marchin,  à  la  justice 
haute  et  basse,  à  l'avouerie,  aux  tailles,  aux  redevances 
de  précaire  et  de  main-morte,  au  tiers  des  bois  dits  «  de 
S'-Martin  et  de  Notre-Dame,  »  situés  entre  Trifor  et  Huy,  à  cer- 
tains droits  sur  les  eaux.  Les  deux  chapitres  avaient  acheté  de 
Waltère  d'Ochain  tout  ce  que  sa  famille  possédait  à  Marchin  et 
h  Trifor,et  lui  avaient  payé  la  somme  de  130  marcs  liégeois,  tant 
pour  prix  de  cette  vente  que  pour  le  faire  renoncer  à  ses  injustes 
prétentions.  Rien  n'y  lit  ;  Waltère  continua  ses  vexations.  Ils 
s'adressèrent  alors  au  chapitre  de  la  cathédrale  de  Liège,  puis 
en  appel  à  l'archevêque  de  Cologne,  qui,  prenant  en  mains 
leur  défense,  prononça  l'excommunication  contre  Waltère 
d'Ochain.  Il  resta  longtemps  sous  le  coup  de  cette  censure, 
jusqu'à  ce  qu'enfin,  en  1279,  il  vint  olï'rir  sa  soumission  à  Jean 
d'Enghien,  évêque  de  Liège. 

Waltère  et  ses  héritiers  comparurent  à  son  tribunal  le  17 
mai  en  même  temps  que  les  représentants  des  églises  de 
S'-Martin  et  de  Notre-Dame,  et  reconnurent  solennellement 
qu'ils  n'avaient  jamais  eu  le  droit  d'exercer  la  justice  et 
l'ollice  d'avoué,  de  prélever  des  impôts  ou  d'autres  redevances 
dans  les  limites  du  territoire  de  Marchin,  Lieres,  Jamagne, 
Areve  et  ses  appendices.  Waltère  s'engagea  personnellement  à 
obtenir  de  ses  cohéritiers  encore  mineurs,  une  adhésion  pleine 

(')  Trifor  est  une  partie  du  territoire  de  Jlarciiin  confinant  aux  seigneuries  de 
Barse  et  de  Vierset.  Dans  le  cerelemenagc  de  1461  il  est  fait  mention  «  du  cherau 
de  Trifoirt,  du  vieux  moulin  et  de  la  maison  de  Trifoirt.  »  En  l(j:2i  et  1663,  le  nom 
de  Trifoirt  est  devenu  TrilToy,  qui  est  encore  conservé  aujourd'hui. 


~  293  — 

et  entière  à  cette  renonciation,  lorsqu'ils  auraient  atteint  leur 
majorité  ,  sous  peine  d'une  amende  de  100  marcs  liégeois. 
Walter  de  Warlusée  et  Rason  li  Masserais  de  Felie,  chevaliers, 
Louis  et  Henri,  fils  de  feu  le  chevalier  Gérard  délie  Wege,  et 
Renard  de  Dampont,écuyers,se  portèrent  garants  du  payement 
de  cette  amende. 

Il  fut  constaté  en  même  temps  que  les  deux  chapitres  avaient 
pyyé  à  Waltère.d'Ochain,  la  somme  de  130  marcs  liégeois  pour 
prix  des  droits  et  des  biens  qu'ils  lui  avaient  achetés  à  Marchin 
et  à  Trifor.  Or,  comme  ces  biens  relevaient  en  fief  de  l'avoué 
de  Huy,  et  que  l'avoué  actuel  Walière,  fds  de  Henri,  était  encore 
en  bas-âge,  Waltère  d'Ochain  se  fit  fort  d'obtenir  de  celui-ci, 
dès  qu'il  aurait  atteint  l'âge  requis  ,  la  ratification  pure  et 
simple  de  la  vente  et  une  renonciation  absolue  à  tout  droit  et 
k  toute  autorité  féodale  qu'il  pourrait  avoir  sur  ces  biens.  Eu 
attendant,  l'aïeule  du  jeune  avoué  Waltère,  noble  dame  Aelide 
et  son  oncle  Arnoul  de  Bar,  chanoine  de  Huy,  firent  en  personne 
cette  renonciation.  Cependant  si  Waltère  d'Ochain  élait  en 
défaut  d'obtenir  l'adhésion  du  jeune  Walière  dans  l'année  de  sa 
majorité,  il  devait  restituer  aux  deux  églises  la  somme  de  130 
marcs  liégeois,  et  payer  en  outre  une  amende  de  100  livres 
tournois  à  partager  entre  l'évêque  et  les  deux  églises. 

Waltère  deWarfusée,  chevalier,  Arnould  de  Bar,  chanoine  de 
Huy,  Renier  de  Visé,  châtelain  de  Longue,  Badet  de  Forieres  et 
Arnould,  avoué  d'Amay,  répondirent  de  la  restitution  du  prix  de 
la  vente,  tandis  que  Waltère  de  Warfusée,  Henri  de  Fehe,  che- 
valiers, Walter  de  Tihanges,  Ammirand  de  Ramei  et  Jean  dit 
Loupins  de  Streis,  se  portèrent  garants  du  payement  de 
l'amende. 

Si  ces  clauses  n'étaient  pas  exécutées,  tous  les  garants 
seraient  tenus  de  se  constituer  prisonniers  dans  une  maison 
que  les  chapitres  leur  indiqueraient  à  Huy,  et  d'y  rester, 
à  leurs  propres  frais  et  dépens,  jusqu'à  ce  que  tout  ait 
été    intégralement    soldé.    Waltère    d'Ochain   et  Waltère  de 


—  ^294  — 

Warfusée  permettent  en  outre  à  l'évêque,  de  poursuivre  sur 
leurs  biens  le  payement  des  130  marcs  etdes  iOO  livres  tournois. 
L'avoué  d'Amay  pourra  purger  sa  caution,  en  remettant  son 
meilleur  cheval. 

Levôque  de  Liège,  Jean  d'Enghien,  approuva  les  conditions 
de  cette  paix,  et  les  lit  consigner  dans  une  charte  qu'après 
beaucoup  de  recherches  nous  avons  retrouvéedans  un  petit  car- 
tulaire  de  Notre-Dame  de  Huy. 

L'abbaye  de  Solières  de  l'ordre  de  Citeaux,  au  diocèse  de 
Liège,  possédait  à  Marchin  des  terres  et  des  bois  qui  relevaient 
en  fief  de  cette  seigneurie;  et,  entr'autres,  les  bois  de  Beaupré 
et  de  Bertrand  Fontaine.  La  communauté  de  Marchin  préten- 
dait avoir  sur  ces  bois  un  droit  de  pâturage  et  «  dy  prendre  le 
bois  mort.  »  Après  de  longs  débats  et  procès,  l'abbesse  de 
Solières,  Agnes  de  Latiiines,  et  son  couvent  d'une  part,  le  maire, 
les  éclievins,  les  masuiers  et  les  hommes  de  la  communauté  de 
Marchin, Lies,  Jamagne,  D'areve  et  leurs  appendices  conclurent, 
le  mercredi  avant  la  Nativité  de  Notre-Dame,  21  septembre 
de  l'an  de  grâce  1291,  une  convention  et  bonne  paix,  dont  voici 
les  principales  conditions.  L'abbesse  cède  aux  gens  de  la  com- 
munauté deMarchin,  six  bonniers  du  bois  de  «  Bïalpreit»  ;  elle 
leur  donne  20  marcs  liégeois  (à  30  sous  le  marc)  pour  acheter 
«  un  bois,  en  quel  lieu  il  leur  plairat,  et  ils  le  pourront  trouver 
à  vendre  »  ;  enfin  elle  leur  octroie  «  le  pasturaige  de  leur  bestes 
eus  les  dits  bois  de  Bïalpreit  et  Bertrand  Fontaine  pour  tout, 
horsmises  chievres  et  boc,  ki  par  nul  tems  qui  soit,  ny  ly  a 
venir  soit,  ny  debveront  ne  entrer,  ny  pasturer  ;  et  commencerai 
li  paslurage  tant  comme  de  leur  chevaulx  ens  endit  bois,  quand 
le  bois  aurat  passé  trois  ans  entièrement,  après  chu  qu'il  seret 
taillés;  et  de  leur  vaches  et  de  leur  autres  bestes,  horsmis 
chievre  et  boc,  entreret  ly  pasturage,  quand  ly  bois  aurat 
passeis  quatre  ans  entièrement,  après  chu  qu'il  est  taillé.  » 

Les  masuiers  de  Marchin  abandonnent  à  l'abbesse  et  au  cou- 
vent de  Solières,  la  pleine  propriété  du  bois  de  Beaupré  et  de 


—  295  — 

Bertrand  Fontaine  et  renoncent  à  tout  droit  qu'ils  pouvaient 
avoir  «  en  frestâge  (')  »  gisant  au  delà  du  bois  de  Beaupré,  «  et 
qui  jadis  fut  bois,  sauf  le  pasturage  quand  le  bled  est  ostées.  « 
Cette  paix  fut  approuvée  et  scellée  par  Jean  de  Flandre,  évêque 
de  Liège,  et"  par  les  doyens  et  les  chapitres  de  S'-Martin  de 
Liège  et  de  Notre-Dame  de  Huy,  comme  hauts  seigneurs  de 
Marchin  ('). 

Tous  les  manants  de  Marchin  adhérèrent  à  cette  paix,  à  l'ex- 
ception des  deux  frères  Lambert  Godon  et  Jacques  dit  Same  ;  le 
curé  de  Marchin  leur  intima  l'ordre  de  comparaître  devant  le  cha- 
pitre de  S'-Martin,  afin  d'y  rendre  raison  de  leur  opposition  ('). 

Les  troubles  graves  et  les  luttes  intestines  qui  désolèrent  la 
ville  de  Huy,  à  partir  de  1299,  et  qui  ne  furent  apaisées  qu'en 
1302,  par  l'évêque  Adolphe  de  Waldeck,  semblent  avoir  atteint  le 
territoire  de  Marchin  ;  car  nous  voyons  vers  ce  temps  \h,  le 
chapitre  de  S'-Martin  recourir  à  l'évêque  de  Liège  et  se  plaindre 
de  ce  que  la  communauté  de  Huy  avait  incendié  deux  maisons, 
sises  en  lieu  dit  «  Alonsaer,  »  et  grevées  d'une  redevance  au 
protlt  du  chapitre.  L'évêque,  après  enquête,  lui  adjugea  ces 
héritages  (*). 

Vers  l'année  1329,  une  contestation  s'éleva  entre  les  chapitres 
de  S'-Martin,  de  Notre-Dame,  leurs  masuiers  de  Marchin  d'une 
part,  et  Henrard  délie  Halle,  bourgeois  de  Huy,  d'autre  part.  Les 
premiers  prétendaient  avoir  «  droitures  et  aisemenches,  pastu- 
rages,  morbois  et  le  vif  pour  maisonner  et  faire  ei'eresetharnaps 
de  charues  »  sur  un  bois  que  ledit  Henrard  venait  d'acquérir  à 
Marchin.  L'affaire  fut  déférée  au  tribunal  de  l'évêque  Adolphe, 
qui,  le  23  mai  1329,  commit  le  soin  de  faire  une  enquête  à  ses 

(  ')  Frestâge  :  le  sens  n'indique-t-il  pas  que  c'est  un  terrain  ddfriché. 
(*)  Transcrite  in  extenso  :  OEuvres  de  la  cour  de  Marchinl6o9  à  166(î,  A  n"  41, 
folio  109. 

('1  njidera,  fol.  111. 

(*)  .\rchives  de  S^-Martin  :  reg.  608,  fol   519. 


—  296  — 

hommes  fiables  «  Henri  de  Roloux  et  Jolian  de  Veiiees.  »  (M 
L'enquête  fut  ouverte  à  Marchin,le  mercredi  après  la  Pentecôte 
(14  juin)  :  un  grand  nombre  de  témoins  Curent  entendus,  et  en 
parliculier  les  échevins  des  deux  cours  de  S'-Marlin  et  de 
N.  Dame. Ceux-ci  recordèrent«  que  ledit  bois  fut  descaMgiez(-) 
par  aultre  cens  et  le  descangont  cils  de  S'-Marlin  a  cealz  de 
Beafort,  et  ont  ly  masuiers  de  Marchin  devant  et  après  leurs 
aisemenches  au  dit  bois,  assavoir  le  morbois  partout,  le  pastu- 
rage  quand  les  tailles  avoient  trois  ans  et  ont  et  avoient  li 
masuir  de  S'-Marlin  le  cbesne  et  le  fau  pour  maisonner  sour 
leurs  masures  et  nient  li  masuiers  de  N.  Dame,  et  doient  li 
masui(M'  S'-Martin  venr  al  mayeur  et  requérir  qu'il  livre  de 
forestier,  et  li  maire  li  doibt  livrer,  parmy  4  deniers  payant 
pour  sa  journée  et  se  droiture,  et  doient  ensemble  aller  à  bois 
pour  veoir  renseigner  tant  de  bois  qu'il  farat  audit  masuier  pour 
maisonner,  et  pour  les  aisément  que  li  masuiers  ont  cilh  7neule 
par  ban  à  molin  S'-Martin  et  N.  Dame  et  en  ont  li  forestier 
N.  Dame  et  S'-Martin  leur  cognouls  al  Noël  et  les  jarbes  en 
Aoust,  veoir  se  li  masuier  en  at  tant  qu'il  en  paie  deyme  ;  et  se 
Henrar  veut  mettre  forestier  als  bois,  mettre  le  doibt  par  ensei- 
gnement des  esquevins  des  deux  courtes  ;  où  at  li  forestier 
n'est  de  value  ;  encore  dient  ils  que  au  bois  que  Henrar  acliap- 
tat  al  grand  bospital  de  Huy,  li  masuir  N.  Dame  y  at  le  morbois, 
le  pasturageensy  qu'en  l'autre  bois  et  le  vif  bois  pour  maisonner, 
s'il  aveiioit  qje  besies  fussent  prises  de  pan,  on  les  doit  mettre 
et  mener  al  chaisne  delees  le  moslier  h  Lies  et  la  les  doit  on 
racheter  aile  enseignement  des  esquevins.  »  Henrard  délie  Halle 
contesta  tous  ces  points. 

Lorsque  l'évéque  eut  prit  officiellement  connaissance  des  ré- 
sultats de  cette  enquête,  il  s'adressa  à  son  «  féal  Jehan  Puillet 
de  Ferme  escuier  pour  qu'il  lui  en  rapportât  droit  et  se  ka  faire 

(*)  Voir  cette  commission.  OEuvresde  Marciiin  A  n"»  41,  fol.  142. 
(*}  Échangé. 


—  297  — 

en  estoit  »  et  le  23  septembre  1330,  en  son  château  de  Huy, 
il  promulgua  le  jugement  dont  la  teneur  suit  :  «  que  les  Doyens 
et  chapitres  et  masuiers  debvoient  et  doient  bien  demorer  en 
leur  saisinne  et  possession  audit  bois,  si  avant  que  prouveit 
estoit,  et  qu'il  avait  esteit  de  temps  passeit,  et  si  ledit  Henrar 
voloil  monstreir  lettres,  forches  ou  saingnoir  de  cui  ils  teuist 
ledit  bois,  par  devant  nos  et  nos  hommes,  les  parties  ajour- 
nées, nous  l'avons  bien  a  oyr  et  sour  chacun  droit.  »  A  ce 
record  furent  présents  :  Sire  Libiers  de  Langdris,  prévôt  de 
Fosses,  Lambert,  sire  de  Gounes,  Jehan  de  Faux  (Fooz),  Johan 
de  Colonstier,  Fastreis  Bareis,  chevaliers,  Henry  de  Roloux, 
Waltier  de  Centfontaine  (Saint-Fontaine),  Louys  Duffey,  Conrars 
de  Lonchin  ,  Gossuwins ,  chamberlans  et  plusieurs  autres 
hommes  de  fief  (  '  ). 

Nous  n'avons  guère  d'autres  renseignements  sur  l'histoire  de 
Marchin  pendant  le  14''  siècle  et  le  commencement  du  15'.  Le  2 
juillet  133o,  le  chapitre  de  S'-Martin  airerme  tous  ses  biens  et 
revenus  de  Marchin  à  Nicolas  de  Vyele,  pour  95  muids,  moitié 
épeautre  et  moitié  avoine,  et  conlie  à  ce  même  Nicolas,  la  mairie 
de  sa  cour  (^), 

Le  8  mars  1357,  la  même  église  choisit  Johan  Darève  pour 
son  mayeur  et  Johan  Burin  pour  son  forestier  (^)  ;  il  leur  donne 
en  accense  tous  leurs  biens. 

Ce  fut  le  1"  juillet  1461  qu'eut  lieu  le  premier  cerclemenage 
de  la  seigneurie  ;  celte  même  année,  le  chapitre  de  S'-Martin 
fil  faire  le  dénombiement  exact  de  tous  ses  cens,  renies,  vins 
et  revenus  de  Marchin. 

En  1478  ,  ce  chapitre  eut  une  difficulté  avec  les  manants  de 
sa  hauteur  de  Marchin,  qui  revendiquaient  comme  leur  pro- 


(i)  Lettres  d'Adolphe,  évêque  de  Liège,  du  ^5  septembre   1330.   In  extenso, 
œuvres  de  Marchin  ,  reg.  cité,  fol.  142- )  46. 

(*)  Original  sur  parchemin.  Schoonbroodl.  Chartres  de  S.  Martin,  n"  201. 
(')  Original  sur  parchemin.  Ibid.,  n«  242. 


298 


priétë  commune  une  pièce  de  bois,  située  à  Lize,  appelée  les 
Formais. 

Les  échevins  de  deux  hautes  cours  de  justice,  jugeant  con- 
jointement, «nlle  semonce  de  leurs  mnyeurs  Michel  leGallart  et 
Guyot  de  Floyon,  »  après  avoir  fait  ajourner  par  un  de  leurs 
forestiers  le  Doyen  et  le  chapitre  de  Notre-Dame,  les  voisins 
«  marchissants  »,  à  savoir  le  lieutenant  du  comte  de  Namur, 
les  Dames  de  Solières,  Henri  de  Foumale,  et  les  parties  inté- 
ressées, dirent  et  «  horsportèrent  »  par  jugement  que  «  icelle 
plaice  est  appartenant  asdits  signeurs  de  S'-Martin,  des  appen- 
dices et  appartenances  délie  pièce  de  bois  qu'on  dist  la  pièce 
de  soissantes  bonirs;  »  puis  ils  la  firent  «  atermer  et  aborner  et 
enbanner  si  hault  que  loy  porte.  »  Cette  sentence  est  du  26 
juin  1478  {')• 

Les  deux  églises  eurent  au  16*=  siècle  de  nouvelles  difficultés, 
concernant  les  bois  de  Marchin.  Un  grand  nombre  d'habitants 
se  permettaient,  depuis  deux  ans,  de  couper,  tailler,  abattre  et 
vendre  les  arbres  dans  les  bois  communaux  cl  prétendaient  que 
ces  bois  leur  appartenaient.  Les  deux  chapitres,  lésés  dans  leur 
droit,  adressèrent  aux  échevins  de  Liège  une  plainte  contre  ces 
manants,  et  le  26  janvier  lo24,  les  échevins  condamnèrent  les 
coupables  :  1"  h  réparer  tous  les  dommages  causés  ;  2"  à  payer 
auxdits  seigneurs,  doyen  et  chapitre  de  S'-Martin  et  de  Notre- 
Dame  «  une  voye  de  Rochemadoux.  »  (-)  (Ce  voyage  à  Roche- 
maden  était  rachetable  par  5  llorins  d'or.) 

Le  o  février  1526,  les  manants  de  Marchin  se  présentèrent 
à  la  salle  capitulaire  de  S*-Martin  où  ce  chapitre  était  réuni,  avec 
les  délégués  de  celui  de  N.  Dame  de  Huy,  afin  de  demander 
pardon  des  infractions  commises  et  régler  les  conditions  d'un 
arrangement.  On  agréa  leur  demande. 

{  1 J  Reg.  aux  reliefs  de  Marcliin,  liasse  530,  arcliives  de  S'  Miirlin.  —  Marciiin  : 
OEuvres  de  la  cour,  16o9-1666,  fol.  90. 

2)  'lopie  authentique  sur  |)archemin.  —  Schoonbroodt.  Cli;irt(>s  du  chapitre  de 
S'  Martin,  n"  097.  —  OEuvrcs  de  Marchin,  reg.  cité,  fol.  90. 


399 


La  paix  fut  conclue  aux  conditions  suivantes  : 

1"  Les  manants  coupables  indemniseront  les  deux  chapitres 
de  tous  les  frais  des  enquêtes  et  du  procès. 

2"  Ils  s'engagent  à  comparaître  devant  les  éclievins  de  Liège, 
afin  de  reconnaître  solennellement  «  que  les  seigneurs  des  deux 
chapitres  sont  leurs  seigneurs  treffbnciers  de  hault  et  bas,  et 
que  injustement  ils  ont  fait  les  folles  (')  mentionnées  dans  un 
jugement  rendu  par  les  échevins  de  Liège,  et  que  à  ces  sei- 
gneurs appariiennent  les  bois  de  fond  en  comble,  situés  ens  la 
dite  haulteur,  qu'ils  ne  peuvent  les  couper,  les  vendre  et 
aliéner  sans  leur  gré,  sauf  h  eux  le  droit  d'aisemenche,  de  pas- 
turage  et  de  taille  pour  maisonner,  en  telle  forme  que  ordonné 
leur  sera  par  les  dils  seigneurs  et  députés  de  la  ville  de  Marchin. 

3'-  Ils  renonceront  au  procès  qu'ils  ont  intenté  devant  le 
tribunal  des  Vingt-Deux  et  Messieurs  du  Conseil  privé  contre 
Jehan  Thomson  et  ses  complices  (-). 

4"  Jehan  Thomson  et  ses  complices  pourront  user  des  bois 
communaux  comme  les  autres  manants  de  Marchin. 

Ce  traité  conclu  sous  peine  d'une  amende  de  100  marcs 
d'argent  pour  celui  qui  en  enfreindrait  les  conditions,  fut 
approuvé  et  ratifié  le  lendemain,  6  février,  devant  les  échevins 
de  Lipg3  par  Etienne  Gran  Jehan  de  Lyze  et  Henry  de  Laytre, 
au  nom  des  habitants  de  Marchin,  par  Simon  de  Meeffe,  cha- 
noine chantie  de  S^-Marlin,  Nicolas  Richaul  et  André  de  Nan- 
drin,  chanoines  de  Notre-Dame,  au  nom  de  leurs  églises  res- 
pectives {■'). 

Enlin,  conformément  à  la  deuxième  clause  de  ce  traité,  les 


(1)  Dégâts. 

('^)  Une  .sentence  du  tribunal  des  XXII,  du  21  décembre  1 52 1,  avait  maintenu  la 
défense  faite  à  .Jehan  Thomson  et  aux  autres  possesseurs  du  cherwage  d'Alonsart, 
d"user  des  bois  communaux  de  Marchin,  et  Tavait  condamné  à  la  restitution  des 
«  asports  »  et  aux  dépens.  OEuvres  de  Marchin  A,  n"  41,  fol.  108. 

(')  Le  texte  de  cette  ratification  se  trouve  OEuvre  de  Marchin,  reg.  cité,  fol.  97 
et  140. 


—  800  — 

deux  chapitres  des  Vén.  églises  collégiales  de  S'-Martin  en 
Mont  et  de  Notre-Dame  de  Hiiy,  réglèrent,  par  une  ordonnance 
du  27  mai  152(3,  la  manière  dont  les  manants  de  Marchin 
devront  dorénavant  user  des  bois  et  des  autres  biens  com- 
munaux ('). 

En  voici  le  résumé  : 

Les  masuiers  pourront  y  prendre  le  bois  mort  pour  leur 
chauffage,  et  du  bois  vif  pour  la  construction  de  leurs  maisons 
et  la  fabrication  de  leurs  ustensiles  de  labour  :  mais  ils 
devront,  pour  ces  derniers  points,  obtenir  la  permission  des 
majeurs  et  so  conformer  à  leurs  indications.  Ceux-ci  auront 
soin  d'indiquer  aux  riches  qui  ont  chevaux  et  harnais,  le  bois 
le  plus  éloigné  ;  et  aux  pauvres  le  bois  qui  est  plus  à  leur 
portée,  pour  qu'ils  puissent  l'emporter  plus  commodément. 

Quant  à  la  paisson  qui  commence  h  la  S^-Remy,  il  est  arrêté 
que  le  curé,  les  nobles  et  gentils  qui  vivent  sans  labourer, 
les  laboureurs,  et  les  deux  mayeurs  pourront  la  charger  de  4 
porcs  au  maximum,  que  les  manœuvriers,  les  clercques  et  tous 
les  autres  manans  n'y  pourront  placer  que  la  moitié  :  tous 
payeront  au  receveur  des  chapitres  un  denier  fort  par  tête  de 
bétail  jusqu'à  concurrence  do  la  somme  de  283  florins  h  hiquelle 
les  frais  du  procès  ont  été  taxés.  Les  pauvres  pourront  vendre 
?i  leur  profit  leur  droit  de  jouissance  sur  les  biens  com- 
munaux (-). 

Le  23  juin  1526,  Etienne  Grand  Jehan,  Henri  de  Laitre,  Lam- 
bert Darève,  André  de  Pont  et  Lambert  deBrigaudière,  agissant 
au  nom  de  tous  les  habitants  de  Marchin,  ont  solennellement 
approuvé  l'ordonnance  des  deux  chapitres,  par  devant  les  deux 
hautes  cours  de  justice  de   Marchin;   le  2  octobre  suivant,  la 


(  ')  Orii,'iiiyl  sur  parchemin.  Sclioonbroodt.  Cliartes  de  S.  Martin,  ii"  70i. 
(')  Voir  aux  aniitjxcb  «•  'J. 


-  301  — 

plupart  des  habitants  de  la  seigneurie,  assistant  aux  plaids 
généraux,  l'ont  ratifiée  de  nouveau  ('  ). 

Cependant  quelques  années  plus  tard,  vers  4548,  certains 
habitants  se  permirent  d'enfreindre  les  prescriptions  de  cette 
ordonnance,  en  abattant  des  chênes  croissant  dans  les  bois 
communaux  et  sur  les  chemins  publics,  sans  avoir  obtenu  la 
permission  des  mayeurs.  Les  deux  chapitres  firent  faire  une 
enquête  par  les  soins  de  leurs  officiers;  les  coupables  furent 
découverts,  et  une  plainte  ayant  été  déposée  contre  eux  entre 
les  mains  des  échevins  de  Liège,  les  habitants  de  Marchin 
supplièrent  leurs  bons  seigneurs,  de  vouloir  bien  arrêter  la 
procédure,  et  promirent  de  se  conformer  h  leurs  ordon- 
nances ('^). 

Le  4  septembre  1584,  les  bourgmestres  de  Huy  se  fondant 
sur  un  record  du  11  novembre  1312,  qui  fixait  les  bornes  de 
leur  cite,  voulurent  exercer  leur  autorité  sur  une  partie  du 
territoire  de  Marchin,  et  notamment  sur  le  hameau  délie  Vache- 
resse,  et  en  imposer  les  habitants  comme  ceux  de  Huy.  La 
communauté  de  Marchin  prolesta  contre  ces  exigences  par 
l'intermédiaire  du  mayeur  Pierre  Jaminon,  et  déféra  l'affaire  au 
tribunal  de  rOttîcial,  Les  deux  chapitres  prirent  fait  et  cause 
pour  leurs  sujets  et  intervinrent  au  procès.  Ils  établirent  que 
les  habitants  délie  Vacheresse  avaient  toujours  été  réputés 
habitants  et  paroissiens  de  Marchin  et  sujets  de  leur  seigneurie  ; 
qu'ils  avaient  toujours  été  justiciables  pour  les  actions  tant 
réelles  que  personnelles  de  leurs  mayeurs  et  échevins;  qu'ils 
avaient  joui  des  bois  communaux  et  payé  les  impôts  comme 
tous  les  autres  manants  de  Marchin  ;  que  les  pauvres  de  ce 
hameau  y  avaient  toujours  participé  à  la  mense  du  S.  Esprit; 
que   le   record  de    ceiclemenage    de    1461    comprenait    ce 


(')  Copie    authentique   sur   parchemin,    Schoonbroodt.  Chartres  de  St-Martin, 
no  705. 

(  •)  Marchin.  OEuvres,  no  41,  fol.  94. 


—  302  - 

hameau  dans  le  territoire  de  Marchin,  etc.  ;  enfin  que  le  7 
février  I06G  les  magistrats  de  Huy  avaient  condamné  h  une 
amende  Guillaume  Porcin,  manant  délie  Vacheresse,  pour  avoir 
acheté  des  grains  au  marché  de  Huy  avant  11  heures,  ce  qui 
était  défendu  à  ceux  qui  n'étaient  p;ns  de  la  franchise  de  Huy. 

Maître  Adam  Egnoie,  juge-commissaire,  maintint  par  sa  sen- 
tence les  limites  de  Marchin  telles  qu'elles  étaient  déterminées 
par  le  record  de  1161,  et  condamna  la  ville  de  Huy  11  tous  les 
dépens.  L'Ofticial  promulgua  cette  sentence  le  19  février 
lo90  ('). 

Mentionnons  en  passant  un  contrat  conclu  entre  l'abbesse  de 
Solières  et  les  manants  de  Marchin,  relativement  à  un  droit  de 
passage  (2  décembre  1618)  (-),  et  le  cerclemenage  du  7  octo- 
bre 162',  pour  arriver  de  suite  à  la  vente  de  la  seigneurie  en 
1657. 

Les  deux  chapitres,  cédant  aux  vives  instances  de  Jean  Fer- 
dinand de  Marchin,  se  décidèrent  à  lui  vendre  leur  domaine.  Ce 
fut  le  3  février  1657  que  le  chapitre  de  S'-Martin  prit  cette 
importante  décision  et  chargea  son  doyen  Thomas  de  Sclessin 
et  les  chanoines  Godefroid  Thomas  de  Ramlot,  Philippe  de 
Méan,  Charles  Denis  de  Coninck  et  Zacharie  Coels,  de  négocier 
la  vente  au  prix  de  18,000  florins  de  Brab.,  sous  la  réserve 
de  l'approbation  du  S.  Siège.  Cette  alién;:ition,  dit  le  décret 
capitulaire,  était  manifestement  avantageuse  à  leur  église.  La 
location  de  la  chasse  et  de  la  pêche  ne  leur  rapportait  annuel- 
lement que  40  florins  monnaie  forte  de  Liège  ;  les  droits  sei- 
gneuriaux ne  dépassaient  pas  200  florins  ;  la  somme  offerte 
leur  assurait  un  revenu  quadruple;  ils  devaient  consacrer 
1200  florins  à  la  réparation  des  orgues,  et  ne  pouvaient  se 
procurer  cette  somme  qu'à  des  conditions  très-onéreuses  pour 


(' j  Archives  de  Notre-Dame,  liasse  Archives  de  S'-.M;irlin,  regr.  n"  KtS"),  p.  187 
cl  189 
(')  Arch.  S'-Mariin.  Lib.  instnimpntoriim  inchoaliis  1.^90,  fol.  146. 


—  303  — 

leur  fabrique.  Enfin,  le  seigneur  Ferdinand  de  Marchin  jouis- 
sant d'une  influence  et  d'une  autorité  considérables,  pouvait 
les  protéger  efficacement  en  ces  temps  de  guerre,  et  préserver 
leurs  autres  domaines  contre  les  incursions,  les  déprédations 
et  les  cantonnements  des  armées  (  '  ). 

Ferdinand  de  Marchin  avait  donné,  le  5  février,  à  Bruxelles, 
une  procuration  à  Gilles  Fabricius,  écuyer,  licencié  en  droit, 
avocat  au  Conseil  du  Brabant,  seigneur  de  Vieux-Metz  (?), 
pour  acheter  en  son  nom  le  domaine  de  Marchin  sur  Barse  {-). 
Le  12  février,  en  la  maison  décanaie  de  S'-Martin,  par  devant 
le  notaire  de  la  cour  de  Liège,  Lambert  Arnoldi,  les  fondés  de 
pouvoir  du  chapitre  de  S'-Martin  transportèrent  audit  seigneur 
Fabricius,  acceptant  en  nom  et  protit  du  dit  seigneur  comte,  son 
principal,  «  telle  mitant  parle  qu'ils  ont  et  leur  compette  du 
domaine  ou  juridiction  du  village  ou  lieu  de  Marchin,  pour 
indivise  allencontre  des  Révérends  et  Vénérables  S"  Doyen  et 
Chapitre  de  Notre-Dame  de  Huy,  scavoir  et  notamment  :  la 
haulte,  moyenne  et  basse  juridiction  leur  y  compétants  avec 
tous  droits,  émoluments,  et  proffîts  eu  dépendants,  item  les 
cens  seigneuriaux,  chappons  et  pouiUes  qu'il  y  perçoivent 
annuellement  de  telle  nature  et  condition  qu'ils  sont  et  ossy 
(forts)  et  foibles  qu'ils  les  possèdent,  sans  estre  obligez  h 
garantie,  ny  éviction.  Reservans  par  exprès  les  quattres  vingts 
bonniers  cy  devant  arrendé  a  stuil  de  100  ans  et  un  jour, 
lequel  est  expiré,  disnies,  droit  de  patronat,  terres  labourables, 
prairies,  pasturages,  muyds,  cens  et  rentes  aultres  que  les  cy 
en  après  spécifiez  et  ce  au  moyen  et  parmy  une  somme  de 
18000  Ûanns  Brabant  à  compter  réellement,  immédiatement 
après  l'aggréation  de  sa  Saincleté,  laquelle  soi  debvral  solliciter 
et  obtenir  aux  irais  et  despens  dudit  seigneur  Comte,  voir  que 
lesdils  seigneurs  premiers  comparants  demeureront  en  jouis- 

(1)  Archives  de  S'-Marlin,  reg.  1387,  600,  fol.  161. 
('  )  Archives  de  Si-Martin,  reg.  cité,  fol.  161. 


—  304  — 

sance  et  paisible  possession  de  laditte  seigneurie  jusque  h  ce 
que  la  souime  convenue  soit  eiilliierement  el  réellement  payée 
et  numérée.  »  ') 

Le  chapitre  de  Noire-Dame  de  Huy  vendit  sa  part  dans  la 
seigneurie  pour  la  somme  de  26,000  florins  de  Brabant,  le  27 
mai  —  il  juin  1659. 

Le  18  décembre  4659,  Charles  D'Ans,  jadis  bourgmestre  de 
Liège,  conseiller  et  président  du  Conseil  ordinaire  de  son  A.  S. 
de  Liège,  agissant  au  nom  du  comte  de  MarchiU;  compta  la 
somme  de  18,000  fl.  bb.  en  mains  de  Thomas  deSclessin,  doyen 
de  la  collégiale  de  S.  Mainin,  de  Jean  de  Selys  et  Arnold  Baert, 
chanoines,  et  de  François  de  Looz,  leur  receveur.  Enlretemps, 
les  deux  ciiapities  et  le  comte  J.  G.  Ferdinand  de  Marchin 
s'étaient  adre.-sés  au  Pape,  pour  obtenir  de  sa  Sainteté  l'appro- 
bation de  la  vente.  Le  pape  Alexandre  VII  leur  répondit  par  des 
lettres  apostoliques,  datées  de  Rome,  le  20  décembre  1659,  et 
adicssées  au  grand  prévôt  delà  cathédrale  et  à  l'official  de 
Liège. 

Le  pape  y  insère  d'abord  la  teneur  des  lettres  apostoliques 
émanées  de  son  prédécesseur  Paul  II,  le  11  mai  1465,  et  pres- 
crivant les  règles  et  les  conditions  que  doivent  observer  les 
commissaires  apostoliques  dans  l'aliénation  des  biens  ecclé- 
siastiques. «.  Comme  il  s'agit  du  patrimoine  de  Jésus-Christ, 
ces  commissaires  ne  doivent  se  laisser  guider  ,  ni  par  les 
menaces,  ni  par  les  promesses  des  hommes,  mais  envisager 
uniquement  l'intéiêt  et  le  bien  de  l'église.  S'ils  trahissaient 
en  ce  point  leur  devoir  et  la  contiance  du  Souverain  Pontife, 
ils  encourraient  de  plein  droit  les  censures  ecclésiastiques.  » 

Après  avoir  reproduit  le  texte  de  ces  lettres,  le  Pape  expose 
les  raisons  canoniques  qui  ont  déterminé  les  deux  chapitres 
à  vendre  leur  seigneurie  de  Marchin  :  cette  seigneurie  ne 
leur  rapporte  qu'un  reveini  de  440   florins,    monnaie   forte  de 

(*)  Archives  S'-Marlin,  reg.  cité,  fol.  160. 


—  305    - 

Liège,  tandis  que  le  prix  de  la  vente,  44,000  florins  de  Brabant 
leur  piocurera  un  revenu  annuel  de  2,200  fls.  de  Liège;  le  cha- 
pitre de  S.  Martin  a  besoin  d'une  somme  notable  pour  la  répara- 
tion des  orgues  et  il  ne  pourrait  l'emprunter  qu'à  des  conditions 
très-onéreuses.  La  vente  se  fera  donc  au  prix  de  44,000  fls.  de 
Brabant,  que  les  deux  églises  se  partageront  d'après  leurs  con- 
ventions particulières,  et  qu'elles  devront  réappliquer  immédia- 
tement. La  vente  comprend  tous  les  droits  seigneuriaux,  mais 
nullement  les  SObonniers  que  le  chapitre  de  S'-Marlin  possède 
à  Marchin,  ni  les  45  boniiiers  du  chapitre  de  N.  D.,  ni  la  dîme 
ni  le  droit  de  patronage,  ni  les  autres  biens  et  rentes.  Comme 
le  chapitre  de  N.  D.  possède  une  rente  de  18  muids  d'épeautre 
hypothéquée  sur  le  moulin  de  «  Statte  »,  le  seigneur  de  Marchin 
ne  pourra  y  construire  un  second  moulin  qu'à  la  condition  de 
lui  faire  supporter  aussi  la  charge  de  cette  hypothèque.  Enfla  le 
Pape  commet  au  grand  prévôt  et  à  l'official,  le  soin  d'approuver 
la  vente,  mais  ils  doivent  auparavant  s'enquérir  de  la  réalité 
des  raisons  alléguées  ,  de  l'accomplissement  des  conditions 
prescrites,  du  payement  et  de  la  réapplication  du  prix  ('). 

Paul  Jean  baron  de  Groesbeeck,  grand  prévôt  de  la  cathé- 
drale, et  Jean  Ernest  de  Surlet,  chanoine  de  S.  Lambert  et 
vicaire  général,  exécutèrent  fldèlement  la  commission  que  le 
pape  Alexandre  VII  leur  avait  confiée  par  ses  lettres  apostoli- 
ques; et,  après  avoir  tout  examiné  et  vérifié,  ils  approuvèrent 
en  son  nom  la  vente  de  la  seigneurie  de  Marchin,  le  8  février 
1661  (-;. 

Î657-1673. 

Jean  Gaspar  Ferdinand  de  Marchin  récupéra  donc  en  1657-61, 
l'antique  patrimoine  de  sa  famille.  Il  était  fils  de  Jean  de  Mar- 

(  *  )  Original  sur   pai'ciiemin.    Schoonbroodt.   Ctiartes   de  S<-Martin ,    n»   843. 
Marchin.  OEuvres,  n"  41,  fol.  41. 
(-;  MarcUin.  OEuvres,  v.  41,  fol.  4S. 


306  — 

cliin,  seigneur  de  Ramezée  et  de  Modave,  voué  de  Fosse, 
lieuteiiaiii  g<)uverneur  et  capitaine  du  château  de  Huy,  mort  le 
5  juin  16:25  (fils  de  Nicolas  de  Marcliiii,  écuyer,  seigneur  à 
Chantraiiie,  voué  deRamelot  et  délie  Fosse  et  de  Marguerite 
d'Orley  de  Linster),  et  de  Jenne  de  la  Vanlx  Renard  (Hlle  de 
Jean  et  d'Elisabeth  de  Jaymart). 

Il  appartenait  à  l'une  des  plus  anciennes  et  illustres  maisor.s 
du  pays  de  Liège.  Cinq  hérauts  d'armes  aux  titres  de  Bour- 
gogne, de  Brabant,  de  Luxembourg,  de  Flandre  et  de  Hainaut 
en  donnèrent  leurs  attestations  en  1670  —  «  Albert  de  Launay, 
roi  d'armes  de  sa  Majesté  catholique,  avait,  en  1659,  dressé  la 
carte  généalogique  de  sa  famille,  tant  sur  la  chronique  de  Hem- 
ricourt  que  sur  des  titres  domestiques,  et  (ait  remonter  les 
preuves  de  sa  noblesse  jusqu'en  1102  ;  Ferdinand  de  Marchin, 
maréchal  de  France  la  fit  monter  jusqu'en  1060»  (')• 

Le  héraut  d'armes  Lefort  donne  plusieurs  tables  généalo- 
giques de  la  famille  de  Marchin  (-),  et  l'une  d'elles  nous  montre 
Ferdinand  de  Marchin  descendant  par  Humbert  de  ce  même 
Roynaut  de  Chiny,  qu'elle  présente  comme  le  bisaïeul  de  Willi- 
bert  de  Marchin,  et  désigne  à  tort  comme  le  premier  sei- 
gneur de  Marchin,  Nous  ne  voulons  pas  entrer  dans  le  dédale 
de  ces  généalogies  ;  nous  nous  contenterons  d'en  donner  un 
tableau  aux  annexes  (^). 

Jean  Gaspar  Ferdinand  de  Marchin,  était  seigneur  de  Modave 
(1642)  de  la  Neufville-au-Pont  (i645),  et  de  Vieux -Waleffe, 
chevalier  de  l'ordre  de  la  Jarretière,  capitaine  et  maître  de 
camp  général  aux  Pays-Bas  pour  le  roi  catholique,  conseiller 
en  son  conseil  suprême  de  guerre,  colonel  au  régiment  des 
chevaux  légers  liégeois.   Il  fut  admis  dans   le  corps  de  la 

(<  )  Lefort,  2"  partie.  Mémoire  pour  la  famille  de  Marchin.  V.  p.  227. 
(*)  Lefort,    !"■  partie.   XIV.    117.    —  2^  partie.  Il,  22;  V.  p.  227  ;  VII,  63. 
3*"  partie,  v.  Marchin. 
(^)  V.  aux  annexes,  n°  42. 


—  307  — 

noblesse  du  pays  de  Liège  et  du  comté  de  Looz  par  l'assemblée 
générale,  tenue  k  Liège,  le  16  juillet  1645.  Il  devint  gouver- 
neur de  Stenay,  de  Bellegarde  et  de  Fortose,  lieutenant  de 
l'armée  que  le  roi  de  France  avait  en  Catalogne,  capitaine 
général  de  cette  province,  etc.,  etc.  Il  fut  tour  à  tour  au  ser- 
vice de  la  France,  dans  les  campagnes  de  1644-48,  de  l'Espagne 
et  de  l'Empire  (1654).  Il  avait  épousé  à  Paris  ,  le  28  mai  1651, 
Marie  de  Balsac,  fille  et  héritière  unique  de  Henri  de  Balsac, 
marquis  de  Clermont  d'Enlragues,  comte  de  Graville,  baron 
de  Dunes,  seigneur  de  Mésières  et  de  Louise  Lhuillier  de 
Boulencourt.  De  ce  mariage  naquirent  deux  enfants  :  Jean  qui 
fut  le  digne  héritier  de  son  nom,  de  sa  bravoure  et  de  ses 
domaines,  et  Louise  Henriette  Agnès  qui  mourut  en  bas  âge. 
C'est  Jean  Gaspar  Ferdinand  qui  «  a  bien  voulu  faire  la 
dépense,  qui  a  été  très-considérable,  pour  l'impression  du  37iro/r 
des  nobles  de  laHesbaye,  de  Jacques  de  Hemricourt»;  aussi  Sal- 
bray,le  traducteur,  lui  dédia-t-il  son  œuvre  par  une  épitre  dédi- 
catoire  où  il  exalte,  d'une  manière  exagérée  peut-être,  les  mé- 
rites de  sa  carrière  militaire  ('). 

L'antique  noblesse  de  sa  race,  les  services  éminents  que  ses 
ancêtres  et  lui  avaient  rendus  aux  maisons  d'Autriche  et  de 
Bourgogne,  les  brillants  faits  d'armes  par  lesquels  il  s'était 
signalé  dans  maintes  batailles,  lui  méritèrent  de  la  part  de  l'em- 
pereur Léopold  I,  le  titre  et  le  rang  glorieux  de  comte  du  St- 
Empire.  Le  diplôme  impérial  est  du  3  août  1658.  L'empereur  y 
rapporte  sa  noble  origine  et  l'alliance  de  sa  famille  avec  les  Warfu- 
sée,  les  Neufchateau,  les  Duras  et  lesWaroux  ;  il  rappelle  qu'à  la 
levée  des  sièges  d'Arraset  de  Valenciennes  (1655),  Jean  Gas- 
par Ferdinand,  a  soutenu  avec  moins  de  4  escadrons  de  soldats 

(  ')  Les  Délices  du  pays  de  Liège,  t.  V,  2«  partie,  p.  1  à  74,  donnent  le  portrait 
et  une  liiographie  très-étendue  de  Jean  G.  de  Marchin.  Voyez  aussi  Les  hommes 
illustres  de  la  nation  liégeoise,  par  Louis  Abry,  édil-'s  par  H.  Helbig  et  S.  Borraans, 
p.  19  et  p.  3!26.— De  Fe\\ev,Dict.  ///sfor/gHe.— L'épitre  dédicatoire  de  Salijray,  dans 
le  Miroir  dei  nobles. 


—  30«  — 

le  choc  de  toute  l'armée  ennemie  ;  qu'en  1656,  lors  de  l'inves- 
tissement de  Valenciennes,  il  a  culbuté  avec  4,o00  hommes 
les  lignes  ennemies,  et  qu'il  a  été  blessé  par  une  balle  dans 
celte  lutte  héroïque.  En  reconnaissance  de  ce  dévouement  et 
de  ces  mérites,  l'empereur  l'élève  lui  et  toute  sa  postérité,  au 
titre  et  aux  honneurs  des  anciens  comtes  du  St-Empire  ;  il 
érige  la  seigneurie  de  Marchin  en  comté  du  St-Empire;  lui 
permet  de  porter  dans  ses  armoiries,  blasons  ou  drapeaux, 
l'aigle  impériale  noire  à  deux  têtes,  les  aigles  déployées,  les 
pattes  écartées  et  la  queue  en  éventail. 

Enfin  il  ordonne  à  tous  et  chacun  de  les  intituler  :  Illustres 
et  Généreux,  Hocli  uncl  WoUqehorn  ('). 

Le  15  février  1661,  le  sergent  de  Marchin  ayant  convoqué 
tous  les  habitants  au  son  de  la  cloche,  Son  Excell.  Jean  Gaspar 
Ferdinand  comte  de  Marchin,  représenté  par  le  conseiller 
Charles  d'Ans,  prit  possession  de  la  terre  et  comté  do  Marchin 
et  du  St-Empire  «  par  la  séance  prinse  à  l'église, l'attouchement 
de  la  corde  et  autres  cérémonies.  »  Tilman  de  Salmier,  résidant 
à  Modave,  Arnold  Wilmotie,  curé  de  Modave,  Pierre  de  Gave- 
relle,  Jean  de  Loene,  jurisconsulte,  Oger  Mélar,  Charles  Vau- 
brenson,  etc.,  furent  témoins  à  cette  installation. 

Le  comte  de  Marchin  fit  publier  plusieurs  ordonnances  et 
règlements  aux  plaids  généraux  du  25  avril  1661  i-),  du  17 
avril  1662  (•'),  2  octobre  1662  (*),  8  janvier  1663  (»),  7  janvier 
1664  (®),  eut  un  procès  avec  les  Dames  de  Solières,  par  rap- 
port à  certains  droits  d'usage  ,  fit  faire  un  cerclemenage 
extérieur  (')  et  intérieur  de  la  seigneurie  (^). 

(')  V.  CR  diplôme  aux  Annexes,  n°  10. 
(  ')  Marchin.  OEuvres  no  41,  fol.  34. 
(»)  Ibid.  fol.  84. 
(*)  Ibid.  fol.  i25. 
(•)  Ibid.  fol.  129  vu. 
(•)  Ibid.  fol.  211. 
(')  Ibid.  fol.  170. 
(•)   Ibid.  fol.  180. 


—  :jo9  - 

Il  mourut  assez  inopinément  à  Spa,  au  mois  d'août  1673  (*  ), 
et  fut  enterré  dans  l'église  de  Modave  dans  le  tombeau  de  ses 
aïeux.  Aujourd'hui  l'église  de  Modave  conserve  encore  le  mau- 
solée que  le  baron  de  Vyle  fit  ériger  à  la  mémoire  de  Jean 
Gaspar  Ferdinand  de  Marchin  et  de  son  lils.  Voici  colle  double 
inscription  que  nous  devons  h  une  bienveillante  communi- 
cation de  M.  Stan.  Bormans. 

D.     0.     M. 

ET 

A  la  mémoire  des  très  nobles ,  très  illustres,  très  hauts  et 
puissants  seigneurs 


Jean  Gaspar  Ferdinand  comte  de 
Marchin,  chevalier  de  l'ordre  de  la 
Jaretière ,  capitaine  et  maître  des 
camps,  général  au  Pays-Bas,  chef  du 
suprême  conseil  de  guerre  des  rois 
d'Espagne,  fils  de  Jean  de  Marchin 
etde  Jenne  de  la  Vaux  Renard,  tous 
enterrés  vis-à-vis  soub  celte  tombe. 
Son  mérite  extraordinaire  obligea 
l'empereur,  les  rois   de  France  et 


Jean  Ferdinand  comle  de  Marchin, 
chevalier  des  ordres  du  roy,  mares- 
chal  de  France ,  lequel  après  avoir 
servi  à  la  tête  des  gens  d'armes  de- 
puis l'âge  de  XYII  ans,  et  été  très- 
longtemps  brigadier  et  maréchal  de 
camp,  ensuite  lieutenant  général,  fut 
envoyé  ambassadeur  extraordinaire 
près  de  Philippe  V,  dont  il  gagna 
par  sa  vertu  l'amitié  particulière,  re- 


d'Espagne  de  traiter  avec  luy  avant  1  fusa  par  grandeur  d'âme  la  grandesse 
sa  mort  et  de  lui  donner  des  grosses  d'Espagne,  commanda  les  armées  du 
pensions,  afin  qu'il  ne  servisse  pas  roy  très-chrétien  en  Alemagne  et  fil 
contre  eux.  il  a  été  un  des  grands  I  faire  la  retraite  de  l'armée  après  la 
hommes  du  siècle,  il  s'est  acquitté!  bataille  de  liostête,  fut  en  Italie  com- 
dignement  et   avec  admiration  des  mander  les  armées  où  il  fut  blessé  ;i 


plus  grands  exploits  de  la  guerre,  et 
du  cabinet,  fut  généralissime  du  roy 
Charle  d'Angleterre  pour  le  rétablir 
sur  le  trône,  etc.,  et  a  laissé  un  seul 
fils,  Jean  Ferdinand.  Il  est  mort  à 
Spa,  l'an  1075,  au  mois  d'août. 


la  levée  du  siège  de  Turin  et  mourut 
XXIV  heures  après,  administré  des 
S. S.  S""%  le  VIII  sept.  1700  et  est 
enterré  aux  Capucins.  Il  fut  lils  de 
Jean  Jaspar  Ferdinand ,  comte  de 
Marchin  et  de  Marie  de  Balsac  d'En- 
tracque  de  Clermont. 

Cet  épitaphe  a  été  érigé  par  très  illustre  sgr  Arnold  de  Ville,  baron  du 


(')  1673  el  non  ISTg  comme  le  dit  L.  Abry;  car  le  27  octobre  4673,  Marie  Balsac, 
veuve  de  Jean  G.  Ferd.  comte  de  Marchin,  nomme  un  nouvel  éclievin  de  la  Cour  d« 
Marchin.  OEuvres,  reg.  42. 


-  310   - 

S'  Empire,  lequel  ayant  été  élevé  avec  le  mareschal  et  honoré  de  leure 
intime  amilié  et  confiance,  a  cru  ne  devoir  laisser  dans  l'oubli  la  mémoire 
de  ces  grands  hommes  qui  ont  fait  honneur  au  genre  humain  a  ce  pais  et 
à  ce  lieu  qu'ils  ont  bâti  et  protégé  pendant  leur  vie. 

Requiescant  in  pace. 
1673-1688. 

Ferdinand  comte  de  Marchin,  fils  du  précédent,  naquit  h 
Maliiies,  au  mois  de  février  1656.  Il  n'avait  que  dix-sept  ans 
lorsqu'il  entra  au  service  de  la  France.  11  fit  ses  premières 
armes  à  la  bataille  de  Senef  (1674),  fut  blessé  à  Fleurus  (1690), 
se  trouva  h  la  bataille  de  Neerwinden  (1693)  et  à  la  prise  de 
Charleroi.  Pendant  la  guerre  de  la  succession  d'Espagne,  il 
servit  la  France,  d'abord  en  Allemagne  où  il  commanda  la 
retraite  de  Hoeckstedt  et  conquit  les  patentes  de  Maréchal  de 
France  (1703);  étant  passé  en  Italie,  il  prit  une  part  glorieuse 
au  siège  de  Turin,  et  ce  fut  dans  la  bataille  que  le  Prince 
Eugène  vint  livrer  à  l'armée  française  sous  les  murs  de  cette 
ville  le  6  septembre  1706,  que  le  comte  de  Marchin  fit  des  pro- 
diges de  bravoure  ;  il  s'exposa  au  péril  en  héros  et  fut  mortel- 
lement blessé  et  fait  prisonnier. 

Il  mourut  deux  jours  après,  le  8  septembre  1706,  et  fut 
inhumé  daiis  la  cathédrale  de  Turin  (')  où  son  cousin  Philippe 
de  Maichiu  de  Marche  lui  fit  élever  un  magnifique  mausolée 
avec  une  épitaphe  latine  qui  rappelle  ses  exploits  et  sa  mort 
glorieuse  (-).  Le  maréchal  Ferdinand  de  Marchin  n'ayant  pas 
été  marié,  celte  branche  de  la  famille  disparut  avec  lui.  Pour 
subvenir  aux  dépenses  de  ses  expéditions  militaires,  il  avait  été 


(')  L'inscription  de  Modave  dit  :  aux  capucins. 

(')  Délices  du  pays  de  Liège.  T.  V.  ^â"  partie,  p.  74- 169. Louis  .4bry.  Les  hommes 
Illustres,  p.  327-328.  Feller.  Dict.  historique. 


—  311  — 

forcé  d'aliéner  plusieurs  de  ses  propriétés  et  enlr'autres  le 
comté  de  Marchin. 

Le  8  mai  1688,  le  R.  S.  Thomas  de  Paris  Bransecourt,  abbé 
du  Val  des  Écoliers,  agissant  au  nom  du  comte  Ferdinand  de 
Marchin,  avait  vendu  la  seigneurie  de  Marchin,  à  la  réserve  du 
titre  de  comte  et  du  nom  de  cette  terre,  à  noble  seigneur 
Mathias  de  Fléron,  pour  la  somme  de  8000  écus  ('). 

1688-1696. 

Mathias  de  Fléron,  seigneur  de  Roiseux,  conseiller  de  son 
Altesse  Sérénissime  dans  son  conseil  privé  et  chambre  des 
finances,  échevin  de  la  souveraine  justice  de  la  cité  et  du  pays 
de  Liège,  conserva  la  seigneurie  de  Marchin  jusqu'à  sa  mort. 
Il  avait  épousé  Barbe  Savary  ("^). 

Ses  enfants  et  héritiers  :  François  de  Fléron,  Marie,  Anne 
Jenne,  Barbe,  Caroline,  Albertine  et  Jeanne  de  Fléron,  assistés 
de  leurs  tuteurs  Jean  Alberti  de  Requilé,  chanoine  écolâtre  de 
Tongres  et  M.  S.  N.  de  Hervé,  membre  du  conseil  ordinaire  et 
seigneur  de  Forest  et  Hall  inné,  vendirent  la  seigneurie  de 
Marchin  h  Gérard  François  Van  Buel  ,  pour  la  somme  de 
20600  florins  de  Brabanl  (12  juillet  1696).  A  cette  époque  le 
village  de  Marchin  fut  cruellement  atteint  par  les  ravages  de  la 
guerre.  Le  il  octobre  1692,  les  troupes  de  S.  A.  le  prince  de 
Liège  vinrent  y  fourrager  ;  elles  furent  suivies  par  celles  du 
général  Fleming.  Au  Noël  suivant,  le  corps  d'armée  du  général 
comte  de  Guiscard  y  campa  et  enleva  une  grande  quantité  de 
bétail. 

L'année  suivante,  au  mois  de  juillet,  pendant  le  siège  deHuy, 
les  troupes  françaises,  sous  les  ordres  du  maréchal  de  Villeroy, 

(  *)  Cet  acte  de  vente  fut  réalisé  à  la  cour  de  Marchin,  le  27  septembre  1692. 
OEuvres,  registre  no  43,  p.  106. 

(*;    Ophoven.  Recueil  héraldique,  p.  33. 


—  312  — 

campèrent  sur  le  territoire  de  Marchin  et  enlevèrent  aux  habi- 
tants plus  de  2n0  bêtes  h  cornes.  Au  mois  d'octobre,  le  marquis 
de  Boufflers  était  campé  avec  son  armée  à  Pailhe,  et  pondant 
l'espace  d'un  mois  qu'il  y  resta,  les  manants  de  Marchin  furent 
forcés  de  lui  fournir  une  grande  quantité  de  rations. 

Eu  1694,  le  marquis  d'Harcourt  y  campa  avec  ses  soldats  ; 
l'armée  du  Dauphin  campée  à  Vinalmont  lez-Huy,  y  vint  fourra- 
ger par  trois  fois;  puis  lorsque  les  troupes  alliées  commandées 
par  le  duc  de  Holstein-Ploen  vinrent  assiéger  la  ville  de  Huy, 
elles  restèrent  à  Marchin  pendant  22  jours,  et  enlevèrent  aux 
habitanlslepeu  de  foin  qu'ils  avaient  récolté  dans  leurs  prairies 
et  communs  pâturages  ;  34  maisons  furent  rasées  et  plusieurs 
rendues  inhabitables.  Quelques  jours  avant  le  siège,  la  garnison 
française  de  la  ville  de  Huy,  avait  enlevé  pour  ses  approvision- 
nements deux  troupeaux  de  moutons  et  plusieurs  vaches. 

Pendant  le  siège  de  Naniur,  en  169o,  un  camp  volant  de  6000 
chevaux,  commandé  par  le  lieutenant-général  Vreck,  séjourna 
pendant  5  jours  ti  Marchin,  ahn  de  couvrir  les  convois  de  cais- 
sons qui  venaient  par  le  Gondroz  quérir  du  pain  à  Huy;  les 
dragons  campés  à  Statte  vinrent  y  fouriagei' à  plusieurs  rejjrises; 
enhn  les  malheureux  habitants  de  Marchin  durent  fournir  envi- 
ron 1000  rations  à  la  garnison  de  Huy,  et  furent  réduits  à  un 
tel  état  de  misère  que  plusieurs  durent  vendre  leur  bétail,  pour 
avoir  de  quoi  vivre  pendant  l'hiver.  Le  i  octobre  1696  la  gar- 
nison de  Charlemont  vint  encore  leur  prendie  12  chevaux  (  '). 

1696      1715. 

Gérard  François  Van  Beul  ou  Bnel,  était  fils  de  Guillaume 
Van  Beul,  licencié  en  droit,   chevalier  du   S'-Einpire'  et   de 


{')  Records  do   lu  cour  (li>  Marchin  constatant  les  dommages  causés.  OEuvres  v. 
■}3.  )V.  140—228—243. 


-    313  — 

Susanne  Gai  (*).  En  sa  qualité  de  seigneur  de  Marchin,  il 
conclut,  le  14  juin  1701,  un  accommodement  avec  les  magistrats 
de  Huy,  pour  les  bornes  des  deux  juridictions  (-).  Le  28  sep- 
tembre 1715,  il  céda  sa  seigneurie  à  son  fils  qui  suit. 

1715  —  1795. 

Guillaume  Van  Beul  eut  pour  père  Gérard  François  Van  Beul 
et  pour  mère  Catherine  Paul.  Ecuyer,  licencié  en  droit,  chevalier 
des  ordres  royaux  et  militaires  du  3Iont-Carmcl,  de  S'-Lazare 
et  de  Jérusalem,  conseiller  perpétuel  aux  étals  du  pays  de 
Liège,  il  devint  bourgmestre  de  cette  cité  en  1749  {').  Il  avait 
été  mis  en  possession  de  la  seigneurie  de  Marchin  le  2  octobre 
1715,  après  avoir  fait  serment  sur  les  S.  Evangiles,  au  maître- 
autel  de  l'église  de  Marchin,  de  maintenir  les  droits,  statuts, 
prérogatives  et  limites  de  la  communauté  et  des  habitants  (*). 

Le  mayeur  et  les  échevins  de  Marchin  adressèrent  une  sup- 
plique Il  son  A.  S.  le  Prince  évêque  de  Liège,  afin  d'obtenir  la 
permission  de  tenir  leurs  plaids  dans  la  ville  de  Huy.  «  Les 
justices  de  Wance,  Tihange,  Moha  et  Bas-Oha  y  tenaient  depuis 
de  longues  années,  et  eux-mêmes  en  avaient  agi  ainsi  depuis 
quelque  temps,  pour  éviter  les  grands  frais  et  vacations  des 
facteurs  et  des  procureurs  résidant  ti  Huy.  »  (^) 

Son  Altesse  agréa  leur  demande  le9janvier  1734;ils  pourront 
tenir  leurs  plaids  h  Huy,  mais  les  sentences  devront  être  pro- 
noncées sur  la  juridiction  de  Marchin. 

Le  12  juin  de  la  même   année,  Son  Altesse  approuva   un 


(')  Ophoven.  Recueil  héraldique,  p.  103  et  105. 
(*)  Marchin.  OEiivres,  n°44,  fol.  34  v». 
(')  Ophoven.  Recueil  héraldique,  p.  103. 
(  *)  Marchin.  OEuvres,  n»  45,  fol.  101  v». 
(*)  Marchin.  OEuvres,  n"  45,  p.  320. 


—  314  — 

règlement  du  seigneur  de  Marchin  pour  le  pâturage  des  bêtes  à 
laine  ('). 

Guillaume  Van  Beul  n'avait  pas  d'enfants;  sa  sœur  Marie 
Susanne  Van  Beul  avait  épousé  François  Laurent  de  Piret, 
seigneur  du  Ghâteiet,  dont  elle  eut  plusieurs  enfants  ('-).  Ce  fut 
en  faveur  de  ces  enfants  que  Guillaume  Van  Beul  fit  son  testa- 
ment, le  6  octobre  1764.  Pai-  ce  testament,  réalisé  au  greffe  des 
trois  Etats  du  pays  de  Liège  le  1''  août  1770,  il  institua  pour 
ses  héritiers  testamentaires  universels  Hyacinthe  de  Piret, 
seigneur  du  Ghâteiet  ;  François  Maximilien  de  Piret  du  Ghâteiet, 
chevalier  de  l'ordre  royal  et  militaire  de  S^-Louis,  commandant 
de  bataillon  au  service  du  Roi  de  France;  et  Marie  Françoise 
de  Piret  du  Ghâteiet,  épouse  de  Messire  Henri  Joseph  baron  de 
Fiaveau  de  Gort  de  la  Raudière,  seigneur  de  Waleffe  S'-Pierre, 
Borlé,  bourgmestre  de  la  ville  de  Liège. 

Ces  héritiers  ne  conservèrent  la  seigneurie  que  pendant  un 
an  et  demi  ;  le  8  avril  1772,  de  concert  avec  les  héritiers  subs- 
titués ,  ils  la  vendirent  en  môme  temps  qu'une  certaine  quan- 
tité de  terres,  prairies,  bois,  etc.,  à  Messire  Pontian,  comte  de 
Harscamps,  seigneur  de  Fernelmont,  Noville,  les  Bois,  pour  le 
prix  d'une  rente  de  6025  florins  de  Brabant  redimible  au  denier 
quarantième  (^).  Celui-ci  la  conserva  jusqu'à  la  révolution  fran- 
çaise. 

Voilà  l'h'stoire  de  la  seigneurie  de  Marchin.  Si  parfois  ses 
habitants  ont  cruellement  soulîert  des  ravages  de  la  guerre,  il 
faut  convenir  cependant  que,  pour  la  vie  intérieure  et  commu- 
nale, ils  ont  joui  pendant  sept  siècles  d'une  paix,  d'une  liberté 
et  d'une  indépendance  qu'on  chercherait  vainement  aujourd'hui. 
Vivant  presque  sans  lois,  souo  la  conduite  paternelle  de  leurs 
maîtres  chrétiens,  ils  ne  semaient  l'action  du  pouvoir  que  lors- 

(  '  )  Marchin.  OEuvres,  n»  i6,  p.  20. 

Cj  Ophoven.  Itccueil  luiuUUquc,  p.  205. 

(')  Marchin.  OEuvres,  n»  47,  fol.  MO. 


~   31o  — 

qu'il  y  avait  une  injustice  à  réparer  ou  un  besoin  de  protection 
et  de  défense  ;  ils  réglaient  à  l'amiable  les  légères  difficultés 
qui  s'élevaient ,  et  traitaient  avec  leurs  seigneurs  presque 
comme  d'égal  h  égal  (V.  l'ordonnance  de  1526);  et  pour  faire 
contrepoids  à  cette  liberté,  la  plus  grande  possible,  ils  trou- 
vaient dans  les  sentiments  de  leurs  consciences  cbrétiennes  et 
les  traditions  coutumières  de  leurs  ancêtres,  des  garanties 
d'ordre  et  de  stabilité  plus  que  suffisantes.  C'est  ainsi  qu'ils 
résolvaient  magnifiquement  ce  problème  si  difficile  aujourd'hui 
de  la  concilialion  de  l'autorité  avec  la  liberté. 

Droits  seigneuriaux. 

Les  deux  chapitres  avaient  à  Marchin  la  justice  haute, 
moyenne  et  basse  et  l'exerçaient  au  moyen  de  deux  cours  de 
justice,  composée  chacune  d'un  mayeur  et  de  sept  (chevins. 
Ces  cours  agissaient  et  jugeaient  tantôt  séparément,  tantôt 
conjointemenl,  suivant  que  les  affaires  concernaient  les  intérêts 
des  pai'ticuliers,  ou  l'intérêt  général  de  la  seigneurie. 

Elles  constataient  les  mutations  qui  s'opéraient  dans  l'enclave 
de  la  seigneurie,  jugeaient  les  contestations  qui  leur  étaient 
soumises,  et  exerçaient  ainsi  à  la  fois,  la  juridiction  volontaire 
et  la  juridiction  contentieuse  (')  ;  elles  procédaient  à  finstruc- 
tion  en  matière  criminelle,  elles  la  soumettaient  aux  échevins 
de  Liège  et  ceux-ci  leur  dict  lient  la  sentence  qu'elles  devaient 
prononcer  (-).  C'est  ainsi  qu'en  lo64,  elles  mettent  sur  l'échelle 
h  la  torture  un  homme,  nommé  Pierar  le  scailteur,  coupable  de 
vols,  (le  rapine,  d'homicide  et  d'un  autre  crime  infâme;  et  le  24 
mars,  sur  recharge  des  échevins  de  Liège,  elles  le  font  «  brûler 
à  un  gibet  auquel  était  appeiidu  une  coube  de  vache  et  deux 
mailhets.  » 


'  )  Raikem  et  Polaiu.  CouiumeH  du  pays  de  Liège.  T.  1,  p.  '2"2S. 
'j   Ibid.  p.  341. 


316  — 

Ces  deux  cours  éiaient  donc  soumises  à  la  juridiction  des 
échevins  de  Liège  ;  aussi  dans  un  record  du  26  juin  1478 
disent-elles  «  salle  la  correxion  et  emidreuienl  de  nobles  et 
honorables  signeurs  nos  chers  signeuis  et  cliieffe  les  échevins 
de  Liège.  » 

Le  mayeur  et  les  échevins  de  ces  cours  étaient  nommés  et 
révoqués  par  le  chapitre  dont  ils  dépendaient.  En  133o,  en 
confiant  la  mairie  ^  Nicolas  de  Vyele,  le  chapitre  de  Si^  Martin 
ajoute  :  «  omnes  vci  o  subditos  homines  dicte  ville  ducere  et 
tractare  debebit  dictus  tirmarius  tanquam  villicus,  secundum 
legem  el  judichim  scabuwium  dicti  loci  :  alioquiu  nisi  hoc  fecorit 
seu  in  delecln  fueril  hoc  facicndi,  ipsi  docanus  et  capilulum 
eum  ainovere  poterunt  ab  offîcio  villicationis  prcdicteei  alium 
villicum  in  ipso  officio  insliuure  et  subrogare  {').  » 

Un  échevin  de  la  cour  de  S'  Maitin  pouvait  être  simultané- 
ment mayeur  do  la  cour  de  Noire  Dame  ,  et  vice-versa  ;  mais 
ce  cumul  fut  prohibé  au  ÏQ"  siècle.  Guillaume  de  Neufcourl, 
échevin  de  la  justice  de  S'  Mariin,  ayant  été  député  mayeur  de 
la  justice  de  Nolr(3  Dame,  le  chapitre  lui  donna  un  successeur, 
le  16  octobre  1384  «  attendu  que,  selon  les  rèlbrmations  di'r- 
nières,  les  offices  de  mairie  et  eschevinage  ne  pouveni  estre 
exercé  d'un  homme  par  ensemble  (-).  » 

Voici  un  extrait  d'un  record  du  23  mars  16oo,  qui  nous  ren- 
seigne quels  droits  les  mayeurs  et  les  échevins  étaient  tenus 
de  payer  h  l'occasion  de  leur  réception. 

«  Recordons  avoir...  costume  de  temps  immémorial,  que  les 
mayeurs,  eschevins,  ei  grelïicrs  de  cestc  ditte  comté,  est  et  sont 
tenus  payer  pour  droits  de  léception  18  ilorins  Brabant  une 
fois  au  jour  de  l'admission,  et  ledit  jour  ung  disner  que  nous 
appelons  lasoui)pe,  comme  ausy  (pjarante  jour  après  une  paste 
et  bancjuel  de  deux  jours  continuels,  ou  doibvent  estre  priés 


(•     Original  sur  parcliemin.  Schoonbroodt.  Chartres  Je  .S'  Martin,  n*  201. 
'•;  Reg.  du  chapitre  fie  S'  Mariin,  n«  o98  138.S,  fol.  169. 


—  317  — 

tous  mayeurs,  eschevins  et  greffiers  susdits  avec  leurs  femmes 
et  joueurs  de  violons  ;  et  lesdits  bancquets  debvron  estre  bien 
accomodés  de  vins  et  viandes  suffisamcnt  et  sans  reproche, 
autrement  serat  remis  le  tout  à  la  correction  de  la  courte...., 
si  la  personne  receue  et  faisant  lesdits  banquets  entendait  in- 
viter quelqu'ung  outre  les  susnommés,  sera  obligé  de  l'avertir 
auparavant   h  laditte   courte ,  afin  que  l'invité  soit  advoné  ou 

rejette  par  icelle Adjontanl  de  plus  qu'il  i  est  observé  par 

nos  prédécesseurs  de  dire  une  messe  pour  la  réfrigération  de 
l'ame  d'ung  de  nos  dits  confrères  trespassés  h  laquelle  se 
doibvent  trouver  tous  autres  confrères  (').  » 

Parmi  les  droits  qui  compétaient  aux  seigneurs  de  Marchin, 
nous  devons  mentionner  le  droit  de  pêche  et  de  chasse.  lis  accor- 
daient aussi  la  permission  de  construire  des  forges  ou  des  pa- 
peteries sur  la  rivière  le  Hoyoux. 

C'est  ainsi  que  le  8  juin  1572,  le  chapitre  de  S'  Martin  auto- 
rise Jehan  Airkin  ii  ériger  «  une  forge  et  marteau  au  fer  «  sur 
le  course  de  cette  rivière,  au-dessus  du  moulin  au  papier  de 
Henri  Bardoul,  successeur  de  Paul  de  Trecot,  et  à  conduire  «  la 
course  de  cette  rivière  sur  les  thournons  et  harnaps  de  son 
usinne  »  avec  charge  de  payer  au  chapitre  un  cens  annuel  d'un 
muid  d'épeautre.Le  4  mars  1576,1e  même  chapitre  vend  à  Henri 
de  Franchimont,  bourgeois  de  Huy,  «  un  cops  et  course  d'eau  » 
pour  servir  au  moulin  h  papier  qu'il  veut  ériger  en  son  héritage 
«  condist  Waldoir  »  sur  le  Hoyoux  en  la  hauteur  de  Marcliin. 
Les  seigneurs  de  Marchin  avaient  un  droit  sur  les  mines  et  carrières. 
Le  21  août  1562,  Jean  Renchon,  bourgeois  de  Huy,  se  reconnait 
obligé  de  payer  aux  deux  chapitres,  la  dixième  part  des  minerais 
qu'il  extraira  de  ses  terres  et  de  celles  des  autres  habitants  de 
Marchin  C^). 

—  Iiem,  sur  les  brasseries.  Le  4  novembre   1616,  le  chapitre 


*     Cour  de  Marchin.  OEuvres.  lîeg.  40,  1651-1639,  p.  H3  verso 
;';  Reg.  de  S«  iMarlin,  n'  1385,  fol.  39.  OEuvres.  Reg.  cité,  fol.  111. 


MS 


de  S''  Martin  afferme,  pour  un  terme  de  trois  ans,  ;\  Guillaume 
de  Viiler,  l'un  des  mayeurs  de  Marchin,  le  droit  qu'on  dist 
«  d'abrocage  des  tonnes  de  toutes  sortes  de  cervoises  qui  se 
consomme  ou  se  mène  hors  de  la  seigneurie.  » 

Les  deux  chapitres  possédaiei;t  un  moulin  banal,  appelé 
«  del  Slalte  et  de  Jamagne  »  ou  bien  «entre  Vaulx  et  Jamagoe.  » 

Le  chapitre  de  S^  Martin  recevait  annuellement  pour  sa  part 
5  muids  de  blé,  4  deniers,  4  chapons  et  un  setier  de  farine 
servant  à  faire  de  petites  tourtes  dites  fuoches,  en  1284  (*)  et 
forches  en  1429  etl572  ('). 

Nous  avons  retrouvé  les  anciennes  ordonnances  et  coutumes 
qui  réglaient  la  jouissance  de  ce  moulin  ;  nous  les  publions  en 
appendice  (■'). 

Enfin  lous  les  manants  leur  payaient  un  cens  seigneurial,  les 
uns  en  argent,  les  autres  en  chapons  (*).  Vers  1250  cette  con- 
tribution rapportait  au  chapitre  de  S^  Martin  environ  8  marcs  et 
20  chapons  ;  lors  de  la  vente  de  la  seigneurie  en  1637,  tous 
ces  menus  droits  sont  évalués  i  la  somme  de  200  florins 
monnaie  forte  de  Liège. 

Les  propriétés  particulières  de  ce  chapitre  étaient  d'environ 
25  bonniers  de  terre  arable  et  de  54  bonnicrs  de  bois,  plus 
quelques  rentes.  Le  chapitrt^  do  Notre  Dame  y  possédait  en 
1657  environ  45  bonniers  de  terre.  Aujourd'hui  l'église  de  S^ 
Martin  ne  possède  itlus  un  pouce  de  terrain  dans  son  ancienne 
seigneurie  de  Marchin. 

'  ;  Sclloonbroodt.  Chartves  de  S^  Martin,  n°  125,  29  août  1281. 
»)  Rugistre  de  St-Martin,  n»  608,  p.  129    1429)  et  registre  Hambourg  B,  n»  1,  p. 
374  tlS72  . 

(')  Voir  aux  ;innexes,  ri"  7. 

;  1;  Dans  la  liasse  n"  330,  archives  de  S'  Martin,  se  trouve  un  registre  ou  «  papier 
auclenliek  des  cens,  rentes,  vins  et  autres  revenus  appartenant  à  V.  S.  le  vice  doyen 
et  capille  del  église  S'-Marlin...  gisant  en  leur  hauiteur  de  Marchin  en  Condros,  (ail 
et  renouvelé  par  noble  homme  M''  Ghuys  deFloyon  en  1461;. en  quel  seront  e.scripts 
lesdits  cens,  vins  et  revtnub.lcs  héritages  sur  quOy  ils  simt  gisans  et  les  personnes 
qui  les  tiennent  cl  les  rolevations  de  sour  ce  faites.  ■■ 


319  — 


L'église   de  Marchin. 


L'église  de  Marchin,  dédiée  ù  la  S"'  Vierge  Marie,  apparieiiait 
au  concile  de  Ciney,  dans  l'archidiaconé  du  Condroz.  C'était 
une  église  média,  ne  devant  payer  que  la  moitié  des  contribu- 
tions qui  étaient  dues  par  les  curés  à  leurs  supérieurs  ecclé- 
siastiques. (  '  ) 

Les  chapitres  de  S'  Martin  de  Liège  et  de  Notre  Dame  de 
Huy,  jouissaient  du  droit  de  patronage  sur  l'église  de  Marchin. 

En  12:22,  l'évêque  de  Liège,  Hugues  de  Pierrepont,  pour 
subvenir  k  l'insuffisance  des  revenus  de  la  collégiale  de 
S^  Martin  ,  lui  incorpora  les  églises  de  Vechmael ,  Breust, 
Ouffet  et  Marchin;  cette  mesure  fut  approuvée  par  l'archevêque 
de  Cologne  et  le  pape  Honoi-ius  III  (^).  Le  chapitre  devenait  par 
cette  union  le  priiicipal  titulaire  de  ces  églises;  il  choisissait  un 
prêtre  pour  les  desservir  en  son  nom,  le  présentait  à  l'archi- 
diacre qui  lui  conférait  la  juridiction  et  l'investissait  de  la  cure  ; 
il  obtenait  enfin  le  droit  de  percevoir  les  revenus  de  ces  églises , 
avec  charge  d'en  attribuer  une  portion  congrue  au  curé.  Cette 
incorporation  suscita  des  difficultés  entre  le  chapitre  de  S'  Mar- 
tin et  celui  de  Notre  Dame,  relativement  au  droit  de  nommer  le 
curé  de  Maichin,  mais  elles  furent  applanies  en  1228,  par  une 
conveniiou  qui  attribuait  cette  nomination  alternativement  à 
l'un  et  à  l'autre  chapitre  {'). 

L'official  de  Liège  reconnut  en  1301  la  légitimité  et  l'an- 
cienneté de  ce  droit,  constatant  en  même  temps  que  l'église  de 
Marchin  et  la  chapelle-annexe  existant  à  Lize  avaient  été,  depuis 
un  temps  immémorial,   desservies  par  un  seul  recteur  (*). 


(*)  Cf.  Daris.  Histoire  du  diocèse  de  Liège   T.  I.  p.  3. 

(*)  La  Bulle  pontificale  datée  du  16  mai  1:22:2,  a  été  publiée  dans  Mirœus  Opéra 
diplomaiica,  T.  III,  p.  383.  L'original  se  trouve  parmi  les  Chartres  de  la  collégiale 
deS>  Martin,  n»  19. 

[^)  Voir  aux  annexes,  n"  3. 

(*)  Voir  aux  annexes,  n»  4. 


—  320  — 

Lorsqu'en  1323,  Jacques,  curé  de  Marchin,  et  le  curé  d'Âcoz, 
Ubéric  de  Grâce,  écliaiigèrent  leurs  cures,  il  lui  foraielleiiKMit 
stipule;  que  le  chapitre  de  Noire  Dame,  en  agréant  cette  permu- 
tation, ne  perdait  pas  son  tour  de  collation  (  *). 

Nous  l'avons  déjà  dit  :  les  deux  chapitres  percevaient  la  dîme 
dans  toute  l'étendue  de  la  paroisse  de  Marchin,  mais  chacun  sur 
des  terres  différentes  et  dans  un  ressort  déterminé.  Les  biens  de 
l'abbaye  de  Solières  semblent  seuls  avoir  été  exemptés  de  cette 
redevance,  par  une  chartre  de  1174.  Nous  comprenons  dans  ce 
sens  l'analyse  que  le  chanoine  écolàlre  de  S'-Martin,  Jean 
Vandenroye,  nous  en  a  conservée  : 

«  1174.  Décima  de  Solières  cum  terra  quse  solvebat  ecclesiae 
25  denarios,  tradita  est  ecclesiae  de  Solières,  quœ  mortuo  prae- 
posito  successor  relevabit  dictam  decimam  et  terras  pro  13 
denariis  (-).  » 

Le  curé  de  Marchin  avait  aussi  une  part  de  la  grosse  et  menue 
liiii-ie;  il  percevait  les  revenus  des  bien-s  dotaux  de  l'église  et 
la  dîme  entière  des  novalia  (^),  appelée  «  deniers  des  sacs»  ; 
tous  ses  levenus  étaient  évalués  au  XVIII'' siècle,  à  la  somme 
de  90  muidsd'épeaulre. 

11  y  eut  de  temps  en  temps  des  contestations  pour  la  percep- 
tion de  la  dîme,  tantôt  entre  les  deux  chapitres,  tantôt  entre 
ceux-ci  et  le  curé  ou  les  paroissiens.  Comme  elles  n'offrent 
guère  d'intérêt,  nous  nous  contenterons  de  mentionner  les 
documents  qui  s'y  rapportent. 

12  août  1403.  —  L'official  de  Liège  ordonne  à  ceux  qui 
exploitent  Va  montagne  des  clercs,  de  payer  la  dîme  au  chapitre 
de  S'  Martin,  sous  peine  d'excommunication  et  d'une  amende  de 
100  nobles  d'or  (*). 


(  *  )  Voir  aux  annexes,  n«  6. 
(*)  Archives  de  St-Martin.  Reg.  606,  fol.  529- 

(  ')  Lorsqu'une  lerre  inculte  venait  à  être  exploitée,  la  dîme  sur  les  produits  de  la 
première  année  appartenait  exclusivement  au  curé  :  c  était  la  dîme  des  novalia. 
{ *  )  Chartres  de  la  collégiale  de  S'-Martin,  n»  355. 


-  aâi  — 

23  février  1407.  ~  Accord  entre  les  deux  chapitres  pour  la 
dîme  des  vignes  nouvellement  plantées  en  lieu  dit  :  entre  deux 
thiers  ('  ), 

1463.  —  Le  curé  de  Marchin,  Jean  de  Lize  et  le  chapitre  de 
S*  Martin,  ayant  une  difficulté  pour  la  dîme  des  novalia,  la  sou- 
mettent à  la  décision  de  trois  arbitres  :  Daniel  de  Blochem,  cha- 
noine de  S^-Paul,  W  Eustache  de  Atrio,  chanoine  de  St-Pierre 
et  Henri  de  Pu  Item,  chanoine  de  S^-Lambert. 

Le  2i2  juin  1S04  ,  les  deux  cours  de  justice  de  Marchin 
décident  à  quel  chapitre  appartient  la  dîme  de  certaines  terres 
situées  sur  la  voie  de  Roiseux,  en  tliier  en  Vaulx,  en  fons  en 
Vauîx,  aux  Saweaulx,  en  waige  en  Vaulx. 

Le  S  août  1549  ('^),  l'olncial  de  Liège  ordonne  à  Gérard, 
desservant  de  l'église  de  Marchin  de  respecter  les  droits  du 
chapitre  de  S'-Martin  ('). 

10  avril  1556.  —  DéUmilation  et  si^écilication  des  dîmages. 

22  avril  1556,  —  Convention  entre  les  deux  chapitres  et  le 
curé  pour  la  dîme  des  novalia,  du  bois  l'Évêque,  du  bois  des 
Stallons,  etc. 

17  juillet  1557.  —  Décision  arbitrale  prononcée  par  M'"  Mathieu 
ïrappé,  chanome-costre  de  S'-Martin,  Bauduin  de  Vaulx, 
licencié  en  droit,  avocat  de  la  cour,  et  M'^  Jean  deXheunemont, 
licencié  en  droit,  doyen  du  concile  de  S'-Remacle  et  chapelain 
de  la  collégiale  S'-Paul. 

15  décembre  1557.  —  Convention  entre  le  chapitre  de 
S'-Martin  et  le  curé  Mathurin  Goegin,  chanoine  de  la  collégiale 
de  Huy. 

1  mars  1560.  —  Accord  entre  le  chapitre  de  S'-Martin  et 
Gérard  Monnart,  desservant  de  Marchin. 


(  *  )  Voir  aux  annexes,  n"  8. 
(')  Peut-être  faut-il  lire  4559. 
(  '  )  Chartres  de  S^-Marti}i,  n»  747. 


32^2 


8  novembn'  1575,  — Condamnation  prononcée  par  l'official  de 
Liège  contre  le  curé  de  Vyle,  Rason  de  Tharoule,  pour  avoir 
violé  les  droits  du  chapitre  de  S'  Martin. 

Confirmation  de  cette  sentence  en  appel,  par  Martin  Halloixet 
Martin  Didden  ,  successivement  doyens  de  la  collégiale  de  S' 
Pierre  h  Liège;  confirmation  en  3"  instance,  par  le  juge  aposto- 
lique Balthasar  d'Augusto,  doyen  de  S^  Bartliélemi. 

28  janvier  1587.  —  Le  curé  de  Vyle  promet  de  payer,  à  titre 
d'indemnité,  au  chapitre  de  S'  Martin,  200  florins  de  Brabant. 

Juin  1618.  —  Renouvellement  des  dîmages. 

17  mai  1684.  —  Les  deux  chapitres  règlent  quelques  difficultés 
qui  s'étaient  élevées  au  sujet  des  limites  de  leurs  dîmages  (  *  ). 

Voici  les  noms  de  quelques  curés  de  Marchin  : 

Jean  de  Cixei,  cité  de  1302  à  1317. 

Jacques  ou  Jackemaix,  cité  en  1322,  devint  en  1323  curé 
d'Acoz. 

Lbericus  de  Grâce,  nommé  en   1323,  auparavant  curé  d'Acoz. 

Martin  Jodoigne,  en  1445. 

Jean  de  Liese,  chanoine  de  Notre  Dame  deHuy,  de  1460  h  1479. 

Adam  de  Borsy,  curé  de  Pervvez  en  1506,  avait  été  précédem- 
ment curé  de  Marchin. 

Guillaume  de  Bastogne,  chanoine  de  N.  D.  de  Huy,  cité  en 
1515,  mourut  en  1519. 

Les  registres  de  l'archidiacre  du  Condroz  mentionnent  à  cette 
même  année,  comme  présenté  par  le  chapitre  de  N.  D.,  Maître 
Hf.nri  Weulay  de  W^aremme,  et  indiquent  comme  curé,  en 
1520-1528,  Maître  Bertrand  Brouwet. 

En  1537,  la  cure  était  vacante,  peut-être  par  la  mort  de.... 
DE  LA  Malle,  chanoine  de  Notre  Dame  C),  et  devint  l'objet  d'un 
procès  entre  Frédéric  Pipenpois  et  Gobbelin  Coppens. 

Le  premier  résigna  la  cure  en  1540,   et   Gobbelin  Coppens, 

(  '  )  Ces  documenis  se  liouvent  dans  la  liasse,  n"  S30.  Archives  de  S«  Martin. 
(  •)  Nous  ue  savons  s'il  faut  placer  ce  curé  avant  1537  ou  avant  1547. 


chanoine  de  S'-Marlin,  en  fut  pourvu  par  lettres  apostoliques. 
Lorsqu'il  fut  devenu  doyen  de  S'-Martin,  il  se  démit  de  la  cure 
moyennant  une  pension  de  10  fls  de  Brabanl.  Un  registre  des 
archives  de  Notre-Dame  rapporte  que  Jean  Remigii  fut  présenté 
en  1347,  et  qu'il  mourut  en  octobre  1567,  tandis  qu'une  anno- 
tation dans  les  archives  de  S'-Marlin,  parle  d'une  Bulla  ex 
resignatione  .fois  Remigii  ecclesiœ  B.  Mariœ  de  Marchin  (  13  kal, 
aprilis  1547),  et  plusieurs  documents  nous  prouvent  qu'en 
1348  et  1337  Mathurin  Gokgin,  chanoine  de  Huy,  était  effecti- 
vement curé  de  Marchin. 

Gérard  Monnart  est  cité  comme  prêtre  desservant  de  Marchin 
en  1360. 

Maître  Lambert  Lambotte,  d'Erève,  fut  nommé  curé  de  Marchin 
l'an  1369  ;  il  fonda  une  messe  hebdoma  laire  en  l'honneur  de  la 
Passion  de  N.  S.,  mourut  le  14  janvier  1603,  et  fut  enterré  dans 
le  chœur  de  son  église  ;  la  pierre  tumulaire  portait  l'inscription 
suivante  : 

Ici  gist  vénérable  et  discrète  personne  maistre  Lambert  Lam- 
botte UEreve  institué  curé  de  Marchin  en  Condros  l'an  1569, 
le[q]uel  [y]  trespassat  Van  1600  et  3  en  mois  de  janvier  le  li  jour, 
fondateur  de  la  messe  hebdomadaire  de  la  passion  les  vendredis. 
Priez  Dieu  pour  son  àme. 

Charles  Ruelle,  bachelier  en  théologie,  devint  curé  de  Mar- 
chin en  1603,  gouverna  la  paroisse  pendant  30  ans,  célébra  son 
jubilé,  et  mourut  le  12  mai  1663,  h  l'âge  de  84  ans.  (') 

Voici  son  épitaphe  : 

Hicjacet  V.  D.  Carolus  Ruelle  S.  T.  Bac.  formatus,  pastor  per 
concursum  constitutus  1603,  qui  spart  a  hac  utpotuit  optime  ador- 
nata,  obiit  1663  may  12,  œtutis  vero  suœ  84.  Requiescat  in  pace. 

Daniel  Médard,  successeur  de  Charles  Ruelle,  fonda  une 
messe  hebdomadaire  en  l'honneur  du  S.  Sacrement  et  mourut 
le  7  février  1687. 

(  1  )  Son  testament,  du  22  mars  1663,  fut  enregistré  à  la  cour  de  Marchin. 
OEuvres,  n»  43,  foL   80. 


—  324  - 

Hic  jacet  R''"'  D"'"  Daniel  Medavd  hujus  ecclesiœ  pastor  et  fun- 
dator  missœ  r*''"  Sacramenti  singulis  quintis  feriii,  in  perpetmtm 
decantandœ.  Obiit  7  Febr.  1687, 

Requiescat  in  pace. 

A  la  mon  de  Daniel  Médard,  un  conflit  s'éleva  entre  les  deux 
chapitres  pour  la  nomination  de  son  successeur.  Le  chanitre  de 
S' Martin  nomma  Claude  Charles  Tarary,  celui  de  N.  Dame, 
Lambert  MoTTET.L'aff'aire  fut  déférée  au  tribunal  de  l'archidiacre 
du  Condroz,  et  se  termina  par  un  compromis,  dont  voici  les 
conditions  : 

1"  Lambert  Motlet  renonce  b  la  cure  de  Marchin  en  faveur 
de  Charles  Tabary,  moyennant  une  pension  annuelle  de  100  fis 
de  Brabant,  hypothéquée  sur  les  biens  de  la  cure;  2"  Charles 
Tabary  promet  de  demander  à  ses  frais  le  consentement  de  Sa 
Sainteté  à  la  constitution  de  cette  rente  ;3°la  première  collation 
appartiendra  sans  conteste  au  chapitre  de  Huy. 

Cet  accord  conclu  par  les  deux  prêtres  intéressés,  le  16  mai 
1687,  fut  ratifié  par  les  deux  chapitres. 

Claude  Charles  Tabary  mourut  le  14  juin  1717,  après  avoir 
légué  tous  ses  biens  aux  pauvres  de  sa  paroisse  ('). 

Hic  jacet  D.  C.  C.  Tabary  in  Marchin  constitutus  per  concursum 
pastor  \6S1,  qui  pauperes  parochiœ  suos  iustituii  hœredes.  Obiit 
iijunii  anno  1717. 

Requiescat  in  pace. 

Maître  Jean  Nicolas Barbaix fut  curédeMarcliinde  1717  kl750. 

Martin  Jacquet,  pourvu  de  la  cure  par  lettres  apostoliques  du 
pape  Benoît  XIV  (7  décembre  17o0),  la  ré.«igna,  le  8  octobre 
1790,  en  faveur  de  Pierre  Joseph  Crespin,  qui  fut  installé  le  15 
mars  1791. 

Il  y  avait  dans  l'église  de  Marchin  un  bénéfice  simple  sous 

(')  Son  testament,  liu  9  ruai  1717,  enregistre'  le  26  juillet.  Marchin.  OEuvrcs, 
«0  43,  p.  123  V". 


-  325    - 

l'iiivocalion  de  S'  Jean  Baptiste,  ayant  un  revenu  de  48  muids 
d'épeautre;  le  recteur  était  nommé  par  le  curé,  et  devait 
célébrer  tous  les  quinze  jours  une  messe  h  l'intention  des  fon- 
dateurs. L'autel  de  ce  bénéfice  était  consacré  et  se  trouvait  du 
côté  de  l'épîlre.  Maître  Franck  do  Herck,  chanoine  de  Notre- 
Dame  de  Huy,  en  était  recteur  en  1460.  Les  autres  recteurs 
turent  : 

Guillaume  de  Steyvordia  (Stevoorl),  mort  1515. 

1515.  —  Gisbert  ou  Guidon  de  Houdemont,  résigna  1520. 

1520.  —  Jean  Ludovici,  1528. 

1528.  —  François  Scliinvelt,  1534. 

1534.  —  Lambert  de  Warnant,  1540,  etc. 

1593  —  Pierre  de  Laître  (de  Atrio),  mourut  1618. 

Urbain  de  Laître  résigna  ce  bénéfice  en  1615,  en  faveur  de 
Henri,  flls  de  Jean  Lambotte. 

1615.  —  M'^  Henri  Lambotte,  1626. 

1626.  —  Le  doyen  de  la  collégiale  de  Huy,  1643. 

1643  611651.  -  Daniel  Médard. 

Charles  Ruelle,  mort  en  1663. 

1663.  —  Jean  Micholte. 

Simon  ISicolaï,  mort  le  5  décembre  1666. 

1693  et  1701.  —  Massart. 

1781.  --  Thomas  Jeangetle. 

1765,  —  Lambert  Jeangette. 

Un  deuxième  bénéfice  fut  fondé  vers  1552  en  l'honneur  de 
S*^-Barbe.  Jean  Robin  en  fut  le  premier  recteur.  Les  revenus 
étaient  tellement  minimes  qu'il  n'eut  plus  de  titulaire  jusqu'en 
1655. 

1655.  —  Servais  Jacobi,  1666. 

1666.  —  Pierre  de  Warelz,  1673. 

1673.  —  Henri  Morea,  1673. 

1673.  —  Pierre  de  Waretz,  1673. 

1673.  —  Toussain  Stephani. 

Ce  bénéfice  fut  incorporé  à  la  fabrique  vers  cette  époque. 


—  3i>6  — 

La  chapelle  auxiliaire  qui  se  trouvait  dans  le  hameau  de  Lize 
oudeJamagne,  ëtnit dédiée  h  S'  Nicolas  et  desservie  par  le  curé. 

Lei26  février  1772,révéque  de  Liège  autorisa  l'éreciion  d'une 
chapelle  en  l'honneur  de  Notre-Dame  et  de  S'  Guillaume. 

La  paroisse  de  Marchin  comptait, en  1701,  460  communiants, 
en  17o4,  173  familles  et  556  communiants. 

La  mense  des  pauvres  avait,  en  1754,  un  revenu  de  19  muids 
d'épeautre  el  de  98  florins.  Il  y  avait  5  cloches  dans  la  tour. 

En  1701,  le  vicaire  tenait  école  dans  sa  maison.  L'archidiacre 
du  Coudroz  insista,  lors  de  sa  visite,  pour  la  construction  d'une 
école.  L'école  fut  construite  et  dédiée  à  S'  Nicolas  (^). 

Nous  terminons  ici  l'histoire  de  la  seigneurie  et  de  la  paroisse 
de  Marchin;  nous  aurions  voulu,  pour  la  rendre  plus  complète, 
parcourir  encore  les  trente  à  quarante  liasses  de  papiers,  de 
registres  aux  plaids,  de  procès,  qui  se  trouvent  rangés  dans  le 
dépôt  des  archives  sous  la  dénomination  de  Marchin;  mais  nous 
avons  dû  nous  interdire  ce  travail  pour  pouvoir  consacrer  nos 
loisirs  à  un  autre  objet  qui  nous  touche  de  plus  près  :  VHistoire 
de  la  collégiale  de  S'  Martin . 

E.  SCHOOLMEESTERS, 

Vicaire  de  V église  5'  Martin. 


Cl  Archives  archidiaconalcs   ..u  huroau  de  rEvèché  de  Liuge.    Visites  de  1701, 
1731  et  J754. 


DOCUMENTS, 


H06.  —  Vévêque  de  Liège,  Otbert,  fait  savoir  que  Willibert  de  Marchin  et 
Gifeldis,  sa  femme,  ont  donné  à  Véglise  collégiale  de  Noire-Dame  de  Huy, 
leurs  alleux  de  Marchin,  près  de  Huy,  et  de  Marsinne,  près  de  Couthuin. 
Il  fixe  les  droits  de  Favoué. 

In  nomine  Sancte  et  Individue  Trinitatis  pax  cunclis  fidelibus.  Amen. 
Que  tradita  sunt  a  fidelibus  ecclesie  Dei  ad  memoriam  postenlatis 
competenter  et  ordine  teslamento  inserenda  sunt  ut  et  beneficii  memoria 
non  deleatur  et  preterita  tanquani  pre  oculis  posita  conspiciantur.  Proinde 
ego  Otbertus  gralia  Dei  Leodiensis  episcopus  petilione  Hoyensis  ecclesie 
testamento  commisi,  qualiter  ei  et  allodium  de  Marchins  tiaditum  sit,  et 
in  quos  usus,  quid  advocalo  sit  concessuni .  quid  interdictum.  Willibertus 
et  uxor  ejus  Gifeldis  allodium  de  Marchins  cum  omnibus  suis  appenditiis, 
sicut  empium  fuerat  a  comité  Balduino  et  possederant,  ecclesie  S.  Marie 
que  est  in  Hoyo  ad  usus  refectionis  fratrum  légitime  et  pacifiée  tradiderunt, 
et  statim  tempore  quadragesimali  et  adventus  Domini  refectioni  applicue- 
runt,  et  usumfructum  molendini  quod  est  ante  monasterium  in  vita  sua  ab 
ecclesiasusceperunt;  providerunt  etiam  ad  majorera  cautelam,  nealicuide 
génère  suo  in  procurationem  deputarelur  ut  eis  omnis  occasio  nocendi 
toUerelur,  sed  assensu  capituli  per  manum  decani  fideli  fralri  committe- 
relur,  qui  reditus  loci  et  jura  conservaret  et  oportune  fratribus  ministraret. 
Hac  traditione  légitime  compléta,  quia  advocatus  ibi  nichil  juris  habebat 
et  tamen  necessarius  erat  ecclesie  propter  defensionem  loci  ordinavit, 
precibus  ecclesie  ,  advocato  in  ipsum  consentiente  ut  non  nisi  evo- 
catus  a  preposito  loci  ,  manum  apponeret ,  et  tune  nihiloplus  quam 
l>erciam  haberet,  et  idipsum  nemini  beneficiaret.  Interdictum  est  ei  ne  quid 


—  328  — 

ab  aliquo  rustico  ibi  violenter  exigerel,  sed  sibi  concessis  contentus  esset, 
quod  si  amplius  presumeret  eo  ipso  careret  ei  usque  ad  saiisfactionera 
excomniunicationi  subjaceret.  ConstiUierunt  etiam  missas  in  allario  S. 
Servalii  in  cripta  pro  animabus  suis  et  predecessorum  suoriim,  ubi  etiam 
sepeliri  decreverunt,  et  in  lios  usus  allodium  de  Marohinis  juxta  Cultuem, 
cum  taraila  que  est  post  S'"'"  Severinuni,  omnino  tradiderunt,  donum 
autem  ejusde  manu  Decani,  consiliu  et  assensuCapituli  expedito  ab  aliis, 
nemiiii  infra  oïdiiies,  sed  tideli  saceidoti  iradi  coiistiuuruui.  In  lioc  autem 
ailodio  advocatuni  uemineni  esse  voluerunt,sed  rebelles  excommunicalioni 
subdendos  decreverunt.  Hiis  ilaque  cômplelis,  omnes  hujus  instituti 
violatores  divine  malediolioni,  una  cum  omnibus  pi'esbiteris,  (jui  alïuerunt, 
addixi.  Actum  est  hoc  Hoyi,  anno  ab  incarnaiione  Dominica  M"  C"  VI" 
indictiûne  XIV,  régnante  Henrico,  Otberto  episcopaïuni  administrante, 
Liebeito  preposilo,  Bosone  advocato.  Testes  hujus  rei;  lienricus  arcliidia- 
conus  et  decanus,  Andréas  et  Alexander  archidiaconi.  Reinerus  etWilelmus 
advocati.  De  familia  episco|)i  :  Lambertus,  Warnerus,  Theodericus.  De 
buri:cnsil)us  :  Dodo  villicus,  Bernardus,  Bosselinus,  Warnerus. 


If. 


24  mai  1227.  —  Le  chapitre  de  y'otrc-Dume  de  Hiuj  afferme  une  partie  de 
son  bois  de  Maneluz  aux  masuiers  de  Marcltin  ;  Vautre  partie  est  huée  au 
chanoim  Frérecon,  nous  réserre  de  certains  droits  d'usage  en  faveur  des 
masuiers. 

Au  nom  del  père  etdel  fils,  et  de!  Sanctime  Esprit,  amen.  Je  Domitiane 
par  la  Deu  j^ràce,  doyen  del  église  de  Notre  Dame  de  Huy  et  ensemble  moy 
totle  l'iglise  faisons  à  tos  ceux  (pii  vciront  cette  chai  te  cognoistre  vérité. 
Sachent  cilh  qui  sont  et  cognoissent  cilh  qui  avenii'  sont  que  nos  avons 
doneit  accens  en  hertage  as  massuirs  (jui  sont  tenant  de  la  courte  de  .Viar- 
chin  part  assens  et  octroit  de  tôt  le  chapitre,  les  dons  pars  de  noire  bois 
de  Marchin,  ensy  qu'il  est  entièrement,  pour  seize  sols  de  Kiégeois  de 
cens  à  payer  chacun  an  ainsy  qu'on  paye  les  cens  des  quartiers  de  la 
courte  et  s'avons  retenus  à  iiostre  endomr.ine  le  bois  toi  kons  appelle 
Maneluz;  et  eus  el  bois  que  nos  avons  donné  accens  az  masuiers  qui  desor 
•^ont  dit,  at  l'égliese  rclenu  la  seigneurie  el  le  justice  en  tels  points  que  le 


-  329  — 

lat  sor  tottes  les  aultres  terres  que  sont  de  cette  justice,  et  s'avons  doneit 
accens  en  héritage  la  tierce  partie  de  ce  mesme  bois  de  Marchin  àFrérecon 
nostre  chanoine  por  wit  sol  de  cens  à  payer  chacun  an  ainsy  qu'on  paye 
les  cens  des  quartiers,  par  tels  devises  qu'ils  ne  ses  oirs  nel  peuvent,  ne  ne 
dolent  vendre,  ne  enwaiger  ne  donner  à  warder  à  hait  home,  ne  à  cheva- 
lier, ne  a  serjant  n'az  masuirs  non  de  la  courte,  et  en  ces  bois  doient  le 
masuirs  de  la  court  de  Marchin  avoir  le  mort  bois  et  le  pa,  et  le  wpge,  et 
le  chesleche  sans  contredit,  et  sans  oiiison  tofes  les  fois  que  mesiiers 
seret,  mais  del  vaut  ne  doient  ils  point  fors  jetter,  et  le  pan  del  masuier 
quand  il  serat  pris,  on  le  doibt  a  curt  mener  et  la  droiturier  se  voit  del 
droit,  l'église  avoir  les  dous  pars  et  ly  louer  la  tierce ,  et  sil  avenoit  par 
aventure  nu'ons  y  presist  pan  sur  home  afforan,  on  le  poroit  mener,  la 
vous  vorait,  safceque  l'église  en  aroit  son  droit,  ensy  quil  est  desor 
devisé  et  ly  vouvé  le  sien,  et  s'il  astoit  pris  el  bois  Frerecon,  ses  domages 
luy  seroient  restoré,  et  lêglise  et  ly  vouvé  auront  l'amende.  Ce  fut  fait  el 
an  de  l'incarnation  N.  S.  J.  C.  de  mille  an  de  deux  cents  ans  et  de  vente 
set  ans  en  après  en  mois  de  maye  la  nuict  de  la  feste  S*  Orban  (  i  ). 

III. 

Décembre  1228.  —  Le  chapitre  de  Notre  Dame  fait  savoir  que  par  suite  d'un 
accord  avec  le  chapitre  de  S' Martin,  la  nomination  du  curé  de  Marchin  se 
fera  alternativement  par  Vun  et  par  Vautre  chapitre. 

.loannes  Dei  gratia  decanus  Sancte  Marie  totumque  ecdesie  ejusdem 
capitulum  in  Hoio,  universis  ad  quos  littere  iste  pervenerint,  salulem. 
Notum  esse  volumus  quod  cum  esset  conirovcrsia  intcr  nos  ex  una  parte 
et  ecclesinm  sancti  Martini  in  Leodio  ex  altéra,  super  jure  patronatus 
ecdesie  de  Marcins,  in  hanc  formam  pacis  convenimus,  quod  quoties- 
cumque  ipsam  de  cetero  vacare  contigerit,  nos  alternis  vicibus,  una 
ecclesia  post  aliam  pleno  jure  conferemus.  Actum  anno  Domini  millésime 
ducentesimo  octavo,  mense  decembri  (2). 

'  )  Registre  aux  œuvres  de  la  cour  do  Mdrchin  de  1639-1666,  fol.  89;  il  est  ajouté  : 
M  par  exireite  d'une  lettre  en  parchemin,  escripte  de  vieux  characlere;  en  bas  est 
appendu  ung  grand  seel  en  cyre  rouge.  « 

(';   Chartren  de  la  collégiale  de  S^-Martiii,  n'*  29. 


330 


IV. 


1  janvier  1301.  —  Vofpcial  de  Liège  certifie  que  les  églises  de  Marchiv  et  de 
Lize  ont  été,  de  temps  immémorial,  desservies  par  un  seul  recteur. 

Uiiiversis  présentes  literas  inspecluris  officialis  curiae  Leod.  salufem  in 
Dno  sempiternam,  cum  notitia  veritatis.Noveritis  quod  quia  nobis  constat 
lej^itime,  ecclesias  de  Marcyn  et  de  Lies(capella  existens  in  Marcins)  ad 
collationem  seu  !)resentalionem  Yen.  et  Discr.  vir.  Decanorum  et  capitii- 
lorum  ecclesiaruni  S.  Marie  Iloyensis  et  S.  Martini  Leod.  perlinentes, 
solitas  esse  a  teniporibus  retroactis  et  a  quibus  niemoria  non  existit  per 
unirum  rectorcm  seu  sacerdotera  deserviri  et  otficiari,  et  quia  a  lempore 
quo  memoria  non  existit  unicus  rector  fuit  et  adhuc  est  rector  earumdem, 
nos  discreto  viro  Dno  Joanni  de  Cennaco  presbytei'o  rcctori  earumdem  ac 
suis  successoribus  qui  fuerint  pro  tempore  concedimus  ut  ipsas  ecclesias 
pacifiée  possidere  et  eas  ambas  insimul  deservire  va'eant,  tanquani  ab 
invicem,  ut  nobis  exlitit  intimât  uni,  dependentes.  In  cujus  roi  testimnniuni 
sigillura  oiiicialitatis  sedis  Leod.  presentibus  literis  est  appensum.  Datuni 
a"  Dom.  M.  CGC.  in  crastino  epiphanie  Oomini. 


1502.  —  Adolphe  de  Waldeck,  évéqiie  de  Liège,  adjuge  au  chapitre  de 
S'  Martin  deux  maisons  qui  avaient  été  détruites  par  les  habitants 
de  Huy. 

Querela  Âdulpho  episcopo  per  capitulura  deposita  quod  communitas 
Iluyensis  incendio  duas  mansiones  divertit,  unam  ad  abbatissam  de  Soliers 
capiiulo  5  sol.  etaiiam  Theoderici  in  50  den.anliquis  leod.  etiam  capitule 
obligatas,  in  loco  a  longsacr  prope  Hoiuni  silas.  Inquisitione  facta,  here- 
dilates  ecclesie  adjudicantur  (  i  ). 

(')   Archivent  de  la  collégiale  de  S'-Marlin.  Heg  606,  fol.  ol9. 


-    ;î81 


VI. 


Juillet  1323.  —  Les  curés  de  Marchin  et  d'Acoz  ayant  permuté  leurs  cures, 
le  chapitre  de  S'  Martin  déclare  que  le  chapitre  de  Notre  Dame  de  Huy, 
en  approuvant  cette  permutation,  ne  perdra  pas  le  droit  de  nommer  le  curé 
de  Marchin  à  la  première  vacalure. 

Universis  présentes  literas  inspectiiris  decanus  et  capilulum  S.  Martini 
Leodieiisis  salutem  in  Domino  cuni  noiitia  veritatis.  Cuni  venerabilis  vir 
D.  Ubericus  de  Graez  ©lim  reclor  ecclesie  de  Dachouz  dictam  suam 
ecclesiam  resignavorit  uti  assecit  via  pormiitatioiiis  de  ipsa  ecclesia 
faciendead  vicariani  B.  Marie  de  Marchins,  cum  D.  Jaceto,  nunc  ejusdem 
vicarie  perpetuo  vicario.  Cujus  vicarie  de  Marcliins  cum  collatio  seu 
presentatio  ad  nos  et  Yen.  Viros  Decanum  et  capilulum  ecclesie  B.  Marie 
Huyi  nsis  vicissim  dignoscitur  pertinere,  noverilis  quod  nos  dicte  permu- 
talioni,  quantum  in  nobis  est  consentimus,  et  placet  nobis  quod  similiter 
dicti  Decanus  et  capilulum  ecclesie  B.Marie  Hoyensis  eidem  permutalioni 
suuni  adhibeant  consensum.  lia  lamcn  quod  nos  volumus  et  in  hoc 
expresse  consentimus  quod  ipsi  Decanus  et  capilulum  ecclesie  B.  Marie 
Huyensis,  hujusmodi  permutatione  et  consensu  non  obstantibus,  possint 
ad  dictam  vicaiiam  perpetuam  prima  vice  cum  vacarent,  soli  libère  pre- 
sentare,  cum  nos  ultima  vice  soli  presenlaverinuis  ad  eamdem.  In  cujus 
rei  testimoniuni  présentes  literas  sigillo  ecclesie  nostre  ad  causas  duxi- 
mus  apponendum.  Datum  a"  Domini  M.  CGC.  XXIll,  dominica  post  divi- 
sionem  apostolorum. 


VII. 


25  février  1407.   —   Convention  des  chapitres  de  S^  Martin  et  de  Notre 
Dame,  pour  la  dime  des  vignobles  plantés  en  lieu  dit  :  Entre  deux  thiers. 

Nos  decani  et  capitula  ecclesiarum  béate  Marie  hoyensis  et  S.  Martini 
leodiensis,  notum  facimus  universis  quod  nos  attendentes  occasione 
perceptionis  décime  quarumdam  vinearum  de  novo  plantatarum  et  excul- 


—  332   - 

tarum  consistenlium  seu  jacentium  in  luco  dicto  inter  duos  montes  prope 
Hoyum  juxta  lunim  dictam  Hullcrcche  liies  seu  discordias  et  discensiones 
inter  nos  oriri  posse  in  futurum.  Idcirco  iiujusmodi  litibus  et  discordiis 
obviareei  iiidempiiitati  dictaruni  nostrarum  ecclesiaruni  in  quantum  pos- 
simus  prccavere  volontés  recepta  pritis  per  nos  seu  nostros  ad  hoc  a  nobis 
deputatos  ab  incolis  sive  bahitatoribus  dicli  loci  su|)er  hoc  informai ione, 
diligenli  habito  etiam  super  hoc  a  nobis  maturo  con>^ilio,  do  cummuni 
omnium  noslrum  consonsu,  nemine  nostrum  discrepante,  pru  l)Oiio  pacis 
et  concordie  Intei'  nos  et  predictas  noslras  ecdosias  in  fnt'.num  nulriende 
concordavimus,  tirmavimus,  consentimus  et  ordinavimus  ac  per  présentes 
coniodiimiis,  firmamus,  consentimus  et  ordinamusquod  predicta  ecclesia 
B.  Marie  hoyensis  de  cetero  sola  el  insolidum  percipial,  haboat  ot  asse- 
f|uatur  quiète  el  pacifice  absque  conuadictione  aliqua,  iniegram  (iecimam 
pretactarum  vinoarum  versus  Ho\um  incipionte  in  loco  dicto  aile  grosse 
piere,  progredions  usquead  vincam  "irnoldi  de  novo  vico  inclusive,  que 
inlra  parocliiam  dicte  ecclesie  B.  Jiaiie  hoyensis  siiuari  dignoscuntur. 
Et  quia  nobis  clare  constat  reliquas  alias  vinoas  superiores  tendentes 
versus  vilîam  de  iMarchin  siluari  et  consistore  in  parochia  ecclesie  de 
Marchin  que  incorporata  est  conjunctim  nostris  ambabus  ecclcsiis  ante- 
dictis,  volumus,  ordinamus  et  consentimus  expresse  quod  etiam  predicte 
nostre  ecclesie  de  cetero  haboant  eqiialiter  et  equali  divisione  percipiant 
in  futurumdecimamhujusmodivineanimlam  excuitarum  (juam  in  posterum 
excùlendarum.  Salvis  tamen  nobis  dccanis  et  capituliset  quibuslibet  nos- 
trum antodictis  singulis  juribus,  proprietatibus  et  possessionibus  nostra- 
rum antiquarum  decimarum,  levandis  per  singulos  nostrum  in  singulis 
suis  terminis  el  locls  prout  haclenus  levavimus,  percepimus  et  habuimus. 
Quam  siquidem  ordinationcm  ac  omnia  et  singula  prenarrata  nos  pro 
nobis  el  nosiris  successoribus  hinc  et  inde  per|)etuis  lemporibus  inviola- 
biliter  manutenere  et  nullatcnus  contravonirc  |!roniittinius  nos  invicem  ac 
bona  prediclarum  nostrarum  ecclesiarum  nobis  muuio  ob  hoc  ellicaciter 
obligamus  omnibus  fraude  et  dold  in  hoc  abjectis  et  penilus  exclusis.  In 
quorumoiniiiuni  il  singulorum  premissorum  testimonium  robiw  et  munimen 
sigilla  au<icnti(a  prediclarum  nostrarum  ecclesiarum,  presenlibus  sub 
cyrographo  ordinatis  et  munitis  feeimus  appendi.  Sub  data  anni  dominice 
nativitatismiMesimi  qnadringenlesimi  septimi.mens  s  februarii  dieivigesimi 
lerlii. 


—  333  - 

Vin. 

Ordoiinanees  et  coutumes  pour  le  moulin  banal  de  Marchin. 

Ordonnances  e!  coustumes  que  doient  estre  tenue  et  faicles  et  qui  sol- 
loient  estre  le  temps  passé  pour  et  ent-  e  les  moulniers  de  mollin  del  Statte 
et  de  Jamaigne,  qui  est  bannabe  en  la  haiilteur  de  N.  Dame  de  Marchin 
d'une  paît  et  le  haulteur  S.  Martin  à  Liège,  jugant  à  Marchin  et  les  paro- 
chiens  mannans  et  sorseaiis  en  ladite  hauiteur  d'autre  part,  et  que  vous  les 
eschevins  de  ladite  haulteur  debvez  salveis.  Premièrement  est  asscavoir 
qui  tanto  est  qui  vient  nny;  novea  molnier  endit  mollin  demoreir,  il  doit 
aile  requeste  des  mannans  et  sorseans  faire  serment  en  fâche  de  votre 
haulleur,  que  il  serat  vraie  et  feauble  as  seigneurs  |)remierement,  az 
mannans  et  sorseans  de  ladiite  haulteur  généralement,  en  faisant  à  eulx 
droit  et  raison  et  wardanl  le  leur  et  de  tenir  les  uzaiges  ei  droicture 
accoustume  dédit  mollin  et  ansy  dédits  mannans  ;  et  iceluy  serment  deb- 
voT  mettre  par  le  maieur  en  warde,  et  de  tennance  des  echevins  par  loy. 
Et  lesquelle  coustumes  et  uzaiges  et  droicture  sont  et  doient  estre  teilz. 
Cest  asscavoir  que  le  moulnier  dédit  mollin  aile  requeste  de  mannans  doibt 
tantoest  aller  quere  le  nioulnée  dédits  mannans  sains  astar£;e  ne  contredit 
et  amenneir  a  mollin.  Et  lesquelz  mannans  peulent  alleir  avec  a  mollin, 
s'il  leur  plaist  et  la,  se  ledit  moulnier  est  par  ledit  mannant  requis  qu'il 
esleve  se  mollin  mollant  sophue  se  a  esceure  yat  pour  moulre  et  esceure 
se  mouinee  car  ledit  mannant  le  svoirat  avoir  scobeir,  quant  si  arat  escosse 
et  molluet,  ledit  moulnier  le  doit  ainsi  tantoest  faire  sains  contredit. 
Secundement  qu'il  doit  avoir  endit  mollin  stier  et  messure  saillez  délie 
haulleur  etleboisteal  (boisseau)  aile  molturre  les  vinte  faisant  justement,  et 
nient  debvoir  jirendre  par  ledit  moulnier  ausdils  mannans  molture  aultre- 
ment  que  a  vingtemme  qui  dict  est,  reseiveit  et  adjosté  que  il  le  peult  bien 
prendre  délie  Sainct  Pierre  jusquez  aile  sainct  Remy  à  XYI''.  Tercement 
se  ung  manant  n'avoit  bleis  en  sa  maison  parqiien  il  luy  convenisse  achap- 
teir  waingnier  ou  enpronteir  defonr  delditte  haulleur,  que  <iuant  il  arat  dit 
audit  molnier  qu'il  y  at  en  teil  lieu  délie  bleid,  il  le  voise  quier  pour 
moulre,  se  ledit  moulnier  en  est  rcfuzant  délie  aller  quier,  ledit  mannant 
le  peuit  de  la  e:i  avant  alieir  faire  nioulie  autrepart,  la  il  luy  plairat  sains 
forfaiture,  ne  quelcuncque  attempianche.  Quartomenl  sil  advient  que  une 
grande  mouinee  sour  le  mollin  et  ly  poeure  homme  y  surviengne  a  loutte 


—  :yu  — 

sa  petitte  moulnée  qui  ayent  nécessité  d'avoir  molIut,en  haste,  le  moulnier 
doit  estre  tenu  tantoest  qu'il  serat  mollut  deledit  grande  moulnee  pour  une 
fornee  à  cuyre  en  la  maison  dédit  manant,  del  discliaigier  le  sourplusdel- 
dite  grande  moulnee,  et  de  ajourner  et  l'attendre  tant  que  ledit  poevre 
homme  en  nécessité  arat  mollut  la  sienne  |)etilte  moulnee.  Quinctementse 
ung  mannant  quelle  quïs  fuisse,  viengne  a  mollin  pour  moulre,  il  doit 
estre  advanchi  devant  tous  estrangnes  moulnee  quilconcque  venus  devant, 
ne  après.  Et  par  espéciale  sil  avoit  estrangne  moulnee  sour  le  mollin  quel 
qu'il  fuisse,  se  ledit  mannant  avoir  nécessité  de  moulre,  le  moulnir  deb- 
verat  mectre  jus  ioelle  estrainene  moulnee  dédit  mannant.  Et  se  de  ce 
estoit  le  moulnier  reffuzant,  ledit  mannant  à  cuy  il  refnzeroit,  poirat  alleir 
laissicr  jus  les  ventaulz  (vans)  de  mollin  en  tollani  le  mollin  l'eawe,  sains 
méffaire.  Septeraeni  sil  advient  que  le  surseant  voudiait  achepteir  moul- 
ture,il  doit  adonc  alleir  audit  moulinier,  et  requérir  sil  at  délie  molture  à 
vendre,  qu'il  en  puisse  avoir  pour  teil  pris  (jue  on  luy  vent  aultreparl 
desseur  et  desoubs,  et  se  de  ce  ledit  moulnier  lui  estoit  refuzant  que  ledit 
mannant  en  puisse  de  la  en  avant,  bien  achepteir  auilrepart  sil  luy  plaist 
sains  empeschement  de  moulnier.  Item  que  de  leur  que  ledit  moulnier  at 
fait  serment  pardevant  la  haulteur  en  la  manier  qup  le  premier  article 
contient  et  qu'il  at  les  messures  seellces  ainsy  que  desseur  se  contint,  sy 
le  mannant  vat  aultrepart  moulre  sains  le  greil  de  moulnier,  que  la  farine 
ainsy  aultrepart  moulnee  soit  à  la  volonté  de  moulnier,  la  vérité  soy  née, 
et  touttefois  et  si  souvent  que  ce  adviendroil.  item  doit  estre  le  moulnier 
tenu  déballer  ou  envoler  chachier  à  cheval  deux  fois  la  se|)maine  par  tout 
se  ban  pour  ses  snrseans  advanchez.  Ainsy  subescript  et  subsigneet  Jacob 
Peelmans  quo  ad  extractionem  dausularum  prapscri|)tarum  ex  registro 
prœdicto  (  '). 

IX. 

27  mai  1526.  —  Ordonnance  émanée  des  chapitres  de  S'  Martin  et  de  Notre 
Dame,  réglant  la  jouissance  des  bois  communaux,  l'usage  des  eaux  des 
ruisseaux,  Vexploitationdes  mines,  la  paisson,  le  paijemenl  d'une  amende, 
la  réparation  de  réylise. 

Nous  les  doyens  et  chapitres  des  Yen.  églises  collégiales  de  S.  Martin 
en  Mont  en  Liège  et  de  N.  Dame  de  Huy,  seigneurs  lemporeils  de  la 

(')  Archives  cle^  cours.  Marchin.  Parotîres,  ISSO-ieeS. 


terre  et  haulleur  de  Marchin  et  ses  appendicîes  en  Condros  salut.  Scavoir 
faisons  que  à  la  humble  requeste  et  supplication  à  nous  falctes  par  tous 
les  mannants  de  noire  diile  haultenr  pour  certains  différents  et  fouiles  qui 
ont  esteit  faits  et  esmeus  par  les  dits  mannans...  tant  par  vendaige  de  boix 
de  commun,  comme  aultrement,  sans  avoir  le  greii,  ne  consentement  de 
nous  dits  seigneurs;  à  cause  desqueils  différents  et  fouiles  at  esteit  rendut 
certain  jugement  par  les  Hon,  Seign.  M.  leséchevins  de  Liège  contre  lesdits 
supplians  et  manans,  que  notre  plaisir  fuysse  de  mettre  jus  icelles  fouiles 
et  tous  aultres  differens,  ad  cause  des  usaiges  de  boix  dudit  commun,  et 
pour  éviteir  icelles  et  plusieurs  aultres  differens  fraix  et  labeurs  d'icelles, 
et  comme  leurs  bons  seigneurs  de  vouloir  mettre  et  ordonneir  provision 
et  reigle,  et  la  manière  comment  ils  se  doient  dor  en  avant  user  de  leurs 
boix  et  communes  qu'ils  ont  en  notre  dite  haulleur,  afin  que  ung  chacun 
mannant  et  surseant,  demorant  en  iadicte  haulteur  ayent  ce  que  à"  eulx 
appartient;  condeskendans  à  Iheurs  pryères  et  requestes  et  ensuyvant 
certaine  submission  avons  pris  meiiheur  advys  et  délibération  par  grande 
diligence  sur  tout  ce  quy  s'ensuyt. 

Et  nous  ambedeux  chapitres  les  ungs  avec  les  aultres,  avons  unaniment 
ordonneit  et  passeil,  et  par  ces  présentes  ordonnons  et  passons  pour  nous 
et  nos  successeurs  que  lesdits  mannans  et  surceans  de  notre  dicte  haulteur 
et  leurs  boires  et  successeurs  après  eulx  seront  tenus  à  tousjours  user  de 
Iadicte  commune  et  aisemence  en  la  manière  qui  s'ensuyt. 

Premièrement  avons  ordonneit  et  ordonnons  par  ces  présentes  que  tous 
les  mannans  dudit  .Marchyu  et  ses  appendices  tant  delà  le  ryeu  de  wappe 
que  decha,  veyu  qu'ils  payent  deysmes,  cens,  rentes  et  crenees  à  nousdits 
seigneurs  et  au  prouffit  délie  haulteur,  et  qui  sont  vrays  parrochiens, 
poldront  licitement  weydyer  leurs  biestailles,tailhyer  et  prendre  ensdictes 
communes  tous  mors  boix  et  aultres  boix  à  tailhe,  avecque  les  fauvves 
pour  leurs  chauffaige  et  toucaige,  et  pour  faire  leurs  labeurs  de  cheruwaige, 
et  yceulx  iieneir  en  leurs  maisons,  sans  les  pouvoir  meneir  hors  de 
Iadicte  haulteur,  ne  vendre  à  personne  queilcohcque  en  nulle  manière,  et 
aussy  deffendons  de  ceste  heur  en  avant  que  nuls  surcheant  ou  inhabitant 
de  Marchyn  et  ses  appendices,  soit  forgerons,  charlier  ou  aultre  ouvrier, 
ayant  mestier  de  boix,  ne  taille,  ne  faiche  taiihyer  queilcque  pièce  de  boix 
pour  faire  aultre  choese,  synon  entour  leiurs  cherruvves,  comme  susdit 
est.  Et  quiconque  contre  ce  que  dit  est  ferai,  serat  tenut  à  l'amende  de 
dyex  florins  d'or  des  quattres  électeurs  a  divider  à  l'ordonnanche  de  nos- 


-    ^36    — 

dits  seigneurs  ;  el  se  après  atlvenoit  que  aulcunchaisne,f<mwea(ou)  aultres 
arbres  portant  fniycts  tiiyssenl  lonibeis  ou  abattus  par  vens.  oraiges  ou 
aultres  iempe.stos,(;elu\  des  mannaiisqui  les  trouverat  premier,  le  pouldrat 
calengier  et  faire  son  pronllit,  sans  les  pouvoir  vendre  ou  nieneir  hors 
notre  dicte  haulteiir  sur  l'amende  susdicte  dedans  le  premier  article 
contenue. 

Item  deffendons  que  nuls  manans  ou  sourceans  prende  queilcque  boix 
ou  leygnes,  de  fachon  que  aultruy  manans  ou  sourceans  ayent  taillyot  ou 
fait  tailhyer  pour  son  chauiïaige  sur  l'amende  desiex  florins  d'or,  desquels 
le  raporteur  à  nous  ou  a  nos  commys  aurat  ung  florin  susdit. 

Item  si  aulcuns  desdis  mannans  vouloitmaisonner  sour  aulcun  heritaiges 
extante  en  notre  dicte  hanltour,  t'uysse  maison,  graingne.  stavellerye  ou 
aultres  ediffices,  iceluy  mannant  serat  îenut  de  demandeir  a  nous  ambe- 
deux  mayeurs  ou  commys  a  tcils  el  aultres  afi'aires  deputeis,  congiel  de 
copeir  chaysne  ou  aultres  boix  ensdities  communes  et  Iheur  déclareir 
queil  ediffice  ou  maisonnage  il  veult  faire.  Et  lesdits  maire  ou  aultres  nos 
commys  leur  debveroni  donneir  congiet,  et  alleir  meneir  eulxà  tous  leurs 
chcrijentiers  sur  les  boix  et  communes,  et  enseigneir  leils  boix  qu'il  leur 
fauldrat,  à  la  moindre  f'oulle  desdictes  communes.  Et  pour  ce  que  selonc 
raison  el  équileil  les  rit  hes  debveroni  suiiporteir  les  poeuvres,  avons 
ordonneil  que  quant  lesdis  mannants  voldront  edifyer,  que  nos  mayeurs, 
commys  el  deputeis  ad  ce  ayent  regarda  riches  et  a  ceulx  qui  ont  chevaulx 
et  harnais  pour  eulx  enseigneir  les  plus  longtains  boix,  affin  que  les 
poeuvres  non  ayans  c.hevals  ne  harnais  puissent  avoir  les  plus  prochains  ; 
car  l'on  pouldroit  enseigneir  ausdis  poeuvres  sy  lonhiains  boix  qu'ils 
n'aroient  faculleit  de  cheryer  leurdiis  boix  sur  leurs  heritaiges,  ce  qui 
nous  semble  y  est  a  la  conservai  ion  desdittes  communes  et  de  raison  ; 
pourveyut  en  tout  que  teils  ediflices  soyent  assis  et  mys  sur  ladicte  haul- 
teur,  sans  les  pouvoir  meneir,  ne  mettre  hors  de  ladicte  haulleur,  sur  la 
peyne  susdicte  ens  au  premier  article.  Et  volons  que  leils  ediffices  soient 
joindus  et  mys  une  fois  ensemble  sur  le  lieu  là  où  le  boix  serai  coupeil, 
devant  qu'ils  soyent  meneis  sur  l'heritaige  ou  place,  là  ou  ils  doyeni  estre 
mys,  et  ce  en  présence  de  notre  dicte  maire  ou  commys,  lesqueils  recep- 
vero.it  les  sermens  desdits  cherpentyers.  que  en  teil  ediffice  faisant,  arat 
fait  le  proulfit  de  nous  el  de  la  haulleur  et  seigneurie  susdicte. 

Item  ordonnons  que  se  dorsenavant  aulcuns  desdits  mannanls  faisants 


-^  387     - 

faire  des  boix  desdictes  communes  ,  aucunes  planclies  ou  quartiers , 
fourmes,  escryns,  ou  couceiettos  (i),  dresoirs,  bans  à  cofires,  lésons  ou 
aultres  ouvraiges  et  ils  volsissent  alleir  demoreir  hors  de  ladicle  haulteur, 
que  teils  ne  peulent  teils  ouvraijiies  emporteir,  emmeneir,  ne  vendre  hors 
ladicte  haulteur  et  paroiche  de  Marchyn,  se  ce  n'est  par  le  consentement 
de  nous  seigneurs,  se  ce  ne  fuyssc  pardons  de  mariaige  d'ung  fils  ou  filhe, 
sansfraulde;  semblablemem  que  nuls  desdits  mannants  de  Marchyn  et 
ses  appendices  puissent  abbattre  chaysnes  ne  aultres  arbres  pour  faire 
pafys  (2),  se  ce  n'est  pour  renclore  Iheurs  jardins,  veoir  que  teil  jardin  ne 
contiegne  que  une  verge  grande  ou  le  environ,  sur  l'amende  du  premier 
article. 

Item  volons  que  nuls  nouveau  mannants  en  ladicte  haulteur  et  paroiche 
de  Marchyn  et  ses  appendices,  ne  peulet  prendre  bois  pour  faire  queilque 
huttes,  ou  ouvrir  la  terre,  ne  prendre  boix  queilconcque  pour  hourdeir(5) 
s'ils  n'ont  premièrement  pris  congiet  et  licence  de  nous  seigneurs  ou 
commys  et  mayeurs,  et  ont  fait  le  serment  comme  ilh  appartient. 

Item  volons  que  nuls  mannans  ou  sourceans  susdits  puyssent  tourneir 
lyawe  du  rieu  partenant  à  nous  susdits  seigneurs,  sur  leurs  hireiaiges  sur 
l'amende  de  syex  florins  d'or. 

Item  voulons  et  deffendons  que  nuls  cherrons  de  mynnes  et  cherbons, 
ne  passent  parmy  les  heritaiges  extans  en  notre  dicte  haulteur  et  ses 
appendices,  sur  l'amende  de  syex  florins  d"or  comme  dessus. 

Item  quant  à  la  paisson  desdictes  communes  suyant  le  contenut  d'une 
certaine  lettre  (4)  d'appointcmcnt  fait  ou  entrepris  l'an  mil  quatre  cents 
et  trois  vingts  et  quattorse  le  diexwylteme  jour  d'octobre,  laqueille  après 
l'avoir  bien  meurement  viseiiteit  et  entendut,  combien  que  à  notre  sem- 
blance  teille  lettre  ne  fuyst  oncques  du  tout  passée  et  sayellée,  et  affin  que 
chescung  des  mannants  susdits  sachent  comment  d'an  en  an  perpétuelle- 
ment se  debveront  useir  et  conduire  de  mettre  pourcheaulx  sur  les  pais- 
sons desdicl  s  communes,  avons  ordonneit  et  ordonnons  que  tous  les 
manants  dudit  Marchyn  H  ses  appendices  en  général,  chacun  an,  quant  il 
arat   paisson  sur  lesdicles  communes,  seront  tenus  de  requérir  noire 

{ ' ,  Couctieltes. 

(')  Pafices,  pieux,  palissades. 

(')  Faire  des  éciiafaudages. 

(*)  Celte  lettre  «e  trouve  dans  un  regislie.  Archivai»  de  S'-iMartin,  liaese  n°  530. 


338 


mayeiir  a  tous  quattres  cognisseurs  de  faire  ad  ce  Visitation  de  ladicte 
paisson,  jiour  scavoir  combien  Ton  pduldroi'  chergier  desdits  porcheaulx 
sur  lesdils  boix  et  c.ûmmunes,  atHii  (|ue  chacun  desdits  mannans  y  mettent 
leur  porcheaidx  par  reigle  sans  pouvoir  lesdits  boix  trop  chergier.  Et 
seront  tenus  lesdits  manants  d'avoir  les  porceaulx  quyls  voldront  mettre 
sur  lesdits  boix  on  Iheurs  maisons  la  nuytte  délie  S.  Giele  ou  au  [dustard 
dedens  l'octave  d'icelle;  car  sils  n'avoient  adoncques  nuls  pourceaulx,  ils 
n'en  pouldroient  metiro  sur  ladicte  paisson  nuls  cette  année  ;  se  doncques 
neusissent  excuse  légitlime  ,  laqueille  poidront  allégueir  devant  nous 
seigneurs  ou  nos  mayeurs  et  commys,  pour  ce  y  avoir  regard.  Et  |)ayeront 
lesdits  mannans  chacune  année  pour  chacun  pourceaulx  qu'ils  mettront 
sur  lesdits  boix  et  communes  en  jour  del  S.  Remy  ou  ent  l'octave,  a  nous- 
dits  seigneurs  ou  a  notre  recepveur  ung  denier  forte  quant  y  mettront 
leurdits  pourceaulx  sur  lesdits  boix  et  non  plus. 

Item  poidront  laisseir  leurs  pourcheaulx  oitant  quy  Iheurs  appartient 
et  rostier  et  reprendre  à  Iheurs  plaisiers,condilioneit  que  teils  pourcheaulx 
ne  aultres  ils  ne  les  poidront  remettre  quant  ils  en  aront  esteis  rosteîs 
purcesie  année  sur  lesdits  boix,  et  quiconque  ne  chargerai  dedens  ledit 
temps  lesdits  boix  de  pourceaux,  il  ne  poldr;it  mettre  nuls  pourceaux  sur 
lesdits  boix  pour  ceste  année. 

Item  si  anlcuns  des  mannans  povre  neusist  la  puyssance  dachaiteir  des 
pourceaux  ent  le  temps  susdit,  celuy  poldrat  vendre  aux  aultres  des 
mannans  de  notre  haulteur  sa  portion,  ligement  et  à  son  profil. 

item  volons  et  deffendons  que  nuls  dolledicte  haulteur  et  ses  appendices 
puysse,  ne  puyssent  laissier  courir,  aleir,  ne  venir  de  fait  volontaire,  sur 
lesdictes  paissons,  nulles  bestes  que  lesdits  pourceaux,  synon  en  passant 
et  rapassant,  toute  laditte  paisson  durant,  ne  |)Ouvoir  ne  devoir  se  battre 
ou  faire  se  battre,  assambleir,  rosieir,  ne  enporteir  glans  ou  fayenes.  a 
grande  fonlie  et  dommuige  de  ladicte  paisson.  Et  le  recours  delledicte 
paisson  demoierat  au  proffii  desdits  mannans,  à  leille  condition,  devise  et 
équitcit  comme  dit  fayene  est  de  la  paisson  sans  rens  payer  aux  seigneurs. 

Item  avons  ordonneit  et  ordonnons  que  les  cureis  ou  desserviteurs 
dycelle  dicte  haulteur  présent  ou  future,  poldrat  mettre  sur  ladicte  |)aisson 
ung,  deux,  trois  ou  quattres  pourcheaulx  se  la  faculieil  le  [lorte,  de  tant 
soit  plus  ou  moins  à  l'ordonnance  dudilvisiieui  et  commys;  semblai)lement 
ceulx  qui  sont  nobles,  genlils^(,ou  vivans  de  leurs  biens,  sans  labeurs. 


—  3;{9  - 

semblablenient  les  cheruwyers  qui  ont  ou  aront  une  ou  plusieurs  cheruwes. 
Uem  semblablement  un  homme  ou  femme  vefve ,  ayant  une  ou  plusieurs 
cheruwes,  item  nos  ambecleux  mayeurs  pour  leurs  paines,  labeurs  et 
traveilhes  pokiront  mettre  ottant  que  ledit  cureit  ou  deserviteur  sans  dirai- 
nueir  teille  quote  que  a  eulx  debverat  appartenir  par  bonne  raison,  soit 
cherruwyer  ou  laboureux.  Et  touchant  les  manouvriers,  clercques  ou 
aultres  hommes  mannans  y  poldronl  mettre  la  nioitye,  d'ottant  que  les 
susdits  cureit  ou  cheruwyers. 

Item  une  femme  vesve  ou  aultre  tenant  seule  son  maignaige  y  poldront 
mettre  la  raoitye  de  teil  nombre  que  les  susdits  manouvriers,  c'est-à-dire 
de  deux  ung. 

Item  quant  est  au  sallaire  des  sergeants,  lesdits  mannans  ou  surceans 
leurs  veulent  payer  pour  leurs  labeurs  et  aultres  sallaires  ce  que  justice 
leur  ordonnerat  a  droit  et  raison.  Item  le  quote  ou  la  troixèrae  part  des 
mynniers  que  les  seigneurs  ont  concédeit  aux  mannans  et  surceans,  ainsy 
que  leur  instrument  fait  mention.  Dorénavant,  les  susdits  seigneurs  des 
deux  chapitres  rechepveront  lesdits  deniers  tant  et  sy  longhuement  qu'yls 
seront  rembourseiz  et  payez  des  fraix  et  despens  que  les  mannans  et 
surseans  leur  sont  redevables  des  enquestes  et  sentences  rendues  au 
prouffit  desdits  seigneurs;  lesqueils  despens  estoient  très  grans,  mais 
sont  taxeis  par  les  députeis  des  deux  chapitres  par  amyable  à  H'  II 11'=''  et 
chincque  florins,  monnoyede  Huy.  Item  l'amende  et  fourfaituie  comme  il 
appert  en  la  sentence  rendue  estoient  très  grands,  mais  sont  aussy  mys 
par  spéciale  grâce  par  les  susdits  députeis  à  IllI'"'  et  dyex  florins  monnoye 
susditte  pour  les  deux  chapitres ,  c'est  a  savoir  que  chacun  chapitre  arat 
pour  une  verrie  45  florins  susdits.  Item  après  que  Messieurs  seront  con- 
tenteis  et  rembourseis,  les  raambours  debveront  repareir  l'église  a  bien 
entretenir  cl  rendront  compte  à  nosdits  seigneurs  dan  en  an  des  rentes  de 
l'église,  mynniers  et  auUres  rentes,  octroyés  aux  mannanâ  et  surseans, 
comment  que  on  les  puysse  nommer,  afiîn  que  teils  biens  soient  applic- 
queis  au  plus  granl  proffit  de  toute  la  susditte  communauteit  de  Marchyn 
et  leurs  boires  et  successeurs.  Et  payeront  a  nous  seigneurs  ou  commys 
qui  ses  comptes  orront  chacun  deaux  ung  demy  stier  de  i)on  vin  pour 
leurs  labeurs.  El  s'il  est  trouveit  (jue  aulcuns  desdis  mannans  et  sourceans 
de  Marchyn  et  ses  appendices  coiitrevenisse  ou  fuysse  rebelle  ou  volsisse 
aultrement  useir  a  paisson  ou  aultre  reigle  et  devise,  ils  seront  condamp- 
neis  à  l'amende  susdicte.   Item  se  à  cause  de  toutes  ses  ordonnances  et 


340 


articles  tant  à  fait  et  uzance  desdis  boix  que  de  ladilte  paisson  ou  aultre 
sourvenoit  queiicque  différent  ou  dubilalion  entre  lesdlts  mannans  et 
surcéans,  volons  et  est  notre  intention  que  icelui  différent  ou  question  soit 
et  doit  estre  par  nous  decerneit  et  dédareit  sans  fraix  et  despens  des 
partyes,  à  la  bonne  foy  selon  raison  et  equiteil,  reservans  a  nous  la  décla- 
ration et  interprétation  d'icelle,  et  aussy  puissance  et  authoriteit  d  adjous- 
teir,  diminueir  et  eorrigier  tous  les  poins  et  articles  susdits,  en  tout  ou 
en  partye  selon  la  qualiteit,  circonstance  et  condition  du  temps  qui  pol- 
droient  advenir.  Toultes  lesqueilles  ordonnances  et  conditions  cydesseur 
au  long  déclarées,  commandons  à  tous  nos  susdits  mannans  dudit  Marchyn 
et  ses  appendices,  de  icelles  tant  pour  eulx  que  pour  leurs  successeurs  et 
ayans  causes  de  eulx  tenir  et  fournir  à  tousjours  sans  aleir,  ne  procureir 
allenconlre  en  manière  nulle,  et  avecque  ce  icelles  ordonnances  cognoistre 
et  promettre  devant  nos  susdits  mayeurs  et  echevins  tenir  pour  bonnes, 
fermes  et  estables  en  toutes  ses  parties  et  meilheure  fourme,  et  le  tout 
entendu!  à  la  bonne  foy  et  sans  fraulde.  En  t  moing  de  toutes  lesqueilles 
ordonnances  et  choeses  faictes  pour  le  bien  publicque  desdits  mannans, 
avons  en  singne  de  vériteit  mys  et  appendutz  les  seaulx  de  nous  lesdits 
chapitres  comme  souverains  seigneurs  del  haulteur  de  Marchyn,  l'an  mille 
cinqs  cens  vingt  syex  du  moys  de  may  le  vingtesepleisme  jour  (i  ). 


X. 


rt  tioùt  1638.  —  Diplôme  impérial  cricjeant  la  seigneurie  de  Marchin  en 
comté  du  Saint -Empire. 

Leopoldus  divina  favente  clementia  electus  Romanorum  imperator 
semper  auguslus,  ac  Germani;e,  Ilungari^»,  Roliemia^,  Dalniatiae,  Croatiae, 
Selavonifc  Rex,  etc. 

Illustri  ac  niagnifico  nostro  et  sacri  imperii  dilecto  Joanni  Gasparo 
Ferdinando  comili  de  Marchin,  marchioni  Clarimonlano,  Baroni  Dunensi, 
domino  in  Mesiers,comiti  (iravillano,  domino  in  Marchin  et  Modava,  mili- 
tiaeequestris  a  fascia  crurali  nonien  sortitic  equiti,supremo  copiarum  sub 
ser  :  principis  Condei  auspicio  ductu  ac  sacramento  milit;mtium  praefecto 

^',  ('.liartes  de  la  cotté^jiale  S.  Martin,  n»  704. 


341 


et  serenissimi  potentissimique  Hispaniarum  Régis  Catholici  nvunculi  et 
fratris  nostri  clarissinii  capitaneo  generaii,  riecnon  universis  et  singulis 
praesentes  has  nostias  litleras  visuris  lecliiris  ac,  legi  audituris  gratiam 
nostram  csesaream  et  oiDne  bonum.  Etsi  pro  innata  nobis  benigiiitate 
(iementiaque  summi  et  immortalis  Dei  qui  celestis  suae  liberalilalis 
Ihesaiiros  in  universum  homiuum  genus  largissimo  effiindit  exeniplo, 
postquam  ab  ipsius  divina  majestate  ad  majestateni  hanc  bumanam  et 
siiblimilatem  caesareaedignitatis  vocati  atque  evecti  sumus,  hoc  imprimis 
curae  habemus  m  (quo  excelsus  et  inclytus  thromis  noster  niagis  conspi- 
(uus  reddi  ac  deoorari  solet)  munificentia  nostra  in  clientes  et  subditos 
nostros  quorum  id  virtus  et  fides  merentur,  amplissime  extendatur  exer- 
ceaturquc,  decere  tamen  existimamus  ut  diiigens  et  singuiaris  habeatur 
ratio,  quo  prœmia  cuique  et  honores  dignitatesque  pro  cujusque  rneritis 
débite  discrimine  <'onferantur,  ut  videlicet  unus  ab  altero  quibusdam  quasi 
gradibus  distinguatur  ,  et  qui  clariore  loco  nati  nobilitatem  a  majoribus 
accpptam  nobiiibus  ac  praeclaris  actionlbus  ac  virtutum  studiis  pro  patria, 
pro  principibiis  suis,  pro  republica  strenue  laborando  magis  niagisque 
illustrant,  amplioris  honoris  ac  dignilatis  eminentia  decorentur  ;  sic  enim 
ratio  œquilatis  et  justitia  habetur  et  reliqui  mortales  ad  honestissimum 
viitutis  et  glorise  cerlamen  pulcherrimis  exemplis  invitantur.  Luculentis 
igitur  et  luculenti  authoi  itate  munitis  testimoniis  edocti,  le  Joannem  Gas- 
parum  Ferdinandum  comilem  de  Marchin  prenobili  génère  ortum,  multas 
paterna  maternaque  prosapia  claritudine  insignes  familias  complexum, 
paire  nimirum  .Soanne  de  Marchin  équité  domino  in  Modava  haut  voué  del 
Fosse,  praefecto  civitalis  et  arcis  Huyensis  et  pâtre  Joanna  de  la  Vaulx 
Renard,  avo  et  avia  paterriis  Nicolao  de  Marchin  domino  in  Chanlraine, 
haut  voué  délie  Fosse  ei  de  Ramloî  et  Marguareta  de  Linsler  dicta  Dorley, 
malernis  vero  .Inanne  de  la  Vaulx  Renard  domino  in  Rcene  el  Elisabetha  de 
Jaymaert  natum,  adeoque  te  per  lineam  masculinara  pervetusta  ac  prœno- 
bili  Leodieiisis  dioceseos  ac  provinciae  familia(cujus  impriesentiarum  nomi- 
ne  et  insigniorum  tenus  raput  sis)  per  femineam  vero  ab  antiquissimis  co- 
mitibus  Dammartin  dominis  in  Warfnsee,  Neufchasteau,  Duras  et  Waroux 
primani  originem  tiiani  ducere,  atque  ex  hac  tamilia  tua  tanquam  ex  eqiio 
quodani  trojano  prodisse  tam  martialis  vigoris  robore  quam  multiplici 
liberalium  disciplinarum  scientia  insignes  viros  qui  auguslis  nostris  in 
imperio  prœdecessoribus  et  inclylae  Domui  nostrae  Ausiriac;e  ac  ser.  im- 
primis Burgundiae  ducibus,  praeclara  tidelia  atque  utilia,  tam  foris  raililaria 


—  342     - 

quam  domi  polilica  non  parcendo  fortunis,  vitae  ac  sanguini,  nedum  nuUi 
exanllando  labori  aut  exuperandœ  ierumnifi  pracstiterint  obsequia;  atque 
ita  ab  ineunte  statim  aetate  palmariam  tibi  insedisse  curam  ut  quam  ipsi 
secuerunt  atque  apcruerunt  viam,  scqui  ac  caloare  alquc  eisdem  insistere 
vestigiis,  Iradilamque  tibi  a  majoribus  laudabilium  actionum  lampadam, 
posteris  tuis  illustriorem  transmitteres  ;  et  hinc  lam  egregia  militaris 
vil  tutis  et  expericnlise  tuie  dédisse  documenta  dum  in  recessu  ab  obsidione 
Atrebatensi,  ubi  copias  serenissimi  principis  (^ondei  tanquam  prœfectus 
generalis  duxeris,  ut  in  recessu  Valentiennensis  anno  supra  mille  sexcentos 
quinto  et  quinquagesimo,  quatuor  saltem  niiiitnm  turmis  omne  prope  hos- 
tilis  exercitus  robur  excipiendo  suslinendo  ac  reprimendo,  donec  primum 
Hispanicarum  copiarum  agmen  extra  discrimen  in  tulo  fuerit  positum, 
prout  anno  supra  sesqui  millesinium  centesimum  sexto  et  quinquagesimo 
in  improssione,  in  circumvallationem  Valenciennensem,  agminis  quatuor 
mille  quingentorum  militum  ductor  hostiles  lineas  superando  masculam 
prsestiteris  operani,  sclopetique  ictu  fueris  percussus  ;  adeoquc  te  ardens 
sincerse  et  addictœ  erga  augustam  doraura  nostram  fidei  devotionis  et 
obsequii  studium  data  quacunque  occasione  comprobasse  et  adhuc  in  dies 
continuata  prompliludine  et  alacritate  reddere  testatins  ;  unde  quum 
nequaquam  dubitemus  quin  in  suscepto  semel  laudandarum  aclionuni 
proposito  atque  iiiito  nobisque  sacro  imperio  et  augustae  domui  noslrae 
tidelem  sedulam  ulilemque  operam  provirili  tua  pr.Tslandi  operani  tramite, 
tirmiier  sis  pcrseYeraturus;his  aliisquc  rationibus  animum  nostrum  nierito 
moventibus  probenigne  consideratis,  praetermittere  noluimus  quin  splen- 
didiore  aliquo,  eoque  tali  muniticentiae  nostrœ  mnemosyno,  quod  tibi 
lûtique  posteritati  tuœ  legilimic  perpeluo  honori  ahiiie  ornamento  sit,  te 

susciperemus  condecorandum  ;  motu  itaque  proprio  ex  certa  scientia 

adsistentibus  uobis  nostiis  et  S.  Romani  imperii  principibus  electoralibus 
in  comifiis  electoiiims  congregatis,  tam  ecclesiasticis  quam  s;ecularibus, 
ac  de  cœsarese  nostrac  potestatis  pleniiudine  te  Joannem  Gasparum  Ferdi- 
nandum  comitem  de  .Marcbin  omnesqueet  singulos  libcros,  hicredes,  pos- 
tei'os,  descendentes  ac  successores  luos  ex  legitimo  mairimonio  natos  et 
(jui  in  fulurum  riascentur,  utriusque  sexus  in  inllnilum,  veros  veleres, 
lanciuam  si  jam  inde  non  tanium  a  quatuor  vcl  longe  etiam  pkuibus  tam 
paiernisquam  niaternis  avis,  proavis,  abavis,  atavis,  tritavis  alqiie  majori- 
bus taies  fuissent  aique  audivissent,  noslros  et  sacri  Romani  imperii 
comités  et  comitissas   creavimus   fecimus  uominavimus,   et  ad  statum 


—  3i3  ~ 

gradum  ordinem  titulum  honorem  ac  dignitatem  veleris  comitatus  impe- 
rialis  eveximus,  etc..  quemadmodiim  lenore  prsesentis  hujus  nostri  diplo- 
matis  csesarei  creamus,  etc....  atque  eum  in  finem....  oppidum  sive  locum 
Marcliin,  in  pioviiuia  seu  diœcesi  Leodiensi  situm,  omnemque  dislrictum 
territorium  ditionem  atque  agrum  ad  eumdem  spectantem,  cum  omni 
ejusdeni  juridictione,  subditis  atque  incolis,  omnibusque  et  singulis  pcr- 
tinentiis  et  dependentiis,  in  antiquum  nostrum  et  S.  Imperii  comitatum 

ereximus  atque  exaltavimus qiieniadmodunî  vigore  praesentium  augus- 

tahum  nostrarum  litterarum  eiigimus  et  exaitamus.  ..  atque  in  certum  ac 
manifestum  hujus  no^trse  ereetionis...  signutu  teslimonium  ac  documentum 
tibi  Joannes  G.  F.  cornes  de  Marchin  bénigne  concedimus  et  indulgemus 
ut  imposterum,  tu  tuique  onines  liberi  hœredes  posteri  descendentes  ac 
successores  utriusque  sexus  insignisvexillis  ac  labarisaquiiam  imperialem 
nigram,bicipitem  ex  pansisalis  quasi  voluticcientem,  et  pedibus  divaricatis 
etcauda  deorsum  promissa  conspicuuni  habere  gestare  ac  déferre  possis... 
ad  hsec  ut  cumulatiori  cœsareae  nostrœ  beneficentise  ac  gratine  fructu  gau- 
deas  hoc  veluî  coroUarium  adjiciraus  tibique  J.  G.  F.  cornes  de  Marchin 
fuisque  iiberis  hieredibus,  etc..  benigni  faventes  ac  volentes  concedimus 
atque  elargimur  ut  deinceps  a  nobis  nostrisque  in  S.  Romano  imperio 

successoribus illustres  ac   generosi  vernaculo  idiomate  Hoch  ende 

Woilgeborn  perpetuo  prgedicemini...  mandamus  igitur  universis  et  singu- 
lis... ut  te  .1.  G.  F.  comitem  de  Marchin  tuosque  liberos pro  veteribus 

nostris  et  S.  R.  Imperii  comilibus  et  comitis&is  habeant Si  quis  autem 

cassaream  banc  nostrara  erectionis paginam  contemnere aut  ei 

contravenire  pragsurapserit,  is  prœterquod  nostram  et  S.  R.  Imperii  indi- 

gnationem  gravissimam  incurret,  centura  insuper  marckarum  auri  puri 

ex  semisse  in  terariuni  nostrum  impériale  sivc  fiscum  inferendarum,  ex 
altero  vero  semisre  injuriam  passi  seu  passornm  usibus  applicandarum.... 
mulctam  dare  jam  nunc  damnas  esto.  Harurn  testimonio  litterarum  manus 
nostrae  subscriptione  et  bullœ  nostrœ  aureœ  appenso  tipario  raunitarum 
qu;e  dabanlur  in  civitate  nosira  im|>eriali  Francofurti  ad  Mœnum  dielertia 
nonasaugusti  annoDoraini  millesimo  sexcentesimo  quinquagesimooctavo, 
regnorum  nostrorum  Romani  primo,  Hungarici  quarto,  Rohemici  vero 
secundo  (  i). 

(*)    Archives   des  cours.  Marchin.  OEiivres  16S9-166H,  fol.  36-42.  —   Lefort. 
Manuscrits  généalogiques,  2e  partie,  T.  II,  fol.  o89. 


-  344    - 
XI. 

15  octobre  16G5.  —  Cerclemenage  de  la  seigneurie  de  Marchin. 

Cerclemenaye  fait  et  commencé  ce  quinsième  octobre  1665,  bailly  Goffar, 
eschevins  :  Jamin  et  Despa,  pardevant  la  courte  et  justice  de  la  Comté  de 
Marchin.  Alarequeste  de  noble  S'' Charles  Dans,  conseiller  président  de 
S.  A.  S""'  en  son  conseil  ordinaire  et  jadis  bourghemaitre  de  Liège,  partie 
faisant  pour  Jean  Gaspar  Ferdinand,  comte  de  Marchin  et  du  S'  Empire, 
etc..  avons  accordé  heure  et  enseignement  de  procéder  audit  cerclemenage 
et  commencé  à  une  grosse  pière  existante  dessoiibz  SMiéonard  ('),  du 
même  costéen  laquelle  il  y  at  eu  trois  polalles  taillées...,  laquelle  grosse 
pière  est  enclavée  dans  la  muraille  de  la  vignoble  du  S''  de  Laminne,  à 
l'opposite  de  lamaison  du  bourguemaître  Hamoir,  située  à  S.  Léonard, 
partie  de  laquelle  d'amont  est  de  ceste  iiaultenr,  et  la  rest  on  prétend 
eslre  de  celle  de  Huy...  et  là  mesme  ayant  fait  visiter  laditte  pière,  at  esté 
trouvé  y  rester  encore  deux  potalles,  l'une  par  dessus  l'autre,  la  troisième 
ayant  esté  emportée  par  corruption  de  laditte  pière  et  ruine  du  temps  ou 
aullre  accident,  servant  icelle  piere  de  borne  séparant  S.  Léonard  terre 
de  Beau  fort,  Marchin  t'^ //«//;  laquelle  ditle  pière  doibt  correspondre  en 
ligne  droite,  séparant  les  juridictionsdeHuy  el  Marchin, à  une  grosse  pière, 
existante  au  pied  du  thier  de  Marchin,  proche  la  thour  Houdresse  (•)  entre 
lesquels  ditte  pières,  se  doibt  encore  treuver  un  aultre  borne,  au  somet 
du  thier  de  Corroy,  vers  laquelle  somes  remontez  par  le  chemin  ancien  du 
pays  de  Liège  (')  présentement  incommodés  par  quelques  grosses  pières 
y  retronv(!s  et  y  roulée  par  charge  du  S'  de  Brion....  et  parvenu  à  Toppo- 
silte  de  S'  Léonard,  avons  remarqué  les  traces  des  roues  des  chariots  qui 
y  passaient  anciennement,  imprimées  sur  grosses  pières  de  marbre  bleu 
ou  pière  à  faire  chaux  ;  et  de  là  somes  venus  devant  la  maison  Mathieu  de 
Tavier,  extante  en  la  haulteur  dudit  Marchin,  ayant  lacaved'iceluy  Tavier, 
au  costé  du  chemin  de  ceste  haulteur  pavée  audessus  de  pière;  ayant 
compté  depuis  lamaison  du  S"^  bourguemaître  Hamoir  six  maisons  scituées 

(•)  Cerclemenage  de  liGl  :  S.  Linanl  aile  Wachercsse. 
(*)  iiO'i  :  Hullereche;  4401  :  liourlerece  ;   Ib'ii  :  llouldressc. 
(')  Lequel  depuis   la   grosse   pière  jusqu'au   pont   al  pricssc   est  haulteur  de 
Marchin. 


^    345    ._ 

sur  la  juridiction  dudit  Marchin,  le  long  du  chemin ,  jusqu'au  ponl  al 
jjriessc  (i),  présentement  anéaniy,  n'y  restant  que  quelques  vestiges  de 
muraille  de  pière.  Là  mesme  avons  sans  tout  préjudice  accordé  de  pour- 
suivre à  l'enseignement  du  cerelemenage  dcmantlo  et  parvenu  sur  le  thier 
de  Corroij  (2),  proche  d'une  pière  qui  at  cidevant  servi  de  borne,  en  forme 

de  peron;  at  esté  cnquis  où  elle  pouvoit  avoir  été  assitte,  et  allcslé 

iceluy  borne  avoir  esté  cy  devant  dressez  en  une  fosse  voisinne,  de  laquelle 
at  esté  dexhavvée  (  5  )  et  trouvée  remplie  d'assez  bonne  terre  ;  auquel  lieu 
ont  esté  raportees  lesdites  pières  pour  y  estre  en  leur  place  en  temps  et 
lieu  replantées  au  borne,  ayant  la  mesme  attesté  les  susdis  Tavier  et 
Doultrebende  davoir  veu  ériger  ledit  peron,  et  de  plus  quil  y  at  eu  cidevant 
une  exécution  faicte  dune  sorcière  par  la  justice  de  Marchin  appellée 
Gilette  Poussable;  et  awins  de  plus  remarqué  que  la  place  de  ladiite  pière 
est  correspondante  en  droite  ligne  a  la  pière,  à  l'opposite  de  la  maison 
dudit  SU)Ourguemaitre  Hamoir,  laquelle  partant  se  treuveroit  pour  la  plus 
parte  scituée  sur  la  haulteur  de  Marchin  ;  et  de  plus  remarqué  ledit  peron 
tirer  quand  et  quand  en  droite  ligne  ,  après  la  tour  Houdresse,  joindant 
laquelle  il  y  at  une  grosse  pière  mentionée  au  préambullede  celte,  faisante 
séparation  desdittesjurisdictions;  de  là  arrivez  à  laditfc  arosse  picresdluée 
au  pied  du  grand  thier  de  Marchin,  a  l'oppositte  de  la  maison  du  chirouj 
servant  de  borne  pour  laditte  haulteur  et  celle  de  Huy...De  là  avons  passé 
parle  chemin  dessoubz  les  forges  allant  pardessoubs  la Ihour Houdresse, 
et  remarqué  qu'une  haye  pendante  dessoubz  laditte  thour  Houdresse,  pré- 
sentement possédée  par  les  représentants  Doutrebende,  fait  séparation 
tant  des  hayes  dépendantes  de  la  terre  de  Marchin  que  ceux  dépendant  de 
la  haulteur  de  Huy  ;  ainsy  que  laditte  haye  vat  biaisant  et  descendant 
jusques  un  peu  pardessus  l'anglée  sur  ledit  chemin  des  chares,  allants  par 
les  forges,  et  se  rend  avec  ledit  chemin  en  un  lieu  ou  cidevant  y  avoit  tinc 
fjrosse  picrc  servante  de  borne,  laquelle  souloit  estre  joindantes  les  héri- 
tages présentement  possédés  par  le  S''  Creyr,  distante  de  ladiite  anglée  de 
laditte  haye  de  saises  dyesse  et  centz  quarante  jusques  a  une  aultre  pière 
jjardevant  la  forge  et  poterie  dudit  S"'  Creyr,  laquelle  pière  at  esté  ostée 
et  rompue  passé  plusieurs  années.,,  par  delà  laquelle  pière  le  chemin 


(  ')  i461  ;  ponclieal  ;    1624  :  ponseau  le  prebstre. 
(*)  Dont  il  a  déjà  été  question  plus  haut. 
(*)  Arrachée. 


—  846     - 

passant  aux  forges  est  de  la  haulteur  dédit  Marchin...  et  de  là  soines  venus 
à  une  deuxième  pière  (i),  servant  de  borne,  laquelle  est  presque  tonte 
couverte  et  fait  séparation  depuis  le  chemin  jusques  à  Hoyoul,  des  haul- 
teurs  de  Huy  et  Marchin,  à  ligne  entre  les  deux  cheminées  exstantes  à  la 
forge  dudit  Creyr,  dit  de  Chedneufchamps,  joindanles  à  la  poterie  dudil 
Creyr,  qu'on  prétend  haulteur  de  Huy. 

Le  saisième  dudit  mois...  poursuivant  l'enconimencez  du  jourdhier  sur 
les  places  de  la  forge  et  fornea  partenants  au  S''  i)onrgucmaitre  Creyr...., 
suivant  les  adjourneniens  faits  aux  S'^  de  Barse  et  Viersct  ou  leurs  domes- 
tiques, agents,  etc.,  lesquels  nous  ont  attesté  la  juridiction  de  Marchin 
avoir  esté  limitée  entre  les  deux  cheminées  de  la  forge,  et  que  la  rue  (2) 
du  Marteau  sont  assis  sur  l'eau  et  haulteur  de  Marchin  ;  et  de  lù  poursui- 
vant les  errements  du  cerclemenage  de  l'an  1624,  al  esté  recognus  le  vieu 
fond  et  course  de  Hoyoul  faisoit  séparation  des  deux  seigneuries,  et  que 
présentement  par  ses  ravages,  lîébordements  et  inondations  fréquentes, 
passé  quelques  années  il  at  changé  en  divers  lieux  de  son  vieux  course, 
en  sorte  qu'au  présent  il  se  trouve  avoir  pris  ung  nouveau  course,  du  costé 
de  Marchin,  nomément  à  la  forge  et  papiiieric  de  Fleru,  cidevant  à  feu 
Hodeige  et  petilte  dame,  jusques  au  jardin  de  Nicolas  Delvaux;  du  loing 
de  îîoyoul  treuvons  une  maison  et  thour  (jui  fut  cidevant  à  M.  de  Bois 
présentement  au  S'  Creyr  ;  item  une  aullre  voisinne  partenante  aux  repré- 
sentants Favar  et  aultres  par  delîi  ;  et  ayant  passé  la  maison  dudil  pottier, 
et  voiui  aux  places  diltc  de  Fleru,  avons  veu  la  forge  et  papinerie  partenante 
à  Ânthoine  Soxhet  et  Henry  Bex,  haulteur  de  Marchin;  où  avons  recog.iu 
que  Hoyoul  at  quité  son  vieu  course  et  gaigné  fort  avant  jusques  au  pied 
de  chemin  des  forges,  ahandonnaiit  son  dil  vieux  fond  qui  faisoit  sépara- 
tion des  haulleurs  de  Barse  et  Marchin,  estant  une  grande  place  entre 
lesdits  chemins  et  nouveaux  course  demeuré  wide  ;  de  là  sommes  venus  a 
des  places,  dittes  les  \)hces  Jacqiwfi,  où  cidevant  il  y  avuit  deux  forges  et 
forneau,  présentement  ruinés,  que  l'on  dit  parteiiir  au  S'  hourguemailre 
Ville,  disant  oiiltre  lesdits  témoins  que  au  temps  desdittes  forges  l'eau 
couroit  du  loing  de  bois  d'un  S""  de  Fraiture  présentement  Tongerioz 
joiiidanle  a  certaine  comune  dit  de  Barse  ;  et  estant  arrivé  à  la  maison 

(')  t6l24  :  plantée  à  l'oppositlc  de  la  l'orge  de  Chedne'  champs,  allant  icelle  pière 
droite  à  Hoyoul,  parmy  d  entraverse  de  laditte  forge. 
{*)  Peut-être  :  la  roue. 


w 


Nicolas  Malihon,  dit  In  Manche  maison,  proche  des  couvalles,  avons  encor 
treuvé  une  place  wide  et  ruinées  par  les  inondations  de  Hoyoul,  lesquelles 
ont  emportez  le  chemin  qu'alloit  par  dessoubz  laditle  maison,  et  deux 
aullres  maisons  qui  estoieiit  par  delà  ledit  chemin,  et  proche  laditte  place 
wide  une  forge  et  papineiie  dit  ancienement  des  cuvalles  appartenant  a 
Piron  Thomas,  siese  enlhierement  sur  la  haulteur  de  Marchln,  ayant 
recognu  que  le  chemin  et  pière  sont  estez  prinse  dans  les  aisemences  ; 
de  là  somi's  venus  à  une  forge  et  papinerie  du  S''  Ruffe,  dit  de  Bardouil  ; 
de  là  souies  arrivés  à  la  papinerie,  dit  de  Maseeck,  présentement  a  la  vefve 
Mouton  ayants  ''incq  roues  siu*  Hoyoul  du  costé  de  Marchin,  et  entre  le 
cours  de  Hoyoul  il  y  at  un  jardin  en  dépendant  et  y  treuvez  sur  ledit  course 
rie  Hoyoul  une  pexherie  aux  hainaps  deauchara|)s,  de  laquelle  ledit  con- 
seiller at  fait  protestation  de  tous  les  domages;  et  de  la  estant  paivenu  à 
l'oppositte  de  la  forge  dit  de  trois  ponts,  présentement  possédez  par 
Scimael,  où  avons  treuvé  du  costé  de  Marchin  que  ledit  Scimael  faisoil 
digiîe  dans  la  rivière,  sans  avoir  préallahlement  obtenu  le  greit  du  S^  ny 
payé  les  droits  atferants  ;  de  la  somes  venus  a  une  papinerie  ditte  Marche 
possédée  par  le  S''  Froidmont  ayant  cincq  tournants  entièrement  scitués 

sur  la  haulteur  de  3Iarchin,  andesseur  de  laqiî.ile ont  attesté  avoir  eu 

cidev-int  une  forge  et  coup  d\'ai!,  dit  coraunément  de  Marloi ,  et  arrivé 

à  la  maison  du  sergent  de  Sandron,  partenante  au  S'"  de  Fraiture  at  esté 
treuvé  que  ledit  sergeant  se  servoit  aucune  fois  d'une  eau  et  fontaine  cou- 
lante de  Sandron,  pour  arrouser  une  prairie,  ce  que  ledit  sergent  appelle 
Grégoire  al  confes!>é  ;  de  là  avons  descendu  sur  le  rive  de  Hoyoul  en  lieu 
dit  Gnvaz;  oi;i  soûlait  avoir  une  papinerie  et  auparavant  une  forge,  dont  il 
reste  seuleim-nt  quelque  demeure  pour  un  ouvrier  et  quelque  jardin 
arborez  et  ung  aultre  petit  preit  cidevant  appartenante  au  S'"  i.ongrée,  et 
à  présent  certain  Gaesne  jeune  homme;  de  la  sommes  passé  tout  au  long 
du  bois  de  S«/.v//'OH  jusqu'à  la  papinerie  ditte  de  grand  poirier,  possédée 
présentement  par  Piere  de  Waretz  notre  subgreffier,  à  laquelle  il  y  a  six 
tournants  sous  la  juridiction  dudit  Marchin,  avec  un  petit  jardin  et  une  isie 
de  la  même  juriiiiction  ;  de  là  somes  parvenus  à  deux  molins  à  Waldor, 
présentement  possédée  par  Raymond,  y  ayant  dix  tournants,  scavoir  chacun 
tincq,  oultre  d'une  petitte  isle  (i)  dépendante  dudit  moulin  et  le  vestige 
du  vieux  lict  de  Hoyoul  entre  laditte  isle  et  les  terres  du  grand  poirier  ou 

('  )    1624  :  isle  de  Waldor. 


348 


Hoyoul  ayant  quitté  son  vieux  lict,  s'at  fait  chemin  par  delà  les  terres  du 
grand  poirier  haulieur  de  Marchin  et  entre  l'islea  de  Molin  de  Waldor  et 
lesdils  niolins;  de  là  sommes  venus  à  ruisseau  de  l'isleau  (')  provenant 
de  la  jurisdlction  de  Marchin,  se  rendant  en  la  rivier  de  Hoyoul,  séparant 
à  ladite  isle  les  terres  dépendanies  de  la  jurisdlction  de  Barse,  des 
coniunes  et  aisemences  dudit  Marchin  ;  de  là  sommes  arrivez  par  les 
comunes  et  aisemences  de  Marchin  en  leu  nomez  le  balty  Lapsin,  voisin 
d'une  haye  et  hailhis,  en  quelles  li.Hll.is  sat  retreuvé  le  borne  menlioné 
en  cerclemcnage  de  l'an  1624  aux  trois  Al.  de  costé  de  Marchin  et  un  B. 
du  costé  de  Barse;  de  la  (")  sommes  revenus  dans  un  lieu  dit  preit 
mimois  O  et  rosscafosse,  ou  avons  veu  une  borne  plantée  dans  un  bois 
environ  de  vin^;!  pieds  arrièr  de  l'isleau  ;  de  la  somes  venus  à  prairies  dit 
louxh  {*)  de  Moi  lin,  où  avons  enror  treuvé  une  borne  dix  à  douses  pieds 
arrier  de  li'<leau  ;  de  là  (°)  traversant  une  terre  et  petit  bois  ou  hailhis, 
avons  treuvé  aupiès  d'ung  gros  ta we  (')  une  borne  marquée  comme  les 
précédentes;  montant  plus  hault  sur  le  lieu  dit  Fec/irtî«;;s,  avoir  treuvé 
dans  laditte  terre,  une  aultre  borne  posé  et  marquez  comme  les  aultres, 
cidevant  nomée  la  terre  Lambert  Sacré  Dereve  ;  allant  plus  avant,  avons 
treuvé  au  coing  comme  dessus  d'un  haye,  dans  un  buisson  d'espine  une 
aultre  plantée  et  marquée  comme  les  aultres;  de  là  descendant  la  dépendée 
de  fond  misftar,  treuvons  une  aultre  borne  plantée  et  marquée  comme 
dessus  (');  de  là  allant  à  droite  ligne  dans  le  preit  de  Hairier,  possédé  à 
présent  par  le  S""  de  Barse,  au  coing  d'un  petit  bois  avons  encor  treuvé 
une  borne  marquée  comme  dessus,  et  de  là  montant  à  ligne  droite  sommes 
parvenu  au  coin  d'une  pièce  de  terre  appelée  Rivawana  {*};  on  iwon^ 
recognu  la  i)remiere  borne  séparante  la  comté  de  Marchin  et  seigneurie 
de  Barse;  poursuivant  et  venant  dndit  Rivawanaz  jusques  à  la  bouche  et 
entrée  du  chcra  deTriffoy  (")  appelée  communément  le  petit  bois,  joindant 
du  costé  davalà  Jean  Mélar,  d'amont  au  S'de  Barse...,  où  avons  recognu 

(')   Rieu  de  liieleawc.  Aujourd'tiui  Litei. 

{*  ]  -1624:  montnnl  l'ancien  cours  de  Lieleawc. 

(  =  )  i62i  :  «  Mimont  ». 

r*)  Porte. 

(  *)  1624  :  K  montant  vers  Ardennc  ». 

(•)  t461  :  »  une.  slociteie  de  faiwe  »  ;  tiêtrc). 

('  )   1624  :  1  où  solloit  y  avoir  un  diaisnc  fur  Loxhea  ;  I  i6l  •.  «  soiir  Hockeal  ». 

(*)   \\CA  •■  «  riwai  warna  >•  ;  t62i  :  «  fond  riva  wana  ». 

(  •)  mu  :  »  cherau  de  Triffoirl  ■• . 


—  349    - 

un  gros  chesne  dans  laditte  haye,  et  suyvant  par  ledit  cheraz  voye  (i), 
haulteur  de  Marchin,  jusques  au  bord  de  la  rivière  de  Vaux  et  Jamagne 
joindantà  la  censé  de  Triflby,  jusqu'à  un  gros  chesne  (2)  dans  la  haye  du 
preit,  exstant  entre  les  deux  maisons  de  ïrilToy...,  lequel  dit  chesne  vat  à 
droite  ligne  en  montant  vers  Ardenne  à  un  fawe  par  dessus  Triffoy, 
lesquels  fawe  et  chesne  font  séparation  des  juridictions  de  Marchin  et 
Yierset  de  droite  ligne  en  cette  endroit  ;  ayant  monté  audit  fawe,  avons 
passé  de  lu  jusiju  a  un  tige  (3)  qui  vat  de  Roiseux  à  Gosne  en  droite  ligne, 
où  n'avons  sceu  trouver  la  pière,  laquelle  se  debvait  esire  sur  un  hourreau 
exstanie  audit  tige,  assé  près  d'uiig  gros  arbre  ;  la  haulteur  de  Vierset 
fineandïlW^e,  et  keluy  iaW,  séparation  des  haulteurs  de  Marchin  et  Vyîe, 
où  elle  comence  h  se  conjoindre;  et  poursuivant  le  chemin  par  ledit  tige, 
pour  recognoitre  les  limites,  au  regard  de  la  seigneurie  de  Vyle,  somes 
arrivez  par  ledit  tige  jusques  au  bonnier  comunément  appelle  le  bonnier 
Simon  (4)  au  présent  Piere  Michotte;  et  quitant  ledit  tige,  et  montant  le 
loingdudit  bonnier,  et  ton!  te  la  piedsente,  près  dung  gros  buisson,  allant» 
de  Stalle  à  Vyle  jusqui's  a  un  Hea  où  souloit  avoir  un  ihier  présentement 
asporté,  et  ce  à  la  dépendée  du  mont  de  Vyle  allant  jusques  au  dessenr  des 
deux  bonnicrs  qu'on  dit  le  vieux  lounier  de  Vana-,  joindant  iceux  d'aval  au 
fief  partcMcint  (5)  présentement  à  madame  de  Vyle  ;  et  puis  allant  en  amont 
desdis  deux  bonniers  de  Vaux  jusques  au  grand  fossé  ou  hourlea,  présen- 
tement possédé  par  ledit  Michotte,  du  co^té  vers  Ardenne  et  vers  Meuse 
à  Laureiît  de  Jamagne,  auquel  fossé  y  at  un  xhinon  (")  seulement  joindant 
à  Laurent  de  Jamagne  et  par  de  là  ne  reste  qu'un  hourlea  sans  xhinon, 
lequel  vat  jusques  au  bunnier  az  mollii  possédé  par  Léonard  Debry  et 
consors  et  remontant  le  royaz  (7)  jusques  et  compris  le  bonnier rff 
clocki  (8)  possédez  par  ledit  Debry.  scituée  en  la  haulteur  de  Vyle  ;  et  de 
là  remontant  vers  Ardenne  jusques  aux  terres  de  Vyle  possédée  présente- 
ment par  ledit  Michotte  et  allant  tout  oultre  entre  ledit  Debry  et  ledit 

('  )  I46t  :  Hierdavoie  :  chemin  public 

(  -  )  1464  :  un  gros  curniltiier. 

^»)  4624  :  liège. 

(  *  )  1464  :  qui  est  à  Mellair  desour  le  ttiier  en  Vaux  qui  fut.  Johennien  de  Cutiche 

lequel  bonnier  est  entièrement  de  la  haulteur  de  Marchin. 

(  *  )  4  461  :  «  à  Johan  de  Vyle  ». 

(*)  Une  petite  languette  de  terre. 

(')  L'entredeux  dessillons. 
{•)  1624  :  leclûckier. 


330 


Michotte,  jusques  au  bonnier  Del  mère  Dieu  de  Gosne  possédés  par  le  S' 
Rossius  ;  et  de  là  remontant  le  royaulx  de  laditte  terre  del  mère  Dieu,  du 
costé  d'aval,  entre  les  terres  duditS''  Rossius  et  représentans  JeanWerkay 
et  aultres  (  i  )  ou  souloit  avoir  un  chesne,  lesquels  ny  sont  plus  ;  et  de  là 
continuant  en  droite  ligne  jusques  a  une  grosse  pièce  ou  clavea  extanle 
entre  les  ferres  de  madame  de  Vyle,  Stiennedel  grande  maison  et  Léonard 
de  Trutaz,  Remy  Lambert  et  le  S''  Rossius,  lequel  thier  est  un  peu  par 
dessoiibs  ledit  buisson  et  cliesne  de  Yyie  ;  et  de  là  retournant  daniont  entre 
deux  lesdittes  terres  et  continuant  jusques  aux  terres  du  S'"de  TharouUe 
où  il  y  at  un  thier  faisant  séparation  des  terres  dudit  S''  de  Tharoulie  et 
des  représentans  Léonard  dos  trois  saulx. 

Le  18"  dudit  mois  sommes  recomparus  et  venant  audit  thier avons 

passé  oultre  la  campagne  de  Tharoulie  en  droite  ligne  jusques  au  lieu /e 
saiwcrcaz  (2),  estoit  appelle  en  françois  sehu,  extant  dans  les  terres  de 
Tharoulie,  sur  un  croupet  où  il  y  avoitun  buisson  présentement  extirpé, 
esloigné  d'un  trousle  extanfe  en  la  haye  voisinne  dépendante  de  Gosne, 
environ  douze  dyesses,  duquel  Iroiisle  traversant  lesdittes  hayes.  somes 
arrivez  au  lieu  ù\\  possenmx  (3)  de  Goesne,  par  desseur  les  diltes  hayes 
vers  Jamagne  à  une  prairie  reduitte  partie  en  terre,  partie  en  preit, 
appelle  posseroux,  jusques  auquel  lieu  sextend  le  deismage  de  Marchin(4), 
et  divers  témoins  ont  attesté  y  avoir  esté  fait  une  exécution  d'aulhorité  de 
la  courte  de  iMarchin  pendant  que  le  S""  Thies  (3)  en  estoit  mayeur  pour 
avoir  le  faituel,  appelle  Nicolas  Winand  de  Geere  tué  certain  Polet  le 
Renglet  de  Liège  ;  duquel  lieu  traversant  le  tige  qui  vat  de  Gosne  à  Molu, 
avons  remonté  en  allant  vers  le  tronckeu  entre  les  terres  du  S'"  de  Goesne 
du  costé  d'amont,  et  d'aval  à  celle  du  S''  Rossius  et  Jean  Renard,  par  un 
royalz,  à  un  petit  thier  qui  fait  l'entredeux  des  terres  du  S''  de  Gosne  et 
des  représentans  Jean  Renard  ;  et  puis  prenant  dudit  petit  thier  à  droite 
ligne  vers  Gosne  entre  les  terres  dudit  seigneur  de  Gosne  et  de  Jean 
Renard  le  jcusiie,  jusques  au  coing  dicellc,  ou  il  y  at  aussy  un  thier;  et  de 
là  s'allant  rendre  au  tronckeu  (c)  vers  Marchin  appartenant  au  S'  de  Gosne 

(  '  )  Jusqu'à  un  buisson. 

(*;  1461  :  Sawolieal  ;    [G"!'*  :  Saweheau,  lequel    ledit    Léonard   nous  a  attestfi 
l'avoir  veu  illecque. 
,'  '  1  1461  :  pucheron. 

i  -i  )  1624  :  cil  il  y  a  un  buisson,  ou  commence  la  haulteur  de  Goesne. 
(  *  )  Thies,  mayeur  en  1624. 
(*j   J461  ;  jusqu'à  une  grand  chavne  coadist  sour  le  tronckeu. 


haulteur  dudit  Marchin,et  àun  enclos  appartenant  audit  Jean  Renard,  qui 
fait  séparation  de  notre  liaultcur  et  celle  de  Gosne  ;  et  de  là  descendant 
ledit  tronckeu,  et  allant  droite  a  lourette  fosse  (laquelle  est  joindantes  à 
daultres  hayes  et  comiines  montantes  vers  Gosne),  tout  le  long  d'un  fossé 
où  sont  des  espinnes  et  buissons  joindantes  aux  terres  du  S''  de  Gosne  ; 
et  de  là  tout  le  fond  jusques  au  saiwereaz  (  i  )  de  Gosne,  au  lieu  duquel  y 
avoit  eu  un  vivier  dont  les  vestiges  des  digues  nous  ont  encor  aparu  ;  et 
suivant  ledit  saiwereaz  du  costé  d'amont,  prenant  au  coing  dung  preit 
ditle  le  preit  des  croupnlles,  présentement  appartenant  à  Lamis  mayeur  de 
Gosne,  joindante  à  une  cheravoye,  laquelle  est  toute  haulteur  de  Marchin 
à  la  réserve  de  l'entrée  du  coslé  de  Gosne  et  vers  Ardenne,  de  sorte  que 
les  chesnes  a  la  liaye  dudit  preit  des  croupalles  sont  aussy  de  cette  haul- 
teur de  i\îarchin  ;  et  de  là  passant  oultre  le  long  preit  de  Gosne,  partie 
deismage  du  curé  de  Marchin,  prenant  en  droite  ligne  dudit  Saiwereaz  à 
un  chesne  joindant  au  ruisseau,  avons  allez  à  l'entredeux  des  terres  des 
représenîans  Thomas  de  Jamagne  eldudit  Lamis  et  consors,  représentans 
Jean  de  Modalve  moulnier  d'Osoigne,  veoir  que  de  laditte  terre  dudit 
Lamis  y  at  un  journalz  qui  est  de  la  comté  de  Marchin,  et  dudit  journal 
tout  oultre  la  fosse,  suivant  le  xhinon  allante  entre  les  terres  du  curé  de 
S^Séverin,  et  celle  de  Thomas  de  Jamagne,  et  entre  les  terres  de  Gosne 
possédées  par  ledit  Lamis,  au  pied  desquels  avons  veu  un  boccage,  parte- 
nant  aux  représentans  dudit  Thomas,  joindantes  aux  raspes  de  Gosne, 
lequel  ledit  Lamys  manie...,  et  suyvant  ledit  xhinon  à  un  dernier  chesne 
extante  aux  hayes  de  Laurent  de  Jamagne,  et  dudit  chesne  suivant  droit 
l'entredeux  des  terres  de  Marchin  et  Gosne  (2),  jusques  au  buisson 
remplis  de  pière  desseijr  préalle,  nous  ayant  esté  désigné...  le  lieu  corres- 
pondant audit  chesne,  où  il  y  avoit  un  buisson  de  ronxhe  entre  la  terre 
dudit  Laurent  et  du  baron  de  lioulcz,  représentant  le  S''  de  Ramelot,  qui 
doibt  avoir  esté  arraché  par  le  censier  de  Fillée  ou  ses  gens  ;  d'où  avons 
monté  droii  au  bonnier  Jean  Geuikin ,  passant  par  la  fontaine  des 
oelnes(5),  lequel  bonnier  joint  au  réal  chemin  et  est  manié  par  Henry  et 
Guilheaume  de  Jamagne,  joindant  par  desseur  à  une  terre  que  tient 
Laurent  de  Jamagne,  lesquelles  dt^ux  teires  sont  joindantes  au  S""  de 
Gosne  d'amont,  et  de  là  à  la  terre  Madame  et  couvent  ue  SoUiers  maniée 

[  ')   146!  :  saiwereal  ;  1624  :  sawereau. 

(  '  )  1461  :  terres  condist  en  fons  de  Warisenvaux  ;  1624   :  en  fons  de  Warchetz. 
'  '  1461  :  fontaine  dabur&art'' 


;332 


par  les  Ligot  estant  deismage  et  liaulteur  de  Marchin,  conduisant  tout  de 
long  du  bois  de  Loneiur,  droit  aux  lontaines  de  Ruideux,  deismage  et 
haulleurde  iMarchiii  ;  de  là  suivant  tout  le  valon  entre  les  héritages  de 
Pirpon  et  de  Bayar  avons  venu  au  coing  du  b  is  de  Gosne,  ei  poursuivant 
tout  le  long  (i  )  jusques  à  une  borne  plantée  au  coin  des  héritages  feu 
Nicolas  de  Pirpont,  pioche  du  bois  des  trente  boiiniers.  Le  dixneuffieme 
dudit  mois  avons  passé  suivant  Tentiedeux  du  l)ois  des  trente  bonniers 
à  celuy  de  Gosne,  jusqu'au  stock  qui  souloit  estre  la  morifeme  (2),  et  là 
oiesrae  le  mayeur  Thies  et  consors  nous  ont  dit  avoir  apiinsde  feu  Simon 
sergeant  de  labye  de  Solliers  le  lieu  où  esioit  ancienement  le  borne  et 
arbre  appelle  à  la  mortfeme  et  renseigné  quil  nestoit  point  audit  chesne 
restant  du  bois  sarté,  mais  quehiues  dyesses  au  delà  vers  Solliers,  où 
quil  nous  ont  monstre  une  pière  qui  deb^oit  servir  de  borne  et  démons- 
tration dudit  lieu  du  chesne  à  la  niurtfeme,  lequel  al  esté  de  longues 
aiinees  extirpé,  et  ledit  borne  ou  piere  estre  présentement  auprès  d'un 
petit  arbrisseau  de  plenne,  lequel  lieu  doit  estre  le  lieu  du  borne  ancien, 
nomé  la  mortfeme,  duquel  borne  en  ligne  droite  jusque  au  fond  del  belle 
c  pi  nue  (z),  là  où  avons  treuvé  une  pière  voisinne  d'une  vielle  souche...., 
laquelle  pière  semble  aller  conformément  les  grands  chesnes  servant  dehaye? 
entre  aultre  le  très  gros,  extante  entre  le  bois  de  Gosne  et  celuy  des 
trente  bonniers  et  aultres  jusqu'à  la  sortise  du  bois,  lesquels  semble 
correspondre  en  droite  ligne  à  un  chesne  du  boissûr/Jcidevani  partenant 
au  S""  de  Gosne,  lequel  l'ai  changé  avec  les  dames  de  Solliers,  et  de  là 
venant  à  droit  par  les  terres  appartenantes  aux  dames  de  Solliers,  reprises 
en  la  transaction  de  l'an  1291  el  chemins  de  Ciney  jusque  au  coing  de 
bois  de  vawehaye  (4)  où  soiloit  avoir  la  justice  a[)pellee  comunément  de 
Beauvallet,  à  laquelle  at  esté  exécutée  par  l'autliorité  de  Marchin  un  appelle 
Beauvallel  (5);  à  l'opposite  de  laquelle,  par  delà  ledit  chemin,  ledit  Tous- 

(*;   -1461   :  dudit  bois, jusques  n  Cromhilheichame  condisl  à  trente  bonniers. 

(*)  La  morte  femme. 

(  *  )  1461   :  jusques  à  chaesne  à  belle  espine. 

(*)  1461  eltfi^ii  :  Hawihaye. 

(']  «  A  l'opposite  du  gibet  dit  de  Beauvallel,  par  delà  le  chemin,  il  y  a  un  autre 
dressé  sur  la  liauleur  de  Gosne  qui  s'appelloit  Oarmaiijaolle  du  nom  du  pendarl, 
lequel  lesdits  iMicliotte  et  Massin  ont  veu  ailei  pendre  el  qu'alors  ceux  do  Gosne 
n'osiienl  passer  par  le  chemin  de  Ciney,  mais  prirent  le  chemin  vers  Ifs  iS  bonniers 
de  Dames  de  Solliers  et  chemin  de  Dinanl,  estant  ceux  de  Marchin  en  armes  sur 
le  chemin  de  Ciney.  »  Cerclemenage  intérieur  du  39  novembre  1663. 


—  m)i  — 

saint  Jaspar....  ont  dit  y  avoir  veu  cidevant  une  borne  extante  au  coing 
dudit  vaweliaye  par  delà  ledit  chemin,  et  delà  continuant  le  chemin  avons 
allé  au  péron  voisin,  duquel  avons  veu  trois  potalles  qu'ont  cidevant 
servis  de  borne,  marquez  dans  une  pièce  voisine,  et  delà  traversant  vawa- 
haye,  avons  parvenu  à  une  borne  voisin  d'un  pairon,  duquel  avons  encor 
veu  le  vestige  de  la  pière  sur  lequel  ledit  peron  estoit,  ayante  icelle  une 
potalle  quarrée  pas  beaucoup  esloingnée  de  la  maison  de  Fleron,  et  dudit 
peron  allante  à  ligne  parmy  la  maison  dudit  Fleron,  et  de  laditte  maison 
droite  au  Pewyeuchesne  (  i  ),  lequel  nous  at  esté  remontré  entre  les  héri- 
tages Melart,  assez  voisin  du  real  chemin  et  d'un  enclos  dudit  Melart, 
joindant  le  vestige  et  stronck  dudit  chesne  à  une  bouxhée  d'espinne  ;  et 
dudit  pewyeuchesne  comprenant  le  real  chemin  avons  descendu  au  ponceal 
priesse,  où  la  première  journée  du  cercle  ménage  at  esté  faite  et  la  mesme 
at  esté  demandé  par  le  bailly  et  procureur  d'oflice  davoir  enseigné  de 
porsuivre  le  cerclemenage  particulier  concernants  les  biens  des  manants 
cens  privilèges  et  droits  seigneuriaux,  ce  qui  at  esté  accordé  et  sauve 
tous  droits  mis  en  garde  (2). 


XII. 


Généalogie  de  J.  G.  Ferdinand  de  Marchin,  extraite  des  manuscrits 

généalogiques  de  Le  fort  (zj. 

Beynaud  de  Chinij,  premier  seigneur  de  Marchin  d'après  ce  que  rapporte 
Malachie  en  ses  annales  des  fondateurs;  il  eut  pour  femme  Sophie,  fille 
(i'Albéron  comte  de  Huy  (?)  et  sœur  d'Ingebrant.  11  aurait  été  témoin  à 
une  charte  de  l'evêque  de  Liège  avec  Wazon  et  la  comtesse  Richilde  de 
Hainaul.  11  eut  4  enfants  :  Arnould  et  Humbert  qui  suivent,  Renier  qui 
fut  chanoine  de  Cologne,  Verdun  et  Liège  -f  1056;  il  git  à  S'  Lambert. 
Aleide  qui  fut  religieuse  à  Thorn  et  y  mourut  en  1041. 


■  *]  1461  :  Pewilheucliaine  ;   1624:  Pouilleux  chaisne 

(*)  OEuvres  de  la  Cour  de  Marciiin  1639  a  1666,  A:  41,  folio  170.  Les  limites 
actuelles  de  la  commune  de  Marchin  correspondent  assez  fidèlement  aux  limites  de 
l'ancienne  seigneurie. 

{^1  !>•«  partie,  T.  XIV,  p.  117;  '2"'-  partie,  T.  H,  p.  67;  Y,  -2^21  ;  VU,  p.  63  ; 
3™9  partie  :  Marchin. 


—  334 


Humbert ,  aire  de  Marchin  en  |)ar- 
lie,  épousa  Berthilde  dame  de  Barsc, 
fille  (le  Guy,  comte  do  Franchiinoni 
(voir  la  chi-dniquede  Lobhes  1069, 
fol.  104).  Ils  eurent  trois  enfants  : 
Renier,  chanoine  de  S.  Lambert, 
Jean  qui  suit,  et  Gottelon,  chanoine 
de  Verdun  et  de  Metz  (ù). 

Jean  épousa  Cunegonde  fille  de 
Raduux  d'Abreiz.  Leu  s  enfants 
furent  :  1"  Reyiiaud  qui  suit  ;  2" 
Agnès,  religieuse  à  .Munsierbilsen 
(-[-1098);  5"  Bealrix  (iiii  épousa 
Rase  de  Fallais,  lequel  eni^agea  son 
château  de  Fallais  en  présence  de 
son  beau-frère  Arnold  de  Walève 
et  de  Bauduin  de  Moumal  1 1092). 

R.'Hiuiud  de  Harchin,  seigneur  de 
Bar,>e,  épousa  Gerberge,  fille  de 
Lambert  de  Warfusée  et  sœnrd'Otton 
(titie  de  109i,  chron.de  Lobbes,  et 
d'Albéric  en  la  terre  sainte  (  1 096).  ils 
eurent  deux  enfants  :  1'^'  Otton,  sire 
uo  3arse,  qui  épousa  d'abord  Agnès 
fille  de  Libertde  Bierset,  puis  Alix 
fille  de  Raes  dePrez  et  mourut  sans 
hoirs,  la  veille  de  S' Luc  ;  2"  Gosuin 
qui  suit  (3). 


Arnould,  sire  de  Marchin,  épousa 
-Mathilde,  fille  de  Wautliier,  ciiâte- 
lain  de  Cambrai  (voir  la  chroni(|ne 
de  Vaucelles  à  l'année  1048,  (1).  il 
eut  un  fils  : 

Gosuin  de  Marchin  cité  dans  les 
chroniques  de  Vaucelles  et  de 
Lobbes  (1060).  il  porta  le  grand 
étendard  de  l'evèque  de  Liège  à  la 
translation  du  corps  de  S'  Domitien 
(1060),  et  eut  un  différend  avec 
son  cousin  Jean  pour  la  terre  de 
Marchin.  (Chronique  de  Lobbes 
1070.)  Sa  (^emme  ide  de  Soigné  lui 
donna  un  fils 

Willibert  de  Marchin.  C'est  lui 
qui,  de  concert  avec  sa  femme  Gi- 
feldis,  donna  la  (erre  de  M;irchin 
au  chapitre  de  Noire  Dame  de  Huv 
(1106). 


Gosuin  de  Marchin,  sire  de  S'  Léonard  de  Pegny ,  armé  chevalier  du 
Roi  de  Jérusalem,  épousa  Mehaul,  fille  de  Jacmart  de  Fallus,  gouverneur 
de  Huy  (1154).  Leurs  enfants  :  l°Reynaud,  seigneur  de  Barse,  épousa 
Elstrude  fille  de  Lambert  sire  d'Ave  (titre  de  1159).  Leur  fille  et  héritière 


(*  )  Clironiquc  inconnue  -.  l'abbaye  de  Vaucelles  ne  Tut  fondoe  qu'en  1131. 

(*)  Arnould  et  Humbert  auraient  été  témoins  à  une  fondation  d'Eramon,  comte 
de  Looz,  en  1060  Cette  charte  est  apocryphe.  Daris.  Histoire  de  Looz,  T.  1,  p.  392. 

(*l  Lelorl  a  transcrit  une  charte  du  '20  décembre  tt34,  qui  semble  rédigée  à 
plaisir  pour  prouvcrcette  généalogie.  Ermengarde  de  Cuyck,  veuve  de  Thicry  de 
Hornes  donne  quittance  à  Otton  et  Gosuin  de  Marchin,  d'une  somme  de  240  marcs 
de  Cologne;  cAlc  dette  avait  été  contractée  envers  Herman  de  Cuyck  «  par  leur 
gra:id'mere  Cunegonde,  femme  de  Jean  de  Marchin,  par  Reynald  leur  père,  par 
Agnès  et  Bealrix,  leurs  tantes,  et  avait  été  hypothéquée  sur  la  terre  de  S.  Léonard 
et  la  foré,  de  Ciney.  Celle  charte  aurait  été  faite  en  pi ésence  des  fils  d'Erraengarde 
Thierry  comte  et  Herman  chanoine  ;  et  approuvée  par  André,  évèque  d  Utrechl  et 
père  d'Ermengarde. 


m 


AgMt\s (épousa  Hiunbt^rl  de  Lexhy,  chevalier  (llTi);  2^^  Alix,  religieuse  à 
Herckenrode  ;  5"Olton  qui  suit  ;  A"  Jean,  chanoine  de  Huy,  mort  à  Smyrne 
pendant  la  retraite  de  Tarmée  de  Conrard  111  ;  5"  Gosuin,  sii'e  de  S'  Léo- 
nard, épousa  Marguerite,  fille  de  Glieny  de  Fexhe. 

Ollon  de  Marclnu,  seigneur  de  Perche,  armé  chevalier  par  l'empereur 
CoiH'ard  III  en  la  ville  de  lerusaiem  (  Hi7),  épousa  Béaliix,  fille  de  Wil- 
leaumede  Hauîerive  (i)  et  de  Petronelle  du  Sart.  Ils  eurent  deux  dis: 
(iosuin  qui  suit  et  Rase  de  Marchin,  armé  chevalier  par  l'empereur  Fré- 
déric dans  son  voyage  en  Asie  contre  les  infidèles  (H90)  avec  Radulphe, 
évêque  de  Liège.  Salhray  (2)  ajoute  qu'il  accompagna  l'évêque  de  Liège, 
Henri  de  Leyen,  au  siège  de  Milan  jiar  l'empereur  Frédéric  (1164). 

Gosuin  de  Mnrchin  épousa  Jîarie  de  Frésin.  Ho  ce  mariage  naquirent  : 
1"  Agnès  qui  épousa  :  a)  Waleran  d'Argenteau  ;  b)  Thierry  de  Momelette  ; 
2"  Gosuin  qui  suit;  7/  Mahaut  et  Mechtilde,  religieuses  à  Herckenrode  ; 
•4"  Radoul,  seigneur  del  Vaux,  qui  épousa  Elisabeth,  fille  de  Jaccjucmait 
de  Froidcourt  (2  juillet  l^ôT);  îî"  Thierry,  seigneur  de  Perche  ,  épousa 
Elisabeth  de  Potiiers,  fille  de  Gérard,  sire  d'Anthines.  Ce  Thierry  eut 
deux  enfanis  :  Jean,  chevalier  (5)  et  Thomas,  seigneur  d'Anthines,  cheva- 
lier, (-|-  1209).  Thomas  eul  de  son  mariage  avec  Marie  de  Fexhe  :  a)  Thierry 
qui  vendit  presque  tous  ses  biens  cl  mourut  sans  hoirs  (1501);  b)  Corbeal 
marié  à  Marie  de  Fallux  et  tué  à  Liège  (  1310)  par  Jean  de  Los,  sire 
d'Agimont. 

Gosuin  de  Marchin  chevalier,  épousa  Marguerite  de  Walcouri,  fille  de 
Thierry  de  Walcourt  et  de  Rochefort,  général  des  Liégeois  à  la  bataille  de 
Steppes  (1215).  Leurs  enfants  furent  :  1"  Isabeau,  religieuse  à  Hochl  ; 
2"  Gosuin  qui  épousa  Elisabeth  de  Yisé,  fille  de  Gérard,  maréchal  de 
Liège;  3' Alix  mariée  à  Faslré  II  de  Bcrlo  (  testament  de  1281  )  4"  Ottard 
qui  suit;  5''  Marguerite  mariée  à  Godenoul  d'Elderen. 

Ottard  de  Marchin  qui  épousa  la  2"  fille  de  Rase  de  WaiTusée  et  de 


(')  Lu  Guillaume  de  H;iiUerive  osl  cilo  dans  une  ch;n'te  de  1 '127,  Carlulnire  de 
SI  Trond,  n"  XXXI. 

( -)  Miroir  des  nobles  de  llcsbaip  :  épitre  dédicntoire. 

;')  Un  Jean  de  M.ircliin  esl  ctUi  diuis  los  clmrtes  en  12;-18  et  t2;]o  :  chartes  de 
S'  Lambert,  n"  11(3. 


—  356  — 

Wai'oux  (i).  Ils  eurent  deux  enfants  :  Guillaume  qui  suit,  et  Marie  qui  se 
maria  à  Lambert  l>'hée,  ohevalier  au  villaiïe  d'Aelbeeck. 

(hiUkiumc  de Marcidn  :  (relief  1315),  épousa  Elisabeth  de  Warnant 
(ti'aité  de  lôi^S  .  Leurs  enfants  furent  :  Lambert,  Albert  et  Jean  qui  suif. 

Jean  de  Mnirhin,  chevalier  (reliefs  à  la  cour  féodale  de  1345-1584).  Il 
épousa  en  r^*  noces  Catherine  de  Selles  ;  en  2'^'"%  Isabeau  d'Odeur,  dite 
d'Elderen.  Les  enfants  du  second  lit  furent  :  1"  Jean,  chevalier  (relief" 
Juin  1591)  (^iqui,  en  épousant  Anne,  héritière  de  Bormenville  (1594), 
donna  naissance  à  la  branche  des  Marchin  de  Bormenville;  ïi"  Nicolas  qui 
suit  ;  5"  dans  la  V  partie,  Lefort  indique  un  5"  fils  Lambert,  tandis  que  dans 
laâ'"  partie,  il  nomme  une  fille  :  Alide  ou  Lorette  de  Marchin,  religieuse 
del  Beeck,  lez  S'  Trond  (-f  1416).  Lambert  I  de  Marchin,  dit  del  Vaux, 
aurait  eu  de  sa  femme,  Marie  Lamalle,  deux  enfants  :  Lambert  II  et  Nicolas 
dit  Colignon.  Lambert  H  aurait  épousé  Jeune  de  Potlier  et  aurait  eu  deux 
enfants  :  Renier,  dit  Renechon,  qui  épousa  Sente  Jorion  et  Jean,  mort 
sans  héritier.  Le  tableau  généalogique  inséré  dans  la  2^  partie  fait 
descendre  ce  même  Renechon,  non  pas  de  Lambert  qu'elle  ne  connaît  pas, 
mais  de  Nicolas,  le  S"  fils  de  Jean  de  .Marchin  (.-,). 

-V/fo/fts-,  (//■/  CoUfjmw  de  Marchin,  deuxième  fils  de  Jean  de  Marchin, 
épousa  Aëlide  de  .\Iodave,  dont  il  eut  deux  enfants  :  Renier  ou  Renchon 
qui  suit  et  Jean  chevalier  qui  épousa  Marguerite  de  ("elles  (litre  1440). 

Itenclioii  I  de  Marchin  releva  le  fief  de  Yerlée  en  1  i3o  et  fit  son  testa- 
ment en  143S.  Ilavaitépousé  Jeune  de  Poitiers  et  eut  5  enfants  :  Renchon 
II  qui  suit,  Colignon,  Marie,  Fulcon  ujorts  en  bas  âge,  et  .Marie  qui  devint 
la  femme  de  Gilesde  Xhoee  ou  le  descosu  (1458). 

Heuchon  II  de  Marchin,  écuyer,  échevin  de  Iluy,  épousa  Sente  Jorion 
des  Waiigny,  fille  de  Philipparl  Jorion  et  d'Ave  d'Ahin  (  li'aité  de  mariage 
15  juin  1457,  approuvé  par  les  échevins  de  Liège  28  juin  1457).  Il  releva 
le  8  octobre  1500  le  fief  de  Verlèe  (//).  Il  n'eut  qu'un  fils  : 


,*  ;  Henil'icourt.  iliiuir  dca  nobles  :  l'dition  Hruxellos,  p.  oti. 

(')  Cour  féodale,  reg.  43. 

{'-]  L'existenco  des  Lambert  de  Marchin,  dit  del  Vaux,  nous  est  démontrée  par 
le  regi.slre  aux  paies  du  chapitre  de  S'  Martin  ■1447.    Hteredes  Lamberli  Del  Vaux 
de  Marchin  videlicct  .lean  de  Ma.'chin,  oppidain  de  Huy. 
*)  Cour  féodale,  reg.  îio.  fui.  76. 


—  357  — 

CoUurd,  dit  Collynun  de  .l/a/x'/î/w,  écuyei',  uppidain  de  Hiiy.  Son  tiaité 
de  mariage  avec  .lenne  Collon  deVerlée  (fille  de  Henri  de  Bertrée,  seigneur 
à  Chanteraine  et  d'Eve  de  Verlée),  fui  approuvé  aux  échevins  de  Liège  le 
■15  avril  1507.  Ils  eurent  5  enfants  :  1"  Henri  de  Marchin,  dit  de  Marche, 
seigneur  à  Verlée,  qui  épousa  Jeune  de  Bande,  dite  de  Hodister  ;  2"  Benier 
([ui  suit;  5"  Sente  mariée  à  Jean  de  Favillon  ;  4"  Eve;  5"  Anne  qui  épousa 
Uobert  délie  Sarte.  Collard  de  Marchin  mourut  en  1321  ;  sa  veuve  se 
remaria  à  Jean  de  Berlo,  dit  Ottelet  de  Verlée;  fit  son  testameni  en  155i 
et  partagea  ses  biens  entre  ses  deux  fils,  le  25  janvier  1535. 

Renier  de  Marchin,  ccuyer,  seigneur  de  Chantraine,  épousa  Anne  de 
Bois  de  Nivelle  (fille  de  Jacques  et  d'Anne  de  Hervé).  Leur  contrat  de 
mariage,  du  28  décembre  1540,  fut  réalisé  à  la  cour  des  échevins  de 
Liège,  le  10  décembre  151  i.  Ils  eurent  8  enfants  :  1"  Nicolas  qui  suit  ; 
2"  Anne  qui  fut  abbesse  del  Beick  lez  S'  Trond  ;  5"  Jean  qui  épousa 
Marguerite  Kaie  de  Pelenge  ;  i  '  Henri  qui  se  mésallia  au  village  de  Ter- 
wagne;  5"  Benier  épousa  (1582)  Jcnnc  de  Tharoulle;  (i"  Jacques  seigneur 
del  Tour  à  Bassine  épousa  Berteline  de  Carpentier;  7°  Sente  qui  épousa 
Henri  Henro  del  Vaulx  (échevins  de  Liège,  20  décembre  1570)  ;  8«  Mar- 
guerite. Le  15  avril  1575,  Renier  fit  le  partage  de  ses  biens  entre  ses 
enfants. 

Mcolas  de  Marchin,  chevaliei',  seigneur  de  Chantraine,  voué  de  B:inielûl 
et  délie  Fosse,  épousa  :  aj  le  15. juillet  1363,  Marguerite  d'Orlay,  dite  de 
Linster  ou  Lincier  (fille  de  Jean  Claude  et  de  Marie  de  Grand  Han).  De 
ce  mariage  naquirent  :  1°  Lambert  écuyer,  seigneur  de  Ramezée  en  partie; 
2°  Jean  qui  suit  ;  5"  Maxiniilien  qui  fut  capitaine  d'harquebusiers  au 
service  du  roi  dEspagne  et  fut  lue  à  la  bataille  de  Nieuport  ;  -i"  Renier 
qui  fut  religieux  à  S'  Remy  ;  5"  Philippe  qui  devint  lieutenant-capitaine 
delà  garde  du  comte  Palatin  du  Rhin,  maître  de  camp  en  Silésie,  elc.  ; 
G"  Guillaume  de  Marchin  épousa  de  Jodenville,  dame  de  la  vouerie  de 
Neufchàieau  ;  7"  Jeune  épousa  Arnould  de  Hemricourt  ;  8"  Anne  morte 
novice  à  la  Beeck,  plus  trois  enfants  morts  en  bas  âge.  Marguerite  d'Orlay 
mourut  en  1506.  Nicolas  se  remaria  à  Murie  Lomswiller  et  mourut  le  li 
juillet  1621. 

Jean  de  Marchin,  chevalier,  seigneur  de  Modave,voué  del  Fosse,  lieute- 
nant-capitaine et  gouverneur  du  châleau  de  Huy,  eut  de  sa  première 


—  358  — 

femme,  Jeanne  de  la  Vaiilx  Renard  (lillede  Jean  et  d'Elisabeth  de  Jagmart) 
un  seul  Mis  qui  suit.  Elle  moniut  le  17  novembre  1615.  Jean  épousa  en 
deux  noces  Marguerite  Rave,  dont  il  eut  cinq  enfants;  il  mourut  le  5  juin 
1652  et  fut  enterré  à  Modave. 

Jcati  (iaspar  Ferdinand  de  Marchin  épousa,  le  28  mai  1651,  Marie  de 
Balsac,  tille  de  Henri  de  Balsac  et  de  Louise  Lhuillier  de  Roulencourt.  11 
mourut  le  21  août  1675;  Marie  de  Balsac  trépassa  le  9  novembre  1691. 
Leurs  enfants  Ferdinand  de  Marchin  et  Louise  Henriette  Agnès  de  Marchin 
mouruieiU  sans  avoir  été  mariés. 


LETTRE  DE  CHARLES  VAN  HULTHEM 

SUR 

LES     ANCIENNES    TAPISSERIES, 

ADRESSEE 
J%U   duc:    BE:RXi%RD    nE    SA.XE«AVEIMAR^ 

SUIVIE 

D'UN   310T   RELATIF   AUX   TAPISSERIES  DE  CUIR  DORÉ 

A     1. 1  É  G  E. 


Le  célèbre  bibliophile  Charles  van  Hulthem  est  trop  connu 
dans  le  monde  scientitique  et  littéraire  pour  qu'il  soil  besoin  de 
redire  encore  son  éloge  (  ')•  H  est  de  ceux  dont  la  mémoire  ne 
saurait  périr  et  qui  recevront  un  hommage  constant  des  géné- 
rations éclairées. 

Autre  chose  sera  de  publier  un  de  ses  rares  écrits  resté  dans 
l'oubli  jusqu'à  ce  jour.  Nous  voulons  parler  d'une  lettre  de 
van  Hulthem  sur  les  anciennes  tapisseries  ,  envoyée  au  duc 
Rernard  de  Saxe-Weimar  {-),  qui  lui  avait  adressé  la  missive 
suivante  • 


')  Voir  entre  autres  :  Uibliotheca  HuUhtiniuna,  t.  I,  ?iotke,  oii  sont  citées  eu 
outre  ses  diverses  biographies. 

:2)  Fils  du  duc  de  Saxe-Weimar, connu  corame  protecteur  des.  arts  et  dos  lettres, 
et  oncle  du  duc  régnant  actuel  qui  les  cultive  en  connaisseur  judicieux. 

Le  duc  Chs  Bernard  de  Saxe-Weimar,  né  le  30  mai  1792  et  décédé  le  31  juilltt 
1862,  avait  épousé,  le  30  mai  1816,  Ida,  fille  de  feu  Georges  duc  de  Saxe  >'einingen. 
née  le  23  .juin  1792  et  décédée  le  4  avril  -1802.  Le  duc  Ch*  Bernard  résida  à  Gand 
jusqu'en  ISiiO,  en  qualité  de  commandant  militaire  de  la  Flandre-Orientale.  Il  de- 
meurait rue  Neuve-Sl-Pierre,  dans  l'hôtel  occupé  aujouid'hui  par  M.  Dclcbecque. 


i60 


(c  Monsieur, 


»Je  s;iis  que  vous  aimez  h  permetli'oaux  laïques  de  puiser  de 
tems  à  autre  au  puits  de  votre  érudition  —  oserais-je  vous  en 
demander  une  goutte  ?  Dans  différens  eliàteaux  de  l'Allemagne, 
entre  autres  à  Weimar,  se  trouvent  d'anciennes  tapisseries  en 
haute-lisse,  labriquées  ii  Bruxelles.  A  quelle  époque  existait 
cette  manufacture,  connait-on  les  noms  des  artistes  qui  en  des- 
sinaient les  cartons  et  trouverait-on  encore  de  ces  cartons  à 
Bruxelles  ?  Les  tapisseries  qui  se  li'ouvenl  à  Weimar  repré- 
sentent les  quatre  saisons  ainsi  que  l'histoire  de  Persée,  faites 
d'après  des  bons  dessins. 

Agréez,  Monsieur,  l'assurance  de  ma  parfaite  considération. 

(Signé)  BERNARD  Duc  de  Saxe- Weimar.  » 
Gand,  ce  MO  mars  18-28. 

Siiperscriplion  : 

A  Monsieur 

Monsieur  VAN  HULTHEM, 

Membre  des  Élats-gt'néraux. 

E/V 
Le  Duc  Bernard  de  Saxe-Weimar  (  i  i. 

Voici  comment  van  Hulthem  y  répondit  : 

A  M.  le  Duc  de  Saxe-Weimar. 
A  Gand. 

Gand  le  31  mars  1828. 

«  Monseigneur, 

M  J'di  reçu  hier  au  soir  la  lettre  que  vous  m'avez  fait  rijonneur 
de  m'écrire,  et  dans  laquelle  vous  me  demandez  à  quelle 
époque  existoit  la  fabrique  des  tapisseries  de  Bruxelles  ;  si  on 
connoit  le  nom  des  artistes  qui  en  dessinoient  les  cartons,  et  si 
on  trouve  encore  de  ces  cartons  à  Bruxelles  ?  Je  m'empresse  à 
vous  transmettre  ma  i  éponce  à  ces  trois  questions. 

»II  est  probable  t\\u;  les  Flamands  et  lesBrabani.'ons  qui  dans 

('  )  Autograplic  muni  du  caclict  e^Iuc^l^e,  aux  armes  du  duc,  en  cire  rouf."?. 


361 


le  12''  et  IS*^  siècles  se  fciidoient  aux  croisades  avec  leurs 
comtes  ei.  leurs  ducs  eu  passant  par  la  Grèce  et  surtout  par 
Constaulinople,  apprirent  l'art  de  taire  des  tapisseries,  où  cette 
manufacture  quoique  décline,  avoit  toujours  subsisté.  De  retour 
dans  leur  patrie,  ils  tirent  successivement  plusieurs  établisse- 
mens  de  cette  nature  à  Arras  qui  jusqu'au  comte  Philippe 
d'Alsace  (vers  1190),  étoit  la  ca()ilaledo  la  Flandre, — à  Bruges, 
à  Gaud,  Alost,  Audenaerde,  Anvers,  Bruxelles,  Tournai,  Har- 
lem etc.  Ces  tapisseries  étoient  d'abord  à  compartimens,  avec 
des  ornemens  de  tleurs  et  des  espèces  d'arabesque  comme  j'en 
ai  vu  en  1791,  à  l'ancien  garde  meuble  des  rois  de  France  à 
Paris  ;  mais  lorsque  l'art  avoit  fait  des  progrès,  on  y  lit  entrer 
des  tignres,  des  paysages,  des  tableaux  liistoriés.  Les  premières 
productions  de  ce  genre  qui  furent  transportées  en  Italie, 
vinivnt  d'Arras,  et  c'est  pour  cette  raison  qu'on  les  y  appelloit 
Arazzi,  nom  que  les  tapisseries  y  ont  conservé  jusqu'au- 
jourd'hui. 

«Arazzo,  dit  le  Dictionnaire  \lA\\end\'\lberti,  Marseille  4796,2 
V.  in-4°,  Paiiiio  tessuîo  a  figure,  per  usa  di  parât  e,  e  addobbare, 
delta  cosi  dal  farsi  principalmenie  ticlla  citta  d'Arazzo. 

«  L'art  de  la  tapisserie  lit  de  grands  progrès  sousPhilippe-le- 
Bon,  Charlcs-le-Haidi,  i\laximilien  et  Charles-Quint.  Ce  fut 
alors  que  le  Pape  Léon  X,  tit  faire  dans  les  Pays-Bas,  d'après  les 
carions  de  Raphaël,  les  tapisseries  que  l'on  voit  encore  à  cer- 
laines  fêtes,  dans  l'église  de  iS'-Pierre  de  Rome,  pour  lesquelles 
il  fit  une  dépence,  h  ce  que  dit  Paul  Jove,  dans  la  vie  de  ce  pape, 
de  50,000  pièces  d'or,  somme  énorme  pour  ce  temps.  Bernard 
van  Oi'ley,  peintre  de  Bruxelles  et  élève  de  Raphaël,  en  surveilla 
l'exécution.  Van  Orley,  lit  également  un  grand  nondjre  de  car- 
tons poui-  Charles-Quint,  Marguerite  d'Autriche,  le  prince  de 
Nassau  ei  d'autres  princes.  Pierre  Coeck,  d'Alosi,  élève  de  Van 
Orley,  peintre  et  architecte,  travailla  dans  le  même  genre,  il  fut 
envoyé  par  la  maison  des  marchands  de  tapisseries  de  Bru- 
xelles, Van  dcr  Moyen,  à  Constantinople  pour  faire  des  tapis- 
series pour  le  grand  Seigneur,  mais  comme  les  sectateurs  de 
Mahomet  ne  souffrent  point  la  représentation  d'hommes,  ni 
d'animaux,  Coek  après  une  année  d'attente, revint  de  Constanti- 
nople, sans  avoir  obieiui  aucune  commission. 

»  On  trouve  encore  7  cartons  de  Rapîiaël  au  palais  Humpton- 
court  en  Angleterre  que  Charles  I  avoit  fait  acheter  dans  les 
]*ays-Bas.  J'ai  vu  h  Paris  en  1799,  10  grands  cartons  coloriés 
de  Jules  Piomain,  qu'un  amateur  de  Bruxelles  y  avoit  portés 
pour  les  vendre. 

»  Tous  les  peintres  d'histoire,  de  paysages  et  d'animaux  tra- 


362 


vailloieiU  pour  ces  manufactures  de  tapisseries,  Rubens  lui- 
même  tit  plusieurs  de  ces  cartons,  qui  ont  été  exécutés  dans  la 
maiiut'ncture  d'Anvers.  L'évèque  de  Gand,  Antoine  Triest,  en 
possedoit  dans  son  cabinet  un  grand  nombre,  quelques-uns 
passèrent  depuis  dans  la  collection  des  dessins  de  M.  Crozat, 
à  Paris,  dont  on  peut  voir  la  description  que  Mariette  en  a  faite 
en  17il,  dans  un  volume  in-8" 

«  Les  quatre  grands  tableaux  de  Rubens,  représentant  le 
triompbe  de  l'église,  ont  été  plus  d'une  fois  exécutés  en  tapis- 
series, il  est  probable  que  les  copies  qui  étoient  autrefois  dans 
l'église  des  carmes  déscbausscs  à  Bruxelles,  et  celles  que  l'on 
voit  encore  dans  l'église  de  S'-Pierre  ci  Gand,  ont  servi  de 
patrons  pour  ces  tapisseries.  Les  tableaux  originaux  delà  main 
de  Rubens,  ont  été  brûlés  à  l'incendie  de  l'ancienne  cour  de 
Bruxelles,  en  1731. 

»  Les  6  grandes  tapisseries  que  l'on  voit  tous  les  ans  au  mois 
de  juillet,  dans  le  chœur  de  S^'-Gudule,  à  Bruxelles,  ont  été 
exécutées  en  1783,  d'apî'es  les  cartons  du  peintre  d'Haese,  dans 
la  manufacture  de  M.  Van  der  Borgl,  que  j'ai  visitée  la  même 
année,  au  mois  de  juillet. 

w  Si  on  ne  parle  ordinairement  que  des  tapisseries  d'Aude- 
naerde  et  de  celles  de  Bruxelles,  c'est  que  leurs  fabriques  ont 
existé  plus  longtems  que  celles  des  autres  villes,  savoir  les 
premières  jusque  vers  1750,  et  les  dernières  jusqu'ù  l'invasion 
des  troupes  irançaises  en  1792.  —  ,1'ignore  si  on  trouve  encore 
des  cartons  dans  les  ancieinies  fabriques  de  Bruxelles. 

«Quant  aux  tapisseries  qui  se  ti'ouvent  au  cbàteau  deWeimar, 
on  peut  juger  de  leur  ancienneté  en  les  voyant  ;  car  chaque 
tableau  et  chaque  tapisserie  porte  le  caractère  de  son  auteur  et 
de  son  siècle. 

«  J'espère,  Monseigneur,  que  ceci  suffira  pour  satislcure  aux 
demandes  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  me  faire. 

»  Je  vous  prie  de  vouloir  bien  agréer  mes  respectueuses  salu- 
tations. 

»  P.  S.  Je  vous  prie  de  ne  pas  laisser  circuler  cette  lettre, 
encore  moins  d'en  laisser  prendre  des  copies  ou  de  la  faire 
imprimer  (  '  ).  » 

On  le  voit,  la  lettre  de  van  Hulthem  est  marquée  au  coin  de 
cette  érudition  profonde  qui  le  distinguait  cl  la  célérité  avec 
laquelle  il  sut  transmetli-e  sa  savante  réponse  est  une  preuve 
nouvelle  de  sa  prodigieuse  mémoire. 

(  * .  Minute  orii^inaîe  de  ia  inaiu  de  van  Hullhuni. 


—  363  — 

Aujourd'hui  que  nous  possédons  les  précieux  travaux  de  MM. 
deLaboi'de,  Lacordaire,  Rahlenbeck,  Houdmy,  Pinchart  etc.,  il 
serait  aisé  de  donner,  en  peu  de  temps,  un  aperçu  complet  sur 
les  anciennes  tapisseries,  mais  van  Hulthem  n'avait  ;i  sa  dispo- 
sition aucun  ouvrage  spécial  de  ce  genre  ;  il  lui  fallait  fureter 
entre  les  lignes  de  maints  et  maints  volumes,  consulter  ses 
notes,  invoquer  ses  souvenirs  Et  cependant  sa  lettre,  comme 
nous  venons  de  le  voir,  est  datée  du  31  mars  1828,  c'est-à- 
dire  du  lendemain  de  la  réception  de  celle  du  duc  Bernard  de 
Saxe-Wcimar. 

Le  post-scrlptum  qui  termine  son  écrit  —  empreint  d'un  bout 
k  l'autre  d'une  noble  modestie  —  semble  coidirmer  l'opinion  de 
M.  A.  Voisin  lorsqu'il  dit  :  «  On  a  longtems  cru,  que  M.  van 
»  Hulthem  éprouvait  une  grande  répugnance  à  écrire  .  c'est, 
»  pensons-nous,  une  erreur  :  il  n'éprouvait  de  répugnance  qu'à 
»  faire  imprimer  et  publier  (*).  » 

Maintenant  que  plus  de  quarante  années  ont  passé  sur  sa 
tombe  ("'),  nous  avons  cru  pouvoir  enfreindre  la  volonté  de 
l'illustre  bibliophile,  en  mettant  au  jour  ce  document  que  le 
hasard  a  fait  tomber  entre  nos  mains.  Lui-n^ême  le  conserva 
religieusement,  sa  vie  durant,  avec  l'autographe  auguste  qu'il 
avait  reçu. 

AUn  d'en  justifier  l'insertion  dans  les  Bulletins  de  l'Institut 
archéologique  liégeois  —  quoique,  à  notre  avis,  par  l'immense 
variété  de  sa  riche  bibliothèque,  van  Hulthem  appartienne  à 
tous  les  pays  -—  nous  faisons  suivre  ici  un  mot  touchant  les 
tapisseries  de  cuir  doré,  à  Liège. 

Il  n'existe,  que  nous  sachions,  point  de  renseignement  précis 
sur  l'époque  oi^i  l'on  inventa  le  genre  de  tapisserie  désigné 
communément  sous  le  nom  de  cuir  d'Espagne  ou  de  Cordoue. 
Nos  auteurs  ne  font  que  répéter  les  écrivains  français,  qui  se 
bornent  à  dire  qu'il  fut  introduit  en  France  par  des  marchands 

(  '  '  ïïihlintheca  Hidthemiana,  l    I,  Xottee,  p.  XLVH[. 
'  -    Chacici  van  Hulthem  doccda  le  16  décembre  i8oi2. 


36^ 


espagnols  et  flamands.  Nous  ferons  toutefois  remarquer  que  le 
cuir  doré  tel  qu'il  se  fabriquait  en  Flaudre,  diffère  essentielle- 
mentdu  cuir  doré  d'Espagne,  malgré  sou  qualificatif  de  spnoiscli 
leer. 

On  commença,  paraît-il,  à  fabriquer  le  cuir  doré  en  Flandre 
dans  la  première  moitié  du  Ifi*"  siècle.  En  effet,  les  plus  anciens 
spécimens  connus  de  Flandre  ont  tous  les  caractères  de  la  re- 
naissance, qui  à  cette  époque  se  développa  généralement  en 
Belgique.  L'or  du  nouveau  monde  était  venu  d'ailleurs  se  pro- 
diguer aux  meubles  et  aux  babillements,  luxe  qui  s'adapiait 
parfaitement  aux  ornements  de  ce  style. 

Dans  le  pays  de  Liège,  la  fabrication  du  cuir  doré  ne  .s'intro- 
duisit que  beaucoup  plus  tard  ,  car  d'après  la  concession,  dont 
nous  reproduisons  le  texte  ci-api'ès,  il  nous  est  permis  de  sup- 
poser que  ce  fut  Noël  Barazet,  un  milanais,  qui  le  premier  vint 
établir  à  Liège  une  manufacture  de  ce  genre,  en  1614. 

Par  privilège,  daté  du  46  avril  de  cette  année,  Ferdinand  de 
Bavière  lui  accorda,  à  l'exclusion  de  tout  autre,  l'autorisation 
de  fabriquer  et  de  vendre  le  cuir  doré  tant  dans  la  cité  que 
dans  tout  le  pays  de  Liège.  Par  contre,  Noël  Harazet  était  tenu 
de  «  reilluminer,  reparer  et  racommoder  a  ses  fraix  et  cous- 
tanges  »,  les  tapisseries  du  prince-évêque  et  celles  de  son 
palais,  cbaque  fois  qu'il  plairait  ;i  Son  Altesse. 

Deux  copies  de  cette  concession,  que  nous  croyons  médite, 
se  trouvent  inséi'ées  parmi  les  dépêches  du  Conseil  privé,  aux 
archives  de  l'État  à  Liège.  Les  deux  textes  ne  présentant  aucun 
changement  notable ,  nous  nuus  bornerons  h  pidjlier  la  pre- 
mière eo[»ie,  en  indiquant  en  note  les  variations  que  fournit  la 
seconde. 

«Ferdinand  a  loussalu!.  Scavoir  fai.sons,  que  de  la  part  Noël 
Barazet  Millanois  et  M"""  Tapecier  en  cuire  doré  nous  at  esté 
remonstré,  comment  (  ')  il  se  seroit  transporté  en  iiostre  cité  de 

{  '  i   Le  retond  texte  dit  :  que  uniquement. 


—  36o  ~ 

Liège  et  illecques  a  grands  fraix  acquis  la  bourgeoisie  et  mes- 
tier  des  Tapecier,  pour  y  exercer  son  art  et  nous  servir  et 
accommoder  noz  suiectz  de  ladite  Tapecerie, suppliant  treslium- 
blement  quil  nous  plaise  luy  accorder  benignement  faculté  et 
previlegede  pouvoir  luy  seuf  faire  et  distribuer  en  noslre  cité  et 
pays  de  Liège  ladite  Tapecerie.  Par  ce  est  il  que  nous  condes- 
ceiidans  favorablement  a  la  demande  du  suppliant  luy  avons  de 
nostre  authoriié  piincipale  donné  et  octroyé,  comme  par  cestes 
luy  donnons  et  octroyons  pouvoir  et  faculté  de  pouvoir  luy  seul 
faire  toute  sorte  de  Tapecerie  de  cuiure  (*)  doré,  la  vendre  et 
distribuer  en  noz  cité,  villes  et  pays  de  Liège  ou  mieux  lui 
semblera  mesmes  quil  pouroit  avoir  l'inspection  et  prendre 
regard  à  tous  autres  qui  se  voudront  mesler  de  ceste  mar- 
chandise, si  telles  tapecerits  sont  bons  et  lealz,  a  charge  que 
ledit  Noël  Barazet  serat  tenu  tout  et  quantefois  quil  nous  plaira 
et  besoing  sera  reilluminer, reparer  et  raccommoder  noz  Tapis 
de  cuiure  (-)  doré  et  ceux  de  nostre  Palaix  a  ses(^)  fraix  et  cous- 
langes,  taisant  defence  a  tous  autres  de  nen  faire  pour  les 
vendre,  ny  distribuer  en  nosd''  cite,  villes  et  pays,  sans  le  sceu 
et  aveu  dudit  Barazet,  soubz  peine  de  confiscation  et  amende 
arbitraire.  Sy  mandons  et  commandons  à  noz  Grand  Mayeur  de 
Liège  ses  substituez  et  autres  !!oz  officiers  justiciers  et  suieclz 
de  laisser  librement  et  paisiblemeni  jouyr  et  user  du  présent 
nostre  privilège  et  concession  ledit  Barazet,  sans  luy  faire  ny 
souffrir  estre  fait  aucun  trouble  ou  em[)echement  au  contraire, 
car  telle  est  nostre  sérieuse  voloiue.  Donné  soubz  noz  nom  etc. 
le  2G  d'Avril  16l4  (*).  « 


Si  ce  fut  un  Milanais  qui  dota  Liège  de  la  première  manufac- 
ture de  tapisseries  de  cuir  doré,  nous  trouvons  d'autre  part, 
quelques  années  auparavant ,  un  maître  tapissier  liégeois  , 
Domitien  de  Chocquier,  acquérir  du  renom  en  Ilalie  et  en 
Espagne  où  il  fut  attaché  comme  tapissier  au  service  de 
Philippe  n.  C'est  ce  que  nou<^  appremJ  l'extrait  suivant  tiré  des 
lettres  cerlificaloires  délivrées  le  P  juin  lo96  par  les  maïeui- 
et  échevins  de  la  Haute-Cour  et  pays  de  Liège. 

(  *  )   Le  second  texte  porte  :  cuir. 
(i)        Id.  id.  id. 

{' ]         Id.  \A.  le  mot  tes  est  omis. 

(*  )  Conseil  privé,  dépêches,  lfi09-16lS,  Reg.  ii.  3t,  fol.  l'^S  r°.,  au.^c  archives  de 
l'Etal,  a  Liège. 


—  366  — 

«  Scavoir  faisons  que  pardevant  nous  est  comparue  honeste 
Christienne  de  Chooquier  relicte  de  feu  Basiian  Libotte  nous 
remonstrant  que  pieca  elle  auioit  heu  ung  frère  appelle  Domi- 
tian  de  Choc(|uiei',  natif  de  ceste  cite  de  Liège  lequel  passe 
quaranles  ans  et  davanlaige  (M  seroit  sorly  du  pays  et  aiant 
depuis  demeure  tant  en  Italie  qu'au  service  de  saMa^'catholicque 
en  Espaigne  laquele  elle  auroit  servy  par  l'espace  de  vingts  ans 
en  qualité  de  m'"  tapissier  auquel  service  mesme  il  seroit 
mort  depuis  deux  ans  enca  au  lieu  de  Madrid,  requérante  pource 
que  pour  s'en  servir  en  temps  et  lieux  oporluns  nous  luy 
voiussions  donner  noz  lettres  d'attestation  et  certifïication  du 
parenlaige  dicelle  avec  ledit  Domitian.  A  laquelle,  etc.  (-).  » 

La  reproduction  de  ces  documents  fera  plaisir,  espérons-nous, 
à  ceux  qui  s'intéressent  à  l'histoire  de  l'archéologie  et  en 
particulier  à  celle  de  Liège. 

Depuis  quelques  années,  le  goût  pour  les  tapisseries  de  cuir 
doré  nous  est  revenu,  et  si  la  fabrication  moderne  n'a  pas 
la  richesse  éclatante  et  le  caractère  artistique  de  celle  des 
siècles  passés,  l'imitation  ne  manque  pas  de  charme ("). 

D.    VAX    DE    CaSTEELE, 

Conservateur-adjoint  aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 

')  Plus  loin  il  ëil  dit  que  Doiriilien  de  Clioc<iuier  devait  tMre  âgé  de  plus  de 
60  ans. 

f ')  Grand  grcIVe  des  échevins,  records  et  atteslîitions.  1587- 1597. Reg.  A  n"t>79, 
f"  190.  aux  archives  de  l'État,  à  Liège. 

■')  Puisque  nous  nous  occupons  des  tapisseries,  notons  iiù  que  Pierre-François 
de  Rorive,  jurisconsulte  et  l'un  des  greffiers  de  la  chambre  ('chevinale,  reçut  jivec 
Pierre  Dormal,  le  8  aoijt  1750,  un  octroi  exclusif,  pour  un  terme  de  trente  ans,  afin 
d'élablir  à  Liège  une  manufacture  de  tapisseries,  dites  de  Bavière  [  a  ]. 

Enfin  le  16  novembre  1778,  François-Charles  de  Velbruck  accorda  a  Bourcart 
Eysemloftel,  allemand  d'origine,  le  privilège,  après  prise  de  bourgeoisie,  de  pouvoir, 
pendant  l'espace  de  douze  années  consécutives,  fabriquer  et  vendre,  à  l'exclusion 
de  tout  autre  étranger ,  les  papiers  veloutés  et  autres,  imitant  ceux  des  Indes  {b). 
Déjà  au  3  février  17i9,  l'italien  Jean-Baptiste  Riario  avait  obtenu  une  concession 
de  trente  ans  pour  rétablissement  d'une  manufacture  de  toiles  peintes  ou  indiennes, 
appelées  aussi  toiles  d'Angleterre  c). 

{it)  Consuil  l'iiv  :,  il;.|.:Mlie,-,  I7ia-:M,  Hcg.  K.  ,ïO,  f"  I.Ti  \-\  uux  anlini;;  do  l'iltHt  à  Liolo. 
[h)  !l,iHoiii,  mS-87,  11.!^.  K.  62,  f"  .ïô,  ihivlcm. 
jc)  Iludïm,  ni-ï  .'i'I,  Hcg.  K.  o9,  f»  9;!  v,  ilndoiii. 


I 


NOTICE 


SUR 


L'KGLISE  PRIMAIRE  DE  S^-BARTHELEMI 


A     l^lltùGE, 


Dès  leX^  siècle,  il  ne  restait  plus  debout,  dans  nos  contrées, 
qu'un  petit  nombre  d'édifices  datant  de  l'époque  mérovingienne. 
Les  incursions  des  Normands,  l'anarchie  qui  suivit  la  chute  des 
Carolingiens,  d'autres  causes  encore  contribuèrent,  plus  que 
l'action  du  temps,  à  couvrir  le  pays  de  ruines,  et  ce  ne  fut 
guère  qu'à  pai'tir  de  l'avènement  au  trône  impérial  du  second 
Charlemagne,  Othon-le-Grand,  que  les  architectes  eurent  fré- 
quemment l'occasion  de  remettre  la  main  à  l'œuvre.  Mais  la 
réaction  qui  se  produisit  alors,  notamment  dans  la  principauté 
de  Liège,  fut  rapide  et  considérable  ;  elle  prit  des  proportions 
plus  fortes  encore  dans  l'âge  suivant,  lorsqu'on  fut  débarrassé 
des  craintes  qu'avait  inspirées  l'approche  de  l'an  1000.  Elle  se 
répandit  presque  simultanément  dans  toute  l'Europe  occidentale  ; 
elle  nous  intéresse  en  particulier,  par  le  fait  que  la  Belgique 
possède,  relativement  à  d'autres  territoires,  une  riche  variété 
de  monuments  des  XP  et  XIP  siècles. 

Guillaume  de  Malmesbury  (  '  )  nous  apprend  qu'on  vit,  dans  le 
cours  de  cette  période,  cf  s'élever  de  tous  côtés  des  églises  et 
des  monastères  dans  un  nouveau  style  d'architecture.   »  Que 

{')  De  regibus  Atigliœ,  1.  UI,  p.  402   [Coll.  aiujl.  script.). 


368 


signitieiil  ces  derniers  mois?  Il  s'agit  évidemment  de  la  renais- 
sance romane,  qui  repose  sur  les  deux  principes  suivants  :  per- 
fectionnement de  l'ancienne  architecture  chrétienne  des  peuples 
ijermnniques;  imitation  directe  du  style  byzantin. 

L'architecture  romane  atteignit  graduellement,  dans  nos 
régions,  une  i)erfection  remarquable  ;  elle  s'éleva  par  ses  pro- 
portions, entre  autres  par  l'ampleur  qu'elle  donna  au  chœur  des 
églises,  jusqu'au  grandiose;  elle  brilla  par  la  splendeur  et  par 
l'élégance  de  son  ornementation;  mais  ces  progrès  ne  se  réali- 
sèrent pas  en  un  jour. 

Au  X^  siècle,  de  mémequ'h  l'époque  antérieure,  on  construisait 
encore  les  églises  assez  peu  solidement  :  le  clayonnaye  y  jouait 
un  grand  rôle.  Au  début  de  la  renaissance  romane,  on  courut  au 
plus  pressé  :  il  fallait  avant  tout  se  garantir  contre  l'intempérie 
des  saisons  ;  tout  fut  sacrifié  h  la  solidité.  On  employa  beaucoup 
la  pierre;  les  plafonds  de  bois  tirent  place  à  des  voûtes.  Les 
ornements  ne  furent  prodigués  que  plus  tard  :  les  édilices 
romans  de  la  première  période  se  distinguent,  sous  ce  rapport, 
par  leur  simplicité,  leur  sobriété  sévère. 

Il  serait  fort  instructif  d'étudier,  dans  celles  de  nos  églises 
qui  appartiennent  en  tout  ou  en  partie  au  style  roman,  par 
exemple  à  S.  Jean  évangéliste,  à  S.  Denis,  à  S.  Barthélemi,  à 
S.  Jacques  et  à  S'*'  Croix  de  Liège,  pour  ne  point  parler  de  l'ad- 
mirable cathédrale  de  Tournay,  les  transformations  successives 
que  subit  l'art  architectural,  lorsqu'il  fut  devenu  impossible 
de  conserver  les  anciens  types  et  de  rester  tidèle  aux  anciennes 
règles;  on  poursuivrait  très-utilement  ces  recherches  jusqu'à 
l'apparition  du  style  dit  de  transition,  que  nous  rencontrons, 
entr'autres,  à  la  contre-abside  de  S'"  Ca'oix. 

Nous  ne  nous  occuperons,  pour  le  moment,  que  de  Véglise 
primaire  de  À''.  Barthélemi,  nous  réservant  de  consacrer  ulté- 
rieurement de  courtes  notices  à  d'autres  monuments  de  la  même 
période. 


EGLISE  PRIMAIRE  DE   S^-BARTHELEMI 


FOTVOATIO]^- 

S,  Barthélemi  appartieiil  à  la  deuxième  époque  romane.  Sa 
fondation  remonte  au  règne  de  levêque  Balderic  II,  le  même 
qui  érigea  l'église  et  le  monastère  de  S.  Jacques.  Balderic  pro- 
digua ses  bienfaits  à  nos  institutions  religieuses;  on  ne  cilerait 
peut-être  pas,  à  Liège,  une  église  ou  un  cloître  qui  ne  lui  ait  été 
redevable,  soit  de  quelques  donations  en  terres,  soit  de  quelques 
dîmes. 

En  dehors  de  l'ancienne  enceinte  de  la  cité,  derrière  la  porte 
de  S'-Georges,  il  existait  une  chapelle  dédiée  h  S'-Servais,  dans 
laquelle  reposaient  les  corps  de  deux  serviteurs  de  Dieu,  Quirin, 
noble  reclus  issu  du  sang  de  France,  et  S'-Ulbert,  martyr. 
Godescnlc  de  Morialmé,  prévôt  de  S'-Lambert,  qui  était  animé 
d'unegiandedévotion  envers  les  douze  apôtres, eten  [larticulier 
envers  S'-Barthélemi,  fit  construire  à  ses  frais, eu  remplacement 
de  l'ancienne  chapelle,  une  église  en  l'honneur  de  ce  Saint.  Il 
'enrichit  de  ses  alleux  ,  patrimoine  présomptif  des  Francs- 
Saliens  et  des  seigneurs  qui  descendaient  de  cette  nation  et  qui 
habitaient  nos  provinces.  Son  but  était  de  pourvoir  à  l'entretien 
dei2prébendiers  ou  chanoines,  pratiquant  la  règlede  laviecom- 
mune.  Ces  biens  se  composaient  des  alleux  de  Lincent,  de  Jaiif'f 
et  de  Flirreis,  auxquels  Balderic  et  Wolbodon  ajoutèrent  ceux  de 
Butines,  (ï Alla  e\  ûe  Nahpies.  Hézélon  ('),  évêque  (Tolensis), 

•)  Im entait e  des  Chartres  dtt  chapitre  de  S^- Lambert  pnv  i. -G.  SCHûONBROODT. 
—  Le  chapitre  de  S'  Lambert  par  J.  DE  Thelx,  t.  I,  pp.  44  et  o2  à  la  fin.  —  Cha- 
PEAUVILLE,  t.  l.p.  !2!T.— FiSEN,  hisi.,  t  I,  p.  !o8.—  Opéra  diplomatica,  MlR^us, 
l.  II,  p.  809. 


—  ;^70  ~ 

neveu  de  Godescalc,  y  ajouta  celui  de  Dusalon,  pour  augmenter 
le  nombre  primitif  de  cinq  nouvelles  prébendes.  Entin  pour 
compléter  le  nombre  de  20  chanoines,  l'évéque  Reginard  eu 
ajouta,  en  1031,  trois  autres  et  donna  pour  la  i  rébende  jour- 
nalière sept  manou's  et  demi  avec  l'église  mère  ei  son  douaire, 
près  de  Limont,  et  certaines  dîmes  ou  novales  à  Janibiiiel , 
relevant  de  la  mense  épiscopale. 

Mirseus  (  ')  rapporte  en  outre  que  le  chapitre  deS^-Barthélemi 
était  le  patron  de  l'église  de  JSeldradc  et  en  possédait  la  dime, 
que  l'évéque  Liège  s'était  réservée,  en  1030,  parmi  les  biens 
injustement  détenus  par  le  couvent  de  S.  Bavon  à  Gand. 

Le  même  auteur  cite  encore  un  autre  diplôme  de  1044  (-),  par 
lequel  l'évéque  Wazon  fonda  dix  nouvelles  prébendes.  Wazon, 
par  l'entremise  du  comte  de  Gozilon,  avoué  de  S^-Barthélemi, 
donne  «  à  icelle  certaines  petites  possessions  acquises  par  ses 
prédécesseurs  et  laissées  à  son  droit  ou  données  par  des  hommes 
libres  pour  le  rachat  de  leurs  forfaits,  de  même  que  d'autres  enga- 
gères,  dont  il  avait  le  plein  domain ,  à  Teffet  d'augmenter  de  dix 
nouveaux  frères  lecorpsde  vingtantres  déjà  foiidés  àS^-Barthélenii, 
faubourg  de  Liège,  pour  y  remplir  les  offices  ecclésiastiques.  »  Ces 
alleux  (■')  étaient  ceux  de  Bèce,  Dormael,  Rotelaers,  Villers. 
Bosoux  avec  le  passage  du  pont  ;  les  églises  de  Wesemal,  Villers 
aux  teitres,  Arcliennes  et  Barouwiez,  en  tout  ou  en  partie. 

Wazon  transfère  en  outre  h  la  même  église,  en  4046,  l'alleu, 
l'église  et  le  comté  du  Cange  pour  subvenir  au  bien-être  des 
dix  nouveaux  chanoines. 

Enfin  il  lui  donne  tous  ses  biens  situés  près  (•*)  d'/Z^r/aus, 
Tavers  et  llaimelines,  Véglise  de  Marche  et  ses  possessions  à  la 
cour  de  Fi'ancon  et  près  de  Formale  et  de  Hôteliers. 

M  )  MlR.ïL'S.  Donaliones  belg.,  t.  I,  cap.  lO. 
(*)  MiR.tus,  njid.,  t.  H,  p.  810  et  t.  III,  p.  .303. 

(  •)  Manuscrit  fjéiiialogique  de  Lf.fort,  aux  archives  de  l'Etal  ii  Liège,  'i<'  série, 
t.  XXVin,  p.  2b.  — Le  chapitre  de  S^-Lambvri.  par  J.   de  ÏHEU.X,  I.  I,  p.  56. 
(*j  .MlK.€VS.  Opéra  iltplomutica,  l.  H,  p.  810  et  I.  III,  p.  303. 


—  371  — 

Notre  évêque  Henri  inspira  et  confirma,  en  1078,  une  donation 
de  la  comtesse  Ermnngarde  à  notre  collégiale.  En  prenant  le  voile, 
la  pieuse  dame  se  fit  un  devoir  de  consacrer  son  renoncement 
au  monde  par  des  libéralités  envers  les  églises.  En  faveur  de 
S.  Bartliélemi,  elle  se  dépouilla,  sous  certaines  réserves,  d'un 
bien  situé  sous  Wareinme  et  Loncin;  de  ses  alleux  de  Rumine, 
de  ceux  de  Gelmine  et  de  Berlinges;  enfin,  de  celui  de  Brée  avec 
l'église. 

«  Godescalc,  dit  M.  de  Tlieux  ('),  mourut  le  18  décembre 
1010  et  fut  enterré  dans  l'église  de  S^~Barthélemi.  En  1334, 
ses  restes  mortels  furent  transférés  de  la  nef  dans  le  chœur  de 
l'église,  etc.  (^).  »  Cependant  cette  date  (10 10)  de  sa  mort  est 
contredite  par  un  passage  de  Placentius,  relatif  à  la  fondation 
du  collège  des  chanoines;  selon  ce  dernier  écrivain,  Godescalc 
aurait  été  encore  vivant  en  1016,  comme  nous  le  verrons  plus 
loin. 

Quant  à  l'époque  précise  de  l'érection  de  l'église,  nos  hisio- 
riens  liégeois  ne  sont  pas  d'accord.  Quelques-uns  prétendent 
qu'elle  fut  commencée  en  1010  ou  1011  et  consacrée  le  28 
octobre  1012,  trois  jours  après  la  consécration  de  la  cathédrale 
de  S'-Lambert,  en  présence  d'Héribert,  archevêque  de  Cologne. 
D'autres,  au  contraire,  le  chroniqueur  Anselme  et  Gilles 
d'Orval,  ne  donnent  pas  de  date  précise;  Bouille  etFisen  imiieut 
leur  silence. 

Nous  trouvons,  au  contraire,  une  indication  exacte  dans 
Mirœus  (")  :  «  Anno  1016  siib  Bakierico  secundo  episcopo  Leo- 
diensi  claruit  Godescalcus  collegii  sancti  Lambert i  piœposiius, 
qui  divi  Bartholomsei  collegium  extruxit  et  duodecim  canonicis 
providit.  Ita  Placentius  in  calalogo  episcoporum  leodiensium. 
Sancti  Bartholomsei  lemplum  istud  dedicavit  idem  Baldericus 


(  ')  Le  chapitre  de  S^-Lainbeit,  1.1,  p.  o'^. 

i  2j   Ses  armoiries  étaient  :  Morialmô,  Agimont,  France  et  Flandre. 

(^;  De  canonicorumcoUegiis,  etc.  AUB.  MlR^l,  lUlo. 


—  372  — 

episcopus  nn.  1017  III  kalendis  novembris,  présente  Heriberio 
Golonieiisi  archiepiscopo.  » 

Il  demeure  acquis,  diins  lous  les  cas,  que  S.  Barthélemi 
remonte  aux  premières  années  du  W  siècle.  Quand  celte  im- 
portante construction  fut-elle  commencée  ,  quand  achevée?  ces 
questions  restent  sans  réponse;  mais  on  peut  présumer  qu'elle 
nécessita  le  travail  de  jilusieurs  années.  Quand  on  examine  de 
près  ces  moellons  brunâtres,  d'une  longueur  de  0'",78  sur  une 
hauteur  de  0"\29,  stratifiés  horizontalement  et  joints  par  d'épaisses 
couches  de  ciment ,  on  se  demande,  bien  qu'ils  paraissent  pro- 
venir d'une  carrière  voisine,  combien  de  temps  et  d'argent  il  a 
fallu  pour  les  extraire  de  la  montagne,  pour  les  transporter  h 
pied  d'œuvre  et  pour  les  mettre  à  leur  place.  Mais  alors  la  foi 
faisait  des  prodiges.  Il  ne  sera  pas  hors  de  propos,  ce  nous 
semble,  de  ra|)peler  ici  une  explication  donnée  par  Batissier('). 

«  Les  papes,  dit-il,  avaient  attaché  à  la  construction  des 
églises  les  mêmes  indulgences  que  gagnaient  les  hommes  qui 
partaient  pour  la  Croisade  ;  aussi  tous  les  habitants  qui  ne 
pouvaient  entreprendre  des  pèlerinages  dans  les  lointaines 
contrées  de  l'Orient,  s'empressaieul-ils  de  prêter  leur  concours 
pour  élever  des  édifices  religieux...  Dès  qu'il  s'agissait  de  bâtir 
une  église,  c'était  presque  toujours  un  ecclésiastique  qui  en 
fournissait  le  plan,  et  desrnoinesqui  en  exicutaient  les  travaux 
sous  sa  direction.  11  y  avait  aussi  hors  des  cloîtres  des  ouvrieis 
laïcs  qui  travaillaient  bOus  la  direction  ecclésiastique ,  et  no- 
tamment les  frères  maçons.  Ceux-ci  étaient  divisés  en  groupes 
de  dix  hommes  dirigés  par  un  maître-maçon.  Ils  campaient  au- 
tour des  édifices  qu'ils  élevaient,  et  leur  besogne  achevée,  ils 
allaient  chercher  fortune  ailleurs.  Il  arrivait  souvent  qu'ils 
étaient  secondés  par  les  populations  qui  charriaieiit  les  maté- 
riaux, et  par  les  seigneurs,  qui  leur  donnaient  des  gratifications 
en  argent  ou  en  objets  de  consommation  nécessaires  à  la  vie.  y 

(*  ;  Eléiuettts  d'archéologie  nationale,  pages  412  et  413. 


RuUeLiii  (ie  l'iust  arcliéol  Licqcois. 


PL.  2.  Tome  X[  Pa<|  ÔO 


Eglise  S"^  Barthélémy  a  Liège. 


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rG'ardiii  Arclulecte  deiin 


PROJET  DE   RESTAURATION  DE   L'ABSIDE   OCCIDENTALE 

ET   ^^^S     CLOCHERS 


—  373  ~ 

DESCRIPTION. 


STxt^rleur. 

L'église  de  S'-Barlhélemi,  considérée  dans  son  plan  général, 
présente  la  forme  de  deux  rectangles  accoles  dont  le  plus 
étroit  forme  le  chœur.  Un  autre  rectangle,  perpendiculaire 
aux  premiers  et  les  dépassant  en  largeur,  forme  le  porche 
et  supporte  les  deux  louis.  C'est  la  seule  église  do  noire 
ville  qui  offre  encore  à  nos  yeux  le  spécimen  de  l'ancienne 
construction  romane  dans  les  murs  extérieurs  du  chœur  et  de 
la  nef  centrale,  ainsi  que  dans  les  tours,  en  partie  réparées  au 
XVII^  siècle  (178!2). 

Le  vaisseau  est  construit  eii  opiis  incertum.  Les  murs  des 
côtés  latéraux,  qui  étaient  sans  aucun  doute  bâtis  de  la  même 
manière,  ont  été  reconstruits  dans  le  XVIII'siècleau  niveau  des 
tours  et  du  chœur  ;  ce  qui  ferait  supposer  que  ce  temple  pré- 
sentait originairement  la  forme  d'une  croix  latine,  forme  ordi- 
naire des  églises  du  XP  siècle. 

On  sait  que  ce  plan  rappelle  (sauf  les  iransepts)  celui  des 
basiliques  romaines.  11  est  très-nettement  caractérisé  à  S^- 
Burthélemi  qui,  à  ce  point  de  vue,  est  sans  contredit  un  des 
monuments  les  plus  remarquables  de  notre  pays. 

Sa  décoration  extérieure  consiste  en  de  simples  pilastres  ou 
contreforts  peu  saillants,  placés  de  distance  en  distance,  et  ne 
s'arrêiant  qu'à  la  rangée  d'arcatures  qui  longe  partout  la  char- 
pente du  toit.  Leurs  chapiteaux  se  distinguent  par  deux  rangées 
de  billeltes  placées  en  lignes  horizontales.  Ces  contrelûrts 
séparent  les  sept  fenêtres  plein-cintre  de  la  grande  nef,  tandis 
qu'au  transept  et  sur  les  tours  ils  sont  canionnés. 

Les  murs  latéraux  présentent,  au  contraire,  de  chaque  côté 


—  374  — 

une  face  unie,  mais  lé^èremeiit  renflée  par  un  hors  d'œuvre 
saillant  de  -1™,90  entre  deux  pilastres  du  centre.  Ils  portent 
également  une  rangée  de  sept  fenêtres  cintrées  et  plus  laiges 
que  les  premières. 

Les  trois  sacristies  sont  situées  au  nord.  Les  deux  premières, 
situées  aux  deux  côtés  du  sanciuairL%  sont,  de  même  long'ieur 
que  ce  dernier  et  aboutissent  aux  doux  petites  chapelles  joi- 
gnantes. La  troisième,  plus  grande  que  les  autres,  réunit 
la  chapelle  de  droite  au  transept,  au  milieu  duquel  elle  s'arrête. 

Xoui*. 

Ce  qui  frappe  surtout  les  regards,  c'est  la  double  tour  qui 
sert  en  même  temps  de  façade  à  l'édifice.  La  partie  inférieure 
de  cetle  construction  forme,  ainsi  que  nous  l'avons  dit,  un 
parallélogramme  massif  orné  de  pilastres  saillants  à  trois  étages 
placés  au  centi'e  et  aux  angles.  Ses  flancs  sont  percés  çà  et  là 
de  petites  fenêtres  plein-cintre,  de  baies  et  de  barbacanes  :  ce 
n'est  qu'au  deuxième  éiage  que  l'on  voit  des  arcades  géminées, 
soutenues  par  des  colonnettes  simples,  qui  sont  simulées  et 
reliées  par  un  plein-cintre,  Le  toit  en  plomb,  à  quadruple  tra- 
pèze, sert  proprement  de  soubassement  aux  deux  pe:ites  tours 
carrées.  Ces  dernièies  sont  semblables  et  tei'minéos  chacune 
par  un  toit  pyiamid.il  à  qualrc  pans  losanges  :  deux  signes  au 
moyen  desquels  on  reconnaît  qu'elles  sont  aussi  anciennes  que 
leur  base  quadrangulaire,  avec  laquelle  elles  se  marient  heureu- 
sement. Simples  et  d'égale  hauteur,  elles  ont  leurs  faces  can- 
tonnées de  légers  contreforts,  deux  rangéesde  fenêtres  géminées 
et  le  gable  percé  d'une  baie. 

Ces  tours  ont  subi  quelques  réparations,  notamment  celle  de 
gauche,  dont  plusieurs  pans  ont  éié  presqu'entièrement  trans- 
formés au  XVIII'-  siècle,  comnjc  on  peut  le  voir  d'après  cette 
inscription  gravée  sur  une  pierre  du  tympan  (Est;  :  réparé  Tan 
'1782.  La  hauteur,  depuis  la  base  jusqu'à  la  flèche,  est  de  37 
mètres. 


—  375  — 

ce  On  peut  cotiàidérer,  dii  M.  Viol!et-le-Duc  ('),  les  plus 
anciens  clochers  autant,  comme  drs  monuments  destinés  à  faire 
reconnaître  l'église  au  loin,  comme  un  signe  de  puissance,  que 
comme  des  tours  pour  conlenir  des  cloches.  « 

«  Les  tours,  dit  aussi  M.  de  Caumont  (-),  avaient  été  dans 
l'origine  construites  pour  recevoir  des  cloches  ;  mais  au  Xl« 
siècle,  on  les  multipla  sans  nécessité  et  uniquement  pour  le 
coup  d'œil  ;  là  où  une  seult;  tour  eût  suffi,  on  en  éleva  jusqu'à 
trois  ;  ce  lut  alors  qu'on  adopta,  pour  les  grandes  églises,  l'usage 
qui  a  subsisté  depuis,  d'en  placer  une  à  chaque  côlé  du  portail...» 

Sonnerie. 

On  arrive  au  clocher  de  droite  par  un  escalier  en  pierre  de 78 
marches.  11  renferme  un  carillon  et  un  cadran,  provenant  du 
couvent  du  Val-Sl-Lambert,  près  de  Serai ng.  C'est  le  préfet 
Micoud  d'Umons  qui,  en  1804,  en  a  fait  don  à  notre  église.  Le 
mécanisme  du  cari  Ion  occupe  un  espace  au-dessus  de  l'orgue, 
tandis  que  les  cloches,  au  nombre  de  33,  sont  placées  au  second 
étage  sur  trois  rangées  de  solives.  Les  sept  autres,  plus  grosses, 
qui  se  trouvent  plus  bas  et  servent  également  de  basse  dans  la 
partition,  sont  spécialement  consacrées  aux  solennités  et  aux 
offices  religieux.  Voici  la  description  des  cinq  principales  : 

La  première,  qui  donne  le  do,  s'appelle  Marie.  Son  diamètre 
à  la  base  est  de  1"',10;  sa  hauteur,  de  O'",8o. 

La  seconde,  nommée  Jos^;?/iel  donnant  le  ré,  mesure  H.  0°\78 
et  O^sOede  diamètre. 

La  troisième,  dédiée  à  S'-Lambert,  a  0"',87  de  diamètre  et 
0'",75  1/2  de  H. 

La  quatrième  s'appelle  Bernard  et  mesure  H.  O'",7o  et  0°',83 
de  diamètre. 

{*  i  bict.  de  l architecture,  t.  III,  p.  "286. 

(2)  Cours  d'antiquités,  !k--  vol.,  p.     50,  édit.  (8.31, 


—  376  — 

Enfin  la  cinquième,  haute  do  O^.eO,  a  un  diamètre  de  0'»,74; 
on  la  nomme  Dotiat. 

La  partition,  qui  se  compose  de  trois  octaves  et  demie,  se 
répartit  sur  les  40  cloches  comme  suit  : 

Do,  ré,  mi,  fa,  fa  dièze,  sol,  sol  dièze,  la,  la  dièze,  si,  do,  do 
dièze,  ré,  ré  dièze,  mi,  fa,  fa  dièze,  sol,  sol  dièze,  la,  la  dièze, 
si,  do,  do  dièze,  ré,  ré  dièze,  mi,  fa,  fa  dièze,  sol,  sol  dièze,  la, 
la  dièze,  si,  do,  do  dièze,  ré,  ré  dièze,  mi,  fa. 

Toutes  ces  cloches  proviennent  de  l'atelier  de  Mathias  Van 
den  Gheyn  de  Louvain  cl  ont  été  fondues  en  1774.  Sur  les  cinq 
premières,  on  lit  ces  inscriptions  : 

En  haut  ;  Mathias  Van  den  Gliein  me  fudit  Lovani  a"  1774. 
Sancte...  ora  pro  nobis;  et  en  dessous  sur  les  bords  :  Beveren- 
dissimus  D.  D.  Josejihus  Uarkz  abbas  Vallis  S.  Lamberti  me 
fieri  fecit. 

Au  centre  sont  les  armes  de  l'abbé.  Elles  portent  :  écartelé, 
au  i''"  et  au  4«  d'argent,  à  l'aigle  de  sable  ,  au  2''  d'or  h  la  botte 
éperonnée  de  sable  ei  au  3*  de  gueules,  à  deux  lances  d'or. 

La  cathédrale  de  Rouen  possède  une  cloche  qui  avait  été 
coulée  pour  la  collégiale  de  St-Barthélemi.  Elle  porte  l'inscrip- 
tion suivante  : 

(1)  TrLnI  praei'OsItVs  DeCanVs  CapItVLVM 
CVI  sIt  LaVs  CoMItI  De  roVgiuVe 
eXL\  aCCessIt  LaVs  tIim  De  MVno 
PENDVIiA  sic  sVrgo  graVIou  VoCItata  MarIa. 

Chauooir  me  fecit,  1774. 

Le  gouvernement  de  la  République  française  avait  fait  enle- 
ver en  1796  les  cloches  des  églises  pour  les  transporter  à  la 
monnaie    mais  plusieurs  d'entre  elles  ne  furent  pas  fondues. 

'  1    Bulletin  aich^ol.  liéf/eoi-i,  t.  IX.  p.  ol2. 


—  377  — 

Lors  du  rétablissement  du  culte  en  1801,  ces  cloches  ont  été 
données  par  les  préfets  aux  églises  conservées.  C'est  ainsi 
qu'uiie  des  cloches  de  St-Barthélemi,  appelée  Marie,  a  pu  être 
donnée  à  une  église  de  Normandie. 

Portail, 

Rien  ne  nous  rappelle  de  quel  côté  se  trouvait  l'ancien  portail. 
Saumery  lui-même  garde  le  silence  sur  ce  point  (i).  Philippe 
de  Hurges,  parlant  en  général,  s'exprime  de  la  sorte  (2)  : 
«  grand  nombre  d'églises  anciennes,  situées  à  Liège  et  à  Maes- 
trichL  se  void  sans  autres  porlaux  que  ceux  qu'elles  ont  aux 
deux  costez  de  la  net\  » 

Quant  au  portail  d'entrée  actuel,  il  a  été  percé  sous  les  fours 
au  siècle  dernier.  Il  se  compose  de  quatre  pilastres  avec  chapi- 
teaux toscans  et  entablement  en  pierre,  et  se  terme  par  une 
grille  de  fer  ouvragé.  L'intéi'ieur  du  porche,  où  il  donne  accès, 
est  également  moderne  ;  il  mesure  en  longueur  7'"o0  sur6"'S0 
de  largeur.  Au  centre  se  trouve  une  grande  porte  à  vantaux, 
garnie  de  pilastres,  communiquant  avec  l'église  ;  six  grandes 
statues  en  bois  sculpté  reposant  sur  des  piédestaux  sont  placées 
dans  des  niches  latérales,  à  hauteur  d'homme.  Elles  représentent 
St-Roch,  St-Paul,  l'ange  gardien,  la  Ste-Vierge,  St-Joseph  et 
St-Pierre.  et  sont  l'œuvre  respeciive  de  Rendeux  et  de  Franck, 
sculpteurs  liégeois,  dans  les  années  1733,  1742  et  1743. 

Oluftree. 

M.  Schayes,  par  distraction  probablement,  fait  remonter  au 
X'^  siècle  la  construction  primitive  des  cloîtres  qui  font  suite  au 
transept  droit.  Quoi  qu'il  en  soit,  ils  ont  disparu  pour  faire  place 
à  d'autres,  construits  en  style  ogival.  De  ces  derniers  môme,  il 


(  1  )  Dans  la  rue  la  poric  est  sur  le  côté. 

(*)   Voijage  de  Liège  à  Mapxiricht  en  Uîlo. —  Édit.  des  Biblioph.  lie'geois,  \^1''2. 


—  378  — 

ne  reste  plus  qu'une  partie  de  l'aile  :  long.  10™95  larg.  4"'23.  Ils 
ont  dû,  ce  semble,  former  un  carré  qui  contournait  l'église. 

Intérîeui*. 

A  partir  du  XVI"  siècle,  sous  l'influence  de  la  Renaissance 
italienne,  on  regarda  l'architecture  du  moyen-âge  comme  bar- 
bare, el  le  style  classique  de  la  Grèce  passa  pour  le  type  unique 
de  la  correction  et  de  la  beauté.  Même  à  l'égard  de  ce  style, 
avec  le  temps,  on  perdit  le  sentiment  esthétique;  l'art  dégénéré 
des  Romains  séduisit  de  plus  en  plus  les  artistes,  et  les  altéra- 
tions étranges  que  la  mode  lui  lit  subir  tour  h  tour,  achevèrent 
de  précipiter  la  décadence  du  goût.  On  gâta  sans  scrupule,  on 
mutila  nos  plus  vénérables  monuments,  sous  prétexte  de  les 
moderniser. 

C'est  sous  l'empire  de  ces  fausses  idées,  que  l'intérieur  de 
St-Barthélemi  a  perdu,  au  siècle  dernier,  la  majesté  de  son 
caractère  primitif.  C'est  encore  sans  doute  au  même  esprit  qu'il 
faut  attribuer  la  démolition  de  la  crypte  qui  se  trouvait  sous  le 
chœur,  ici  comme  dans  la  plupart  des  églises  romanes. 

La  longueur  du  vaisseau  est  de  44'», 59  ;  sa  largeur  de 
29™, 76.  Le  sanctuaire,  qui  est  compris  dans  cette  longueur,  a 
9™,32  de  long  sur  6"',93  de  large  ;  le  transept  mesure  en  lar- 
geur 8"',  12. 

Le  vaisseau  se  partage  en  cinq  nefs,  séparées  par  quatre 
rangées  de  quatre  hautes  colonnes  cylindriques  plus  deux  gros 
piliers  carrés,  avec  chapiteaux  ioniques.  Ces  colonnes  ont 
2"", 34  de  circonférence  et  sont  peintes  en  marbre  de  St-Rerai, 
de  même  que  l'entablement.  Les  voûtes  cintrées,  qui  régnent 
partout,  sont  plus  larges  et  plus  élevées  dans  la  grande  nef 
(haut.  14"', 73)  que  dans  les  petites.  Leur  construction,  dans  la 
première,  est  en  voûte  d'arrêté  (  les  séparations  sont  marquées 
par  des  plates  bandes  )  ;  dans  le  transept,  elle  est  en  arc  de 
cloître  ;  dans  les  petites  nefs,  en  arcs  doubleaux. 


-  379  - 

L'entablement  simple,  qui  s'étend  depuis  le  jubé  jusqu'au 
transept,  remplace  le  triforium  roman,  dont  on  voit  encore  des 
échantillons  dans  les  tours.  Ce  triforium  se  compose  d'arcades 
plein-cintres  géminées  sous  un  grand  arc  simulé,  soutenues 
par  une  colonnette  cylindrique  avec  chapiteau  et  base  cubiques 
à  feuilUiges.  Au-dessus  de  cet  entablement,  se  voient  quatorze 
médaillons  ovales,  peints  à  fresque  et  représentant  les  bustes  de 
quelques  apôtres  et  des  évangélistes.  Deux  autres  médnillons 
également  ovales  et  peinis  à  tVesque,  mais  plus  grands,  placés 
à  la  suite  de  ces  derniers,  au-dessus  du  plein  cintre  du  chœur, 
renferment  les  figures  à  mi-corps  du  sacré  cœur  de  Jésus  et  de 
Marie.  Ces  fresques  et  le  décor  sont  l'œuvre  de  notre  artiste 
Carpey.  Les  premières  remplacent  avantageusement  les  an- 
ciennes toiles,  qui  portaient  les  mêmes  sujets. 

Les  travaux  exécutés  en  1855  comprennent  la  création  des 
deux  chapelles  du  transept,  l'ouverture  plein-cintre  avec  un 
abaissement  notable  du  sol  de  ce  dernier,  le  décor  ae  l'église 
entière  et  la  suppression  des  bancs  (i). 

Quelques  faits  k  noter  en  passant.  Le  28  avril  1185,  fête  de 
la  translation  de  St-Lamberl,  l'église  cathédrale  de  ce  nom,  et 
plusieurs  autres  édifices  furent  réduits  en  cendres.  On  n'eut  que 
le  temps  de  sauver  la  châsse  du  Saint  et  de  la  transporter  à 
St-Barlhélemi,  jusqu'à  la  reconstruction  de  ce  temple.  Ce  ne  fut 
qu'en  1197  qu'il  fût  possible  de  la  rapporter  de  notre  église  5 
l'illustre  cathédrale  (2). 

On  remarquait  encore,  vers  le  milieu  du  siècle  dernier,  sur 
la  première  colonne  de  droite  en  eniratu,  un  cercle  en  fer, 
placé  à  la  hauteur  de  quatre  pieds,  servant  à  rappeler  à  la 
postérité,  par  un  chronogramme  latin,  la  hauteur  que  les  eaux 
avaient  atteinte  lors  de  l'inondation  de  1643.  Le  voici  :  MIkatViî 
JaxVs  qVoD  aqVa  hVC  peuVenekIt  VsqVe. 

(l)  Gazette  de  Liège,  1853. 
;-2)  Bouille,  t.  \, 


—  380  — 

Nous  rappelerons  encore  qu'eu  4554  eut  lieu  la  réconciliation 
de  cette  église,  h  la  suite  rie  sa  profanation  occasionnée  par 
l'effusion  du  sang. 

Chœur. 

Le  premier  objet  qui  frappe  les  yeux  du  visiteur,  c'est  le 
maîlre-aute!  en  bois  peint,  simulant  le  marbre  de  St-Remi.  Ce 
gigantesque  édicule  du  XVIir^  siècle,  adossé  au  chevet  du 
cliœur,  représente  un  retable  moderne  (long.  5"36,  haut.  il™39), 
suppoité  par  six  hautes  colonnes,  dont  deux  plus  grandes  que 
les  autres,  toutes  avec  chapiteaux  corinthiens  (hauteur  6"'03, 
circonférence  2'"07).  Elles  soutiennent  un  double  entablement 
en  voussure.  Au-dessus  de  ce  dernier  figure  l'écusson  sculpté, 
surmonté  d'un  cimier,  de  Jean-Guillaume  Clerx,  probablement 
le  donateur  de  cet  autel.  Ces  armoiries  sont  accostées  de  deux 
anges  de  moyenne  grandeur;  oii  les  retrouve  encore,  accompa- 
gnées de  eeiles  de  l'épouse  du  doiialeui-,  gravées  sur  deux  pavés 
en  marbre  bh\nc,  dans  le  sanctuaire,  avec  les  inscriptions  sui- 
vantes :  A)""  Joannes  Guilelmus  Clerx.  U.  I).  1708.  —  Maria 
Joanna  Clossel  uxor  ejus  1708.  On  voit  en  outre,  à  la  voûte,  le 
millésime  1706,  époque  sans  doute  du  placement  de  cet  aute!  et 
de  la  restauration  de  l'intérieur. 

Sur  la  même  ligne  (pie  ce  blason,  sont  placés  quatre  autres 
anges  en  bois  scul|it<',  mais  plus  grands  que  les  premiers;  sous 
l'entablement,  enfin,  pbuie  un  petit  ange  portant  une  couronne 
de  laurier.  Il  semble  la  destiner  h  St-Barthélemi,  martyr,  dont 
le  supplice  est  représenté  sur  une  grande  toile  de  Fisen  (i), 
peintre  liégeois,  qui  est  placée  au  centre.  Les  ligures  sont  plus 
graïuJes  que  nature.  H;nit.  5"'o0,  hn-g.  2"'60, 

]j\  table  d'autel,  en  forme  de  tombeau,  en  marbre  blanc, 
acconip;igné  de  diMjx  pi' istre >  blancs,  repose  sur  trois  niandies 
en  pierre  bleue.  Un  petit  tabernacle,  en  bois  doré,  est  placé 

{*  )  Histoire  de  la  peinture  au  payt  de  Liège,  i.  Helbig,  p.  '246. 


—  381  — 

entre  deux  gradins,  couverts  de  sculptures  figurant  des  grappes 
do  raisin.  Sur  la  porte  est  une  sphère,  sur  laquelle  on  lit  :  Qui 
tollit  peccata  mundi.  Le  grand  tabernacle,  de  forme  spliérique, 
de  1"'60  de  diamètre,  pivote  sur  le  petit.  Au  dessus  repose  un 
Christ,  dont  un  des  pieds  est  entouré  de  têtes  d'anges  ailés. 
Enfin  deux  anges  adorateurs,  de  demi-grandeur,  et  deux  candé- 
labres à  quatre  branches,  ornementés,  figurent  de  chaque  côté 
de  l'autel.  Toutes  ces  sculptures  ont  été  dorées  en  1855  par 
Hendrick. 

Transept. 

La  hauteur  du  transept  est  de  O^To.  L'aile  droite  renferme  : 

1"  L'autel  du  St-Sacrcment,  représentant  un  retable  moderne: 
long.  4"'76,  haut.  7'"07.  Il  se  compose  de  quatre  colonnes  avec 
chapiteaux  corinthiens,  reposant  sur  des  piédestaux  placés  à 
hauteur  des  gradins.  Son  entablement  se  partage  en  deux  et  ses 
extrémités  sont  contournées.  Au  milieu  est  placée  une  ^/o/rg. 
Quant  au  centre  de  ce  rel.ible,  il  est  occupé  par  nue  exaltation 
de  la  Ste  vraie  Croix,  toile  de  Berlhoiet  Flemalle,  peintie  lié- 
geois :  haut.  4'"08,  long.  2".  Les  figures  sont  de  grandeur  natu- 
relle. 

On  remarque  ici  deux  tabernacles  superposés  l'un  à  l'autre 
dont  le  plus  grand  est  orné  d'un  bas  relief  :  le  sacrifice  d'isaac. 
Un  atitependiiim  peint  sur  toibs  renfermant  un  médaillon  avec 
le  buste  de  la  Vierge  immaculée,  complète  la  décoraùon  de  cet 
autel. 

2°  Deux  grands  tableaux  placés  au-dessus  de  deux  grandes 
portes  à  deux  vantaux,  semblables  à  celles  du  chœur  :  hauteur 
3"00,  long.  2'"30.  L'un  représente  Vadoratiun  des  bergers  et 
l'autre  celle  des  rois.   Les  figures  sont  plus  grandes  que  nature. 

3"  Entre  ces  derniers  et  sur  la  même  paroi  est  adossé  un 
monument,  dédié  par  Gilles  Delooz,  chanoine  de  St-Barthélemi, 
h  son  frère  Pierre  Delooz,  jubilaire  et  doyen  du  chapitre  :  haut. 


38; 


a^SO,  long.  I'"45.  Il  supporte  la  statue  de  Sle-Thérèse,  en  bois 
sculpté,  de  grîHîdeur  naturelle,  et  est  formé  de  maibres  de 
Theux  et  de  St-Remi.  On  y  lit,  sui*  une  banderoUe  surmontée  de 
ses  armes  :  A.  Delooz  Decanus  1629,  R.  adm.  duo  Petro  Delooz 
canonico  juhilario  Decano,  R'^"-'  adm.  dnus  .'Egidius  A.  Delooz 
canoniciis  jubilarins  hujus  etium  eedesiœ.  DeCaxVs  DeCano 
fratrI  DïrIgebat  (1708). 

4**  Une  petite  chapelle  latérale,  dont  l'ouverture  est  plein- 
cintre. Elle  ne  remonte  qu'à  ISoo  ;  largeur  4™71,  longueur  5"'30. 
En  tête  est  placé  un  petit  aulei  en  marbre  de  St-Remi  ;  le  tom- 
beau et  la  table  so.'it  en  marbre  blanc.  Sur  chacun  des  murs 
figurent  deux  toiles  d'Aubée,  peintre  liégeois  de  la  tin  du  XVIII"^ 
siècle  :  le  denkr  de  César  et  la  péclie  miraculeuse  (hauteur  l™oO, 
largeur  1"'40). 

5°  En  fcice  de  cette  chapelle  se  voit  un  confessionnal  moderne, 
portant  en  tête  un  écusson  d'armoiries  effacée  et  l'inscription 
suivante  :  Ji''  Toussahtl  et  Jean  Jacques  de  Visé  en  mémoire  de 
feu  honoré  seigneur  Jérôme  M alhias  de  Visé  J.-C.-avocal  et  tenant 
de  cette  église.  A"  172(i. 

6°  Au-dessus  de  ce  confessionnal  et  contre  la  même  paroi  est 
encastré  un  ex  voto  on  petit  monument  en  marbre  lioir.  C'est 
M.  Gérard  Lovens  qui  l'érigea  en  1855  en  mémoire  de  l'inima- 
culée  Conception.  Sur  une  pl.ique  de  marbre  blanc  qui  en  occupe 
le  centre,  on  lit  ces  mots  :  Marie  conçue  sans  péché,  priez  pour 
nous.  Et  plus  bas  :  Mariœ  sine  labe  conceplœ,  hocce  levé  pietatis 
pignus  erexit  basiUcœ  fausle  prorsus  instaurata,Joannes  G.  Lovens 
Parochus. 

7°  Enfin  un  banc  de  communion  en  bois,  de  forme  ordinaire, 
avec  balustres,  pré.-entant  aux  extrémités  et  au  centre,  sur  des 
lambris,  trois  petits  médaillons  en  léger  relief,  relatifs  au  mys- 
tère de  l'Eucharistie. 

L'aile  giiuche  renicrme  les  objets  suivants  : 

1"  L'autel  de  la  Stc-Vierge,  semblable  h  celui  de  droite  et 


38; 


de  même  dimension,  et  dont  le  centre  est  orné  d'une  belle  toile 
de  Fisen,  le  Crucifiement  :  hïiuleur  4'"42,  largeur  2'"o0.  Les 
figures  sont  plus  grandes  que  naiure. 

Cette  peinture  fut  enlevée  à  l'église  de  la  Madeleine,  lors  de 
la  première  révolution  française,  et  rendue  à  notre  église  sous 
l'administî-ation  du  doyen  Glose.  Tout  contre  est  placée  la 
statue  de  N.-D.  du  Rosaire,  œuvre  de  Radino.  Elle  repose  sur 
un  tabernacle  sculpté. 

2°  Deux  grandes  toiles  fesant  pendant  aux  deux  autres  de 
l'aile  droite  et  de  même  grandeur,  mais  d'un  autre  maître. 
Sujets  :  la  Ste-Famille  et  V Enfant  Jésus  au  milieu  des  docteurs. 

3"  Dans  la  même  paroi  est  enchâssé  le  monument  de  Gilles 
Delooz,  le  même  que  celui  de  droite.  Il  est  surmonté  de  la 
statue  de  Si-Barthélemi  de  grandeur  naturelle;  dimensions  : 
hauteur  >oO,  largeur  l™4o.  Inscription  :  Petrus  Delooz  Deca- 
nus  1672  DOM. 

HoCCe  In  stVDII  tesseraM 

DlVo  barthoLoMeo  alternl  plè  saCrahant. 

4"  Un  autre  monument  fesant  pendant  à  celui  de  Gérard 
Lovens  est  placé  en  face  de  la  chapelle  des  fonds  baptismaux. 
On  y  lit  l'épiLaphe  qui  suit  :  bOM.  abolito  in  hujus  templt  repa- 
rationedivi  Martini  sacello  ubi  ab  anno  MDXXXVlll  darissimi 
viri  Antltonii  Loets  co}isiliari:  stalùs  necnon  in  concilio  ordinario 
senatoris,  Margarita  Roverii  uxoris  posterorumque  suorum  exis- 
tebat  monumentum  hocce  yratituduiis  pignus.  Pet.  Amb.  Loets  de 
Trixhe  canonicus  Leodiensis  et  in  caméra  ratwnaria  princ.  à 
conduis.  Anno  1748.  fi.  /.  P.. 

h"  En  dessous  de  ce  dernier  se  trouve  un  confessionnal  orné 
de  ba^i-reliefs,  semblable  à  celui  de  l'aile  droite  ;  il  porte  en 
tête  un  blason  effacé  et  l'inscription  suivante  :  La  demoiselle 
Jeanne-Thérèse  de  Visé,  en  mémoire  de  feu  Honoré  seigneur 
Jérôme  Mathias  de  Visé  J.  C.  avocat  et  tenant  de  cette  église. 
Anno  1727. 


—  384  - 

6"  Les  fonts  baptismaux.  Enfin  nous  remarquons,  dans  la 
petite  chapelle  de  celte  aile  du  transept,  la  précieuse  et  pres- 
qu'unique  dinanderie  du  moyen-âge  qui  soit  restée  du  12«  siècle 
en  Belgique.  «  Souvenir  précieux,  dit  M.  Polain  (*),  pour 
chacun  de  nous,  puisque  pendant  près  de  huit  siècles,  tous  les 
bourgeois  de  Liégo  y  ont  reçu  le  baptême  !  » 

Ces  fonts  baptismaux,  enlevés  par  les  Français,  furent  resti- 
tués h  l'église  de  Liège  et  placés  à  St-Barthélemi  ('^). 

La  cuve  est  de  forme  circulaire  ei  de  cuivre  fondu  :  hauteur 
O^oS;  diamètre  0™98.  Elle  a  été  exécutée  en  1112  par  Lambert 
Putras,  célèbre  batteur  de  Dinant,  pour  l'église  de  Notre-Dame- 
aux-Fonts  en  cette  ville,  à  la  demande  du  chanoine  Hellin, 
grand-piévôt  de  St-Lambert  et  duc  de  Souabe.  Cet  artiste  prit 
pour  modèle  le  grand  envier  d'airain  du  temple  de  Salomon, 
et  reproduisit  sur  les  flancs  du  bassin,  en  relief  saillant,  cinq 
épisodes  de  la  vie  de  St-Jean-Bapliste,  de  St-Jean  l'évangé- 
liste  et  de  Si-Pierre.  Quelques  textes  entiers,  gravés  en  carac- 
tère roman,  d'autres  abrégés,  en  forme  de  liston,  servent  à  les 
expliquer. 

Le  l"  épisode  représente  le  baptême  de  N.  S.  par  St-Jean.  Le 
corps  du  Sauveur  est  plongé  h  moitié  dans  les  eaux  du  Jourdain. 
Derrière  la  tête  de  Si -Jean,  on  lit  son  nom  :  Jolies  Biptista 
Domim.  Entre  le  nimbe  du  Père  éternel  et  le  St-Esprit,  on 
remaïque  ces  mots,  à  gauche  ;  Sps  (spiritus),  à  droite  :  Ses 
(sanctus),  et  ensuite  :  llic  est  filius  métis,  dUectiis  in  quo  micfii 
complacui.  Entre  St-Jean-Baptisle  et  N.  S.  :  Ego  a  te  debeo  bap- 
tis'iri  et  tu  venis  ad  me.  Enfin,  au-dessus  des  anges  :  Angeli 
m,inistrantes. 

■:  '    Liège  pittoresque 

(*J  ^Jusqu'en  -1794,  des  32  paroissps  que  renfermait  la  ville  de  Lidge,  il 
n'existait  que  les  seules  (églises  de  St-Si'verin  ,  Sl-Ad;ilberl,  SlNicolas  Outre- 
Meuse,  SleFoi  et  Sl-Jean-Maptiste  qui  jouissaient  dn  pcivilùge  d'avoir  des  fonts 
baplisniaux.  Um  autres  n'en  avalent  point  et  li's  paroissien'*  devaient  venir  à 
Nolre-Danie-auxFonts  pour  y  recevoir  le  baptême.  »  Calltédtale  de  St-Laml/ert, 
par  Van  dem  Sieew. 


—  386  — 

2*  épisode  :  St-Jean-Baptiste  prêchant  au  peuple  de  la  Judée. 
Il  est  en  face  d'un  groupe  de  quatre  personnes,  devant  un  arbre 
qui  porte  des  feuilles  de  deux  espèces.  Debout  et  le  bras  tendu, 
il  leur  annonce  la  parole  de  Dieu  et  leur  ordonne  de  faire  péni- 
tence :  Facile  ergo  {ructus  dignos  pœnitentiœ. 

3^  épisode  :  Si-Jean-Baptiste  distribuant  le  baptême  dai.s  le 
Jourdain.  Placé  sous  un  c!)ê:ie,  Jean-Baptiste  est  en  présence 
de  deux  juifs  qui  sont  enfoncés  presqu'à  mi-jambes  dans  les 
eaux  du  Jourdain.  Il  prononce  ces  paroles  :  Ego  vos  baptiso  en 
aqud  ;  veniet  autem  forlior  me  post  me. 

Le  4*  épisode  rei»résente  St-Pierre,  baptisant  le  centenier 
Corneille.  Pendant  que  l'apôire  prêche,  le  Si-Esprit  descend  sur 
ses  audilem^s  :  Cecidit  spiritus  sancius  super  omnes  qui  audie- 
baiil  verbum.  St-Pierre  port'j  une  banderole  sur  laquelle  on 
lit  :  Ego  quis  eiam  qui  possem  prohibere  Deum.  Une  main  droite 
nimbée  {celle  de  Dieu),  sortant  des  nuages,  bénit  Corneille; 
mais  en  même  temps  ce.->  trois  doigts  (qui  bénissent  à  la 
manière  byzantine)  lancent  trois  rayons.  Corneille  est  plongé 
nu  dans  une  cuve  remplie  d'eau,  pendant  que  l'apôtre  le  bénit 
en  présence  d'un  témoin.  Pierrea  les  piedsnusetle  nimbe  uni. 

Le  0^'  enfin  nous  montre  St-Jean  l'évangélisle,  octroyant  le 
baptême  au  philosophe  Craton.  L'apôtre  le  plonge  dans  la  cuve 
pleine  d'eau  et  le  bénit  de  la  main  droite,  en  prononçant  la 
formule  suivante  du  bapiêmc,  inscrite  sur  un  livre  qu'il  tient 
de  la  main  gauche  :  Ego.  te.  bapîizo.  in.  nomine.  patris.  et  filii. 
et  spiritus.  sancti.  amen. 

A  côté  de  ces  deux  personnages  est  phicé  un  disciple  de 
Craton.  Il  tst  béni  par  une  main  qui  soi  t  des  nuages  et  qui 
projette  trois  faisceaux  lumineux  de  trois  rayons  chacun.  A 
l'endroit  où  se  voient  trois  étoiles  qui  précèdent  ces  nuages,  on 
lit  :  Dextera  Dei. 

On  lit  en  outre,  sur  les  bords  supérieurs  delà  cuve  :  Corda, 
parât,  plebis.  Domino,  doctrina.  Joannes,  lios.  lavât,  hinc.  mons- 
trat.  quis.  mundi.  crimina.  lollat.  vox.  patris.  hic.  ait.  lavât. 


—  386  - 

hune.  ho77W,  spiritus.  implet.  hic.  f'[ons].  {i)  binos.  Petrus.  hos. 
lavât.  Iiosque.  Jouîmes. 

L'inscription  de  la  base  est  ainsi  conçue  :  Bissenis.  bobus. 
pastorum.  forma,  notatur.  quos.  et.  apostolice.  commendat.  gratta, 
vite,  offlciique.  gradus.  que.  fluminis.  impetus.  hujus.  letificat. 
sanctam.  purgatis.  civibns,  urbem. 

La  cuve  baptismale  est  portée  parl2bœufs  dontle  corps  est  à 
moitié  caché;  trois  regardent  le  nord,  trois  l'ouest,  trois  Test  et 
trois  le  sud.  Enfin  nous  ajouterons  cette  remarque,  que  chaque 
personnage  a  son  nom  écrit  au  dessus  de  sa  tôle  :  Pater,  Filius, 
Spiritus  sanctiis,  Angeli-Joannes-Baptista  -Petrus,  -  Cornélius 
-Dexlera  Dei  -  Craton  philosophus  -  Joannes  evangelista  -  Publi- 
cani  -  Angeli  ministri. 

Le  couvercle,  sur  lequel  figuraient  les  apôtres  et  les  pro- 
phètes, est  malheureusement  perdu.  Gilles  d'Orval  (2)  en  parle 
dans  un  passage  de  sa  chronique  sur  Tongres  :  «  llis  quoque 
diebus  fierait  vir  nobitis  Helinus  abbas  S.  Mariœ,  qui  in  eadem 
ecclesiâ 

Fontes  fecit  opère  fusili 

Al  te  vix  comparabili. 

Duodecim,  qui  fontes  sustinent, 

Boves,  typum  gratiic  continent. 

Maleiia  est  de  myslerio 

Quod  tractatur  in  baptisterio  : 

Hic  baptizat  Johannes  Domlniim, 

Hic  gtMitilem  Petrus  Coriielium, 

liaptisatur  Craton  philosophus. 

Ad  Joaiinem  confluit  populus. 

Hoc  quod  fontes  desuper  operit 

Apostolos  et  prophelas  exerit. 

La  même  chapelle  renferme  encore  un  petit  autel  en  marbre 
orné  de  la  statue  de  St-Joseph,  en  plâtre  colorié.  Sur  la  muraille, 

,  '     iliclierchcs  sur  tes  fonts  ba/jiisinaux  de  St-UarihéUmi,  par  M.  LONAY. 
; ')  CUAPEAUVILLE,  t.  Il,  p.  50. 


l'„,l]H,n  .Jcll„~l  ai,l,.-.,l  Lir;^-  l'I  IN  i"i..iXl  r.jr.W 

Chœur 


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'•btjrandariofuitïifm-èVnaui-rfriiMû-luini'tliîruur- 


Tombe  de  Codescalc  de  Morialmé  . 
A  S'  Barthélemi- 


—  ml  — 

au  dessus  de  l'autel  est  encnstive  une  pierre  gothique  en  bas- 
relief,  ayant  au  centre  un  Christ  en  croix  et  deux  personnages 
(la  Ste-Vierge  et  St-Jean  )  et  Tëpitaplie  suivante  :  Hic  jacet  Dus 
Petrus  Butkens  canon,  hnj.  eccl.  q.  obtit^  novembris  anno  4545. 
R"'  in  pace. 

Il  nous  reste  à  signaler,  dans  le  transept,  quelques  pierres 
tombales.  La  première  et  la  principale  est  celle  du  fondateur 
de  l'église.  Elle  précède  l'aigle  doré  qui  est  placé  sur  un  socle 
moderne  en  marbre  de  Theux,  à  l'entrée  du  chœur.  Cette  pierre 
présente  la  forme  d'un  parallélogi-amme  dont  les  bords  sont 
taillés  en  arête  biseautée;  longueur  2'"26,  largeur  0™96  {'). 

Le  champ-plein  est  foi  nié  de  carreaux  blancs  et  de 
carreaux  bleus  formant  damier ,  les  cases  blanches  sont 
elles-mêmes  divisées  en  triangles  avec  un  carré  bleu  au  mi- 
lieu. Il  est  encadré  d'une  bande  de  cuivre  incrustée,  portant 
aux  quatre  coins  les  figures  symboliques  des  évangélistes.  On  y 
lit  l'épitaphe  suivante,  gravée  en  caractères  romans  du  XIV'- 
siècle  en  partie  effacés  :  Hic.  jacet.  ste.  memorie.  vir.  nobilis.  dus. 
Godescalcus.  de  Moreameys.  prepositus.  Leodien.fudator.  huius. 
basilice.  qui.  eam.  ab his.  fvndaentis.  erexit.  et.  Xîl.  canouicos.  in. 
ipsa.  instituit.  de.  allodiis.  et.  patmamis.  suis.  ano.  dni  M°Jir".  — 
Sur  l'arêie  sont  tracés  ces  mois,  en  caractères  gothiques  : 

Translatio.  ejusdem.  a.  navi.  eccie.  ad.  hune,  chormn. 

Anno.  milleno.  bis.  bino.  ter.  C.  trigeno. 

lunius.   in.  fossa.  prœsenti.   reddidit.   ossa. 

Ejus.  qui.  pridem.  fundavit.  nos.  Det.  eidem. 

Cristus.  solamen.   celi.  Dicat.   chorus,   amen. 

Sancte.  memorie.  colitur.  sic.  iustus.  œterne.  (Juin  1334.) 

La  seconde  pierre  tumulaire  se  trouve  dans  l'aîle  gauche,  au 
pied  du  monument  de  Delooz.  C'est  Jérôme  Saroguet,  chanoine 
de  notre  collégiale,  qui  l'a  fait  placer  en  mémoire  d'un  autre 
chanoine,   Michel   Ancion,  qui  avait  fondé  le  sermon   et  les 

(  i)  Voir  pi.  3. 


—  3«8  — 

litanies  à  réciter  annuel'emeni  le  jour  de  la  Nativité  de  la 
Ste-  Vierge. 

D.O.M. 

Et  memoriœ  V.  D.  Michaelis  Ancion  de  Ny  q.  huj.  eccliœ  canci. 
jubilariiA.  D.  1635.  20  7"^''^  defuncti  qui  contionem  et  litanias 
quolannis  die  naHvitatis  B.  V.  Mariœ  instituit  et  fundavit. 

yiis  /)n,  Hieronymus  Saroquet  huj.  etiam  cane,  hœres  qrati 
animi  causa  posait  qui  obiit  II'  Martii  1666.  Cujus  animœ 
misereatur  Deus.  Hauteur  S^Ol,  largeur  l^ll, 

La  troisième  enlin,  qui  fait  face  h  hi  précédente,  est  placée 
sous  le  monument  du  transept  droit.  Elle  porte  une  gravure 
gothique,  au  milieu  de  laquelle  figure  un  personnage  revêtu 
d'habits  sacerdotaux,  tenant  en  main  un  calice.  Au-dessus  de  la 
tète  s'élève  un  dais  porté  sur  des  colonnottes  terminées  par  des 
clochetons.  Aux  deux  coins  supérieurs,  on  remarque  deux  anges 
agitant  des  encensoirs.  L'inscription  suivante  se  lit  sur  les 
bords  de  la  pierre  :  Anno D.  MCCLXXIX.  XVI.  kl.jan.ob.  magr. 
Simo.  de.  Andana.  can.  isli.  ecce.  fodator.  huj.  allar.  aia.  ej. 
lequiescat.  i.  pace.  am\—Consiliu(^).  ses.  prudetia.  litta.  ces.  hue. 
ditavere.sed.  morte,  simul.  periere.  Haut.  2™28,  larg.  l'"14.  1279. 

«  A  l'entrée  du  chœur,  dit  M.  J.  Helbig,  se  trouvait  un 
triptyque  de  petite  dimension,  de  Lambert  Lombard,  peintre 
liégeois.  Le  tableau  principal  représentait  Ste-Barbe.  A  ses 
pieds  était  un  roi,  le  père  et  le  persécuteur  de  la  sainte.  Dans 
le  fond  du  tableau,  on  voyait  le  martyre  de  Ste-Catherine.  La 
figure  du  roi  passait  pour  n'être  pas  de  la  main  de  Lombard  (*).  » 
De  l'autre  côté  du  chœur,  on  remarquait  également  le 
Couronnement  de  la  Ste-Vierge,  attribué  au  même  peintre,  ainsi 
que  quatre  bas-reliefs,  qui  jadis  ont  été  acquis  par  M.  Sysler- 
mans  (=^),  et  font  aujourd'hui  partie  du  sanctuaire  de  l'église  de 
St-Antoine.  Ils  rappellent  des  épisodes  de  la  vie  de  St-Bruno. 

(  '  )  Hiit.  de  la  peinture  au  pays  de  Liège.  1873. 

(•j  Ancien  curé  de  St-Antoine. 

{*)  Ctnsilium,  stnsus,  prudentia,  litteralura  ,  ceiisus  hune  ditateruni. 


~  38y  — 

Ils  avaient  été  donnés  à  noire  collégiale  en  1542,  par  Jean  Fréris 
et  Alexandre  de  Seraing,  chanoines  de  St-Lambert  (*). 

«  On  voyait  encore,  dit  M.  Helbig,  de  Pierre  Dufour,'  élève 
de  Lombard,  à  la  collégiale  de  St-Barthélemi,  un  St-Michel..  »(*). 
Cette  peinture  a  disparu. 

IVefa. 

Le  mobilier  du  vaisseau  se  compose  des  objets  suivants  : 

1°  Une  chaire  de  vérité  en  bois  sculpté,  placée  contre  la 
seconde  colonne,  à  droite  de  la  nef  centrale.  La  cuve  est  ronde 
et  se  termine  en  forme  de  cul-de-lampe;  les  panneaux  sont 
chargés  de  branches  de  vigne  croisées.  L'abat-voix  est  rond 
et  sculpté  en  draperie;  il  est  soutenu  par  deux  anges  demi- 
grandeur.  L'escal-er  s'enroule  autour  de  la  colonne. 

2"  Deux  petits  autels  modernes,  à  peu  près  semblables,  en  bois 
marbré,  tandis  que  l'anlependium  est  en  marbre.  Ils  sont  ornés 
chacun  de  quatre  colonnes  avec  chapiteaux  corinthiens  et 
piédestaux  stylobates  bosses;  l'entablement  est  semi-circulaire. 
Ils  sont  placés  en  tête  des  côtés  latéraux,  contre  le  mur  de 
séparation  des  transepts.  Celui  de  droite,  dédié  à  l'ange  gar- 
dien, largeur  3"'07,  renferme  la  Cène  de  N.  S.  avec  ses  apôtres, 
toile  signée  :  P/M/H/er  1708  (peintre  liégeois).  Hauteur  2"'48, 
largeur  l'"42.  Celui  de  gauche,  au  contraire,  est  dédié  h  St-Roch  : 
largeur  3™47,  et  est  orné  d'une  toile  de  Fisen,  le  Baptême  de 
N.  S.  Hauteur  2™  10,  largeur  1"'22. 

3°  Le  jubé,  sculpté  à  jour,  en  style  de  la  renaissance,  occupe 
le  centre  de  la  tour;  la  partie  supérieure  du  lutrin  est  ornée  de 
quatre  statuettes.  Placée  à  une  assez  grande  hauteur,  cette 
grande  pièce  s'appuie  sur  les  murs,  qui  forment  en  cet  endroit 
une  semi-rotonde.  Sa  largeur  est  de  6™75.  Les  orgues,  qui 
rivalisent  avec  celles  de  St-Paul,  de  Si-rvlartin  et  de  Si-Denis, 

[*  )  Guide  hist.  et  art.  dans  les  églises  Sc-Paul,St  Jacques,  etc.,  par  E.  T.  p.  31. 
(*)  Hist.  de  la  peinture  au  pays  de  Liège.  1873. 


-  .^90  — 

sont  l'œuvre  de  Merklin  el  Scliulz;  leur  placement  date  de  1851. 
La  rotonde  est  tapissée,  jusqu'à  celte  hauteur,  de  marbre  de 
St-Remi,  s'étendant  jusqu'aux  deux  portes  des  tours  placées  en 
face  des  nefs  latérales.  Elle  est  garnie  de  minces  pilastres.  Deux 
larges  piliers  encadrent  chacune  des  portes,  lesquelles  sont 
surmontées  d'un  écusson  d'armoiries  et  d'un  chronogramme 
inscrit  sur  une  plaque  en  marbre  blanc.  Les  sculptures  de  l'en- 
cadrement, en  marbre  noir  de  Theux,  sont  du  style  Louis  XVL 
Ces  pierres  sont  consacrées  à  rappeler  la  mémoire  du  doyen 
Uwens,  qui  a  fait  construire  à  ses  frais  le  pavé  de  l'église. 
En  dessous  de  ses  armes  qui  portent  un  navet,  on  lit  à  droite  : 
sIt  paX  VWens  DatorI  pIo,  et  GonstrVCtorI  paVIMentI  naVIs  ; 
et  à  gauche  :  eX  MV-nIkIGentIa  DeCanI  VWens  fIt  stmtVra 
L\  naVL  (1747.) 

4°  Quatorze  stations  en  lithographie  encadrées,  qui  seront  un 
jour  remplacées  par  des  peintures.  Elles  ont  été  érigées  le  4 
mai  1845. 

5°  Deux  confessionnaux  modernes,  placés  dans  des  niches 
situées  au  centre  des  côtés  latéraux.  On  remarque  au  dessus 
deux  bas-reliefs,  représentant  l'un  le  buste  de  St-Pierre,  l'autre 
celui  de  St-Paul. 

Trésor  erî  e  . 

Les  objets  d'art,  que  l'on  remarque  à  la  trésorerie,  sont  les 
suivants  {')  : 

i"  Un  magnifique  ostensoir  en  vermeil,  style  de  transition 
(du  roman  au  gothique),  exécuté  en  1868,  par  M.  Drion,  orlèvre 
à  Liège,  ciselé  par  Meriens  et  doré  par  Demonchy.  Les  dessins 
ont  été  fournis  par  M.  Durlet,  architecte  d'Anvers,  qu'une  mort 
prématurée  a  empêché  de  voir  l'œuvre  achevée.  Cet  objet  d'art 
a  coûté  9,000  fr.  Sa  hauteur  est  de  72  1/2  centimètres,  son 
diamètre  de  24  centimètres.  Sa  forme  générale  est  celle  d'une 

(*)  Mentionnons  avec  M.  de  Crassier  «  la  l)elle  lampe  en  argent  qui  orne 
aujourd'hui  le  chœur  de  Sl-Paul  cl  qui  appartenait  à  l'église  collégiale  de  St-Bar- 
ihéleini.  »  Recherches  sin-  l'hisi.  de  la  priiicip.  de  Liège,  p.  S78 


—  391  — 

chapelle  ronde  ogivale,  soutenue  par  six  contreforts  trilobés  à 
deux  étages  saillants.  La  partie  supérieure  se  compose  de  trois 
couronnes  superposées;  la  dernière  est  surmontée  d'une  croix 
à  cinq  roses  quadrilobées,  au  centre  et  aux  bras.  Elles  servent 
à  fermer  un  cylindre  en  cristal  recouvrant  la  lunette  qui  est  au 
centre.  Cette  chapelle  est  à  son  tour  portée  sur  une  tige  décorée 
d'un  nœud  très-Coit.  Le  pied  est  quadrilobé  et  évasé;  il  renferme 
dans  chacun  de  ses  lobes,  en  forme  de  médaillon,  le  buste  aux 
trois  quarts  d'un  évangéliste. 

2°  Un  ciboire  en  vermeil,  haut  de  0"'44.  La  coupe  a  un  dia- 
mètre de  0"'14;  le  chronogramme  suivant,  qu'on  lit  à  l'extérieur, 
indique  que  c'est  un  don  de  Hallings,  curé  (de  St-Thomas  ?)  : 
haLLIngs  pastor  hVJVs  Me  DonaVIt  aVrarIqVe  CVuaVIt.  (1740). 
Le  couvercle,  légèrement  bombé,  se  termine  par  un  groupe  de 
trois  têtes  d'anges  allés,  en  haut-relief,  soutenant  une  croix 
moulée.  Il  est  ornementé,  ainsi  que  la  fausse  coupe,  de  car- 
touches variés,  de  gerbes  de  froment  et  de  grappes  de  raisins 
en  léger  relief.  La  tige  est  formée  d'un  autre  groupe  de  trois 
tètes  d'anges,  dont  les  aîles  se  relient  au  pied. 

3°Un  autre  ciboire  en  vermeil,  plus  grand,  mais  moins  large, 
haut  de  0'"47.  Sa  coupe  mesure  0'"12  de  diamètre.  La  tête  est 
couverte  d'arabesques  religieux  et  profanes.  Une  statuette, 
la  Beliyioii  portant  la  croix,  hauteur  0"'03,  la  surmonte.  A  ses 
pieds  se  voient  des  têtes  d'anges  ailés,  en  relief.  Sept  médaillons, 
dont  quatre  représentent  les  bustes  des  évangélistes  en  bas- 
relief,  ornent  la  fausse  coupe.  La  base  présente  quatre  sujets 
dans  d'autres  petits  cercles  ornementés  :  la  tête  du  Christ,  la 
manne  du  désert,  l'agneau  pascal,  le  serpent  d'airain.  A  l'inté- 
rieur du  couvercle,  on  lit,  au  dessus  du  Christ  gravé  :  DOM. 
Catherina  Colar-Coclers  1738;  en  dessous  :  Eccepanis  angelorum 
factus  cibus  viatorum . 

4"  Trois  beaux  canons  d'autel,  dont  un  grand,  formant  trip- 
tyque et  deux  plus  petits,  sur  velin, encadrés.  Le  grand  mesure: 
hauteur  0™45,  largeur  0"'48,  et  chaque  volet,  longueur  0™24. 


—  392  — . 

L'écriture  et  les  miniatures  sont  dans  le  style  de  l'époque  de 
transition  romano-ogivale.  Le  sujet  principal,  qui  occupe  le 
centre,  représente  la  Cène  de  Notre  SeUjneiir  avec  ses  apôlres,  en 
tête  du  volet  de  droite  nous  reumrquons  le  Baptême  de  N.  S.  ; 
en  tête  de  celui  de  gauche,  la  Sainte  Trinité. 

Les  deux  petits  canons  ont  :  hauteur  O'^-M  et  longueur  0"'26. 
St-Jeun  dans  File  de  Patmos  et  le  Baptême  de  N.  S.,  tels  sont  les 
épisodes  reproduits  en  tête  de  chacun  d'eux.  Les  cadres  sont 
gothiques,  dorés  et  couverts  de  rosaces  peintes. 

Cet  ouvrage,  exécuté  par  M.  J.  Helbig,  est  un  hommage  fait 
à  l'église  de  S.  Barthélemi  par  M.  Aerts,  notaire,  fils,  et  son 
épouse,  en  souvenir  de  leur  mariage  enl8ii6.  Sur  une  banderole 
peinte  au  dos  d'un  des  canons,  on  lit  ces  mots  :  A.  D'  1866  de 
donis  Dei  offerunt  A.  A  rts,  noturius  et  uxor  ejus  ecclesiœS.  Bar- 
tholomœi.  J.  Helbig  pinxit. 

5"  Un  reliquaire  delà  Sainte  vraieCroix,  en  argent,  avec  pied, 
forme  ovale,  en  cuivre  argenté,  hauteur  0"',40. 

6»  Un  calice  d'argent,  avec  patène  dorée ,  hauteur  0"',2o.  La 
coupe  seule  est  en  vermeil  et  a  0'",09  de  diamètre.  La  fausse 
coupe,  la  poignée  et  le  pied,  lequel  mesure  0™,16  de  diamètre, 
sont  torses. 

7"  Une  paire  de  burettes,  forme  torse,  hauteur  O"», 12,  avec 
plat  d'argent  circulaire  de  0"\27  de  diamètre. 

8"  Un  calice  en  argent  uni,  forme  ordinaire  avec  patène 
dorée,  hauteur  O'",2o.  La  fausse  coupe  représente  une  feuille 
d'acanthe.  La  coupe  dorée  a  0"',10o  de  diamètre;  la  base  0"\17. 
On  voit  sur  cette  dernière  un  blason  et  la  date  1761.  Il 
porte  écartelé  :  1  et  4  de  vair,  2  d'argent  à  trois  faces  de 
gueule,  3  un  lion.  Heaume  et  lambrequins  avec  cimier  et  le 
vair  de  l'écu. 

9°  Un  calice  d'argent  uni,  avec  patène  dorée,  hauteur  0"',245. 
La  coupe  est  en  vermeil,  le  pied  hexagone  mesure  0'",16  de 
diamètre. 


—  393  — 

iO"  Un  petit  calice  en  cuivre  doré;  la  coupe  et  la  patène  sont 
en  vermeil.  Le  pied  est  sextilobé  et  chatonné  de  six  pierres 
fausses  :  bleues,  rouges  et  vertes.  Des  pierres  semblables  se 
retrouvent  au  nœud  à  six  côtes. 

11"  Un  petit  ostensoir  en  cuivre  doré,  gothique,  ayant  la 
forme  d'un  soleil  (œuvre  de  M.  Dehin). 

12"  Une  paire  d'encensoirs  en  argent,  ordinaires  ;  hauteur 
0'",29  et  0"\16  de  diamètre.  La  navette  en  argent  :  hauteur 
0°','10,  longueur  0™,15. 

13"  Une  croix  de  procession  carrée,  en  cuivre  doré.  Le 
Christ  est  en  argent. 

14"  Une  croix  carrée  en  argent,  avec  une  boule  à  chaque 
extrémité;  le  Christ  est  doré.  Elle  provient  de  l'ancienne  église 
de  St-Georges. 

15"  Une  grande  croix  plate  en  bois,  couverte  d'une  platine 
en  argent.  Le  Christ  est  en  bois  doré.  Cette  croix  sert  aux 
céi'émonies  de  la  semaine  sainte. 

16"  Deux  petites  boites  jumelles  en  argent,  pour  les  saintes 
huiles  des  catéchumènes;  trois  autres  pour  l'huile  des  infirmes 
et  une  custode  en  argent. 

17"  Un  petit  piédestal,  servant  de  reposoir,  en  cuivre  doré, 
rehaussé  d'arabesques  en  argent,  monté  sur  bois.  On  le  place 
dans  un  petit  tabernacle,  pour  le  salut. 

18"  Un  gonfanon  en  velours  rouge  sur  lequel  est  représenté 
en  bas-relief  d'or  le  Martyre  de  St-Barthélemi. 

19"  Un  beau  et  grand  baldaquin,  sculpté  en  bois,  par  Radino. 

Pierres    tumulaircs. 

Il  y  avait  jadis  à  S.  Barlhéiemi  un  grand  nombre  de  pierres 
tumulaires.  Malheureusement,  on  en  a  perdu  beaucoup  lors- 
qu'on a  repavé  l'église  au  siècle  dernier;  d'autres  sont  reléguées 
sous  les  tours  et  dans  les  cloîtres.  Ces  dernières  sont  frustes. 

Voici  les  inscriptions  que  nous  avons  pu  recueillir  : 


-  394  — 

1*  La  pierre  de  Jean-Philippe  de  Hessalle,  portant  son  écu  et 
son  épitaplie.Eile  était  placée  dans  la  chapelle  duS.Sacîement; 
elle  n'existe  plus.  Le  blason  de  Jean-Philippe,  celui  de  son 
épouse,  figuraieni  également  sur  la  table  d'autel  de  cette  cha- 
pelle et  sur  uiie  fenêtre.  A  la  voûte,  on  lisait  le  chronogramme 
suivant  : 

sCabInVs  De  hessaLLe  DéDIt  (1707). 

2°  Celle  de  Conrard  de  Haxhe,  placée  sous  une  statue  de  S. 
Joseph,  dans  une  nef  latérale  (1690). 

S"  «  Une  pierre  armoriée  du  16'-  siècle,  avec  une  inscription 
provenant  des  cloîtres  et  qui  a  éié  donnée  par  la  fabrique  au 
Musée  provincial  de  Liège,  lors  de  la  démolition  de  ces  cloîtres 
en  décembre  1860.  Au  sommet,  on  voit  l'écusson  de  Denis 
Quinlin,  de  Graiid-Halleux,  chanoine  et  chantre  de  cette  ancienne 
collégiale.  Cet  écusson  porte  :  au  piemier  dc.a'j  lévrier  issanl 
de...  accolé  de...;  au  second  de....  à  la  montagne  de  trois  cou- 
peaux  de...  mouvant  de  la  pointe.  Sous  la  date  1543,  on  lit  ces 
mots  :  Dus.  Diouisi.  Qvitini.  de.  Halleo.  magno.  cano.  et.  cator. 
fecit.  fieri.  »  Catalogue  du  Musée  provincial,  1864. 

4°  «  Une  pierre  tombale  du  17e  siècle,  provenant  également 
des  mêmes  cloîtres,  donnée  par  la  fabrique. 

«  La  partie  supérieure  représente  une  résurrection  et  l'épi- 
taphe  rappelle  la  mémoire  de  Martin  Loneux.  Elle  est  ainsi 
conçue  :  Ilonesto  Ivveni  Marlino  Lonevx  gijmnasij  Bartholomeani 
moderatori  qvi  vigesimo  primo  œtatis  anno  e  vivis  decessit. 
D.  Micliael  Lonevx  hvivs  Ecclesiœ  sacellanvs  [rater  fratri  ponebat 
A»  1618.  ))  Catalogue,  ibid.,  p.  40. 

5°  «  Une  pierre  armoriée,  provenant  d'une  maison  qui  exis- 
tait sur  les  cloîtres,  donnée  au  Musée  par  la  fabrique.  L'écusson 
porte  :  burelé  d'argent  et  de  sinople  de  10  pièces,  au  lion  de 
gueules  couronné  d'or,   brochant  sur  le  tout.  L'inscription 


—  39S  — 

gravée  en  dessous  fait  connaître  que  Guilleaume  de  Jennet, 
chanoine  de  S.  Bailhélemi,  a  fait  bâtir  cette  maison  pour  son 
usage  et  pour  servir  d'habitation  à  ses  successeurs.  Voici  cette 
inscription  :  Hanc  domnm  pro  suo  confratrumz.  suorum  perenni 
annario  (')  struxit  Bdus  admdm  dniis  Guillielmus  de  lennet 
huius  eccliœ  cancus.  A°....  12  may  1710.  »  Ibidem. 

Sous  les  deux  tours  ,  nous  remarquons  les  pierres  sui- 
vantes :  dans  celle  de  droite,  1"  une  pierre  tumulaire  formant 
pavé  et  taillée  en  bas-relief.  On  voit,  au  centre,  un  prêtre  en 
habits  sacerdotaux  tenant  un  livre  en  mains.  La  partie  supé- 
rieure de  l'encadrement  qui  renferme  ses  armoiries,  ainsi  que 
les  colonnes,  sont  de  l'époque  de  la  renaissance.  L'inscription 
suivante  forme  les  côtés,  et  les  quatre  symboles  des  évan- 
géiistes,  les  coins  :  Hic.  jacet.  sepidtiis.  prob\  ac.  dilect.  vir. 
dus.  Guilelm.  Waiglit.  hu.  ecclie.  dum.  vixil.  cauomc.  qui  obiit. 
ano.  1S40,  kalendis  maij.  Hauteur  S"", 01,  longueur  0°\90. 

2"  Une  pierre  tombale  en  bas-relief,  du  style  de  transition  du 
moyen-âge  à  la  renaissance.  Au  centre  est  figuré  un  prêtre  en 
habits  sacerdotaux  gothiques,  tenant  en  mains  un  calice.  L'en- 
cadrement en  arabesques  joint  l'épitaphe  qui  fait  le  bord  de  la 
pièce.  Aux  quatre  coins  sont  placés  les  emblèmes  évangéliques. 
Dans  l'ornementation  supérieure,  on  voit,  en  guise  de  blason, 
une  charrue  et  ime  lierse.  On  lit  autour  du  bord  ;  Hic.  jacet.  vene- 
rabilis.  vir.  dus.  Joes.  Bartholome.  de  BocJioiit.  h.  eccle.  canon,  qui 
clausit.  die.  extremu.  a  nativitaîe.  Dni.  MDXÎIII  mensis  martii 
die  vicesima  octava.  Hauteur  l'",92,  largueur  1°\12. 

3"  Dans  celle  de  gauche  au  contraire  on  voit,  une  pierre 
tumulaire  de  la  renaissance  en  léger  relief.  Deux  colonnes 
en  arabesques,  placées  aux  deux  côtés,  soutiennent  un  dais 
formé  également  d'arabesques;  au-dessus,  en  guise  d'armoi- 
ries, un  soleil  rayonnant.  Au  centre  est  placé  un  prêtre  en 
habits  sacerdotaux,   un  livre  en  mains.   L'épitaphe   suivante 

(*)  A'i'ùversarin. 


-  396  — 

se  lit  sur  les  bords,  el  aux  quatre  coins  sont  les  emblèmes 
des  évangélistes  :  Hic.  jacet.  sepult.  vir.  proMis.  Mgr.  Bartho- 
lome.  Gérard.  Zohovi\  iitrhtsq\juris  haccalaureï  huj.ecde.  cano. 
et  scliolastic\  obiit  A.  Io4o  die  '-ISme.  K.  Mart. 

Nous  tirons  du  recueil  de  Langius  quelques  épitaphes  des 
doyens  de  la  collégiale. 

liic  iacet  honorabilis  vir  Dus  lohanncs  Quarteal  canon"'  et 
decanus  eccliœ  5''  Bartholomei  Leodien.  Qui  obijl  anno  a  Nativi- 
tate  Dni  M.  CGC.  LXIX.  mensis  octobris  die  iiij.  Cw"  aia  requies- 
cat  in  pace. 

Hic  iacet  honorabilis  vir  Dominus  Theodericus  de  Reis  decanus 
huius  ecclesiae  qui  obijt  anno  Dni  M.  CGG.  L.  sexto  in  die  epipha- 
niae.  Orate  pro  anima  eius. 

Anno  Dni  M.  GGG.  septuagesimo  nono  XXV  die  mensis  junij 
obijt  venerabilis  vir  Dns  Petrus  Husar  de  Hodeige  decanus  et 
canonicus  huius  eccliae.  Gujus  anima  requiescat  in  pace.  Amen. 

Ghy  giest  Mesyr  Ernoy  de  Serey  (Seraing)  jadit  doyen  de  Sen 
Betremé  q  trepasat  lan  M.  GGGC  et  XXXX.  XXII IJ  jour  de  May. 

Hic  iacet  venerabilis  vir  Dns  Gaspar  Gobsciep  decanus  huius 
ecclesiae.  Qui  obijt  anno  Dni  1424,14  die  sepleb. 

Hic  tumulatus  iacet  Ven'''  dns  lohes  Burgensis  huius  eccliae 
dum  vixit  decanus  q.  dieb'  dnicis  in  navi  eccliae  missam  decantan 
institua.  Inviolata  cui'  aia  posiquani  decanalum  36  annis  rexisset 
a.  corpore  sui  gravit  ad  Dnum  21  mail  anno  lo46. 

Hic  ex  opposito  iacet  Rcvcrendus  Bartholdus  Sievart  I.  V.  L. 
huius  ecclesiae  dum  viveret  decanus. Qui  obijt  20  martij  anno  1626. 

Almœ  Redemptoris  Matri  Virgini  Sacr.  lacobo  a  Termonia  lur. 
Vtr.  Licen*".  ac  istius  eccliae  decano:  Qui  missam  hic  feriis  2''  catu 
celeb"'"'"  fundavit.  Testam'"  hœredes  :  monum'""'  piae  gratid"''  erga 
poni  curarK  Obijt  octavo  kl.  febr"  1581. 

Hic  iacet  venerabilis  vir  Dominus  necnon  Magister  Jacobus  de 
Gameraco  huius  venerabilis  erclesim  decanus  et  canonicus  qui 
obiit  anno  Virginci  parlas  Millesinio  Quingentesimo  decimo  mensis 
junii  die  denima  septima.  Requiescat  in  pace.  Amen. 


—  39T  ~ 

Avant  la  révolution  française  de  1793,  l'église  de  St-Barthé- 
lemi  comptait  parmi  les  huit  collégiales  de  Liège.  Sa  prévôté 
passait  pour  la  plus  opulente,  et  l'élection  de  son  doyen  et  de 
son  chantre  avait  lieu  comme  dans  les  autres  chapitres.  Seule, 
l'écolàtrie,  bénéfice  d'un  bon  revenu,  était  élective  en  dehors 
de  ce  corps  et  l'église  en  recevait,  personnellement  très-peu  de 
services,  sinon  beaucoup  de  désagrément. 

On  réorganisa,  en  avril  1803,  les  paroisses,  les  succursales 
et  les  chapelles  auxiliaires  dans  le  diocèse  de  Liège.  Ce  travail, 
soumis  au  gouvernement  français,  fut  ratifié  le  29  août  de  la 
même  année.  Au  mois  d'octobre  suivant,  M.  J.-A.  Vlecken, 
doyen  du  chapitre  de  la  cathédrale  de  St-Paul,  installa  respecti- 
vement les  curés  de  i'^  et  de  2'^  classe  de  la  ville  de  Liège  ('). 

C'est  ainsi  que  nous  voyons  figurer,  pour  la  première  fois, 
comme  curé  primaire  de  Sl-Barlhélemi,  Laurent  Thone,  ancien 
curé  de  Sle-Gertrude  dans  la  même  ville.  Puis  viennent  succes- 
sivement Théodore-Joseph  Cloes  en  1817  et  Sébastien-Joseph 
Lovens  en  1830.  Ce  dernier  passa  en  la  même  qualité  à  l'église 
de  S.  Remacle  à  Verviers  en  1833.  Il  eut  pour  successeur  son 
frère  Gérard  Lovens,  qui  mourut  le  12  juin  1857.  Gérard  Lonay, 
ancien  professeur  de  philosophie  à  St-Troud,  fut  alors  nommé 
doyen;  son  installation  eut  lieu  vers  la  fin  de  cette  année.  Il 
donna  sa  démission  en  1867.  Le  doyen  actuel  est  M.  Vincent- 
Joseph  Dupont,  qui  fut  installé  en  octobre  de  la  même  année. 

C'est  à  Sl-Barlhélemi  que  nous  trouvons  une  des  plus  an- 
ciennes confréries  de  notre  ville  :  la  confrérie  du  Mont  Carmel. 
Elle  célèbre  chaque  année  son  octave  solennelle  au  mois  de 
juillet;  une  foule  nombreuse  de  fidèles  s'y  rendent  de  tous 

(*  )   ThimisTER  :  Essai  hisi.  sur  l'église  Sf-Paul,  jv.  129. 


—  398  — 

les  points  de  la  cité.  Le  pape  Pie  Vlli'a  enrichie  de  nombreuses 
indulgences.  MM.  le  doyen  et  les  vicaires  distribuent  à  cette  fête 
le  scapulaire  du  Mont  Carmel.  Nous  rappelerons  également  les 
noms  des  autres  confréries,  qui,  sans  être  aussi  anciennes,  n'en 
sont  pas  moins  bien  suivies.  Ce  sont  celles  de  N.  D.  du  Rosaire, 
des  saints  anges  gardiens,  des  trépassés^el  de  S.  Rock,  qui  a  fait 
son  jubilé  de  50  ans  en  1870.  Le  jubilé  pascal  de  notre  église 
a  été  célébré  enl872et  on  en  a  perpétué  le  souvenir  par  uncru- 
cifix  gothique,  qui  est  placé  au  fond  delà  nef  latérale  de  gauche. 
Avant  de  transcrire  la  liste  des  prévôts,  des  doyens  et  des 
chapelains  de  cette  collégiale,  nous  allons  donner  la  nomencla- 
ture des  bénétîces  extraordinaires  qui  étaient  attachés  au 
revenu  commun  de  la  résidence. 

Bénéfices  (•). 

Avec  charue  de  dire  par  .semaine: 

\ .  Autel  de  St-Barthélemi 1  messe 

2.       »     de  la  Ste-Vierge 2    id. 

5.  »     de  St-Thomas  el  de  Ste-Catherine  .     .  1     id. 

4.  »     de  la  Ste-Vierge  et  de  St-Laurent    .     .  1     id. 

5.  »     de  la  Ste- Vierge  et  de  S.  Paul     .     .     .  2    id. 
().       »     de  St-Augustin 2    id. 

7.  »     de  St-Jean-Haptisie 2    id. 

8.  »     de  St-Jean-Evangélisle  et  St-Léonard  .     \     id. 

9.  w     des  11,000  vierges 1     id. 

10.  »     des  SS.  Jean-Baptiste  el  Jacques    .     .     2    id. 
H.      »    des  SS.  Denis  el  Vincent 1     id. 

12.  »     de  S.  Nicolas 2    id. 

13.  »    de  S.  André 1    id.et2 par  mois 

11.  »    de  St-Martin \     id.  et  2  par  mois 

15.  »  des  SS.  Pierre  et  Hubert 1     id. 

16.  »  de  Ste-Foi,  l^*  fondation —  2  par  mois 

17.  »  des  Stes-Foi  et  Agnès,  2«  fondation.    .  —  1  par  mois 

18.  »  de  Ste-Barbe 1     id. 

19.  »  de  la  Ste-Trinilé  et  de  Ste-Catherine  .  1     id.   2  par  mois 

(  '  J  Manuscrit  Devaulx,  à  1  Université  de  Liège,  t.  1. 


—  399 


20.  Autel  des  SS.  Georges  et  Gilles —  2  par  mois 

21.  »    des  SS.  Laurent  et  Pancrace.     .     .     .    — 2  par  mois 

22.  »     de  S.  Rémi 1  messe 

25.      »     des  SS.  Philippe  et  Jacques. 

Ce  dernier  bénéfice  était  réuni  à  lachantrerie, 
et  le  chantre  avait,  comme  les  autres,  le  droit 
de  résidence. 
2i.  Autel  de  la  Ste-Vierge  et  de  Ste-Anne.     .     .    5    id.  par  an 

Ce  bénéfice  ne  donnait  pas  droit  à  la  résidence. 
25.  Benefîcium  organutœ  sine  residentia. 


1013.  Jean. 

lOiG.  Erpon. 

1078.  Hugo  (duc  de  Bourgogne). 

1112.  Alexandre. 

(2)  t  llôl.  Hugues, 

1151.  Dodon. 

1142.  Weric. 

1154.  Brunon. 

1195.  Albert  de  Rethel. 

12U.  Ludolphe. 

1217.  Thomas. 

1258.  Godescalc  de  Dompierre. 

fie  15fév. 1514. Rob^^deS. Laurent. 


I*i*évôts  (*  ). 

1155.  Arnold  de  Gavre. 
t  li69.  Ferri  de  Chiqui. 


t  le  i0marsl'i75.  Raes  de  Ryckel. 
t  ensept.  1505.  Jacq.  deCorswarem. 
(3)  fie  H  av.l529.Phil.delaMarck, 
t  enl577.Guill.,c'«-de  laMarck. 
t  le  5  oct.  1585.  Michel  Nuyens. 
flelooct.  1626. H"^' de  Ruischemberg. 
t  le  5  juin   1652.    Jean  d'Elderen, 

seigneur  de  Love  et  Rechoven. 
t  le  26  juin  1655.  Gaspard Pacquier. 
t  le  2  août  1681.  Gilles-François  de 

Chokier  de  Surlet. 


ten  août  1556.  Alexand'«deFléron.    1688.  Jean-Louis  d'Elderen  de  Ge- 


fen  juil.  1 554.  Guil.  de  Bautershem. 
1559.  Helmic  de  Moylant. 
1  iOO.  Jean  de  la  Tour. 
tl405.  Rdbert  de  S.  Laurent. 
t  le  27  mai  1414.  Renier  Van  den 
Bongart. 


noels-Elderen,  devenu  évêque  en 

1688,  résigna. 
1694.  François  Guill.  b""  de  Bochoitz. 
t  le  51  juil.  1704.  Martin  de  Fossé, 
t  le  25  oct,  1721.  Mathias  Joseph  de 

Clerx  d'Aigremont. 


{*)  Le  chapitre  de  St-Lambert,  par  M.  J.  de  Theux  de  Montmrdin,  4  vol.  Miroir 
des  Pobles  de  Hesbaye,  par  J.  de  Hemricourt.  Edit.  Jalheau  :  l'obituaire  de  S. 
Barthélemi.  —  Registre  aux  récès  et  léception  de  S.  Barthélemi  (aux  archives). 

(-)  La  croix  indique  l'époque  de  la  mort 

('  )  Polit,  dans  son  ouvrage  :  l'inauguration  d'Ernest  de  Bavière,  donne  à  tort,  à 
Wynand  de  Wyngaerde,  le  titre  de  prévôt  en  4540. 


400 


fie  8  juil.  1 722.  Jean  Pierre  de  Rosen . 
t  le  26  avril    1764.   Maximiiieii 

Jérôme,  comte  de  Poitiers, 
tle  5  janv,  1770.  Guill.  Marie,  B°" 

de  Coudenhove  de  Frailure. 


1796.  De  Chéquier  (i). 

t  le  29  mars  1804.   Marie-Philippe- 

Alexandre-Charles-Hyac.  ,  comte 

de  Rougrave. 


Doyens. 


1031.  VVazon. 

1045.  Bernard. 

1046.  Ailulus. 

1140.  N.  qui  devint  religieux  à  St- 

Laurent  à  Liège. 
1171.  Frédéric. 
1190.  Henri. 
1204.  Arnold. 
1209.  Heribert.  „ 
1216.  Seraphini. 
1253.  Walthère  de  Cipillieres(2). 
1294.  Angles. 
t  le  6  janvier  1350.  Théodore  de 

Reys  (3). 
tle  4  ott.  1369.  Quarteal. 
fie  25 juin  1379.  Pierre  Husar 

de  Hûdeige. 
44....  Messire  Simon  Winant. 
1420.  Raduiphe  Vos.      . 
tle  14  sept. 1424. GasparGobsciep. 
t   le  24   mai    1440.    Arnold   de 

Serey  (Seraing). 
1446.  Gilles  de  Bysenhaye. 
t  1458. Jaspar  Hebscap. 


tle  17  juin  1 510.  Jacques  de  Carabray. 
t  le  21  mai  1546.  Jean  Bourgeois. 
1576.  Henri  Bardouille. 
tle 24  janv.  1581.Jacq.de  Termonia. 
1581.  Ballhazar  d'Aoûst. 
16....  Willem  de  Brunforde. 
1 1615.  Gérard  Loerls. 
1620.  Arnold  Borlant. 
tle 20  mars  lG26.BartholdusSlevart. 
1629.  Gilles  Adam  Delooz. 
t  le  4  janv. 1656.  Nicolas  de  Rocour. 
1672.  Pierre  Delooz, 
1708.  Van  Bréc. 
....  Uten 
....  Fayen 
....  Spirlet 
1728.  Lambert  Marel. 
1747.  Uwens. 
1774.  De  Muno. 
t  1781.  Henri  Lecart. 
t  1792.    Dorothée  Corroy. 
—Élu  le  l^'oct.  1792.  Jean  Chrysos- 
torae,  B»°  de  Goswin. 


(*)  Sl-Barihélemi.  Distrilmlions,  -1790.  n»  3803,  archives  de  l'Etat  à  Liège. 

(2)  Ciplet. 

(')  Le  chanoin»  HenbottE  :  inscriptions  funéraires. 


^  401 


Chanoines 


1043.  Warner. 

H46.  Gizo. 

1265.  Herraan  dit  le  Simple. 

d267.  Arnold  d'Ockier. 

tjanv.  1279.  Simon  d'Andenne. 

1283.  Ernulde  Stavelot. 

1521.  Nicolas  Surlet  dilKamar. 

1322.  Guilleaume. 

-(-le  5nov.lô27.BeauduindeLardier. 

1350.  Guill.  de  Petershem. 

1558.  Mgr.  Desart. 

1585.  Jean  Seriner. 

1585.  Beauduin  de  Villers. 

1586.  Guilleaume  de  Brunsove. 
1597.  Jean  Dende. 

1406.  Walter  Thiry. 

1417.  Bauduin  dit  le  chan.  de  Mil- 
morie. 

U18.  Gilles  Gobin. 

1418.  Messire  Jean  Benoîte. 
1418.  ?.!essire  Jean  Alarf. 
1418.  Jean  de  Bouxtem. 
tl426  le  5  juil.  Henri  Botton. 
1429.  Lambert  de  S.  Georges. 
1451.  Jean  d'Heure. 

1456.  Mathieu  de  Steyn. 
1440.  Gilles  Bisenhaye. 
1442.  Renard  de  Reltincourt 
1447.  Jean  de  Op  Heers. 
1450.  Jean  Simon,  dit  Rousseau. 


1453.  Arnold  Bruyn. 
14...  Simon  de  Hollogne. 

1458.  Christan  Gravia. 

1459.  Libert  Libotte. 

1470.  Gérard  Depas. 

1471.  Jacquemin  Chevollet. 

1471.  Guill.  de  Brunshorn. 

1472.  Pierre  Cornelis. 
1475.  Jean  de  Cologne. 
1475.  Evrard  de  Yerchoulte. 
1475.  Jean  de  Beeringen. 
1474.  Gérard  Staffar. 
1474.  Jacob  Royer. 

1474.  Etienne  de  Salvaster. 
1477.  Guill.  de  Erpe. 
1477.  Mathieu  Hake. 
t  1478.  Nicaise  de  Bruxelles. 
1479.  Simon  Frieches. 

1479.  Jean  Chevollet. 

t9  sept.  1480.  Godefroid  de  Aslen. 

1480.  Thomas  Rurtonbur. 
1480.  Guiil.  de  Gothem. 

7  15janv.  1481.  Gilles  Jamesius. 
1482.  Gérard  Jamesius. 
1 1482.  Mathieu  Hacken. 
1482.  Laurent  Lamberty. 

1484.  Henri  de  Raetshoven. 
1 1485.  Henri  Berwonkel. 

1485.  Nicolas  Marchant. 
1485.  Henri  de  Hervia. 


(*  ) Miroir  des  nobles  de  la  Heshaye,  par  J.  de  IlEMRlColRT,  édit.  Jalhcau. — Con- 
clusious  capiltilaires,  tomes  10,  15,  26,32.  —  Echevins  de  Liège,  \.  2,  7,  8,  10, 
14,  15,  16,  18,   19,  25. 


402 


1489.  Alexandre  de  Seraing. 

149i.  Gérard  de  Poulseur. 

1494.  Jacques  de  Corswaremme. 

4498.  Henri  de  Racoourt. 

t 1504   Léonard. 

15....  Lambert  de  Lysen. 

15....  Lambert  de  Persant. 

15....  Nicolas  Turlet. 

1508.  Jean  Hoeghen. 

1 1508.  Laurent  Lambert. 

t  1508.  Gérard  Scaffer. 

t  1508.  Nicolas  Marchât. 

15....  Henri  de  Bastogne. 

15....  Gérard  Siiynne. 

1 1510.  Henri  Vacourt. 

1 1511.  Louis  de  Meffe. 

fie  28  mars  1514.iean  Barthélemi 

de  Boechout. 
1515.  Gérard  Bartholomei. 
1515.  Guill.  de  Brunsoede. 
1515.  Jean  Billocke. 
1515.  Pierre  Cornelis  de  Frère. 
1517.  Henri  Botton, 
1520.  Henri  Dcpuche. 
15....  Jean  de  Tudinio. 
t  lel9.ianv.  1522.  Jean  Daff. 
1 1531.  Jean-aiix-Hcibes. 
1550.  Jean  Van  den  Schmeren. 
t  en  mai  1540.  Guill.  "NVaiglit. 
•]•  1542.  Jacques  Mosselveld. 
1545.  Jean  Barthélemi, 
1 1545.  Denis  Quintin, 
1544.  Geraid  Chevalier, 
t  le  4  nov.  1545.  Pierre  Butkens. 
i'  1545.  Lambert  de  Tudinio. 
t  le  28  mars  1545.  Barthélemi 

Gérard  Zohovi. 


1 154G.  Jean  Bourgeois- 
ie.... Lan)bert  de  Maestricht. 
15....  Jean  Gybels. 
t  1550.  Antoine  de  Stavelot. 
1 1554.  Engleberi  Taswignus, 
1 1558.  Jean  Malathe. 
t  1557.  Jean  Schnée. 
15....  Poncardus. 
15....  Hubert  de  Bernamont. 
15....  Herman  de  Wilrede. 
1,564.  Jean  de  Hille. 
15....  Henri  de  Herma 
1 1566,  18  janv.  Conrard  Rost. 
15....  Gérard  Desart. 
f  1567.  Jean  Fréris. 
tl8  fév.  15...  Marsille  de  Lindroppe 
15....  Beauduin  de  Lardier. 
15....  Libert. 
1569.  Ph.  de  .Mohierville. 
t  1575.  Arnold  Toutpays* 
15.,..  Nicolas  de  Waroux. 
15....  Théodore  Buke. 
t  1575.  Michel  Haveaux. 
1582.  Jean  Danielis. 
tl584.  Guill.  Termonia. 
15....  Gérard  de  Cens, 
t  1590.  Jean  de  Glymes. 
t  l'"'nov.  1598.  Georges  Bourgeois. 
15....  Pierre  Maneal. 
15....  Willem  Broncorde. 
fôdéc.  1601.  Guill.  Doern. 
t27  déc.  1601.  Henri  Venins, 
t  le  26  juil.  1605.  Arnold  de  Wach- 

tendonck. 
t  le  13  avril  1007.  Jean  Reyncats  de 

Cock. 
1618.  Nicolas  Rocourt. 


-  408 


1 5  juin  1619.  Nicolas  Contraire. 

16..,.  Lambert  de  St-Georges. 

16....  Gérard  De  Chêne. 

16....  Gérard  de  Bertous. 

16....  Jean  Sardien. 

16....  Jean  Depont. 

1627.  Ferdin.  Isidore  deBeckman. 

1 20  sept.  1635.  Michel  Ancion. 

16,...  Guidon  deTorocia. 

16....  Jean  Alard. 

t  9  août  1656.  Arnold  Laporte. 

16....  JacquesDesnionls. 

16....  Arnold  Nullens. 

16,,..  Jean  de  Bolland. 

16....  Nicolas  Hemedeux. 

16....  Renier  Salmier. 

16....  Francon  de  Broul. 

16....  Jean  Dérive. 

16....Guill.  Eckers. 

16....  Guilleaume  Daniel. 

16....  Walthère. 

16.,,.  Laurent  Lambert. 

1644.  Laurent  Lhoest. 

1656.  Jean  Prion. 

1656.  Jean  Gotlir. 

fie  2  mars  1666.  Jérôme  Saroguet. 

1666.  Hubert  Ernest  Deruitte. 

1666.  Lamb.  Rossius. 

1678.  Ernest  Bethoner. 


1684.  Wathieu  Stiennon. 

1687.  Conrard  Contraire, 

1691.  Gilles  Adam  Delooz, 

1691.  Denis  de  Stordeur. 

1691.Guill.  Cœlmont. 

1691.  Hubert  Jacobi. 

1710.  Guill.  de  Jennet. 

1720.  Arnold  le  Kosset. 

17....  Etienne  Fresez. 

1729.  Lambert  Maret. 

fie  lOoct.  1735.  Mathieu  Valentin 

Gaudemart. 
17....  De  Ryemer, 
1739,  Nypels. 
1739.  Hicgart. 
1748.  J.  Saive. 
1757.  Jean  Royer-Latour. 
1768.  Henri  Lecart. 
1775.  Pierre  Gelée. 
1775.   Albert  Guill.   Christophe  de 

Vivario. 
1775.  Gilles  Théodore  de  Vivario. 
1779.  Delhaille. 
1785.  Jean  Christophe  Jos.  B°"  de 

Gosw'in. 
1785.  Arnold  Pool. 
1791.  Lambert  Joseph  Hamoir. 
1791.  J.  Jos.  Labhaye. 


Cliapelains 

1367, 

Jean  de  Moxhe. 

1585. 

1383. 

Robert  deGembloux 

15... 

Pierre  de  Janannes. 
.  Pierre  Jamblin. 


(*)  Registre  aux  récès  et  réceptions,  n°  3839,  archives  de  l'Etal.  —  Obituaire 
iio  3835.  —  Stocks  des  bénéficiers,  nos  3836,  3837,  3838,  3839,  3840.— Cartabelle 
1697,  4  712,  etc. 


—  404  — 


1402.  Jean  de  Genibre. 

1403.  Gilles  Gobiet. 
1429.  JeanThonon. 
1452.  Gilles  de  Limbourg. 
1479.  Cloes  Lorcy. 
1485.  Gérard  Denis. 

1 1306.  Godefroid  Fabry,  chantre. 

1 1554.  Martin  Simon. 

1557.  Jean  de  Yalle. 

1557.  Jean  Bourgeois. 

1557.  Georges  Bourgeois. 

1557.  Gilles  de  Vertcbeval. 

1557.  Henri  Tonelier. 

1557.  Laurent  Roriff. 

1557.  DemetriusdeLierneux. 

1557.  Anselme  Henri. 

1569.  Jean  Frankinet. 

1 1575.  Arnold  Toutpays. 

1574.  Daniel  de  Visé. 

1574.  Alb.  de  Château  (deCastro). 

1574.  Evrard  Bussin. 

1578.  Henri  Berlol. 

1592.  Jean  Parent. 

»    Gilles  Daniel. 

»    Jean  Fulmet. 

»     Guilleaume  Linsen. 

»     Hubert  Jean. 

»     Lambert  ILisselen. 

»     Philippe  Montanus. 
tl592.  Evrard  Falaise. 

»     Guilleaume  Tci-monia. 

»     Martin  Philippe  Huskin. 

»     Michel  Lomies. 

»     Jasj)ar  Blavir. 

»     Lambert  Werys. 

»    Gauthier  Dogny. 

»    Jacques  Goinorbarh. 


1592.  Gilles  Thonon. 

»     Balthasar  Auguste. 

»     Paul  Nicolaï. 
15....  Jean  de  Merdop. 
15....  Jean  Broncorde. 

»     Jeande  Freloux. 

»     Simon  de  HoUogne. 

))     Henri  Turet. 

»     Pierre  de  Roloux. 

»     Jean  de  Coh. 

»     Jean  Bascx. 

»     Theodoric  Blaudia  de   Glants. 
t  le  12,janv.  1620.  Michel  Loneux. 
16....  Arnold  de  Tongres. 
16....  Henri  Heers. 
16....  Lambert  Steerth. 
t  le  4  janv.  1621 .  Jean  Nisen. 
16....  Lambert  de  ïongres. 
16....  Guskin. 
16....  Nicolas  de  Fléron. 
16....  Herman  de  Blehen. 
16....  Jacques  Godar. 
16....  Roger  de  Bernard. 
1045.  Henri  Polheur. 

»     Antoine  Jasne. 

»     Gilles  Ponsin. 

»    Dieudonné  Veris. 

»     Jean  Henrici. 

»     Jean  del  Rees. 
16....  Thomas  Fabry. 
1656.  Jean  Fosse. 
1662.  Pierre  de  Château. 

n     Henri  Dolhaiii. 

»     Plioillien  Lebrun, 

»    Jean  Gottier. 

»     Henri  Dejardin. 

)>    Jean  Rocourt. 


iOS  — 


4662.  Nicolas  Janiar. 

»    Martin  Liégeois. 
1665,  Henri  Frénau. 
tleHmars  1664.  Jacques  Gosuin. 
1668.  François  de  Rossiiis. 
1671.  JeanGerardy. 

»     Gilles  Leruitte. 
1675.  François  Jacobi. 

»     Nicolas  Herck. 
1674.  Jean  de  Briamont. 

»    Pierre  Pietkin. 

»    Denis  Waselge. 

»     Mathieu  Hubin. 

»     Winant  Parent. 

1678.  Lambert  Spineux. 

1679.  Euslachede  Lacour. 
1691.  Jean  Bourdon. 
1691.  Thomas  Renardi. 

t  le  26  déc.l694.Winand  Stevenin. 

1694.  Henri  Bonhomme. 

tlel6déc.  1695.  Noël  Labarre. 

tle  27  oct.  1712.  Gilles  Rigaut. 

17....  Gérard  Thyllrin. 

17....  Durieux. 

17....  Bienniy. 

17....  Galler. 

17....  Airkin. 

17,...  Jean  Bierset. 

1715.  Gayeux. 

1758.  Antoine  Limbourg. 

»     Claude  François  Thoorinne. 

1759.  Lambert  Constant,  curé  de 
S.Thomas. 

1740.  Sayoupré. 

1741.  Nicolas  Gillard. 

»     Walthère  Jusaine. 
»    NoelDuvivier. 


1741,  Nicolas  Verdcour. 
»    Jean  Mathias  Wery, 

1746.  Théodore  Bierset. 

1747.  Jean  Philippe  Delvaux. 

»     Pirson,l'^'' vicaire  de  S.Thomas. 

1748.  Ambroise  Louis  Latour. 

1749.  Henri  Joseph  Tiiiange. 
»    Gilles  Joseph  Bertho. 

1 1751.  Raymond  Bernard. 
1755.  Nicolas  Dieudonné  Levage. 
1757.  Lambert  Renson. 

»     Pierre  Halbart. 
1761,  Alexandre  TurquauU, 

»    Jean  Michel  Jos.  Desart. 
1765.  Toussaint  Dam  ave. 
1765.  Jean  Guill.  Haquier. 
1767.  Joseph  François  Chenin. 

1770.  André  de  la  Montagne. 
»     Antoine  Lambin. 

»     Louis  François  Dartois. 

1771.  Arnold  Michel  Dehousse. 
»     Jacques  Lesuisse. 

))     Henri  Bosmans. 
»     Henri  Monar. 
»     Bernard  Dony. 
»     Louis  Stassart. 
»     Lambert  Meys. 
1774.  Jean  Henrici. 
»     Henri  Frasnea. 
»    Jean  Briamont. 
»     Liimbert  Lespineux. 
»     Evcrmare  d'Ormelinghen. 
»    Jean  Bourdon. 
»     Mathieu  Houhin. 
»     Winand  Parent. 
»     Pierre  Pietkin. 
»    Anselme  Moreau, 


—  406 


1779.  Arnold  Michel  Adam. 

t17 

91.  Clebanck. 

1780.  Jean  André  Jos.  Bovers. 

1 1791.  Lambert  Jos.  Hamoir. 

1782.  Jos.  Pasclial  Houmar. 

1797 

.  Henri  Moreau. 

»    Nicolas  Charles  Zolet,  curé 

» 

Laruelle. 

de  S.  Jean-Baptiste, 

» 

Collette. 

1786.  Vivignis. 

» 

Melchior. 

»    de  Vivario. 

» 

Melotte. 

»    Waleff. 

)) 

Hallot. 

»    Pool. 

)) 

H.  J.  Deltour. 

»     Mouillard. 

» 

Lambert  Heuchenne,  curé  de 

»    Gellée. 

S.  Jean-Baptiste. 

»     Hennequin. 

)) 

Jean  François  Dejosé. 

»     de  Pollard. 

» 

Defloen. 

»    Laphaye. 

» 

Brand. 

»     Libert. 

)) 

Laurent. 

»     Grégoire. 

» 

Nicolas  Jos.  Fourneau. 

»     Raick. 

)) 

Jean  François  Chefnay. 

»    Jeunechamps. 

» 

Pierre  Pirlot. 

»    Britelle. 

» 

Loncin. 

»    Stephany. 

» 

Henri  Jean  Jos.  Bo\7. 

»    Demoriier. 

)) 

Guill.  Jos.  Larbalette. 

»     Chokier. 

)) 

Lupke. 

»     Loneux, 

» 

Pierre  Jean  Charsalée. 

»    Duchesne. 

» 

Dieudonné  Jos.   Lambermont. 

1788.  Bertrand  Sauveur. 

» 

Nicolas  Ignace  Capelle. 

»    Jean  Conrard  Leclercq. 

» 

Jamarl. 

Le  chapitre  de  réglise  collégiale  de  S.  Barthélemi  se  composait  des 
membres  suivants  en  1794  (  i  )  : 


frévôt. 


Doyen     et    clianoines. 


Dates  lie  réi'eption. 

M.MariePhilippeAlexandreCharP*  1757.  Jean  Chrysoslome  J.  Baron  de 
Hyacinthe  ,  comte  de  Rougrave,        Goeswin,  doyen  le  l*"'  oct.  1792. 

chanoine  Iréfoncier  du  chapitre  1712.  Etienne  Joseph  Vivegnis. 

cathédral  de  S.  Lambert  et  vicaire  17iG.  Laurent  Hubert  Borret. 

général.  17i7.  Jean  Roger  Latour,vice-écolât. 

(  *  )   Tableau  eccltsiuslique  de  la  ville  cl  diocèse  de  Lié(je  pour  l'an  1794. 


—  407 


1760.  Albert  Guil.  Christophe  de 

Vivario. 
1765.  Jean  Theod.  Jos.  Mouillard. 
1765.  Gabr.  Fr.  la  Ruelle,  chantre 

en  1779. 

1768.  Jean-Baptiste  Gellée. 

1769.  Jean  Franc.  Baron  de  Floen. 
1772.  Henri  Hennequin. 

1772.  Joseph  Antoine  de  Pollard. 
1775.  Martin  Joseph  Lahaye. 
1778.  Henri  Jos.  Britelle. 

1780.  Léonard  Simon  Stephany. 

1781.  Nicolas  Etienne  de  Mortier. 

1781.  François  Jos.  Chockier. 

1782.  H.  Jos.  Eug.  Fortemps  de 
Lhonneux. 

1784.  François  Duchesne. 
1786.  Jean  Jos.  Labhaye. 

1791.  Michel  Jos.  Lalour. 

1792.  Jean  Theod.  Van  den  Borne. 

1792.  Lambert  Jos.  Waleff. 

1 793.  Jean  Pierre  Godefroid  Power. 

Non  reçus. 

Lambert  de  Pollard. 
Guilleaume  Jacqmart. 
N.  N.  Vacat. 


Secrétaire. 

Jacques  Jos.  Richard,  notaire  aposto- 
lique, impérial  et  de  la  Cour  épis- 
copale  de  Liège. 

Bénéflciers. 

Nicolas  Fourneau. 

Henri  Moreau. 

N.  Loncin. 

Jean  François  Dejosé. 

Jean  Henri  Bovy. 

Pierre  Pirlot. 

Bertrand  Sauveur. 

Lamb.  Heuchenne,  curé  de  S.  Jean- 
Baptiste. 

Pierre  Jean  Charsalée. 

G.  Jos.  Larbalette. 

Henri  Jos.  Deltour. 

Fr.  G.  Léonard  Chefnay. 

Franc.  Lapke. 

N.  Lambermont. 

Arnold  Cobette. 

Jean  C.  Leclercq,  admis  à  résidence 
en  qualité  de  curé  de  S.  Thomas. 

Jean  Brandi. 

Jean  Pierre  Laurent. 


Ecolâtre. 


IVon-résiclfints. 


17  fév.  1789.  Henri  Jos.  Jacques,     Nicolas  Ignace  Capelle,  rec.  des  chap. 
baron  de  Seraing,  de  Hollogne,     Barthelemi  Melotle. 
chanoine  de  Sl-JeanEvangéliste.    Jean  Franc,,  baron  de  Floen. 

François  Duchesne. 

N.  Halot. 


-  408  — 

Méreaux. 

Les  méreaux  sont  des  jetons  eu  métal  que  l'on  remettait  aux 
chanoines  qui  avaient  fait  acte  de  présence  au  chœur,  pour 
recevoir  leur  part  aux  distributions. 

Nous  connaissons  trois  méreaux  de  S.  Barthélemi  par  la  des- 
cription qu'en  fait  le  comte  de  Renesse-Breidbach,  dans  Vllh- 
toire  numismatique  de  févéché  et  de  la  principauté  de  Liéye, 
1831.  Tous  trois  faisaient  partie  de  la  collection  de  cet  amateur. 

I.  Avers.  Dans  le  champ  en  trois  lignes,  Sti-Barth-olomei. 
Revers.   Dans  lu  champ,  un  grand   écusson  renfermant  une 

croix;  dans  les  coins,  16  —  26—...—  Mï.—  Voir  pi.  73,  n"  1. 
Plomb,  diamètre  :  7  1/2  millim. 

II.  Avers.  Dans  un  cercle  avec  torsade  :  SB. 

[levers.  Un  calice  sur  un  piédestal,  entre  des  épis  et  un  cep 
de  vigne.  V.  pi.  73,  n"  2.  Plomb,  diamètre  :  8  i/t2  millim. 

III.  Avers.  sPb  entre  une  palme  et  une  branche  d'olivier. 
Revers.  Dans  le  champ  :  ANNO  1752.  V.  pi.  73,  n"  3.  Plomb, 

diamètre  :  7  millim. 

i*îèces    justîfleatîvc-s. 

nn»LÔME    DE    UÉGINAHU    DE    l'aN    1031. 

Nous  avons  vu  que  Godcscalc  de  Morialmé,  fondateur  de 
l'église  de  S.  Barthélemi,  la  dota  de  12  prébendes.  Nous  verrons 
celles  qui  y  furent  ajoutées. 

Malgré  l'assertion  d'Anselme,  qui  atlirmequo  Réginard,  évoque 
de  Liège,  établit  huit  cinonicats  h  la  dite  église,  il  y  a  lieu  de 
croire  qu'il  ne  fit  qu'ajou'er  trois  nouvelles  prébendes  aux  cinq 
qui  existaient  déjà.  Le  diplôme  relatif  à  ce  fait  ne  laisse  subsister 
aucun  doute.  Le  voici,  tel  ((ue  le  rapporte  Fisen  dans  llist.  eccl. 
Leod.  1,  pp.  198-199,  et  Miraius  dans  son  ouvr.ige  :  Opéra  diplo- 
matica,  t.  II,  p.  809  et  suivantes. 

«  Godeschalcns  Morialmeus,  cathedralis  ecclesiœ  leodiensis 
prœpositus ,   fnndal   collegium   canonicornm   in  ecclesia  S.  Bar- 


—  409    - 

thoîomœi  Leodii;  eamque  fundationem  confirmât  Raginerus  epis- 
copiis  Leodieiisis  anno  1031. 

In  nomine  sanctse,  et  individuae  Trinitatis.  Cum  beatae  mémo- 
rise Godeschalcus  praepositus  ab  ipsis  fundamentis  erexisset 
basilicam  S.  Bartholomsei  suis  expensis  in  suburbio  Leodiensi, 
suisque  patrimoniis  inibi  duodecim  constituissel  canonicos  ; 
scilicet  de  allodio  ôeLijnsen  ('  )  et  de  Jaist,  et  de  Flirreis  :  fidèles 
de  animabus  suis  solliciti,  spe  reti'ibutionis  seterna),  seduli  illi 
affuei'unt  consilii,  et  operalioiiis  juvamine. 

Tradidit  ergo  Baldricus  episcopus  allodium  de  Butines,  allo- 
diumque  de  Aila  cum  ecclesiolis  suis,  ad  aitare  ipsius  apostoli 
per  manus  fratris  sui  Gisleberti,  comitis  de  Lon("-).  Wolbodo 
ecclesiam  deNalynes;  Nezelo  (^)  Tolensis  episcopus,  praedicti 
pra3positi  nepos,  allodium  de  Duselon  ,  addiiis  ad  supradictum 
numerumcanonicorumquinque  clericis,  prœter  beneficium  prae- 
positi,decani  et  scliolastici(*).EgoquoqueRaynardusepiscopus, 
ultimus  omnium,  qui  haec  scribi  feci,  volens  tantorum  imitator 
fieri  virorum,  et  cooperator  tam  fructuosi  operis  ,  prsefato 
munero  tribus  adjectis,viginti  canonicorumnumerum  supplevi, 
datis  ad  pra3bendam  quotidianam  septem  mansis  cum  dimidio, 
cum  maire  ecclesia,  et  dote  sua  apud  Lismmit  (^),  quse  legaliter 
acquisivi  à  Raynero  fratre  Roberti  archidiaconi,  et  legaliter 
tradidi  per  manus  Wigeri  advocaii,  ad  prcedictum  aitare  ipsius 

(1)  Lincent,  commune  du  canton  de  Landen,  ancienne  église  paroissiale  à  la 
collation  du  chapitre  de  S.  Barthélcmi  à  Liège.  Dict.  géog.  de  la  province  de  Liège, 
t.  2,  par  Dei.vaux. 

{*)  Looz. 

(')  Hezelon. 

{ *)  Inventaire  des  Chartres  du  chap.  de  Si-Lambert,  par  J.-G.  Schoonbroodt. — 
Le  chapitre  de  S.  Lambert,  d*"'  vol.  par  J.  DE  Theux,  p.  52,  p.  44  à  la  fin.  —  Cha- 
PEAUVILLE,  t.  I,  p.  217.  —  FiSEN,  hist.,  t.  1,  p.  158. 

C)  Limant,  commune  du  canton  de  Waremme,  ancienne  église  paroissiale  à  la 
collation  du  chapitre  de  S.  Barthélemi  à  Liège,  bict.  géog.  de  la  prov.  de  Liège, 
par  Delvaux. 

L'église  de  Jenelîe,  filiale  de  Liniont,  était  aussi  à  la  collation  de  S  Barthélemi, 
et  celle  des  Awirs,  à  la  collation  des  chapitres  de  St-Barthélemi  et  de  S.  JVIartin 
(ibidem). 


410 


apostoli,  Raynero  praesente,  et  libentcr  annuenle,  quiavidebat 
de  suis  patrimoniis  sanctain  Dei  ecclesiam  augeri,  et  crescere  : 
sed  quia  niedietatem  ipsius  ecclesiœ  dederat  fratri  suo  priedicto 
archidiacoHO  in  vita  sua  possiderc  ,  ne  post  ipsius  decessum 
errore  aliquo  palerelur  dispendium  ecclesia  ;  communi  omnium 
consilio  fuit  statulum,  ut  siiigulis  annis  solveret  pro  respectu 
quinque  solidos  fratribus  ipsius  loci. 

Dedi  prîBterea  ipsi  apostolo  quasdam  novas  décimas,  in  ge- 
nerali  synodo  meis  usibus  adjudicatas  in  villa,  qucE  dicitur 
Jambbmel.  Quadam  postmodum  die,  cum  milites  mei,  etclerici 
ad  colloquium  convenissent  Leodii,  hanc  feci  scripturam  in 
auditu  omnium  recitari,  et  impressione  nominis  mei  signari, 
interdicens  sub  anathemate,  ne  quis  ha3c  auderet  ullerius 
infringere. 

Quia  vero  non  permisit  numerositas  omnes,  quotquot  ibi 
fuerunt  testes,  scribere,  judicavi  quorundam  majorum  nomina 
subnotare. 

Suivent  les  signatures. 

Actum  est  hoc  anno  ab  incarnatione  Domiui  millesimo  trige- 
simo  primo,  indictione  décima  quarta.  RegimiUe  Cuoin'ardo  im- 
peratore,  Henrico  lilio  ejus  designato  rege.  » 

DIPLÔME    Dli    WAZON,    ÈVÉQUE    UE   LIÈGE,    l'aN    1044  ('). 

Wazo  Leodiensis  episcopus  (l'ancien  doyen)  varia  atlribuit 
prœdia  cotlegio  canonicorum  S.  Bartholumœi  Leodii  anno  1044, 
eorumque  numerum  augel  ad  XXX  prœbendas  ,  prout  hodieque 
simt  in  omnibus  ecclesiis  coUegiatis  Leodiensibus . 

«  In  nominc  sanctre,  et  individus  Trinitatis.  Ego  Wazo  solo 
nomine  episcopus,  sed  valde,  et  sine  dubio  credulus,  quia  qui 
bene  egerit,  mercede  remunerabitur  inenarrabili  ;  tradidi  ad 
allare  saneti  Bartholomaîi  in  suburbio  Leodiensi,  per  manus 

(  '  )  FiSEiN.  lliat.  eccl.  Leod.  l.  I,  p.  l'J'J.  MlR.ïUS.  Operci  diploiiiaiica^l.  H,  p.  810. 


—  411  — 

Gozilonis  comitis  praediola  qusedam,  aut  de  rébus  ecclesiae  ab 
antecessoribus  meis  comparata,  et  juri  meo  derelicta,  aut  pro 
suis  commissis  a  liberis  hominibus  ecclesise  Dei  tradita,  cum 
quibusdam  vadimoniis,  quae  habebam  in  manu  mea,  quibus 
viverent  decem  fratres  cum  ceteris  viginti,  qui  ibidem  ad  ex- 
plenda  ecclesiastica  beneticia  primitus  fuerunt  ordinati.  Quaî 
autem  ibi  tradidi,  ratum  duxi  singula  suis  nominibus  exprimi  : 
allodium  de  Bêche  (  '),  etc. 

Unde  precor  et  obtestor  Dei  servos  successores  meos  per 
tremendum  Dei  judicium,  ut  si  ad  haecadderede  suis  nequeunt, 
aut  nolunt,  saltem  sicuti  constitui,  pauperi  ecclesiœ  Dei  ista 
detineant,  ut  in  seterna  reiribulione  de  hoc  etiam  mercedem 
accipiant.  Illa  quoque  vadimonia  nequaquam  redimantur,  nisi 
aut  in  festivitate  S.  Joannis,  aut  pridie  ipsius  solemnitalis,  et 
tota  simul  reddatur  pecunia,  et  supradicto  pondère  :  ne  minu- 
tatim  reddita  depereat  ;  et  damuum  patiatur  ecclesia. 

Hoc  factum  probabiliumvirorum  testimonio  estconfirmatum. 

Suivent  les  signatures  des  témoins. 

Actum  est  hoc  anno  ab  incarnatione  Domini  miliesimo  qua- 
dragesimo  tertio,  indiclione  duodecima,  imperatore  Henrico, 
duce  Gozilone,  Joanne  loci  ipsius  prœposilo,  Bernardo  decano, 
Warnero  aedituo,  etc.  » 

Pépin  de  Landen  avait  fait  lever  de  terre  le  corps  de  Ste-Er- 
melinde  ("-),  vierge,  au  village  de  Meldrade  (^),près  deHougarde 

(  '  )  Les  alleux  de  Bêche,  Dorinael,  liotelaers,  Villers  et  Rosoux  avec  le  passage 
du  pont  ;  de  plus,  les  églises  de  }yesemael,  Villers-aux-Terlres,  Archiennes  c,^ 
liarotivoiez,  en  tout  ou  en  partie.  —  V.  Manuscrits  généalo>]iques  de  Lefort,  aux 
archives  de  Liège,  2'"e  série,  t.  XXVIII,  p.  25.  —  Le  chapitre  de  S.  Lambert,  par 
J  DE  Theux,  t.  1,  p.  56.  —  L'église  de  Villers-le-Bouillet  qui  était  auxiliaire  de 
Fize-Fontaine,  était  à  la  collation  du  chapitre  de  S.  Barthélerai.  V.  Delvaux. 

{-  )  Ste-Erraelinde,  vierge,  née  vers  560, d'une  famille  distinguée,  parente,  dit-on, 
de  Pépin  de  Landen,  maire  du  palais  d'Austrasie.  Elle  avait  l'ait  vœu  de  virgi- 
nité et  se  relira  d'abord  à  Odence,  dans  une  métairie  près  de  Louvain,  alors  du 
diocèse  de  Maestricht,  ensuite  à  Hougarde.  On  ignore  le  temps  de  sa  retraite  et 
de  sa  mort.  Ses  miracles  rendirent  ce  lieu  célèbre. 

(  ')  Uoitationes  belg.,  t.  I,  cap.  19.  Mirj;l'S. 


412 


(arrondissement  de  Louvain),  pour  le  placer  dans  un  lieu  plus 
décent.  En  même  temps,  il  lit  bâtir  dans  le  voisinage  deux 
monastères,  dont  l'un  destiné  à  des  vierges  et  l'autre  h  une 
communauté  de  prêtres,  qu'il  fit  venir  de  celle  de  Sl-Bavon  à 
Gand.  Aucun  de  ces  couvents  n'existe  plus.  Mais  la  destination 
de  leurs  biens  était  encore,  au  siècle  dernier,  l'occasion  de 
discussions  entre  la  collégiale  de  St-Barthélemi  et  les  recteurs 
des  béguines  de  Louvain.  Ces  derniers  prétendaient  qu'elles 
avaient  é(é  primitivement  établies  à  Meldrade,  ensuite  à  Lou- 
vain, avec  le  domaine  des  biens  et  la  possession  des  dits  cou- 
vents. Cependant  Miraeus  rapporte  une  lettre  û'Otherbode,  abbé 
de  S.  Bavon,  adressée  à  la  comtesse  de  Flandre,  par  laquelle  il 
prétend  que  l'évêque  de  Liège  s'était  réservé,  en  1030,  parmi 
les  biens  injustement  détenus  par  ce  monastère,  Calmund  et 
Meldrade  (')  [duos  fiscales]  de  l'ancien  domaine  royal.  Cette 
église  qui  était  du  diocèse  de  Malines,  était  dédiée  c^  Ste-Erme- 
linde.  Le  chapitre  de  St-Bartliélemi  en  était  le  patron  et  possé- 
dait toute  la  dîme. 

DIPLÔME    DE    WAZON,    l'aN    1046. 

Wazo  Leodiensis  episcopus ,  aniio  1046  addii  decem  prœbendas 
ad  numerum  XX  canonicorum  in  ecclesia  coUegiata  S.  Barlholo- 
mœi  Leodii,  eisque  assignat  amplos  reditus  {-K 

«  In  nomine  sanctaî  et  individua?  Trinitatis. 

Notum  sit  omnibus,  quod  comes  Lambertus  de  Lovanio  pro 
culpis  suis  excominunicatus.dedil  miliiWazoni  indigno  Praîsuli 
pro  absolutiono  sua  quinque  inansos  fiscales  apud  Villers  in 
Hasbania,  quatuor  serviles,  et  quintum  indominicatum,  liber 
scilicet  liomo  liberum  malis  consuetudinibus  allodiura,  aquis, 
silvis,  pratis,  pascuis  docoratum  et  consitum. 

(  '  )  l'.hauinoiil  et  Meldert.  Méin.  sur  h'.s  unrJeus  iintiis  île  lieux,  par  C.h.  Grand 

GAGNAGE. 

i -)  MiR/ïus,  t.  111,  |).  -W^. 


413 


Dédit  etiam  milii  in  eodem  loco  comitatum  cum  prociiictu 
lotius  villae  et  appenditiorum  ejus,  in  agris  et  wariscapiis,  in 
propriis  et  alienis  allodiis. 

Dédit  etiam  ejusdem  villae  matrem  ecclesiam,  cum  optima 
corte  et  certis  decimae  suae  dominiis.  Ego  vero  praedecessorum 
meorum  Baldrici  sciiicet,  Wolbodonis,  cl  Raynardi,  qui  paupe- 
rem  ecclesiam  S.  Barlholoma3i  suis  auxerunt  adquisitionibus, 
secutus  vesligia,  tradidi  ibidem  idem  allodium  cum  ecclesia  et 
ipso  comitatu,  per  manus  Gozelonis  comitis,  qui  erat  advocatus 
allaris,  quem  etiam  ibi  pro  anima)  sua)  redemptione  advocatum 
coiislitui,  interdiceiis  sub  analhemate,  ut  in  procinctualibus 
lanlummodo  placitis  tertio  recepto  denario  ,  nuliatenus  ultra 
locum  ipsum  vel  ecclesiam  hospitiis  vel  exaclionibus  pr?esu- 
meret  gravare. 

Dedi  etiam  ibi  quicquid  habebam  apud  Herlaus  et  Tavers  ('  ), 
apud  Haimetines,  et  ecclesiam  de  Marcha,  et  quicquid  tenebam 
apud  Franconis-Curtem  et  apud  Formale  (-)  et  Boteliers,  ad 
supplendam  pra3bendam  X  clericorum,  quos  adjunxi  ad  nume- 
rum  XX  canoiiicorum,  quos  ibi  inveni. 

Hujusrei  testes  sunf.Lanzo  prsepositus  de  S.  Lamberto,  etc. 

Actum  est  hoc  anno  iticarnationis  Domiiiicse  MXLVI,  iudic- 
tione  XIV,  régnante  Heinrico  Imperatore,  etc.  » 

Henri  (^)  de  Verdun,  évêque  de  Liège,  iuspira  et  confirma,  en 
1078,  la  donation  que  la  comtesse  Ermengarde  fit  de  plusieurs 
de  ses  biens  à  la  même  collégiale.  Cette  dame  qui  était 
renommée  par  ses  pieuses  libéralités  envers  les  églises,  s'étant 
consacrée  à  Dieu  et  ayant  pris  le  voile,  se  dépouilla  d'un  bien 
près  de  Waremme  et  de  Longchamps  (*).  Elle  se  réserva 
néanmoins  ses  redevances  ou  services  de  serfs  (attachés  à  la 
glèbe),   deux  moulins,  deux  brasseries   banales,  l'église  et 

(  *  )  Taviers.  V.  Mém.  sur  les  anciens  nnni<>  de  lieux,  par  Ch.  GrandgagnaGE. 

{■]  Fumai.  V.  ibid. 

(  3  )  MlR/EUS.  Donaiioiie^  belgicœ. 

(';   Lon;;champs,  près  do  \V'arcmiiie.  V.  Gp.a>dgagnage,  ibid, 


M4 


dix  feux  avec  certaines  possessions  ,  et  20  personnes  de 
ces  familles,  comme  elle  les  tenait.  Elle  lui  légua  en  outre 
son  alleu  de  Rumine  ('),  à  l'exception  de  cinq  feux  avec  cer~ 
taines  possessions  et  les  redevances  ou  services  des  mêmes 
serfs,  qu'elle  avait  données  auparavant  à  l'église  deN.  D.à  Huy. 

Elle  lui  donna  encore  l'alleu  de  Curange,  h.  l'exception  de 
cinq  feux  avec  certains  biens  et  des  redevances  ou  services  des 
mêmes  serfs,  dont  elle  avait  doté  jadis  l'église  collégiale  de  S. 
Jean-Évangéliste  î'  Liège. 

Elle  ajouta  l'alleu  de  Gelmine  et  de  UerUnges,  à  l'exception 
des  redevances  ou  services  de  serfs,  l'alleu  de  Brède  (Brée) 
avec  l'église,  se  réservant  toutefois  ce  qu'elle  avait  cédé  en  feux 
et  en  serfs  au  comte  Gérard,  outre  ce  qu'elle  avait  cédé  de 
même  nature  avec  leurs  appendices  ii  St- Jacques  d'Avroclie 
(abbaye  de  S.  Jacques  d'Avroy). 

Nous  voyons  figurer  dans  le  cartulairc  de  l'abbaye  de  Herc- 
kenrode  (-),  des  actes  de  ventes  et  de  rentes  de  la  fabrique  de 
St-Barthélemi  à  Liège,  ainsi  conçus  : 

aMeuvoen  (^),  1209.  Le  chapitre  de  St-Barthélemi  à  Liège  vend 
sa  part  dans  la  forêt  de  Dondersloe  à  l'abbaye  de  Herckenrode, 
pour  une  rente  annuelle  et  perpétuelle  de  quinze  deniers 
(monnaie  liégeoise);  «  insuper  fratrem  Gislebertum  ex  parte 
ecclesise  suo>  investivimus  eo  jure  ut  cum  de  hac  vita  féliciter 
migraverit  lot  denarios  requisitionis  quot  et  census  successor 
ejus  nobis  persolvat  et  decano  bannos  suos  et  paribus  denarios 
testimoniales  tribuat...  Testes  aulem  sunt  Thomas  S.  Bartho- 
lomaei  prepositus,  etc.  » 

«  1216.  Le  chapitre  deSt-Barlhélemi  cousent  î\  ce  que  l'abbaye 
de  Herckenrode  lui  paye  annuellement  une  rente  de  dix  solidi 
au  lieu  de  quinze  denarii,  mais  sous  la  condition  qu'à  la  mort 

f  '  )  Piunimen,  au  Norrl  de  S.  Tronil.   V.  C.handgagnagk. 
('  )  Bull,  de  l'hisl.  nrch.,  I.   XI,  art.  de  IM.  Dakis. 

("■)  ibiii.,  p.  'j:;. 


—  415  — 

de  chaque  chanoine,  l'abbaye  fasse  chanter  ses  obsèques,  le 
chapitre  s'engageant  à  faire  la  même  chose  à  la  mort  de  chaque 
religieux  ;  à  la  mort  du  mambour  constitué  pour  cette  rente, 
l'abbaye  en  présentera  un  autre,  qui  en  recevra  l'investiture  et 
payera  les  droits  établis  de  ce  chef  «  qui  nobis  jura  capituli 
fideliter  exsolvet  sicut  mos  est  de  hereditatibus  requirendis.... 
Testes  sunt  Seraphini  decanus,  etc.  Actum  est  hoc  anno 
incarnati  verbi  M.  CC.  XVI.  »  T.  I,  fol.  33  v. 

«  L'an  mil  et  XII,  dit  Vanden  Bergh(  '),Chodisca]c  fonda  une 
noble  englise  à  Liège  au  nom  des  douses  apostres  et  y  mit 
douses  chanoines,  qui  est  maintenant  St-Barthélemi,  et  leur 
donna  cens,  rentes  et  héritaiges  pour  eulx  entreseuci  et  entres 
aultres  biens  les  alloux  de  Malines.  Et  quant  Chodiscalc  le 
prévost  fonda  cette  englise,  sa  volonté  estait  de  la  consacrer  au 
nom  de  Sainct  Barthélemi  :  mais  il  y  vint  quelque  encombries, 
car  le  lieu  où  il  fit  ceste  englise,  avait  parcidevant  esté  orné 
d'autre  englise  consacrée  à  Sainct  Servaix  et  là  était  ensesvely 
Sainct  Quirin,  hermite,  qui  était  un  sainct  de  France,  et  auprès 
de  lui  Sainct  Wybert,  martyr.  Et  quant  nostre  evesque  eut 
entendu  la  volonté  de  Chodiscal,  il  envoyât  à  Tricht  (^)  et  fit 
translater  le  corps  de  St-Servaix,  qui  gissait  en  un  scircuitte  de 
la  crotte  et  le  fit  poser  à  l'englise  que  Sainct  Monulphe  avait 
faist  faire  à  nom  de  Sainct  Barthélemi  et  la  fit  appeller  l'englise 
Sainct  Servaix  et  le  lieu  où  par  avant  avait  esté  la  petite  englise 
de  Sainct  Servaix,  au  lieu  de  laquelle  le  prevost  Chodiscal  faisait 
édifier  pour  les  douses  apostres  en  une  cité  de  Liège,  fut  par 
après  appellée  St-Barthélemi.  Ce  fut  en  l'an  mille  et  XV.  L'an 
mille  et  XII.  —  En  marge,  on  lit  :  consécration  de  St-Barthé- 
lemi, 3  jours  après  St-Lambert.  » 

Avant  de  terminer  cette  notice  sur  l'église  de  St-Barthélemi, 
il  ne  sera  pas  sans  intérêt  pour  nos  concitoyens  de  rapporter 

(  *  )  Manuscrit  de  l'Université,  t.  I,  p.  240. 
(')  Maestricht. 


—  416  — 

deux  fîiils  qui  rappellent  les  coutumes  et  franchises  de  nos 
ancêtres. 

«  On  prétend,  dit  M.  Devaulx,  doyen  deSt-Pierre  ('),  que  ce 
fut  sous  l'évoque  Obert,  en  1105,  qu'on  recula  notre  enceinte 
(de  la  cité),  et  ainsi  la  montagne  de  Sle-Walburge  et  notre 
ancienne  église  collégiale  s'y  trouvèrent  enfermées.  Avant  celte 
époque,  la  rue  Féronstrée  (qui  s'arrêtait  à  la  porte  de  St-Georges) 
et  la  moitié  de  la  colline  aboutissaient  à  l'extrémité  du  cordon 
et  étaient  suivies  du  faubourg  de  St-Barthélemi  à  une  assez 
longue  distance. 

D'après  Jean  d'Outremeuse ,  la  nouvelle  enceinte  ne  fut 
élevée,  à  cette  date,  que  de  quatre  pieds  hors  de  terre  et  on  ne 
'acheva  que  longtemps  après,  lors  de  notre  guerre  avec  Henri 
deBrabant,  sous  l'évêque  Hugues  de  Pierrepont. 

C'est  à  cette  occasion  que  les  chanoines  de  St-Barthélemi 
avaient  conservé  l'usage  suivant  jusqu'au  siècle  dernier.  A 
partir  de  l'an  1105,  ce  corps  en  entrant  dans  la  cité  (porte  de 
St-Georges)  entonnait  un  hymne  ;  coutume  qu'il  conserva  jus- 
qu'à nous,  c'est-à-dire  que,  sitôt  que  la  procession  touchait  à  la 
rue  Féronstrée,  on  observait  la  même  chose. 

Mais  ce  qui  n'était  pas  moins  ancien,  c'étaient  nos  immunités 
ecclésiastiques,  dont  la  plus  importante  peut-être  pour  le  peuple, 
était  le  droit  d'asile.  Il  consistait  à  suspendre  le  cours  de  la  jus- 
tice séculière,  à  partir  du  moment  où  la  personne  poursuivie  se 
trouvait  dans  l'enceinte  marquée  par  l'usage  ou  la  coutume.  La 
puissance  ecclésiastique  regardait  comme  le  premier  de  ses 
droits  de  la  prendre  sous  sa  protection.  » 

«  Ce  droit  d'asile,  dit  M.  André  ('^),  était  ancien  et  on  l'avait 
étendu  aux  cimetières,  aux  maisons  des  évêques,  aux  cloîtres 
des  moines  et  des  chanoines,  et  à  trente  pas  à  l'entour,  aux 
croix  plantées  sur  les  grands  chemins. ..et  on  ne  pouvait  autre- 

(  1  )  Ms.  de  l'Université,  t.  I. 

^*)  Cours  alphabétique  du  droit  canon. 


—  4J7  — 

fois,  sans  sacrilège,  arracher  un  homme  de  l'asile  dans  lequel 
il  s'était  réfugié,  soit  par  voie  de  fait,  soit  par  ruse  ou  autre- 
ment. » 

La  date  précise  de  l'origine  de  nos  franchises,  privilèges  ou 
immunités  est  inconnue.  On  peut  néanmoins  voir  des  vestiges 
de  leur  antiquité  dans  les  diplômes  des  empereurs  Otton , 
Henri  VII,  dans  la  paix  des  clercs  en  1287,  dans  les  chartes 
d'Albert  en  1290,  de  Sigismond  en  1415  et  de  Maximilien  I  en 
1509.  Ces  franchises  furent  encore  confirmées  par  plusieurs 
autres  paix  et  concordats,  et  entr'autres  par  le  règlement  de 
notre  prince  évêque  Jean  de  Heinsberg  en  1424. 

D'après  ce  droit,  dit  M.  de  Crassier  (^),  a  lorsqu'un  criminel 
était  extrait  des  prisons  de  S.  Léonard  pour  être  supplicié,  les 
terrains  claustraux  de  l'église  collégiale  de  St-Barthélemi  s'op- 
posaient à  ce  que  le  transport  se  fît  par  la  place  qui  conduit 
dans  la  rue  Féronstrée  ou  par  la  rue  passant  devant  l'église  de 
St-Thomas,qui  sert  aujourd'huit  (1845)  d'entrepôt.  Il  fallait  donc 
que  le  convoi,  après  être  sorti  de  la  porte  St-Léonard,  rentrât 
par  le  pont  Maghin  et  rejoignît  la  rue  Féronstrée  en  longeant 
la  rivière  de  Meuse.  Pour  obvier  à  cet  inconvénient  grave,  on 
demanda  et  l'on  obtint  de  la  Cour  de  Rome  la  sécularisation 
non-seulement  du  terrain  de  la  rue  dite  Devant-St-Thomas, 
mais  de  toutes  les  maisons  qui, d'un  bout  h  l'autre  de  cette  rue, 
longeaient  l'église  et  le  cimetière  qui  étaient  également  sur  le 
terrain  claustral  de  la  même  collégiale...  » 

Ce  qui  le  prouve,  au  dire  du  même  historien,  c'est  l'inscription 
d'une  pierre  incrustée  à  hauteur  d'homme  dans  l'ancien  mur 
de  1;»  maison  presbytérale  de  St-Thomas,  occupée  (en  1845) par 
le  bureau  des  taxes  municipales.  Sur  cette  pierre,  qui  avait  12 
pouces  de  hauteur  sur  10  pouces  de  largeur  environ,  on  lisait 
en  caractères  très-apparents  : 


(  *  )  Uecherches  sur  l'histoire  de  la  principauté  de  Liège,  p.  IS,  dans  le  commen- 
taire, etc.,  Il  la  fin  de  l'ouvrage. 


—  418  — 

«  L,e  terrein  et  les  maisons  le  long  de  Véglise  et  du  cimetière  de 
Si-Thomas,  ainsi  que  le  pavé,  sont  sécularisés  par  la  sacrée  con- 
grégation en  /'an  1632.  » 

Le  Recueil  Héraldique {^),  au  contraire,  s'exprime  comme  suit 
à  ce  sujet  :  «  Cette  année  (1731),  les  maisons  le  long  de  l'église 
paroissiale  de  Saint-ïliomas  et  du  cimetière  furent  sécularisées 
par  décret  de  la  sacrée  congrégation,  à  la  demande  du  chapitre 
de  l'insigne  église  collégiale  de  Saint-Bartliélemi.  » 

Celte  divergence  de  dates  ne  prouve-t-elle  pas  le  peu  de  fon- 
dement qu'il  y  avait  dans  cette  inso-iption,  quand  surtout  nous 
savons  que  ces  immunités  étaient  encore  vivement  défendues 
jusqu'à  la  dernière  révolution  liégeoise,  époque  à  laquelle  elles 
furent  abrogées. 

D'ailleurs  les  bulles  de  Grégoire  XIV  et  de  Benoit  XIII,  en 
1725,  ne  firent  que  les  maintenir;  car  elles  n'avaient  en  vue, 
dans  leurs  défenses,  que  d'empêcher  les  réfugiés  de  séjourner 
scandaleusement  dans  l'enceinte  des  monastères  ;  en  sorte 
qu'elles  ordonnaient,  non  pas  de  les  livrer  à  la  justice,  mais  de 
les  congédier  avec  cette  charité  que  nous  devons  aux  plus  grands 
pécheurs,  ou  de  les  garder  après  en  avoir  averti  les  supérieurs. 
Elles  n'exceptèrent  de  cette  loi  que  les  voleurs  publics,  les 
brigands  ou  voleurs  de  grand  chemin,  les  dépopulateurs  noc- 
turnes des  champs,  les  homicides.  Nous  avons  voulu  enfin  nous 
assurer  par  nous-mêmes  de  l'existence  de  cette  bulle  de  sécu- 
larisation ;  nous  ne  l'avons  trouvée  ni  dans  le  bullaire,  ni  dans 
les  édits  et  ordonnances  de  Liège  C^),  ni  dans  les  recès  et  con- 
clusions du  clergé  secondaire  (1747)  (■'). 

Mais  ce  qui  confirme  davantage  notre  doute  à  cet  égard,  c'est, 
comme  nous  venons  de  le  dire  plus  haut,  la  constance  du  clergé 
h  défendre  ces  immunités  auprès  du  prince-évêque  de  Liège 
jusqu'à  la  fin  du  18*"  siècle.  Voici  un  exemple  pris  entre  plu- 

(^  )  Continuation  du  liecueil  Héraldique,  par  OphOvEN,  -1783. 

(')  Edits  et  ordonnances  de  la  principauté  de  Liéqe,  1507-1794,  2  vol. 

(5)  Archives  du  clergé. 


-    419  ~ 

sieurs  autres.  C'est  un  récès  porté  dans  l'assemblée  de  Messieurs 
les  députés  du  clergé  secondaire  de  Liège,  tenue  à  St-Pierre  le 
17  janvier  1748,  pour  réclamer  les  immunités  en  faveur  d'un 
déserteur;  grâce  qui  fui  ensuite  accordée  à  ce  dernier. 

«  Messieurs  ayant  entendu  les  plaintes  des  députés  du  cha- 
pitre de  St-Barthélemi  de  ce  que,  le  13  de  ce  mois  courant,  un 
certain  soldat,  nommé  Quoilin,  ayant  été  traîné  par  les  cloîtres 
dudit  St-Barthélemi,  par  le  S'"  capitaine  Colson  et  deux  autres 
officiers,  le  traînant  par  les  cheveux,  et  conduit  sur  la  citadelle, 
et  qu'ayant  réclamé  franchise  dans  son  passage  à  haute  voix,  et 
que  de  plus  le  chapitre  dudit  St-Barthélemi  l'aiant  réclamé  par 
son  récès  en  date  du  16  qui  al  été  insinué  h  M.  le  comte  de 
Berlo,  général  des  troupes  de  sa  sérénissime  Eminence,  de 
même  à  M.  le  brigadier  de  Pichar,  lequel  dernier  a  répondu 
qu'il  n'accorderait  point  la  demande  de  la  reproduction  dudit 
prisonier  sans  les  ordres  de  sa  sérénissime  Eminence  (*). 

»  Mesdits  seigneurs  étant  obligés  parleur  serment  de  conserver 

leurs  immunités  autant  qu'il  est  en  leur  pouvoir  et  ayant  vu  les 

déclarations  du  fait,  députent  Messieurs  les  chanoines  Groutars, 

Bouxhon  et  de  Muno,  pour  se  rendre  au  Conseil  privé  de  sa 

sérénissime  Eminence  et  faire  le  réclame  sustouché  au  nom  du 

clergé.  » 

H.  S.  MivioN,  notaire. 


«In  congregationehabitain  sedibus  decanalibusferiasecunda, 
quinta  februarij  1748. 

Presentibus  Dnis,  B.  de  Glimes,  Clerx  scholastico,  decanis  S" 
Pétri  et  S.  Crucis,  etaliis  deputatis. 

«  Messeigneurs  aiant  vu  sur  un  projet  de  remontrance  ii  faire 
à  sa  sérénissime  Eminence  pour  répéter  de  la  part  des  deux 
clergés  le  nommé  Quelin,  soldat,  conduit  et  mené  en  prison  en 
le  traînant  k  travers  d'une  partie  des  immunités  de  St-Barthé- 

(  *  )  Jean  Théodore  de  Bavière  ,  prince  évêque  de  Liège  et  cardinal. 


—  450  — 

lemi  qu'il  a  réclamé,  l'ont  agréé  ordonnant  à  leur  secrétaire 
Mlvion  de  la  présenter  au  seigneur  grand  vicaire. 

Piéseniée  ce  que  j'atteste, 
H.  S.  MiviON. 
S'ensuit  sa  remontrance  à  sa  sérénissime  Eminence, 

Monseigneur, 

c(  Voire  clergé  primaire  et  secondaire  de  Liège  se  trouvant 
indispensablement  obligé  de  ne  rien  négliger  pour  la  conserva- 
tion et  maintien  de  ses  immunités  ecclésiastiques,  ne  peut  se 
dispenser  de  représenter  avec  tout  le  respect  possible  à  votre 
sérénissime  Eminence,  l'atteinte  et  la  foule  que  l'immunité 
claustrale  deSt-Barthélemi  vient  de  recevoir  en  dernier  lieu  par 
les  violences  qui  y  ont  été  comises  par  le  capitaine  Colson  et 
deux  autres  officiers  en  conduisant  le  nommé  Quelin,  soldat, 
prisonié  aux  prisons  de  votre  citadelle  et  le  traînant  ix  travers 
d'une  partie  des  cloîtres  dans  le  tems  qu'il  en  a  réclamé  l'asîle, 
corne  par  les  sûplique  et  déclaration  jointes  sub  N"  i. 

»  Sur  cet  événement,  le  chapitre  de  Sl-Barihélemi  a  fait 
représenter  par  une  députation  au  gênerai  comte  de  Berlo  et 
au  brigadier  de  Picliar,  l'infraction  violente  de  leurs  cloîtres  en 
les  priant  d'y  faire  reproduire  le  prisonnié  selon  l'usage  cons- 
tamment observé,  de  qui  on  n'a  pu  obtenir  aucune  satisfaction, 
ce  qui  a  mis  votre  clergé  primaire  et  secondaire  en  obligation 
de  prendre  son  recours  au  conseil  privé  de  votre  sérénissime 
Eminence,  lequel  a  été  servi  de  faire  remettre  le  dit  prisonié  de 
la  citadelle  aux  prisons  episcopales  jusqu'à  ce  que  votre  séré- 
nissime Eminence  (à  qui  il  appartient  en  sa  qualité  d'évêque 
privativement  h  tout  autre  selon  les  constitutions  des  souve- 
rains pontifes  Grégoire  XIV  et  Benoit  XIII  de  prendre  connais- 
sance et  décider  si  le  criminel  peut  et  doit  jouir  de  l'immunité 
ecclésiastique)  aurait  prononcé  la  dessus. 

«Les  motifs  qui  engagentleclergéde  prendre  la  respectueuse 


—  421  — 

liberté  de  solliciter  cette  décision,  sont  bien  éloignés  de  vouloir 
protéger  le  crime  ou  de  le  dérober  à  la  justice;  il  proteste  hau- 
tement qu'il  n'a  d'autres  vues  que  celles  de  conserver  l'immu- 
nité ecclésiastique  dont  il  est  le  dépositaire,  et  que  le  conseil 
militaire  semble  vouloir  combattre  et  renverser  d'une  manière 
tout  h  fait  nouvelle  etjusqu'à  présent  inconnue  dans  le  pays  de 
Liège,  où  il  a  été  de  tout  tems  reconnu  sans  contredit  qu'il  n'était 
non  plus  permis  de  conduire  un  prisonié  par  les  immunités  que 
de  l'y  saisir,  et  que  dans  l'un  de  ces  deux  cas  comme  dans 
l'autre,  il  doit  jouir  de  l'asile  attaché  à  l'immunité. 

»  Aussi  les  archives  du  clergé  en  gênerai  et  celles  des  cha- 
pitres en  particulier,  pourraient  elles  fournir  h  grossir  un 
volume  des  actes  de  reconnaissance  de  l'immunité  réclamée  par 
des  prisoniés  privés  de  leur  liberté,  tant  par  les  ordonnances 
que  les  princes  prédécesseurs  ont  porté  à  pareille  occasion, 
que  par  les  différentes  reproductions  qui  ont  été  faites  de  ces 
prisoniers  sur  les  cloîtres  d'où  on  les  avait  arrachés,  s'il  était 
besoin  d'avoir  recours  aux  siècles  plus  reculés  pour  établir  un 
droit  et  prouver  une  possession  reconnue  et  confirmée  dans  ces 
derniers  tems,  révérée  par  les  acatholiques  mêmes,  et  dont  la 
notoriété  publique  ne  permet  pas  de  douter. 

»  La  déclaration  donnée  en  1709  par  le  grand  vicaire  de  Hin- 
nisdael  en  absence  de  son  altesse  sérénissime  Joseph  Clément, 
jointe  sub  N"  2  est  précise  au  fait  dont  elle  s'agit  :  elle  a  décidé 
ens  termes  que  Maximilien  Henri  Hilaire  et  Pier  Grégoire  étant 
conduits  prisoniers  en  ville  et  menés  sur  les  immunités  de  Ste-Croix 
où  ils  avaient  réclamé  laditte  immunité  dévoient  jouir  de  l'azile 
qu'ils  avoient  réclamé  et  qui  leur  compterait,  k  vue  de  cette 
déclaration  le  commandant  Rochebrune  qui  avec  ses  troupes 
occupoit  alors  la  ville  de  Liège ,  restitue  les  prisoniers  à 
l'immunité. 

»  L'ordonnance  de  son  altesse  Georges  Louis,  en  date  du  4 
novembre  1743,  jointe  sub  N"  3,  est  une  preuve  convaincante 
que  ce  prince  a  reconnu  plus  particulièrement  que  la  privation 


422 


de  la  liberté  n'aportait  aucun  obstacle  à  la  réclamation  et  à  la 
jouissance  de  l'immunité  en  ce  que  tant  s'en  faut  qu'il  en  révoque 
en  doute  si  un  prisonnié  pouvait  jouir  de  cet  avantage,  il  a 
plutôt  paru  doutter  tout  au  contraire  si  le  nommé  Otten  n'ayant 
pasété  regardé  comme prisonié,  lorsqu'il  avait  traversé  les  cloitres 
de  St-Barlhélemi,  mais  simplement  mené  comme  étranger  à  la 
grande  garde  pouvait  jouir  de  l'immunité,  à  laquelle  pourtant 
ne  voulant  pas  souffrir  qu'il  soit  porté  aucune  atteinte,  sa  ditte 
altesse  ordonne  que  le  dit  Otten  soit  élargi  pour  y  être  rendu. 

»  Rien  enfin  n'est  plus  notoire,  Monseigneur,  qu'avant  la 
construction  de  la  chaussée  de  St-Gilles,  lorsque  les  officiers 
de  justice  conduisaient  les  criminels  au  supplice,  ils  les  menoient 
par  un  chemin  très-difficile,  lequel  a  cause  de  cette  pratique  a 
porté  et  porte  aujourd'hui  le  nom  de  rue  des  Pafiens  en  déclinant 
ainsi  les  immunités  du  monastère  qui  leur  présentait  un  chemin 
plus  court  et  plus  comode,  ils  prennent  encor  aujourdhui  le 
chemin  le  plus  long  et  le  plus  difficile  pour  éviter  les  cloîtres 
de  Ste-Croix ,  de  Si-Martin  et  de  St-Laurent ,  précautions 
neantmoins  fort  inutiles  si  la  plus  grande  privation  qui  fut 
jamais  de  la  liberté  peut  être  obstative  à  la  jouissance  de 
l'immunité. 

»  Ces  raisons  ont  paru  h  votre  clergé  assé  fortes  pour  oser 
espérer  que  quelques  différens  que  puissent  être  sur  ce  point 
les  sentiments  des  canonistes  dont  l'autorité  doit  à  plus  juste 
titre  que  celles  des  sacrés  canons  céder  à  l'usage  et  à  la  coutume) 
Votre  sérénissime  Emineiice  sera  servie  d'ordonner  ainsi  qu'ont 
fait  les  princes,  ses  prédécesseurs,  en  semblables  conjonctures 
que  le  dit  nommé  Quelin  soit  relâché  et  puisse  se  rendre  aux 
cloîtres  de  St-Barthélemi  où  il  puisse  jouir  de  l'asile  de  l'immu- 
nité, n'étant  ny  accusé  ny  convaincu  d'avoir  comis  aucun  des 
crimes  pour  lesquels  les  const  tu  lions  susmentionnées  des 
souverains  pontifes  refusent  l'immunité  ecclésiastique. 

»  S'ensuivent  les  mentionnés,  etc.  » 


—  423  — 

Pseudonyme  de  Mathieu  Liaensberg. 

Il  ne  nous  reste  plus,  pour  terminer  cette  notice,  qu'à  dire  un 
mot  du  trop  fameux  auteur  de  l'almanach  publié  sous  le  nom  de 
Mathieu  Laensberg,  ce  livre  qui  est  le  plus  feuilleté  et  le  plus 
populaire  entre  tous.  Cet  oracle  des  campagnes  et  des  cours  a 
inquiété  non-seulement  des  royales  courtisanes,  telles  que 
M"'«  Du  Barry  «  en  qui,  dit  M.  de  Reiffenberg  ('),  l'oubli  des 
»  principes  s'unissait  merveilleusement  à  toutes  les  faiblesses 
»  de  la  superstition,  mais  même  Napoléon  qui,  au  faîte  de  la 
«  puissance,  les  faisait  examiner  sévèrement,  de  peur  qu'elles 
»  ne  répandissent  des  idées,  des  craintes  ou  des  espérances 
»  contraires  à  ses  desseins.  » 

Voici,  à  ce  sujet,  ce  que  M.  de  Villenfagne  écrivait  à  la  per- 
sonne à  laquelle  il  dédia  sou  Histoire  de  Spa  (^)  : 

«  On  n'a  point  de  renseignements  certains  sur  Mathieu 
Laensberg,  dont  l'existence  même  est  encore  un  problème  ;  il  y 
a  eu  quelques  maihématiciens  de  ce  nom,  qui,  peut-être,  ont 
donné  lieu  d'imaginer  le  nôtre.  C'est  là  l'opinion  de  M.  l'abbé 
deFeller(')  :  opinion  qui  tend  à  persuader  que  l'Astrophile 
liégeois  est  un  être  idéal.  En  effet,  les  expressions  dont  on  se 
sert  dans  le  plus  ancien  privilège  que  j'aie  rencontré  pour 
l'impression  de  son  almanach,  confirme  ce  doute;  on  permet 
par  ce  privilège,  daté  derani646,à  Léonard  Streel, d'imprimer 
l'almanach  qu'on  y  désigne  sous  le  nom  de  maistre  Mathieu 
Laensberg  :  mots  qui  paroissent  laisser  entrevoir  que  le  rédac- 
teur de  ce  livret  prenoit  ce  nom  pour  le  publier.  D'un  autre 
côié,  la  tradition  a  transmis  dans  la  famille  de  M.  Bourguignon, 
héritier  et  descendant  des  premiers  imprimeurs  de  ces  alma- 
nachs,  que  Mathieu  Laensberg  avoit  été  chanoine  de  St-Barthé- 

(')  Dictionnaire  de  la  conversation^  t.  15,  1843,  édit.  belge. 

(  *)  De  Villenfagne.  Histoire  de  Spa,  t.  2.  Liège  1803,  pp.  108  et  suivantes. 

(^)  Journal  de  Luxembourg^  1  août  178S. 


_  424  - 

lemi,  à  Liège,  vers  la  tin  du  16""^  siècle  ou  au  commencement 
du  17"•^ 

«Il  est  possible,  quoi  qu'il  soit  très-permis  d'en  douter,  comme 
on  le  verra  tantôt,  qu'il  y  ait  eu  dans  cette  collégiale  un  cha- 
noine, nommé  Laensbert  ou  Laensbergh,  qui  se  sera  adonné 
aux  mathématiques  et  à  l'astrologie;  il  est  possible  qu'il  se  soit 
mis  en  tête,  d'après  des  remarques  qu'il  croyait  peut-être  infail- 
libles, de  régler  le  cours  des  astres;  et  si  l'on  fait  attention 
combien  alors  on  étoit  encore  superstitieux  ('),  il  est  possible 
aussi  qu'il  se  soit  mêlé  de  prédire  les  événements  de  son  tems, 
et  ceux  qui  dévoient  arriver,  lorsqu'il  ne  seroit  plus  :  et  pour- 
quoi n'auroit-il  pis  quelquefois  deviné  juste  dans  ses  prophé- 
ties, puis  qu'à  présent  son  représentant  a  de  tems  en  tems  le 
bonheur  de  prévoir  des  choses  inopinées  et  inattendues?  Ce 
chanoine  peut  avoir  acquis  pendant  sa  vie  une  certaine  célébrité: 
ce  qui  aura,  sans  doute,  engagé  un  libraire  intelligent  h  publier 
après  sa  mort  un  almanach  sous  .-on  nom  avec  des  prétendues 
prédictions.  L'astrologie  judiciaire  étoit  encore  à  la  mode  dans 
une  grande  partie  de  l'Europe.  Cet  art  chimérique  peut  seul 
avoir  suffi  pour  donner  quelque  vogue  à  l'almanach  de  Mathieu 
Laensbergh  chez  nos  voisins;  et  cette  vogue  aura  induit  le 
libraire,  qui  y  trouvoit  son  compte,  à  en  imprimer,  tous  les  ans, 
un  nouveau  avec  de  nouvelles  prédictions. 

»Quoi  qu'il  en  soit  de  ces  conjectures  sur  Laensbergh,  si  la 
tradition  qui  les  a  fait  UMÎtre,  ne  i^rouve  pas  que  cet  astrologue 
a  existé,  du  moins  elle  indique  que  le  premier  auteur  de  l'al- 
manach  qui  porte  son  nom,  étoit  un  chanoine  de  St-Barlhélemi. 
Un  ancien  portrait,  parfaitement  bien  dessiné,  d'un  chanoine 
de  cette  église,  que  j'ai  vu  dans  le  (cabinet  d'un  amateur  (^)  de 
notre  ville,  vient  ii  l'appui  de  cette  assertion.  J'examinai  attenti- 


(•)  Chaque  siècle  a  son  caractère  ;  je  ne  sais  comment  on  caractérisera  le  nôtre 
avec  ses  lumières,  mais  il  m'a  souvcnl  fait  regretter  les  siècles  les  plus  ténébreux. 
{ 2  )  Feu  M.  le  l'.aron  de  Clor. 


—  425  — 

vement  celle  pièce,  rare  et  curieuse,  qui  représentoit,  selon  cet 
amateur ,  homme  très-instruil,  l'inventeur  du  fameux  almanach 
de  Mathieu  Laensbergh.Rieii  n'est  plus  plaisant  que  ce  portrait. 
J'en  fis  la  description  suivante  que  vous  ne  serez  peut-être  pas 
fâché  de  trouver  ici.  Figurez-vous  un  vieillard,  assis  dans  un 
fauteuil,  la  main  gauche  appuyée  sur  une  sphère  et  tenant  de  la 
droite  un  télescope;  à  ses  pieds,  on  distinguait  différens  instru- 
mens  de  mathématique,  plusieurs  volumes  et  quelques  feuilles 
de  papier,  sur  lesquelles  étaient  tracés  des  cercles  et  des 
triangles.  Il  avait  les  yeux  gros  et  saillants,  le  regard  hébété, 
le  nez  en  forme  de  coquille,  et  de  grandes  oreilles  que  laissait 
apperçevoir  une  crasseuse  toque  ;  sa  bouche,  large  et  à  demi 
ouverte,  annonçoit  la  morgue  el  le  pédantisme;  des  rides 
affreuses  sillonnoient  son  visage  et  sa  barbe  longue  et  épaisse 
cachoit  presqu'entièremenl  un  énorme  rabat.  Ce  vieillard  était 
en  outre  affublé  d'une  soutane,  raccommodée  dans  plusieurs 
endroits,  et  plus  grise  que  noire.  Au  bas  de  ce  portrait,  on 
lisoil  :  D.  T.  V.  Bartholomnei  canonicus  et  philosophiœ  professor. 
Ces  lettres  initiales,  si  on  pouvait  les  déchiffrer,  donneraient  le 
nom  de  ce  professeur.  Ce  qi  i  me  persuade  qu'il  pourroit  fort 
bien  être  l'inventeur  de  l'aluianach  de  Mathieu  Laensbergh  et 
qu'il  n'a  point  existé  parmi  nous  un  Astrophile  de  ce  nom,  c'est 
qu'un  chanoine  de  St-Barthé!emi  ayant  eu,  à  ma  demande,  la 
complaisance  de  compulser  les  registres  de  ce  chapitre,  n'y  a 
point  trouvé  le  nom  de  Mathieu  Laensbergh,  que  la  tradition 
fait  chanoine  de  cette  église.  Mais  s'il  faut,  comme  il  me  semble, 
s'en  rapporter  à  cette  tradition,  il  y  a  tout  lieu  de  croire  qu'ui. 
chanoine  de  St-Barthélemi  aura  pris,  pour  publier  ses  rêveries, 
le  nom  de  Laensbergh,  dès-lors  déjà  en  vogue.  » 

E.  Thys,  abbé. 

Les  trois  planches  qui  accompagnent  cette  notice  ont  été  exécutées 
d'après  les  dessins  originaux  de  trois  de  nos  compatriotes  :  la  l'*  a  été 


426 


dessinée  par  M.  l'architecte  E.  Janiar,  d'après  un  dessin  deLangius,  écrivain 
du  16* siècle,  qui  nous  a  été  communiqué  par  M.  llenrolte, (hanoine;la2« 
a  été  gravée  d'après  le  plan  de  M.  l'arciiitecte  Dejardin,  appaiteiiant  à  la 
fabrique  de  S.  Bartliélemi  et  communiqué  par  M.  Dupont,  doyen  de  cette 
église  ;  il  comprend  le  projet  de  restauration  de  la  tour  ;  la  5''  enfin,  la 
tombe  de  Godescalc  a  été  dessinée  sur  les  lieux  par  M.  Coudet- 
Mouton. 


UN  DÉTAIL 


TOL'CHAM 


LA    BATAILLE    D'OTHÉE 


OU 


Les  droits  d'accises  d'Alost. 


En  1390,  la  principauté  de  Liège  était  tombée  entre  les  mains 
de  Jean  de  Bavière.  Despote  orgueilleux  et  vindicatif,  le  nouvel 
élu  ne  sut  point  conquérir  la  sympathie  de  ses  sujets  qui,  dans 
un  jour  de  colère,  essayèrent  de  le  renverser.  La  lutte  fut  fatale 
aux  Liégeois,  dont  la  juste  cause  alla  s'ensevelir  avec  vingt 
mille  braves  dans  la  plaine  d'Othée. 

Jean-sans-Pitié  dut  son  cruel  triomphe  au  duc  de  Bourgogne 
qui  s'était  empressé  de  voler  au  secours  de  son  beau-frère. 

Il  est  assez  curieux  de  noter  que  Jean-sans-Peur,  malgré 
toute  sa  puissance,  ne  put  porter  secours  au  prince  sans  battre 
monnaie  près  de  ses  bonnes  villes  de  Flandre.  C'est  ce  que 
prouve  entre  autres  l'intéressant  document  que  nous  reprodui- 
sons plus  loin. 

Le  duc  prélevait  sur  la  ville  d'Alost  des  droits  d'accises  sur 
les  vins,  cervoises  ,  breuvages  et  autres  deiu'ées,  dont  on 
pourrait  retrouver  le  montant  annuel  dans  les  comptes.  Il 
n'aimait  pas  de  voir  diminuer  ses  revenus,  mais  il  fallait  une 
somme  assez  ronde  pour  payer  les  gens  d'armes  et  de  traits  qui 
s'étaient  mis  en  campagne  contre  le  pays  de  Liège.  A  cet  elïet, 
le  duc  octroya  à  la  ville  d'Alost,  pour  un  terme  de  dix  ans  -  du 
14  février  1409  (n.  s.)  au  14  février  1419  (n.  s.)  —  le  privilège 


~  428  — 

de  percevoir  au  profit  de  la  viUo  les  droits  d'accises,  moyennant 
une  somme  de  800  nobles,  monnaie  de  Flandre,  payée  comptant. 

«  Comme  après  le  retour  —  y  est-il  dit  —  du  voiaige  que  nous  accom- 
paignez  de  gens  d'armes  et  de  trait  tant  de  ;ioz  pays  de  Bourg"",  de 
Flandre  comme  dauires  nations,  feismes  ja  bonne  |)iecea  ou  pays  de  Liège 
sur  les  Liégeois  qui  pour  ce  tem|)S  sestoient  renduz  rebelles  et  desbeissans 
a  lecontre  de  nostre  treschier  el  tresame  frère  Jehan  de  Bauviere,  esleu 
de  Liège  et  conte  de  Loz,  leur  seigneur,  lesquelz  rebelles  par  la  grâce  et 
ayde  de  Dieu  principalement  furent  mis  a  desconfiture  et  obéissance,  nous 
qui  pour  le  fait  dudit  volage  et  par  avant  aussi  avions  eu  et  sousienu  tres- 
grans  frais,  missions  et  despens  et  encoies  soustenir  nous  convenoit,  tant 
pour  noz  autres  affaires  estons  en  très  grant  nécessite  de  trouver  et  avoir 
finanche,  eussions  par  aucuns  de  noz  geiis  el  commis  fait  ti'aictier  avecques 
noz  bien  amez  les  eschevins  et  bonnes  gens  de  nostre  ville  d'Alostà  la(|uelle 
nous  avons  donne  octroy,  ainsi  que  a  cause  de  nostre  seigr.ourie  nous  loist 
et  appartient  de  faire,  par  lespace  de  dix  ans  que  commencèrent  le  quator- 
ziesme  jour  de  février  lan  mil  quatrecens  el  huit,  courre  et  lever  assiz  au 
proutfit  de  nostre  dicte  ville  sur  les  vins,  cervoises,  buvrages  et  autres 
denrées  et  marchandises  qui  y  seroient  venduez  et  dispensez,  moyennant 
que  pour  l'ccognoissance  de  nostre  seigneurie  nosdictes  bonnes  gens  nous 
dévoient  paier  annuellement  comme  paravant  ilz  avoient  fait  en  cas  pareil 
par  maintes  années,  la  somme  de  quatre  vings  nobles  de  nostre  coing  et 
forge  de  Flandres,  que  pour  nous  complaire,  subvenir  et  aidier  ilz^nous 
paierent  comptant  la  somme  de  huit  cent  nobles  pour  les  dix  ans  dessus- 
dits que  noslre  dit  octroy  doit  durer,  lequel  finera  au  xiiij"'  jour  dudit  mois 
de  février  lan  mil  iiij'  et  xviij,  comme  etc.  » 

Six  ans  plus  tnrd,  c'est-à-dire  en  1415  (n.  s.),  le  duc  était  de 
nouveau  en  guei-re  ;  celte  fois-ci  la  France  était  le  théâtre  de 
ses  exploits.  Le  même  besoin  d'argent  se  fit  encore  sentir  ;  aussi 
s'adressa-t-il  de  rechef  à  sa  bonne  ville  d'AIost  et  lui  proposa  le 
rachat  à  perpétuité  des  droits  d'accises. 

Le  revenu  de  ces  droits  avait  été  évalué  à  80  nobles  ;  le  capital 
à  payer  au  denier  vingt  —  5  7»  —  était  donc  de  1600  nobles. 
Mais  l'état  des  finances  d'AIost  ne  lui  permettait  pas  défaire  en 
une  fois  une  dépense  aussi  considérable.  Elle  offrit  par  consé- 
quent au  due  de   continuer  à  payer  32  nobles,  par  an,  pour 


—  429  — 

reconnaître  son  droit  de  seigneurie  et  de  racheter  seulement  48 
nobles,  rachat  dont  le  prix  était  20  fois  48  nobles,  c'est-^i-dire 
960.  Mais  le  terme  du  premier  octroi,  rachetant  les  droits 
d'accises  complets  pour  dix  ans,  n'étant  pas  écoulé,  la  ville 
était  encore  en  possession  pour  quatre  ans  du  privilège 
qu'elle  avait  acheté.  Il  fallait  donc  défdquer  des  960  nobles  la 
somme  de  4  fois  48,  c'est-à-dire  192;  ainsi  montait  le  total  à 
payer  à  768  nobles.  De  même,  la  rente  des  32  nobles  n'avait 
cours  qu'à  partir  du  14  février  1420  (n.  s.). 

La  charte  d'affranchissement  des  droits  susdits  fut  délivrée, 
par  Jean-sans-Peur,  le  1  octobre  1415  (n.  s.)  et  ratifiée  le  5 
novembre  suivant  par  le  comte  de  Charolais,  plus  tard  Philippe- 
le-Bon,  son  fils. 

Par  sa  prolixité  et  son  style  diffus,  celte  charte  semble  se 
ressentir  de  l'embarras  où  se  trouvait  le  duc,  qui,  à  l'exemple 
d'un  bon  père  de  famille,  cherchait  à  faire  argent  sans  aliéner 
ses  biens 

Le  droit  de  percevoir  les  accises,  appartenant  jadis  au  duc 
de  Bourgogne  en  sa  qualité  de  comte  de  Flandre,  revenait 
maintenant  au  magistrat  d'Alost.  Il  fut  stipulé  toutefois  que 
celui-ci  pouvait  diminuer  à  son  gré  le  droit  à  percevoir,  mais 
nullement  dépasser  le  (aux  fixé  dans  la  charte.  Il  n'est  pas  sans 
intérêt  de  connaître  ce  taux  au  point  de  vue  de  l'histoire  de 
l'économie  politique  (M- 

Voici  du  reste  le  texte  intégral  de  celte  charte  si  curieuse  à 
différents  titres  : 

«  Jehan  duc  de  Bourgoigne,  conte  de  Flandres,  dArtois  et  de  Bourg"« 
Palatin,  seigneur  de  Salins  et  de  Malines,  savoir  faisons  a  tous  presens  et 
advenir,  que  comme  a|)res  le  retour  du  voiaige  que  nous  accompaignez  de 
gens  darmcs  et  de  trait  tant  de  noz  pays  de  Bourg"%  de  Flandres  comme 
dautres  nations  feismes  ja  bonne  piecea,  ou  pays  de  l.iege  sur  les  liégeois 
qui  pour  ce  temps  sestoient  renduz  rebelles  et  desbeissans  a  lecontre  de 

('  )  Voir  ci-après,  p.  -ioiî. 


—  430  — 

nostre  treschier  et  tresame  frère  Jehan  de  Bauuiere  esleu  de  Liège  et 
conte  de  Loz,  leur  seigneur,  iesquelz  rebelles  pai'  la  grâce  et  ayde  de 
Dieu  principalement  furent  mis  a  desconfiture  et  obéissance.  Nous  qui 
pour  le  fait  dudit  volage  et  par  avant  aussi  avions  eu  et  soustenu  tresgrans 
frais,  missions  et  despens  et  encores  soustenir  nous  convenoit,  tant  pour 
noz  autres  aiïaires,  estons  en  trcs  grant  nécessite  de  trouver  et  avoir 
finanche,  eussions  par  aucuns  de  noz  gens  et  commis  fait  traicticr  avecques 
noz  bien  amez  les  eschevins  et  bonnes  gens  de  nostie  ville  dAlost,  a  laquelle 
nous  avons  donne  octroy,  ainsi  que  a  cause  de  nostre  seignourie  nous 
loist  et  appartient  de  faire,  par  lespace  de  dix  ans  que  commencèrent  le 
quatorziesme  jour  de  février  lan  mil  qualrecens  et  huit,  courre  et  lever 
assiz  au  prouffit  de  nostre  dicte  ville  sur  les  vins,  cervoises,  buvrages  et 
autres  denrées  et  marchandises  qui  y  seroient  venduz  et  dispensez, 
moyennant  que  pour  recognoissance  de  nostre  seignourie  nosdicles  bonnes 
gens  nous  dévoient  paier  annuellement  comme  paravant  ilz  avoient  fait  en 
cas  pareil  par  maintes  années,  la  somn)e  de  quatre  vings  nobles  de  nostre 
coing  et  forge  de  Flandres,  que  pour  nous  complaire,  subvenir  etaidier 
ilz  nous  paierent  comptant  la  somme  de  huit  cent  nobles  pour  les  dix  ans 
dessusdits  que  nostre  dit  octroy  doit  durer,  lequel  finera  au  xiiij"  jour 
dudit  mois  de  février  lan  mil  iiij''  et  xviij,  comme  plus  a  plain  peut  apparoir 
par  noz  lettres  patentes  que  les  dAlosl  en  ont  de  nous.  Et  il  soit  ainsi  que 
a  présent  plus  que  oncques  maix,  nous  soit  besoing  nécessairement  davoir 
hastivement  de  tresgrans  linances  pour  les  charges  et  afl'aircs  que  nous 
sont  survenues  especialement  en  ceste  présente  année  que  pour  la  seurete 
de  nostre  personne,  et  deffence  de  noz  pays  et  subgectz  il  nous  a  convenu 
tenir  et  avoir  par  long  temps  grans  foisons  de  gens  darmes  et  de  trait 
tant  de  nosdits  pays  de  Bourg"''  et  de  Flandres  comme  autres  de  divers 
lieux  et  nations  pour  résister  aux  enfi'eprinses  que  par  voie  dhostilite  et 
de  guerre  aucuns  seigneurs  en  ce  temps  noz  ennemis  et  adversaires  soubz 
la  puissance  de  Mons''  le  roy  et  de  Mons'  le  duc  de  Guienne  Daulphin  de 
Viennoiz  son  aisne  filz  ont  faicles  en  nostre  pays  dArtois  ou  ilz  ont  prinse 
nostre  ville  de  Baulpaines,  mis  et  tenu  le  siège  devant  nostre  \ille  dxArras 
par  grand  tem()s  et  autrement  adommaigie,  ars,  pillie  et  ravie  nostredit 
pays  dArtois  en  entention  de  nous,  nosdits  pays  et  subgetz  destruire,  se 
par  le  bon  ayde  desdits  gens  darmes  et  de  trait  ny  eussions  résiste. 
Lesquelx  linances  obstant  celles  que  par  cy  devant  prins  et  eues  avons  en 
tant  de  manières  ne  pourrions  furnir  ne  trouver  si  prestement  comme  bien 
besoing  nous  en  est  tant  pour  paier  et  contenter  lesdits  gens  darmes  et 
de  trait  comme  autrement  subvenir  en  noz  autres  affaires  que  de  plus  en 
plus  nous  croissent,  sans  vendre,  aliéner  ou  chargier  aucunes  parties  de 
nostre  domaine.  Et  puur  nous  eslre  en  ce  soudainement  secourru  etaidie, 
eyons  nouvellement  par  aucuns  de  noz  gens  et  commis  fait  parler  et  sentir 


—  431  — 

ausdils  eschevins  et  bonnes  gens  dlcelle  nostre  ville  dAlost  se  ilz  voul- 
droienl  achetei*  du  tout  pour  le  temps  advenir  lesdits  iiij'^"  nobles  par  an 
que  y  avons  prins  et  prenons  encores,  loclroy  dont  cy  dessus  est  touchie, 
faibli  et  expire,  lesquelz  bonnes  gens  que  avons  adez  trouvez  prêts  et  appa- 
reilliez a  nous  secourrir  et  aidier  selon  la  possibilité  de  nostred.  ville, 
nonobstant  quelle  soil  desia  grandement  cbargie  pour  nous  vouloir  prin- 
cipaultment  complaire  et  subvenir  moyennant  touttesvoies  certain  traictiet 
pourparle  et  fait  de  nostre  sceu  et  volente  par  nosdits  commis  avecques 
eulx  soient  pour  deschargier  icelle  nostre  ville  devers  nous  accordez  de 
acheterdesd.  iiij"'^  nobles  les  quarante  huit,  au  pris  de  soixante  solz  par. 
de  nostre  monnoie  de  Flandres  la  pieche,  a  quoy  ilz  sont  avaluez  par  les 
derraines  ordonnances  de  noz  monnoyes  et  nous  en  donner  au  denier 
vingt,  déduit  et  rabaîu  de  ce  lesdits  quarante  huit  nobles  que  aud.  pris 
de  Lx  s.  par.,  pour  quatre  années  avenir  a  encores  a  durer  par  noslredit 
octroy  en  avons  receues  dicelle  nostre  ville,  ainsi  aurions  nous  de  net 
pour  une  foiz  sept  cens  soixante  huit  nobles  audit  pris  de  lx  s.  par.  la 
pièce  comme  par  le  rapport  diceulz  noz  commis  qui  nous  ont  tout  au  long 
fait  relation  dudit  traictie,  avons  plainement  sceu.  Nous  veullians  comment 
que  ce  soit  subvenir  a  nosd.  affaires  et  nécessitez  si  grans  et  apparrans, 
considerans  et  regaidans  puis  que  vendre  et  aliéner  nous  convient 
nécessairement  noz  revenues,  que  a  moindre  préjudice  pour  nous,  povons 
vendre  et  aliéner  telz  et  semblables  choses  que  aultres  parties  plus  sceures 
et  certaines  do  nostrodlt  deniaino,  mesmement  que  feu  nostre  treschier 
S''  etayeul  Mons''  Loys  jadis  conte  de  Flandres,  père  et  feue  nostre  tres- 
chiere  dame  et  mère  que  Dieu  absoille.  nesoloit  en  son  vivant  pour  loctroy 
des  assiz  de  nostre  ville  dessusditte  combien  quelle  feust  en  son  temps  en 
trop  meilleur  estai  quelle  nait  este  depuis  les  derraines  commotions  et 
rebellions  qui  ont  este  en  nostredit  pays  de  Flandres  auquel  temps  elle  fu 
priiise,  arse  et  comme  toute  destrnitte,  nosoit  encores  prendre  et  avoir 
par  an  dicelle  que  viiigtcincq  livres  par.  monnoye  lors  aians  cours  si 
conmie  par  ses  lettres  sur  ce  obtenues  nous  est  apparu.  Et  que  nous  ny 
devons  riens  prendre  pour  nostredit  octroy  jusques  a  ce  que  les  dix  ans 
dessusdil  comprins  en  icellui  soient  expirez.  Aussi  se  nostred.  ville  feust 
en  telle  possibilité  et  estât  que  il  ne  fust  besoing  que  assiz  y  courrussent 
nous  ny  aurrons  plus  riens  dudit  octroy,  avons  sur  tout  eu  meur  et  bon 
advis  en  acceptant  et  ensuivant  le'dit  traictie  de  nostre  certaine  science, 
octroyé  et  accorde  et  par  la  teneur  de  ces  présentes  octroyons  et  accordons, 
pour  nous,  noz  hoyres  et  successeurs  contes  et  contesses  de  Flandres, 
seigneurs  ou  dames  dAlost,  que  nostredit  octroy  expire  et  des  lors  en 
avant  a  perpétuité  nosdits  eschevins  et  bonnes  gens  dudit  lieu  dAlost 
pourront  deulx  mesmes  faire  courre  et  lever  assiz  en  icelle  nostre  ville  et 
par  tout  ailleurs  ou  ilz  sont  accoustume  de  les  avoir  et  percevoir  sur  les 


—  432  — 

buvraiges.  denrées  et  marchandises  (juon  y  vendcra  et  despensera  telz  et 
si  grans  que  par  le  commun  prouffit  et  utilité  de  noslreditle  ville  il  leur 
semblera  estre  expédient,  poiuveuqueil/.  ny  pourront  faire  courre  ne  lever 
plus  grand  assiz  que  par  nosîro  devandit  octroy  ont  présentement  cours 
et  se  lievent  illecques,  mais  moindres  se  ilz  voient  que  ce  soit  le  bien 
dicelle  nostre  ville  sans  ce  que  il  leur  soit  besoingou  nécessite  aucune  de 
prendre,  avoir,  ne  obtenir  pour  ce  de  nous  ou  diceulx  noz  successeurs 
aucun  congie,  licence  ou  ocîroy  quelconques.  Duquel  octroy  prenre  ou 
obtenir  nous  les  affranchissons  desmainlenant  a  perpétuité  et  a  jamais 
moyennant  ce  loutesvoies  que  nous  devons  prenre  et  avoir,  prenrons  et 
aurons  heritablement  et  perpétuellement  pour  recognoissance  de  nostre- 
dicte  seignourie  au  regard  desdiz  assiz  sur  nostre  ditte  ville  chacun  an 
au  quatorziesme  jours  de  février  trente  deux  nobles  de  Flandres  audit  pris 
de  soixante  solz  nouveaulz  la  pièce  ou  la  valeur  en  autre  monnoye  telle 
que  ailleurs  en  nostredit  pays  de  Flandres  recevrons  de  nostre  demaine, 
et  que  nosdits  bonnes  gens  dÂlost  nous  ont  baillie  comptant  pour  les 
autres  quarante  huit  nobles  dont  icelU'  nostre  ville  demeura  a  lousiours 
qnicte  et  deschargie  et  la  en  deschargeons  desmainteiiant  par  ces  mesmes 
présentes,  la  somme  de  sept  cens  soixante  huit  nobles  audit  pris  de  lx  s 
que  avons  fait  recevoir  deulx  par  nostre  ame  et  fealconscillier  Jehan  Uuten 
Hovea  présent  nostre  receveur  gênerai  de  nostre  dit  pays  de  Flandres,  qui 
en  sera  tenu  de  rendre  compte,  delaquille  somme  de  vij''  Lxvnj  nobles  au 
pris  dessusdit  nous  noz  tenons  pour  bien  contens  et  en  quictons  a  tonsiours 
inaiz  nostrcd.  ville.  Et  cscherra  le  premier  paiement  desdits  xxxij  nobles 
au  xui]*^  ji)urs  do  février  lan  mil  iiij'''  et  xix  desquelx  paier  audit  jour  de 
deslorsenavant  a  pertuite  a  nostre  recepte  de  Flandres,  et  aussi  quilz  ne 
pourront  liaulchier  ne  y  faire  courrir  plus  grand  assiz  que  cy  dessoubz  en 
ces  présentes  sont  declairez.  I(;elle  nosire  ville  sera  tenue  et  nous  devra 
baillier  lettres  obligatoires,  soubz  le  scel  de  la  commnnaulte  dillecques 
ou  seront  encor|)Orez  ces  mesmes  présentes,  lesquelles  nous  voulons  estre 
délivrées  a  la  garde  de  noz  chartes  de  Flandres  poui'  les  estre  misen  garde 
la  ou  il  appartient.  Et  promcclons  en  bonne  foy  et  nous  oblegons  a  ce 
ensemble  nosdiz  hoyrs  et  successeurs  de  laissier  et  faire  joyr  et  user 
nosdits  bonnes  gens  d.\lost  de  laffranchissement  et  achat  dessusdit  et  de 
toutles  les  autres  choses  cy  dessus  contenues  et  par  nous  accordées  et  de 
chacune  dicelles  sans  leur  y  faire  ne  faire  faire,  ne  souffrir  estre  fait  ores 
ne  ou  temps  advenir  par  voyes  directes  ou  indirectes  ne  autrement 
comment  (|ue  ce  soit  aucun  ''î.^pi'schement  ou  destourbier  quelconque,  ne 
que  pour  occasion  des  assiz  (jui  auront  cours  en  nosti'e  devant  dicte  ville 
en  et  par  la  manière  que  dit  est  après  le  dessusdit  octroy  de  dix  ans 
ex|)ire,  demander,  jjrendre  ne  avoir  autre  chose,  ne  plus  grant  prouffit 
annuellement  (jiie  les  xxxij  nobles  devantdiz  seullement,  dont  le  premier 


—  433  — 

terme  sera  le  xinj*  jour  de  fevriei-  lan  mil  quatrecens  xix  et  affin  quil 
appert  ou  temps  advenir  quelz  assiz  o/it  maintenant  cours  et  se  devront 
lever  en  icelle  nostre  ville  et  poui'  faire  cesser  les  débats  qui  naistre  sen 
pourront  cy  en  après,  nous  les  avons  fait  extraire  hors  dicellui  nostre 
octroy  et  sont  telz  que  seiisuit.  Est  assavoir  de  chacun  lot  de  vin  huit 
deniers  par.,  de  chacun  tonnel  de  cervoise  doultre  mer  six  solz  par.,  de 
chacun  tonneau  de  cervoise  non  affranchi  en  la  hanze  des  almans  seize 
solz  par.,  de  chacun  brassin  de  cervoise  de  quatorze  tonneaulx  soixante 
solz  par.  Et  toultes  ces  parties  se  cueillent  et  paient  aussi  bien  dehors 
laditte  ville  une  lieue  a  la  ronde  que  dedens  icelle.  Item  dune  paire  de 
draps  drappez  et  aprareilliez  cont^Miant  trentesix  aulsnes  de  long,  unze 
solz.  Item  dun  drap  de  quarante  deux  aulnes  seize  solz  par.  Item  dun  sac 
de  ble,  dorge,  st-mence,  poix,  fevts  ou  aultie  manière  de  grains  vendu  ou 
achate  dedens  laditte  ville  quinse  deniers  par.  Item  dun  sac  davaine  unze 
deniers  par.  Item  de  toultes  manières  de  grains  descendant  par  neif  aval 
la  rivière  de  la  Tendre  ou  qui  est  amené  en  ladicte  ville  par  charroy  ou 
autrement,  pouriliec  chargier  en  nef  et  mener  dehors  sans  y  estre  vendu 
ou  acheté  en  paie  la  moictie  des  assiz  dessus  touchiez.  Item  de  touttes 
autres  denrées  et  marchandises  que  on  achate  ou  vend  dedens  les  metes 
de  laditte  ville  on  paie  de  chacune  livre  par.  douze  deniers  par.  Si  donnons 
en  mandement  par  ces  mesmes  présentes  a  noz  amez  et  feaulx  les  gens  de 
nostre  conseil  de  Flandres  et  de  noz  comptes  a  Lille,  a  nostre  receveur 
gênerai  en  Flandres,  a  nostre  receveur  particulier  dudit  lieu  dAlost  et  a 
tous  noz  autres  gens  et  officiers  i|uelzconques  presens  et  advenir  et  a 
chacun  deulx  que  peut  touchier  ou  regarder  que  des  affranchissement, 
octroy,  achat,  aliénation  et  autres  choses  dessus  touchiez  et  de  chacune 
dicelles  ilz  fâchent,  seuffrentet  laissent  lesdiz  eschevins  et  bonnes  gens  de 
nostre  dessusdicle  ville  dAlost  presens  et  advenir  plainement  et  paysible- 
ment  joyr  et  user  sans  leur  faire  ne  souffrir  estre  lait  en  ce  aucun  destour- 
bier  ou  empeschement  quelconque,  ains  se  fait  leur  estoit  quilz  le  ostent 
incontinent  que  de  par  eulx  en  seront  requis  sans  sur  ce  attendre  autre 
mandement  de  nous  ou  de  nosdiz  successeurs.  Et  en  oultre  a  nostredil 
receveur  de  Flandres  qui  ores  lest  que  en  ses  comptes  que  il  nous  rendra 
pour  le  temps  présent  et  advenir  il  face  mention  seulement  de  la  rente  de 
trente  deux  nobles  dessusdiz  que  devons  prendre  en  et  sur  icelle  nostre 
ville  pour  les  causes  a  terme  et  en  la  manière  cy  dessus  touchie  en 
délaissant  a  y  faire  mention  desdiz  quarante  huit  nobles  se  non  pour  la 
première  fois  seullement,  desque^z  xLviij  nobles  par  rapportant  vidimus 
de  ces  présentes  soubz  seel  auctenticque  ou  copie  collationnee  en  nostre 
chambre  des  comptes  a  Lille  ou  par  lun  de  noz  secrétaires  seulement, 
nous  voulons  que  nostre  dit  receveur  de  Flandres  demeure  quite  et  paysible 
et  quil  en  soit  deschargie  par  nosdiz  gens  des  comptes  audit  lieu  de  Lille 


-  434  — 

et  par  touttes  aiiltros  a  qui  ce  peut  ou  pourra  louchier  sans  contredit  ne 
difficulté.  Et  se  aucune  mention  esioit  faicte  de  ce  es  registres  de  nostre 
dicte  demaiiKMiuil  en  soit  tracliie  eteffachie  si  avant  que  comprins  y  seroit 
nonobstant  ordonnances  ou  constitutions  ja  pieca  faictes  saucunes  y  a  par 
quoy  nous  ne  puissons  ne  doyons  vendre  ou  aliéner  nostredît  demaine, 
mandemens  ou  deffenses  especiales  ou  générales  faictes  ou  a  faire  qui 
puissent  aucunement  deroguier  aux  choses  dessusdictes  par  nous  accordées 
eu  la  manière  cy  devant  exprimée  soui)z  quelque  fourme  de  parolles  quelles 
auroient  este  ou  seroient  faictes  et  que  les  nonobstans  y  contenues  ne 
soient  icy  de  mot  a  mot  speciffiees.  Et  affin  que  ce  soit  ferme  chose  et 
astable  a  tousioursmaiz  nous  en  tesmoing  de  ce  avons  fait  mectre  nostre 
seel  a  ces  présentes.  Et  nous  Philippe  de  Bourgoigne  devant  nomme 
sachans  et  cognoissans  certainement  la  iresgrant  nécessite  dudit  monsei- 
gneui"  mon  père  et  que  pour  autre  cause  se  non  pour  ceste  il  a  par  délibé- 
ration consenti  et  accorde  aux  affranchissement,  achat,  aliénation  et  autres 
choses  cy  dessus  exprimées,  avons  de  lauctorite  et  voulonte  dicellui  nostre 
seigneur  et  père  loue,  grée,  ratiffie  et  approuve.  Et  en  y  mectant  nostre 
consentement,  louons,  gréons,  ratifRons  et  approuvons  touttes  les  choses 
dessusdictes  et  chacune  dicelles,  en  promectant  en  bonne  foy  a  les  entre- 
tenir et  faire  entretenir,  et  lesdiz  dAlost  en  faire  et  laissier  juyr  a  perpé- 
tuité sans  aller  faire  ou  venir  ne  faire  faire  ou  venir  comment  que  ce  soit 
contre  la  teneur  de  ces  mesmes  présentes,  auxquelz  en  tesmoing  de  ce, 
avons  fait  mectre  nostre  seel  avec  cellui  de  mondit  seigneur  et  père. 
Donne  quant  a  nous  duc  en  nostre  ville  de  Gand,  le  premier  jour  doctobre 
lan  de  grâce  mil  quatrecens  et  quatorze,  et  quant  a  nous  comte  de  Char- 
rolais  en  ladicte  ville  de  Gand  le  y^  jour  de  novembre  lan  dessusdit.  Et 
sur  le  pli}  est  cseripl  :  Par  Mon  s'  le  duc  et  son  Conseil  auquel  vous  le  sîre 
de  Roubais,  messire  Roland  Dunkerke  (i)  et  pluseurs  autres  esties. 
Sigut'  :  De  la  Boede.  Item  par  Mons'  le  comte  de  Charrolais,  maislreJehau 
de  Ressinghera,  présent.  Signe  :  Menart. 

»  CoUatione  et  amende  a  son  original  ce  xw'f  jourdejuingw"  lxxi  (2).  » 

Désiré  van  de  Casteele, 
Conservateur-adjoint  des  Archives  de  l'État,  à  Liège. 

(•)  Sic, /ise:  dUutkerke. 

(* )  Cartulaire  de  la  ville  d'Alosl  ou  Boekmci  den  haire,  fo  4  v». 


X.A     CHASSE     DE    VISE. 


ItlSPOSlTION  DES   li-wacRlI>TIOKa, 


lluUftiri  •If  l'hisltliil  archiolmjiiiue  tit'ii^ 


Vltl  UV   -!-  ^AdHO;)  :  HAD  ->,  1     -',  KA.'^VA   .'   Illl.l.  -1   ,I.IS  ■',  XOV  -J 

KASHAs  I  vh■|^;v  I  xnai  s  .i.i    lj.i(i>;!i.i.  ■!-  ka vvis  •;- vj/jjiAasia  :■  icvi  ■! 
Bici.l.'GEH  insii;ms  tiiii 


.iiAnosaii  :■  vr.i\iiA  •:-  aAOjon  •:•   i    i  v(]n!a  -!-  inisoud  -!  viiok  ■ 
/  :■  xiAios  ■!  sa:ia  ad  •:  ;in  iio-j   1 1.  xia  i  aa.v  i  vh^'ak  i  ivho  j.  suaw 

C'RCMDAT     VERTir.K     CANOENS 


SASsvd  33AH3  .'CI  xaa  .i,\:a 

;-  II'SA  t  Cni.VMBA  ï  OOCZ  \  MERITIS      t  VIRES  v  DAT  t  FAiMVLIS  t  SCI 
t  QVin'   ISTE  ï  REEVLGET  t        i  BENEDICTIO  T  PATRIS  t 


snHvnaaHd   in>jAW   sshoxsia 

+  TAHET  -■(  l'Il'I'IN-  -;   IIEC.ERMT     1     t  VIRTVTVM  MERITIS  t  CRESCIT 
r  IVS  t  HAIIELINVS  ï  I  t  SVBIECTIO  t  MITIS  f 


LA    CHASSE    DE   VISE. 


I.  —  8aint-IIadeIin. 

Les  anciennes  collégiales  et  les  abbayes  de  l'Église  de  Liège 
possédaient,  avant  les  jours  déplorables  qui  marquèrent  la 
réunion  du  territoire  de  la  principauté  à  la  France,  des  trésors 
considérables  où  brillaient  les  œuvres  les  plus  splendides  et  les 
plus  vénérables  tout  à  la  fois  de  l'art  chrétien  du  moyen-âge. 
Un  petit  nombre  de  ces  richesses  ont  échappé  au  vandalisme 
révolutionnaire,  et  celles  qui  sont  arrivées  jusqu'à  nous  ,  sont 
détériorées,  mutilées,  et  exigent,  si  on  veut  les  arracher  à  une 
destruction  inéviiable,  une  restauration  complète. 

Parmi  ces  œuvres  de  l'art  du  moyen-âge,  l'une  des  plus 
curieuses  sous  le  double  point  de  vue  de  l'histoire  des  procédés 
et  du  développement  de  la  ciselure,  est  sans  contredit  lâchasse 
de  Visé,  remontant  au  XI'"  siècle,  qui  contient  les  restes  véné- 
rés de  St-Hadelin,  patron  de  l'ancien  chapitre  de  Visé,  fonda- 
teur du  monastère  de  Celles ,  de  l'ordre  de  St-Benoit. 

Retraçons  d'abord,  en  quelques  mots,  la  biographie  de 
St-Hadelin. 

Hadelin  naquit,  selon  la  plupart  des  hagiographes  belges, 
vers  le  commencement  du  VIP  siècle  de  notre  ère,  en  610  ;  il 
appartenait,  par  sa  naissance,  à  une  famille  noble  et  puissante 
de  la  Guieniie,  contrée  qui  faisait  partie  à  celte  époque  du 
royaume  d'Aquitaine.  Une  éducation  toute  chrétienne  jointe  à 
une  giande  douceur  de  caractère,  porta  le  jeune  Hadelin  à  se 
donner  au  service  de  Dieu  ;  il  quitte  dans  ce  but  la  maison  pater- 


-    436  — 

nelle.  renonce  à  ses  joies,  abandonne  ses  biens  et  ses  richesses, 
et  se  relire  dans  une  austère  retraite  en  compagnie  de  quelques 
saints  personnages  qui,  comme  lui,  avaient  résolu  de  consacrer 
leur  vie  au  service  des  autels. 

A  celle  époque,  Sl-Remacle,  originaire  d'Aquitaine,  homme 
d'une  émineiite  vertu,  gouvernait  le  monastère  de  Solignac, 
récemment  bâti  par  St-Eloi.  Ce  fut  vers  cette  pieuse  retraite 
que  le  jeune  lévite  dirigea  ses  pas,  et,  peu  de  temps  après  son 
arrivée,  Hadelin  devint  le  compagnon  obligé  des  exercices  et 
des  travaux  du  saint  directeur. 

La  réputation  de  Remacle  s'étant  répandue  dans  toutes  les 
Gaules,  Sigebert  II,  roi  d'Austrasie,  l'appela  à  sa  cour  et  lui  con- 
fia le  gouvernement  du  monastère  de  Cougrion  qu'il  venait  de 
fonder  (i  ).  Hadelin,  qui  avait  accompagné  Remacle  à  la  cour 
d'Austrasie,  suivit  le  saint  cénobite  à  Cougnon,  et  résolutd'y 
passer  sa  vie  entre  la  prière  et  l'étude. 

En  650,  St-Amand,  successeur  de  St-Jean  l'Agneau,  ayant  ré- 
signé l'évêché  de  Tongres,  Sigebert  appela  Remacle  à  ce  siège 
important. 

Hadelin,  fidèle  à  ses  affections,  suivit  son  maître  et  son  modèle 
à  Tongres,  où  peu  après,  il  reçut  les  ordres  sacrés.  A  partir  de 
ce  moment,  le  jeune  prêtre  s'appliqua  avec  zèle  à  remplir  les 
devoirs  du  saint  ministère  et  ceux,  non  moins  fatigants,  du 
missionnaire. 

En  653,  St-Remacle,  renonçant  h.  son  tour  à  la  dignité  épis- 
copale,  se  retira  au  monastère  de  Stavelot  pour  y  terminer  ses 
jours,  Hadelin  l'accompagna  dans  sa  nouvelle  retraite,  et,  peu 
après,  tous  deux  entreprirent  le  voyage  de  Rome,  afin  d'aller 
puiser  au  tombeau  des  SS.  apôtres  Pierre  et  Paul,  une  foi  plus 
vive  et  plus  forte,  si  possible,  et  la  grâce  d'exécuter  de  grandes 
choses. 

C'est  au  retour  de  ce  pieux  et  saint  pèlerinage  que  Dieu  révéla 

(  '  )  Entre  Chiny  et  Bouillon,  sur  la  petite  rivière  de  la  Setnoy. 


—  437  — 

la  sainteté  de  Hndelin  par  un  prodige  dont  nous  parlerons  plus 
bas. 

En  669,  Hadelin,  se  soumettant  aux  ordres  de  la  Providence, 
quitte  le  monastère  de  Stavelot  pour  se  retirer  dans  une  grotte 
où  il  va  prier  Dieu  et  se  livrer  aux  exercices  les  plus  austères 
de  la  vie  cénobitique.  La  réputation  de  sainteté  du  fervent  ana- 
chorète se  répand  bientôt  dans  la  contrée  et  parvient  jusqu'à  la 
cour  du  maire  du  palais,  Pépin  de  Herstal,  qui  s'empresse 
d'aller  visiter  le  pieux  hermite  dans  sa  retraite,  et  lui  fait,  en 
même  temps,  donation  de  quelques  arpents  de  terre  pour  sub- 
venir à  ses  besoins. 

Quelques  personnages  distingués,  touchés  des  vertus  de 
Hadehn,  vinrent,  peu  de  temps  après,  partager  sa  solitude,  et, 
selon  la  coutume  de  l'époque,  tirent  abandon  de  leurs  biens  au 
nouvel  institut,  qui  devait  les  appliquer  à  des  fondations  reli- 
gieuses. A  la  suite  de  ses  fondations,  Hadelin  put  entreprendre 
la  construction  du  monastère  de  Celles,  dans  lequel  il  établit 
l'observance  de  la  règle  de  St-Benoit  (i). 

De  tous  les  pèlerins  qui  étaient  venus  partager  la  retraite  de 
Hadelin,  le  saint  ne  retint  près  de  lui  que  douze  personnes, 
pour  lesquelles  il  tit  élever  des  cellules  (cellœ),  aussi  simples  que 
possible,  et  dont  on  retrouve  aujourd'hui  encore  des  traces. 
Ces  modestes  constructions,  faites  au  VH'^  siècle,  ont  été  l'ori- 
gine du  village  de  Celles  ,  situé  ù  une  lieue  et  demie  de  la  ville 
de  Dinant,  et  lui  ont  donné  son  nom. 

Après  une  vie  consacrée  tout  entière  à  la  propagation  de  la 
foi  catholique  dans  les  Ardennes  et  le  Condroz  et  aux  exercices 
les  plus  sévères  de  la  vie  monastique,  Hadelin,  qui  avait  su 
communiquer  à  ses  disciples  son  zèle  et  son  amour  religieux, 
accablé  par  le  poids  des  ans  et  par  la  fatigue  des  travaux  apos- 
toliques, assembla  ses  trères  ;  après  les  avoir  adjurés  de  conti- 

(  »  )Molanus.  Satales  SS.  Beîgii.  fol.  22.  Fisen.  Fiot-es  ecdesiœ Leodiemis ,  p.  100. 


—  438  — 

nuer  à  suivre  les  saintes  pratiques  qu'ils  avaient  longtemps 
accomplies  eu  commun,  il  rendit  sou  âme  au  Seigneur  le  3' 
jour  de  février  de  l'aimée  690  :  Hadelin  avait  atieinl  sa  80** 
année. 

Ses  restes  mortels  furent  déposés  dans  la  grotte  où  le  bien- 
heureux cénobite  avait  passé  une  partie  de  son  existence,  et 
accompli,  par  la  prière,  les  choses  les  plus  miraculeuses.  La 
grotte  devint  pour  tous  les  habitants  de  la  contrée  et  des  pays 
voisins  un  pieux  but  de  pèlerinage,  où  chacun,  grands  et  pe- 
tits, riches  et  pauvres,  venaient  solliciter  l'iniercession  du  saint 
auprès  de  Dieu,  certams  d'obtenir,  par  sa  puissante  entremise, 
l'objet  de  leurs  prières  et  de  leurs  demandes. 

Quelques  années  après  la  mort  de  Hadelin,  le  monastère 
qu'il  avait  fondé  fut  érigé  en  chapitre  canonial,  et  ses  disciples 
élirent  pour  les  gouverner  un  abbé  séculier  et  un  prévôt. 

II.  —  Lia  Châsse. 

L'affluence  des  pèlerins  augmentant  chaque  jour  au  tombeau 
de  leur  saint  fondateur,  les  chanoines  de  Celles,  dans  l'intention 
de  pouvoir  exposer  à  la  vénération  publique  les  ossements  du 
bienheureux  Hadelin,  les  liront  déposer  dans  une  châsse  splen- 
dide,  pour  le  travail  de  laquelle  des  artistes  de  l'époque  furent 
appelés  à  déployer  ce  qu'ils  possédaient  de  goût,  de  savoir  et 
d'art. 

La  collégiale  de  Celles  ayant  pris  un  grand  développement, 
les  chanoines  confièrent  à  des  avoués  la  défense  de  leurs  biens 
et  le  maintien  de  leurs  droits  temporels;  mais  ceux-là  mêmes 
qui  devaient  veiller  et  être  les  tuteurs  de  l'église  de  Celles, 
devinrent  ses  premiers  persécuteurs.  Abusant  de  l'autorité 
d'une  charge  qui  leur  avait  éié  généreusement  confiée,  ces 
avoués  s'établirent  en  maîtres  dans  toutes  leurs  possessions  et 
dépouillèrent  ainsi  sans  scrupule  leurs  bénévoles  bienfaiteurs. 


439 


La  persistance  des  persécutions  que  souffrait  le  clergé  de 
Celles,  engngea  les  clianoines  à  prendre  un  parti  extrême.  Ils 
résolurent  d'abandonner  Celles  et  d'aller  chercher  un  abri  à 
Liège. 

Le  premier  soin  des  chanoines  en  abandonnant  leur  église 
fut  d'emporter  la  châsse  contenant  les  restes  vénérés  de  leur 
saint  patron,  qu'ils  regardaient  comme  leur  trésor  le  plus  pré- 
cieux. 

Arrivés  à  Liège,  les  chanoines  allèrent  déposer  leur  impor- 
tant fardeau  dans  le  chœur  de  l'église  cathédrale  de  St-Lambert, 
où  l'évéque,  Adolphe  de  La  Marck  en  fit  la  visite  en  présence 
de  son  chapitre.  On  constata  que  le  corps  du  Saint  était  d'une 
conservation  parfaite  et  entier,  ^  l'exception  toutefois  d'un  bras 
qui  en  avait  été  détaché  et  transporté  h  l'abbaye  de  Stavelot. 

Après  la  visite  épiscopale,  la  châsse  fut  refermée  et  scellée 
avec  le  cérémonial  d'usage  ;  et  le  prince  qui,  en  1334,  avait  fait 
entourer  le  bourg  de  Visé  de  fossés  et  de  murailles,  établit, 
après  en  avoir  délibéré  avec  son  chapitre,  les  chanoines  de 
Celles  à  Visé,  augmentant  de  huit  le  nombre  des  prébendes, 
accession  qui  porta  le  nombre  des  chanoines  à  vingt. 

La  décision  épiscopale  transférant  le  Collège  canonical  de 
Celles  à  Visé,  fut  prise  en  1338  ;  et  le  11  octobre  de  la  même 
année,  avait  lieu  la  translation  solennelle  de  la  châsse,  conduite 
et  entourée  d'un  clergé  nombreux,  de  Liège  à  Visé.  Elle  fut 
déposée  dans  l'église  paroissiale,  fondée  par  la  princesse 
Berthe,  fille  de  l'empereur  Charlemagne,  que  le  Pape  Léon  III 
avait  consacrée  en  799,  selon  le  père  Fisen  ,  ou  en  805 
selon  Bouille,  et  qui  fut  érigée  en  église  collégiale  à  cette 
occasion. 

La  seconde  visite  de  la  châsse  de  St-Hadelin  eut  lieu  le  26 
octobre  1413  ;  elle  fut  faite  par  le  chapitre  de  Visé,  avec  l'assen- 
timent du  prince  évêque,  Jean  de  Bavière.  On  en  tira,  à  cette 
époque,  la  tête  du  Saint  pour  l'enchâsser  dans  un  buste  parti- 


—  440  — 

culier  (i)  :  et  pendant  cette  opération,  on  découvrit  au  fond  du 
reliquaire,  un  écrit  fort  ancieii  sur  parchemin,  en  langue  latine, 
portant  que,  «  les  ossements  du  très-bienlieureux  Hadelin, 
confesseur  de  l'église  de  Celles,  ont  été  déposés  dans  cette 
châsse  et  clos  l'an  de  N.  S.  70i,  le  15  des  calendes  de  juin,  de 
l'indiction  4^  Les  noms  de  ceux  qui  furent  présents  :  Walon, 
évêque  ;  Veron,  abbé  ;  Jean,  prévôt  ;  Amand,  coste  ;  Landfrid, 
doyen  de  Stavelot,  avec  le  chapitre  de  l'église  de  Celles.  » 

La  chcâsse  renferme  encore  quelques  objets  ayant  appartenus 
au  saint  abbé  ;  son  étole,  trois  corporaux,  son  linceul,  son 
verre,  ses  gants,  etc.,  antiquités  précieuses  qui  donnent  la 
mesure  du  développement  et  du  progrès  de  l'art  du  tissage  à 
cette  époque. 

En  1467,  pendant  les  guerres  sanglantes  que  les  Liégeois 
soutinrent  contre  le  duc  de  Bourgogne,  Charles  le  Téméraire, 
les  chanoines  de  Visé  portèrent  la  châsse  dans  la  forteresse 
d'Argenteau,  le  26  novembre,  pour  la  soustraire  à  la  rapacité 
sacrilège  de  l'ennemi.  Cependant  le  duc  devenu  maître  du 
château-fort,  fit  transporter  le  reliquaire  â  Liège  et  ordonna  de 
le  déposer  dans  l'église  des  Pères  Dominicains.  Il  ordonna  en 
outre  de  le  garder  h  vue,  se  réservant  d'en  disposer  plus  tard. 

Le  duc,  rappelé  dans  ses  États,  laissa  un  gouverneur  à  Liège, 
Guy  de  Humbercourt,  qui  se  détermina  enfin  à  opérer  la  resti- 
tution du  précieux  dépôt  dans  les  mains  de  son  véritable  pro- 
priétaire, le  chapitre  de  Visé  ;  mais  il  y  mit  pour  condition  que 
la  châsse  serait  ouverte  de  nouveau,  ce  qui  eut  lieu  dans  l'église 
même  des  Dominicains,  en  présence  d'un  clergé  considérable. 

La  châsse  ouverte,  on  trouva  h  la  surface  deux  diplômes 
enveloppés  l'un  dans  l'autre.  Le  plus  ancien  de  ces  documents 
était  celui  dont  nous  avons  rapporté  le  texte  plus  haut  ;  l'autre 
était  le  diplôme  constatant  qu'en  1413,  le  chef  de  St-Hadelin. 
avait  été  enlevé  pour  l'enchâsser  dans  un  buste  spécial. 


(')  Celui  d'argent  qu'on  possède  aujourd'hui  est  un  don  fait  en  4654,  par  M.  Jean 
Blocquerie,  chanoine  et  chantre  jubilaire  de  Visé. 


441 


Le  Sire  de  Humbercourt  obtint  quelques  parcelles  de  vête- 
ments avec  l'os  de  l'avant-bras  ;  la  cathédrale  St-Lambert  et  le 
couvent  des  Dominicains  reçurent  également  quelques  parcelles 
des  restes  vénérés  du  saint  ermite. 

Deux  siècles  après  environ,  en  1675,  les  mêmes  événements 
qui  avaient  déterminé  le  transport  de  la  châsse  à  Argenieau 
se  produisirent  de  nouveau.  Le  démantèlement  des  fortifications 
de  Visé  par  3,000  soldats  de  la  garnison  de  Maestricht,  obligea 
les  chanoines  à  fuir  leur  paisible  résidence  et  h  transporter  leur 
précieuse  châsse  à  Liège,  où,  cette  fois,  elle  fut  déposée  dans 
l'église  collégiale  de  St-Barthélemy.  Après  un  séjour  de  trois 
mois  dans  la  ville  épiscopale,  les  saintes  reliques  furent  recon- 
duites processionnellement  à  Visé  et  reçues  avec  toute  la 
solennité  possible  au  village  de  Souvré. 

La  quatrième  visite  de  la  châsse  eut  lieu  en  l'année  161)6  ; 
elle  fut  provoquée  par  le  chapitre  de  la  Cathédrale  St-Lambert 
désireux  de  donner  quelques  parcelles  des  ossements  de  St-Ha- 
delin  à  l'abbé  d'Orval  qui  faisait  réédifier,  à  cette  époque,  le 
monastère  de  Cougnon  qu'avait  autrefois  habité  St-Hadelin,  en 
compagnie  et  sous  la  discipline  de  St-Remacle. 

Une  nouvelle  visite  eut  lieu  le  14  septembre  4788  et  fut  l'oc- 
casion d'un  jubilé  qui  dura  huit  jours. 

En  1794,  quand  les  armées  françaises  furent  définitivement 
en  possession  du  territoire  de  notre  pays,  le  buste,  contenant 
le  chef  du  Saint  fut  transporté  en  Allemagne  ;  les  ossements 
contenus  dans  la  châsse,  cachés  à  la  même  époque  par  les 
soins  pieux  de  M-  Pesser,  chanoine  et  écolâtre  du  chapitre, 
restèrent  dans  Visé  et  ne  furent  replacés  dans  la  châsse  qu'après 
le  rétablissement  du  culte,  en  1804  ;  en  même  temps  le  buste 
fut  solennellement  ramené  â  l'église  primaire  de  la  ville. 

La  dernière  visite  de  la  châsse  a  eu  lieu  le  7  septembre  1845, 
par  M.  Neven,  vicaire-général  du  diocèse  ,  en  présence  du 
clergé  du  canton  ;  cette  visite  a  été  suivie  d'un  jubilé  solennel. 

Après  avoir  retracé  la  biographie  du  Saint  et  l'histoire  de  la 


-    442  — 

châsse,  essayons  de  décrire  cette  œuvre  de  l'art  chrétien  du 
moyen-âge. 

III.    Description  du  Hellqualre.  —  l^es  Façades. 

La  châsse  de  Visé,  par  son  ornementation,  l'architecture  de 
ses  colonnes,  celle  de  ses  bas-reliefs,  le  costume  des  person- 
nages, appartient,  selon  nous,  à  la  première  moitié  du  W" 
siècle.  Quelques  personnes  prétendent,  non  sans  raison  peut- 
être,  qu'on  pourrait  lui  assigner  une  époque  plus  reculée  et  la 
faire  remonter  au  X*  siècle  ;  mais  la  date  que  nous  lui  assignons 
nous  semble  la  plus  rationnelle  parce  que,  d.ms  nos  contrées, 
le  XI°  siècle  a  été,  pour  le  style  roman,  l'époque  la  plus  bril- 
lante et  celle  où  ce  style  s'est  le  plus  popularisé. 

La  forme  de  la  châsse  de  Visé,  comme  la  plupart  des  œuvres 
d'art  analogues,  est  un  rectangle  dont  les  côtés  .longs  mesurent 
l^SO  et  les  petits  0"'54. 

La  hauteur  des  parties  latérales  est  de  O^Si,  celle  des  petits 
côtés,  formant  façade  et  se  terminant  en  pignon,  de  0"'o4 
fronton  compris. 

Chacun  des  deux  côtés  latéraux  est  orné  de  quatre  bas-reliefs 
ciselés  en  ronde  bosse,  séparés  entr'eux  par  des  colonnes  à 
chapiteaux  romans  et  inscrits  dans  une  double  bordure  en 
éniail  reproduisant  de  riches  dessins  byzantins. 

Un  bas-relief,  entouré  de  rinceaux  et  d'ornements  byzantins, 
exécutés  sur  émail,  occupe  chacune  des  deux  façades. 

La  couverture  de  ce  précieux  reliquaire,  richement  orne- 
mentée, a  été  enlevée  par  les  révolutionnaires  de  1793. 

Les  côtés  et  les  façades  ont  seuls  miraculeusement  échappé  h 
leur  vandalisme. 

Le  bas-relief  de  la  façade  antérieure  représente  un  chevalier 
revêtu  du  costume  des  guerriers,  c'est-à-dire  de  la  tunique 
avec  la  cotte  de  mailles  recouvrant  la  poitrine,  le  ventre  et  les 
bras.  La  tunique  dépasse  la  cotte  de  mailles  aux  bras  et  aux 


^-  443  — 

genoux.  Ce  personnage  porte,  en  outre,  un  manteau  très-ample, 
attaché  sur  l'épaule  droite  par  un  riche  bouton.  Cette  espèce  de 
manteau,  enrichi  d'une  somptueuse  bordure,  est  également 
relevé  et  drapé  sur  le  bras  gauche.  De  la  main  droite,  ce  guer- 
rier tient  une  hampe  surmontée  d'un  fleuron  à  crochets  trilobés; 
la  main  gauche  supporte  un  livre  ouvert  sur  lequel  on  lit  la  pre- 
mière et  la  dernière  lettre  de  l'îdphabet  grec,  Y  Alpha  et  VOméga, 
caractères  symboliques  qui  représentent  l'idée  du  commen- 
cement et  de  la  fin  de  toutes  choses. 

La  tête  du  personnage,  ceinte  d'un  nimbe  crucifère,  est  recou- 
verte d'un  Ccipuchon  qui  se  rattache  à  la  partie  supérieure  du 
manteau.  Ce  détail  du  costume  est  fort  curieux;  selon  nous,  le 
manteau  porté  par  ce  guerrier  serait  le  Cuculle  ou  Bardocuculle^ 
vêtement  que  les  Gaulois  des  classes  riches  portaient  en  voyage 
ou  à  la  guerre  pour  se  préserver  des  intempéries  des  saisons. 
Ce  manteau,  fort  ample  et  fort  commode,  a  été  adopté  par  les 
Romains  après  la  conquête,  et  la  mode  en  a  perpétué  l'usage. 

Les  pieds,  ornés  de  brodequins  qui  atteignent  la  naissance 
du  mollet,  posent  sur  les  têtes  de  deux  monstres  qui  semblent 
expirer  sous  la  i)ression  qu'on  leur  fait  subir.  L'un  de  ces 
monstres  est  le  lion,  quadrupède  dont  la  queue  recourbée  se 
termine  par  un  fleuron  en  forme  de  vase;  l'autre  est  l'aspic  et 
le  basilic,  serpents  dangereux  et  rusés,  dont  les  têtes  forment 
la  tête  et  la  queue  d'un  animal  chimérique,  au  corps  aîlé,  aux 
pattes  d'autruche. 

Trois  encadrements  entourent  ce  bas-relief:  le  premier  pré- 
sente des  zigs-zags  ou  des  losanges  avec  des  quatre-feuilles  au 
centie;  le  second  se  conipose  de  riches  rinceaux  formés  de 
feuilles  exotiques  et  d'emblèmes,  l'un  et  l'autre  se  dessinant  sur 
émail,  ainsi  que  l'inscription  suivante  formant  le  troisième 
encadrement  : 

Ses.  Remaclvs.  Ses.  Hadelinvs. 

BeLLIGER  INSIGNIS  TIBl  sic  BASILISCVS  ET  .4SPIS  SVBDOLVS  ATQ  LEO  SVBEVNT 
REX   IN    CRIIGE   PASSVS. 


—  444  — ' 

Les  lettres  de  cette  inscription,  et  généralement  toutes  celles 
tracées  sur  ce  précieux  monument,  rappellent  par  leur  forme, 
comme  par  l'insertion  des  minuscules  dans  les  majuscules  pour 
compléter  les  mots,  usage  plus  particulièrement  employé  dans 
les  inscriptions  lapidaires  et  monumentales,  le  commencement 
du  XI*  siècle;  et  cette  circonstance,  qu'il  est  important  de 
mentionner,  concourt  à  confirmer  l'opinion  que  nous  avons 
émise  sur  la  date  de  la  châsse. 

Le  bas-relief  de  la  façade  postérieure  se  compose  de  trois 
figures;  une  très-grande  occupe  le  milieu,  deux  plus  petites 
chacun  des  côtés. 

Le  personnage  du  milieu  représente  N.  S.  Jésus-Christ  dont 
les  pieds  nus  posent  sur  le  monde.  Une  tunique  longue, 
recouverte  d'une  toge  drapée,  passant  sous  l'aisselle  droite, 
forme  tout  son  costume.  Ses  cheveux,  parfaitement  lissés  et 
partagés  par  le  milieu,  tombent  des  deux  côtés  de  la  tête  et 
viennent  rejoindre  la  barbe  qui  s'étale  en  boucles  formant 
éventail.  La  tête,  empreinte  d'un  grand  caractère  de  placidité  et 
de  satisfaction,  est  entourée  d'un  nimbe  crucifère,  orné  de 
pierreries  et  d'une  forme  différente  de  celui  du  bas-relief  de 
l'autre  façade.  Le  Christ  tient  dans  chaque  main  une  couronne 
qu'il  pose  sur  la  tête  des  petits  personnages  placés  à  ses  côtés  : 
à  gauche  St-Remacle,  reconnaissable  à  son  livre  et  h  son  bâton 
abbatial;  à  droite  St-Hadelin,  tenant  de  la  main  gauche  la  crosse 
et  dans  l'attitude  d'un  homme  qui  reçoit  et  écoute  des  conseils. 
Or,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  Hadelin  fut  le  disciple  de  St- 
Remacle,  à  l'abbaye  de  Stavelot,  et  cette  circonstance  explique 
son  attitude. 

St-Remacle  est  revêtu  du  froc  bénédictin;  ses  cheveux  sont 
aplatis  sur  le  front  et  ses  pieds  chaussés  de  souliers. 

St-Hadelin  porte  une  espèce  de  chape  au  dessus  d'une  tunique 
longue,  garnie,  dans  le  bas,  d'un  galon  à  perles.  La  chape  se 
relève  en  plis   majestueux   sur  le  bras  gauche;   une  étole 


—  445  - 

antique,  ornée  de  pierreries,  entoure  le  col  et  tombe  sur  la 
poitrine. 

Comme  le  bas-relief  de  la  première  façade,  celui-ci  est  égale- 
ment entouré  de  trois  bordures  distinctes.  La  première  se  com- 
pose de  dessins  en  zig-zag  et  de  rinceaux  assez  détériorés,  la 
seconde  de  rosaces  formées  de  quatre-feuilles  et  de  feuilles  de 
clîêne,  le  tout  sur  émail.  Un  vestige  de  crêtage  subsiste  encore 
à  la  partie  gauche  du  fronton.  Enfin  la  troisième  bordure, 
semblable  à  celle  de  l'autre  façade,  contient  l'inscription  sui- 
vante : 

Dns  potens  in  prelio. 

victores  mvndi  preclaros  lavde  trivmphl  hos  diadema  clvens 

circvmdat  vertige  candens. 


IV.  Les  côtés   du   ïlelîquaîre. 

Après  avoir  essayé  de  donner  la  description  des  deux  façades 
de  ce  précieux  reliquaire,  passons  à  celles  des  parties  latérales 
do  la  châsse. 

Elles  se  composent,  comme  nous  l'avons  dit,  de  huit  bas- 
reliefs  reproduisant,  par  la  ciselure  au  repoussé  et  par  des 
figures  en  ronde  bosse,  les  épisodes  principaux  de  la  vie  de 
Saint-Hadelin.  Ces  bas-reliefs,  hauts  de  21  centimètres  sur  32 
centimètres  de  longueur,  sont  séparés  entr'eux  par  des  colon- 
nettes  romanes  surmontées  de  chapiteaux  composés  de  pal- 
mettes  concaves  à  nervures,  artistement  groupées,  et  posant 
sur  des  bases  à  culots  byzantins  reproduisant  des  motifs  se 
rapprochant  des  volutes  ioniques. 

Trois  bordures  continues  encadrent  les  bas-reliefs  qui  em- 
brassent ainsi  l'œuvre  entière  dans  toute  sa  longueur.  La  pre- 
mière, celle  qui  touche  immédiatement  aux  bas-reliefs,  contient 
les  inscriptions  latines,  tracées  sur  émail,  relatives  aux  sujets 


-  446  - 

qu'elles  entourent.  La  seconde  présente,  d'un  côt(^,  des  ara- 
besques ornées  de  coqui.les  et  de  teuillyges  gravés  sur  le  métal 
même  ;  de  l'autre,  des  rinceaux  ornés  de  feuilles,  de  fleurs,  de 
fruits  et  de  volutes  parcourant  toute  l'étendue  des  quatre  côtés 
de  la  bordure.  La  troisième  enfin  se  compose,  tant  d'un 
côté  que  de  l'autre,  d'éléj^ants  rinceaux  s'enroulant  gracieuse- 
ment, de  feuilles  romanes  sépnrees  périodiquement  par  des 
feuilles  de  trèfle  ou  par  des  arabesques  que  séparent  des  trèfles. 
Celle  troisième  bordure  est  émaillée. 

Premier  bas-relief.  —  Abordant  la  description  des  bas -reliefs, 
nous  trouvons,  en  suivant  l'ordre  chronoloiijique  établi  par  le 
hagiographe,  la  représentation  du  miracle  de  la  colombe. 

Revenant  d'un  pèlerinage  fait  à  Rome ,  en  compagnie  de 
Saint-Remacle,  Hadelin,  accablé  es  fatigue  et  de  sommeil,  s'était 
arrêté  on  chemin  ;  couché  sur  le  sol,  il  s'y  était  profondément 
endormi.  Le  soleil,  dans  toute  sa  force,  dardait  ses  rayons  les 
plus  brûlants  sur  la  tête  du  pieux  pèlerin.  Saint-Remacle,  souf- 
frant de  la  position  pénible  de  son  disciple  chéri,  aperçoit  tout- 
à-coup  une  blanche  colombe  éiendant  ses  ailes  de  façon  à 
garantir,  par  son  ombre,  le  visage  de  Hadelin  de  la  chaleur. 
Tel  est  l'épisode  miraculeux  reproduit  par  le  premier  bas-relief, 
dans  lequel  figurent  trois  personnages. 

Hadelin,  couché  sur  le  sol,  est  plongé  dans  un  profond  som- 
meil ;  au-dessus  de  sa  tête  plane  une  colombe  nimbée,  entourée 
de  nuages  d'où  sort  une  main  divine  projetant  des  rayons 
célestes  vers  le  pieux  cénobite.  St-Remacle,  dans  l'altitude  de 
la  surprise  et  de  l'admiration,  e.-t  assis  en  face  de  Hadelin  et 
semble  veiller  sur  son  disciple.  Sl-Remacle  porte  un  livre  de 
la  main  gauche,  tandis  que'  la  main  droite  est  levée  comme  le 
fait  tout  homme  frappé  par  le  spectacle  d'un  événement  extra- 
ordinaire :  derrière  lui,  un  moine  se  tient  debout  et  semble 
partagei'  la  stupéfaction  de  son  supérieur. 

Hadelin  et  le  moine  sont  nu-pieds,  revêtus  tous  les  deux  du 


441 


froc  bénédictin,  serré  à  la  cointure  par  le  cordon  monacal. 

Si-Remacle,  lui,  es'  ctiaus  é  ;  il  porte  une  ample  tunique 
longue,  et  son  manteau  rnppitle  encore  le  cucullus,  attaché 
cette  fois  sur  la  poitrine  par  une  large  agrafe  quadrilobée.  Les 
larges  plis  de  ces  deux  vêtements  sont  savamment  drapés,  et  la 
tête  de  Saint  Remacle  est  ceiiile  d'un  nimbe  émaillé  à  dessins 
byzantins. 

Le  bas-relief  est  d'une  grande  naïveté  décomposition,  de 
pose  et  do  dessin  ;  les  noms  des  deux  principaux  personnages 
de  cette  scène  sont  inscrits  dans  les  p;irlies  lisses  de  la  compo- 
sition et  tracés  par  des  lettres  au  repoussé. 

L'inscription  latine  suivante  entoure  le  bas-relief  : 

t  IPSA  t  COLVMBA  f  DOCET  t  MERITIS 
t  QVIB'  t  ISTE  t  REFVLGET  f. 

Second  bas  relief.  —  Le  second  bas-relief  offre  la  scène  repré- 
sentant les  principaux  personnages  de  la  contrée  qui,  subjugués 
par  la  réputation  de  vertu  de  Hadelin,  viennent  lui  demander 
de  partager  sa  retraite  en  lui  faisant  donation  de  leurs  biens, 
selon  la  coutume  de  l'époque. 

Plusieurs  personnages,  revêtus  de  la  saie  ou  tunique,  et  de  la 
braie  gauloises,  coiffés  du  ciiaperon,  les  jambes  recouvertes 
par  la  partie  inférieure  de  la  braie  assujettie  aux  genoux  et  à  la 
cheville,  chaussés  de  bottines,  occupent  la  gauche  du  tableau. 
L'un  d'eux,  qui  semble  être  le  chef  du  groupe,  tient  un  parche- 
min à  la  main,  le  diplôme  de  donation,  et  s'incline  devant 
Hadelin.  Celui-ci,  revêtu  du  froc  bénédictin  qui  lui  couvre  tout 
le  corps,  le  cordon  monacal  pendant  au  côté  gauche,  la  tête 
entourée  du  capuchon  et  nimbée,  les  pieds  nus,  sort,  suivi 
d'un  disciple,  de  son  oratoire,  qui  lappelle  par  la  simplicité  des 
lignes  et  celle  de  l'ornementation  l'architecture  romane  de  la 
première  époque. 


—  448  — 

Hadeliii  accueille  avec  bienveillance  les  pieux  visiteurs  dont 
il  est  séparé  par  quelques  arbres  qui  semblent  être  des  pins. 
Le  nom  de  Hadelin  écrit  verticalement  dans  le  fond  du  bas- 
relief  indique  le  personnage  principal  de  la  scène. 

Le  dessin  de  ce  bas-relief  est  plus  correct  que  celui  du  pré- 
cédent; la  composition  est  mieux  comprise  et  mieux  rendue. 
L'architecture  est  bien  traitée;  les  parties  en  sont  distinctes  :  le 
grand  vaisseau ,  les  bas-côtés ,  l'abside  semi-circulaire  se 
détachent  convenablement  et  servent  à  déterminer  l'époque  à 
laquelle  appartient  la  châsse.  Les  plis  du  froc  religieux  et  ceux 
des  habits  des  personnages  laïcs  sont  drapés  avec  un  certain 
art;  ils  sont  onduleux,  amples,  majestueux;  le  cordon  monacal 
est  plat  et  à  dessins  à  losanges. 

L'inscription  suivante  est  tracée  sur  les  bandes  émaillées  au 
dessus  et  au  bas  du  tableau  : 


t  VIRES  t   DAT  t  FAMVLIS   f  SCI 
t   BENEDICTIO    f   PATRIS    f. 


Troisième  bas-relief.  —  L'artiste  a  représenté  dans  ce  bas- 
relief,  le  puissant  maire  du  palais  qui  gouvernait  alors  l'Aus- 
tralie, Pépin  de  Herstal,  venant  visiter  le  pieux  cénobite  dans 
son  humble  retraite.  Dans  cette  visite.  Pépin  remet  à  l'ermite 
une  donation  de  biens  fonciers  dont  les  revenus  doivent  servir 
à  pourvoir  aux  besoins  de  la  communauté  dont  Hadelin  est  le 
chef. 

Hadelin,  la  tète  découverte  et  nimbée,  les  pieds  nus,  revêtu 
du  froc  et  du  manteau  bénédictins,  attachés  sur  la  poitrine  par 
une  agrafe  d'une  grande  simplicité,  reçoit,  accompagné  d'un 
disciple,  en  habits  sacerdotaux,  le  puissant  maire  du  palais. 
Hadelin  tient  à  la  main  le  diplôme  constatant  la  donation  qui 
lui  a  été  faite,  et  dont  Pépin  vient  de  lui  remettre  le  titre. 
Hadelin  semble  fléchir  les  genoux.  Sa  physionomie  et  son  atti- 


449 


tude  indiquent  le  respect  qu'il  porte  à  ce  généreux  protecteur 
En  tête  du  groupe  de  gauche  se  trouve  Pépin,  portant  pour 
coiffure  une  couronne  comtale  avec  fleurons  trilobés.  Le  cos- 
tunie  du  maire  du  palais  se  compose  d'une  tunique  longue  qui 
lui  couvre  entièrement  le  corps  et  d'un  manteau  attaché  sur 
l'épaule  droite  par  une  agrafe.  La  tunique  est  garnie  par  le  bas 
de  galons  à  broderies  somptueuses  représentant  des  losanges  et 
des  trèfles  à  quatre  feuilles;  elle  est  fixée  au  corps  par  une 
ceinture  enrichie  de  pierres  précieuses.  Le  maire  du  palais 
tient  à  la  main  gauche  la  boule  du  monde  sur  laquelle  l'artiste 
a  tracé  une  croix.  Les  pieds  sont  chaussés  de  riches  bottines 
retenues  à  la  cheville  par  des  espèces  de  bracelets  garnis  de 
pierreries. 

A  la  suite  de  Pépin  se  trouvent  six  hommes  d'armes,  armés 
de  pied  en  cap,  portant  piques  et  boucliers.  Ces  soldats  ont  le 
corps,  y  compris  la  tête,  entièrement  recouvert  par  une  cotte  de 
mailles  descendant  à  mi-jambe,  fixée  au-dessus  des  hanches 
par  une  ceinture  nouée  sur  le  ventre  ;  ils  portent  une  espèce  de 
baudrier  en  bandoulière;  leurs  pieds  sont  chaussés  de  bottines. 
L'un  d'eux  tient  en  main  la  bride  du  cheval  richement  capara- 
çonné que  montait  Pépin. 

Les  mots  suivants  servent  à  expliquer  celte  scène  ;  ils  sont 
tracés  sur  deux  bandes  émaillées  : 

t  PARET   f   PIPPIN'   f   DECERNlT 
t   IVS   t   HADELINVS    f. 

Quatrième  bas-relief.  —  La  scène  représentée  dans  Cette  qua- 
trième composition  nous  montre  Hadelin  sollicitant  et  recevant 
de  Saint  Remacle  l'autorisation  d'établir  le  couvent  de  Celles. 

Hadelin,  accompagné  de  deux  disciples,  est  debout  devant 
Saint  Remacle,  assis.  On  comprend  par  l'attitude  du  corps  et 
par  la  pose  des  mains,  qu'il  sollicite  une  faveur  qui  va  lui  être 


—  450  - 

accordée.  Hadelin  et  ses  deux  compagnons  portent  l'habit  mo- 
nastique de  l'ordre  de  Saint  Benoit.  Le  costume  grossier  dont 
est  revêtu  Hadelin  le  couvre  de  la  tète  aux  pieds,  mais  se  dis- 
tingue par  l'élégance  et  la  souplesse  des  draperies.  Les  pieds 
sont  nus  et  la  tète  est  nimbée.  Sa  barbe,  comme  celle  Je  ses 
compagnons  et  de  Saint  Remacle  est  longue  et  frisée.  Les  noms 
des  deux  principaux  personnages  de  cette  scène:  Hadelin  et 
Saint  Remacle  sont,  comme  dans  le  second  bas-relief,  tracés 
verticalement  dans  le  fond  du  tableau. 

Saint  Remacle,  assis  sur  son  siège  richement  sculpté,  est 
chaussé  ;  il  porte  le  froc  bénédictin  dont  le  capuchon  abaissé 
laisse  voir  la  lête  complètement  nue.  Le  chef  est  chauve  et  nim- 
bé comme  celui  de  Hadelin.  De  la  main  gauche,  le  saint  abbé 
tient  un  livre,  tandis  que  de  la  droite  il  doime  la  bénédiction 
qu'est  venu  solliciter  son  disciple. 

Trois  religieux,  la  tête  nue  et  chaussés,  sont  debout  deirière 
Saint  Remacle;  le  plus  apparent  d'entr'eux  tient  une  plume  et 
un  livre.  Le  fond  de  droite  du  bas-relief  est  occupé  par  une 
splendide  construction  romane  indiquant  l'église  abbatiale  de 
Stavelot  à  laquelle  le  monastère  de  Celles  était  affilié.  L'orne- 
mentation architecturale  est  d'une  grande  richesse. 

On  lit,  tracés  sur  les  bandes  qui  entourent  cette  scène,  les 
mots  suivants  : 

f  VIRTVTVM   t   MERITIS   f   CRESCIT 
t   SVBIECTIO    t   MITIS    f. 

La  partie  latérale  opposée  h  celle  que  nous  venons  de  décrire, 
se  compose  égMlL-ment  de  quatre  bas-reliefs  entourés  de  bor- 
dures sur  ém;iil,  reproduisant  des  dessins  off'iani  des  motifs 
différents  de  ceux  dont  nous  venons  de  j)arler.  Les  bas-reliefs 
qui  ornent  ce  côté  sont  plus  spécialement  consacrés  à  des 
miracles  opérés  par  Saint  Hadelin. 


451 


Premier  bas-relief.  —  Le  pays  de  Franchimont  (*)  affligé  par 
une  sécheresse  extrême  avait  vu  ses  sources  successivement 
se  tarir,  et  les  habitants  de  la  contrée,  prêts  à  faire  la  moisson, 
étaient  réduits  h  la  plus  horrible  misère.  Dans  cet  état  pénible, 
quelques  habitants  furent  députés  vers  Hadelin  pour  le  conjurer 
d'apporter,  par  ses  prières  et  sa  puissante  intercession  auprès 
de  Dieu,  un  remède  à  la  calamité  dont  soulTrait  le  pays. 

Hadelin,  cédant  aux  instances  des  envoyés,  se  rendit  dans  le 
pays  de  Franchimont  et  fut  touché  de  compassion  à  la  vue  des 
malheurs  qu'éprouvait  le  peuple. 

Le  pieux  anachorète  se  mit  sur  le  champ  en  prière  et  son 
oraison  achevée  planta  son  bâlon  dans  le  sol  :  une  source  vive 
et  abondante  en  jaillit  aussitôt  et  vint  rendre  la  joie  et  l'espé- 
rance aux  pauvres  affligés. 

Tel  est  le  fait  reproduit  par  ce  premier  bas-relief. 

A  gauche,  on  voit  Hadelin,  à  genoux,  les  pieds  nus,  vêtu, 
comme  précédemment,  de  l'habit  monastique  lui  couvrant  non 
seulement  le  corps,  mais  encore  la  tête,  entourée  d'un  nimbe. 
Le  saint  vient  de  terminer  sa  prière  et  a  planté  son  bâton  dans 
le  sol.  Dans  le  haut  de  la  composition,  une  main  céleste,  sortant 
d'un  nuage,  projette  trois  rayons  lumineux  sur  Hadelin.  Le 
bâlon  planté  dans  le  sol  et  qui  en  fait  jaillir  une  source  abon- 
dante, occupe  le  centre  de  la  scène.  Au-dessus  du  jet  de  la 
source,  on  lit  :  fons  factvs. 

A  la  droite  du  tableau  sont  les  villageois,  tête  nue,  velus  de  la 
saie  et  de  la  braie  gauloise,  fixée  â  la  cheville  et  aux  genoux 
par  des  courroies.  L'un  d'eux  porte  une  serpe  ;  les  autres  sont 
dans  une  attitude  exprimant  tout  à  la  fois  la  surprise  et  l'admi- 
ration. Le  groupe  entier  est  entouré  de  gerbes.  En  avant  du 
groupe,  un  paysan,  penché  vers  la  source,  y  puise  de  l'eau 

(  '  ;  Seigneurie  et  village  près  de  la  ville  de  Florennes,  dont  les  chanoines  de 
Visé  ont  été  en  possession  jusqu'à  la  suppression  des  chapitres,  le  l^'  septembre 
1796.  ;.Y.  de  la  R.) 


—  irîû) 


dans  un  objet  creux.  Enfin  on  lit,  tracé  verticalement  dans  le 
fond  de  la  composition,  le  mot  messores. 
La  bande  émaillée  entourant  le  bas-relief  porte  les  mots  : 

t  MENS  t  ORAT  t  MVNDA  t  NEC  f  FIT  f 
MORA  t  PROSILIT  t  VNDA  f. 

Deuxième  bas-relief.  —  Hadelin  passe  par  Dinant;  une  femme, 

poussant  des  cris  lamentables,  se  précipite  à  ses  pieds,  implo- 
rant l'assistance  de  ses  prières.  Le  moine  voyageur  s'arrête 
étonné,  interroge  le  peuple  que  cette  scène  avait  rassemblé  et 
apprend  que  la  malheureuse  femme,  prosternée  à  ses  pieds,  est 
muette  depuis  de  longues  années.  La  foule  joignant  ses  ins- 
tances et  ses  supplications  à  celles  de  l'infortunée,  adjure 
Hadelin  de  lui  rendre  la  parole  Celui-ci  se  défend  de  imuvoir 
opérer  un  tel  prodige  disant  qu'il  est  indigne  d'obtenir  une  telle 
faveur  du  divin  Maître  ;  mais  vaincu  à  l:i  fin  par  l'insistance  de 
la  foule  qui  l'entoure  et  grossit,  il  se  jette  à  genoux,  prie  avec 
ferveur,  suppliant  l'Éiernel  de  délier  la  langue  de  l'infortunée. 
Sa  prière  terminée,  Hadelin  se  lève,  s'approche  de  la  muette  et 
fait  le  signe  de  la  croix  sur  sa  bouclie. 

A  peine  a-t-il  touché  la  malade  qu'elle  parle,  et  ses  premières 
paroles  sont  des  actions  de  grâce  qu'elle  rend  à  Dieu  pour  le 
remercier  de  sa  guérison  miraculeuse. 

Dans  ce  bas-relief,  dont  nous  venons  de  rapporter  le  sujet, 
Hadelin,  les  pieds  nus  et  la  tête  nimbée,  vêtu,  comme  dans  les 
compositions  précédentes,  s'appuie  sur  son  bâton  et  semble 
écouter  les  supplications  de  la  malheureuse  prosternée  devant 
lui.  Le  haut  de  la  composition  est  occupé  par  un  nuage  d'où 
sort  une  main  divine  projetant  des  rayons  célestes,  embras- 
sant â  la  lois  Hadelin  et  la  muette.  A  gauche,  trois  personnages 
debout,  richement  vêtus  de  toges  garnies  de  splendides  bor- 
dures, la  tête  chauve  et  nue,  impiort^nt  Hadelin  d'aider  et  de 
guérir  la  malheureuse  femme.  Tous  portent  la  braie,  attachée  à 


—  453  — 

la  cheville  par  une  légère  courroie  et  sont  chaussés  de  bottines. 
Des  inscripLioiis  verticales  popvlvs  et  hadelinvs,  tracées  dans 
le  bas-relief,  indiquent  Hadelin  et  le  peuple,  tandis  que  le  mot, 
MVTA  est  écrit  horizonlalemeiit  au-dessus  de  la  suppliante.  Cette 
dernière  est  vêtue  d'une  tunique  longue,  à  manches  larges, 
garnies  de  somptueux  galons  ;  un  capuchon  élégamment  drapé 
lui  couvre  la  tête  ;  enfin  la  chaussure,  composée  de  bottines 
atlMclifîes  sur  le  coude-pied,  complète  ce  costume  qui  semble 
indiquer  que  celle  qui  le  porte  appartient  à  la  première  classe 
de  la  société. 

La  légende  suivante  est  inscrite  dans  les  bordures  qui  en- 
tourent le  bas-relief. 

t  CORDE  t  PRECES  f  SOLVIT  f  ET 
t  LINGVL  t  VINCLA  f  RESOLVIT  f. 

Troisième  bas-relief.  Le  troisième  bas-relief  est  la  résurrec- 
tion de  Guiza. 

Une  des  plus  riches  châtelaines  du  pays  namurois  était 
malade  et  en  danger  de  moi't.  Ses  parents  et  ses  amis  convoi- 
taient sa  riche  succession,  et  le  désir  de  mieux  s'en  emparer  les 
avait  réunis  autour  de  son  lit;  chaque  jour  les  uns  et  les  autres 
obsédaient  la  malade  de  leurs  instances ,  auxquelles  Guiza 
répondait  invariablement  que  le  pieux  cénobite  Hadelin  serait 
son  unique  héritier.  En  vain,  Guiza  fait-elle  appeler  Hadelin  ; 
elle  expire  avant  son  arrivée.  Cependant  Hadelin,  si  longtemps 
et  si  inutilement  attendu,  arrive  enfin  et  entre  dans  la  chambre 
mortuaire.  A  son  approche,  la  morte  ouvre  les  yeux  et  lui  pré- 
sente les  gants  qui  recouvraient  ses  mains,  le  constituant  ainsi, 
selon  l'usage  de  l'époque,  son  héritier  (*). 

Le  bas-relief  représentant  cette  scène  est  remarquable  de 

(  *  )  La  loi  salique  fait  connaître  plusieurs  symboles  en  usage  pour  transmettre 
la  possession  d'une  terre,  tels  qu'un  épi,  un  gazon  ;  la  tradition  du  gant  donnait 
droit  à  l'héritage  tout  entier.  Les  gants  de  Guiza  existen'  encore  aujourd'hui  dans  le 
trésor  de  Visé,  oii  ils  sont  [jrécieusenient  conservés. 


4o4 


composition,  comme,  du  reste,  la  plupart  de  ceux  donl  nous 
avons  essayé  de  donner  la  descripiioii.  Au  centre  d'un  salon  de 
la  demeure  de  la  ciiàtelainc,  nous  apercevons  Guiza  morte, 
étendue  sur  un  lit,  revêtue  encore  de  ses  riches  liabils  que 
l'artiste  a  cru  devoir  draper  avec  une  élégance  toute  particu- 
lière. Sa  tèle  est  coiiïée  de  la  cape  de  velours  retombant  sur  les 
tempes  que  les  dames  nobles  seules  avaient  le  droit  de  porter. 

Dans  celte  position,  Guiza  a  la  main  gauche  appuyée  sur  la 
poitrine,  tandis  qu'elle  tend  le  bras  droit  vers  Hadelin,  pour  lui 
présenter  le  gant  par  le  moyen  duquel  elle  déclare  lui  trans- 
mettre ses  biens.  Hadelin  debout,  mais  le  corps  penché  vers  la 
défunte,  porte  le  même  costume  que  celui  que  nous  avons 
remarqué  précédemment;  il  a  la  tête  nimbée,  les  pieds  nus,  et 
la  barbe  longue  comme  dans  les  autres  bas-reliefs.  Il  est  suivi 
par  la  foule  du  peuple,  reconnaissable  à  la  bigarrure  de  la  coif- 
fure et  à  l'énergique  expression  des  têtes. 

A  la  droite  du  tableau  se  trouvent  les  parents  qui  portent  tous 
le  costume  de  gens  appartenant  à  la  classe  la  plus  élevée.  La 
physionomie  et  l'attitude  des  personnages  composant  ce  groupe 
expriment  parfaitement  le  désappointement  et  la  surprise  à  la 
vue  du  fait  miraculeux  qui  se  produit  devant  eux.  Les  draperies 
sont  bien  étudiées  et  les  groupes  savamment  disposés. 

Dans  l'espace  laissé  vide  entre  les  deux  groupes  principaux, 
au-dessus  de  Hadelin  et  de  Guiza,  on  lit,  horizontalement  écrits, 
les  mots  : 

S.  HADELl 
NVS  TVRMA 
FIDELIV(.M) 
(;V1ZA 
DEFVNCTA 

Autour  de  ce  bas-relief,  on  lit,  tracée  sur  les  bandes  émail- 
lées,  cette  inscription  latine  : 

t  lAM  t  DEFVNCTA  f  MANVM  f  TENDri' 
t  NOiN  t  Sn  t  TIBI  ï  VANVM  f- 


—    ino    — 

Quatrième  bas-relief.  Le  (juatrième  et  dernier  bas-relief 
représente  la  mort  de  S'-Hadelin. 

Les  nombreux  disciples  qui  s'étaient  empressés  d'aller  par- 
tager la  retraite  de  Hadelin  à  Celles,  pour  vivre  sous  sa  disci- 
pline, entourent  sa  dépouille  mortelle.  Son  corps  enveloppé  d'un 
suaire  sera  bientôt  déposé  dans  un  tombeau  roman  reconnais- 
sable  aux  arcalures  dont  ses  parois  sont  ornées.  Les  moines, 
chargés  du  triste  honneur  de  déposer  le  corps  dans  sa  dernière 
demeure,  paraissent  être  des  diacres  si  l'on  en  juge  par  la  dis- 
position des  étoles  dont  ils  sont  revêtus.  L'encensoir,  le  seau 
contenant  l'eau  bénite,  les  croix,  sont  portées  par  des  moines  ou 
des  novices,  tandis  que  le  goupillon  est  tenu  par  un  moine  qui 
semble  présider  à  la  céi'émonie  et  prononcer  les  paroles  litur- 
giques de  l'office  des  morts.  Ce  moine,  également  revêtu  d'une 
étole,  tient  un  missel  contre  sa  poitrine.  Le  reste  del'assistance, 
présente  à  cette  cérémonie  funèbre,  est  très-nombreuse  et  semble 
être  surtout  formée  de  personnes  appartenant  aux  principales 
familles  de  la  contrée.  Tous  ces  personnages,  en  effet,  ont 
revêtu  le  riche  costume  civil  de  l'époque  et  plusieurs  d'entr'eux 
portent  les  cheveux  longs  et  flottants,  indice  de  leur  noble 
origine,  tandis  que  les  moines  présents  ont  les  cheveux  ras,  en 
signe  de  sujétion.  La  physionomie  de  ces  derniers  exprime  une 
vive  douleur. 

On  lit,  inscrits  dans  le  bas-relief  même,  ces  mots  : 

Transitvs 

SANCTI 
HADELINI. 

Et  sur  la  bande  émaillée  du  pourtour  : 

t  IT  t  Fi  LIX  t  ANIMA  f  SVRSVM 
t  CVM  t  CORPVS  t  Al)  t  IMA  f. 

Telle  est  la  châsse  de  Visé,  que  nous  avons  essayé  de  faire 


—  4o6  — 

connaître  dans  les  lignes  qui  précèdent,  bien  imparfaitement, 
nous  l'avouons,  mais  qui,  selon  nous,  mérite  de  fixer  l'attention 
sérieuse  de  tous  les  hommes  qui  s'occupent  d'art  et  d'archéo- 
logie. 

La  châsse  de  Visé  par  sa  forme,  la  naïveté  du  dessin,  la 
richesse  de  l'ornementation,  l'exactitude  du  costume,  la  candeur 
de  pose  des  personnages,  la  remarquable  habileté  de  travail 
que  l'on  y  reconnaît,  peut  être  considérée,  à  juste  titre,  comme 
l'une  des  œuvres  les  plus  précieuses  de  l'art  chrétien  du  moyen- 
âge,  que  possède  la  Belgique. 

En  terminant  cette  étude,  nous  émettrons  le  vœu  que  le  gou- 
vernement, si  jaloux  de  conserver  au  pays  ses  richesses  artis- 
tiques de  toute  nature,  vienne  en  aide  au  Conseil  de  fabrique  de 
l'église  de  Visé  et  le  mette  en  mesure,  en  lui  accordant  un  sub- 
side abondant,  de  confier  à  des  mains  habiles  et  savantes  la 
restauration  de  ce  précieux  reliquaire,  qui,  de  la  sorte,  pourra 
être  rétabli  dans  sa  splendeur  primitive  tout  en  conservant  son 
caractère,  ses  formes  et  son  ornementation  dans  leur  rigou:euse 
exactitude.  Ed.  Lavalleye. 


N.  B.  Cet  article  a  été  écrit  en  1839,  par  M.  Edouard  Lavalleye,  membre 
correspondant  de  VInstilut,  décédé  le  19  septembre  1869. 


NOTES  RELATIVES 


AUX 


COMTES  DE  LA   MARCK,  ETC. 


Monsieur  W.  H.  James  Weale  nous  a  communiqué  les  notes 
suivantes  qui  sont  écrites  sur  le  calendrier  d'un  vieux  missel 
liégeois,  conservé  h  la  bibliothèque,  du  Britisli  Muséum,  à 
Londres,  n"  3356  c.  A  côté  du  titre  Missale  ad  usum  diocesis 
Leodiensis  1523  (^),  se  trouve  celle  inscription  :  j)//ssa/g  D. 
Georgii  Servi tii  a  Lumnis,  pastoris  in  Hevere  prope  Machliniam, 
qui  nous  fait  connaître  à  la  fois  et  l'ancien  propriétaire  du 
missel  et  l'auteur  des  premières  notes  qui  y  furent  consignées. 
Sous  la  date  du  13  août  nous  trouvons,  en  effet,  obiit  M.  Diony- 
siusServilivs,  frater  meus,  etc.  Ce  nom  de  ServUius  qui  se  traduit 
en  flamand  par  Knaepen  ('^)  est  celui  d'une  famille  de  Lummen 
à  laquelle  appartenait  Euchère  Knaepen,  le  dernier  abbé  de 
St-Trond.  Aussi  est-ce  aux  seigneurs  de  Lummen,  les  comtes 
de  la  Marck,  que  se  rapportent  la  plupart  des  informations  que 
ServUius  nous  a  transmises  et  que  d'autres  ont  continué  jus- 
qu'en 1774.  C.  B. 


(  *)  M.  X.  de  Tlieux  cite  ce  livre  dans  sa  Bibliographie  liégeoise,  t.  Il,  p.  433, 
mais  il  ne  le  connaît  que  par  la  mention  qui  en  est  faite  dans  le  catalogue  Lammens, 
t.  1,  p.  201.  S'agirait-il  du  même  volume,  qui  aurait  passé  en  Angleterre? 

(-J  Comparez  Foppens,  Bibliotheca  belgica,  l.  II,  p.  728. 


Januarius. 

3.  Dna  Odilia  a  Marca  obiit  3  Januarii  a"  1558  liora  fere 
2"  post  meridiem.  Ea  autem  fuit  vidua  comitis  Philippi  de 
Vernenburg. 

28  Jan.  1654.  Gondei  ducente  Bouteville  tormentis  tribus  per- 
cusserunt  spatio  24  horai'um  portam  Leodiensem.  Heri  inci- 
pienies  28,  29  in  praiidio  ceperuiit  pariamentare. 

24  Jan.  1603.  Obiit  magister  Joannes  JSeven,  praetor,  receptor 
et  scabinus  generosissimi  domni  Pliilippi  comitis  a  Marca  in 
Lummen. 

Anno  1654.  Lotaringi  et  Gondei  assistentibus  sibi  regiis  et 
Wittenbei'gis  lui'inis  armata  manu  inirarunt  patriam  Leodiensem, 
cesis  rusticis  prope  Loscasirum  totam  patriam  pervagarunt  et 
spoliarunt  capio  Loscastro,  Herka,  Beringen  et  Fera,  quas  duas 
postremas  combusserunt;  capta  etiam  arce  Lummensi  pagum 
exusseruni;  discesserunt  ex  patria  contractu  inito  inter  archi- 
ducem  Leopoldum  et  principem  Leodiensem  levis  sub  aliquot 
condilionibus.  Antehac  tirannum  ea  patria  non  seiisit  huic 
similem  ;  nuUa  domus  nobilium  quam  munilœ  fuerint  iilorum 
furori  resistere  potuit,  nulia  femina,  nulla  virgo  qua^  in  iilorum 
manus  incidil  inviolata  el  non  stuprata  evadere  potuit,  minus- 
culse  aelati  parcitum  non  fuit. 

Februarius. 

3  Feb.  anno  1654.  Ceperunt  Gondei  Beringen  vi  tormen?orum. 

12  Feb.  anno  1594.  Obiit  generosa  domna  Catharina  comi- 
tissa  a  Manderscheid,  Blanckenhem  et  Veruenburch,  domna 
lemporalis  in  Lumnis,  generosi  domni  Philippi  comitis  a  Marca 
dilecta  uxor,  domni  temporalis  in  Lumnis.  Eius  animœ  propi- 
lielui  Omnipotens. 

17  Feb.  anno  1590. Natus  est  in  arceWestpbnliœArnsburgi(') 
,  comitibus  a  Marca  el  Mandcrscheidt,  etc. 

('  )  Il  y  a  évidemment  une  lacune 


—  459    - 

17  Feb.  anno  1654.  Obiit  iii  arce  Sleydana  Ernestus  cornes  a 
Marka. 

Martics. 

11  Martii  anno  1642.  Conflagravit  fortalitium  dictum  die 
Ooslereynsclie  Schans. 

22  Martii.  Obiit  D.  Margareta  de  Wassenar  anno  1551  circa 
boram  sextam  post  ineridiein. 

Anno  1636,  ex  mandato  Serenissimi  Priiicipis  Ferdinandi 
episcopi  Leodiensis  venerunt  versus  patriam  Leodiensem  milites 
iigae  catboUca^  sub  generali  Baron  van  de  Wert;  iransierunt 
Mosam  Viseti  in  Februario  venientes  circa  Leodium,  rustici 
volentes  iUis  resistere  mactali  sunt  circiler  300.  In  Martio 
fuerunt  dispersi  per  lotam  patriam  quam  miris  modis  exbause- 
runt.  In  dieta  babita  Huy  declaratum  fuit  nibil  contra  patriam 
agi  sed  contra  civitatem  Leodiensem  tanquam  rebellem  suo 
principi,  ideoque  fuerunt  conscripti  omnes  rustici  totius  patriae 
ut  cum  armis  et  ligonibus  ibidem  comparèrent  jungerentque  se 
miiitibus,  civitates  vero  siliginem  cum  cerevisia  contribuèrent 
pro  miiitibus.  Milites  quoque  expugnarunt  vicos  duos  ad  ripam 
Mosse  silos,  ibidem  multos  occiderunt;  nomen  vicorum  Tileu 
et  Hemep  (M- 

Aprilis. 

Den  10  Aprilis,  is  Bergen  met  vervaet  van  borgers  overgegen 
aen  de  Franscben  in  91.  • 

12  Aprilis,  nobilis  ac  gcnerosa  comitissa  a  Marca  Josina  in 
Tborn  introducilur  in  dominium  et  abbatiam. 

Maius. 

l'Maii,  nobilis  acgenerosusGuilielmuscomes  a  Marca  domnus 
temporalis  in  Lummen  excessit  e  vivis  Leodii  veneno,  ut  suspi- 
cabalur,  sublatus;  sepultus  Lumiiis  ultima  Maii.  Animai  propi- 
tietur  Deus  (-). 

(')  Tilleul-  et  Jemeppe. 

(*)  Ceci  inllrmc  la  version  de  Chapeaville  (t.  lll,  p.  4G9),  d'après  laquelle  le 
fameux  Luniay  serait  mort  de  la  morsure  d'un  cliien  enragé 


—  4t)0  — 

JUNIUS. 

10  Junii  163a.  Hollandi  cum  Francis  ferro  et  flamtna  vastarunt 
Thenas  crudelissime. 

22  Junii  aiiao  154G,generosa  et  nobilis  domiia,  domna  Marga- 
reta  de  Wessenair,  uxop  ultima  generosi  ac  nobilis  domni, 
domni  Joannis  a  Marca,  domni  de  Lummen,  Serraing,  etc., 
peperit  filiam  stiam  Josinam. 

23  Junii  anno  1G35,  iidem  incoeperunt  obsidere  Lovanium  qui 
cum  prœside  quatuor  regiminum  videlicet  Wesemal,  Ribbecover 
Preslon  et  gubernatoro  Grobbcndonck  acerrime  se  defenderunt 
ila  ut  post  octo  dies  debuerunt  deserere  cum  infamia. 

JULIUS. 

1"  Julii  1548,  generosa  et  nobilis  domna  Margareta  de  Was- 
senair,  uxor  ullima  generosi  domni  domni  Joannis  a  Marca, 
domni  de  Lummen,  Serraing,  etc.  peperit  tiliumsuum  Pliilippum. 

2  ',  generosa  et  nobilis  domna  Margareta  de  Wassenair,  uxor 
praefati  domni  peperit  liliam  nomine  Margaretam  anno  1539. 

9'  Julii  1341.  Generosa  et  nobilis  domna  Margareta  de  Was- 
senair, uxor  praefati  domni,  peperit  filiam  Mariani  nomine. 

9'  Julii.  Fianci  et  Hollandi  turpiter  fugienies  ex  Brabantio 
succenderunt  Lummen. 

12  Julii  1635.  Ps  Gard...  occupavil  Diest  quod  Hollandi  fu- 
giendo  praesidio  munierant. 

19  Julii  anno  1632.  Civilas  Wamustensis  post  atrocissimam 
obsidionem  5  seplimanurum  se  Gallis  capilulatione  l'acla  man- 
cipavit. 

21  Julii,  obiit  mater  ainio  1560. 

25  Julii,  postquam  Hollandi  fuissent  in  medio  Brabantiae  et 
turpiter  rugissent,  regii  sub  conduclu  1).  Eynhuks  occuparunt 
Ibrtissimum  forlalitium  Schenckenschans,  (piod  tanion  Hollandi 
maximis  sumplibus  et  magna  militum  si  rage  post  obsidionem 
aliquol  mensium  rccuperarunt. 


-  461  — 

AUGUSTUS. 

9  Augusti  anno  1601.  Obiit  domna  Josina  a  Marca,  abhaiissa 
in  Thorn('). 

13  Augusti, obiil M,  DionisiusServilius,frater  meus  Anlworpie, 
anno  1567. 

17  Augusti,  generosa  et  nobilis  domna  Margareta  de  Wasse- 
nair,  uxor  generosi  domni  Joannis  do  Marca ,  peperit  fiHam 
Magdalenam  nomine  anno  1535. 

29  Augusti,  filius  Joannes  nalus  anno  1536. 

September. 

4  Septembris  generosa  et  nobib"s  domna  Margareta  de  Was- 
senair,  uxor  ultima  generosi  domni  domni  Joannis  a  Marca, 
peperit  fdiam  suam  ultimam  anno  1551. 

18  Septembris  1692,  fuit  terrae  motus  magnus  incipiens  circa 
médium  lertiae  post  meridiem  in  translatione  Sancti  Tbomae  a 
Villanova  et  iterum  20  eiusdem  mensis  circa  seplimam  ante 
meridiem  et  iterum  21  eiusdem  mensis  circa  médium  decima3 
post  meridiem. 

30  Septembris.  Veni  Mechliniam  anno  1559. 

OCTOBER. 

6  octobris  1773,  obiit  generosus  domnus  Ludovicus  comes  a 
Marcka. 

14  octobris,  generosa  et  nobilis  domna,  domna  Margareta  de 
Wassenair,  uxor  generosi  domni  Joannis  a  Marca  peperit  fiiiiim 
nomine  Wilhehnum  mane  inter  9  et  10,  anno  1542  (-). 

NOVEMBER. 

4  Novembris  1750,  obiit  generosus  domnus  Ludovicus  comes 
a  Marka.     ^ 

(  '  )  Voyez  Knippenbergh,  flist.  ecclesiastica  ducatus  Gelriœ,  p.  58. 
(')  Ce  fut  ce  Guillaume  de  la  Marck  qui  devint  le  célèbre  chef  des  gueux  de  mer, 
et  dont  la  mort  est  rapportée  ci-dessus,  p.  io9. 


—  462  - 

7  Novembris,  anno  loo4,  ^enerosa  et  nobilis  domna,  domna 
Margareta  de  Wassenair,  uxor  genci'osi  domiii  Joannis  a  Marca 
pepcril  tiliuni  nomiiie  Goorgium. 

21)  Novembre  177i,  Monsieur  le  comte  Auguste  Marie  Raimond 
de  la  Marck,  prince  puiné  d'Arenbergh,  grand  d'Espagne  de  la 
première  classe,  colonel  propriétaire  d'un  régiment  allemand 
de  son  nom  au  service  du  roi  de  France,  épousa  au  château  de 
Raismes,  près  de  celte  ville,  mademoiselle  Marie  Françoise 
Ursule  Augustine,  lilie  unique  du  marquis  de  le  Denois  et  de 
Geofl'reville,  vicomte  de  Rouclieres,  colonel  aux  grenadiers  de 
Frafice,  et  petite  tîlle  de  marquis  Cetnay,  comte  du  Jupigny, 
seigneur  de  Raismes,  maréchal  héréditaire  du  pays  et  comté  de 
Hainaut. 

December. 

15  Decembris  ainio  lo5i2,  obiit  nobilis  et  gencrosus  domnus, 
domnus  Joannes  a  Marca  hora  8  ante  mcridiem. 


UNE  VISITE  DE  LOU IS  XIV,  A  LIEGE 

EN    1672. 


Ayant  appris  par  un  de  mes  courrères  de  Vlnstihit  archéolo- 
gique liégeois,  que  la  Gazelle  de  Liège  avait  signalé  l'existence, 
dans  un  ancien  registre  aux  décès  de  la  paroisse  de  Ste-Foy, 
en  cette  ville  (n"  104) ,  d'un  renseignement  historicpie  dont  la 
mention  a  été  négligée  par  nos  historiens  ,  sur  le  séjour  de 
Louis  XIV  dans  les  environs  de  Liège,  lors  du  siège  de  Maas- 
tricht en  1672,  du  temps  de  l'évêque  et  prince  Maximilien- 
Henri  de  Bavière  et  des  bourgmestres  Ârnoul  de  Randaxhe  et 
Mathias  de  Graty,  je  me  suis  hâté  d'aller  au  bureau  de  l'état 
civil,  où  j'ai  obtenu  communication  de  l'ancien  registre  et  à 
celle  occasion,  qu'il  me  soit  pei'mis  de  payer  mon  juste 
tribut  de  reconnaissance  h  l'extrême  complaisance  de  M.  V. 
Coirbay,  chef  de  ce  bureau. 

En  transcrivant  intégralement  ce  petit  document  historique, 
je  me  suis  fait  une  loi  de  ne  rien  supprimer  et  de  respecter 
scrupuleusement  la  langue  de  l'auteur  ,  le  curé  Jean  Le  Beau, 
avec  ses  fautes  d'orthographe  et  de  grammaire. 

Quant  à  l'importance  de  la  matière,  outre  le  fait  resté  inconnu 
ius(iu'ii  présent  de  l'arrivée  de  Louis  XIV  h  Bernabnonl ,  on  y 


—  464  - 

remarque  le  prix  des  denrées  alimentaires,  les  noms  d'un  grand 
nombre  de  familles  liégeoises  de  la  banlieue,  et  entin,  c'est 
assez  intéressant  comme  peinture  de  mœurs,  ainsi  qu'on  peut 
le  voir  ci-dessous. 

Resçistre  Ste-Foî,   n"  10-4.  I>écè«. 


Mémoire  qu'au  SO'  de  mayl672,lc  Roy  de  France  Louys 
XIIII,  étant  venu  de  son  camp  placé  dans  les  campagnes  de 
Haccour  et  autres  voisines  ,  au  lieu  dit  de  Bernamont  pour  de 
là  voir  la  cité  de  Liège,  a  commandé  de  m'nppeler  et  de  me 
donner  cinquante  pistolles  pour  désintéresser  les  personnes 
emdommagées  dans  ce  voyage  ,  ce  que  iay  fait  de  la  manière 
suivante  :  premièrement. 

J'ay  donné  à  la  fille  qui  a  présenté  le  bouquet  au  Roy  entrant 
sur  Bernardmont  7  flo.  bbr.  selon  l'ord  du  Roy. 

Au  garçon  qui  avait  esté  quérir  quelques  pots  de  bière 
pour  un  seigneur  de  la  cour  4  flo.  bbr.  selon  l'ord  dudit  sei- 
gneur. 

Anthoinc  Guilhot  a  receii  20  flo.  bbr.  pour  le  dommaige 
causez  par  le  pasage  du  Roy  au  20  du  courant  sur  la  terre  de 
BernalmonL  Antoine  Gun.HOï. 

Pbilippe  Olivier  a  recou  pour  dommages  causez  comme  dessus 
en  wasseiid  (  i  )  pour  6  setiers  18  flo.  bbr.  pour  racines  (  2  )  16  flo. 
bbr.  et  pour  bled  4  flo.  bbr.  Phu^lute  Oi.livirh. 

Jean  Piron  a  receu  pour  deux  verges  de  wassend,  pour 
chacune  4  st.  à  3  flo.  bbr.  ensemble  24  flo.  bbr.  en  présence  de 
M.  Lovinfusse  vieux  et  jcuno  cl  ceux  que  dessus.  La  femme 
Henry  Marée  a  receu  pour  wassend  dommage  9  flo.  bbr.  pour 

(  1  )  Froment, 
(  î)  Carottes. 


—  465  ~ 

orge  10,  pour  racines  et  rest  40,  ensemble  29f1o.  bbr.  en  pré- 
sence de  témoins  comme  dessus. 

Pierre  Hallaz  a  receu  pour  racines  en  2  places  16  flo.  bbr. 
et  pour  bled  et  orge  12  flo.  bbr.  ensemble  28  flo.  bbr.  selon 
l'estime  faite  comme  des  autres  et  toujour  en  prézence  des 
témoins  dits  et  autres  ensemble. 

La  femme  Guillaume  délie  Creyr  pour  grains  endommagez 
18  flo.  bbr.  et  pour  foin  8  flo.  bbr.  ensemble  26  flo.  bbr.  et 
parmy  cela  est  satisfaite  pour  les  dits  dommages. 

Catarin  Tonnar. 

Jean  Piron  mamboui'  des  orplielins  Piron  Bietmé  a  receu 
et  est  satisfait  en  présence  de  témoins  comme  dessus  parmy 
6  flo.  bbr. 

Tilman  Germay  est  satisfait  pour  dommage  en  racines  parmy 
12  flo.  bbr.   et  pour  grains   parmy  six  que  ie  leur  ay  donné. 

TiLMAN  Germay. 

La  femme  Herman  Fallisse  a  receu  pour  ses  domm;iges  en 
tout  it  la  taxe  de  son  propre  mary  4  flo.  bbr.  en  présence  de 
témoins  comme  dessus. 

Arnould  de  Corty  a  receu  par  les  mains  de  son  beau  frère 
Pbilippe  Olivier  a  qui  iay  donné  un  flo.  bbr. 

Philippe  Olivier. 

Herman  Prion  s'est  contenté  et  satisfait  parmy  cinquante  flo. 
bbr.  pour  grains,  parmy  12  flo.  bb.  pour  racines  et  bel  raves 
pour  38  flo.  bbr.  comme  appert  par  sa  signature. 

Herman  Prion. 

Goffin  Libert  s'est  contenté  et  satisfait  parmy  42  flo.  bbr.  pour 
son  orge  3  flo.  bbr.  et  pour  racines  25  flo.  bbr.  en  présence 
des  témoins  susecris. 

Jean  Tlionet  et  la  vefve  Lambert  Goune  sont  contenté  pour 
pelraves  (i)  parmy  4-8  flo.  bbr.  et  pour  grains  quatre  flo.  bbr. 
en  présence  des  témoins  cy  dessus  écris  sçavoir  Messieurs  de 

(•  )  Beltoraves. 


—  466  -  - 

Loviufosse  père  et  fils  et  pour  orge  six  Ho.  bbr.  ensemble  cin- 
quante bu  il  flo.  bbr. 

Agnès  délie  Greyr  pour  dommage  causez  en  Bernardmont 
s'est  contenté  parmy  sept  flo.  bbr. 

Ar.NÈs  UEL  Greyr. 

A  ïilman  Germay  ay  renvoyé  par  M.  Lovinfosse  le  jeune 
pour  orge  gâté  dix  flo.  bbr. 

Lambert  de  Lovinfosse.  Germay. 
Melchior   de  Lovinfosse    tesmoin. 

A  la  relicte  (i)  Golla  Gillet  pour  racines,  petraves  et  peu  de 
grains,  et  elle  s'est  contentée  parmy  18  flo.  bbr. 

La  femme  Henry  Paquay  s'est  contentée  louiour  en  présence 
des  mêmes  témoins  parmy  dix  flo.  bbr. 

Melchior  de  Lovinfosse  témoin. 

Lambert  Léonard  en  présence  de  Jean  de  Hennoule  a  receu 
pour  avoir  guidé  45  cavaliers  et  reconnaissances,  un  demy 
écus.  Jean  Henoll  junior  tesmoing. 

Remacle  deBrée  pour  vignes  gâtée  par  la  Ibulle  des  personnes 
qui  accourroint  et  pour  peine  a  estimer  le  dommage  a  receu 
six  flo.  bbr.  Marque  B  dud^  Remacle. 

Gharles  Groissant  pour  légumes  foullés  six  flo.  bbr.  et  pour 
foin  3  eschelins  en  présence  de  M.  le  canoine  Radoux  de  Visez. 

A  une  pauvre  femme  de  Vottem  qui  a  eu  six  eschelins. 

La  fenniie  Heiu'y  de  Marée  a  encore  receu  (y  ayant  eu  de 
l'abus  dans  le  1"'  conie)  neuf  flo.  bbr.  et  pour  le  degat  de  Pho- 
hal  huit  flo.  bbr.  icy  17  flo.  bbr. 

Marque  -f  de  la  d''^  pour  ne  scavoir  écrire. 

Au  iils  Namotte  de  Hersial  qui  m'a  venu  appeler  après  que  le 
Roy  en  eut  donné  les  ordres  2  flo.  bbr. 

A  D"''  Aylid  deïliier  pour  wassends  (2)  gâtés  et  foullés  dont 
elle  se  tient  satislaite  parmy  14  flo.  bbr. 

AiLn)  DE  Thier. 

(  '  )  Relicte,  c'esl-à-dire  veuve. 
{-)  Froment. 


—  467  — 

Antoine  délie  Creyr  pour  l'estime  faite  deux  flo.  bbr.  ou  demy 
ecus.  Ita  est.  Antoine  delle  Creyr. 

Renat  Mulkay  pour  racines  s'est  contenté  parmy  12  flo.  bbr. 
et  pour  orge  pour  4  comme  appert  par  sa  signature. 

Renard  Mulkay. 

Gilles  Nanette  pour  racines  foullée  en  Phoxhalle  5  flo.  bbr. 

+ 
Marque  dud'  Nanette. 

A  la  relicte  (i)  Michel  Fallise,  son  fils,  et  belle-fille  et  pour 
Gérard  Braye  intéressé  et  foullé  21  flo.  bbr.  -\- 

Marque  de  lad  ~  R^*  pour  ne  scavoir  écrire. 

A  Gilles  Bailly  pour  orge  et  légumes  fouliez  selon  la  signa- 
ture o  flo.  bbr.  p(ar)  cavaliers  visitants  le  foin. 

GiLLE    BaY. 

A  Françoy  Thonnon  pour  racines  fouUées  3  verges  grandes 
et  douze  flo.  bbr.  Marque  y'  dud'  Francoy. 

A  Aylid  delle  Fontaine  femme  d'Adan  Guyot  pour  grains 
fouliez  sept  flo.  bbr. 

A  Lambert  Hellin  pour  une  verge  et  demy  de  racines  gâtées 
12  flo.  bbr. 

A  Simon  Henrar  pour  wassend  gâté,  orge  et  bled  foullé  vingt 
deux  flo.  bbr.  desquels  il  y  en  laisse  quatlre  à  la  réparation  de 
l'église  comme  appert  par  sa  signature. 

Simon  Henrard. 

A  Jaquemin  Querin  pour  carottes  foullées  trente  patars. 
le  luy  ay  encore  donné  après  3  flo.  bbr. 

Marque  Z.  du  d^  Querin. 

A  Cathus  Thonnart  cy  que  tenants  h  stule  (a)  la  censé  (3) 


(i  )  Relicte,  c'est-à-dire  veuve. 
(2)  Bail. 
(')  Ferme. 


468 


délie  Prealle  selon  la  quittance  pour  navette,  bled,  wassend,  etc. 
foullé  et  ^n[é  42  flo.  bbr. 

A  la  femme  Michel  Jordan  pour  carottes  foullées  5  eschelins. 

A  la  femme  Guillaume  délie  Cieyr^;  pour  rest  de  navette  et 
carottes  gâtées  6  flo.  bbr.  Catarine  Tonnar. 

Le  25  jour  de  juillette  1672  encore  h  la  d""  censeresse  délie 
Prealle  28  flo.  bbr.  que  iay  trouvé  luy  pouvoir  être  donné  après 
la  reveûede  mes  contes  en  consideiation  de  ses  dommages,  et 
l'ayant  encore  mien  reconnu  iay  donné  encore  en  son  nom  et 
de  sa  part  six  flo.  bbr.  à  la  femme  d'un  certain  Salmon  demeu- 
rant en  Feronstraye.  J.  B. 

A  M.  Gérard  Bouille  pour  carottes  foullées  par  45  visitants 
le  foin  6  flo.  bbr.  J.  B. 

Le  rest  de  la  somme  poui'  le  peu  ie  l'ay  apphqué  partie  h  nos 
pauvres,  partie  autres  besoins  qui  se  présenloint  espérant 
devant  notre  Seigneur  Dieu  rendre  bon  conte  à  son  tribunal 
redoutable;  c'est  la  grâce  que  ie  luy  demande  tant  pour  cecy 
que  pour  toute  ma  vie  par  les  mérites  de  mon  Sauveur  et  juge 
Jésus  Ch.  J.  B. 

On  trouve  dans  le  même  registre  de  la  paroisse  de  S"'  Foi,  ie 
catalogue  des  décédés  du  temps  de  J.  Le  Beau  ,  curé,  commen- 
çant au  17  juillet  1669  et  finissant  au  7  mars  1679  et  de  la  même 
main  que  le  document  historique  ci-dessus.  Donc  synchro- 
nisme et  ressemblance  d'écriture.  De  plus ,  au  commencement 
du  registre,  on  (rouvc  ce  renseignement  : 

Mémoire  qu'au  iour  onzième  de  7^'"®  1676,  la  femme  Reneçon 
de  Bra  a  laissé  tout  à  son  mary  en  présence  de  Herman  CoJlard 
et   de  Keneçon  Vivegnisse. 

lia  est.  Joan.  Le  Beau,  past.  St*  Fidis  {sic}. 

Fabry-Rossius. 


F 


BULLETIN  PEnWSrnVT  ARaiÉ0LOt;H}UI 

PLAN   DU   PLATEAU 
(ht    GÎT  LE  coq. 

, JUPILLE 


D 


MJEJAP.DnrDXL 


FOUILLES  FAITES  A  JUPILLE 

PRÈS    DE    LIÈGE. 


Jupille  ne  figure  ni  dans  la  nonmenclature  de  Schayes,  ni  sur 
la  carte  archéologique  de  Vander  Maelen,  pour  les  antiquités 
antérieures  au  moyen  âge. 

Néanmoins,  indépendamment  des  souvenirs  franks  allacliés 
par  la  tradition  à  cette  commune,  on  y  a  découvert  des  antiquités 
romaines. 

C'est  ainsi  qu'à  la  vente  de  la  IIP  partie  de  la  collection  de 
Renesse-Breidbacli,  offerte  aux  enchères  àGand  en  avril  1864, 
on  lit  à  la  p.  29  du  catalogue,  parmi  les  objets  belgo-romains  : 

«  N"  557.  Quatre  coupes  ei  deux  très-petites  urnes. 

»  Ces  sept  (^ic)  objets  ont  été  trouvés  en  1852,  à  Jupille,  près 
»  de  Liège,  snx  lien  dit  Derrière-la-Ville.  » 

C'est  ainsi  encore  qu'on  dit  avoir  découvert  à  Jupille  (^)  un 
moule  à  poteries  samiennes  portant  la  marque  belsvsf  (Behus 
fecit  ) . 

C'est  ainsi  enfin  qu'on  a  trouvé  à  Jupille  des  monnaies 
romaines  dont  voici  l'énumération  : 

i".  Grand  bronze,  trouvé  dans  la  propriété  Piedbœuf  : 

Face.   IMP  NERO  CAESAR  AVG  P  MAX  TR  p  p  p. 

Revers,  victor  avgvsti  (^). 

2°.  Grand  bronze  : 

Face.  iMP  CAESAR  AVG  p  MAX  TR  p  P  P  ;  têtc  bouclée  nue. 

Revers.  Victoria  avgvsti.  --  nikaep^.n  ('). 

3°.  Bronze  :  diva  favstina  (*). 

(*)  Bull,  de  l'inst.  archéol.  liég.,  VIII,  p.  114. 
(*)  Cohen,  I,  p.  208,  nos  268-269  :  victokia  avgvsti. 
(*j  Le  même?  (manque  nero  ),  monnaie  coloniale  de  JNicée. 
(*)  Cohen,  II,  p.  438;   les  médailles  de  la  deuxième  Faustine,  après  sa  consécra- 
tion, portent  en  outre  :  avgvsta. 


—  470  — 

4".  Argent,  trouvé  dans  le  cimetière  : 

Face.  SEVERVS  Pivs  avg. 

Revers,  fvndatok  pacis  (  *). 

5».  Face,  imp  caesar  gordianvs  avg. 

Hevers.  virtvs  avg  (*), 

Ces  cinq  pièces  apparliennent  à  M.  Bosard,  curé  de  Jupille  ; 
doux  autres  monnaies,  trouvées  en  la  même  localité,  sont 
déposées  au  Musée  archéologique  de  Liège  :  l'une  fruste,  de 
moyen  bronze;  l'autre  de  Domitien,  en  argent. 

Il  s'ai;issait  aussi  de  vérifier  ce  qu'il  peut  y  avoir  de  plus  ou 
moins  fondé  dans  certaine  tradition  qui  attribue  forigine  de 
Jupille  à  Jovius  (Jovii  villa),  prénom  de  Dioctétien  {^),  si  même 
il  n'y  avait  pas  lieu  de  remonter  plus  haut  et  de  rechercher  à 
Jupille  Tune  des  tours  construites  sur  la  Meuse  par  Drusus. 

Tel  â  été  le  principal  mobile  des  fouilles  opérées  en  1872,  à 
Jupille,  par  YJnstitut  archéologique  liégeois,  sous  la  direction  de 
MM.  Fabry-Rossius  et  Alexandre,  membres  de  Vlnstitut,  avec  le 
concours  de  M.  le  curé  Bosard. 

Les  noies  des  trois  observateurs,  avec  le  plan  dressé  par  M. 
le  capitaine  J)ejaidin,  ont  été  remises  à  l'auteur  du  présent 
article,  et  celui-ci,  coordonnant  ces  notes,  y  a  ajouté  quelques 
observations  archéologiques,  en  répétant  d'abord  les  indications 
sur  les  fouilles  déjà  mentionnées  dans  le  rapport  de  M.  le 
secrétaire  Bormans  (*),  d'après  les  notes  de  M.  Fabry-Rossius 
et  les  procès-verbaux  des  séances  de  Vlnstitut. 

Voici  ces  mentions  : 

«  Les  premières  recherches  ont  été  faites  le  7  mars,  dans  le 
jardin  de  M.  Jacquemin,  négociant,  rue  de  l'Église;  on  y  a  trouvé, 
à  deux  mètres  de  profondeur,  un  certain  nombre  de  fragments 
de  poterie  romaine  en  terre  samienne  rouge,  généialement 
recouverte  d'une  glaçure  brillante,  en  terre  noire  avec  dessins 

(  »  ;  CoiiKN,  m,  p.  2i8,  n*  Ù\  :  au  revers.  Sévère,  voilii,  debout  à  gauche,  tenant 
une  branclie  d'olivier  et  un  livre. 

(*)  Id.,  IV,  p.    167,  nos  336  et  337;    mais  avec  M  ant  avant  ou  pivs  après 

eOHblANVS. 

(')  D'Otreppe  de  Bouvette,  Essai  de  Tablettes  liégeoises,  XXXV,  p.  36. 

(*J  liappon  présenté  à  l'Inslilut  archéologique  liégeois  sur  les  travaux  delà 
Sociéli  pendant  lanytée  IHTi,  pp.   i!i8  à  130. 


—  m  — 

en  relief  blancs,  et  en  terre  jaunâtre;  une  petite  sonnette  en 
bronze,  un  fragment  d'épingle  de  tête,  en  os,  etc. 

»  Bientôt  ce  terrain  fut  abandonné  et  les  travaux  furent 
transportés  sur  la  place  de  Gît-le-Coq.  Une  première  tranchée 
fut  ouverte  le  lo  mars  près  du  petit  sentier  qui  descend  sur  la 
chaussée.  Après  avoir  traversé  0'"70  de  terre  rapportée  conte- 
nant un  grand  nombre  de  fragments  de  tuiles  romaines,  on 
arriva  à  un  pavement  en  carreaux  rouges  reposant  sur  une 
couche  de  béton  de  0'"10  à  0"'15  d'épaisseur,  formé  de  cailloux 
roulés,  de  débris  de  tuiles  et  de  mortier;  venait  ensuite  un  lit 
de  poussière  de  tuiles,  puis  de  gros  moellons  paraissant  former 
voiîte,  enfin  de  l'argile,  de  la  poussière  de  charbon  de  bois 
et  du  minerai  de  fer.  Ce  n'est  qu'en  dessous  de  tout  cela,  à  un 
mètre  du  pavement,  que  l'on  trouva  des  morceaux  de  poteries. 

»  Après  quelques  jours  de  recherches  infructueuses  ,  les 
ouvriers  creusèrent  le  sol  sur  le  sommet  et  h  peu  près  au  milieu 
du  plateau.  Lh  le  sol  recelait  de  nombreuses  substructions 
d'édifices  romains  qui,  détruits  par  le  feu,  avaient  subi  une 
espèce  de  nivellement  pour  servir  de  cimetière.  On  y  découvrit, 
en  effet,  étendus  sur  une  couche  de  béton,  des  squelettes  juxta- 
posés et  orientés  la  tête  à  l'ouest,  les  pieds  à  l'est.  Au  reste,  ni 
armes,  ni  poteries,  ni  ornements  d'aucune  espèce,  n'ont  été 
trouvés  auprès;  seulement  deux  grossiers  cailloux  sphériques 
étaient  aux  deux  côtés  de  la  tête  de  l'un  d'entr'eux.  On  a 
remarqué  aussi  que  les  têtes,  reposant  sur  des  pierres,  sem- 
blaient avoir  été  garanties  par  d'autres  pierres  arcboutées  au- 
dessus  d'elles  ;  l'un  des  squelettes  tenait  dans  la  mâchoire  sa 
première  vertèbre  cervicale.  Sous  cette  couche  de  morts  étaient 
les  restes  des  bâtiments  romains.  Avant  d'y  parvenir,  il  fallait 
déblayer  le  sol  moderne  épais  de  plus  d'un  mètre;  puis  il  fallait 
creuser  le  sol  antique  qui  avait  généralement  aussi  un  mètre 
d'épaisseur  environ.  Les  deux  ouvriers  employés  remblayaient 
le  terrain  au  fur  et  h  mesure  qu'ils  avançaient;  de  là,  l'extrême 
difïiculté,  pour  ne  pas  dire  l'impossibilité,  de  faire  des  fouilles 
méthodiques.  Cependant,  grâce  au  concours  bienveillant  de 
notre  collègue  M.  A.  Dejardin,  on  a  pu  avoir  un  plan  général 
des  fouilles, 

»  C'est  dans  ce  sol  antique  qu'on  a  trouvé  un  fragment  de 


■*  (  Z    — r 

plus  d'un  mètre  carré  d'une  mosaïque  Irès-remarquable,  frag- 
ment, qui  à  lui  seul  dédommagerait  la  Société  de  ses  frais;  sur 
la  continuation  du  pavement  dont  cette  mosaïque  faisait  partie, 
on  a  découvert  les  traces  d'un  hypocauste  dont  les  piliers  étaient 
restés  en  place.  Ces  trouvailles  nous  donnent  la  preuve  incon- 
testable que  Jupille  est  bien  d'origine  romaine  et  (jue,  dans 
l'antiquité,  c'était  une  bourgade  d'une  certaine  importance. 

»  Les  fouilles  ont  produit,  outre  une  immense  quantité  de 
tuiles  et  de  fragments  de  poteries,  cinq  vases  entiers  en  terre, 
dont  un  mesure  plus  d'un  demi-mètre  de  bailleur,  deux  styles 
en  bronze,  une  anse  et  un  petit  sanglier  du  même  métal,  une 
balance  romaine  en  fer,  etc.;  il  faut  surtout  attirer  l'attention 
sur  des  fragmenls  d'un  vase  en  terre  rougeâtre,  sans  glaçure, 
ornés  de  têtes  en  relief  à  chevelure  et  à  barbe  frisées,  ayant  une 
apparence  assyrienne.  » 

Le  rapport  de  M.  Bormans  ajoute  : 

«  Les  fouilles  de  Jupille,  surveillées  avec  un  zèle  auquel  nous 
nous  plaisons  à  rendre  hommage,  par  M.  Bosard,  curé  de  la 
localité,  ont  été  visitées  par  presque  tous  les  membres  de  la 
Société,  mais  surtout  par  MM.  Alexandre  et  Fabry-Rossius, 
qui,  presque  tous  les  jours,  se  sont  rendus  sur  les  lieux.  Elles 
ont  été  suspendues  provisoirement  le  !22  juin,  après  avoir  coûté 
fr.  693.90.  » 

Reprenons  analytiquement  les  mentions  annotées  jour  par 
jour  par  les  observateurs. 

6  au  14  mars.  Fouilles  daus  le  terrain  Jacquemin.  Frag- 
ments de  vases  en  terre  rouge  Une,  terre  rouge  grossière,  noire, 
fine,  fragments  de  tuiles;  petite  sonnelte  eti  bronze,  aiguille  de 
tête  en  os.  (Alexandre.) 

Il  n'est  pas  étonnant  que  le  premier  couj)  de  bêche,  pour 
ainsi  dire,  ait  révélé  des  tessons  de  terre  rouge  liiu;  ou  samienne, 
noire  Une,  rouge  grossière,  etc.  Ces  tessons,  on  les  retrouve 
en  grande  quantité,  quelquefois  par  charretées,  dans  tout  en- 
droit qui  i'ut  habité  à  l'époque  romaine. 


—  473   - 

Les  auteurs  chez  qui  l'on  relrouvera  les  meilleures  notions 
sur  In  céi'amiqufi  de  l'époque  romaine,  sont  (outre  ce  qu'on  peut 
appeler  les  classiques  Brongniart  el  deCaumont)  lesdiss(irtat,ions 
plus  modernes  de  Lemaître  ('),  Fillon  (-),  Tudot  (  ^),Von  Hef'ner  ( '), 
etc.  Mais  il  faut  se  garder  de  recourir  à  une  monographie  toute 
récente  (^),  où  l'oii  semble  n'avoir  d'autre  but  que  de  flatter 
l'amoui-propre  des  Français  d'aujourd'hui  au  détiiuicnt  des 
Germains  et  des  Romains  d'autrefois  :  cet  ouvrage  groupe  les 
poteries  de  l'époque  romaine  parmi  les  poteries  gauloises  anté- 
rieuies  ou  posiérieures  à  la  conquête,  et  cela  sans  autre  guide 
que  l'imagination  et  l'esprit  de  fantaisie;  pour  ne  citer  qu'un 
exemple  tout  à  fait  approprié  au  sujet,  les  poteries  noires  avec 
dessins  en  relief  blanc,  comme  on  en  a  trouvé  à  Jupille  et  dont 
parlent  31.  Fabry-Rossius  et  les  procès-verbaux  de  VInstitut, 
sont  bien  des  poteries  de  l'époque  romaine;  elles  appartiennent 
à  la  catégorie  des  poteries  parlantes,  aux  ornements  «  en  bar- 
botine  relief  blanche,  »  dont  plusieurs  avec  inscriptions  bien 
romaines,  comme  les  vases  du  Musée  de  Liège  portant  f.r.v.i. 
M.  E.,  1.  N.  p.  L.  E.,  iM.  1.  s.  X.  E.  et  V.  I.  T.  v.  L.  A  (®).  Évidem- 
ment, ces  vases  sont  des  vases  de  l'époque  romaine,  et  ils 
indiquent  que  la  civilisation  de  cette  époque,  h  laquelle  au  sur- 
plus appartient  un  vase:  bhîe  amice  de  meo  trouvé  à  Pompéï  ('), 
ne  réjiugnait  pas  tant  à  la  c»  poterie  parlante  »  que  le  pense  M. 
du  Cleuziou  :  en  tout  cas,  s'il  y  avait  lieu  d'y  reconnaître  une 
trace  d'individualisme,  il  faudrait  recourir  plutôt  à  la  Germanie 
qu'à  la  Gaule,  car,  comme  on  l'a  fait  observer  (^) ,  c'est  princi- 
palement aux  bords  du  Rhin  qu'on  a  retrouvé  ces  poteries. 

(  •)  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  France,  XVI  (n.  série,  VI,  1842), 
pp.  1  à  44. 

'  •  )  L'art  de  terre  chez  les  Poitevins. 

('  )  Collections  de  figurines  en  argile,  œuvres  premières  de  l'art  gaulois. 

(*)  Oberbayeriscit  Archiv  fur  vïiierlandische  Geschichte,  XXII,  pp.  I  et  suiv. 

(  *)  De  la  poterie  gauloise,  étude  sur  la  collection  Charirt,  par  H.  Dd  Cleuziou, 
Paris,  Baudry,  187'2. 

(")  Bull,  de  l'Institut  archéol.  liég.,\lU,  p.  153. 

(')   Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'arcliéol.,  VIII,  p.  374. 

(*)   Bull.   Acad.  roy.  de  Delg.,  V,  pp.  681  el  suiv. 

M.  DU  Cleuziou  en  cite  une  seule  trouvée  en  France,  à  Amiens;  toutes  les  autre» 
sont  ou  de  Cologne  ou  de  provenance  inconnue. 


—  474  — 

Les  sonnettes  en  bronze  étaient  en  usage  au  coudes  besfiaux, 
etc.,  etc.  ('). 

Quant  aux  aiguilles  de  tète,  on  en  connaît  en  métaux  précieux, 
en  bronze  comme  en  os  ;  il  est  superflu  d'en  citer  des  exemples. 

ISS  mars.  Travaux  à  Gît-le-Coq;  tranchée  au  côté  sud  de  la 
place;  fr;igments  très-nombreux  de  tuiles  plates  et  courbes; 
débris  de  vases  en  terre  fine,  rouge  et  noire.  (Alexandre.) 

Les  tuiles  abondent  partout  où  se  rencontrent  des  habitations 
de  l'époque  romaine.  Par  auite  de  l'incendie  —  circonstance 
souvent  remarquée  —qui  a  dévoré,  sinon  toutes  ces  habitations, 
au  moins  l-i  plupart  d'entr'elles,  les  toitm^es  se  sont  effondrées 
et  ont  écrasé  les  charpentes  calcinées  qui  les  séparaient  des 
fondations  ;  les  tuiles  en  débris  sont  si  nombreuses  qu'on  par- 
vient difficilement  à  en  purger  le  sol  où  elles  se  signalent. 

M.  de  Caumont  (^  i  rend  parfaitement  compte  de  ce  mode  de 
construire  les  habitations  : 

(c  Tout,  dit-il,  indique  que  la  plupart  des  villas,  même  les 
plus  opulentes,  avaient  une  élévation  peu  considérable;  qu'elles 
ne  se  composaient  guère  que  d'un  rez-de-chaussée....  L'examen 
attentif  des  vestiges  de  nos  villas  gallo-romaines  porte  à  croire 
que  beaucoup  d'entr'elles  n'ont  éié  construites  en  pierre  que 
jusque  une  certaine  hauteur  au-dessus  du  pavé  des  appartements, 
et  que  le  reste  des  murs  était  en  clayoniiage.  « 

Ce  n'est  pas  un  des  moindres  indices  de  la  lomauisation  de  la 
Belgique  que  l'introduction  chez  nous  d'un  système  de  cons- 
truction semblablo,  où  les  neiges  devaient  s'accumuler  sur  ces 
toits  presque  sans  pente  et  alourdir  encore  ces  carapaces  dont 
(chaque  écaille  pesait  parfois  de  10  à  20  kilogrammes. 

Il  est  difficile d'admettreque nos  nombreuses  villnsdel'époque 
romaine  aient  été  exclusivement  la  résidence  de  fonctionnaires 
romains;  un  grand  nombre  d'entr'elles  ont  dû  être  habitées 
par  des  Belges,  par  exemple  par  des  vétéra  is  qui,  après  avoir 

(  •  I  RiCH,  Dicl.  d'aniiq.,  Y*  linciunabulum. 

(*}  Abécédaire.  Epoque  f/allo-romaine,  2t!  édition,  p.  406. 


—  475  — 

accompli  leur  temps  de  service  [honesta  missione  dimissi)  , 
revenaient  au  sol  natal  comblés  de  faveurs  et  d'honneurs  (')•  Or, 
les  habitants  des  villas  que  l'on  fouille  de  nos  jours,  tous,  qu'ils 
aient  été  italiens  ou  belges,  avaient  adopté  absolument  les 
mêmes  usages  et  les  mêmes  régies,  et  cela  probablement  en 
exécution  de  prescriptions  formelles  de  la  législation  :  celle-ci, 
en  effet,  pendant  plusieurs  années  à  partir  du  règne  d'Hadrien, 
qu'on  a  appelé  le  Bâtisseur,  était  intervenue  pour  imposer  aux 
fabricants  de  tuiles  l'obligation  d'y  imprimer  leur  nom,  celui  de 
leur  usine,  ceux  des  consuls  en  exercice  (-  ),  et  il  est  plus  que 
probable  que  ces  précautions  avaient  pour  but  de  garantir 
l'exécution  de  règles  uniformes  sur  la  confection  des  tuiles, 
leur  forme,  leur  poids,  leurs  dimensions.  Delà,  cette  uniformité 
dans  toutes  les  parties  de  l'Empire,  uniformité  qui  se  montre 
encore  dans  les  ruines  et  qui  révèle  à  coup  sûr  les  traces  de 
la  domination  romaine. 

On  peut  consulter  sur  les  tuiles  courbes  et  plates  de  l'époque 
romaine  de  très-intéressantes  lettres  de  l'architecte  Liger,  en 
y  reciitiant  toutefois  quelques  erreurs  {'"). 

16  et  18  mars,  fouilles  auprès  du  Tilleul,  côté  nord  de  la 
place  ;  tuiles  nombreuses. 

16  mars,  on  trouvc  àS^OO  deprofondcuF  uneanscsn  bronze; 
un  mur  de  0'»70  de  haut,  épais  de  0"'oO  à  G'"60,  formé  de  pierres 

(  »  I  On  vient  tout  récemment  de  découvrir  à  Heerlen,  près  de  Maestriclit,  l'ins- 
cription funéraire  d'un  M.  Jutius,  missiix  leijionis  quiiitœ. 

Mais  laissons  à  M.  Uabets,  président  de  la  Société  archéologique  du  duché  de 
Liiiibourg,  le  soin  de  la  décrire. 

(  -  ]  Comme  un  nombre  considi^rable  de  tuiles  portent  le  nom  des  consuls  Paetinus 
et  Apronianus  de  l'an  i!23  ap.  J.-C,  usage  qui  continua  depuis  et  qui  n'existait  pas 
les  années  précédentes,  on  doit  supposer  qu'une  loi  est  intervenue  à  cet  eliét  vers 
l'an  1-2^2. 

{')  Gazette  des  architectes  et  du  bâtiment,  dirigée  par  Viollet-le- Duc,  1866, 
p.  166. 

Il  doit  y  avoir  une  certaine  contusion  dans  les  notes  prises  par  Liger  :  il  est 
probable  que  les  tuiles  de  forme  bizarre  qu'il  signale  au  Musée  d'Orléans,  sont 
ailleurs  (  Musée  de  Troyes?!  ;  car  l'auteur  du  présent  article  les  a  en  vain  recher- 
chées au  premier  de  ces  Musées. 


—  476  — 

brutes  et  de  tuiles  romaines;  beaucoup  de  charbons,  quelques 
clous;  fraginenls  de  tuiles;  au  côié  sud  du  inui\  pavement  en 
carreaux  de  terre  cuite  très-fragmentés,  qui  reposaient  sur  une 
couche  de  mortier  rouge,  composé  de  bi'iques  pilées,  renfermant 
des  cailloux  blancs  de  la  Meuse  et  d'autres  couleurs;  en  dessous, 
pierres  plates  peu  épaisses,  sans  mortier,  placées  obliquement 
de  droite  à  gauche  ;  entre  ces  pierres,  cailloux  roulés.  Plus  bas, 
terre  argileuse.  (Alexandre  et  Fabry-Rossius.) 

Le  dessin  de  l'anse  en  bronze  est  remarquable  par  deux  têtes 
d'animaux  (|)1.  VII,  fig.  1),  et  il  est  à  ret^relter  que  le  vase 
auquel  elle  appartient  n'ait  pas  été  retrouvé. 

La  variété  que  l'on  rencontre  dans  les  anses  des  vases  est 
infinie,  dit  M.  de  Meesterde  Ravestein  (');  la  nature  et  l'imagi- 
nation admettent  pour  la  décoration  de  cette  partie  des  vases 
tout  ce  que  l'une  et  l'autre  peuvent  présenter.  Le  goût  des 
anciens  pour  les  vases,  la  magnificence  avec  laquelle  ils  les  ont 
traités,  nous  rendent  précieuses  les  anses  de  ces  mêmes  vases 
qui,  plus  épaisses  que  le  corps,  ont  résisté  davantage,  ce  qui 
leur  a  permis  d'échapper  en  plus  grand  nombre  à  la  destruction. 

«1  mars.  Os  d'un  pied  humain  dans  la  tranchée;  nombreux 
fragments  de  tuiles  plates,  beaucoup  moins  do  tuiles  courbes  ; 
deux  fonds  de  vase  de  terre  grise,  grossière,  sans  intérêt.  Une 
tranchée,  ouverte  ù  3  ou  4  mètres  du  tilleul  et  profonde  de  2 
mètres,  n'a  rien  produit.  (Alexandre.) 

»  avril.  Découverte  de  fragments  de  |)Ois  rouges.  Fragment 
de  vase  avec  le  nom  du  ['Olicr  imAuiAivs,  trouvé  à  environ  2 
mètres  de  profondeur.  Plus  bas,  terre  vierge.  (Fabry-Rossius.) 

(l)  Sluiée  de  Ravestein,  Catalogue  descriptif,  l,  p.  494. 


_  -  477  — 

Le  potier  Brariatus  était  un  potier  belge  comme  l'indique  d'une 
part  son  nom,  qui  n'a  de  romain  que  la  terminaison  en  us,  et 
d'autre  part  la  liste  des  endroits  où  sesproduitsontëtë  tiouvés. 
Ces  produits  qui  ëiniont  en  général,  sinon  exclusivement,  des 
terrines  ou  «  tèles,  »  ont  été  trouvés  h  Bavay,  Mons,  Nimy- 
Maisières,  Arciuennes,  Giney,  Antliée,  Walsbelz,  Fouron-le- 
Comle  et  Hguthem-S.^GfMlacii  (')  :  la  première  et  la  dernière  \ 
de  ces  localités,  tontes  deux  liors  de  la  Bi^lgiqne  actuelle,  pa- 
raissent les  extrémités  de  la  ligne  principale,  la  route  deBavay 
vers  Cologne,  qu'ont  parcourue  Brariat  et  ses  colporteurs  ;  car 
il  est  à  supposer  que  les  marcliandises  de  ce  genre  allaient 
chercher  les  chalands  à  domicile  et  ne  les  attendaient  pas  en 
des  magasins  voisins  du  lieu  de  la  fabrication;  la  grande  diffu- 
sion des  produits  de  Brariat,  par  toute  la  Belgique,  ne  peut 
s'expliquer  que  par  trois  hypothèses  :  ou  bien  Brariat,  établi  à 
demeure  vers  le  centre  de  la  Belgique  actuelle,  a  vu  affluer  à 
ses  magasins  des  chalands  arrivés  de  tous  les  points  du  pays  ; 
—  ou  bien  ce  potier  s'est  transporté  en  divers  endroits  pour  y 
fabriquer  ses  produits  sur  place;  —ou  bien  enfin,  il  s'est  borné 
à  colporter  et  à  faire  colporter  ses  produits  tout  faits;  —  et 
certes  cette  dernière  hypothèse  est  la  plus  vraisemblable. 

S'il  est  vrai  que  les  villas  de  Fouron-le-Comte,  de  Walsbetz 
et  de  Houthem-St-Gerlach  (^)ont  é:édétruilesparun  événement 
violent  (invasion  des  Chauques  ou  autre),  les  produits  de  ce    V 
potier  datent  vraisemblablement  d'une  époque  antérieure  à  la      ^ 
fin  du  règne  de  Marc-Aurèle  et  sont  ainsi  du  l"'  siècle  ou  du 
second  au  plus  tard. 

Or,  l'on  contredirait  difficilement  les  preuves  tirées  de  la  date 
des  monnaies  :  les  postes  et  villas  qui  ont  été  occupés  par  les 
Romains  ou  Belgo-Romains  jusqu'à  l'époque  franke,  ont  tous 
révélé  et  en  grand  nombre  des  monnaies  du  Bas-Empire  ;  tels 
sont  notamment  les  camps  de  Dalheim  (Luxembourg),  Kessel 

(')  Sujks firjuUm,  époque  romaine,  [Annales  de  l'Acad.  d'archéol.  de  Belg., 
2»  série,  UI,  p.  67),  n»  869. 

Add.  Catalogue  de  la  collection  Toil.LlEZ,  n»  30;  Ann.  de  la  Société  archéol.  de 
Namnr,  X,  p.  121  ;  Cl.OQUET,  Happort  sur  la  dicouverte  d'une  villa  belgo-romaine 
à  Arqueunes,  p.  28. 

(*)   Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archéol.,  V,  p.  413;  VI,  p.  302. 


478 


(Limbourîî  hollandais)  ('),  la  villa  d'Anthée  (Namur),  etc.  Dans 
les  vilhis  de  la  Hesbaye,  au  contraire,  de  même  que  dans  les 
tumulus  de  cette  contrée,  les  monnaies  (sauf  deux  exceptions 
à  discuter  de  plus  piès,  le  cas  échéant)  sont  toutes  des  pièces 
datant  des  deux  premiers  siècles. 

1»  avril.  Découverte  d'un  squeletle.  Direction  ;  les  pieds  à 
l'est,  la  tête  à  l'ouest;  on  a  trouvé  aux  deux  côtés  de  la  tête, 
près- des  tempes,  deux  cailloux  sphériques  et  une  mâchoire  de 
sanglier,  une  poignée  de  bois  brûlé  sous  le  crâne;  en 
dessous,  un  mur  de  0'"90  d'épaisseur.  (Fabry-Rossius.) 

13  avril.  Nouveau  squelette  ,  fémur  long  de  0'"45  ;  tibia 
O'nSS  id.;  avant-bras  0'"34.  Direction  :  têie  Ji  l'ouest,  pieds 
à  l'est. 

Un  fragment  de  pierre  (calcaire  bleu)  sculptée  en  forme  de 
soubassement  de  piédestal.  (Fabry-Rossius.) 

125  avril.  Découverte  d'un  grand  fragment  de  mosaïque  ; 
fragments  de  vases  en  terre  samienne;  plusieurs  squeletles 
ayant  une  poignée  de  charbon  sous  la  tête,  orientés  la  tête  à 
l'ouest,  les  pieds  à  l'est.  (Alexandbe.) 

On  peut  lire  des  détails  intéressants  sur  les  mosaïques,  dans 
l'ouvrage  de  Roach  Smith  sur  les  antiquités  de  Londres  (-). 

Les  mêmes  modèles  ont  été  reproduits  dans  les  pavements 
en  mosaïque  des  localités  les  plus  éloignées  ;  c'est  ainsi  que, 
d'après  l'abbé  Cochet  ("'),  une  mosaïque  représentant  Orphée 
jouant  de  la  lyre  et  escorté  des  quatre  saisons  de  Tannée,  mo- 
saïque trouvée  en  Normandie  dans  la  forêt  de  Brotonne,  a  pu 
être  restaurée,  à  raison  de  la  découverte  on  Algérie  d'une  mo- 
saïque intacte  et  parfaitement  semblable. 

(»  )  Renseiijnements  inédits  dus  à  M.  le  curJ  Franssen  d'Ittcrvoort. 

(*)  Illustrations  of  liomaii  Londou,  p.  49  à  59,  pi.  VIF  à  XII. 

('i  Cochet.   La  Seine  inférieure,  himorique  et  archéologique,  p.   M13. 


—  479  — 

Peu  de  pavements  en  mosaïque  ont  été  trouvés  jusqu'ici  en 
Belgique,  et  encore  le  plus  souvent  étaient-ils  à  l'état  de  frag- 
ments ('). 

Plusieurs  détails  de  la  mosaïque  de  Jupille  (voir  pi.  VIII, 
fig.  4)  se  retrouvent  dans  plusieurs  monuments  de  ce  genre  de 
l'époque  romaine  :  ainsi  l'on  peut  voir  les  triangles  à  la  suite  les 
uns  des  autres  et  l'ornement  en  forme  de  champignon  dans  une 
mosaïque  déterrée  en  Auiriclie(^);  deCaumont,  de  son  côté  {'"}, 
donne  aussi  des  mosaïques  avec  combinaisons  de  triangles. 

Rien  dans  cette  mosaïque  ne  dénote  l'intervention  d'une 
main  étrangère  à  l'art  romain;  seulement,  quoique  remarquable, 
on  ne  peut  pas  la  considérer  comme  un  spécimen  exceptionnel- 
lement beau  de  cet  art. 

ly  avril.  Squelette  orienté  la  tête  à  l'ouest,  les  pieds  à  l'est, 
couché  sur  une  surface  plane,  formée  de  chaux  et  de  briques 
pilées;  la  tète  inclinée  légèrement  à  gauche,  une  pierre  plate 
placée  de  champ  de  chaque  côté,  un  caillou  blanc  sur  le  front 
et  un  morceau  de  silex  à  côté  de  la  tête.  La  mâchoire  inférieure 
très-écartée  de  la  face  ;  la  vertèbre  axis  placée  de  champ  entre 
les  arcades  dentaires  ;  l'a^/as  dans  la  cavité  de  la  bouche  ;  toutes 
deux  bien  conservées.  L'axis  laissait  voir  le  trou  vertébral. 
(Alexandre.) 

Quant  aux  cadavres  en  général,  on  sait  déjà  par  le  rapport 
ci-dessus  reproduit  que  les  substructions  romaines  avaient  subi 


(•)  A  Fouron-le-Corate,  villa  du  Sieenbosch,  del  Vaux,  p.  7;  ibid.,  villa  Op  de 
Saele  (description  encore  inédite  par  M.  Habets)  ;  a  Ways,près  de  Genappe,  Clo- 
QUET,  Annules  du  Cercle  archéologique  de  nions,  IV,  p.  196,  etc. 

(*)  Arneth,  Arcliaeolo(jischen  Analecten,  Tafeln  zu  den  Silzungsberichten  der 
philosopliiscli-historisclie  Classe,  VI,  Het't  1,  2  (janvier  à  mars  1831),  pi.  5. 

i')  Abécédaire  ou  rudiment  d'archéologie. Ere  gallo-romaine,  S^édit.  1870,  p.  66. 

Voy.  aussi  Bulletin  inonum.,  1872,  4"  série,  VIII  (tome  XXXVIII«),  n»  6,  p.  430, 
fig.  4  et  fig.  3. 


—  480  — 

une  sorte  de  nivellement  pour  servir  de  cimetière  et  que  la 
couche  romaine  commençait  par  conséquent  au-dessous  des 
squelettes. 

is  avril.  Profondeur  l^ôS,  remblai  antique  de  0'"45  de  pro- 
fondeur; mur  de  O^S?  d'épaisseur,  en  tuiles  et  fragments  de 
pierres. 

Nouvelle  chambre  à  0"'27  plus  bas  que  la  chambre  à  la  mo- 
saïque. (Fabry-Rossius.) 

ao  avril.  Chambre  dont  chaque  côlé  est  de  3'"40;  aire  de 
la  chambre  J0"'60  carrés.  (FABRY-Rossms.) 

Squelette  entier  dont  la  poitrine  et  la  tête  étaient  garanties 
par  des  pierres  plates.  Pavé  formé  de  très-larges  briques  ro- 
maines, posées  à  plat,  et  de  grands  fragments  de  ces  mêmes 
briques  placées  sur  champ.  Une  brique  ronde  d'hypocauste  le 
matin  ;  une  autre  l'après-midi.  (Alexandre.) 

««  avril.  Découverte  d'un  pilier  d'hypocauste  en  forme  de 
cylindre  à  0"'90  du  mur  séparatoire,  trouvé  le  20  avril.  Hauteur 
du  pilier  O^oS.  (Fabry-Rossius.) 

»6  avril.  De  l'cst  à  l'oucst.  Une  dernière  rangée  de  piliers 
cylindriques  de  l'hypocauste. 

»■?  avril.  Fin  de  l'hypocauste,  se  terminant  h  l'ouest,  sans 
trace  de  mur.  Terre  de  remblai  antique  à  0"'72  de  profondeur. 
Nouvelle  fouille  à  G^OO  dans  la  direction  de  l'ouest.  (Fabry- 
Rossius.) 


Leshypocaustes  étaient  employés  afin  de  chauffer  les  apparte- 
ments et  il  était  indispensable,  pour  les  habitants  de  maisons 
construites  à  la  romaine,  de  ne  pas  les  négliger  dans  les  climats 


-    481  — 

septentrionaux,  à  défaut  d'appareils  du  genre  de  nos  poêles 
modernes. 

Les  hypocaustes  étaient,  on  le  sait,  des  sortes  d'étuves  sou- 
terraines s'étendant  sous  l'aire  des  appartements  à  chauffer,  et 
communiquant  par  des  tuyaux  avec  les  parois  des  murs  dans 
lesquels  ils  répandaient  la  chaleur  ('  ). 

Le  souterrain  où  se  trouvait  l'hypocauste,  était  séparé  de  ce 
que  nous  nommerions  le  plancher  par  des  colonneltes d'environ 
deux  pieds  supportant  généralement  de  grands  carreaux  en 
terre  cuite.  Winckelmann,  intrigué  de  la  manière  dont  on  dé- 
barrassait l'hypocauste  des  cendres,  croit  cependant  pareille 
hauteur  suffisante  pour  qu'un  enfant  pût  accomplir  ce  travail. 

Toutes  les  fouilles  d'établissements  romains  effectuées  en 
notre  pays,  ont  pour  ainsi  dire  révélé,  par  des  tuiles  circulaires 
ou  par  des  tuyaux  de  chaleur,  la  présence  d'hypocausies,  dont 
quelques-uns  oi]t  même  été  retrouvés  presque  intacts  ("^). 

»o  avril.  Découverte  d'un  style  de  bronze;  à  S^SO  de  pro- 
fondeur, découverte  de  ferrailles.  (Fabry-Rossius.) 

On  rappellera,  à  propos  des  styles  de  cette  forme,  la  polé- 
mique à  laquelle  ils  ont  donné  lieu  (').  Des  archéologues  du 
plus  haut  mérite,  comme  Roach-Smilh  (*)  et  M.  de  Meoster  de 
Ravestein  C)  y  voient  des  instruments  de  chirurgie  et  même 


(  *  )  On  connaît  ces  passages  de  Pline  le  jeune  :  AppUciitim  est  cubiculo  hypo- 
caumum,  quod  anijusta  fenestra  supposituin  calorem  aiit  effundit  aul  reiinet ;  et  de 
SÉNÈQUE  :  liiipre.ssos  parietibus  tubos,  per  quos  circumfunderetur  calor^  qui  iina 
siinul  et  sumrna  fouent  œqualiter. 

\*)  Del  Vaux  de  Fouron,  La  villa  du  Steenùosch,  p.  7  ;  Cloquet,  Rapport  sur  la 
découverte  d'Hue  villa  belgo-romaine  à  Arquennes,  ^\.\\\\  Annales  de  la  Société 
archéologique  de  Namur,  IV,  p.  384,  etc. 

(■^)  Annales  de  l'Acad.  d'arcliéol.  de  Belg.,  2^  série,  II,  p.  577;  Ann.  de  la 
Société  archéol.  de  Namur,  \I,  p.  465. 

1*1  Illustrations  of  Roman  London,  p.  •140,  pi.  XXXVI,  fig.  3  et  6;  p.  170,  cet 
auteur  dit  que  ces  ol)jets  sont  probablement  des  instruments  de  chirurgie  :  c'est 
donc  par  erreur  que  sir  R.  Smith  est  indiqué  dans  les  Ann.  de  l'Acad.  d'archéol.  de 
Belg.,  l.  cit.,  comme  rangeant  les  objets  de  ce  genre  parmi  les  cuillers  à  onguent. 

(*)  Musée  de  Ravestein.  Catalogue  descriptif,  II,  p.  159. 


—  482  — 

spécialement  des  sondes,  principaletnent  pour  les  maladies  de 
l'oreille. 

On  persiste  néanmoins  à  exprimer  ici  l'avis  qu'il  s'agit  bien 
de  styles  et  que  le  cuilleron  qui  se  trouve  d'un  côté  (pi.  VII, 
fig.  2  )  peut,  aussi  bien  qu'une  spatule  plaie,  effacer  ce  qu'au- 
rait tracé  la  pointe. 

S'il  eu  est  ainsi,  le  style  prouve  que  les  habitants  des  établis- 
sements fouillés  à  Jupille,  comme  de  tous  les  établissements 
analogues,  étaient  lettrés,  circonstance  qui  n'a  pas  peu  contri- 
bué sans  doute  à  la  romanisation  complète  de  nos  provinces. 

Mai.  Dans  les  premiers  jours,  on  a  trouvé  une  coupe 
appelée  calix,  dont  nous  retrouvons  tous  les  morceaux  :  elle 
pourra  être  recomposée;  c'est  un  vase  dont  le  musée  ne  possède 
aucun  échantillon  et  qui  d'ailleurs  est  extrêmement  rare  dans 
les  collections  les  plus  variées  et  les  plus  riches  (Fabry-Rossius). 
En  outre,  on  a  trouvé  dans  la  ruelle  des  Vignes,  une  assiette 
et  une  tasse  en  terre  noire  romaine.  (Bosard.) 

Quelque  doute  que  puisse  faire  naître  la  forme  du  vase  dit 
calix  (pi.  VII,  lig.  5),  il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  les  fouilles 
de  Thisnes  ont  révélé  une  pièce  du  même  genre  qui  se  trouvait 
en  double  dans  le  tumulus  belgo-romain,  exploré  en  1823  (*). 

L'ouvrage  critiqué  plus  haut  de  M.  du  Cleuziou  a  rangé  dans 
les  poteries  de  l'ère  des  Antonins  (*),  trois  coupes  à  pied  du 
même  genre,  dont  une  a  été  trouvée  h  Cologne  ;  la  provenance 
des  deux  autres  n'est  pas  indiquée. 

Quant  à  Roacli  Smith  qui  présente!  ^)  lesdessins  de  plusieurs 
vases  à  pied  assez  ressemblants,  il  n'hésiie  pas  à  les  ranger 
parmi  les  poteries  de  l'époque  romaine ,  mais  fabriquées  en 
Angleterre  où  l'on  en  a  retrouvé  les  fours. 


(')  Bull,  des  Comm.  roij.  d'art  et  d'a.chéol.,  IV,  p.  382,  pi.  II,  fig.  22. 

(*J  P.  187  et  188. 

(  •]  Illustrations  oj  Roman  London,  p.  83. 


—  48.':;  — 

10  mal.  On  trouve  les  objets  suivants  :  1°  pièce  gi\  br.  d'An- 
tonin  Pie; en  même  temps  et  au  même  endroit  :  2 'joli  petit  vase 
noir  entier  (baut  0'"10),  en  terre  blanclie,  h  couverte  noire; 
S'*  autre  petit  vase  presque  semblable,  mais  pas  autant  bosselé 
(pots  à  onguent?);  4"  autre  aussi  en  terre  blancbe,  mais  en 
partie  brisé;  5»  divers  fragments  de  poterie  noire,  rouge, 
blanche,  de  débris  (dont  un,  appartenant  au  fond,  est  assez 
grand)  d'un  vase  avec  figure  de  cigogne,  avec  des  fleurs,  cou- 
leur noire  et  rouge.  De  plus,  une  assiette  en  bronze  en  très- 
mauvais  état  et  un  objet  en  fer  ipartied'un  casque?)  qui  a  pres- 
que la  forme  d'un  crâne.  (Bosaru.) 

Les  fig.  6,  7  et  15  de  la  pi.  VIT  représentent  les  objets  ci- 
dessus  dignes  d'intérêt. 

11  mai.  Une  tète  de  singe  grossièrement  faite  et  deux 
jambes  détachées.  Divers  fragments  de  poterie  noire,  blanche, 
etc.;  une  petite  pierre  ronde  semblable  à  une  pierre  h  aiguiser. 

(BOSARD.) 

La  tête  de  singe  et  les  membres  détachés  font  partie  d'un 
ensemble  au(iuel  appartient  aussi  le  bas  d'un  siège  massif,  le 
tout  en  terre  cuite  de  la  même  nuance,  trouvé  à  la  même  place 
(pi.  VII,  tig.  8);  on  se  trouve  ainsi  fort  vraisemblablement  en 
présence  d'un  sujet  analogue  à  celui  qu'a  représenté  B.  de 
Monlfaucon  (M  et  qu'on  a  retrouvé  aussi  à  Cologne  (-)  :  un 
singe  assis  dans  un  grand  fauteuil  et  teiiant  des  pipeaux;  seu- 
lement ces  deux  derniers  sont  en  verre  et  non  en  terre  cuite. 


(  •)   L'antiquité  expliquée,  Suppl.,  V,  pi.  LI,  p.  14l2. 

(*)  Jahrbûcher  der    Vereins  von  Alterthumsfreunden  im   Rheinlande,  XLI,  pi. 
m,  p.  145,  où  cet  objet  est  représenté  à  tort  comme  un  unicum. 


—  484  — 

Quelque  peu  pertinente  que  soit  l'analogie  que  voici,  il  esta 
remarquer  qu'on  a  trouvé  dans  les  hiiacas  ou  anciens  tombeaux 
péruviens,  des  vases  en  terre  cuite  représentant  des  singes  (*). 

iK  mal.  1°  Un  fer  de  balance  avec  un  poids  pour  y  suspendre; 

2"  des  formes  de  figures  humaines  en  terre  cuite  très-bien  for- 
mées en  demi-relief;  3°  beaucoup  de  fragments  de  poterie  ordi- 
naire ;  4°  une  petite  pierre  noire  ressemblant  à  un  bout  de 
crayon  long  d'environ  O'"0o  ;  un  morceau  de  verre  très-épais, 
peu  transparent,  d'un  vert  mélangé  de  blanc;  5'  un  vase. 

Nos  terrassiers  ont  percé  leur  viaduc,  et  c'est  à  l'endroit  de 
cette  percée  qu'ils  ont  fait  toutes  ces  découvertes.  Ils  ont  encore 
rencontré  deux  murs  qui  se  relient.  (Bosard.) 

Los  formes  de  figures  humaines  mentionnées  au  ip  2,  à  l'ex- 
ception d'une  seule  qui  a  un  autre  caractère  (pi.  Vil,  fig.  46), 
ont  trouvé  leur  place  dans  une  restitution  très-habile  opérée 
par  M.  le  capitaine  A.  Dejardin,  avec  une  patience  qui  l'a  ré- 
vélé comme  un  digne  émule  du  regretté  Limelette  de  Namur 
(sans  parler  des  restitutions  des  objets  de  la  tombe  d'Avennes, 
opérées  récemment  avec  une  remarquable  habileté,  par  M,  le 
comte  Georges  de  Looz). 

La  restitution  a  été  d'autant  plus  difficile  que  beaucoup  de 
fragments  n'ont  pas  été  retrouvés,  et  que  les  tessons  de  ce  vase, 
brisé  avant  son  enfouissement,  ont  été  exhumés  à  quelque  dis- 
tance les  uns  des  autres,  ceux-ci  dans  une  couche  do  terre  noi- 
râtre, ceux-là ,  rougeàtre,  couches  dont  ils  ont  retenu,  d'une 
manière  aujourd'hui  ineffaçable,  les  nuances  très-distinctes. 

Sous  la  main  de  l'adroit  restaurateur,  les  fragments  sont 
venus  se  juxtaposer  et  ont  fait  renaître,  après  tant  de  siècles, 
un  vase  dont  la  torme  est  presque  globulaire,  mais  dont  la 


(*)  Mémoires  delà  Société  royale  des  antiquaires  du  Nord,  '184î)-'1849,  p.  437; 
ibid.,  1840-1844,  p.  137,  pi.  Vll,  lig.  11  et  1^2. 


—  485  — 

partie  inférieure,  après  s'être  un  tant  soit  peu  élargie,  affecte 
une  forme  conique,  tronquée  apparemment  par  le  pied  qui 
manque. 

Sept  figures,  séparées  i\  la  partie  supérieure  par  autant  d'an- 
neaux, entourent  la  panse  de  ce  vase  ;  une  seule  de  ces  figures 
n'a  pas  été  retrouvée.  Elles  sont  toutes  à  chevelure  bouclée  ; 
mais  trois  d'entr'elles  ne  sont  point  barbues. 

On  s'est  demandé  ce  que  l'on  avait  pu  avoir  l'intention  de 
représenter  par  ces  figures  au  nombre  de  sept,  et  les  sept  sages 
de  la  Grèce  se  sont  présentés  en  première  ligne  à  l'esprit  du 
restaurateur 

L'apparence  bizarre  des  fragments  du  n°2(pl.VII,fig.  dei9  bis) 
soulève  une  question  :  se  trouve-t-on  en  présence  de  débris 
d'une  autre  époque  que  l'époque  lomaine?  ces  débris  appar- 
tiennent-ils peut-être  h  des  poteries  frankes? 

Les  questions  de  ce  genre  ne  peuvent  se  résoudre  que  par 
comparaison  ;  or,  il  existe  deux  exemples  de  poteries  sem- 
blables découvertes  en  Belgique  :  à  Élouges  (')  et  à  Schalkho- 
ven  (^),  on  a  exhumé,  en  ces  subslructions  belgo-romaines 
très-caractérisées,  deux  tessons  ayant  absolument  le  même 
cachet,  et  tous  les  autres  objets,  trouvés  auxdits  endroits, 
étaient  purs  de  tout  mélange  avec  des  antiquités  d'une  époque 
postérieure. 

Les  fragments  de  Ju pille  doivent  donc  être  rangés  aussi 
parmi  les  produits  de  l'époque  romaine;  mais  ils  appartiennent 
sans  doute  à  quelque  industrie  spéciale  à  nos  contrées,  car 
jusqu'ici,  que  1  on  sache,  la  Belgique  seule  a  révélé  de  sem- 
blables produits.  Serions-nous  peut-être  en  présence  d'un  pro- 
duit figulin  représentant  des  masques  barbares  ,  comme  le 
masque  de  Batave  fabriqué  par  le  potier  dont  parle  Martial 
(XIV,  176)  : 

Sum  figuli  lusus,  rufi  persona  Batavi  ; 
Qiise  tu  dérides,  liaec  timet  ora  puer. 

(*)  De  Bove,  Annales  du  Cercle  mchéol.  de  Mous,  VI,  p.  116,  pi.  II. 

(•)  Renseiga.  parlicul.  de  M.  le  chevalier  Cam.  de  Borman  qui  a  dirigé  les 
fouilles  de  Schalkhoven  et  qui  en  rendra  compte  quelque  jour,  sans  doute,  dans  le 
Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéologie. 


—  486  — 

Et,  en  effet,  le  grand  nombre  de  débris  de  poterie  trouvés  à 
Jupille,  a  même  fait  penser  à  quelques  archéologues  que  cette 
localité  où  l'on  a,  par  la  suite  encore,  fabriqué  de  la  poterie, 
pourrait  bien  avoir  été  le  siège  de  l'industrie  de  céramistes  de 
l'époque  romaine,  hypothèse  que  conlîrmerait  la  découverte  du 
moule  BELsvsF,  bien  entendu  si  cette  découverte  est  plus  authen- 
tique que  celle  du  moule  vERECvNuvsr  ('),prétenduement  décou- 
vert cl  Tongres. 

Pour  d'autres  archéologues  au  contraire,  qui  ne  sont  pas 
suffisamment  édifiés  sur  l'authenticité  du  moule  belsvsf  et  que 
ne  surprend  pas  la  grande  quantité  de  tessons  exhumés  à 
Jupille,  ils  ne  voient  dans  la  grande  variété  de  ceux-ci,  qui 
indique  aussi  la  variété  d'origine,  que  ce  que  l'on  constate  com- 
munément dans  toutes  les  fouilles  de  substructions  de  l'époque 
romaine. 

Si  Pline  (^)  ne  nous  disait  pas  que  de  son  temps  les  fabriques 
de  poteries  faites  au  tour  exportaient  leurs  produits  de  tous  côtés 
par  terre  et  par  mer,  les  mêmes  noms  de  potiers  qui  se  retrou- 
vent dans  les  régions  les  plus  éloignées,  nous  renseigneraient 
suffisamment  au  sujet  de  l'existence,  sur  la  plus  grande  échelle, 
de  relations  commerciales  ayant  spécialement  le  colportage  des 
poteries  pour  objet  :  de  \h,  la  grande  variété  des  débris  des 
tessons  qu'on  retrouve  ensemble,  tandis  que  s'il  s'agissait  de 
produits  d'une  industrie  locale,  les  débris  seraient  homogènes. 


(  '  )  On  connaît  déjà  quatre  monlt's  semblables,  dont  un  est  indiqué  comme  pro- 
venant de  Rheinzabern  (  probablement  de  la  fabrique  de  Kaufmann  ;  : 

4"  Moule  du  Musée  de  Liège  ; 

2o  Id.  du  chanoine  Desnoyers  d'Orléans,  Caial.  de  l'Expos.  univ.  Je  iS61.  His- 
toire du  iravad,  p.  TA,  n°  1020.  Cfr.  uu  Cleuziou,  pp.  il"!  et  173. 

3"  Id.  du  Musée  de  Compiègne,  catalogue  Vivenel,  p.  109. 

40  Id.  de  la  vente  de  Renessi:,  du  23  avril  1864,  n"  43S.  (  Rens.  de  M.  Van  der 
Haeghen  deGand.)  Le  no  434  de  celte  collection  était  un  moule  avec  la  marque 
COBNEHTVSF,  plus  suspecte  encore. 

C'est  plus  qu'il  n'en  faut  pour  considérer  ces  mêmes  moules  du  même  potitr 
comme  ayant  une  origine  commune,  mais  pas  du  tout  antique. 

{*)  XXXV,  46  :  «  Hcec  per  maria  terrasque  uliro  citroque  portanlur,  insignibus 
rot  ce  afficinis.  » 


-   487   - 

16  mal.  Quelques  fragments  de  poterie  en  terre  samienne. 

is  mai.  Dans  une  sorle  de  niche,  un  pot  de  terre  grise, 
peint  en  noir,  haut  d'environ  0'"i4;  l'orifice  a  environ  O^Oi 
de  diamètre  et  la  panse  2  à  3  fois  autant;  trouvé  entier  à 
â^OO  sous  la  surface.  (Bosard.) 

»o  et  aa  mai.  Lcs  ouvriers  trouvent  un  vase  en  fer, 
haut  de  0"'10,  que  M.  Fabry  rapporte  le  lendemain  avec  une 
petite  pièce  en  argent,  trouvée  la  semaine  dernière,  dont  le 
revers  représente  une  femme  assise  avec  la  légende  pvdicitia. 
(Bosard.) 

Cette  pièce,  qui  parait  être  de  Julia  Maesa,  est  déposée  au 
Musée.  Quelques  autres  monnaies  en  bronze,  calcinées  et 
absolument  frustes,  proviennent  aussi  des  mêmes  fouilles. 

«»  mai,  sont  trouvés  :  1"  quelques  objets  en  fer;  2°  des 
fragments  de  vases  à  onguent.  (Bosard.) 

Les  plus  intéressants  des  objets  mentionnés  dans  les  anno- 
tations qui  précèdent,  sont  représentés  pi.  VII,  fig.  10, 11,  12, 
13  et  14. 

«4  mal.  Découverte ,  h  0^20  de  profondeur,  d'un  frag- 
ment d'une  inscription  contenant  trois  lettres  : 

NI 

R  (Fabry-Rossius.) 


On  trouve  dans  la  cave  quelques  fragments  de  terre  samienne 
de  divers  dessins,  un  morceau  de  verre  ancien  à  côte  et  une 
pièce  de  monnaie  brûlée.  (Bosard.) 

L'inscription,  de  près,  est  représentée  pi.  VIII,  fig.  2.  Elle 
porte  h  la  troisième  ligne  les  traces  d'un  C. 


On  pourrait  expliquer  ni  par  le  génitif  d'un  nom  en  nus  :  Pa- 
ternus,  Gemhius,  etc.  et  le  c  final  par  poni  Curavit  ou  quelque 
chose  de  semblable;  mais  le  peu  de  profondeur  où  ce  fragment 
a  élé  trouvé  et  la  forme  allongée  des  caractères  semblent  s'op- 
poser à  ce  qu'on  y  voie  une  inscription  romaine. 

«K  mal,  c»  l'"oO  de  profondeur,  un  cochon  ou  sanglier  de 
bronze,  long  de  0'"04.  (Fabuy-Rossius  et  Bosard.) 


Cet  objet  est  représenté  pi.  VII,  fig.  3. 

M.  de  Meester  de  Ravestein  C^)  qui  dans  son  magnifique  mu- 
sée possède,  entr'autres  bronzes  antiques,  toute  une  collection 
d'animaux,  dit  :  «  les  Romains  ont  aimé  la  représentation  de 
tous  les  animaux.  La  quantité  de  petits  bronzes  qui  en  conser- 
vent la  figure  et  qu'on  trouve  tous  les  jours  dans  les  fouilles, 
prouve  que  ce  goût  était  fort  étendu  et  fort  suivi...  Ces  bronzes 
que  l'on  reconnaît  aisément  pour  romains,  sont  probablement 
des  ex-voto  destinés,  par  leur  médiocre  prix,  aux  gens  de  la 
campagne.  Ils  les  achetaient  vraisemblablement  dans  les  mar- 
chés et  les  appendaient  dans  les  temples  ou  devant  les  statues 
de  leurs  divinités  tutélaires  pour  la  conservation  et  la  propa- 
gation de  leurs  animaux  domestiques,  usage  que  pratiquent 
encore  de  nos  jours  les  paysans  devant  les  madones  et  les 
saints.  j> 

Il  est  supei'flu,  devant  la  généralité  de  la  coutume  mention- 
née en  ces  lignes,  de  citer  de  nombreux  satigliors  ou  porcs  en 
bronze  trouvés  par  toute  l'Europe  romaine  (^);  qu'il  suffise  de 
mentionner  quelques  animaux  de  bronze  découverts  dans  notre 
pays  : 


(  ')  Musée  de  Ravestehi,  catalogue  descriptif,  U,  p.  38,  n''  986  à  1009  (lequel  n« 
est  lui-même  touie  une  collection'. 

(-)  Ibid.,  p.  lo,  n°^  993  et  99 i  ;  DE  Cayi.tjs,  Recueil  d'autiquiiùs,  passira  ;  on 
peui  encore  com[)arer  la  remarquable  découverte  d'un  trésor  de  temple  païen  a 
Neuvy-en-Sullias,  près  d'Orléans,  oii  plusieurs  sangliers  de  bronze,  d'assez  grande 
dimension,  ont  été  découverts  (IXe  vol.  des  Mémoires  de  la  Société  arcliéolofjiiiuc 
de  l'Orléanais,  et  l'anasi. 


489 


1"  Bélier  gallo-romain  de  0"'0o  trouvé  dans  une  urne  ciné- 
raire k  Waesmunter.  Bronze  (') ; 

2"  La  seconde  collection  de  Renesse,  vendue  en  1864  (-), 
avait  été  formée  en  grande  partie  d'antiquités  trouvées  à  Ton- 
gres  :  elle  contenait  un  lot  de  quinze  objets  représentant  des 
aigles,  loups,  boucs,  etc.; 

3"  Une  chèvre  en  bronze,  trouvée  à  Izier  (  '). 

En  outre,  la  collection  Hagemans  (*)  contenait  deux  sangliers 
en  terre  cuite  provenant  sans  doute  de  notre  pays. 


as  mai,  à  une  profondeur  de  l^GS,  on  trouve  un  fragment 
de  poterie  rouge,  orné  de  méandres.  (Bosard  et  Fabry- 
Rossius.) 

»9  mai,  on  trouve  une  fibule  de  bronze  (c'est  une  agrafe 
romaine)  (*). 

30  mai.  Oiî  commcncc  les  fouilles  près  de  l'étable  et  on 
trouve  tout  de  suite  deux  fragments  de  terre  samienne.  On 
rencontre  aussi  une  épingle  à  cheveux. 

31  mai.  Une  petite  pièce  en  bronze  excessivement  mince. 
1er  juin,  les  ouvriers  sont  arrivés  à  l'argile  mêlée  de  terre 

glaise;  à  1"'20  du  sol,  ils  trouvent  des  ossements  humains. 
Ils  vont  faire  l'essai  demandé  par  M.  Grandgagnage  et  par  M. 
Bormans,  en   descendant  encore  1"'00  ou  l^oO  plus  bas.  Je 


(•)  Collection  Heruvre  [vente  d'antiquités).  Catalogue  du  Cabinet  d'antiquités 
délaissé /;ar /eu  M.  Serrure.,  professeur  à  l'Uiiirersité.  Première  partie  (vente  à 
Gand,  direction  Verhulst,  14  et  1 S  juin  1872;  Gand,  de  Busscher,  38  p.  in-8o),  n»  38. 

(*)  Troisième  partie,  n"  344. 

(')  Rapport  de  M.  Bormans  pour  1872,  p.  124. 

(*)    Un  Cabini'.l  d'umaieur,  pp.  448  el  450,  nos  gg  et  B4. 

C)  A  partir  de  cet  endroit,  les  annotations  quotidiennes  sont  tenues  par  M.  le 
curé  BosARD  seul  :  on  ne  répétera  donc  plus  la  désignation  de  Tauteur  de  l'anno- 
tation. 


—  490  - 

recueille  les  pavés  rouges  à  lignes  qui  étaient  maçonnés  dans 
les  murs. 

4  Juin.  Ils  trouvent  un  fort  fragment  d'un  fond  de  poterie 
en  terre  samienne  avec  les  lettres  uap. 

Le  sigle  rap  n'a  pas  été  retrouvé  dans  les  débris  où  l'on  a 
toutefois  distingué  les  suivants  : 

VSF 

CAH 

OFGEM 


Le  second  peut  se  rapporter  h  un  certain  nombre  de  noms  de 
potiers  et,  pas  plus  que  le  premier,  ne  permet  donc  une  con- 
clusion précise.  Quant  au  troisième,  c'est  fort  vraisemblable- 
ment :  OF(ficina)  GEM(ini)  (*). 

Si  Juin,  on  remblaie  la  fosse  où  se  trouvait  un  squelette 
sans  crâne  sur  une  masse  de  pierres  maçonnées;  cela  est  néces- 
saire pour  débarrasser  les  lieux  qu'on  fouille  en  ce  moment.  A 
l'"5o  de  profondeur,  les  ouvriers  trouvent  une  pièce  romaine 
en  bronze,  du  module  d'une  pièce  de  0-05,  ils  ont  aussi  trouvé 
nne  petite  plaque  qui  me  semble  être  la  couverture  d'un  bouton; 
cet  objet  est  très-mince. 

^  Juin.  Ils  trouvent  des  fragments  en  une  sorle  de  béton  à 
rainures  et  des  ossements  humains. 

8  juin.  Ils  trouvent  une  demi-base  de  colonne  de  la  même 
matière  et  encore  des  fragments  semblables  .iux  précédents 
avec  des  rainures. 

(  '  )  Sirile.ifiguliii';,  1.  cit.,  n»  2.^82  voy.  pourtant  n"  2376  et  suiv.  des  produits 
de  GemeUm). 


491 


i«  juin,  on  trouve  un  mur  presque  à  la  surface. 

141  Juin,  dans  la  fosse  près  de  mon  sentier,  on  trouve  au 
fond  un  pavé,  dit  en  wallon  on  dain. 

is  juin,  on  trouve  un  crâne  et,  je  crois,  un  ornement 
mérovingien  d'une  fibule,  et  des  fragments  en  pierre  jaunâtre 
du  Luxembourg. 

19  Juin,  on  trouve  un  second  mur  h  la  distance  de  deux 
mètres  de  celui  qu'a  noté  M.  le  capitaine  Dejardin. 

«1  Juin,  on  commence  une  nouvelle  fouille  à  environ 
4"'00  du  mur  Piedbœuf-Havart  et  la  plus  rapprochée  de  cette 
maison  ;  on  y  trouve  plusieurs  fragments  de  poterie  en  terre 
samienne,  entr'autres  le  pied  d'un  vase  au  fond  intérieur  duquel 
est  empreint  le  sigle  :  of  virili,  dans  un  cercle  un  peu  plus 
grand  qu'un  demi-franc. 


Les  marques  de  potier,  avec  le  nom  de  Virilis  sous  un  grand 
nombre  de  formes  diverses,  appartiennent  peut-être  à  plusieurs 
potiers,  soit  de  la  même  famille,  soit  même  de  localités  diffé- 
rentes. On  ne  peut  donc  tirer  du  sigle  figulin,  trouvé  à  Jupille, 
une  conclusion  bien  précise;  cependant  plusieurs  indices  per- 
mettent de  croire  qu'en  général  les  produits  de  cette  catégorie 
appartiennent  aux  deux  premiers  siècles:  c'est  la  forme  archaïque 
de  hi  lettre  l  parfois  signalée  sur  ces  produits,  c'est  en  outre  la 
découverte  de  poteries  avec  !e  nom  de  Virilis  en  plusieurs  en- 
droits, cimetières  et  villas  que  l'on  croit  pouvoir  rapporter  au 
règne  des  deux  premiers  Antonins  au  plus  tard  (M- 

Quant  à  rornement  présenté,  d'une  manière  du  reste  hypo- 
thétique, comme  mérovingien  (pi.  Vil,  fig.  4),  il  est  bien  vrai  que 


(*)  Turaulus  de  Bartlow-Hills  iArchœologia,  XV,  p.  6;  Id.  de  Seron  {Ànn.  de  la 
Soc.  archéol.  de  Namur,  IV,  p.  18)  ;  Cimetières  de  Flavion  (Ibid.,  VU,  p.  3i;  et  de 
la  Molte-ie-Comte  [Ibid.,  VII,  p  4H;  comp.  X,  pp.  163  et  171,  tic.) 


—  492  — 

l'on  peut  difficilement  citer  un  analogue  de  l'époque  romaine; 
mais  l'objet  ne  porte  aucune  des  incrustations  en  pâtes  cloison- 
nées, etc.,  qui  caractérisent  les  objets  franks.  Cet  ornement 
est  un  bouton  en  os  ou  en  ivoire  percé  de  clous  en  bronze, 
ceux-ci  sortant  d'une  petite  rondelle  qui  semble  d'argent. 

99  Juin,  trouvaille  à  l^ôO  du  sol,  dans  la  fouille  B,  des  objets 
suivants  :  1°  fragment  du  fond  d"un  vase,  à  l'intérieur  duquel  il 
y  a  un  sigle  dans  un  cercle  un  peu  plus  grand  qu'un  franc;  il  me 
semble  lire  AGisiLLvs;2"pièce  de  monnaie  romaine  (de Domitien?) 
en  bronze,  du  module  d'un  Iranc  ;  l'effigie  me  paraît  celle 
d'une  femme  ;  3"  morceau  de  verre  irisé,  à  sillons,  curieux 
par  son  ornementation  et  par  son  iiisalion;  le  vase  auquel  il 
appartient  ferait  une  pièce  capitale  dans  un  musée  (il  a  été 
trouvé  dans  la  fouille  A);  4"  monnaie  de  bronze  (c'est  un 
double  liard  d'Ernest  de  Bavière);  5"  bord  d'amphore  avec 
la  marque  mal  imprimée  vhira,  et  6"  petite  pièce  de  mon- 
naie très-lisse  et  très-mince,  de  la  grandeur  d'un  demi-franc. 

On  conserve  ci-dessus  la  mention  d'une  monnaie  moderne 
trouvée  assez  profondément  on  terre  (et  il  y  en  a  eu  plusieurs) 
pour  montrer  qu'il  faut  ne  pas  attribuer  une  valeur  trop  absolue 
aux  monnaies  provenant  de  subslructions  :  il  se  peut,  en 
effet,  que  des  monnaies  même  romaines  nient  été,  par  suite  de 
l'une  ou  de  l'autre  circonstance,  enfouies  dans  le  sol  qui  contient 
les  ruines,  à  une  époque  postérieure  à  la  destruction  des 
édifices. 

La  marque  de  «  tèie  «  (et  non  d'amphore)  dont  il  s'agit  en 
dernier  lieu,  doit  être  lue  viiniiA  ^la  troisième  lettre  et  la  qua- 
trième en  monogramme). 

Celte  marque,  qu'il  est  difficile  d'expliquer,  est  essentiellement 
belge  ;  on  l'a  rencontrée  sur  t"Ul  le  parcours  de  la  grande 
chaussée  romaine  qui  traverse  le  pays,  depuis  Bavay  jusqu'au- 


493 


delà  de  Maestricht  (^),  à  peu  près  aussi  abondamment  que  la 
marque  du  potier  Brariat. 

La  marque  vh(hr)a  a  éié  trouvée  dans  les  villas  de  Walsbetz 
et  de  Meerssen  quo  l'on  suppose  avoir  été  détruites  sous  le 
règne  de  Marc-Aurèle  au  plus  tard  (^). 

Le  potier  Agisillus  ou  Agisilias,  dont  les  produits  ont  été  dé- 
couverts à  Flavion  (^),  en  un  cimetière  où  la  série  des  mon- 
naies découvertes  s'arrête  h  la  même  époque  (*),  doit  également 
avoir  appartenu  au  IP  siècle  de  l'ère  chrétienne,  si  pas  au  V'; 
la  marque  agisillvs,  de  Jupille,  se  distingue  par  la  forme 
archaïque  des  ll,  ce  qui  est  encore  un  indice  à  l'appui  de  la  date 
indiquée. 

«K  juin,  on  trouve  une  tuile  marquée  mir  ;  c'est  la  première 
(découverte  au  moment  de  clôturer  les  fouilles). 

Vérification  faite,  il  y  a  identité  entre  ce  sigle  et  celui  qui  a 
été  découvert  au  Steenbosch  à  Fouron-le-Comte  et  au  Herken- 
berg  à  Meerssen (^),  et  où  Ton  a  lu  soit  MiF,soit  M(HF),(les  deux 
dernières  lettres  en  monogramme).  Si  l'on  en  croit  le  témoi- 
gnage des  monnaies  exhumées  à  Fouron  et  à  Meerssen,  la  des- 
truction des  établissements  romains  de  ces  localités  aurait  eu 
lieu  sous  le  règne  de  Marc-Aurèle  :  le  tuilier,  dont  la  marque 
s'est  révélée  h  Jupille,  aurait  donc  exercé  son  industrie  au  11^ 
siècle  de  l'ère  chrétienne  et  peut-être  même,  mais  moins  vrai- 
semblablement, au  !'■'. 

Celte  marque  se  trouvait  déjà  en  un  autre  échantillon  de 
tuile  au  musée  de  Liège;  elle  provient  sans  doute  d'un  envoi 


(')  Sif/les  figulim,  l.  cit.,  p.  267,  n»  5685. 

(*)   Bull,  des  Comm.   roy.  d'art  et  d'archéol.,  V,  p.  505;  VI,  p.  284,  etc. 

(*)  Siglesfigulins,  p.  38,  n»  -143. 

(*)  Anti.  de  la  Société  archéol.  de  Namur,  VII,  p.  31  ;  X,  p.  \1\. 

['■')  Di:l  Vaux  de  Fouron,  la  villa  du  Sieenboach,  p.  17  ;  Catalogue  du  Musée  de 
Bruxelles,  par  Schayes,  no  290,  par  Juste  DD.,28  li  ;  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et 
d'archéoL,  VI,  p.  272;  Sigles  ftgulms,  1.  cit..  n^s  3567,  3568  et  3586  (où  (mh  F 
doit  peut-être  être  corrigé  m(hf).  Voir  aussi  Bull.  Inst.  archéol.  liég.,  VIII,  31. 


—  494  — 

qu'y  a  fait  le  gouvernement  des  doubles  décombres  à  "Fouroii- 
le-Comte. 

Voici  enfin  quelques  objets  remarqués  au  Musée  de  Liège, 
parmi  les  débris  produits  par  les  fouilles  de  Jupilie  et  dont  la 
mention  n'a  pas  été  retrouvée  dans  les  annotations  ci-dessus 
transcrites  : 

I  '  Un  fond  de  vase  percé  de  cinq  trous. 

II  s'agit  là  sans  doute  d'un  vase  destiné  à  contenir  des  fleurs, 
et  déjù  le  Musée  de  Liège  possède  un  objet  semblable  provenant 
de  Fouron-le-Comte  ('). 

Un  fragment  semblable  a  encore  été  trouvé  dans  les  subs- 
tructions  belgo-romaines  du  Ilemelryk  à  Walsbetz  (^). 

S"*  Un  tuyau  en  os,  percé  d'un  trou  latéral,  comme  d'un  trou 
de  fliîte. 

On  a  beaucoup  discuté  sur  ce  genre  d'antiquités  qu'on  découvre 
partout  dans  les  fouilles  se  rapportant  à  l'époque  romaine;  on  y 
a  vu  des  débris  de  flûtes,  des  sifflets,  des  abaques,  des  alidades, 
des  amulettes,  des  bobines,  des  jetons  de  théâtre,  des  tessères, 
des  objets  de  jeux,  des  instruments  domestiques,  etc.;  un  savant 
qui  visitait  le  Musée  de  Namur,  y  disait  même  un  jour  que  cela 
aurait  servi  h  enrouler  des  papyrus  autour  d'une  broche  jouant 
dans  le  cylindre,  ce  qui  concorderait  avec  la  description  du 
volumen  par  Catulle.... 

La  véritable  destination  de  ces  cylindres,  dont  l'intérieur 
n'est  pas  évidécirculairemeni,commeilconviendi'ait  à  plusieurs 
des  destinatioiîs  ci-dessus,  a  été  révélée  h  3L  Fiorelli,  le  direc- 
teur des  fouilles  de  Pompéï  (^),  par  son  ingénieux  procédé  qui 
consiste  à  couler  du  plâtre  dans  les  cavités  faites  dans  la  cendre 
coagulée  par  la  consommation  de  certaines  matières  :  il  a  ainsi 
découvert  que  ces  tuyaux  cylindriques  étaient  des  parties  d'un 
mécanisme,  faisant  fonction  de  charnières  à  des  meubles, 
cofl'rets,  etc 


('     Dull.  des  Comm.  roy.  d'art  ci  d'archéoi,  V,  p.  448,  n»  xxviii. 

■»)  Ibid.,  pi.  VI,  fig.  30. 

(*)  Scavi  di  Pompei,  XIII  (186:2),  p.  6.  Voir  ce  qu'en  dit  M.  le  chanoin»  Des- 
NûYERS  dans  le  Bullciin  monumental,  1872,  p.  228.  (Arl.  reproduit  par  \b  Journal 
des  beaux-artx,  de  M.  Siret,  même  année.) 


495 


On  a  trouvé,  en  plusieurs  endroits  de  Belgique,  de  semblables 
tuyaux,  toujours  à  l'occasion  de  fouilles  se  rapportant  à  l'époque 
romaine  (  '). 


CONCLUSION. 

Certains  points  de  repère  permettent  de  déterminer  l'époque 
probable  où  exista  la  bourgade  romaine  de  Jupille. 

Différentes  marques  de  tuiles,  de  poteries  grossières  (tèles) 
et  même  de  poteries  fines,  ont  été  trouvées  dans  les  ruines,  et 
il  y  a  concordance  entre  plusieurs  d'entre  elles,  pour  faire 
remonter  au  moins  au  11^  siècle  de  l'ère  chrétienne  l'époque 
où  l'établissement  fut  érigé  ;  le  tuilier  m(hf),  les  fabricants  de 
poteries  grossières  vh(hr)a,  bkariatvs,  et  de  poteries  fines 
vmiLis,  AGisiLLVs, si  réellement  ils  appartenaient  au  II'  siècle  au 
plus  tard,  n'ont  guère  pu  approvisionner  que  des  contemporains. 

D'un  autre  côté,  les  poteries  noires  à  ornements  blancs,  les 
monnaies  de  Gordien,  etc.,  rapprochent  de  nous  l'époque  où 
l'établissement  de  Jupille  était  encore  habité. 

De  là  une  conséquence  bien  formelle  :  l'établissement  de  la 
bourgade  date  au  moins  du  IP  siècle,  ce  qui  donne  un  démenti 
à  la  tradition  concernant  la  fondation  par  Dioclétien  ;  ensuite, 
en  supposant  comme  établi  que  les  villas  romaines  éparses  dans 
les  campagnes  traversées  par  la  grande  chaussée  romaine  de 
Cologne,  aient  été  réellement  dévastées  lors  de  l'invasion  des 
Chauques  vers  la  fin  du  II'"  siècle,  il  esl  incontestable  que 
l'établissement  de  Jupille  a  échappé  aux  ravages  du  torrent 
barbare,  de  même  que  certaines  villas  de  la  province  de  Na- 
mur,  du  Hainaut,  etc. 

(  '}  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archiol.,  III,  p.  337  ;  IV,  386. 


-  496  — 

L'établissement  romain  aurait-il  subsisté  jusqu'au  commen- 
cement du  moyen  âge  et  aurait-il  attiré  à  Jupille  les  Franks  qui, 
comme  on  le  sait,  se  complaisaient  dans  les  résidences  romaines 
abandonnées  ? 

Malgré  l'absence  de  tout  débris  frank,  on  a  soutenu  un  sys- 
tème pareil  à  propos  des  ruines  romaines  du  Steenbosch  à 
Fouron  (*),  prétenduement  transformées  en  palais  frank  (Furo- 
nis). 

Peut-être  l'absence  de  tout  reste  de  la  civilisation  franke  est- 
elle  due  à  la  circonstance  que  dès  le  moyen  âge  l'emplacement 
fouillé  en  1872,  aurait  servi  de  cimetière  ;  c'est  possible  ;  mais 
il  est  à  remarquer  que  les  corps  retrouvés  n'étaient  accom- 
pagnés d'aucun  des  indices  si  bien  connus  depuis  les  recherches 
de  l'abbé  Cochet. 

Les  recherches  ultérieures  feront-elles  retrouver  à  Jupille 
l'élément  frank,  c'est  fort  probable  ;  mais  jusqu'à  présent,  les 
fouilles  ne  l'ont  pas  révélé.  S. 

P.  S.  Les  monnaies  frustes  dont  il  a  été  parlé  ci-dessus, 
sont  un  Tibère  (?),  avec  l'autel  de  Lyon,  et  l'exergue  rom  et 
AVG  (qu'on  ne  lit  sur  les  monnaies  que  depuis  Auguste  jusqu'à 
Néron  );  un  Domitien  (?),  et  un  Commode. 

La  pièce  ivlia  maesa  avg,  avec  le  revers  pvdicitia,  a  été  bien 
lue  (Cohen,  III,  p.  559,  n»  14!. 

L'espace  de  temps  parcouru  par  ces  monnaies  est  (comme 
pour  celles  de  M.  le  curé  Bosard)  des  trois  premiers  siècles,  ce 
qui  concorde  avec  la  conclusion  de  l'article. 

(*)  Delvaux,  p.  10. 


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DECOUVERTE    D'UN    CIMETIERE 

A   BAS-OHA. 


Bas-Oha,  4  août  1873 


Monsieur, 


Les  rapports  que  j'ai  eu  occasion  de  lire  dans  les  journaux  sur 
la  découverte  d'un  ancien  cimetière  à  Bas-Oha,  dans  le  courant 
de  l'année  1871 ,  m'ont  paru  si  incomplets  que  je  prends  la  liberté 
de  vous  écrire  pour  vous  donner  tous  les  renseignements  que 
j'ai  recueillis  k  cette  époque.  Les  voici  : 

En  creusant  les  fondations  d'une  maison  ii  trente  mètres  de  la 
Meuse,  dans  un  terrain  d'alluvion  qui  est  inondé  à  peu  près 
chaque  année  lors  de  la  débâcle  des  glaces,  on  est  tombé,  à  un 
mètre  de  profondeur,  sur  un  ancien  cimetière  que  je  crois 
germano-romain  (Tongrois),  vu  la  date  des  rnonnaies  romaines 
qu'on  y  a  trouvées. 

Les  squelettes  tombaient  à  peu  près  tous  en  pièces  au  moindre 
choc;  ils  étaient  couchés  sur  le  dos,  ayant  sous  la  tète  une 
pierre  calcaire  brute,  les  bras  le  long  du  corps,  les  genoux 
fléchis,  le  vis^ige  tourné  à  droite  ou  à  gauche,  ou  de  face, 
maçonnés  dans  des  loges  contiguës  de  pierres  brutes  calcaires 
et  de  débris  de  tuiles  romaines;  ils  avaient  les  pieds  au  levant, 
la  tête  au  couchant,  et  étaient  sur  plusieurs  lignes. 

J'y  ai  recueilli  deux  crânes,  dont  l'un  parfaitement  conservé  ; 
l'autre,  tombant  en  morceaux,  est  remarquable,  ce  me  semble, 
par  le  peu  de  hauteur  du  front;  deux  tibias  d'environ  45  centi- 
mètres de  longueur;  plusieurs  mâchoires.  Ces  objets  pourraient 
peut-être  trouver  place  dans  une  collection  ethnologique,  peut- 
être  même  au  Musée  archéologique.  Si  vous  les  désirez,  je  les 
tiens  II  votre  disposition. 

Outre  les  quelques  monnaies  romaines  dont  je  parlerai  plus 
loin,  les  seuls  objets  qu'on  ait  trouvés  sont  des  débris  d'un  vase 
d'une  forme  fort  élégante  d'une  terre  rougeâtre  très-fine,  dont 
je  ne  connais  pas  de  pareille  ici,  recouvert  d'une  couleur  ver- 


—  498  — 

millon,  orné  d'une  tête  de  chauve-souris  en  relief;  des  débris 
de  vases  d'une  terre  grossière,  extrêmement  grands;  une  dent 
d'animal  percée  au  travers  comme  pour  servir  d'aiguille;  enfin 
un  instrument  en  fer  ayant  la  forme  de  la  hache  d'une  hallebarde. 
Je  dois  ajouter  que  rien  ne  recouvrait  les  squelettes,  sinon  la 
terre  végétale;  rien  n'indiquait  non  plus  qu'on  eût  fait  usage  de 
cercueils,  et  le  peu  de  profondeur  à  laquelle  ils  se  trouvaient, 
démontrait  que  depuis  1600  ans  les  atterrissements  de  laMeuse 
avaient  été  insignitlanls. 

Les  monnaies  qu'on  a  trouvées  sont  : 

1"  A  deux  mètres  de  profondeur,  soit  un  mètre  en  dessous 
des  squelettes,  un  bronze,  tête  laurée,  imberbe  :  caesar  po^T. 
MAX.  Sur  la  joue  se  trouvent  frappées  les  trois  lettres  avg.  Au 
revers,  on  ne  distingue  que  les  mots  rom.  et  avg. 

Parmi  les  squelettes,  mais  éparpillées,  les  monnaies  sui- 
vantes : 

2"TRAJAN.  Grand  bronze  parfaitement  conservé.  Tête  laurée  de 
l'empereur,  lmp.  caes.  trajano.  optimo.  aug.  ger.  uag.  p.  m.  tr.... 
Revers,  femme  assise  tenant  la  corne  d'abondance  de  la  main 
gauche,  de  la  droite  un  gouvernail,  sénat  us  populus que  romanus... 
Exergue  :  rom.  red. 

3°  vespasien.  Bronze  moyen.  Revers,  femme  assise  au  pied 
d'un  palmier.  Inscription  fruste,  probablement  judia  capta. 

4°  HADRIEN.  Un  petit  bronze  fruste. 

5"  Id.  Un  grand  bronze  du  même  bien  conservé,  hadrianus 
augustus.  Revers,  gueri'ier  tenant  de  la  main  gauche  la  corne 
d'abondance,  sur  lu  paume  delà  main  droite,  la  victoire,  coss.  ni. 

6"  Enfin  un  grand  bronze  dont  l'inscription  est  dillicile  à  lire, 
mais  la  ligure  nie  paraît  être  celle  de  Commode. 

Croyant  que  la  manière  dont  ces  squelettes  étaient  enterrés 
pourra  faire  connaître  la  race  à  laquelle  ils  appartenaient,  j'ai 
cru  pouvoir  me  permettre  de  vous  la  décrire. 

J'ai  l'hoimeur  d'être,  Monsieur,  votre  dévoué  serviteur, 

bD.  WooT  DE  Trixhe, 

Conseiller  communal. 


LISTE 


DES 


SOCIÉTÉS  OU  DES  PUBLICATIONS 

AVEC   LESQUELLES 

L'INSTITUT  ÉCHANGE  SES  BULLETINS. 


§  1.  be:i:.giqui$. 

PROVINCE    D'ANVERS. 

Anvers.  Académie  d'archéologie  de  Belgique. 

PROVINCE  DE  BRADANT. 

Bruxelles.  Académie  royale  des  sciences,  des  lettres  et  des  beaux- 
arts  de  Belgique. 

»  Commission  royale  d'art  et  d'archéologie. 

»  Commission  royale  pour  la  publication  des  anciennes 

lois  et  ordonnances  de  la  Belgique. 

»  Bévue  de  la  numismatique  belge. 

»  ÀJinales  des  travaux  publics  de  Belgique. 

»  Bévue  de  Belgique- 

»  Journal  de  Vituprimerie  et  de  la  librairie  en  Belgique. 

LouvAiN.  Analectes  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  la 
Belgique. 


_  goo  - 

PROVINCE  DE  FLANDRE  OCCIDENTALE. 

Bruges.  Société  d'émulation  pour  U étude  de  f histoire  et  des  anti- 
quités de  la  Flandre. 
»      Le  Beffroi.  Arts  héraldiques,  archéologie. 

Ypres.   Société  historique,  archéologique  et  littéraire  de  la  ville 
d'Ypres  et  de  V ancienne  W est-Flandre. 

PROVINCE  DE  FLANDRE  ORIENTALE. 

Gand.  Messager  des  sciences  historiques. 
»      Inscriptions  funéraires  et  monumentales  de  la  province  de 
la  Flandre  Orientale. 
S'-NicoLAS.  Cercle  archéologique  du  pays  de  Waes. 

PROVINCE  DE  HAINAUT. 

MoNS.  Société  des  sciences,  des  lettres  et  des  arts  du  Hainaut. 

))      Cercle  archéologique. 
Tournai.  Société  historique  et  littéraire. 
Charleroi.  Société  paléontologique  et  archéologique. 

PROVINCE  DE  LIEGE. 

Liège.  Société  libre  d'émulatioîi. 

ï>     Société  liégeoise  de  littérature  ivallonne. 
»      Société  de  r union  des  artistes. 

PROVINCE  DE  LIMBOURG. 

Hasselt.  Société  chorale  et  littéraire  des  mélophiles. 
ToNGRES.  Société  scientifique  et  littéraire  du  Limbourg. 

PROVINCE  DE  LUXEMBOURG. 

Arlon.  Institut  archéologique  de  la  province  de  Luxembourg. 

PROVINCE  DE  NAMUR. 

Namur.  Société  archéologique. 


—  501  — 

Amiens.  Société  des  antiquaires  de  Picardie. 
AuxERRE.  Société  des  sciences  historiques  et  naturelles  de  rVoiine. 
AvESNEs.  Société  archéologique  de  r arrondissement. 
Dl'nkerque.  Société  dunkerquoisepour  f  encouragement  des  sciences, 

des  lettres  et  des  arts. 
Nancy.  Académie  de  Stanislas. 
Orléans.  Société  archéologique  de  VOrléanais. 
Paris.  Société  nationale  des  antiquaires  de  France. 

»      Institut  de  France. 

»      L'Institut,  journal  universel  des  sciences  et  des  sociétés 
savantes  en  France  et  à  l'étranger. 

»      Société  de  l'histoire  de  France.  % 

S'-Omer.  Société  des  antiquaires  de  la  Morinie. 
Toulouse.  Société  archéologique  du  Midi  de  la  France. 

Leiden.   Société  littéraire  néerlandaise.    (Maatschappij   der 

Nederlandsche  letterkunde.) 
Luxemrourg.  Institut  royal  Grand-Ducal  du  Luxembourg. 
Maestricht.  Société  historique  et  archéologique  dans  le  duché  de 

Limbourg. 
Utrecht.  Société  historique.  {Historisch  genootschap .) 

§    4.    SUÈDE    et    IVOUVÈGE. 

Christiana.  (Kristiana.)  Université  royale  de  Norvège.  (Kongl. 

Norske  Universitet.) 
Stockholm.  Académie  royale  d'archéologie  du  royaume  de  Suède. 

(Kongl.  Vitterhets  Historié  och  Antiqui- 

tets   Akademiens.) 


—  502  — 

CopENHAGLE.  (KjOBENHAVEN.)  Société  Toyole  des  antiquaires  du 
Nord. 

St-PÉTERSBOURG.  Commission  impériale  d'archéologie. 

§    T.    I»ItUSSE     '  SCHLïKS"WIG-HOLSTEIJV). 

KiEL.  Société  pour  la  réunion  et  la  conservation  des  antiquités 
nationales.  [Vorstandes  der  Schleswig-Holstein, 
Laiienburgischen  Gesellschaft  fiir  die  Samm- 
lung  und  Erlialtung  vaterlàndischer  Alter- 
thumer .) 

§  s.  pruisse:    (H^ivovre:). 

Hanovre.  (H  an  no  ver.)  Société  historique  de  la  Basse-Saxe. 

{Historische  Verein  fur  Niedersachsen.) 
LuNEBURG.  Société  des  antiquités.  [Alterthums  Vereine.) 

§    9.    PRUSSE. 

Bonn.  Société  des  antiquaires  du   lihin.  (Verein  von  Alter- 

thumsfreunde  in  Rheinlande.) 
GÔRLiTZ.  Société  des  sciences  de  la  Haute-Lusace.  [Oberlausit- 

zischen  Gesellschaft  der  Wissenschaften.) 
Mayence.  (Mainz.)  Société  pour  la  recherche  de  l'histoire  et  des 

antiquités  du  niiin.  {Verein  zûr  Erforschung  der 

rheinischen  Geschichte  und  A  llerthumer .) 
Stettin.   Société   d'histoire  et  d'archéologie  de  la   Poméranie. 
(Gesellschaft   fur    Pommersche   Geschichte 
und  A  Iterthumskunde .) 


-  503  — 

Trêves.  (Trier.)  Société  pour  les  recherches  utiles.  [Gesells- 

chaft  fur  nutzliche  Erforschungen.) 
WERNitERODE.  Société  (l'histoire  et  d'archéologie  du  liarz.  [liarz- 
Vereiîi  fur  Geschichte   und  Alterlhums- 
kunde .) 

§    lO.    MECKLrlEIVBOUIlG. 

ScHWERiN.  Société  dliistoire  et  d'archéologie  du  Mecklenbourg. 
{Verein  fur  M ecklenburgische  Geschichte 
und  Alterth ums  kunde  .) 

§   11.  @a.3ile:. 

Dresde.  Société  pour  la  recherche  et  la  conservation  des  antiquités 
nationales.  {Kôniyl.  Sdchs- Verein  fur  Erfor- 
schung  und  Erhaltung  der  vaterlàndischen 
Alterthiimer .) 

§     1«.     WURXEMBEÏIG. 

LiNDAU.  Société  pour  l'histoire  du  lac  de  Constance  et  de  ses  envi- 
rons. {Verein  fur  Geschichte  des  Bodensee's 
und  seine  Umgebung.) 
Stuttgart.  Société  des  antiquités  du  Wurtemberg.   {Wûrtem- 

burgisches  Aller thums-  Verein.) 
Ulm.  Société  des  arts  et  des  antiquités  d'Ulm  et  de  la  Haute- 
Souabe.  (Verein   fiir  Kunste  und  Alterlhum  in 
Ulm  und  Oberschwaben .) 

§     13.     Bil^VIÊRE:. 

Munich.  (Mùnchen.)  Société  historique  de  et  pour  la  Haute- 
Bavière.  {Historischer  Verein  von  und  fur 
Oberbayern.  ') 

Ratisbonne.  (Regensburg.)  Société  historique  du  Haut-Pala- 
tinat  et  de  Ratisbonne.  (Historischer  Verein 
von   Oberpfalz  und  Regensburg.) 


-  504  — 

§    14..     A.Ult&lCUE. 

GitATz.  Société  historique  pour  la  Styrie.  {Historische  Verein 

fur  Steiermark .) 
Vienne.  (Wien.)   Société  anthropologique.  {Ànthropolog'is- 

chen   Gesellschaft .) 

§    1».     AUXItBCHJi:     (HOl^GRIE). 

Agram.  (Z  agre  bu  .  )  Société  pour  lliistoire  slave  et  les  antiquités. 
{Gesellschaft  fur  sudslavische  Geschichte 
und  Aller l humer .) 

§    IC.     KSÏ*AGrVE. 

Valence.  (Valencia.)  Société  archéologique.  {Sociedad  ar- 
queologica.) 
{B  oie  tin  nu  m  ism  a  t  ico .  ) 

Washington,   Institution  smthsonienne.  {Smitsonian   insti- 
tution.) 


BIBLIOTHÈQUES  QUI   REÇOIVEHT  LES  BULLETINS, 


S.  M.  le  Roi. 
Bibliothèque  royale. 
Archives  générales  du  royaume. 
Bibliothèque  centrale  du  Ministère  de  l'intérieur. 
Commission  royale  des  monuments. 
Ribliothèque  du  musée  d'antiquités,  d'armures,  etc. 
Bibliothèque  de  l'Université  de  Liège. 
Id.  id.        de  Gand. 

Id.  id.        de  Louvain. 

Bibliothèque  publique  d'Anvers. 

Id.  de  Bruges. 

Id.  de  Namur. 

Id.  de  Mons. 

Id.  de  Malines. 

Id.  de  Tournai. 

Id.  d'Ypres. 

Id.  de  Courtrai. 

Id.  d'Audenaerde. 

Id.  d'Arlon. 

Id.  d'Ath. 

Id.  de  Verviers. 

Id.  de  Chimay. 

Id.  de  Termonde. 

Id.  de  Hasselt. 

Id.  de  Furnes. 

Ministrre  de  l'intérieur  (6  exemplaires). 
Bibliothèque  du  Ministère  de  la  justice. 

Id.         de  ht  Chambre  des  représentants. 
Id.  populaire  de  Liège. 

Archives  provinciales  à  Liège, 
Conseil  provincial  de  Liège. 


TABLE   DES  MATIÈRES 


DU  Xle  VOLUME. 


Pages. 

Statuts  constitutifs 

Tableau  des  membres vin 

Sur  Albdron  II,  évêque  de  Liège,  par  Goffinet 1 

Analyse  du  cartuiaire  de  l'abbaye  de  Herckenrode  (fin),  par  J.  Daris     ...  19 

Rapport  sur  les  fouilles  de  Landen,  par  G.  Lefèvre i07 

La  table  carrée  et  la  commune  Orange,  par  S -122 

La  nécrologie  étrangère,  à  Spa,  par  A.  Body 135 

Examen  critique  de  la  vie  d'Odile  et  de  Jean,  son  fils,  par  J.  Daris.     .     .     .  1S3 

Documents  inédits  sur  la  haute  avouerie  de  Hesbaye,  par  E.  PoswiCK   .     .      .  189 

Charles-Quint  à  Liège  (1520  et  13441,  par  J.  Mathieu 201 

Le  collège  des  Frères  Hyéronymites,  à  Liège,  par  J.  Daris 223 

L'hôpital  de  S.  Mathieu  à  la  Chaîne,  par  J.  Daris 233 

Louis  XIV  et  le  marquisat  de  Franchimont,  par  Ph.  de  Limbourg     ....  240 

Le  comté  de  Moha,  par  J.  Daris 259 

Les  Alexiens  à  Liège,  par  J.  Daris 273 

La  seigneurie  de  Marchin,  par  E.  Schoolmeesters 283 

Lettre  de  Charles  van  llullhem  sur  les  anciennes  tapisseries,  par  D.  van  de 

Casteele 359 

Notice  sur  l'église  primaire  de  S'-Barthélemi  à  Liège,  par  E.  Thys   ....  367 
Un  détail  touchant  la  bataille  d'Othèe  ou  les  droits  d'accises  d'Alost,par  D.  VAN 

DE  Casteele 427 

La  chasse  de  Visé,  par  Ed.  Lavalleye 435 

Notes  relatives  aux  comtes  de  Lamarck,  etc.,  par  C.  de  Borman 457 

Une  visite  de  Louis  XIV  à  Liège  en  1672,  par  Fabry-Rossius 463 

Fouilles  faites  à  Jupille,   près  de  Liège,  par  S 469 

Découverte  de  tombeaux  à  Bas-Oha,  par  WooT  de  Trixhe 497 


—  508  — 

PLANCHES. 

Planche        I.  Extrait  du  plan  cadastral  du  Betzveld,  a  Landen.     .  H4 
»            H.  Plan  figuratif  des   substructions  belgo-romaines  du 

Betzveld,  à  Landen \\q 

»           in.  Eglise  S.  Barthélémy  (côté  nord)  en  1570     ...  367 
»           IV.                Id.              Projet  de  restauration  de  l'abside 

occidentale  et  des  clochers 373 

»             V.  Tombe  de  Godescalc  de  Morialmé  à  S.  Barthélémy  .  387 

»            VI.  La  chasse  de  Visé 443 

»          VII.  Plan  du  plateau  dit  Gîtle-Coq,  à  Jupille    ....  469 

»         VIII.  Bronzes  et  poteries             id.              496 

»            IX.  Mosaïque              id.              49(j 


lletm   de  l  Institut    Archéologique  Liégeois 


Tom.  X.     Pag-   227. 


A.Bindels    del  ■'L  lah 


STATUETTE    EN    BRONZE 

DU     MUSEE     DE     L'INSTIT'JT  ARGHE  OLO  G-IOUE 

LIEGEOIS 


Notice      de      EUGENE  M  ODOGNEE 


RAPPORT 


présenté  à.  l'Institut  archéologique  liégeois   sur  les  travaux 
de  la  Société  pendant  l'année  1373, 


Messieurs, 

Je  dois  à  une  circonstance  que  nous  déplorons  tous 
de  prendre  aujourd'hui  la  parole  devant  vous.  Le 
départ  de  Monsieur  S.  Bormans  laisse  un  grand  vide 
parmi  nous.  Vous  avez  bien  voulu  m'appeler  à  le 
remplacer;  j'ai  dû  accepter,  bien  malgré  moi,  les 
fonctions  de  secrétaire,  et  depuis  ma  nomination,  je 
me  suis  attaché  à  me  rendre  digne  de  cette  faveur. 

Je  vais  donc  tacher  de  vous  rendre  compte  de  ce 
qui  s'est  passé  d'important  dans  notre  Société  pen- 
dant l'année  écoulée.  Si  je  pèche  par  la  forme,  je 
vous  prierai  de  m'excuser  :  j'y  mettrai  au  moins  toute 
l'exactitude  possible. 

Un  fait  important  s'est  produit  cette  année,  c'est 
l'installation  de  nos  collections  dans  un  local  définitif. 
Nous  n'avons  donc  plus  de  récriminations  à  faire 
entendre  de  ce  chef.  Mais  n'anticipons  pas,  et  procé- 
dons par  chapitre  comme  les  années  précédentes. 


—  138  — 
Finances. 

Voici  la  note  qui  m'a  été  remise  par  notre  tréso- 
rier, Monsieur  le  docteur  Alexandre  : 

Recettes. 

En  caisse  au  1"  janvier  1875 997-50 

Subside  ordinaire  de  l'Etat 500-00 

Sec^ond  subside  de  l'Etat 100-00 

Subside  de  la  Province 500-00 

Produit  des  annuités 400-00 

Total.     .     fr.     2,557-50 

Dépenses. 

Fouilles  et  accessoires 501-40 

Achats  pour  le  Musée 28-00 

Lithographies  et  gravures 161-50 

Impressions 425-00 

Arrangement  des  pierres  et  installation  du  Musée     ....  452-25 

Local  et  matériel  du  Musée 46-57 

Frais  de  Bureau  et  expédition  de  la  livr.  2  du  tome  XI,  etc.     .  94-40 

Dépenses  diverses 19-30 

Total.     .     fr.     1,728-42 
Reste  en  caisse  au  1"  janvier  1874.     .     .     .     fr.        829-08 

Local. 

Enfin,  grâce  à  la  munificence  du  gouvernement, 
nos  collections  sont  casées  d'une  manière  convenable 
et  il  faut  l'espérer,  définitive.  Pia})pelez-vous  en 
effet.  Messieurs,  que  déjà  dans  son  rapport  de  1865, 
votre  secrétaire  vous  disait  :  «  Après  quatre  cliange- 
»  ments  successifs  opérés  laborieusement,  au  grand 
«  détriment  de   ses  collections,    l'Institut   a  enfin 


—  139  — 

»  obtenu ,    pour  y    établir    son   Musée ,  un   local 
»  définitif.  » 

On  ne  se  doutait  pas  alors  qu'il  serait  encore  surve- 
nu un  cinquième  déménagement,  et  enfin  un  sixième 
qui  a  été  opéré  cette  année.  Espérons  que  ce  sera  le 
dernier. 

C'est  parmi  les  locaux  du  Palais  de  justice,  an- 
cienne résidence  des  princes-évêques  <le  Liège,  que 
nous  avons  pu  obtenir  place  pour  nos  antiquités.  Ce 
monument  convient  d'ailleurs  parfaitement,  par  son 
architecture,  à  une  exhibition  archéologique. 

D'abord  la  seconde  cour  de  ce  Palais,  qui  a  50 
mètres  de  long  sur  42  de  large,  transformée  en  square, 
avec  un  immense  bassin  au  milieu,  a  reçu  nos  plus 
lourdes  pierres,  débris  d'anciens  édifices,  fontaines, 
pierres  tombales,  etc.  Une  galerie  couverte,  formant 
un  des  côtés  de  cette  cour,  abrite  les  pierres  qui  ne 
peuvent  pas  rester  exposées  à  la  pluie. 

On  parviendra  à  cette  cour,  qui  se  trouve  à  la  hau- 
teur du  l'"'  étage  de  Faite  du  Palais  que  nous  occu- 
pons, par  un  grand  escalier  qui  aura  son  entrée 
dans  la  rue  Ste-Ursule. 

Le  même  escalier  conduira  au  S™*"  étage  de  cette 
aile,  où  se  trouve  notre  Musée. 

Arrivé  au  dernier  palier,  on  pénètre  d'abord  dans 
une  espèce  d'anti-chambre  ;  on  a  devant  soi  une 
porte  qui  conduit  à  un  escalier  de  quelques  marches 
par  lequel  on  descend  dans  une  grande  galerie  de 
51  mètres  de  long  sur  5  mètres  de  large.  Dans  cette 


—  140   - 

galerie  se  trouvent  encore  des  débris  de  monuments 
que  l'on  ne  peut  pas  laisser  en  plein  air,  des  lïiou- 
lages  en  plâtre  de  chapiteaux,  corniches,  ornements, 
etc.  A  droite,  sont  les  débris  romains,  à  gauche  ceux 
du  moyen-âge. 

En  remontant  les  quelques  marches  que  l'on  a 
descendu,  la  porte  de  gauche  dans  le  corridor  est 
celle  d'une  salle  de  22  mètres  de  long  sur  7  mètres 
70  cent,  de  large,  éclairée  par  le  haut,  ayant  au 
milieu  une  grande  table  de  14  mètres  de  long  sur 
2  mètres  70  cent,  de  large  et  autour  de  laquelle  sont 
des  armoires  vitrées.  Cette  salle  renferme  les  anti- 
quités préhistoriques,  égyptiemies,  italo-grecques, 
romaines  et  franques.  Ces  trois  dernières  dénomi- 
nations comprennent  les  vases  en  poterie  et  en  verre, 
les  objets  en  bronze  et  en  fer,  etc.  La  porte  de 
droite  dans  le  corridor  conduit  à  une  autre  grande 
salle  de  16  mètres  30  cent,  de  long  sur  7  mètres  70 
cent,  de  large,  aussi  éclairée  par  le  haut  et  ayant 
aussi  une  grande  table  au  milieu.  Autour  de  cette 
salle  destinée  au  moijen-âge,  sont  les  meubles,  ba- 
huts, chaises,  statues  de  saints,  bas-reliefs  en  bois, 
poteries,  vitraux  coloriés,  etc. 

Au  fond  de  cette  salle  est  l'entrée  d'une  autre  petite 
salle  de  7  mètres  70  cent,  sur  6  mètres  10  cent.,  des- 
tinée à  la  bibliothèque  et  aux  réunions. 

De  cette  petite  salle,  on  communique  d'un  côté  à  la 
grande  galerie  dont  il  a  déjà  été  question  et  de 
l'autre  à  un  petit  grenier  et  puis  à  un  plus  grand  où 


—  141  — 

l'on  dépose  les  objets  incomplets  ou  qui  ne  sont  pas 
dignes  d'être  montrés  au  public. 

Malgré  ce  luxe  de  locaux,  il  manque  encore  cepen- 
dant une  galerie  où  seraient  exposées  les  armures  de 
toutes  les  époques,  armes,  etc.,  dont  nous  possédons 
déjà  un  petit  nombre,  et  qui  afflueront  sans  aucun 
doute,  quand  on  saura  qu'il  y  a,  à  Liège,  un  Musée 
d'armures. 

Outre  cela,  il  nous  faut  une  salle  pour  la  partie 
ethnographique. 

Nous  pourrions  obtenir  ces  différents  locaux  au 
même  étage,  car  il  y  a  encore  quelques  greniers 
disponibles,  que  l'on  voudra  probablement  bien 
nous  accorder. 

Collections. 

Parlons  maintenant  de  la  manière  dont  la  prise  de 
possession  des  locaux  s'est  effectuée.  On  a  commencé 
par  le  classement  des  pierres  du  Musée  lapidaire. 
Ces  pierres  se  trouvaient  sous  la  galerie  de  la  2''  cour 
du  Palais  et  quelques-unes  à  l'extérieur  dans  la  S*" 
cour.  Elles  ont  été  placées  dans  les  pelouses,  le  long 
des  chemins,  et  par  ordre  chronologique.  On  avait 
commencé  à  employer  des  ouvriers  civils;  mais  on  a 
pu  avoir  ensuite  des  soldats  d'artillerie,  ce  qui  a 
notablement  diminué  la  dépense.  Cet  arrangement 
a  commencé  le  23  juillet  et  il  était  terminé  le  25 
septembre.  La  dépense  a  été  de  355  francs. 


—  142  - 

Après  cela,  il  fallait  opérer  le  déménagement  des 
objets  (meubles,  antiquités,  livres,  etc.)  qui  se  trou- 
vaient dans  un  grenier  du  Palais,  depuis  le  mois  de 
mars  1868,  ainsi  que  des  antiquités  de  Juslenville, 
etc.  déposées  dans  une  salle  des  archives.  Cette  opé- 
ration s'est  faite  au  moyen  de  soldats  d'infanterie  ; 
elle  a  commencé  le  6  octobre  et  était  terminée  le  14 
du  même  mois.  La  dépense  a  été  de  52  fr. 

Ce  déménagement  s'est  effectué  sans  accident.  Tout 
a  pu  être  retrouvé  et  classé  convenablement,  grâce 
au  soin  qu'avait  pris  notre  conservateur,  M.  le  doc- 
teur Alexandre,  de  tout  étiqueter.  Le  même  membre 
a  donc  présidé  au  transport  de  tous  les  objets  qu'il 
avait  entassés  en  1868  dans  les  greniers;  votre  secré- 
taire l'a  aidé  dans  cette  tâche,  dans  la  mesure  de  ses 
moyens. 

Le  catalogue  de  nos  richesses,  qui  a  été  dressé  en 
1864  et  1865,  est  devenu  bien  incomplet.  Il  doit  être 
entièrement  remanié.  C'est  un  rude  travail  pour  notre 
conservateur;  mais  il  saura  y  suffire. 

Le  Musée  a  encore  été  gratifié  cette  année  d'un 
assez  grand  nombre  d'objets  dûs  à  des  membres  et  à 
des  particuliers,  et  il  est  certain  que  cela  ne  fera 
qu'augmenter  lorsque  nos  salles  pourront  être  ou- 
vertes au  public.  Il  a  reçu  : 

1"  De  M.  le  Minisire  de  la  justice,  la  méilaille  commémoralivc  de  la 
«onstruction  de  la  prison  cellulaire  à  Huy. 


—  143    - 

2°  De  M.  Alb.  d'Otreppe  de  Bouvette,  conseiller  honoraire  des  mines, 
une  armure  de  chevalier,  trois  vases  romains  provenant  d'Izier  et  de 
Couthuin,  un  pupitre  à  musique,  deux  moulins  à  filer  (rouets),  un  boulet 
en  fer,  deux  lances,  quatre  briques  de  foyer,  une  petite  armoire  vitrée, 
deux  haches  en  silex,  provenant  de  Spiennes,  un  calice  en  bois. 

3°  De  M.  Fabry-Rossius,  un  vase  trouvé  à  4  mètres  de  profondeur  dans 
les  fouilles  pratiquées  dans  les  terrains  près  de  l'église  Sl-Ja^^ques,  une 
brique  de  foyer  avec  le  lion  de  Nassau,  trouvée  dans  les  démolitions  près 
delà  même  église. 

i"  De  M.  le  comte  Georges  de  Looz,  un  fragment  de  tenture  provenant 
du  château  de  HoUogne-sur-Geer,  sept  petits  objets  trouvés  dans  un 
tombeau  égyptien,  une  monnaie  de  Seplime  Sévère,  en  argent,  provenant 
des  environs  de  Liège,  un  sceau  armorié  provenant  de  Moxhe,  une  pièce 
romaine  fruste  et  un  fer  de  lance  provenant  des  ruines  de  l'ancien  château 
des  Lhonneux,  à  Atrive,  commune  d'Avin. 

5°  De  M.  Ch.  de  Thier,  conseiller  à  la  Cour  d'appel,  quatre  briques  de 
foyer. 

fi"  De  M.  le  capitaine  Dejardin,  deux  assiettes  en  faïence  avec  la  vue  du 
château  d'Aîgreraont  et  celle  du  château  d'Amsin,  tirées  des  Délices  du 
pays  de  Liège. 

7"  De  M.  Phil.  de  Limbourg,  à  Theux,  un  fragment  de  meule,  un  petit 
tesson  avec  fragment  de  sigle,  une  espèce  de  petite  auge  en  fer,  un  poêle 
formé  de  trois  plaques  en  fer,  avec  bas-reliefs,  dont  l'un  représente  la 
renommée,  un  piston  de  pompe  en  bois. 

8"  De  M.  Gust.  Magnée,  receveur  des  contributions,  à  Theux,  un  nucléus 
en  silex. 

9°  De  M.  Jos.  Doppagne,  de  Theux,  par  l'entremise  de  M.  Phil.  de  Lira- 
bourg,  les  objets  suivants  trouvés  dans  la  parcelle  n"  9H  du  cadastre  : 

Monnaies  :  deux  monnaies  romaines  en  bronze,  une  i^eiite  monnaie  en 
argent,  une  monnaie  de  Jean  de  Heinsberg  et  une  de  Jean  de  Horne,  et 
deux  liards  de  Liège. 

Argent  :  une  épingle? 

Bronze  :  deux  fibules,  dont  une  semble  avoir  été  étamée  et  émaillée, 
une  id.  sans  ardillon,  deux  ardillons  de  fibule,  une  boucle,  une  id.  sans 
ardillon,  une  petite  boucle,  un  fragment  de  cuillère,  une  épingle  à  cheveux 
en  deux  fragments,  quatre  objets  indéterminés,  un  clou. 

Un  poids  en  plomb  avec  anneau  en  fer,  pesant  G6  grammes. 


144 


Fer  :  un  fragment  de  mors,  un  double  crochet,  un  objet  indéterminé 
et  un  clou. 

Une  espèce  de  petit  disque  en  ferre  cuite  avec  une  tête  de  mort  et  deux 
os  en  sautoir,  en  relief. 

Pierre  :  uue  pointe  de  flèche  en  silex,  un  morceau  d'agalhe  polie. 

Le  même  a  donné,  provenant  de  la  parcelle  n^  1165,  section  B,  une 
monnaie  en  bronze. 

10"  De  M""*  Octavie  Dandrimont,  de  Theux,  une  fourchette  avec  manche 
en  os. 

H"  De  M.  R.  Detrembleur,  maître-maçon  à  Tiieux,  un  fer  et  un  demi- 
fer  à  cheval  provenant  de  Juslenville. 

12"  De  M.  Houbeau,  de  Theux,  deux  tètes  d'aigles  en  bronze,  avec  douille 
et  crochet,  qui  paraissent  avoir  été  emmanchées  sur  une  hampe,  et  avoir 
soutenu  soit  un  drapeau,  soit  tout  autre  objet  ;  des  tessons,  une  ferraille, 
le  tout  provenant  de  Brixi^es-Espines,  commune  de  Polleur,  et  des  fers  à 
cheval  provenant  de  Juslenville. 

15°  De  M.  Toussaint,  architecte  du  palais,  un  bac  en  pierre  avec 
armoiries  et  la  date  de  1660,  provenant  d'une  maison  de  la  rue  au  Bra, 
près  du  palais. 

14"  De  .M.  Prévôt,  entrepreneur,  une  |)ierre  avec  les  armoiries  de 
Grégoire  Lembor,  abbé  de  St-Laurenl,  qui  se  trouvait  encastrée  dans  le 
mur,  rue  Joiifosse,  démoli  pour  faire  une  percée  pour  aller  à  la  station  du 
chemin  de  fer  de  ceinture  ;  un  demi-linteau  de  cheminée  avec  armoiries. 

15"  De  M.  Andrien,  entrepreneur,  une  enseigne  en  pierre.  Aux  5  sygnes 
(si(;),  1750,  d'une  maison  de  la  rue  des  Ravels. 

16"  De  M.  Falla,  bourgmestre  de  Neerwinden,  un  pot  en  grès  avec 
inscription,  trouvé  dans  son  jardin  à  Neerwinden. 

Dans  la  séance  du  mois  de  décembre  1872,  M.  le 
baron  de  Sélys-Longchamps,  notre  honorable  vice- 
président,  avait  attiré  notre  attention  sur  le  château 
de  Hollogtie-sui'-Geer,  appartenant  à  M.  le  comte 
Camille  de  Henesse.  Ce  château,  bâti  en  1652,  a  une 
façade  très-remarquable  avec  pérystile,  qui  est  ornée 
des  bustes  des  douze  Césars.  Dans  l'intérieur,  il  y  a 


—  145  — 

plusieurs  belles  cheminées,  et  on  y  a  laissé  quelques 
meubles  datant  de  l'époque  de  la  construction.  Ce 
château  étant  en  très-mauvais  état  et  devant  prochai- 
nement être  démoli,  il  a  été  écrit  à  M.  de  Renesse 
pour  obtenir  les  objets  qui  pourraient  convenir  à 
notre  Musée.  M.  de  Renesse  a  mis  avec  beaucoup  d'obli- 
geance ces  objets  à  notre  disposition,  de  sorte  que 
lorsque  Ton  procédera  à  la  démolition  du  château, 
nous  avons  l'intention  de  réclamer  quelques  chemi- 
nées, une  inscription,  etc. 

Nous  comptons  aussi,  au  retour  de  la  bonne  saison, 
avoir  une  vue  photographiée  du  château, qui  sera  prise 
par  M.  le  notaire  Renoz,  membre  associé  de  l'Institut. 
M.  le  baron  de  Tornaco  possède  au  château  de 
Vervoz  quelques  objets  d'antiquité  d'un  grand  intérêt, 
qui  lui  avaient  déjà  été  demandés.  Cette  demande  a 
été  renouvelée  cette  année,  et  il  a  promis  de  nous  les 
faire  parvenir. 

Les  achats  opérés  en  1873  ont  été  presque  nuls  ; 
ils  se  bornent  aux  suivants  : 

Statuette  en  bronze fr.    23,00 

Objets  provenant  de  Bertrée 5,00 

Total.     .     .     fr.     28,00 
li'oiiilles. 

Bertrée.  Le  rapport  de  1872  se  terminait  par  le 
compte-rendu  des  fouilles  de  Bertrée,  dirigées  par 


-   146  -- 

M.  Kempeneers  :  il  nous  annonçait  une  notice  plus 
complète  pour  notre  Bulletin. 

Il  est  à  espérer  que  bientôt  nous  pourrons  publier 
le  rapport  sur  ces  fouilles. 

Blehen.  La  fouille  du  tumulus  de  Blehen,  par  M. 
Kempeneers,  n'a  pas  encore  pu  avoir  lieu  :  elle 
pourra  probablement  se  faire  au  mois  de  février  ou 
de  mars  de  cette  année. 

Avenues.  Le  rapport  de  1872  s'exprimait  ainsi  par 
rapport  à  la  fouille  du  tumulus  d'Avenues  : 

«  M.  le  comte  Georges  de  Looz  est  en  instance 
»  auprès  du  Conseil  communal  d'Avenues  à.  l'effet 
»  d'obtenir  l'autorisation  de  visiter  la  tombe  de  cette 
»  localité  pour  le  compte  de  l'Institut.  » 

Depuis  lors,  M.  de  Looz  a  effectué  la  fouille  de  cette 
tombe,  et  les  résultats  obtenus  ont  été  magnifiques  : 
des  poteries  en  grand  nombre,  dont  une  olla,  des 
vases,  des  flacons  en  verre,  des  bouteilles  d'une  forme 
peu  commune  ;  mais  le  tout  cassé,  l'olla  entr'autres 
était  réduite  en  94  morceaux.  Tout  cela  a  été  recollé 
avec  beaucoup  d'adresse  par  M.  de  Looz  et  parfaite- 
ment reconstitué,  de  sorte  que  les  objets  ont  leur 
forme  primitive.  On  a  également  trouvé  beaucoup 
d'instruments  en  fer.  Voici  d'ailleurs  la  nomenclature: 

Ossements.  1»  Divers 

Monnaies.  2"  Un  moyen  bronze  de  Vespasien. 
Bronze.  3°  Une  buire  avec  anse. 
Terre  cuite.  4"  Deux  grands  vases  en  terre  noire. 
5"  Un  service  en  poterie  samienne  (12  pièces)  dont  une  très-grande 
patelle  et  quatre  petits  patères. 


147 


6"*  Quatre  petites  patères  plus  grossières. 

7°  Deux  beaux  vases  en  poterie  fine,  bronzés  et  ornés  de  mascarons  et 
de  grains. 

8°  Quatre  petits  vases  avec  trois  pieds. 

9"  Deux  grandes  urnes. 

iO°  Une  patelle  à  bords  renversés,  à  couverte  rouge  ornée  de  lignes 
jaunâtres. 

11°  Une  petite  coupe  en  terre  noire  très-line. 

42»  Uneolla. 

Verre,  iù^  Six  flacons  de  différentes  formes,  dont  plusieurs  cannelés. 

14°  Un  petit  entonnoir. 

15°  Une  petite  fiole  (urne  lacrymatoire). 

16°  Une  coupe. 

Fer.  17°  Un  couteau. 

18°  Une  espèce  de  ciseau  de  menuisier. 

19°  Deux  ciseaux. 

20°  Deux  pincettes. 

21°  Une  pelle  à  feu. 

22"  Une  lampe  avec  un  long  bras. 

25"  Les  branches  d'un  pliant  (sella  pUcatilis)  dont  les  extrémités  et  les 
tourillons  sont  en  bronze.  Vlnstitut  possède  deux  autres  sièges  analogues  k 
celui-ci,  dont  l'un  a  été  trouvé  à  Glons,  l'autre  à  Avt-rnas-le-Bauduin. 

24°  Quantité  de  ferrailles  et  de  menus  objets  en  bronze. 

La  description  de  ces  objets  se  trouvera  dans  le 
rapport  que  ce  zélé  travailleur  a  bien  voulu  nous 
promettre. 

Elles  se  sont  faites  avec  une  somme  delOOfrancs, 
que  M.  Schuermans  nous  a  remise  avec  l'autorisation 
du  gouvernement  et  une  de  100  francs  votée  par 
V  Institut. 

L Empereur'.  Après  cela  M,  le  comte  de  Looz  a 
visité  la  tombe  de  l'empereur,  près  de  Moxhe.  Il  y  a 
travaillé  du  10  au  15  juin  et  a  dépensé  la  somme  de 
70  francs. 


—  148  - 
Les  objets  trouvés  sont  les  suivants  : 

Bronze.  1°  Une  (ibule. 

Terre  cuite.  2°  Deux  vases  en  poterie  noire  unie. 

3°  Deux  vases  en  terre  jaune. 

'i"  Cinq  urnes  avec  une  anse. 

5"  Deux  urnes  avec  deux  anses. 

6°  Une  patine  avec  couverte  rouge  à  l'extérieur  et  blanche  à  l'intérieur. 

1°  L'empreinte  d'un  dessin  laissée  sur  la  terre  du  caveau. 

Soleil.  Notre  chercheur  infatigable  commençait  le 
lendemain,  sans  se  reposer,  la  fouille  d'une  des  deux 
tombes  du  Soleil,  situées  près  d'Embresin.  Il  dut 
abandonner  cette  tombe  à  cause  des  aftaissements 
dans  les  terres  produits  par  une  galerie  faite  anté- 
rieurement. 

Il  entamait  donc  la  seconde  tombe  le  19  juin,  et 
n'y  trouva  qu'une  couche  de  cendres  qui  recouvrait 
le  sol,  une  grande  quantité  de  clous  à  très-grosse 
tête  et  des  débris  de  poterie. 

Les  travaux  ont  donc  dû  être  abandonnés,  quitte  à 
les  reprendre  plus  tard. 

La  dépense  a  été  de  130  francs. 

Middelwinden.  Enfin,  pour  clôturer  la  campagne, 
M.  de  Looz  s'est  rendu  à  Neerwinden  le  ^2{)  novembre 
et  a  repris  l'exploration  de  la  tombe  de  iMiddel- 
winden,  qui  avait  déjà  été  fouillée  en  1864,  par 
MM.  Schuermans  et  Kempeneers  ;  il  a  acquis  la  cer- 
titude, dans  le  courant  des  travaux,  qu'elle  avait 
encore  été  fouillée  antérieurement,  probablement 
eu  1098,  par  les  troupes  françaises.  Il   n'y  a  donc 


trouvé  rien  d'entier,  seuiemenL  des  fragments  de 
vases  en  terre  et  en  verre,  une  plaque  en  bronze,  une 
amphore,  un  anneau  en  fer  et  un  fer  de  lance. 

Mais  un  point  digne  de  remarque,  c'est  la  grandeur 
inusitée  du  caveau.  En  effet,  celui-ci  avait  4"40  de 
longueur  sur  4'"20  de  largeur  et  S""  de  profondeur  en 
dessous  du  niveau  du  sol. 

La  dépense  a  été  de  82  francs. 

Comme  vous  le  voyez.  Messieurs,  c'est  sur  M.  le 
comte  de  Looz  qu'a  pesé,  cette  année,  tout  le  fardeau 
des  fouilles.  Nous  devons  donc  rendre  hommage  à 
sa  complaisance  et  nous  féliciter  d'avoir  rencontré 
un  collègue  aussi  zélé.  Nous  pourrons,  grâce  à  lui, 
continuer  l'exploration  des  autres  tumulus  de  la 
Hesbaye,  et  voir  notre  musée  s'enrichir  d'un  grand 
nombre  d'objets  qui  ne  le  céderont  en  rien  à  ceux 
que  nous  avons  acquis  jusqu'à  présent. 

M.  G.  de  Looz  exécute  simultanément  en  Hesbaye 
des  fouilles  avec  un  subside  du  gouvernement,  et  les 
objets  qu'il  trouvera  doivent  entrer  au  Musée  royal 
d'antiquités,  à  Bruxelles.  Sur  notre  demande,  M.  le 
Ministre  de  l'intérieur  a  consenti  à  ce  que  les  doubles 
soient  remis  à  notre  Institut. 

Rulilications. 

Nous  n'avons  pas  pu  faire  paraître  cette  année  de 
livraison  de  notre  Bulletin.  Cependant,  la  livraison 
assez  volumineuse  qui  doit  terminer  le  tome  XI  est 


—  150  - 

imprimée  depuis  longtemps;  mais  une  difficulté 
matérielle  nous  a  empêché  jusqu'à  présent  de  la 
clôturer  :  cette  difficulté  étant  maintenant  levée,  on 
pourra  l'expédier  dans  quelques  jours.  Quoi  qu'il  en 
soit,  nous  pouvons  ici  en  faire  connaître  le  contenu; 
les  articles  ont  pour  titres  : 

Le  comté  de  Moka,  par  J.  Daris. 

Les  AJexicns  à  Liège,  par  le  même. 

La  seigneurie  de  Marcinn,  par  E.  Schoolmeesters. 

Letlre  de  Charles  van  Hulthem  sur  les  anciennes  tapisseries,  par  D.  Van 

DE  CaSTEELE. 

Notice  sur  réglise  primaire  de  St-Bart/iélemy,  à  Liège,  par  E.  Th\s,  avec 
trois  planches. 

Un  détail  touchant  la  bataille  d'Othée  ou  les  droits  d'accises  d'Alost,  par 
D.  Van  de  Casteele. 

La  châsse  de  Visé,  par  feu  Ed.  Lavalleye. 

Notes  relatives  aux  comtes  de  Lamarck,  etc.,  par  C.  de  Borman. 

Une  visite  de  Louis  XI Y  à  Liège,  en  167:2,  par  Fabry-Hossius. 

Fouilles  faites  à  Jupille,  près  de  Liège,  par  S.,  avec  3  |)lanches. 

La  l"^''  livraison  du  tome  XII  pourra  être  entamée 
immédiatement ,  plusieurs  membres  ayant  promis 
des  articles  intéressants.  Ainsi  M.  Ph.  de  Limbourg 
nous  donnera  la  description  de  Véglise  de  Theux  et 
une  rwtice  sur  le  château  de  Franchimont  ;  MM. 
Weale  et  de  Borman,  le  marlijrologe  de  Vabbaye  de 
Munsterbiisen. 

M.  Georges  de  Looz,  ses  rapports  sur  les  diverses 
fouilles  qu'il  a  exécutées,  à  Avenues,  à  l'Empereur,  à 
Middelwinden. 

M.  Arsène  de  Noue,  la  suite  des  promenades  dans 
le  pays  de  Franchimont  el  une  histoire  de  Theux. 


—    loi    — 


M.  Poswick,  une  notice  sur  F  allais. 

Plusieurs  manuscrits  sont  aussi  à  notre  disposi 
tion  ;  citons  entr'autres  : 

L'obituaire  de  St- Michel. 

Les  épitaphes  de  S t- Lambert. 

Les  monastères  du  pays  de  Liège,  par  le  père 
Stéphany. 

L'année  liégeoise,  par  J.-B.  Lamet. 

La  chronique  de  Silvius. 

Le  cartulaire  de  St-Paul. 

Primitivement,  les  membres  correspondants  ne 
recevaient  les  Bulletins  que  contre  paiement  d'une 
somme  de  o  francs  par  année.  Cette  condition  avait 
été  abolie  et  on  avait  décidé  de  les  leur  distribuer 
gratuitement.  On  en  est  revenu  au  premier  système 
dans  la  séance  du  4  juillet  de  l'année  1873,  de  sorte 
que  les  membres  correspondants  qui  veulent  recevoir 
le  Bulletin  sont  astreints  à  une  cotisation  de  5  francs 
annuellement 

Bibliothèque. 

Grâce  à  l'obtention  de  notre  nouveau  local,  les  livres 
dont  se  compose  notre  bibliothèque  pourront  être 
mis  en  ordre  et  catalogués.  Ce  travail  est  déjà  fait 
pour  les  journaux  que  nous  recevons  en  échange  et 
pour  les  publications  périodiques.  La  liste  des  vo- 
lumes et  des  livraisons  manquantes  est  dressée  et 
comme  nous  avons  des  doubles,  nous  pourrons 
opérer  des  échanges  pour  nous  compléter. 


—  lo2  - 

La  cause  du  désordre  qui  règne  dans  nos  livres 
était  déjà  signalée  par  M.  S.  Bormans,  dans  son  rap- 
port sur  les  travaux  de  la  Société  pendant  l'année 
1865.  «  Cela  provient,  disait-il,  ou  bien  de  l'irrégu- 
«  larité  des  envois,  ou  bien,  de  ce  que  les  livres 
»  étant  adressés  à  différents  membres  de  la  Société 
»  et  même  à  des  personnes  qui  lui  sont  étrangères, 
»  ils  restent  oubliés  chez  eux,  ou  confondus  avec 
»  d'autres  collections.  » 

On  pourra  faire  cesser  ces  causes  en  faisant  adres- 
ser tous  les  envois  au  secrétaire  de  VInstitut,  et  en 
ne  laissant  sortir  des  livres  que  sur  un  reçu  de  l'em- 
prunteur. 

Il  est  aussi  de  la  plus  grande  nécessité  de  faire 
immédiatement  relier  les  publications  qui  nous  ar- 
rivent par  feuilles  détachées  ou  par  livraisons 
lorsque  l'on  peut  compléter  un  volume.  De  cette  ma- 
nière, on  évitera  des  pertes  ultérieures  et  l'arran- 
gement dans  les  rayons  sera  plus  facile. 

Voici  la  liste  des  publications  p8iY\enues  kV Institut 
pendant  Tannée  1873,  rangées  par  lieu  de  prove- 
nance. 

§  i.  BELGIQUE. 

Province  d'Anvers. 

Annales  de  ['Acadéinie  d'archéulogie  de  Belgique,  2*^  série,  t.  8.  Anvers, 
1872,  -i  livr.  in-8. 
Bulletin  1.  (2'-  série  des  annales)  8«  fascicule,  Anvers,  1875. 


-     138  - 
Province  de  Brabant. 

Bulletins  de  V Académie  royale  des  sciences,  des  lettres  et  des  beaux-arts 
de  Belgique,  42«  année,  2«  série,  t.  55  et  36,  n"^  i  à  10.  Bruxelles,  1875. 

Annales  des  travaux  publics  de  Belgique,  t.  XXX,  3^  cahier;  t.  XXXI, 
1"  cahier.  Bruxelles,  1873. 

Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéologie,  12*  année, 
n"*  7  et  8.  Bruxelles,  1875. 

Commission  royale  pour  la  publication  des  anciennes  lois  et  ordonnances 
de  la  Belgique.  —  Coutumes  de  Liège,  t.  2.  Bruxelles,  1875,  un  vol.  in-4. 

Procès-verbaux  des  séances,  6*^  vol.,  5«  cahier.  Bruxelles,  1873. 

Bévue  de  la  numismatique  belge,  5*  série,  t.  5,  2*  et  4*  livr.  Bruxelles, 
1875. 

Analectes  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique,  t.  IX,  2*, 
3«  et  4«  livr.,  t.  X,  1"  livr.  Louvain,  1875. 

Province  de  la  Flandre  Orientale. 

Inscriptions  funéraires  et  monumentales  de  la  province  de  la  Flandre 
orientale,  livr.  61  à  69.  Gand,  1873,  in-4.  Elles  contiennent  les  inscrip- 
tions de  Gand.  Fglise  St-Nicolas,  n"*  I,  II,  III,  IV,  V  et  VI  et  celles  des 
communes  de  Lemberg,  Melle  et  Melsen. 

Annales  du  Cercle  archéologique  du  pays  de  Waes,  t.  V,  l""*  livr.  dé- 
cembre 1875.  St-Nicolas,  1875. 

Publications  extraordinaires  du  Cercle  archéologique  du  pays  de  Waes. — 
Notice  historique  des  établissements  de  bienfaisance  de  la  ville  de  St-Ni- 
colas, 2^  partie.  Les  hospices  des  orphelins  et  des  orphelines.  St-Nicolas, 
1875,  un  vol.  in-8. 

Province  de  Hainaut. 

Mémoires  et  publications  de  la  Société  des  sciences,  des  lettres  et  des 
arts  du  Hainaut,  5*  série,  t.  VIII,  année  1872.  Mons,  1875,   un  vol.  in-8. 

Province  de  Liège. 

Mémoires  de  la  Société  libre  d'Emulation  de  Liège.  —  Procès-verbal  de 
la  séance  publique.  Bapports  et  pièces  couronnées-  Nouv.  série,  t.  IV. 
Liège,  1872,  un  vol.  in-8. 


—  154    - 
Province  de  Luxembourg. 

Institut  archéologique  de  la  province  de  Luxembourg.  Annales,  t.  Vil, 
1871.  1"  cahier  et  atlas.  Aiion,  1875. 

§  ±  FRANCE.  . 

Bulletin  de  la  Société  des  aniiquaires  de  Picardie.!.  Il,  187'2.  n".4, 
1875,  n'^'^  1  et  2.  Amiens. 

Bulletin  de  la  Société  des  sciences  historiques  et  naturelles  de  r Yonne. 
T.  26  et  27.  Nouvelle  série,  t.  6  et  7.  Auxerre,  1872  et  1875. 

Mémoires  de  V Académie  de  Stanislas,  125"  année,  4"  série,  t.  V.  Nancy 
1875,  un  vnl.  in-8. 

Bulletin  de  la  Société  archéologique  de  l'Orléanais.  ï.  Y,  n"''  G4  à  76, 
années  1809  à  1872  el  l^''  trimestre  1875.  Orléans,  1872  et  1875. 

Ulnstitul,  joui'nal  universel  des  sciences  et  des  sociétés  savantes  en 
France  et  à  l'étranger.  Nouvelle  série,  l''^'  année,  n»*  29  à  52.  Paris,  1875. 

Société  des  antiquaires  de  la  Morinie.  Bulletin  historique,  21«  année, 
67"  el68«  livr.  Saint-Omer,  1875. 

Mémoires  de  la  Société  arcliéologique  du  midi  de  la  France,  t.  IX.  1869 
à  1872,  0    et  7"  livr.,  t.  X,  18-72,  l'-«  et  2«  livr.  Toulouse,  deux  vol.  in-4. 

Bulletin  de    id.     N"  11.  1869-1870,  un  vol.  in-4. 

§  5.  HOLLANDE. 

Publications  de  la  section  historique  de  VInstituI  rouai  Grand  Ducal  du 
Luxembourg,  t.  XXVII  (V)  1872.  Luxembourg,  un  vol.  in-i. 

Publicalions  de  la  Société  historique  et  archéologique  dans  le  duché  de 
Limbourg,  t.  1\.  Ruremonde,  1872,  un  vol.  in-8. 

Werken  uitgegeven  door  het  Historisçh  genoolschap.  Nouvelle  série,  n"' 
17,  18  el  19.  Uirechl,  1872,  trois  vol.  in-8. 

Kronijk  van  het  Hislorisch  genootschnp,  d"  série,  2'"  et  5"  parties,  27''  et 
28«  années.  Utrccht,  1872  et  1875,  deux  vol.  iii-8. 

Katalogus  der  boekerij  vnn  het  Hislorisch  genootschnp ,  5''  édition. 
Ulrecht,  1872,  un  vol.  in-8. 


—     100    — 

§  -4.  SUEDE  ET  NORVÈGE. 

Kongl.  Vitlerhels  Historié  och  Anliquitets.  Akademiens  Manadsblad. 
1872,  n»  5.  Stockiiolm. 

§  5.  DANEMARK. 

Mémoires  de  la  Société  royale  des  antiquaires  du  Nord.  Nouvelle  série. 
Copenhague,  1872,  un  vol.  in-S. 

Tilloeg  til  aarboger  for  Nordisk  oldkyndighed  og  historié,  années  1871 
et  1872.  Copenhague,  1871  et  1872,  deux  vol.  in-8. 

§  7.  SCHLESWIG-HOLSTEIN  (PRUSSE). 

Berichte  des  Vorstnndes  der  Schleswig-Holstein  Lauenburgischen  gesells- 
chaft  filr  die  Sammlurig  und  Erhallung  vaterhindinchcr  AJterthumer.  — 
Vor  geschichlliche  Steindenknialer  in  Sohleswig-Hûlstein  ,  n°'  52  et  33. 
Kiel,  1872  et  1873,  deux  brochures  in-4. 

§  8.  HANOVRE  (PRUSSE). 

Zeitschrift  des  Historischen  Vereins  fiir  Niedersachsen.  Hanovre,  1871, 
un  vol.  in-8. 

§  9.  PRUSSE. 

Baltische  studien.  Horausgegeben  von  der  Gesellschaft  filr  Pommersche 
geschichfe  und  AUerthumshinde.  —  24''  année.  Stettin,  1872,  un  vol.  in-8. 

Gesellschaft  fiir  niltzliche  Forschungcn.  Archâeologische  Funde  in  Trier 
und  umgegend,  par  Wilmowski,  etc.  Trêves,  1873,  un  vol.  in-4. 

Zeitschrift  des  Harz  Vereins  filr  Geschichfe  und  Alterthumskunde.  —  5* 
année,  1872,  3"  et  4«  livr.  6^  année,  1873,  l"et  2«  livr.  Wernigerode. 

§  12.  WURTEMBERG. 

Schriften  des  Vereins  fiir  Geschichte  desBodenseé's  und  seiner  Umgebung. 
T.  III,  Lindau,  1872,  un  vol. 

Jahreshefle  des  Wurtenbergischen  Alterthums  Vereins.  —  2*^  série,  l*"* 
livr.  Stuttgart,  1873,  un  vol.  in-folio. 


-    1^6  — 

Verhandlungen  des  Vereins  fur  Kunsl  uni  Alterthum  in  Ulm  uni  Obers- 
chwaben.  —  Nouvelle  série,  t.  V.  Ulm,  1873,  un  vol.  in-4. 

§  15.  BAVIÈRE. 

Oberbayerisches  Archiv  fur  vaterlandische  geschichte  herausgegeben 
von  dem  Histonschcn  vereine  von  und  fur  Oberbayern.  —  T.  35,  l'*^  livr. 
Munich,  1875,  un  vol.  in-8. 

32^  et  55'=  lahresberichl  des  historischen  vereincs  von  und  fur  Oberbayern. 
Années  1869  et  1870.  Munich,  1871,  un  vol.  in-8. 

Verhandlungen  des  Imtoriachcn  Vereiiies  von  Oberpfalzund  Regensburg. 
—T.  28,  nouvelle  série,  t.  20.  Raiisbonne,  1872. 

§  16.  ESPAGNE. 

Memoria  de  los  trabajos  llevados  à  cabo  por  la  Sociédad  arqueologica 
Valenciana.  Valence,  1872,  une  brochure  in-8. 
Boletin numhmatico.  —  N''^  2  à  6  (avril  à  août),  Valence,  1875. 

§  17.  ÉTATS-UNIS. 

Annual  report  of  Ihe  board  of  régents  of  the  Smithsoman  inslitution. 
Année  1871.  Washington,  1875,  un  vol.  in-8. 

Nous  avons  noué  des  relations  avec  quelques  nou- 
velles Sociétés  savantes,  savoir  : 

La  Société  archéologique  de  Valence,  qui  nous  a 
adressé  une  brochure  et  le  Boletin  numismatico  de 
la  même  ville. 

La  Société  archéologique  du  lac  de  Constance,  à 
Lindau. 

La  Société  du  midi  de  la  France,  ayant  son  siège  à 
Toulouse,  nous  avait  promis  l'envoi  de  neuf  volumes 
de  mémoires  :  ils  ne  sont  pas  encore  arrivés. 

Les  autres  volumes  dont  on  nous  a  fait  don,  sont  : 

Éléments  d'archéoloaie  chrétienne,  par  Reusens.  T.  1,  Louvain,  1872, 
un  vol.  in-8.  ^Par  souscription.) 


—  157  — 

Généalogie  de  la  famille  Van  der  Vorst  (  extrait  de  l'Annuaire  de  ia  no- 
blesse de  Belgique),  par  De  Vorst-Gudenau.  Bruxelles.  1873.  (Don  de 
l'auteur.) 

Notes  sur  Vexécution  technique  de  nos  vieilles  peintures  d'église  et  sur  le 
moyen  de  les  restaurer,  \)avMan(\e\greu.  Stockholm,  1873,  une  broch.in-8. 

Musée  de  Ravestcin.  Catalogue  descriptif,  par  E.  de  Meester  de  Raves- 
tein,  t.  II. 

Du  travail  de  révision  des  statuts  des  caisses  de  prévoyance  en  faveur  des 
ouvriers  mineurs  conformément  à  la  loi  du  28  mars  1868.  Examen  des 
comptes  de  1866  à  1871,  par  Aug.  Vischers.  Bruxelles,  1873,  un  vol.  in-8. 

Guide  historique  et  artistique  dans  les  églises  Sf-Paul,  St- Jacques,  St- Jean, 
St-Denis  et  St~Antoine,  par  E.  Thys.  Liège,  1873,  un  vol.  in-12.  (Don  de 
l'auteur.) 

La  grande  voie  romaine  de  Sentis  à  Beauvais  et  remplacement  de  Litano- 
briga  ou  Latinobriga,  par  Âm.  deCaix  de  St-Aymour.  Paris,  1873,  un  vol. 
in-8.  (Don  de  M.  Hahn  de  Luzarches.) 

Académie  d'archéologie  de  Belgique.  Discours  prononcé  le  31  août  1873, 
par  M.  le  baron  J.  de  Witte,  etc.  Bruxelles,  1875,  une  brochure  in-8. 

Académie  d'archéologie  de  Belgique.  Du  serment  et  de  sa  formule.  Etude 
historique  depuis  les  temps  les  plus  anciens  jusqu'à  nos  jours ,  par  Jules 
Declève.  Bruxelles,  1873,  un  vol.  in-8.  (Don  de  l'auteur.) 

Cartulaire  de  la  commune  de  Namur  (  période  des  comtes  particuliers 
1118-U50)  recueilli  et  annoté  par  J.  Borgnet  et  S.  Bormans.  T.  II,  Bru- 
xelles, 1873,  un  vol.  in-8. 

Histoire  de  la  fabrication  des  monnaies,  par  R.  Chalon.  Bruxelles,  1873, 
un  vol.  in-8. 

Essai  de  solution  philologique  d'une  question  d'archéologie  généralement 
réputée  insoluble,  par  J.  H.  Bormans.  Bruxelles,  1873,  un  vol.  in-8.  (  Don 
de  l'auteur.) 

Liste  chronologique  des  édits  et  ordonnances  de  la  principauté  de  Liège  de 
974-1505.  Bruxelles,  1873,  un  vol.  in-8. 

Exposé  de  la  situation  administrative  de  la  province  de  Liège.  Session  de 
1873.  Un  vol.  in-8. 

Annexe  à  l'Exposé  de  la  situation  administrative  de  la  province  de  Liège. 
Session  de  1873.  Liège,  1873,  un  vol.  in-8. 

Notice  sur  l'église  primaire  de  St-BartMlemy ,  à  Liège,  par  E.  Thys. 
Liège,  1873,  un  vol.  in-8.  (Extrait  du  Bulletin  de  l'Institut.)  (Don  de  l'au- 
teur.) 


—  158    - 

Histoire  de  la  peinture  au  pays  de  Liège  depuis  les  temps  les  plus  reculés 
jusqu7i  la  fin  du  18^  siècle,  par  J.  Helbig.  Liège,  1873.  (Don  de  l'auteur.) 

Carte  géologique  du  bassin  des  Romognes,  dressée  par  M.  Brunfaut.  (Don 
de  l'auteur.) 

Les  livres  sont  maintenant  placés  dans  quelques 
vieilles  armoires,  ne  fermant  pas  à  clef,  qui  se 
trouvent  dans  la  salle  des  séances  et  sur  les  rayons 
de  bibliothèques  placées  provisoirement  dans  un  gre- 
nier à  côté  de  cette  salle. 

Cette  situation  ne  peut  durer  et  il  faut  espérer  que 
le  Gouvernement,  qui  doit  meubler  tous  les  locaux 
du  Palais,  meublera  également  ceux  du  Musée  et  nous 
gratifiera  entr'autres  de  bibliothèques  en  rapport 
avec  le  style  de  l'édifice  et  assez  vastes  pour  contenir 
tous  nos  livres;  M,  l'architecte  Umé  nous  avait  au 
moins  donné  cet  espoir. 

De  même  que  pour  les  collections  du  Musée,  le  ca- 
talogue de  la  bibliothèque  est  entièrement  à  refaire. 
Le  seul  catalogue  qui  a  été  imprimé  date  de  4859. 
Aucun  registre  d'entrée  des  livres  n'existant,  on  doit 
se  borner,  pour  connaître  le  contenu  de  notre  biblio- 
thèque, à  consulter  les  rapports  annuels  du  secré- 
taire. Dans  le  recensement  que  je  viens  de  faire  de 
ces  livres,  j'ai  constaté  que  la  moitié  au  moins  man- 
quait. 

Membres  de  la  Société. 

L'Institut  a  fait  quelques  pertes  bien  sensibles  pen- 
dant l'année  1873.  Nous  avons  d'abord  eu  à  déplorer 
la  mort  de  M.  Godefroid  Umé,  architecte  du  Palais, 


—   159  — 

décédé  le  22  mars,  et  plus  lard  celle  de  M.  le 
chanoine  F.  J.  Devroye,  qui  a  eu  lieu  le  29  juillet. 

Outre  cela,  nous  avons  été  privés  du  concours  de 
notre  secrétaire,  M.  Stanislas  Bormans,  qui  a  dû  nous 
quitter  par  suite  de  sa  nomination  au  poste  d'archi- 
viste provincial  à  Namur.  Nous  lui  en  avons  exprimé 
tous  nos  regrets  en  le  nommant  membre  honoraire. 

Parmi  nos  membres  honoraires,  il  s'est  formé  un 
grand  vide  par  la  mort  de  M.  Arcissede  Caumont, 
directeur  de  la  Société  française  pour  la  conservation 
des  monuments  historiques,  à  Caen.  C'est  une  perte 
qui  sera  regrettée  par  les  savants  de  tous  les  pays. 

Enfin  MM.  de  Bounam  de  Byckolt  et  Cl.  Lyon,  ont 
donné  leur  démission  de  membres  associés. 

Nous  avons  dû  combler  ces  vides.  Pour  cela  M. 
Désiré  Van  de  Casteele,  conservateur-adjoint  des 
archives  de  l'État,  M.  Charles  de  Thier,  conseiller  à 
la  Cour  d'appel  de  Liège  et  M.  le  comte  Georges  de 
Looz,  ont  été  nommés  membres  effectifs  et  M.  H.  J. 
Pinsard,  ingénieur  en  chef,  directeur  des  ponts  et 
chaussées  dans  la  province  de  Liège,  a  été  nommé 
membre  correspondant. 

Le  nombre  de  nos  membres  associés  s'est  aussi 
accru  de  quatre,  et  nous  espérons  qu'il  ne  s'arrêtera 
pas  là.  En  faisant  appel  à  tous  les  protecteurs  des 
arts,  qui  sont  assez  nombreux  dans  la  ville  de  Liège, 
nous  pourrons  encore  augmenter  cette  catégorie  de 
membres  et  par  là  augmenter  nos  ressources. 

Les  nouveaux  membres  associés  sont  : 


-   160 

1*^  M.  Jules  Frésart,  banquier,  à  Liège. 

2"  M.  Xavier  Lelièvre,  substitut  du  procureur  gé- 
néral à  la  cour  d'appel  de  Liège. 

3«  M.  Geubel,  juge  d'instruction,  à  Marche. 

4**  M.  Léon  Dommartin,  homme  de  lettres,  à 
Paris. 

Conclusions. 

Vous  voyez  donc,  Messieurs,  qu'un  horizon  large  et 
brillant  s'ouvre  devant  nous  ;  notre  local  est  parfai- 
tement convenable  et  peut  être  agrandi  sans  frais;  nos 
collections  s'augmentent  continuellement,  grâce  aux 
fouilles  pratiquées  par  des  membres  actifs  de  notre 
Société  et  aux  dons  dus  à  la  générosité  des  amateurs. 
Nos  publications  vont  prendre  un  nouvel  essor,  et 
par  là,  les  collections  que  nous  recevons  en  échange 
ne  feront  qu'augmenter  notre  bibliothèque  déjà  si 
riche.  Le  nombre  de  nos  membres  effectifs  est  au 
complet.  Plusieurs  membres  correspondants  se  pré- 
sentent et  les  membres  associés,  qui  sont  nos  protec- 
teurs ne  peuvent  manquer  d'affluer.  Soyons  cepen- 
dant difficiles  dans  notre  choix  ;  il  nous  faut  des  tra- 
vailleurs, des  archéologues,  des  savants.  Cela  ne 
nous  fera  pas  défaut  et  l'avenir  de  notre  Société  est 
assuré. 

Le  Secrétaire, 

A.  DEJARDIN. 
Liège,  le  10  janvier  1874. 


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